Chapitre 30 : « Le prisonnier », Antoine Ciosi

« Professeur …, dit Richard sombrement.

Severus se retourna vers lui, réfléchissant à toute vitesse à une solution.

-Vous savez qui a fait ça … N'est-ce pas ?, continua-t-il.

-Oui …

-S'il vous plait … Que devons-nous faire ?

-Pour le moment, rentrons … Et réfléchissons au meilleur moyen d'aller les aider. », Dit-il froidement.

Alors que monsieur Granger emmenait Camille avec lui, Severus restait un peu en arrière, ses pensées se bousculant dans son esprit.

Comment le Seigneur des Ténèbres l'avait-il retrouvée ? Pourquoi prendre Hermione ET Océane ? Était-il réellement au courant de la prophétie ? L'avait-il comprise ou déchiffrée mieux qu'eux ? Pourquoi Hermione ? Pourquoi pas n'importe quel autre Gryffondor ?

Toutes ces questions tournaient en boucle dans son esprit, envahissant chaque cellule de son corps à tel point qu'il mit plusieurs secondes avant de réaliser qu'ils étaient arrivés. La suite fut très floue et il ne reprit entièrement conscience qu'en entendant les coups de Potter à sa porte.

« Professeur ! Professeur, ouvrez !

-Laissez-moi, Potter, vociféra-t-il.

-Nous retournons les chercher !, lâcha-t-il soudainement.

Severus se leva et ouvrit la porte.

-Allez-y, allez vous faire tuer !

-Nous, au moins, nous allons agir !

-Vous ne savez même pas où elles sont.

-Je trouverai … Ce sera toujours mieux que de rester là à ne rien faire.

-Qui vous dit que je ne fais rien ?, demanda-t-il acerbe en haussant un sourcil.

-Vous êtes là, dans votre chambre, pendant qu'Océane et Hermione sont quelques part aux mains du Seigneur des Ténèbres à subir on ne sait quoi. Alors, non, pour moi, vous ne faites rien !

-Potter, vous apprendrez qu'avant de se jeter tête baissée dans la gueule du loup, il faut réfléchir ! Vous allez vous faire tuer, c'est tout ce que vous allez gagner.

-Au moins, j'aurai agis, MOI.

-Potter, réfléchissez un peu : le Seigneur des Ténèbres ne veut que ça. Il veut vous attirer à lui. »

Harry sembla réfléchir un instant, avisant les paroles du Maître des Potions avant de dire :

« Que proposez-vous ?

-Pourquoi serait-ce à moi de proposer quelques choses ?, dit-il cynique.

-Parce que vous m'empêcher d'aller les chercher maintenant.

-Mais bordel, vous faites quoi là ?!, cria Romane en faisant irruption sur le palier.

-Je vous demande pardon ?!, intervint Severus.

-Vous êtes là à vous disputer comme des gamins de 4 ans au lieu de réfléchir ensemble à un moyen d'agir !

-Je ne vous permets pas …

-Je m'en fou royalement ! Vous n'avez rien à me permettre ou pas ! Tout ce que je sais c'est que mes meilleures amies ont été enlevées par un psychopathe complètement tordu et que les deux soit disant hommes qui leurs servent de copains sont en train de se disputer comme les deux imbéciles les plus profonds de ce monde !

Les deux hommes restèrent pantois devant les paroles de la jeune femme, la regardant sans savoir que dire.

-Alors, maintenant, continua-t-elle, Vous allez me faire le plaisir de ramener vos culs en bas et on va réfléchir ensemble à quoi faire pour agir maintenant ! Et ça ne se discute pas : vous bougez et c'est tout !, dit-elle autoritairement.

Tandis qu'Harry redescendit, Severus resta planté là, ne réagissant aucunement à ce que la jeune femme venait de dire.

-Croyez-vous vraiment que vous allez me donner des ordres ?

-Je me fou de ce que vous croyez ou pas, vous venez et puis c'est tout. Hermione a besoin de vous … »

Ce dernier argument le frappa … Elle avait besoin de lui.

Il était Mangemort, il pouvait entrer, il n'y avait que lui qui pouvait se rapprocher le plus des deux filles sans risque.

Doucement, il avança, descendant jusqu'au salon où tout le monde était désemparés.

