Titre : Le sang des innocents
Auteur : Tabourette
Beta : ClaP74
Rating : MA
Note 1: cette histoire contient des relations homosexuelles donc toutes les personnes que cela rebute, passez votre chemin
Note 2 : Merci beaucoup à ClaP74 pour avoir corrigé ce chapitre encore une fois ! Sans elle vous n'auriez pas un texte aussi agréable à lire.
Diclaimer : les lieux et personnage de l'univers d'Harry Potter ne sont toujours pas ma propriété mais celle de leur auteur J.K Rowling. Le reste, c'est tout à moi !
Petit mot de ClaP74 : Je crois, j'en suis même certaine, que nous arrivons à un tournant bien particulier dans cette histoire. Vous savez, ce moment totalement incroyable où tout s'emboite, se relie pour faire la lumière en nous ? Il est là. Et c'est fait avec tellement de perfection, on sentirait presque (carrément même) les petits picotements magique de l'excitation quand on comprend tout l'enjeu de cette histoire. C'est incroyable, et je ne cesserais de le dire, ces mots-là sont pour toi A. Jamais je ne pourrais regretter d'avoir répondu à ce post sur le forum quand tu cherchais une bêta, c'est trop merveilleux de lire des choses comme ça.
Devant ce message que m'a laissé ClaP74, je ne peux que répondre ! Je suis extrêmement heureuse moi aussi que tu ais répondu à mon message et à aucun moment je n'ai regretté de m'être embarqué dans cette histoire avec toi ! On ne se connaissait pas, mais maintenant, je te considère comme une amie et j'en suis heureuse
Voilà, ce petit message personnel étant passé, je vous livre le chapitre clef de cette fic. Vous allez (enfin) comprendre ce qui se passe depuis le début ! L'histoire ne se termine pas ici donc vous allez toujours vous poser quelques questions, mais je vous promet que ce chapitre va beaucoup vous éclairer.
On en apprend également un peu plus sur Kateline et Laelis, pour celles et ceux qui étaient curieux sur leurs histoires.
Pour celles et ceux qui m'avaient posé la question, je ne sais pas exactement combien de chapitre il reste à cette fic avant d'être terminée. Elle est toujours en cours d'écriture mais je dirais autour de 45 chapitres au totale (peut être un peu plus vu qu'il s'avère, depuis le début, que mes estimations sur la longueur de cette fic sont très minimisées….). Donc la fin arrive bientôt mais il vous reste encore quelques chapitres devant vous
Merci à tous pour les reviews que vous avez laissé ! Je suis vraiment contente que le chapitre précédent vous ait plu.
Aller, je ne vous retiens pas plus avec mon blabla et vous laisse lire ce chapitre. Enjoy !
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Severus essaya de ne pas faire attention aux regards curieux mais surtout anxieux que Laelis Totley posaient régulièrement sur lui.
Tous ses sens étaient en alerte devant le nombre de personnes inconnues ou peu familières qui se trouvaient dans la même pièce que sa Source et lui.
Il avait envie de rapprocher Harry de lui, dans un besoin difficilement contenu d'exercer une quelconque forme de protection sur le jeune homme. Mais ce n'était pas dans sa nature de s'exhiber ainsi en public, d'autant plus que près de la moitié des gens présent n'était pas au courant de la relation du professeur avec son élève.
Après de nombreuses heures d'échanges par parchemin, Severus avait enfin réussi à organiser une réunion avec toutes les personnes impliquées dans leur histoire de rêve. Cela n'avait pas été une mince affaire mais dès qu'Harold Granwich lui avait fait parvenir la date et l'heure de son entretien avec Albus, il s'y était attelé.
Laelis Totley n'avait pas immédiatement compris la raison de sa convocation à la fin d'un cours de potions, mais lorsque Severus avait évoqué les rêves, il avait immédiatement capté toute son attention. Il avait remarqué qu'elle mourrait d'envie de lui demander comment il connaissait tout cela, mais sa timidité excessive l'en avait dissuadée et le professeur de potions s'était bien gardé d'aborder lui-même le sujet. De toute manière, Severus savait que beaucoup de questions allaient trouver leur réponse ce soir. Il était temps que tout soit révélé.
Il avait demandé à la jeune fille de contacter son compagnon et de libérer son emploi du temps pour une réunion ce mardi soir à la fin des cours.
Kateline Pengraff connaissait déjà son implication et n'avait pas posé de questions lorsqu'il lui avait formulé la même requête. Les informations que leur faisait régulièrement parvenir Harry les tenaient au courant de l'avancée des recherches. Les deux jeunes filles savaient donc déjà qu'elles allaient rencontrer une personne susceptible de leur fournir des réponses.
Heureusement, faire entrer les deux compagnons des jeunes filles sans que Dumbledore ne soit au courant n'avait pas été vraiment compliqué. Les nombreux passages secrets menant à l'extérieur que renfermait Poudlard lui avaient rendu la tâche facile.
Ils étaient donc huit personnes à être réunies dans la salle de défense contre les forces du mal, en ce mardi soir. Tout le monde se regardait en coin sans vraiment oser se parler alors que la porte venait de se refermer sur Draco, dernier arrivé.
Laelis se trouvait aux côtés d'un jeune homme brun et élancé, probablement à peine plus âgé que la vingtaine. Un bras protecteur était passé autour de la taille de la jeune fille alors qu'elle s'appuyait avec confiance contre lui.
