Titre du chapitre : Quand je te parle de mourir … peut être est-ce parce que je le suis déjà ?

Disclaimer : O JK Rowling, tout t'appartient, excepté quelques ingrédients à ma sauce.

Résumé du chapitre précédent : Envoyés à Little Hangleton par le futur d'Harry, le Serpentard et le Gryffondor finissent par transplaner devant leur propre futur, Harry étant poursuivi par des Mangemorts. Si trois d'entre eux parviennent à s'échapper, celui du brun reste en arrière. Sous ordre de Dumbledore, le futur de Drago doit éclairer la situation

Petits bavardages : Lolo ! :3 Donc voilà, je suis une adepte du copier/coller mais je supprime toujours ce que je marque ici, excepté pour ça. Il se trouve que hpf, ils ont bien travaillé pour trouver toutes les questions en suspens. Pourquoi vous les laisser ? Tout simplement parce que le prochain chapitre va y répondre alors autant rafraîcher la mémoire de tout le monde :) Camstorys et Lyashura, merci mais je ne peux pas faire de réponse particulière vu la suite x)

Les questions aux quelles je vais répondre à partir de maintenant et dans les semaines à venir : merci à Banane012
Quand les deux futurs ont-ils fait ami-ami ?
Qui d'autre le futur de Drago a-t-il tué?
Comment vont-ils retourner à leur époque?
Quel est le plan de Ryry, qu'a-t-il trouvé dans ce livre dont il a brûlé les pages? tout de suite ^o^
Qu'y a-t-il dans les bourses? aussi
Qui d'autre sont morts dans le futur ?
Comment ont-ils appris à faire de la magie sans baguette?
Comment Harry a-t-il foutu une cicatrice dans le visage du blond?
Ron et Hermione ont-ils eu le temps de s'avouer leur amour avant de crever?
Pourquoi Ryry leur a demandé d'aller cacher les bourses à Little Hangleton précisément?
dans le chapitre... ou bien la semaine prochaine x)
Comment et pourquoi Dray a-t-il fait de la magie médicale sa spécialité?
Pourquoi Ryry a-t-il dépensé de l'argent en grande quantité dans le futur ?
Pourquoi n'a-t-il jamais vérifié s'il était au même niveau que Dumbledore?

Merci Chastitywest
Je me demandais aussi si je le jeune Malefoy en avait fini pour de bon avec ses crises d'angoisses ou si il allait enfin ce confier à quelqu'un?

Merci à Ziiya
Pourquoi et comment la relation d'Harry-futur et de Drago-futur a évolué à ce point là ?
Quel a été l'élément déclancheur ? Mmh.. Pourquoi Drago a développé de la schizophrénie ? Non mais il fallait me la metttre cette question là XD

Merci dobbymcl
1, Mini Drago et mini Harry vont-ils finir ensemble vu que leurs futur ont quand même changé les choses ?
2, Est-ce-que un des deux Drago va mourir ?
3, Est-ce-que un des deux Harry va mourir ?
4, Drago du futur, après avoir regretté ses erreurs, est-il devenu un espion pour L'ODP ?
5, Drago du futur a-t-il aussi été torturé par les Mangemorts, notamment Bellatrix ?
6, Drago du futur a-til été capturé par l'ODP ?
7, Comment Harry du futur a-t-il appris que Drago avait tué Ron et Hermione ?

Playlist : The Wooden Horse & The Sacking Of Troy de Troy OST


Le futur de Drago le fixa un long moment, autant dire que les seuls bruits qui s'élevaient dans la pièce venaient de Mme Pomfresh qui s'activait à mettre un bandage autour de la tête d'Harry.

- Quand vous dites que je dois tout raconter, vous n'avez pas plus de précisions ? demanda le blond légèrement énervé.

- Nous allons procéder par ordre, déclara Dumbledore en désignant les sièges pour inviter tous ceux encore debout à s'asseoir. Déjà savez-vous ce que M. Malefoy et M. Potter faisaient à l'extérieur de Poudlard ?

Cette question eut tout simplement l'effet que Drago et Harry se tassèrent dans leur lit lorsque le regard assassin du futur tomba sur eux. Laisser celui du Gryffondor à Little Hangleton lui avait apparemment fait oublier cet élément.

- Qu'est-ce que vous fichiez là-bas ? lança le blond répondant en même tant à la question de Dumbledore.

Drago était à Serpentard, autrement dit il privilégiait la fuite et fixait Harry comme s'il était le seul à détenir la réponse, chose que ce dernier remarqua bien vite. Mais Harry n'était pas suicidaire, encore une fois, surtout que la dernière fois qu'il avait vu ce regard chez le futur de Malefoy, celui-ci l'avait coincé dans un couloir pour le menacer… Harry ne tenait pas du tout à revivre la même chose.