« Severus …, s'avança madame Granger larmoyante, S'il vous plait … Ramenez les …

Il ne savait pas comment agir devant cette femme bouleversée qui serrait ses mains fermement.

-Il faut prévenir l'Ordre …, dit-il d'un ton solennel.

-Vous pensez vraiment qu'ils vont venir de suite ?! C'est l'horreur dans le monde sorcier, professeur … Tout le monde est mobilisé après l'attaque du Ministère …

-Où croyez-vous que ces gens les ont emmenés ?, demanda Richard.

-Chez le Malefoy, très certainement …, répondit-il en sentant son bras le picoter.

-Professeur, que se passe-t-il ?, demanda Ginny en voyant qu'il avait porté sa main à son avant-bras.

-Je dois partir … », Dit-il simplement en quittant la pièce, retournant dans sa chambre pour prendre sa cape avant de sortir définitivement.

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« Hermione … Qu'est-ce qui va arriver maintenant ?..., demanda Océane anxieuse alors qu'elles étaient retenues dans les cachots du Manoir Malefoy.

-Ne t'inquiète pas … Ca va aller …, essaya-t-elle de la rassurer en la prenant dans ses bras.

-Tu crois vraiment ? Qu'est-ce qu'ils vont nous faire ?

-Il ne faut pas penser à ça … On ne va pas rester ici longtemps …

-Tu crois ?...

-Hey, c'est sûr ! On va sortir … Très vite même … », dit-elle tout bas pendant que des pas se rapprochaient d'elle.

Hermione avait beau se montrer confiante devant Océane, l'ambiance lugubre et désolante des cachots mêlée à leur situation ne la rassurait pas du tout … Mais elle connaissait ses amis, et Severus, ils ne les laisseraient pas ici.

« L'une d'entre vous veux passer la première ?, demanda d'une voix vicieuse Pettigrow.

-Moi, s'avança-t-elle courageusement.

-Non ! Mionie, ne fais pas ça …, dit-elle en essayant de la retenir.

-Tu veux retenir ton amie ? A toi alors …, dit-il avec un sourire sadique et cruel.

-Ne la touchez pas ! J'ai dit moi !, s'opposa la Gryffondor.

-Encore mieux … », Dit-il en la saisissant par le bras pour l'emmener sous les plaintes d'Océane qui criait après son amie à s'en briser les poumons.

Restée seule dans ce lieu inconnu et terrifiant, elle se laissa tomber le long du mur froid et humide, ramenant ses genoux contre elle en essayant de se raisonner. Alors qu'elle avait réussi à se calmer, elle remarqua une petite pièce sur le sol.

S'approchant pour la ramasser, elle remarqua que celle-ci chauffait. En l'examinant correctement, elle vit des écritures sur la tranche.

« Ne vous en faites pas

On arrive

Vous n'êtes pas seules

Tenez bon »

Ces messages lui remirent du baume au cœur lorsque soudain, un cri aigu et à glacer le sang vint à ses oreilles, provenant d'un endroit qu'elle situait au-dessus d'elle.

« Hermione ! Tiens bon ! Hermione ! », S'époumona-t-elle

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La Rouge et Or, après s'être avancée vers le Rat, avait remonté fièrement les escaliers pour déboucher sur une pièce sombre et luxueuse. Avec une grande table de bois sombre, une vaste cheminée et un peu partout, du mobilier qui trahissait la richesse des propriétaires des lieux. Devant elle, un petit groupe de personne se dressaient, tous regroupés et discutant activement.

« En voilà une …, dit l'homme qui l'avait escorté jusqu'à cette pièce.

Tous se retournèrent avant de s'avancer.

-Prépare là, le Maître va arriver », Dit l'un d'entre eux, dissimulé derrière un masque blanc nacré qui masquait tout son visage, ne dévoilant que ses yeux bleu clair.

En sentant la poigne de l'homme répugnant se serrer autour d'elle pour la tirer de force, elle prit peur et cria en se débattant, tentant de le frapper sans grande réussite.

« Tu te tiens tranquille, ou on te tue !, la menaça-t-il en attachant ses poignets sur une chaise sanglée.

-Vous allez quand même me tuer !, cracha-t-elle en se reprenant, ne voulant pas leur montrer sa peur.