De son côté Kateline, chuchotait avec animation avec l'homme à sa droite, comme si parler trop fort était tabou. Severus avait été surpris en voyant cet homme pénétrer dans la pièce. Il était un de ses anciens élèves. Il ne se souvenait pas exactement de l'année où il avait été diplômé. Cela remontait peut être à cinq ou six ans. Mais il se souvenait généralement assez bien du visage de ses élèves. Il les suivait pendant plusieurs années après tout. Mais celui-ci était encore plus mémorable. Ce n'était effectivement pas tous les ans qu'il avait un veela pour élève. Son passage avait été d'autant plus marqué qu'il se souvenait d'un élève assez agitateur, toujours à discuter ou à faire des âneries. Mais il n'était pas méchant et plutôt doué, de ce que s'en souvenait Severus. Hawley, s'il se rappelait bien, mais son prénom lui échappait.
Le jeune homme l'avait également reconnu lorsqu'il était entré dans la pièce, lui adressant un petit signe de tête.
A sa droite, se trouvait Lupin et Draco et à sa gauche, Harry. Tout le monde en était encore à se jauger du regard mais Severus prit finalement la parole, son habituel air impassible habitant ses traits.
-Bonjour à tous. Je suppose que vous savez tous pourquoi nous sommes réunis ce soir. Messieurs Malfoy et Potter et mesdemoiselles Pengraff et Totley sont victimes de rêves depuis le début de l'année. Chacun rêve d'une scène étant arrivée à un des trois autres. Et il se trouve que ces rêves ne surviennent que lorsqu'ils dorment à Poudlard en présence de l'autre personne apparaissant dans ces rêves.
Voyant que personne n'avait rien à dire, Severus continua.
-J'ai effectué quelques recherches qui m'ont amenées à penser que la magie ancienne pourrait-être impliquée dans cette histoire.
Le veela écarquilla les yeux, ne cachant pas sa surprise. Visiblement, Harry n'était pas allé jusqu'à parler de la magie ancienne avec les deux jeunes filles, tout cela n'étant encore qu'une hypothèse. Lui-même en avait parlé avec Remus qui avait dû le rapporter à Draco.
-J'ai pu rencontrer un expert dans ce domaine, le professeur Harold Granwich, qui a bien voulu tous nous rencontrer pour que nous puissions en parler avec lui. J'espère que son intervention pourra nous en apprendre plus. Il ne devrait pas tarder à nous re…
Severus n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'un toc-toc affirmé se fit entendre derrière lui. Le professeur de potion se retourna et alla ouvrir sans attendre la porte de la salle, qui révéla le professeur Granwich, une cape drapée sur son bras gauche alors que la droite se trouvait posée sur le pommeau d'une canne, soutenant le poids de son corps.
-Bien le bonjour messieurs, dames. S'exclama le vieille homme d'une vitalité étonnante compte tenu de sa posture un peu tremblante. Me permettez vous d'entrez, cher monsieur Snape ?
Severus s'écarta rapidement de l'embrasure de la porte pour laisser leur visiteur pénétrer dans la salle de classe. Tous les regards étaient portés sur ce nouvel arrivant mais celui-ci ne semblait pas s'en soucier. Comme s'il se trouvait seul dans la pièce, Harold Granwich se dirigea vers le bureau le plus proche et déposa sa cape sur le dossier de la chaise. D'un coup de baguette, il fit apparaitre un parchemin, une plume et un encrier, avant de s'asseoir devant le bureau.
Il posa ses coudes sur la surface en bois d'un geste affirmé et tourna enfin son attention sur les personnes présentes dans la pièce.
-Allons jeune fille, s'exclama le professeur à l'intention de Laelis, n'ayez pas l'air si apeurée. Je ne suis qu'un vieillard inoffensif. Ma seule force réside dans mon esprit. Rien de bien effrayant. Quoique, le pouvoir des mots peut avoir des effets étonnants.
Severus n'était pas certain que cette dernière phrase soit adressée à quelqu'un d'autre que le professeur lui-même, qui semblait perdu dans ses pensées. Mais celui-ci fut coupé dans celle-ci, quelles qu'elles fussent, par Kateline qui s'approcha du vieil homme.
Avec aplomb, elle se posta face à lui, de l'autre côté du bureau.
-Professeur Granwich, c'est un réel honneur de vous rencontrer. Commença-t-elle d'un ton solennel. J'ai lu de nombreux livres que vous avez écrits et je reste admirative devant le travail que vous avez accompli. Je suis vraiment honorée de vous rencontrer aujourd'hui en personne, même si c'est dans un contexte assez particulier.
Harold Granwich leva un visage où s'étalait un sourire ravi vers la Serdaigle.
-Je vous remercie jeune fille. Je dois dire que je suis moi-même honoré de me trouver en présence de si jeunes gens déjà confrontés à la magie ancienne.
Kateline lui renvoya son sourire avant de s'éloigner de quelques pas pour retourner près de son compagnon.
-Monsieur Snape m'a déjà fait part du problème auquel vous devez faire face. J'ai déjà échafaudé quelques hypothèses mais j'aurais besoin d'en savoir un peu plus sur le contenu des rêves que vous faites. Même si les rêves faits mutuellement l'un sur l'autre sont passionnants, je pense que le fond des images que vous voyez peut nous apporter des indices intéressants. Monsieur Snape m'a déjà raconté plus en détail le contenu du rêve fait par…
Le professeur Granwich jeta un rapide coup d'œil vers le parchemin étalé devant lui.
