Hello everyoneee,
C'est un peu pompette ainsi que revenant d'un partiel monstrueux de kanjis (rassurez-vous, ça a été dans l'ordre kanjis - boisson) que je viens updater J'avance, je ne serais donc pas longue.
Merci pour vos reviews, n'hésitez pas à m'envoyer simplement "j'ai bien aimé!". Comme vous avez pu le voir la semaine dernière, j'ai remis en fin de chapitre mon laïus "Laissez des reviews please!" et je vous confie quelque chose : je le fais soit pour le premier chap d'une fic/un OS; soit quand j'ai pas reçu de reviews pour deux-trois chapitres consécutifs. Et autant vous dire que ça m'agace/me stresse énormément quand ça arrive, car j'ai juste l'impression que ce que je poste est nul/ne vaut pas la peine que vous confiiez un peu de votre temps. Voir ce petit paragraphe, ça veut rien dire de bon chez moi lol
Alors voilà, rien que deux secondes, vous mourrez pas : moi je poste pour vous, je l'ai déjà expliqué, je donne du temps aux fictions car j'aime ça, et car je veux faire plaisir en utilisant quelque chose que j'aime; dites-moi au moins ce que vous en pensez, même si c'est en deux mots. J'en ai besoin, vraiment. En plus je vous offre un chapitre chaque semaine quoi, soyez un minimum généreux (même si de mon avis une review n'est pas de la générosité, c'est un dû). Moi j'ai bossé des mois/des années sur certaines fics, vous votre boulot vous prend une minute.
Bref, mon passage "coup de gueule" est fini, je sais que ça passera par dessus de pas mal de tête mais je devais le dire. Merci à ceux qui ont réagi et reviewé en tout cas, vraiment j'ai été super contente, même si malheureusement c'était des anonymes et donc je n'ai pas pu leur répondre directement. N'hésitez pas en tout cas, je réponds toujours!
Anyway, j'ai été longue au final, mais peu importe : have a good read!
14. Avancer un peu chancelant
Les rayons du soleil tombant sur sa joue le firent plonger son visage dans son oreiller, grognant doucement, chassant le sommeil qui venait de lui échapper. La veille, ils n'avaient pas pensé à fermer les volets avant de se coucher, bien trop fatigués, et la tête bien ailleurs que ça. Ils avaient dormi comme des bébés, et pourtant dormir dans un autre lit que le sien avait toujours été un peu plus difficile pour Sousuke.
Mais là, contre un corps chaud, dur mais ferme, il avait littéralement fondu, et maintenant qu'il se réveillait lentement, il se rendait compte qu'il était encore collé à Makoto, une jambe entre les siennes, et le nez contre son épaule. Sans réfléchir, il vint le glisser sur la peau, appréciant l'odeur masculine et familière, et vint ensuite embrasser l'épiderme. Ses bras raffermirent leur prise sur le torse contre lui.
Lentement, la tête près de la sienne se tourna vers lui, et il ne put s'empêcher de sourire doucement en voyant le châtain à moitié endormi, la joue contre l'oreiller, les paupières tombantes. Il ne résista alors pas, et se redressa autant que possible pour glisser ses lèvres contre les siennes, rapidement, avant de retomber contre le coussin, pour souffler :
« Hey... »
Le sourire de Makoto lui répondit, et réchauffa son estomac, assez pour lui rappeler qu'il fallait qu'il aille se soulager aux toilettes s'il voulait faire des câlins avec Makoto et que ça ne devienne pas gênant. Mais il ne bougea pas, au contraire, resta bloqué sur les idées qui lui venaient alors qu'il se demandait ce qu'il pourrait bien se passer s'il n'allait pas se débarrasser de son érection matinale.
En tout cas, Makoto n'avait rien remarqué, et c'était un miracle étant donné qu'il était pratiquement collé à lui, et que sa jambe demeurait croisée avec les siennes. Cependant, il sut que cela ne serait plus trop dissimulable lorsque son petit ami roula sur le flanc, bâillant, pour lui murmurer, comme pour ne pas briser l'atmosphère du matin :
« Ça va?
– Hm... » sa main qui venait doucement caresser la peau du bas de son dos se mit à faire de petit cercles, près des vertèbres. « Juste le soleil. »
Le châtain fit un bref mouvement d'épaule, un frisson de plaisir le parcourant en sentant ses doigts tracer de petits dessins sur sa peau.
« J'aime bien me réveiller avec le soleil, de temps en temps.