- Ce n'est pas en les effrayant que nous obtiendrons des réponses donc je vous prie de vous calmer, intervint le directeur à l'intention du blond.

En réponse, un sortilège de la mort aurait été tout aussi efficace pour traduire le regard qui passa dans les yeux de celui-ci.

- M Weasley et Mlle Granger, je crois que votre présence n'est pas nécessai… commença Rogue.

- Fermez-la, qu'il soit ici ou non ne va pas changer la face du monde alors répondez maintenant, lança le futur de Drago en se tournant vers le Serpentard et le Gryffondor.

- Dis, au lieu de nous engueuler, il ne t'ai pas venu à l'idée que nous étions tout aussi surpris que toi de vous retrouver dans ce village ? lâcha son passé qui commençait quelque peu à être irrité par la façon dont son futur s'adressait à lui. Tu crois vraiment que notre but était de sauter gaiement devant vous ?

- Malefoy, tu devrais peut être… intervint Harry qui présentait un orage.

- Et dans ta caboche d'enfant pourri gâté, est-ce que tu as un peu réfléchi avant de quitter Poudlard et de transplaner en laissant un homme derrière toi? rétorqua le blond.

- S'il vous plait, calmez-vous ! lança Dumbledore. Je comprends que vous puissiez tous être en colère mais nous perdons du temps. S'il vous plait, M. Malefoy, racontez nous ce que vous faisiez à l'extérieur de Poudlard.

Pendant un moment, les deux Drago se dévisagèrent mutuellement avant que le Serpentard ne se décide à ouvrir sa bouche.

- Hier soir, le futur de Potter nous a envoyé à tous les deux un message pour que l'on vienne le rejoindre dans un couloir, marmonna-t-il. Aucun de nous ne savait vraiment pourquoi, juste qu'il était pressé et qu'il ne voulait pas que ce type sache qu'il était sorti de leur chambre.

Le « type » en question fronça brusquement les sourcils.

- Tu veux dire qu'Harry est la cause de…

- Ce n'est pas que la cause, il nous a clairement demandé de quitter Poudlard, intervint Harry en voyant Drago ouvrir la bouche. Il voulait que nous nous rendions chacun dans un lieu précis à Little Hangleton.

Si Harry avait surtout fixé Dumbledore, les réactions qui suivirent la mention du village apparurent non seulement chez le directeur mais aussi chez Rogue, McGonagall et le futur de Drago.

- Mais que lui est-il passé par la tête pour vous envoyer là-bas ? lâcha Rogue. Est-ce qu'il est au courant que…

- Oui, on le sait, coupa le futur de Drago. Et toi, n'as-tu même pas réalisé où vous alliez ? ajouta-t-il à Harry.

- La dernière fois que j'avais entendu parler de ce village, c'était il y a près de deux ans dans une phrase, je n'ai pas une mémoire d'éléphant et même si je m'en étais souvenu, je n'aurai jamais fait le lien entre Little Hangleton et Voldemort, dit-il.

Drago avait quant à liu la mâchoire qui venait de tomber de même que pour Ron et Hermione. Pour faire simple, presque aucun d'eux n'avaient la totalité des informations, autant dire qu'ils étaient encore plus perdus que les autres. Pour Drago, Potter était brusquement apparu poursuivi par une horde de Mangemorts. Pour Hermione et Ron, le futur de Malefoy, le Serpentard et Harry étaient tout simplement apparus devant Poudlard, chacuns blessés à leur façon.

- Tu veux dire que ce taré nous a tout droit envoyé chez Tu-Sais-Qui ? lâcha Drago.

- Plus ou moins, marmonna Harry alors que Rogue acquiesçait, chose qu'il devait absolument noter quelque part.

- Moi, je me demande une chose, comment se fait-il que de Little Hangleton vous ayez atterri à Oxcombe ? interrogea le futur de Drago.

- Oxquoi ? marmonna le Serpentard.

- Là où nous nous sommes fait poursuivre, répondit-il sèchement.

Harry leva les yeux au ciel. Ce n'était du tout le moment pour que ces deux là se crêpent le chignon, ils avaient le même caractère, autant dire qu'ils ne risquaient de s'arrêter de si tôt.

- J'ai transplané, intervint Harry. Je voulais retourner sur la colline sur laquelle nous étions arrivés mais au lieu de cela, j'ai atterri dans ce village… Oxcombe…

- Et tu crois que je vais avaler le coup du miracle ? rétorqua le blond. Je ne suis pas…

- Tu veux dire que tu as aussi voulu transplané sur la colline ? coupa Drago.