-Mademoiselle Pengraff, sur monsieur Potter et monsieur Snape lui-même.
Deux regards se tournèrent avec étonnement en direction du maitre des potions. Laelis et son compagnon venaient enfin de comprendre l'implication du professeur de potion dans toute cette histoire. Mais aussi ses conséquences.
La jeune femme détourna les yeux avec gêne, n'osant soudainement plus fixer ni Harry, ni son professeur.
Le Gryffondor lui adressa un petit sourire désolé, s'excusant pour ne pas lui en avoir parlé plus tôt.
-Bien, reprit le professeur Granwich, inconscient des révélations qui venaient d'être faites, peut être pourriez vous reprendre votre récit pour les jeunes gens ici présent, monsieur Snape, s'ils n'en ont pas déjà eu connaissance. Neuf esprits éclairés en valent mieux qu'un.
Severus sentit la même angoisse que dans le bureau du professeur Granwich refaire surface en lui. Une nouvelle fois, il allait devoir se mettre à nu devant des personnes en qui il n'avait pas confiance et révéler des détails de sa vie privée. Laisser les gens vous connaître, c'est leur donner de quoi vous blesser. Severus l'avait apprit à ses dépens à maintes reprises durant sa jeunesse et avait, depuis, suivit la ligne de conduite précise d'en révéler le moins possible sur lui. C'est peut être ce qui lui avait sauvé la vie pendant la guerre, sa capacité à dissimuler qui il était vraiment.
Mais cette fois-ci, il n'avait pas vraiment le choix. Si lui ne racontait pas son histoire, comment pouvait-il demander aux autres de le faire ?
Harry dû sentir son refus de révéler une nouvelle fois les détails de leurs vies et prit la parole avant que Severus n'ai pu s'exprimer.
-Je vais le faire, je vais raconter. Peut être que mon point de vue différent de celui de Severus pourra vous apporter des détails supplémentaires, professeur Granwich.
Personne ne releva l'emploi du prénom du professeur de potions maintenant que tous étaient au courant de leur relation. Ou tout du moins avaient des doutes. Si Severus apparaissait dans les rêves d'Harry, c'est que c'était aussi avec lui qu'il dormait quand il rêvait. Et nul besoin d'être à Serdaigle pour faire le lien.
-Excellente idée, jeune homme. Racontez-nous donc les détails de cette scène dont rêve mademoiselle Pengraff. Mais asseyez vous donc mon enfant. Vous pouvez tous vous asseoir d'ailleurs. Nul besoin de me faire sentir encore plus vieux que je ne le suis en me laissant seul assis dans cette pièce.
D'un sourire encourageant, Harold Granwich, invita tout le monde à prendre une place. Des bruits de chaises se firent entendre pendant quelques minutes jusqu'à ce que le silence revienne.
Ce fut Severus, resté debout, qui le rompit.
-Avant que nous ne commencions, j'aimerais vous soumettre ce conversations qui vont avoir lieu ici vont toucher au domaine privé. Afin que tout le monde se sente libre de parler sans craindre de révéler quelque chose de trop personnel, je vous invite à signer ce parchemin, stipulant que vous vous engagez à ne révéler à autrui aucun des faits qui seront évoqués ici ce soir sans l'accord de tous les participants. Il s'agit juste d'un document de restriction. Je pense que tout le monde en connait les effets magiques.
De multiples hochements de têtes lui répondirent.
Severus ne niait pas que ce geste était totalement intéressé, mais il supposait que ce détail pouvait également en arranger certains. Notamment Remus, pour qui la révélation de sa relation avec un élève pouvait avoir des conséquences désastreuses. Peut être même plus que pour Severus lui-même qui n'avait pas à jongler avec la pression d'être catalogué comme loup-garou.
Il savait que des révélations allaient être faites ce soir et en ce qui le concernait, il n'avait pas envie que de jeunes inconscients aillent révéler son secret de vampire ou la relation qu'il entretenait avec un de ses élèves. Ni aucun autre détail qui allait être dit ce soir.
Il avait donc eu l'idée de ce parchemin pour protéger ses arrières. Ce n'était pas aussi efficace que le blocage de l'esprit qu'il était capable de réaliser mais cela demandait beaucoup moins d'effort de sa part. Il n'aurait jamais pu tenir s'il avait du farfouiller dans l'esprit de chaque personne présente dans la pièce. Même si c'était un procédé relativement facile à réaliser, il lui demandait une certaine quantité d'énergie non négligeable.
Le parchemin n'empêchait pas les gens de parler mais seul un fou prendrait le risque de faire face aux conséquences d'une transgression.
Voyant que personne n'avait rien à redire sur ce procédé, Severus laissa le parchemin circuler entre les mains de chacun. Une fois qu'il le récupéra, agrémenté des neufs gouttes de sang attendues, Severus s'assit à son tour sur la chaise à côté d'Harry. D'un petit signe de la tête, il invita sa Source, qui le regardait, à parler.
Il était réticent à laisser à Harry le soin de révéler les détails de ce moment où il était devenu sa Source, perdant de ce fait le contrôle sur les mots qui allaient être dits, mais le jeune homme avait raison, un autre point de vue pouvait apporter des informations supplémentaires. Il prit donc sur lui et écouta son élève. Contre toute attente, Harry évoqua directement, et sans emphase, le point délicat du récit.