– Ah bon, pas moi... » il fit vaguement la moue, avant de se pencher pour lui voler un nouveau baiser. « Je préfère carrément me réveiller avec toi.
– Ne joue pas sur mes mots... » gémit-il, comme terrassé par l'idée que ce genre de discussion commence si tôt le matin.
Et pour s'excuser, et car il en avait terriblement envie, il revint poser ses lèvres contre celles de Makoto, plus longtemps cette fois. Un soupir lui échappa, et il ouvrit la bouche, poussant l'autre à la suivre. Il ne fallut pas grand chose pour qu'il s'exécute, et cette fois, quand Sousuke bougea sa jambe pour la passer de l'autre côté de son petit ami, les roulant jusqu'à ce que le brun finisse allongé sur lui, il ne put plus ignorer ce qu'il sentait à travers de son boxer.
Cela secoua une seconde Makoto, avant que Sousuke n'approfondisse le baiser, doux, lent, comme pour le rassurer, lui assurer que ce n'était rien, qu'il n'allait rien faire. Il voulait juste se réveiller, laisser la chaleur l'envahir, moite, dans leur cocon.
C'était l'idée, jusqu'à ce qu'il sente qu'il n'était plus le seul à avoir la gaule, et cette fois ce n'était pas pour des raisons de vessie. Et il laissa alors tomber sa tête contre l'épaule de son petit-ami, et grogna, presque réprobateur :
« Makoto...
– Je n'y peux rien. » marmonna-t-il en retour, et Sousuke pouvait sentir sa peau brûler contre la sienne, donc il rougissait. Il émit alors un bref soupir, et se dégagea de l'autre, qui n'était soudain plus de très bonne humeur.
« Je suis flatté, mais j'ai dit que je voulais faire ça bien.
– C'est pas bien, là?
– Si, mais... » il exhala lourdement, ne sachant vraiment comment le dire. « Pas juste en se réveillant, comme ça.
– Mais j'ai tout ce qu'il faut! »
Il se sentit rougir puissance mille, puis s'exclama :
« C'est pas ça!
– Alors quoi? »
Il croisa les pupilles de Makoto, qui étaient entre la frustration, l'irritation, et peut-être un peu d'inquiétude, et l'idée fut comme un coup sur son cœur. Il s'empressa de dire :
« C'est pas toi le problème, bon sang! Si je suivais juste mes envies, ça ferait longtemps que je t'aurais baisé contre un mur et basta!
– Et j'ai envie que tu fasses ça, où est le problème? »
Il se sentit se crisper en entendant les mots, sincères, qui s'échappaient du châtain, qui ne dévia pas son visage bien qu'il devienne lui aussi de plus en plus rouge. Il dut alors fermer les yeux, car il n'était pas assez fort pour dire non s'il continuait de parler comme ça.
« Y a que j'ai déjà fait ça avant, et c'était avec des nanas qui comptaient pas! Y a que j'ai déjà fait mal à certaines filles quand j'étais plus jeune! T'es pas une fille, et t'as aucune expérience, j-je refuse de faire ça comme ça, sans m'y être un minimum préparé... mentalement.
– Mais on est pas obligés d'aller jusqu'au bout dès la première fois! »
Il ouvrit la bouche, gardant les yeux fermés, se tannant de ne pas céder, de garder prise, et souffla, finalement :
« L'autre problème c'est que, je te l'ai dit, je veux faire ça bien. ...que ta première fois, l-la nôtre soit vraiment bien, ok? Qu'il y ait vraiment tout, pas juste la baise, le reste aussi, que ce soit une soirée dont tu te souviendras. Pas un p'tit coup le matin en se réveillant. »
Et cette fois-ci, aucune réponse ne lui parvint, et il osa ouvrir un œil pour voir ce qu'avait à dire son petit ami, sa réaction. Et celui-ci ne semblait toujours pas satisfait, rouge, et de la rancune au fond des yeux. Mais il se contenta de grommeler :
« Tu es bien trop romantique. Quoique tu fasses, ce sera bien, parce que c'est avec toi.
– Je ne suis pas romantique, je suis pas Rin!
– Ça n'y ressemble pas, continua-t-il de bougonner. Je te préviens, je ne suis pas une femme, que j'aime être en dessous n'y change rien.