Là, les deux se fixèrent un long moment sous les regards interloqués des autres. A vrai dire Harry et Drago étaient les deux seuls à se comprendre. Comment transplaner dans un lieu dont ils en ignoraient même le nom alors qu'ils avaient pensé à autre chose ?

- Si je résume, vous n'avez pas transplané au bon endroit et par un pur hasard au même lieu que vos futurs ? dit Dumbledore.

- Vous les croyez ? lâcha le blond.

- Car vous pensez réellement qu'ils semblent mentir ? intervint McGonagall d'une voix sèche.

Pour une fois, Drago était heureux d'entendre cette vielle pie parler.

- Vous avez une explication ? demanda Harry à Dumbledore.

- Que de simples suppositions, murmura-t-il. Cependant, je pense que le faites que vous soyez les mêmes personnes est en partie la cause de tout cela.

Au vu de leur regard, le directeur saisit bien vite que ce qu'il venait de dire ne les aidait en rien.

- Aux dernières nouvelles, Harry est encore Harry et Drago est Drago, expliqua-t-il. Lorsque vous avez voulu transplaner, ce facteur est sans doute rentré en compte. Bien que vous ayez acquis des mentalités différentes, votre magie est restée la même, certains d'entre vous ont juste appris à l'utiliser différemment.

- J'ai toujours du mal à comprendre en quoi ça explique leur apparition miraculeuse à Oxcombe, marmonna le futur de Drago.

- En simple, vous êtes les mêmes personnes, votre magie ne semble pas faire de différence entre le présent et le futur créant de ce fait parfois des liens, résuma Dumbledore.

- C'est une théorie assez complexe, vous ne pensez pas ? dit McGonagall.

- C'est pour cela que je préfère rester au stade des suppositions, accorda-t-il. Cependant, elle expliquerait plusieurs choses, dont ce qui est survenu tout à l'heure.

Il y eut un grand silence… Sur tous ceux présents, aucuns ne semblaient avoir réellement saisi ce qu'il voulait leur faire comprendre ni même quels autres évènements pouvaient en être également les conséquences.

- Lorsque vous avez tous deux transplanés, votre magie vous a conduit à vous, soit à vos futurs, expliqua Dumbledore.

- Dans ce cas, pourquoi cela ne l'a-t-il pas fait lorsque nous avons transplané la première fois de Poudlard ? intervint Drago. Logiquement, vu ce que vous êtes en train de nous dire, nous aurions dû finir dès le départ à Oxcombe.

- Mais la situation était différente, dit Dumbledore dans un faible sourire. La première fois, vous saviez que vous deviez vous rendre à un endroit, pas de stress ou bien de danger. Je crois cependant que la deuxième fois était différente.

Harry et Drago se fixèrent à nouveau. Pour Harry, la réponse était assez facile : oui, la situation avait été beaucoup plus stressante dans le cimetière. Quant à Drago, il devait tout de même s'avouer qu'il avait été un peu distrait par ce cinglé de boulanger.

- Je suppose donc, qu'inconsciemment, votre magie vous a mené là où vous étiez le plus fort, à l'abri et capable de vous défendre, poursuivit Dumbledore qui avait pris leur regard comme une affirmation. Chose qui était déjà arrivée auparavant.

Le futur de Drago se mit alors à réfléchir. Même s'il avait pris l'habitude d'analyser rapidement la situation, là, il ne voyait pas du tout de quoi pouvait parler le directeur.

- Vous n'avez pas trouvé étrange lors de votre arrivée à cette époque que vous apparaissiez au beau milieu de la Grande Salle alors que je suis certain que vous étiez très loin de Poudlard ? dit Dumbledore.

- …

- Et bien, voyez-vous, c'est l'une des premières choses qui m'a intrigué, poursuivit-il. Pourquoi, en plus de voyager dans le temps, avez-vous voyage dans l'espace ? Il n'y avait normalement aucune raison suffisamment sensée pour expliquer cela à part que vos passés s'y trouvaient. Quelques mois plus tard, mes suppositions se sont affirmées, mais cette fois-ci avec le jeune Drago Malefoy.

- Qu'est-ce que j'ai fait ? marmonna ce dernier qui n'avait pas un instant pensé être une preuve pour ce vieux dégénéré.

- Deux choses, répondit-il. Deux choses qui vous ont certainement sauvés la vie. La première est aussi une affaire de transplanage.

- J'ai toujours su parfaitement transplané, lâcha Drago qui tirait tout de même une certaine fierté de ce soir des vacances de Noël.