-Alors, tout d'abord, Severus est un vampire.
Il n'eut pas le temps de poursuivre que divers bruit de surprise se firent entendre autour de lui. Quelques questions commencèrent à être posées mais Harry, d'une assurance que Severus lui avait rarement vu, y coupa court.
-Je ne peux pas vous en dire plus de détails, mais oui, les vampires existent et c'est un point important pour notre histoire.
Alors qu'Harry commençait à relater la première fois où il avait été attaqué par Liam, remettant dans son contexte la scène qui les concernait, Severus surprit le regard de Draco et Lupin posé sur lui. Le professeur de potion ne se soucia pas de la surprise mais aussi de la menace visible dans les yeux du loup-garou qui allait de lui à Harry, et se focalisa exclusivement sur son filleul.
Il voyait bien que le jeune homme était ahuri de cet aspect inconnu de son parrain mais aussi blessé par le manque de confiance flagrant que l'homme avait envers lui en ne lui révélant pas ce détail.
Severus savait que des explications seraient indispensables, mais pas maintenant, pas devant tout le monde. Draco y avait droit mais pas les autres personnes ici présentes. D'un mouvement des lèvres exagéré, il fit donc comprendre au blond qu'ils parleraient de tout cela plus tard. Draco se renfrogna visiblement mais ne poussa pas plus loin. Son regard se détourna alors sur Harry qui avait commencé à relater le moment où Severus et lui avaient échangé leur sang.
Malgré qu'il n'ait écouté ses paroles que d'une oreille discrète, il se rendit compte qu'Harry avait passé sous silence la morsure de Severus, passant de l'attaque dans la ruelle directement au moment où son professeur avait été obligé de se lier à lui pour le sauver. Une grande partie de l'histoire avait été oublié mais le vampire doutait que ce soit accidentel. Il comprit alors qu'Harry ne voulait pas évoquer aux autres le dérapage du maître des potions. En entendant leur histoire racontée de cette manière, Severus avait l'impression d'être le chevalier servant qui était venu à la rescousse de son pauvre élève alors qu'il n'aurait justement pas eu besoin d'être secouru si Severus n'avait pas été aussi faible. Et pourtant, il fut reconnaissant à Harry de lui éviter l'humiliation des jugements réprobateurs qui auraient très probablement suivis cet aveu.
Cela eu au moins le mérite de lui éviter de nouveaux coups d'œil meurtriers de la part de Lupin.
Quand Harry eut fini son récit, Severus fut pleinement conscient des regards de nouveaux portés sur lui, mais avant que quiconque n'ait eu le temps de parler, le professeur Granwich prit la parole et enchaîna sur la suite. Severus lui en fut immensément reconnaissant et ne pensait pas pouvoir compter le vieil homme comme une allié dans cette histoire.
-Bien, merci monsieur Potter. Et si nous continuions par mademoiselle Pengraff.
Le regard du vieil homme navigua entre les deux jeunes filles jusqu'à ce que Kateline s'avance.
-Oh, c'est vous. Parfait. Bien, je vous écoute mademoiselle Pengraff, parlez moi plus en détails de ce rêve qui est fait sur vous.
Le professeur enchaîna après un nouveau coup d'œil sur son parchemin.
-Par monsieur Malfoy.
Kateline se redressa sur sa chaise et prit la parole.
-Alors, euh… D'après ce que M… Draco a raconté, il a rêvé d'une nuit qui s'est passée en début d'année dernière, quelques semaines avant la fin officielle de la guerre. Ma famille a été attaquée par des mangemorts. Sa voix se fit un peu enrouée. Ils étaient deux et ont fait irruption chez nous. Je crois qu'il cherchait mon père mais nous ne l'avions pas revu depuis plusieurs mois. Ils… Nous n'arrêtions pas de leur répéter que nous n'avions rien à voir dans cette guerre mais ils continuaient à nous menacer et…
Kateline se fit hésitante et son malaise était clairement visible. Elle sembla pourtant reprendre un peu contenance lorsque la main de son compagnon se glissa dans la sienne, lui procurant une chaleur et une présence réconfortante. Le silence régnait dans la pièce. Avec courage, Kateline reprit son récit.
-Ils ont tué ma mère. La jeune femme prit une grande inspiration. Je crois qu'ils s'apprêtaient à me faire subir le même sort. En tout cas, c'est ce qu'ils n'arrêtaient pas de répéter. Que j'allais bientôt la rejoindre. Ils m'ont lancé un sort. Je ne sais pas ce que c'était mais… enfin c'était douloureux quoi. Sauf qu'ils sont partis avant de me tuer. C'est Morgan qui m'a raconté la suite parce que tout reste très flou pour moi.
Kateline se tourna vers son compagnon à ses côtés pour lui adresser un petit sourire.
-Ils ont dû entendre Morgan arriver et ont cru que c'était des secours. En tout cas, c'est ce qu'on a supposé. Ils se sont enfuis et Morgan est arrivé ensuite. On est voisin. Depuis… Depuis toujours en fait.
Kateline adressa un sourire attendri à Morgan.
-On ne dirait pas comme ça mais c'est une vraie peste, rigola Morgan, prenant la parole pour la première fois depuis le début du récit.
Il feignit la douleur quand la jeune femme lui donna un coup de coude mais son sourire persista avant de redevenir sérieux.
