Note des auteures : Un grand merci à tous pour vos reviews ! Semaine après semaine elles nous laissent sans voix, merci à vous d'être là, merci d'aimer cette fic et nos Trouble et Personne si tourmentés ! Un énorme merci à tous ceux qui prennent le temps de nous reviewer et particulièrement les anonymes à qui nous ne pouvons pas répondre ! (Je suis un peu en retard dans les réponses mais elles arrivent promis !!) Nous avons une petite pensée pour ceux qui lit mais ne reviewent pas merci à vous aussi !!

Ce soir c'est un message spécial que j'aimerais faire passer : Merci à toi Hamelina d'écrire avec moi, merci pour cette fic que nous partageons et que j'adore, je te souhaite un très bon anniversaire et plein de bonheur pour l'année à venir !! HAPPY BIRTHDAY !!!


De : The . trouble (arobaze) thunderbolt . com

A : personne (arobaze) wizzard . org

Objet : (aucun)

Date: 10 décembre 2000 6h03

Tu ne sais rien du tout ! Toute ma vie, j'ai grandi avec ces gens qui savaient tous ce qui était bon pour moi mais ils ne savaient rien ! Ils n'ont jamais rien su ! Et toi, tu es comme eux ! De quel droit tu décides à ma place de la fin de cette histoire ??! Tu sautes sur chaque prétexte que tu peux trouver pour m'éloigner ! Tu es lâche tout le temps ! Tu as raison je ne comprends pas tes démons, je ne sais pas comme les sournois se glissent dans ta chair pour t'enlever à moi mais je veux comprendre, je veux savoir, j'essaierai de tout comprendre… je les anéantirai s'il le faut !

Tu veux vraiment me laisser ? Tu t'imagines jour après jour sans moi, passer devant l'écran vierge de ton ordinateur sans mon hibou pour venir te houspiller, tu imagines les centaines de questions que je voulais te poser mais dont tu ne sauras jamais rien ? Les jeux de mots pourris et les blagues vaseuses que j'avais encore en réserve pour Personne ? Tu imagines les milliers de mots doux que tu serais parvenu à m'arracher à force de persistance alors même qu'ils me révulseraient ? Les gestes tendres que tu m'aurais soutirés ? Les baisers langoureux ? Les plaisirs insondables ? Est-ce que tu as la force de tourner le dos à tout ça ? De me tourner le dos ?? Je te défie de bloquer mes mails ! Toi et moi savons parfaitement que tu n'y arriveras pas !

Et si tu le fais ce ne sont pas tes amis à qui tu devras ouvrir la porte mais à moi qui n'aurais aucun scrupule à la défoncer ! Je t'ai donné tous ces mois de ma vie et toi tu me les renvoies en plein visage comme s'ils ne valaient rien ! Je t'ai offert ma patience, mon temps précieux, des confidences humiliantes et voilà où nous en sommes à présent, tu me repousses comme la dernière des catins après m'avoir sucé la moelle !

Je ne t'ai jamais demandé d'être un autre même si j'avoue ne pas comprendre comment tu as pu devenir Personne, mais je me rappelais de ton air défiant et déterminé et de ce sourire que tout le monde t'enviait et égoïstement, je voulais l'imaginer encore sur tes lèvres et je me suis souvenu que tes amis, ceux que tu considérais comme ta famille avaient ce pouvoir, ce pouvoir de faire fleurir sur tes lèvres ce qui m'avait toujours été prohibé. Je ne voulais pas que tu sois un autre, je voulais simplement amener un peu de joie, et peut-être quelque chose que moi, je ne pouvais pas t'apporter. J'avais même imaginé (avant de paniquer et de t'envoyer un second mail) que tu m'aimerais un peu plus pour ça… (parce que j'imaginais que tes amis te manquaient probablement…) mais tu me détestes ou presque, ce sont tes propres mots, tu n'aurais qu'à te forcer un peu pour me détester n'est-ce pas ? Peut-être que tu as raison, peut-être que nos karmas sont incompatibles, peut-être que ce n'est pas naturel de s'aimer après s'être tant détesté ! C'est ça ! Contre nature, toi et moi, ça l'a toujours été Potter, deux antonymes, deux antithèses sans jamais un point de jonction, juste une haine séculaire et qui suis-je exactement pour changer le cours naturel des choses ?