- Je ne dis pas le contraire, votre transplanage de tout à l'heure nous l'a prouvé, le rassura le directeur. Mais il y a une différence entre transplaner en parfaitement santé et comme vous l'avez fait ce jour là. Au vu de votre état, vous n'auriez jamais dû arriver à destination : soit vous ne partiez pas du Manoir Malefoy, soit vous finissiez Désartibuler. La seule raison pour laquelle vous êtes arrivé pour le moins intact au Square Grimmaurd fut tout simplement parce que votre futur s'y trouvait.

- Autrement dit, j'ai servi de lien ou de catalyseur, résuma le blond sous les yeux ahuris de Drago qui ne voulait pas y croire.

- Oui, et je pense que vous avez aussi servi de réservoir ou bien d'aide lorsqu'il a été torturé par Voldemort, poursuivit Dumbledore. Il…

- Je vous arrête tout de suite, coupa le futur du Serpentard, j'ai toujours été très doué en Occlumancie que ce soit maintenant ou lorsque j'avais seize ans.

- Je ne démens pas ce fait mais pensez-vous que vous auriez pu être tout aussi doué tout en étant torturé ? demanda-t-il. Maintenant, peut être, je n'en sais rien, mais notre Drago Malefoy n'aurait certainement pas pu résister à Voldemort dans l'état où il était à moins d'une aide extérieure.

- Vous insinuez que durant toute cette soirée, j'ai eu la vie sauve à cause de ce type ? lâcha Drago qui ne supportait pas cette idée.

- Cela peut être difficile à admettre, mais je le pense sincèrement, dit calmement Dumbledore. Je ne remets en aucun cas en cause vos capacités mais la situation dans laquelle vous étiez ne vous aurait en aucun cas permis de faire face seul à Voldemort. Inconsciemment, votre magie a dû chercher du soutien chez celle de votre futur.

C'était… étrange ? Harry et Drago fixaient tous deux le sol sans vraiment le voir. Ils avaient tous deux dépendus de leurs futurs sans même le savoir… Même si pour Drago, cela était plus flagrant, Harry n'était pas aussi stupide pour croire qu'il avait pu passer au travers de cela. Non seulement cette théorie expliquait ces évènements, mais en plus elle venait donner une réponse à leur arrivée inopinée à Oxcombe, devant les deux futurs. Au début, Harry avait vaguement pensé qu'il avait pu s'agir d'un nouveau coup de son futur, mais maintenant, il était clair que leur arrivée n'avait absolument pas fait parti de ses plans.

- Quoiqu'il en soit, qu'avez-vous fait à Little Hangleton ? intervint Rogue pour mettre fin à ce silence.

- Nous nous sommes séparés, répondit Harry. Je devais me rendre derrière l'église et Malefoy derrière la boulangerie.

- Ce qui explique pourquoi vous n'êtes pas arrivés tous les deux en même temps à Oxcombe, marmonna sombrement le futur du blond.

- M. Malefoy, commencez tout d'abord à nous dire ce qu'il s'est passé pour vous, intervint Dumbledore avant que Drago ou Harry n'ait l'idée d'ajouter quelque chose.

- Rien de particulier, dit celui-ci. J'ai croisé une Moldue cinglée, là elle m'a vaguement parlé de personnes étranges mais, dès que j'ai pu, je me suis enfui pour aller à la boulangerie. Après j'ai rencontré le charmant propriétaire de la boutique, tout aussi taré que la fille et j'ai transplané dès que j'ai pu.

Harry le dévisagea… Il s'était inquiété pour le Serpentard, s'était demandé si rien n'allait lui arriver, en bref, il avait été à deux doigts de faire une crise cardiaque en réalisant que des Mangemorts pouvaient à nouveau le torturer et cet abruti de Serpentard avait fui devant des Moldus… devait-il en rire ou bien en pleurer ? Apparemment, le futur du blond partageait la même pensée de même que Ron qui se mordait la lèvre pour éviter d'éclater de rire sous les regards atterrés d'Hermione.

- Donc, M. Potter, que vous est-il arrivé ? intervint McGonagall avant qu'une remarque ne s'élève.

- Disons que j'ai croisé des Mangemorts dès mon entrée dans le village, raconta Harry. Au début, je ne savais pas qu'ils étaient, c'était des sorciers mais vu que j'avais un mauvais pressentiment, j'ai préféré me faire discret. C'est lorsque que j'ai vu le cimetière que j'ai fait le lien avec Voldemort. Disons, que je ne risque pas d'oublier ce qu'il s'y est passé, maugréa-t-il plus pour lui-même. Ensuite, un des Mangemorts m'avait entendu et a essayé de me retrouver. J'ai fait tout mon possible pour passer inaperçu mais j'ai échoué et tout ce que j'ai trouvé fut de transplaner pour retrouver Malefoy et partir en vitesse. Au lieu de cela, j'ai atterri dans ce village en ayant par la même occasion fait transplaner le Mangemort avec moi.