-J'étais chez mes parents à ce moment et j'ai entendu des cris. On était en guerre et les descentes chez les gens se faisaient de plus en plus fréquentes. J'avais peur que ce soit ça sans trop y croire. C'était un petit quartier tranquille où il ne s'était jamais rien passé. Je me suis précipité chez Kateline mais il faisait noir et je me suis prit un pot de fleur dans la jambe. Je crois que c'est ça qu'ont entendu les mangemorts. Ils sont sortis par derrière, je n'ai pas eu l'occasion de les voir, mais quand je suis entré dans la maison, j'ai pu assister au désastre de leur passage. Kateline était en train de crier de douleur sur le sol mais le temps que je l'atteigne, elle s'était évanouie. Je l'ai ramené chez moi. Je ne voulais pas qu'elle voit… enfin qu'elle soit chez elle quand elle allait se réveiller. Mais elle a commencé à saigner. Par les oreilles, les yeux, le nez. Je ne suis pas médecin mais ça n'avait pas l'air très normal, ni vraiment bon signe. Et elle ne se réveillait toujours pas malgré les sortilèges que je lui lançais. Elle a commencé à avoir des convulsions et à arrêter de respirer pendant plusieurs secondes. Je ne savais vraiment pas quoi faire
Les mains de Kateline et Morgan se serrèrent une nouvelle fois alors que le malaise du jeune homme à revivre cette scène était clairement visible.
-Alors, j'ai pensé. Enfin, je suis un veela. Morgan désigna ses courts cheveux d'un blond presque blanc d'un geste de la main. Pur souche, de mes deux parents. Ce qui est assez rare. Je suis censé avoir une sorte d'âme sœur quelque part. J'avais beaucoup d'espoir de la trouver à l'époque. Mais là, il y avait Kateline, en train d'agoniser sur mon canapé. On se connait depuis tout petit. On a grandis ensemble. Elle a pleuré toutes les larmes de son corps quand je suis parti à Poudlard pour la première fois. Je ne pouvais tout simplement pas imaginer la perdre alors j'ai… Un veela peut se lier avec une personne qui n'est pas sa destinée. Enfin je crois que c'est surtout possible pour les veela de sang pur. Un moyen de faire perdurer la race même si on ne trouve jamais notre âme sœur de toute notre vie, il me semble.
Sauf qu'un veela ne peut se lier qu'avec une personne de toute sa vie. J'ai choisi de faire ce sacrifice pour sauver celle de Kateline. Alors je l'ai lié avec moi cette nuit là. C'est un procédé assez barbare donc je ne vais pas vous donner tous les détails. C'est assez… sanglant. Il parait que le pouvoir d'un veela réside dans son sang. Je ne sais pas si c'est vrai mais quand j'ai partagé le mien avec Kateline, le procédé à fonctionné. Et hop, nous étions liés, pour le meilleur et pour le pire.
Morgan se pencha en avant d'un air conspirateur.
-Je dois avouer que pour le moment, c'est pour le pire, elle est insupportable, chuchota le veela.
Kateline lui donna une tape bien sentie derrière la tête avant de lui déposer un baiser sur la joue.
-N'écoutez pas ce que cet imbécile raconte. Sinon je peux aussi vous raconter la fois où il a déclaré son amour inconditionnel pour moi, c'était tellement…
Kateline n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'une main se posa avec fermeté sur sa bouche.
-Voyons chérie, je ne pense pas que ces messieurs dames ont envie de savoir ça, enchaina Morgan, les joues un peu rouges.
Kateline pouffa contre la main sur sa bouche mais le son en fut étouffé. Le jeune homme se tourna de nouveau vers le professeur Granwich qui griffonnait avec ferveur sur son parchemin.
-Je ne sais pas si vous avez besoin d'en savoir plus, professeur, dit-il en s'essuyant la paume de sa main. Il ne s'est rien passé de notable le reste de la nuit. Je me suis juste occupé de la mère de Kateline.
Seul le silence lui répondit, avant que le vieil homme ne relève la tête quelques minutes plus tard.
-Merci, tout cela ira très bien.
Il reporta de nouveau son attention sur son parchemin.
-Je vois déjà deux faits récurrents entre les deux scènes qui ont été racontées. Et je soupçonne fortement de les retrouver dans les prochaines histoires. Mais je ne voudrais pas m'avancer et me projeter sur de fausses assomptions. Et si nous continuions ? Monsieur Malfoy. A votre tour, voulez-vous bien.
-Est-ce que j'ai vraiment le choix ? Grommela Draco, réticent à exposer à tous ce qui s'était passé cette nuit d'été.
-Non, vous n'avez pas le choix, répliqua le professeur Granwich. Maintenant que cela est établi, procédez donc, je vous prie.
Le Serpentard se tourna brièvement vers Remus assis à ses côtés et trouva de l'aplomb dans le regard encourageant que lui renvoya le loup-garou. Il se redressa donc sur sa chaise et prit à son tour la parole pour relater avec précision les faits de cet été.
Il ne laissa de côté ni l'attaque de Wern sur sa personne, ni les efforts de Remus pour trouver un échappatoire à la situation délicate dans laquelle il se trouvait, et encore moins le moment où il dû devenir le compagnon du loup-garou.
Tout le monde dans la pièce l'écoutait avec la même attention qu'ils avaient portée sur les récits d'Harry et de Kateline.
A la fin de son histoire, tous les regards convergèrent vers le professeur Granwich. Un grand sourire illuminant son visage ridé, il regardait avec admiration la feuille de parchemin étalée devant lui.