Naïvement, je pensais que tu avais assez de volonté pour me choisir à tes démons. Ce que je ne comprenais pas et que je ne suis toujours pas sûr de comprendre c'est que tu ne peux pas mettre tes peurs et angoisses de côté dans une petite boîte pour moi. Mais toi tu aurais dû comprendre que je n'aurais pas pu partir le soir du 24, je nous aurais enfermés chez toi, j'aurais tiré une croix sur tout le reste, je serais devenu asocial, je serais devenu agoraphobe, je serais devenu tout ce que tu veux…

Mais j'ai quand même un peu gagné, n'est-ce pas ? Ma victoire, ce sont les trois pas que tu as fait au dehors, pour moi… (ou laisse-moi croire que ça l'était…) c'est l'air frais que tu as respiré et je m'en veux un peu de ne pas avoir assisté à ça parce que je t'aurais récompensé dignement. A force de te pousser dans tes derniers retranchements et d'avoir trop foi en toi (c'est ironique n'est-ce pas ? Moi qui n'ai jamais cru en ce sauveur de pacotille !), j'ai obtenu quelques résultats même si les conséquences sont tragiques.

Si c'était à refaire, je n'hésiterais pas, je recommencerais. Parce que quoi que tu en dises et même si tu crevais de trouille je suis persuadé que tu as apprécié de revoir tes amis et mon égo démesuré (c'est ce que l'on en dit mais toi et moi savons bien qu'il est parfait cet égo !) est absolument comblé que tu aies pris ma défense contre tes meilleurs amis.

Mais sache que tu n'as pas été ma marionnette (sinon crois-moi je t'aurais fait faire bien d'autres choses que la morale ne peut que réprouver…) et tes amis ne veulent pas de celui que tu as été ! Tu ne comprends pas qu'ils te demandent juste une place dans ta nouvelle vie, que c'est uniquement pour cette raison qu'ils ont répondu présent à mon appel ! Ils ne veulent pas retrouver celui que tu étais, ils veulent simplement apprendre à connaître celui que tu es devenu ! Alors pardonne-moi de ne pas comprendre ! Parce que tu as toujours désiré être aimé et que tu leur renvoies leur amour de la façon la plus cruelle qui soit, tu leur reprends après leur avoir accordé, tu leur enlèves, tu leur voles ce qu'ils avaient gagné, tu leur arraches encore une personne qu'ils aiment alors qu'ils en ont tant perdues et même si cette personne n'est plus celle qu'ils ont connue, comment veux-tu qu'ils cessent de l'aimer ?? Ils n'ont pas subi suffisamment de pertes, il faut que tu leur en infliges une autre ?? Mais c'est toi que tu punis ! C'est toi qui te complais dans ta solitude et ton malheur ! je veux croire que tu as ces démons qui ne te laissent aucun répit mais je veux aussi croire que tes amis sont suffisamment forts pour les vaincre avec toi, qu'ils t'aiment suffisamment fort pour comprendre ton comportement, te pardonner, et revenir, puisque je ne fais plus partie de l'équation, n'est-ce pas ?

Comprends qu'ils ne veulent pas que tu fasses ce que tu penses qu'ils attendent, ils veulent simplement faire partie de ta vie… Comprends qu'ils ont agi avec toi comme ils l'ont toujours fait, je n'en veux pas à Weasley de s'en être pris à moi, il voulait te protéger comme il l'a toujours fait, j'aurais pu être le serpent que j'ai toujours été, ça n'aurait pu être qu'une mascarade pour te détruire. C'était simplement un meilleur ami inquiet et protecteur…

J'aurais su quoi faire de ce stupide marginal inadapté, j'aurais su m'adapter à l'asocial et je me serai délecté de sa jalousie mortelle parce que non, je ne vois plus Lee comme tu penses que je le vois encore, il y a encore quelques mois je n'aurais pu t'affirmer ça sans mentir mais désormais je ne vois Lee que pour un café, un verre parfois mais ça s'arrête là et quant à Blaize, si je tentais quoi que ce soit je suis certain que je n'y survivrais pas, Thomas est pire que la peste bubonique ! Quand bien même je le pourrais, je ne le voudrais pas… Tu t'ériges tes propres barrières, tu ne peux que me rêver dis-tu mais c'est faux, tu te protèges derrière cet écran, tu sais bien que tu peux m'avoir quand tu veux (jamais jamais personne n'a pu être gratifié de ce privilège, sois en sûr !) Personne joue avec mon corps… et seulement lui, ils peuvent tous admirer et peut-être qu'ils ne s'en privent pas mais c'est tout ce à quoi ils ont droit, un bref regard au détour d'un couloir, un aperçu frugal dans une pièce surpeuplée alors que toi… toi tu aurais tout.