- Si ce n'était pas si grave, je vous aurai félicité M. Potter, dit Rogue.

- Severus…, marmonna Dumbledore.

- Cependant, cela vient certifier votre théorie, répliqua Rogue. Il n'a jamais été capable de transplaner et voilà qu'il parvient à faire un transplanage d'escorte. Je sais que Potter est connu pour être un prodige mais il y a tout de même une limite aux miracles, même pour lui.

Au bout de six ans, Harry avait pris l'habitude de ses sarcasmes, autant dire que ce n'était ceux-là qui risquaient de l'ébranler, sauf que Malefoy arborait un grand sourire qui était loin de l'enchanter.

- Quoiqu'il en soit, j'ai atterri à Oxcombe sans vraiment savoir où j'étais et le Mangemort en a appelé d'autres, c'est à ce moment là que vous êtes arrivés, acheva Harry en pointa le futur de Drago du doigt. Mon futur a tué le premier Mangemort, ensuite, j'ai un peu quitté le fil…

- Donc personne ne sait que vous étiez à Little Hangleton ? demanda Dumbleodre.

- Du moins personne qui ne soit pas mort, répondit-il. Pourquoi ?

- Tout simplement parce qu'ainsi Voldemort ne saura pas que vous vous trouviez à Little Hangleton, dit-il songeusement. Je pense qu'il s'agit tout de même d'un avantage pour nous.

- Bravo, félicitons-les, intervint amèrement le futur de Drago. Maintenant, question piège : que faisiez-vous vraiment là-bas ? Du tourisme ?

- Potter… l'autre, dit le Serpentard. Il nous a demandé de poser des bourses.

- Et ? insista le blond. Dans les bourses ?

Le Serpentard était à deux doigts de perdre son sang-froid et Harry le remarqua assez facilement, il admira cependant le contrôle dont il fit preuve.

- Il nous a strictement interdit de regarder à l'intérieur et ne nous a rien dit pouvant nous indiquer ce qu'elles contenaient, raconta Drago en inspirant profondément. Personnellement, j'ai préféré ne rien tenter pour savoir ce qu'il y avait à l'intérieur.

- Donc votre rôle était simplement de déposer ces bourses à des endroits précis ? interrogea Dumbledore.

- Oui, il nous avait dit que s'il avait eu le temps, il l'aurait fait lui-même, répondit Drago en haussant les épaules visiblement commençant à apprécier à parler avec le directeur plutôt qu'avec son propre futur.

- Ainsi, nous ne savons absolument pas ce qu'il a planifié, conclut Rogue alors que McGonagall approuvait.

- Si on sauve cet abruti je me chargerais personnellement de lui, lâcha le blond. Il commence à me…

- J'ai la bourse.

Harry avait dit ces mots sans vraiment s'en rendre compte, fixant le vide en se rappelant vaguement ce qu'il s'était passé. Même étant plongé dans sa réflexion, il lui fut facile de sentir tous les regards converger vers lui. Levant les yeux, il croisa les regards interrogateurs de Ron et d'Hermione avant de tomber sur le regard acier de son Malefoy.

- Comment as-tu…, commença-t-il.

- Vous voulez dire que vous l'avez sur vous ? demanda McGonagall stupéfaite.

Un peu pris de court par sa propre intervention, Harry acquiesça vaguement avant de se pencher pour chercher la bourse dans la poche de son jean.

- Je n'ai pas eu le temps de la poser, le Mangemort m'a trouvé avant, expliqua-t-il en la tendant instinctivement à Dumbledore.

Cependant, le futur de Drago le lui arracha littéralement des mains.

- Il serait préférable de prendre des précautions, intervint soudainement le directeur pour le stopper dans son geste.

- Je ne crois pas qu'Harry ait mis des sortilèges de protections autour, rassura-t-il. Il était certes doué pour l'attaque mais il est et a toujours été d'une nullité sans précédant dans ce domaine.

- Je m'inquiète avant tout pour le contenu, dit Dumbledore alors qu'Harry était à deux doigts de s'indigner face à ce qu'il venait de dire.

Faisant aller et venir son regard entre le directeur et la bourse, l'ex-Serpentard fut tout d'un coup pris d'un doute, chose que Dumbledore remarqua dans un faible sourire.

- Severus, dit-il, voulez-vous bien vous en charger ?