-Par Merlin, c'est tout à fait fascinant.
-Vous avez découvert quelque chose professeur ? Demanda Kateline.
-Peut être bien, très chère ! S'exclama-t-il. Mais ne nous précipitons pas. Ecoutons d'abord le récit de mademoiselle Totley.
Le vieil homme leva son regard vers la jeune femme en souriant.
-Voulez-vous bien ?
-Bien sûr professeur, lui répondit Laelis d'une petite voix.
Avec anxiété, elle parcourut du regard toutes les personnes présentes dans la pièce. Elle n'avait jamais aimé s'exprimer en public et encore moins quand ledit public comprenait son professeur de potion qu'elle redoutait, son professeur de DCFM, malgré son air bienveillant, et un des plus éminents professeurs de la magie. Et c'était sans compter sur Draco Malfoy qui lui avait toujours fait peur.
Mais pourtant, elle n'avait pas le choix. Harry, Kateline et Draco étaient passés par là, elle ne pouvait pas se défiler.
Prenant son courage à deux mains mais surtout celle de son compagnon dans la sienne, elle commença.
-Euh… tout d'abord je vous présente Daoïne.
Le jeune homme à ses côtés adressa un petit signe de tête aux gens présents en face de lui.
-Nous nous sommes rencontré en début d'été, l'année dernière. J'étais en vacance en Irlande avec ma famille et…Enfin dans la scène qu'a vu Harry, j'étais dans une forêt, j'avais rendez-vous. Laelis rougit violemment. J'avais rendez-vous avec un garçon. On devait se retrouver dans une clairière pas très loin de la lisière de la forêt, au bout d'un chemin. Je ne connaissais pas le coin mais j'avais regardé sur une carte avant de partir. Et j'ai réussi à trouver le lieu de rendez-vous. C'était le soir et… je n'étais pas trop rassurée. Il y avait pas mal de bruits étranges. Je ne vais pas souvent me promener en forêt donc je ne sais pas si c'était les bruits normaux qu'on peut entendre dans un bois mais… Enfin, j'ai attendu. Un moment.
Laelis rougit de plus belle.
-Je crois qu'il m'avait posé un lapin. Je voulais attendre encore un peu plus sauf qu'il faisait de plus en plus noir et que j'avais peur de ne pas retrouver mon chemin. C'est quand j'ai décidé de rentrer que j'ai entendu des bruits bizarres. Encore plus étranges que les autres. Et puis j'ai entendu un grognement derrière moi. Je me suis mise à courir. C'était une décision stupide, j'aurais plutôt dû me défendre avec ma baguette, mais je n'ai pas vraiment réfléchi sur le coup. Sauf que la chose qui me poursuivait était beaucoup plus rapide que moi. Elle m'a sauté dessus. Quand je suis tombée sur le sol, j'ai dû me cogner la tête parce que je n'arrive pas à me souvenir de grand-chose.
-Et c'est là que je suis arrivé, enchaina Daoïne. J'étais un Sidhe. Laelis se trouvait sur le territoire de mon peuple. J'avais repéré la trace de la créature depuis un moment et j'étais en train de la suivre quand je suis tombé nez à nez avec elle, en train d'agripper la jambe de Laelis.
Harry leva lentement la main, l'air gêné.
Daoïne interrompit son récit et invita le jeune homme à parler.
-Désolé de vous interrompre mais… enfin je suis peut être le seul à ne pas savoir mais… c'est quoi un Sidhe ?
Un ricanement se fit entendre sur sa droite.
-Franchement Potter, tu es vraiment stupide, lui lança Draco, un sourire narquois au coin des lèvres.
-Euh, en fait je ne sais pas ce que c'est non plus, intervient timidement Kateline.
Harry adressa alors un regard vainqueur en direction du Serpentard qui se rembrunit et se tassa sur sa chaise.
-Oh, oui, bafouilla Daoïne, désolé. J'oublie parfois que tout le monde ne connait pas notre existence. Nous ne nous cachons pas mais nous n'apparaissons pas non plus très souvent en public. J'appartenais au peuple Sidhe. Nous sommes les gardiens du territoire que nous a accordé la nature. Mon clan est en charge de la protection de plusieurs hectares au sud de l'Irlande, dont la majorité est occupée par la forêt dans laquelle se trouvait Laelis. Certaines créatures ne sont pas les bienvenues et c'est de notre devoir de nous assurer qu'elles n'entrent pas en conflit avec la nature sous notre protection. Celle à la poursuite de Laelis y était clairement hostile, c'est pourquoi nous étions plusieurs à sa poursuite. Quand je l'ai trouvé, je l'ai affronté mais elle s'est enfuie. J'aurai dû aller à sa poursuite, mais je savais que mes compagnons n'étaient pas loin et qu'ils allaient l'intercepter. Et Laelis saignait beaucoup. Sa jambe était en lambeau et son cou avait été atteint par des griffures. Elle avait du mal à respirer. Laelis avait le droit de se trouver sur notre territoire mais pas la créature. Sauf que nous avions échoué à préserve cet ordre. J'avais échoué. J'étais arrivé trop tard et Laelis était mourante sur notre sol. Nous sommes responsables de ceux qui s'aventurent chez nous. J'étais lié à ma terre mais j'avais failli. Je devais réparer les choses. Alors j'ai sauvé Laelis. J'ai demandé l'aide du sol sur lequel nous nous trouvions et par mon sang, j'ai transmis sa force à Laelis pour l'aider à surmonter ses blessures. Mais on ne peut pas prendre sans donner en retour. J'ai dû sacrifier ma force de Sidhe pour pouvoir prendre celle de la terre et sauver Laelis.