– Hey, hey, j'ai jamais pensé ça, ok? Et c'est pas être romantique, c'est être gentleman, et ça que tu sois homme ou femme ou quoique ce soit je m'en fous : je le ferais, parce que c'est ce que j'aime faire quand j'aime quelqu'un. C'est tout. »
Ses lèvres se pincèrent, et il hocha vaguement la tête, visiblement un peu moins en colère, mais cela ne l'empêcha pas de souffler, roulant pour se lever :
« Je... comprends ce que tu dis, Sousuke, c'est juste que... c'est frustrant. Je n'ai vraiment pas envie de prendre mon temps, surtout quand on sait que dans deux semaines on ne se verra plus. »
Et une boule de culpabilité le prit à la gorge, alors que le rappel de la date, qui se rapprochait, lui faisait mal au cœur, et lui revenait en pleine figure après qu'ils aient si bien évité le sujet durant plusieurs jours. Heureusement, Makoto finit par à nouveau laisser la discussion sans conclusion, dos à lui, s'éclaircissant la gorge pour asséner :
« Si tu ne fais rien rapidement, c'est moi qui ferait quelque chose. Et je sais être persuasif quand je veux quelque chose, moi aussi... »
Et sur un dernier coup d'œil, que Sousuke remarqua à peine car son regard fut attiré par la masse qui déformait le boxer de son petit ami, il alla s'enfermer dans la salle de bain. La gorge sèche, il sentit que son érection, à lui, refaisait parler d'elle, et poussa un soupir à vous en fendre le cœur avant de se rendre aux toilettes.
/
La voiture rentra doucement dans le parking, et Sousuke sauta sur ses pieds, ouvrant la porte à la volée pour s'engouffrer dans l'ascenseur et descendre le plus rapidement possible vers le sous-sol. Et quand les portes s'ouvrirent, et qu'il tomba sur son meilleur ami, chapeau et lunettes noires sur le nez, il ne put empêcher son sourire de s'élargir ainsi que de lui tomber dessus.
« Oh putain! »
Et l'attention fut réciproque, le nageur se mettant à rire alors que, aidé par sa taille et ses muscles plus puissants, il les faisaient tourner comme des idiots, bien trop heureux pour s'en soucier. Il le tira alors dans la cage, referma les portes et puis, encore collé à lui, pressa :
« Montre. »
Les commissures tirées vers le haut à leur maximum, le rouquin ricana, puis ouvrit le devant de sa veste, faisant apparaître les deux médailles qui reposaient contre son torse. Perdant les mots, il leva vaguement une main, passant ses phalanges sur l'or qui reflétait la lumière artificielle de l'ascenseur, l'éclat doré passant sur le dos de sa main.
« Wow. »
Les joues de Rin étaient roses de fierté, alors que son meilleur ami admirait les inscriptions fines, ainsi que son nom gravé sur l'or, retenu par la bande rouge et blanche, assez lourd pour qu'il n'oublie jamais qu'il était là sans pour autant le peser. Et, quelques secondes de silence impressionné plus tard, alors qu'ils grimpaient les étages, les portes se rouvrirent puis Sousuke tenta de se rétablir.
« Combien sur ebay?
– Crétin.
– Désolé, juste je suis... woah, je sais même plus quoi dire. » contre lui, il le sentit vaguement trembler, et il marcha rapidement en direction de l'appartement, les gestes un peu saccadés. « Je suis tellement fier et heureux, bon sang. »
Il se retourna une seconde, les yeux un peu brillants, et Rin sentit sa poitrine se serrer, car Sousuke vivait aussi son rêve à cet instant, celui de le voir au sommet, d'avoir pu le voir y grimper, de l'avoir soutenu. Toutes ces années menaient à cet instant, à ce silence significatif, à cet échange de regards indescriptibles tant il portait de sentiments complexes et profonds.
« Tu l'as fait, Rin. »
Un rire lui échappa alors sans réfléchir, et quand il renifla une seconde, Sousuke ne fit aucun commentaire, passant aussi une main sur ses yeux.
Il finit par passer le pas de sa porte, et retira ses affaires encombrantes, mourant en plus de chaud dans l'atmosphère lourde du juillet japonais. Le nageur passa ses yeux sur son appartement, où Sousuke s'était sans problème installé, avait prit ses aises, et il le suivit dans la cuisine où, comme souvent, le feu était allumé et qu'un wok recouvert d'un couvercle chauffait à feu doux.
« T'as intérêt à nous faire un festin.
– J'ai passé ma semaine à faire la cuisine, déjà.