-C'est vrai, dit-il en riant, Disons juste que tu mourras plus vite que prévu, dit-il en affichant un sourire sadique.

-Vous êtes répugnant », dit-elle subitement en se débattant toujours aussi fiévreusement.

Malheureusement, ses efforts furent vains. Rapidement, des larges bracelets de cuir enserrèrent ses poignets et son avant-bras juste sous le coude.

Elle les fixait tous d'un air acide alors qu'un combat de regard s'était engagés entre le groupe et elle.

« Baisse les yeux, Sand-de-Bourbe !, ordonna l'un des hommes.

-Vous croyez que je vais baisser les yeux devant vous ?, le provoqua-t-elle.

Elle le vit s'avança dangereusement, puis, il prit ses cheveux violemment avant de les maintenir en arrière d'une poigne de fer.

-Tu peux nous provoquer tant que tu veux, mais le Maître va t'apprendre ta vraie place. Tu apprendras ce que l'on fait aux Sangs-de-Bourbe et aux Moldus », dit-il en écrasant ses joues avec force.

Elle ne répondit rien, sentant la douleur prendre place sur ses joues là où se tenaient ses doigts un peu plus tôt. Finalement et à contre cœur, elle baissa sa tête, regardant ses pieds en détaillant le parquet pour se soustraire aux regards de toutes ses personnes qui se réjouissaient clairement de sa situation. Intérieurement, elle priait pour que quelqu'un vienne vite les aider. Dans son esprit, l'image de Severus s'imposa à elle.

D'un côté, elle rêvait qu'il accourt pour les sauver, Océane et elle, mais elle savait aussi que ce serait le mettre en danger … Non, elle allait tenir le coup ! Elle allait tout affronter. Elle ferait tout pour qu'Océane ne souffre pas mais elle allait les sortir de là.

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Il était en route pour le Manoir Malefoy, se forçant à vider son esprit pour sa prochaine confrontation avec le Seigneur des Ténèbres. Seulement, ses pensées s'embrouillaient dans son esprit. Il ne cessait de penser à Hermione, osant à peine imaginer ce qu'il lui arrivait.

Il savait qu'elle était forte, et coriace … Sans compter son esprit borné de Gryffondor … Elle ne leur donnerait sans doute pas la satisfaction de crier ou de pleurer sous la torture. Non, Hermione était plus forte que ça. Néanmoins, il connaissait aussi les Mangemorts, et redoutait plus que tout leur réaction face au cerveau du Trio d' Or.

« Hermione … Tiens bon … », se répétait-il mentalement, réalisant maintenant plus que jamais à quel point il était lié à elle. Ils étaient des âmes sœurs, il l'aimait … Et c'était maintenant qu'elle était en danger qu'il pouvait sentir ce lien qui les unissaient tous les deux.

« Severus … »

Un instant, il crut rêver … Pourtant, la voix douce d'Hermione résonnait dans son esprit.

« Hermione ?

Sev ?...

Non, ça ne peut pas être réel …

Severus ! Je t'entends … Dans ma tête !

Mais, c'est impossible …

Oh, Merlin … Je n'en sais rien … Mais, je peux t'entendre …

Hermione, est-ce que tu vas bien ?

Oui …

Hermione … Que t'ont-ils fait ?

Rien … Ils ne font que parler … Mais …

Quoi ?! Mais quoi ?

Je suis attachée … Sur une chaise … Ils m'ont sanglé …

Je vais arriver … Je vais te sortir de là …

Non ! Tu dois sauver Océane …

Hermione, n'imagine pas que je vais te laisser !

Tu dois sauver Océane … J'ai peur pour elle … Elle ne saura pas se défendre s'ils décident de l'attaquer …

Je ne peux pas te laisser là-bas !

Tu dois … S'il te plait … Tu dois la sauver elle …

Tu réalises ce que tu me demandes ?

Je sais … Mais, je te le demande … Tu dois le faire … S'il te plait …

Severus …

Severus, réponds …

Que veux-tu que je dise ?