Harry fut tout d'un coup surpris par l'ironie de la chose, partager entre l'envie que rien n'explose et que cela le fasse, mais à la figure de cette vieille chauve-souris. Apparemment, Rogue ressentait la même chose. Acceptant malgré tout de prendre la bourse, il se mit à marmonner un nombre faramineux de formules mêlées d'insultes, autant dire qu'il vouait une haine particulièrement vivace au futur d'Harry à ce moment précis.

- Il n'y a rien de suspect, déclara-t-il au bout de quelques minutes. Ou du moins rien de dangereux…

Il y avait peu de personnes qui voulaient se dévouer pour l'ouvrir au vu de ce qu'il venait de dire. Même Harry qui était curieux n'allait pas jusqu'à jouer sa vie juste sur ses suppositions.

- Severus, vous pouvez peut être nous montrer ce qu'elle contient, dit McGonagall.

Le concerné se sentit tout d'un coup insulté. Lui, directeur de la maison des lâches et de ceux ayant la préférence de s'enfuir devait faire preuve des préceptes de la maison de la directrice de Gryffondor. L'ironie était vraiment trop présente. Ouvrant la bourse, ce fut sous les regards de tous qu'il en sortit une boule noircie et sèche.

- Je ne… marmonna Rogue.

- Laissez-moi voir, Severus, coupa gravement Dumbledore en tendant sa main.

A vrai dire, à part lui, personne ne semblait savoir ce que cela pouvait être. Drago, qui était le plus loin, avait même rampé sur son lit pour se rapprocher un peu plus.

- Albus, avez-vous une idée de… commença McGonagall.

- Cela m'étonne Severus que vous n'ayez pas reconnu ceci, dit-il.

- Excusez-moi mais je ne reconnais pas ce que…

- Un cœur. Un cœur de dragon pour être plus précis, expliqua-t-il.

- Je ne voudrais pas me mêler de chose qui ne me regarde pas, mais un cœur de dragon n'est pas censé faire au minimum le triple de cette chose ? demanda Hermione.

- S'il était question d'un cœur tel que nous les utilisons en potion, oui Mlle Granger, approuva Dumbledore. Ce cœur a quant à lui sécher pendant des années et, si je ne m'abuse, je dirai des décennies.

Il y eut un autre moment de silence durant lequel tous fixaient le fameux cœur, perplexe mais surtout un peu perdu.

- M. Malefoy, lança Dumbledore en se tournant vers le futur du Serpentard. A votre époque, des découvertes sur le cœur séché de dragon ont-elles été faites ?

- Pas que je sache, répondit-il en haussant les épaules. Il n'y a aucune potion les utilisant ?

- Certaines, intervint Rogue. Mais elles sont vraiment peu nombreuses, moins d'une demi-douzaine à cause de la rareté et surtout qu'il n'y a pas de propriétés clairement avérées. Savez-vous où M. Potter aurait pu l'acquérir ?

- Il lui arrivait de sortir seul mais il lui aurait fallu beaucoup d'argent je suppose, dit-il alors que Dumbledore approuvait. A moins que…

- A Noël.

Il y eut un mouvement général vers Drago qui était à deux doigts de tomber de son lit à force de se pencher.

- Pendant que nous étions chez Mme Guipure, rappela-t-il, c'est d'ailleurs toi qui as fait remarquer qu'il avait mis du temps et surtout que la bourse contenant l'argent était vraiment trop légère, ajouta-t-il à son futur.

- C'était il y a plus de trois mois, rétorqua ce dernier. Si tu as raison ça voudrait dire qu'il avait prévu ce coup depuis…

- …longtemps, acheva Harry.

- Dis, Potter, ne va pas me raconter que tu en doutais, lança Drago.

- Je te rassure, prévoir les choses à l'avance, ça n'a jamais été mon genre.

- Et ça ne l'est pas non plus devenu, poursuivit le futur du Serpentard.

- Et bien il semblerait qu'une évolution s'est produite, conclut Rogue.

- S'il vous plait, je vous prierai de tous arrêter vos sous-entendus et que nous revenions à des choses plus sérieuses, dit Dumbledore. Je ne pense pas que ce cœur soit seul, il y a ici des traces de résidus, ajouta-t-il en pointant de son doigt l'endroit en question. Il est fort probable qu'il ait été plongé dans une préparation, sans doute une potion.

Rogue s'était à nouveau approché pour analyser le cœur alors que Drago changeait carrément de lit pour pousser Ron et s'asseoir à côté de Potter : place stratégique puisqu'elle était la plus proche du directeur, rien avoir avec une envie à se frotter avec son Gryffondor préféré.