– Et à avoir de l'alcool, c'en est fini de l'embargo!
– Alcoolo. Y aura tout ce qu'il faut ce soir. »
Malgré tout, Rin se dirigea vers le frigo, et eut un sourire satisfait en apercevant le champagne gardé au frais, et se mit à chantonner en attrapant une bière.
« Je suis sûr que toi et tes coéquipiers avez déjà bien dû faire la fête hier, nan?
– Mhhh, oui, dans les vestiaires, mais on était un peu morts en rentrant hier en fait.
– Et Nanase, alors? Je pensais d'ailleurs que tu viendrais avec lui. »
Sans attendre, son visage eut une moue, et il détourna la tête, semblant fâché. Sousuke, lui aussi, devint rapidement blasé.
« Quoi encore?
– C'est un imbécile! Je veux pas le voir. »
Il soupira alors longuement, et retourna à ses casseroles, car il considérait que c'était bien plus intéressant :
« Alors ça y est, je peux dire ''je te l'avais dit''?
– Tu m'as rien dit du tout.
– Oh, je l'ai pas pensé assez fort?
– Connard. »
Secouant la tête, il recouvrit à nouveau son plat puis se retourna, les bras croisés, comme prêt à faire un sermon :
« Rin, tu t'attendais à quoi? Cette idée sentait la merde à des kilomètres, tu peux pas le nier.
– C'était pas un plan cul! Je voulais que ce soit que ça, et c'est de sa faute si ça a viré différemment! » un regard peu convaincu de son ami le poussa alors à poursuivre : « On a passé plus de temps à rien faire, juste dormir ensemble ou s'embrasser, qu'à baiser! Il passe son temps à me tenir la main! Je suis pas dingue, c'est pas normal!
– C'est Nanase. »
Et, effectivement, Rin ne pouvait répondre à cela. Haruka agissait comme il le sentait, même quand parfois la situation ne convenait pas. Il était possible qu'il le fasse car c'était agréable, car il avait confiance en Rin.
Mais il était certain qu'il y avait plus.
« Et ça change pas le fait que je sois dingue de lui. S'il fait ça juste parce qu'il aime bien, il arrête, c'est tout, et on a qu'à être amis. Par contre, s'il agit comme ça, moi je le prendrai comme je le veux, et il a pas le droit de se plaindre. »
Au moins, se rassurait Sousuke, ce n'était pas très grave. Les deux allaient se faire la gueule, se tourner autour jusqu'à se réconcilier, que ce soit pour être seulement amis ou tenter véritablement plus, et cette fois sans que ce soit avec une situation aussi tordue. Il suffisait d'attendre, le brun était têtu, c'était tout, et ça pourrait durer un peu. Mais, au final, il se contenta de marmonner :
« Tant que vous foirez pas l'ambiance de ce soir, je dis rien. Vous vous débrouillez.
– Hm. Ouais, t'inquiète pas. Je vais très bien faire comme s'il était pas là.
– Vous allez inquiéter les autres.
– Ils survivront. » conclut-il en secouant la main, laissant apercevoir ses bandages, et il ne fallut que quelques secondes pour que ceci revienne à l'esprit de Sousuke, et qu'il oublie cette histoire car ça c'était bien plus important.
Son cœur battant fort et douloureusement, il avança directement et prit l'articulation délicatement, l'observant tandis que sa respiration se coinçait dans sa gorge. Rin, aussi, oublia sa bouderie, et fixa sa blessure, ne pouvant cacher qu'il avait encore un peu mal parfois.
« Ça va guérir, hein? »
Il releva la tête vers le brun, et la détresse qui s'affichait sur ses traits lui tordit l'estomac, car bien sûr qu'il avait pensé à ceci lorsqu'il s'était fait mal, que l'idée, rien qu'une seconde, qu'il se blesse vraiment lui passait par la tête et le décomposait rien qu'en imaginant la réaction que pourrait avoir son ami. Il n'avait pas le droit de perdre car il s'était fait mal, il n'avait pas le droit de négliger sa santé, car il n'était pas question de faire revivre ceci à Sousuke. Alors il prit son regard le plus droit, sincère, rassurant possible, et chuchota :
« Je me le suis juste tordu. C'est une précaution, mais je n'ai vraiment rien. Ça ira très bien. »
Et, un peu chancelant, son ami acquiesça, les yeux fermés et la respiration profonde, pour se calmer, s'assurer que tout allait bien, que Rin ne lui mentirait jamais là-dessus. Mais il ne put s'empêcher de souffler, la voix un peu irrégulière :
« J'ai eu la putain de peur de ma vie, Rin. J'ai vraiment cru-
– Tout va bien, Sousuke.