Je n'ai jamais voulu te changer, je n'ai jamais prétendu te guérir, je voulais juste être là, avec toi quand tu aurais ces pulsions meurtrières, les apaiser un peu très légèrement en t'assurant qu'il n'y a que toi, toujours puisque ça n'est pas nouveau entre nous, toi seul savais me faire sortir de mes gonds, j'aurais tenté d'apaiser tes angoisses en attendant un pas qui ne viendrait jamais sur le seuil de ta maison protectrice et tu ne te serais pas écroulé sur le sol froid parce que je t'aurais rattrapé et nous aurions fait un autre essai le lendemain et les jours d'après, je n'aurais fait aucun effort avec tes amis et tu m'aurais mis à la porte plus d'une fois pour me retrouver là au petit matin, emmitouflé dans un de tes pulls attrapé à la va vite, attendant ton pas rituel et inachevé sur le seuil glacé.

Tu n'as pas le droit de m'enlever ce choix, toi comme moi n'avons jamais pu choisir, je ne t'apprends rien et une fois de plus tu te fais le tyran qui vient m'ôter ce droit, te rends-tu compte de ce que ça fait de toi ?

Tu invoques le fait que tu ne serais pas à la hauteur de mes rêves et si c'était moi qui n'étais pas à la hauteur des tiens ? (et ne me dis pas que tu ne rêves rien !) Et si moi, je n'étais pas à la hauteur de ce que tu imagines ? Que dirais-tu ? Que ferais-tu ? Est-ce que tu n'as jamais pensé que ce regard désillusionné pourrait être dans tes yeux et non dans les miens ? Moi, j'y pense. Tous les jours. Parce que je n'ai rien d'autre à t'offrir que mon égo incommensurable et une suffisance à toute épreuve, les supporterais-tu à long terme ? Peut-être que tu rêverais au bout de quelques jours seulement de m'exploser le crâne à coup de talon, comme ce pauvre Lee.

Tu sais, en lisant ton mail, j'ai eu cette idée folle, de boucler trois valises et de m'installer chez toi, pour te prouver tout ce que tu veux, démentir tout ce dont tu m'accuses… mais j'ai l'impression que quoique je fasse, ce ne sera jamais assez, jamais rien ne pourra te convaincre de me laisser investir pleinement cette place dans ta vie que tu dis me réserver…

Je suis fatigué Harry, épuisé de te prouver chaque jour quelque chose que tu refuses d'admettre, tu es seul mais je suis seul aussi, j'avais pour habitude de me réchauffer dans des bras confortables, ces bras sans corps ni personne que j'ai troqué bien volontiers contre un écran plat, contre tes bras virtuels, aujourd'hui je n'ai plus rien, ni leurs bras, ni les tiens… J'ai tout perdu aux changes n'est-ce pas ? Et j'ai si froid…

Si ça doit être le dernier mail, soit, après tout je ne peux pas te forcer. Sache que je suis allé parler à Weasley et aux autres, ils ne t'en veulent pas, tu leur manques et puisque tu dois me haïr alors déteste-moi parce que je leur ai demandé de revenir te voir… et ils ont accepté…

J'aurais voulu répondre à tes questions, et trouver ta réponse et j'aurais voulu te voir à Noel, imbiber tes lèvres de mon meilleur champagne, le déguster sur toi, j'aurais voulu montrer nos photos d'Australie à nos amis qui se seraient ennuyé à mourir et t'emmener sur mon voilier que je viens d'acquérir, je… j'aurais voulu m'endormir dans tes bras juste une fois pour savoir ce que ça fait de se sentir protégé, et j'aurais voulu entendre ta voix me bercer…

Deux ans, c'était le nombre d'années qu'il restait à purger à mes parents, j'aurais voulu te les présenter comme pour tout effacer, une rencontre officielle pour une chose qui n'a plus lieu d'être maintenant. Dommage, j'aurais aimé voir le visage outragé de mon père et la pâleur lunaire de ma mère. Pour moi, ils l'auraient fait je pense.

Tu as toujours rendu chacun des coups que j'ai donnés, cette fois, tu les as rendus au centuple.

J'aurais voulu ces photos en souvenir peut-être de quelque chose d'insolite, comme une preuve que je n'ai pas rêvé puisque j'ai effacé chaque mail… tu les as tous entre tes mains comme un collector, une pièce unique, de collection, qu'on doit impérativement avoir entre les mains pour croire qu'elle existe. Mais rien n'existe…

Je t'aime.

Draco.

PS : Cette carte n'a plus lieu d'être n'est-ce pas ?