- Moi je me pose une question, marmonna Ron qui rougit lorsqu'il sentit tous les regards tomber sur lui. Vous étiez dans la même chambre, je connais Harry, il est assez bordélique, je le suis tout autant, mais vous… euh tu… enfin, n'as-tu rien remarqué ?

Après plus de six mois, c'était réellement la première fois que Ron engageait la conversation avec l'un des futurs, c'était assez étrange pour lui malgré le fait qu'il ait parlé à celui de Malefoy durant les vacances de Noël.

- Nous étions tout le temps la tête dans les livres, dit-il. Je n'ai pas vraiment fait…

Son arrêt brusque dans sa phrase accompagné de son changement d'expression sur le visage fut comme un signe d'alerte.

- Je vais buter ce type ! hurla-t-il en se levant.

- M. Malefoy ! s'exclama McGonagall.

Mais c'était trop tard, il courait déjà à grandes enjambées hors de l'infirmerie, les autres se levant aussitôt pour le suivre. Dans l'ordre, cela donnait le futur du Serpentard, Ron, Hermione, Rogue, Harry (blessure à la tête), Drago (épuisement pour transplanage d'escorte avec deux personnes), Dumbledore et finalement McGonagall qui suivait de loin le mouvement. Le seul avantage était que la blessure à sa jambe se faisait encore sentir et ralentissait considérablement son allure.

Mais si la majorité pensait qu'il avait de nouveau près à quitter Poudlard, Drago fut le premier à réaliser qui se dirigeait vers leur chambre. Ouvrant la porte dans un grand mouvement, le futur du Serpentard écrasa littéralement tout ce qui était encore à terre et se laissa tomber à genoux près de l'âtre de la cheminée.

- Qu'est-ce… que vous… faites… ? lâcha Rogue entre deux respirations.

- Reparo ! lança le blond sur les morceaux de parchemins brulés qu'il avait entre les mains.

Alors que Drago prenait Harry comme appui pour ne pas s'effondrer de fatigue, ce dernier appuyé sur Ron, Dumbledore passa à côté d'eux alors que les pas de McGonagall résonnaient dans le couloir.

- Il faut partir le sortir de là immédiatement, dit le futur du blond en fixant les pages effarés.

- Il nous manque encore des informations pour… commença Dumbledore.

- Non, vous n'avez pas compris : c'est lui le danger, il va se tuer !

- Quand vous voulez dire qu'il va se tuer c'est une manière de présenter la … dit Rogue.

- Non, quand je dis qu'il va se tuer c'est qu'il va se suicider ! hurla-t-il.

°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°

Playlist : Mercy in the Darkness de Two Steps from Hell

°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°

- Quand vous voulez dire qu'il va se tuer c'est une manière de présenter la … dit Rogue.

- Non, quand je dis qu'il va se tuer c'est qu'il va se suicider ! hurla-t-il.

Ces mots choquèrent tous les occupants de la pièce, Harry en premier qui ne saisissait pas du tout comment il pourrait en venir à cette extrémité là.

- Il va se… commença-t-il.

- Je vous demanderai de vous calmer M. Malefoy et de nous expliquer clairement la situation, dit Dumbledore.

- Lisez, lança-t-il en lui tendant les pages qui s'avéraient être celles arrachées d'un livre.

Rogue et McGonagall à côté de lui, le silence qui s'installa fut pesant surtout pour Harry qui sentait les regards de Ron et d'Hermione peser gravement sur lui.

- Si je puis me permettre, ça frôle la magie noire, dit Rogue en revenant fixer le futur du Serpentard.

- Il y a bien pire dans cette chambre, certifia ce dernier.

- Avant tout, dites-moi à quoi pourrait servir cette barrière ? interrogea Dumbledore. D'après ce qui est marqué, il faut six cœurs séchés plongés dans une potion et disposés d'une certaine manière pour former une barrière magique. Que compte-t-il retenir ?

- Lui.

Face aux regards perdus qu'ils lui lançaient, le futur du Serpentard se passa nerveusement la main dans les cheveux en faisant les cents pas. S'arrêtant, il fouilla dans sa poche pour en sortir un petit livre en cuir.

- Là d'où je viens, nous avons fait des progrès énormes dans la maitrise de la magie, expliqua-t-il.

- La magie sans baguette, dit Dumbledore.

- Oui mais disons que c'est bien plus compliquer que ça en à l'air, poursuivit le blond. Lorsque la guerre a vraiment commencé, le Ministre a triplé tous ses moyens de recherches et il se trouve que ce livre est l'une des pièces de base qui a fondée les théories qui ont permis la manipulation de la magie sans baguette.