– Je sais, je sais, mais... » il serra la mâchoire, et fronça un peu les sourcils, pour asséner, la voix claire : « Je t'interdis de te blesser, d'accord? Jamais. »
Et il aurait voulu lui dire que les blessures, on ne les prévoyait jamais, qu'on pouvait toujours guérir, qu'il serait pris en charge si jamais cela arrivait. Mais il ne put répondre rien d'autre que ceci, faible face au ton suppliant de son meilleur ami :
« Jamais. »
/
Alors que le soir tombait, leurs amis ne tardèrent pas à se faire voir, les plus énergiques criant en apercevant Rin, certains lui tombant dans les bras. Quand ce fut Gou qui passa le pas de la porte avec Mikoshiba, celle-ci lâcha son petit ami pour se jeter sur son frère, de grosses larmes de joie ne tardant pas à rouler sur ses joues. Et lorsque la mère Matsuoka ainsi que ses parents australiens furent les suivants à arriver, ce fut au tour de Rin de ne plus pouvoir résister, et de se mettre aussi à pleurer.
Beaucoup de monde arriva, des membres de la famille, des vieux amis, cette fois-ci c'était une fête pour tout le monde, ils n'étaient plus simplement « les anciens de Tottori », mais tout l'entourage des grands vainqueurs. Haruka n'était pas encore arrivé, et Makoto avec lui, alors Sousuke lançait régulièrement des regards vers la porte d'entrée, peut-être malgré lui un peu nerveux en se rappelant du matin-même, ou à l'idée d'être officiels devant tout ce monde. Ils seraient sûrement moins directs, et ne passeraient de toute façon pas la soirée collés, mais ça restait différent du stade, entre eux, où ils étaient de toute façon comme dans un autre monde.
Et finalement, le brun passa la porte, si discrètement qu'il fallut que quelqu'un s'exclame pour que tous se rassemblent et aille accueillir le nageur. Derrière lui se trouvaient ses parents, qui saluèrent gentiment tout le monde, sa mère saluant chaleureusement Rin qu'elle n'avait pas vu depuis des années, à son grand regret. Et étonnamment, le léger froid entre Haruka et Rin passa inaperçu, ou du moins il capta un simple léger sourire moqueur de son meilleur ami, auquel l'autre répondit d'un froncement de sourcils.
Et évidemment, Makoto trottait non loin du champion olympique de Free, presque aveuglant dans sa béatitude maintenant qu'il avait enfin eu une bonne nuit de sommeil, et que les épreuves de natation étaient terminées, sur la meilleure note qui soit. Cela le rendit incapable de faire autre chose que de traverser le salon, pour se planter à ses côtés jusqu'à ce que le châtain le remarque, et que son sourire s'agrandisse.
Ils se regardèrent quelques secondes sans trop savoir que dire, et pour le coup hyper-conscients de leur environnement. Il lui glissa alors :
« Tu... veux pas m'accompagner en cuisine? »
Et si le châtain jeta un coup d'œil à son meilleur ami, il ne lui fallut malgré tout pas grand chose pour le suivre, et être celui qui attrapa l'arrière de sa tête pour l'entraîner dans un baiser quand la porte se referma derrière eux.
Beaucoup plus à l'aise, il poussa un long soupir, faisant glisser ses mains contre le dos de son petit ami, appréciant la chaleur contre son torse, contre ses lèvres, la douceur de leur échange. Et lorsque, quelques secondes plus tard, il brisa le baiser, ce fut pour souffler :
« Salut... »
Un rire léger lui répondit, alors que le visage de Makoto demeurait rose.
« Je suis le premier que tu as vu ce matin!
– Pas grave.
– D'accord, eh bien bonjour alors. Ça va? »
Il hocha la tête, collant sa joue à la sienne, tout en murmurant :
« Ouais, ça m'a fait du bien de passer l'après-midi avec Rin.
– J'imagine. Tu vois, je t'avais dis que sa blessure ne serait rien du tout.