Un voile de tristesse passa dans le regard du jeune homme.
-J'ai alors perdu mes droits sur mon territoire. Je ne suis plus un Sidhe. Je ne fais plus parti de mon peuple.
Ses yeux se posèrent sur Laelis qui lui tenait toujours la main avec force et son regard retrouva de sa sérénité.
-Mais j'ai réussi à sauver Laelis, finit-il dans un sourire. Je l'ai ramené chez moi, le temps qu'elle se remette complètement, mais j'ai ensuite dû quitter ma maison, ma famille. Je ne suis plus qu'un visiteur là-bas. Alors j'ai ramené Laelis chez ses parents. Mais comme ça faisait déjà un jour qu'elle était absente, ils avaient déjà contacté les Aurors pour signaler sa disparition, ajouta-t-il dans un petit rire. J'ai passé un assez mauvais moment. Mais une fois mon innocence prouvée, ses parents m'ont invité à rester quelques temps avec eux, le temps que je trouve un nouvel endroit où aller, un avenir vers lequel me diriger. Et… enfin nous avons passé beaucoup de temps ensemble, Laelis et moi. Mais je ne pense pas que ce soit un point important pour ce qui concerne les rêves. Tous ça s'est passé bien après la scène dont Harry a rêvé.
Un profond silence fit suite à ce récit.
-Tu as sacrifié ta vie pour sauver celle d'une fille dont tu ne savais rien ? S'exclama finalement Draco avec étonnement. Vachement altruiste de ta part.
Daoïne n'eut pas le temps de répondre que le professeur Granwich prit la parole.
-C'est précisément ce que vous avez tous fait.
Tour à tour, le regarde du vieil homme passa de Morgan à Severus, puis Remus avant de finir sa course sur Daoïne.
-Vous avez tous sacrifié vos vies pour celle d'une autre personne. Enfin, pas vos vies exactement, mais votre avenir, vos espoirs et vos espérances. Tout cela dans le seul but de sauver une vie. Mais quel but ! Je n'ai à présent plus beaucoup de doutes sur mes suppositions. Le vieil homme prit un air solennel. Vous tous ici présents, vous avez déclenché une série de mécanismes d'une rare complexité qui vous ont amené à cet instant présent. Magie du sacrifice, magie du sang, magie de l'imaginaire. Vous avez puisé dans les domaines de magie ancienne les plus puissants sans même vous en rendre compte.
Les huit personnes présentes dans la pièce regardaient le vieux professeur sans vraiment comprendre ses paroles.
-Il s'agit donc bien de magie ancienne ? Demanda Severus.
-Oh oui, ça ne fait presque aucun doute mon cher. C'est fascinant !
-Mais, commença Remus en cherchant ses mots, comment avons-nous pu faire appel à de la magie ancienne sans en avoir conscience ? Il me semble que les rituels pour la pratiquer sont très complexes et très cher payés.
-Tout à fait cher monsieur. Mais voyez vous, VOUS êtes des créatures anciennes. Loup-garou, veela, vampire, sidhe. Les racines de vos races remontent à des temps immémoriaux. En tout cas, je suppose que c'est le cas pour les vampires même si les données sur le sujet sont quasiment inexistantes. Vous avez pu utiliser la magie ancienne aussi facilement parce que vous êtes issu de l'ancienne magie. C'est elle qui a façonné les créatures que vous êtes. Vous avez donc un lien très particulier avec elle. Ce n'est pas pour rien que les rituels de liaison que vous utilisez reposent sur la magie du sang.
Les quatre hommes concernés restèrent pensifs, assimilant du mieux qu'ils le purent ce qui venait d'être dit.
-Donc, reprit Morgan, nous avons fait appel à la magie ancienne sans le savoir ?
-Exactement ! S'exclama le professeur Granwich. C'est tout bonnement fascinant ! Magie du sacrifice lorsque vous avez fait le choix d'abandonner pour toujours l'avenir que vous vous envisagiez. Magie du sang.
Il relut rapidement ses notes.
-D'après ce que j'ai pu collecter de vos récits, ce sacrifice a pu se réaliser grâce à l'intervention de votre sang en tant que créature magique. Passage de la force de la terre à travers le sang du sidhe, morsures du loup-garou et de son compagnon, échange de sang entre le vampire et sa Source et le Veela et son âme sœur choisie. Vous avez réussi à conjuguer la magie du sang et la magie du sacrifice dans une même action. Epoustouflant ! Je ne savais même pas que cela était possible.
-Mais comment en sommes nous venu à rêver des uns et des autres ? Osa demander Kateline.
-Cela, ma chère, c'est toute la magie de Poudlard ! S'exclama le vieux professeur en levant des bras triomphant.
Huit paires d'yeux se posèrent sur ce corps si frêle qui venait de laisser s'échapper une telle énergie.