N'importe quoi, mais j'ai besoin de t'entendre … Dis-moi que je suis folle ou une horrible Miss Je-Sais-Tout si tu veux … Mais j'ai besoin de t'entendre …

Je trouverai un moyen pour te faire sortir aussi …

Sev …

Non, Hermione. C'est à toi de m'écouter maintenant. N'imagine même pas que je vais sauver Océane et te laisser là-bas sans rien faire … Alors, je veux bien sauver ton amie, mais je ne te laisserai pas. C'est hors de question !

Sev … Je t'aime …

Hermione, ne dis pas ça comme ça …

Non … Je t'aime !

Tu ne vas pas mourir maintenant, ma petite Gryffondor …

J'ai confiance en toi … »

Il était encore abasourdi de cette conversation qu'il venait d'avoir avec la jeune fille, ne comprenant pas comment c'était possible … Mais le plus important n'était pas là : il lui avait parlé. Elle allait bien, même si une petite voix ne cessait de se demander pour combien de temps encore …

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Harry, Ron et Ginny se rongeaient les sangs chez les Granger, tournant en rond comme des lions en cage.

« Il faut faire quelque chose !, s'écria le rouquin, levant les bras au ciel.

-Qu'est-ce que tu veux faire ? On va y aller à trois, foncer dans le tas et voir ce qui se passe ?, le réprimanda Ginny

-Et laisser Snape y aller, c'est mieux peut-être ?

-Ronald, arrête d'agir comme s'il était un horrible bâtard !

-Qui nous dit qu'il est vraiment de notre côté ?

-Ne t'engage pas sur cette pente …

-Et pourquoi pas ?! Il va voir Voldemort, il a la marque, et tu m'excuses, mais il ne m'inspire pas confiance …

-Tu es un idiot ! Dumbledore lui fait confiance …

-Il n'a pas la toute-puissance de Merlin !

-Et Hermione ?!

-Quoi Hermione ?

-Elle a confiance en lui !

-Ça ne change absolument rien ! Hermione lit des livres … Elle peut se tromper tout autant !

-Ronald …, tenta de prévenir Harry, voyant la rage de Ginny grandir.

-Non, Harry ! Qui peut nous dire qu'il ne lui a pas lancé un sort, ou donné une potion …

-Comment vous pouvez dire ça de Mione ?! Hermione a toujours eu la tête sur les épaules ! Même moi qui ne suis pas la plus proche de ses amies, je le sais ! Vous dites que vous êtes son meilleur ami, mais vous doutez d'elle ?! Un ami n'agit pas comme ça ! Vous devriez croire en elle, et avoir confiance en ses choix si tout ce que vous avez pour la contredire sont des allégations ! Peut-être que des livres vous auriez dû en lire vous... Ça vous aurait permis de comprendre la situation et d'être moins con au passage », Intervint subitement Camille, surprenant tout le monde.

Ginny et Harry restèrent silencieux, pendant que Ron baissa la tête, honteux, son visage devenant de plus en plus écarlate.

« Je … Je suis désolée, mais je ne supporte pas que l'on dise du mal d'une personne aussi bien qu'Hermione, continua Camille, visiblement apaisée.

-Ne t'inquiète pas …, dit Ginny en lui souriant, Tu as fait à merveille. Mon frère est juste un abruti actuellement.

-Comment tu t'appelles encore ?, demanda le rouquin pour changer de sujet.

-Camille …

-Moi, c'est Harry. Et voilà Ginny et Ron …, dit le Survivant en souriant.

-Tu restes avec nous ?, demanda Ginny doucement.

-Oui … Merci beaucoup …

-Ne t'inquiète pas … On comprend ce que tu vis … », Dit Harry en lui tendant la main.

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Océane avait beau se raisonner, cette cave humide et lugubre respirait la mort à pleins nez. L'air était lourd et à peine respirable et ainsi recroquevillée contre le mur du fond, elle pouvait sentir comme une chape de plomb au-dessus d'elle. Le plafond bas n'aurait pas permis une bonne circulation de l'air, c'était certain, mais de toute façon, ce n'était certainement pas non plus cette minuscule ouverture qui aurait permis le passage de cet oxygène bienfaiteur.

Au-dessus d'elle, elle entendait plusieurs bruits de pas, des éclats de voix parfois mais ne parvenait pas exactement à distinguer ce qu'il se passait.