– Mmh, oui, je l'ai engueulé au passage. »
Faisant aller et venir sa main sur le biceps du plus grand, Makoto ferma ensuite les yeux, se blottissant contre l'autre, car bien que cela soit assez désespérant, ne pas passer la journée avec lui lui avait manqué. Bien sûr, le réveil, bien qu'il ait un peu mal tourné, avait déjà été la meilleure partie de sa journée, et ils s'étaient dit qu'ils se reverraient le soir, mais il en était véritablement arrivé au point où la simple pensée de Sousuke le distrayait, et lui faisait perdre tout fil.
Alors il vint embrasser sa mâchoire, inspirant longuement, puis se détacha de son petit ami, sachant pertinemment que ses joues étaient roses.
« On y retourne?
– Ouais, il manquerait plus que Rin- »
Et il suffit d'une seconde pour qu'il relève les yeux et se taise, une moue boudeuse soudain sur ses traits. Makoto n'eut pas besoin de réfléchir bien longtemps pour comprendre qui devait se trouver sur le pas de la porte, et était tombé sur ce spectacle.
« Si c'est pas mignon...
– J't'emmerde, Rin! »
Il n'essaya même pas de persuader son petit ami de ne pas s'énerver, celui-ci fusait directement sur Rin, qui souriait de toutes ses dents.
« Eh bah j'avais entendu parler du baiser, mais on m'avait pas dit que ça avait bien évolué dis donc!
– Tu lui as dit? » s'exclama-t-il cependant, rougissant un peu, et cela ne fit qu'enfoncer la grimace de Sousuke, qui ne tarda pas à attraper la tête du rouquin pour la coincer sous son aisselle :
« Toi, si tu crois que je vais laisser passer ça! Je veux pas voir ta tronche quand je veux passer du temps avec mon copain, ok?
– C'est pas ton copain, c'est Makoto! Et c'est mon appart! » Soudain, une lueur traversa ses pupilles, et il releva la tête tant bien que mal, pour s'écrier : « Hey, et je t'avais dit que t'étais interdit de baiser dans mon lit! Y a intérêt à ce que ce soit le cas!
– Je te jure, Matsuoka, si tu dis encore un truc, je t'enfonce la bouteille de vodka dans la gorge! »
Et un ricanement suivit, accompagné d'un murmure visiblement cochon, dont Makoto ne comprit que les mots habituer et gorge, et Sousuke devint rouge vif avant d'entraîner son meilleur ami dans le salon; laissant le châtain seul.
Heureusement, Rin laissa rapidement tomber le sujet quand il tomba sur Kisumi qui venait d'arriver, et qu'il laissa le bonheur l'envahir en recroisant son vieil ami. Cette fois, Sousuke ne prit pas la poudre d'escampette et demeura avec eux, bien que par moments le jeune journaliste ne continue de véritablement l'agacer, mais c'était une partie de son charme, et Rin en mourrait de rire.
Deux bonnes heures plus tard, il était clair que Rin avait véritablement dépassé le stade de pompette, et il était en bonne compagnie, entouré de Nagisa et Kisumi eux aussi bien paf, ou encore Sousuke qui ne s'était finalement pas retenu, s'en fichant de toute façon bien étant donné qu'aux dernières nouvelles, c'était encore son appart jusqu'à la fin des Jeux, et donc qu'il y roupillerait quoiqu'il arrive.
Cela ne l'empêchait pas d'être malgré tout assez sobre pour capter les différents regards qu'envoyaient Haruka à son meilleur ami, à travers la pièce, et qui continuaient de l'étonner. Il se souvenait de cette impression bizarre qui l'avait traversé, au stade après la première médaille d'or du brun. Il avait repoussé cette idée, et ne la confierait jamais à Rin car il voulait tout sauf qu'il recommence à se faire de faux espoirs. Mais elle revenait désormais, et c'est peut-être la boisson qui le poussa à s'écarter de ses amis, pour se diriger vers lui.
Il le remarqua bien assez rapidement, et à côté de lui, Makoto aussi se mit à sourire, ses joues témoignant du fait qu'il avait aussi dû prendre un verre. Sousuke hésita un peu, mais vint enrouler son bras autour de la taille du châtain, qui rougit encore plus, mais ne dit rien, appréciant le contact.
La chose qu'il n'avait pas prévu, en revanche, c'était les yeux écarquillés de Nanase. Il avait cru qu'il serait au courant, que Makoto lui aurait depuis longtemps dit ce qu'il s'était passé, mais ce n'était visiblement pas le cas. Néanmoins, Haruka était bon pour jouer celui qui s'en fiche, et se contenta de marmonner, clairement irrité :
« Vous voulez que je vous laisse? »
Et, sans laisser à son meilleur ami le temps de répondre, Sousuke lança :
« Nan, c'est surtout avec toi que je voulais parler en fait.