-Poudlard a été construit sur le croisement de plusieurs lignes telluriques à travers lesquelles circulent une quantité incroyable d'énergie et de magie. Les Fondateurs ont choisi ce lieu précisément pour cela. Cela les a aidé dans leur tâche mais confèrent également au château une force supplémentaire dans l'apprentissage de la magie des jeunes personnes qui y font leurs études. Ces croisements telluriques sont extrêmement rares. Ce n'est pas pour rien qu'on compte si peu d'écoles de magie dans le monde. Et je dois dire qu'aucune n'arrive à la cheville de Poudlard et du travail qu'y ont réalisé les Fondateurs, ajouta le professeur avec une pointe de fierté non dissimulée.
A chaque parole, les mains du professeur Granwich s'agitaient dans un ballet erratique difficile à suivre.
- Voyez-vous, chaque croisement de lignes telluriques possède une énergie particulière. Une signature qui lui est propre si vous préférez. Les élèves qui arrivent dans cette école ont encore une magie en pleine maturation. La magie de Poudlard est là pour la stabiliser et la renforcer. Mais en même temps qu'elle grandit, la magie de chaque individu s'imprègne de la signature de ce croisement tellurique.
-Vous voulez dire, s'aventura Remus, que chaque sorcier issu de Poudlard possède une même signature magique ?
-Précisément mon cher ! Et la magie va à la rencontre de la magie. Vous tous ici présent, avec votre signature magique identique, baignant dans la magie ancienne de part les sacrifices qui ont été faits, vous vous retrouvez au même endroit, sur la même période de temps, dans un lieu forgé par la magie ancienne. Comment ne pas assister à une explosion de toute cette magie ?! Ne vous rendez-vous pas compte comme c'est extraordinaire ? Inconsciemment, messieurs les créatures magiques, vous avez de nouveau fait appel à cette ancienne magie pour vous trouver. Ce sont alors ces jeunes gens, avec qui vous êtes liés, qui la subissent et se mettent à faire des rêves. Des rêves les uns sur les autres. Des rêves vous montrant la voie pour retrouver vos semblables. Alors, qu'en pensez-vous ?
Le professeur Granwich, un sourire éblouissant, fit face à huit visages affichant une palette variée d'expressions, de la réflexion à l'incompréhension en passant par le scepticisme.
-Oh, voyons mes amis. Vous ne vous en rendez peut être pas compte mais vous êtes face à quelque chose d'incroyable. J'ai passé ma vie entière à étudier la magie ancienne et Poudlard. J'en connais la majorité du fonctionnement sur le bout des doigts, même si je me rends compte aujourd'hui que beaucoup de possibilités me sont encore inconnues.
-Je crois avoir compris la majorité de ce que vous avez cherché à nous expliquer, s'exprima Daoïne, mais j'aimerais revenir sur un point.
Tout le monde porta son attention sur le jeune homme.
-Je ne suis jamais allé à Poudlard avant de rencontrer Laelis. Ce n'est donc pas possible que j'ai cette signature magique identique dont vous parlez.
-Et bien, voilà un point intéressant. Et sur le concept, vous avez raison. Mais voyons, jeune homme. Vous êtes un Sidhe.
-Etait.
-Mais vous l'êtes toujours malgré quelques changements. On ne change pas de race aussi facilement, mon garçon. Pendant la majeure partie de votre vie, vous avez été en contact avec la nature, puisant directement votre force et votre magie dans la terre sous vos pieds. Quelque soit la ligne tellurique qui circule sous le territoire de votre clan, à un moment ou un autre, elle rejoint le centre tellurique qui se trouve sous Poudlard, que ce soit directement ou par l'intermédiaire d'une autre ligne. Vous avez donc cette signature magique particulière en vous. Même si cela ne nous concerne pas, je peux même vous dire que vous avez en vous la signature magique de tous les centres telluriques qui existent dans le monde. Imaginez plusieurs cours d'eau qui en recoupe toujours un autre. Vous obtenez alors une toile immense où circule la magie et toutes les signatures magiques. Entrez en contact avec l'un de ces cours d'eau par le biais de votre nature de Sidhe et vous entrez en contact avec tous. Aucune limite de localisation ne vous est appliquée, contrairement aux autres sorciers. Vous n'êtes peut être plus directement relié à la ligne qui circule sous le territoire de votre clan, mais trouvez en une autre dans un autre lieu et vous pourrez renouer le contact. Contrairement à ce que vous semblez penser, vous pouvez garder le lien qui vous unissait à votre terre.
-Vous voulez dire, hasarda Daoïne qui refusait de porter trop d'espoir malgré ces paroles rassurantes, que je suis toujours un sidhe ?
-Evidemment ! Quelle sottise d'avoir cru le contraire. Et quel manque de considération de vous l'avoir fait croire.
-Donc, nous avons bien tous la même signature magique, résuma Morgan. Votre théorie se tient.
-Evidemment qu'elle se tient, rigola doucement le professeur Granwich.
-Donc, nous avons fait ces rêves qui nous ont guidé les uns vers les autres, dit Draco, mais concrètement, ça sert à quoi qu'on se retrouve tous.
Huit paires d'yeux convergèrent immédiatement en direction du vieil homme assis à son bureau.
Celui-ci laissa échapper un petit rire.
-Absolument à rien et absolument à tout !
A suivre
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Et voilà ! J'espère que vous êtes un peu plus éclairé sur ce qui se passe dans l'histoire .
Je serais contente d'avoir vos retour sur ce chapitre, savoir ce que vous en avez pensé. C'est un chapitre clef dans mon histoire et je redoute beaucoup de ne pas l'avoir fait suffisamment bien ou suffisamment compréhensible.