Puis, un cri morbide et glacé lui fit trembler l'âme. Elle pouvait sentir ses os vibrer de l'intérieur et cette fois, l'angoisse et la panique la prirent définitivement. Elle n'avait pas reconnu la voix d'Hermione, mais quelles sont les voix qui pouvaient ressembler à ce cri si déchirant et torturé ?

Qu'était-elle en train de vivre là au-dessus ? Des coups, des sorts ou … Pire ? Elle ne voulait pas l'imaginer, elle voulait oublier ces cachots, cet air irrespirable et cette mort qui était presque palpable. Elle voulait retourner dans le parc avec Harry ou au concert avec lui … Elle voulait retrouver ses bras et ses lèvres dont elle se sentait déjà dépendante.

Pourtant, le grincement de la porte retentit, la ramenant à cette réalité, et elle revit cet homme à la face de rat qui la répugnait tellement.

Déjà, il avançait, se rapprochant toujours plus d'elle tandis qu'elle se collait toujours plus au mur, refusant cette proximité qu'il voulait à tout prix lui imposer.

Elle ne voulait pas qu'il s'avance encore, et encore moins qu'il la touche. Ce sourire carnassier et diabolique qu'il lui renvoyait la terrifiait et la vision de ses dents qui semblaient ne tenir que par la grâce de dieu la répugnait. Elle sentit son estomac se soulever, tant de terreur que de dégoût et elle dut faire un effort surhumain pour ravaler la bile qu'elle sentait déjà brûler son œsophage.

Elle n'était pas de ce monde, pourtant, elle savait bien qu'elle ne ferait pas le poids face à ces choses horribles. A sa manière, elle essayait tant bien que mal de lutter contre la peur. Elle avait toujours été fière et courageuse, pleurer pour un rien n'avait jamais été dans son tempérament, pourtant ici, cette situation était trop extrême … Son esprit ne pouvait s'empêcher de lui envoyer des images des pires tortures possibles et une voix intérieure lui murmurait que ces personnes seraient capable de bien pire que ce à quoi elle s'attendait. Mais elle ne voulait pas être faible ! Elle voulait pouvoir sortir de cette pièce aussi fièrement qu'Hermione l'avait fait plus tôt, pourtant ses jambes semblaient l'avoir totalement laissée tomber.

La main moite et crasseuse de l'homme lui saisit le bras, la sortant de sa torpeur et de sa léthargie, dans un geste de dégoût, elle retira son bras de cette poigne pour le moment inoffensive, s'écartant de lui en passant sous son bras.

« Revins ici !, beugla-t-il

-Non ! Ne me touchez pas !

-Tu ne pourras pas t'échapper … », Dit-il en verrouillant la porte d'un sort rapide.

Elle avait beau ne pas l'aimer, elle ne pouvait que reconnaitre que cet homme savait se servir d'une baguette … A ses dépends, malheureusement.

Ses yeux fouillèrent la pièce qu'elle savait pourtant vide, espérant néanmoins trouver n'importe quoi qui pourrait l'aider à se sortir de là.

Alors que son assaillant revenait à la charge, son regard accrocha une pierre qui était sur le sol. Sans prendre le temps de réfléchir plus longtemps, elle courut vers cette dernière, priant pour pouvoir avoir le temps de l'atteindre.

En même temps que ses doigts se refermèrent sur le petit bloc poreux et sale, elle sentit l'homme dans son dos entourer son buste de ses bras. Son haleine fétide vint caresser sa nuque, lui provoquant une sueur froide et subitement, elle se retourna et lui fracassa la pierre au-dessus de l'arcade.

L'un des vaisseaux éclata, laissant du sang s'échapper.

En sentant ce liquide chaud et précieux couler sur sa peau, le Rat s'énerva, dégainant de nouveau sa baguette alors qu'il pensait pouvoir s'en sortir sans. Il avait beau voir trouble, il était impossible de se tromper quant à l'origine de cette ombre qui s'éloignait doucement.

Un éclair puissant sortit de sa baguette et frappa Océane dans le dos quand il s'écria :

« Endoloris ! »

Une douleur cuisante enveloppa la jeune fille, la faisant hurler à pleins poumons tandis qu'elle s'écroula lourdement sur le sol froid, se contorsionnant en essayant vainement de fuir la douleur intense qui avait envahie ses veines.