– Pour ça il faudrait lâcher Makoto. »
Il haussa un sourcil dédaigneux, puis desserra son étreinte, allant simplement rapidement déposer ses lèvres sur le crâne de l'étudiant qui le regardait avec surprise depuis qu'il avait parlé d'aller discuter en privé avec Haruka, mais le rassura d'une caresse des phalanges sur le dos de sa main, avant de faire signe à Nanase de le suivre dans le seul coin où il pouvait être sûr que personne ne viendrait fouiner, c'est-à-dire sa chambre. Certains leurs tombèrent dessus sur le chemin, leur demandant où ils se rendaient, et il se contenta d'une excuse bidon, de quelque chose qu'il devait lui donner.
Bien que ce ne soit pas loin de la vérité.
Et quand la porte fut refermée, la tension ne tardant pas à monter, presque à couper au couteau, il soupira longuement, s'assura que la poignée était bien remontée puis se tourna vers Nanase, qui avait l'air un peu appréhensif.
Il n'attendit pas plus, et, faisant appel à toute sa force, abattit son poing sur le visage du nageur.
Un air de pure stupeur passa sur les traits de Haruka, qui manqua tomber en arrière, avant que ses sourcils se froncent et que, bien que se tenant douloureusement la tempe, il s'approche dangereusement :
« Non mais ça ne va pas!? »
Sousuke se sentit débarrassé d'un grand poids tout à coup, et put soupirer longuement, étirant un peu son poing, puis massant ses phalanges meurtries par le choc. Il s'expliqua cependant rapidement, car il ne voulait pas se battre avec l'autre, et qu'il avait une bonne raison :
« Ça, c'est pour avoir baisé mon meilleur ami contre un mur avant de le laisser comme une merde, et de le considérer lui et ses sentiments comme encore moins que ça. »
Tout de suite, ses épaules tombèrent, et toute menace disparut de son visage, remplacée par le même air interloqué que précédemment, bien que s'y ajoute maintenant un peu de remords. Cela le fit au moins se taire, se massant la joue qui deviendrait certainement bleue le lendemain, et finir par murmurer :
« J'ai promis à Rin que je m'excuserai autant de fois que nécessaire, et je le pense, ainsi que jamais ne me le pardonnerai. Cependant, je ne pense pas avoir d'excuses à te faire personnellement.
– T'as pas à le faire, j'avais juste très très envie de te boxer, parce que pour le coup tu mérites rien d'autre. Et aussi c'est ma vengeance pour m'avoir fait récupérer un Rin en larmes, à ramasser à la cuillère par ta faute, alors que je dormais tranquillement. »
Le brun grimaça un peu en activant les muscles de son visage, mais finit par hocher la tête, sachant qu'il n'était pas en mesure de lui dire qu'il avait eu tort de le frapper, et cela rassura Sousuke. Il s'y attendait, mais Haruka, même en s'étant engueulé avec Rin, ne se pardonnait pas non plus son acte, et il espérait bien que cela continuerait encore quelques mois, histoire qu'il se ronge un peu les sangs jusqu'à avoir assez payé pour ses actions. C'est pour cela qu'il gronda, un peu gêné et ayant certainement mal, les yeux détournés :
« C'est tout? »
Cela lui fit lâcher un vrai rire moqueur.
« Quoi, t'en veux plus?
– Non, répondit-il comme si désespéramment blasé par ses mots. C'est tout ce que tu me voulais? »
Au fond, oui, il n'avait rien d'autre de particulier à traiter avec Haruka. Cependant, l'esprit clair, ou en tout cas en l'absence de tout filtre à cause de l'alcool pour l'empêcher de dire des choses qu'ils voudrait éviter d'aborder, il soupira :
« Y a aussi ce qu'il se passe maintenant. Votre engueulade ou je ne sais quoi... »
Cela sembla rapidement replonger le brun dans une humeur peu jouasse, et il secoua rapidement la tête :
« Hey, je vais pas m'en mêler, j'ai d'autres choses à faire. Pour ce que t'as fais avant, là, j'ai mis mon grain de sel parce que c'était grave, là c'est vraiment que des enfantillages. Et j'ai justement pas envie que ça créé de la merde entre nous. »
Les paroles, bien qu'elles ne fassent pas plaisir à Haruka qui avait certainement envie de répondre le contraire, le firent se taire, en attente de plus d'explications.
« En gros, voilà le truc : je veux pas que vos conneries nous atteignent, ok? Si t'avais pas capté, je sors avec Makoto. »
Leurs regards tombèrent l'un dans l'autre, soudainement bien plus profonds qu'avant, car Sousuke traitait désormais de quelque chose qui lui tenait véritablement à cœur et pas les bêtises de ses amis.
« Il est pas question que, vous deux, vous nous intégriez dedans, ok? En gros, moi je prendrais pas de parti, que Rin soit mon meilleur pote ou non, pour moi c'est un imbécile qui aurait dû s'attendre à ce que ça finisse comme ça. Et t'en es aussi un, parce que t'en as bien profité. » les pupilles bleues s'assombrirent un peu, comme une protestation silencieuse. « Alors je te demande de faire pareil avec Makoto. Laisse-le hors de ça, et ne cherche pas à le faire rejoindre ta cause, ou je ne sais quoi. Il est pas question que vous foutiez la merde à ce qu'on a tous les deux, qui marche, qui est génial; et ça parce que vous êtes pas capables de vous débrouiller toi et Rin, d'accord? »
Et, un peu chancelant, il ne lui laissa même pas le temps de répondre, se dirigeant vers la porte pour retourner dans la soirée, reprendre un coup dont il avait bien besoin. C'est pour cela que Rin eut beau, en les repérant, se diriger dangereusement vers eux, l'air peu content, en lui grondant de lui dire ce qu'ils avaient fait tous seuls dans sa chambre; il se contenta d'avoir l'air exaspéré, et de reprendre une bière. Derrière lui, le brun jeta à son tour un regard assassin au nageur de papillon, qui lança à travers la pièce :
« Quoi, y a un problème?
– Tu es ivre.
– Ouais. »
Et si certains s'esclaffèrent, pensant que c'était juste l'alcool, Sousuke ne put s'empêcher de prier pour que les disputes ne prennent pas devant tous les amis et famille, qu'ils attendent d'être seuls pour se bouffer le nez. Lui, en tout cas, il n'avait vraiment pas envie de s'occuper de ça pour le moment, c'est clair.
Il fit donc en sorte de garder Rin occupé pour le reste de la soirée, toujours avec une ou deux autres personnes, ainsi qu'il demeure éloigné de Haruka qui ne quitta pas Makoto ni l'air agacé de son visage. Il put ainsi seulement envoyer de petits coups d'œils désolés à son petit ami, coincé toute la nuit avec un brun qui boude.
Et lorsque la soirée se termina, que beaucoup de monde disparut, surtout les invités avec des enfants, Sousuke dût se contenter d'un au revoir de loin à Makoto, parce que Rin était en ce moment de l'autre côté de la porte (des toilettes) contre laquelle il était adossé. Il sortit cependant son portable, lui envoyant un texto pour le prévenir qu'il avait envie de le voir le lendemain, qu'il passerait à son appart.
Rin remarqua le message en sortant des toilettes, n'ayant visiblement pas vomi, mais s'étant au moins un peu rafraîchi avec un peu d'eau.
« Souviens-toi de ce que je t'ai dis pour mon pieu.
– On a rien fait dans ton plumard, je te l'ai dit!
– Eh bien la prochaine fois que ça arrivera, fait en sorte que ce soit toujours chez Makoto! »
Il ne put empêcher un peu de sang de monter à son visage, ce qui le fit ensuite marmonner :
« Et qu'est-ce qui te fait croire qu'on est déjà allés jusque-là, hein?
– Vous puez le bonheur, la seule raison que je vois c'est que vous ayez enfin trempé votre biscuit.
– Super classe. » commenta-t-il, sans relever le fait qu'ils étaient vraiment sur leur nuage mais ceci sans même avoir été plus loin que la première base. Ce serait vraiment le summum pour Rin, qui en mourrait certainement de rire.
Il se contenta alors de prendre son courage à deux mains, de savoir que peu importe quand il le ferait, dans sa tête ça semblerait toujours ne pas être le bon moment, alors que Makoto avait raison : il n'avait besoin de rien d'autre que de passer la soirée avec lui pour savoir qu'elle n'aurait rien de comparable à d'autres. Son message, après avoir envoyé l'autre, fut donc simple.
[mercredi soir rin doit être au village
tu dors chez moi]
A suivre...