- Que faites-vous avec alors ? interrogea McGonagall.

- Officiellement, ce livre est censé être trouvé par une personne du Département des Mystères dans deux mois, répondit-il. Avec Harry, outre le fait de chercher un moyen qui pourrait nous permettre de battre Voldemort au plus vite, nous faisions également des recherches sur sa localisation afin de stopper l'engrenage que sa découverte allait entraîner. C'est à Oxcombe que nous avons pu le prendre ce matin.

- Je ne comprends pas, intervint Hermione. La magie sans baguette à l'air d'être un avantage considérable, retirer ce qui va en fonder les bases aux chercheurs du Ministère va nous priver d'un…

- Le problème est que le Ministère n'a pas été le seul bénéficiaire, coupa-t-il. Dès sa découverte, des espions de Voldemort lui ont transmis toutes les informations qui avaient été trouvées autrement dit…

- Il s'agissait de la course à la maitrise de la magie que vous aviez mentionné dans mon bureau lors de votre arrivé, acheva Dumbledore.

Il acquiesça.

- Et le rapport avec Potter ? interrogea Rogue.

- Ce qu'il faut savoir, c'est que parvenir à maitriser ce moyen d'utiliser la magie est très long mais aussi très dangereux, expliqua-t-il. Harry a commencé à participer au programme du Ministère presque que dès le début de celui-ci. Il y a passé des années et il est parvenu à se contrôler sans causer d'incidents qu'il y a trois ans.

- Quand vous dites « dangereux », qu'entendez-vous par là ? demanda McGonagall.

Le futur de Drago se passa à nouveau la main dans les cheveux, cherchant apparemment ses mots.

- Lorsque les sorciers sont enfants, ils leur arrivent parfois de faire usage de la magie, expliqua-t-il. Contrairement aux adultes, comme ils sont jeunes, ils ont, on peut dire, moins de magie, ce qui n'est pas le cas plus tard. En fait, on peut comparer la magie à de l'énergie, si elle n'est pas utilisée, elle explose.

- Des évènements semblables se sont produits si je ne m'abuse, dit Dumbledore.

- Disons que lorsqu'Harry ne contrôlait pas ses humeurs, il perdait un peu ses moyens, approuva-t-il. Mais ces incidents ne sont rien comparés à ce qui peut arriver. Pour faire au plus simple, il y a eu un accident au Département des Mystères il y a quelques années : cet accident a détruit tout le département, endommageant les autres étages et tuant des dizaines de personnes, certaines ont disparus et les blessés se sont comptés par centaines.

- Comment est-ce que… marmonna Dumbledore.

- La personne à l'origine de tout cela travaillait avec le Ministère sur ce projet depuis aussi longtemps qu'Harry, expliqua-t-il. Le Ministre savait cette utilisation dangereuse mais différentes expériences ont été faites. Durant l'une d'elle, cet homme a relâché beaucoup de magie, bien plus que pour un sortilège normal. Il n'a pas pu la contrôler et l'explosion qui a suivie fut la cause de ce carnage. Harry n'était pas là à ce moment mais disons que tout le monde a été conscient qu'il s'agissait d'une véritable arme, Voldemort le premier. Le problème est que ces explosions sont incontrôlables, plus il y a de magie relâchée plus les conséquences seront grandes et le cratère important. L'homme qui fit exploser le Département de Mystères n'a jamais été reconnu comme étant un puissant sorcier, c'était un chercheur, mais d'autres volontaires n'étaient pas du même calibre. Ce qu'il faut comprendre, c'est que pour être sur d'anéantir tous sortilèges de protection, il faut relâcher toute sa magie. Harry a passé des années à essayer de se perfectionner pour être capable de faire face à Voldemort. S'il relâche tout, comme je pense qu'il va le faire vu qu'il a fait en sorte de tout me cacher, l'explosion pourrait valoir en puissance celle que les Moldus ont faite au Japon il y a des années.

Face aux regards abasourdis de tous les occupants de la pièce, Drago se sentit un peu ridicule de ne rien comprendre, les histoires des Moldus, il n'en connaissait aucune alors il ne saisissait pas du tout la comparaison de même que Ron avec qui, étrangement, il partagea un regard étonné.

- Nous ne…

- Pour faire simple, plus d'une ville entièrement rasée M. Weasley, répondit sèchement Rogue. Mais c'est de la folie !

- C'est pour ça que je dis qu'il faut absolument le sortir de là ! rétorqua le futur du Serpentard. Avec la barrière en place, je ne sais pas si ça aurait pu marcher mais elle est incomplète et je suis certain qu'il n'est pas au courant sinon il ne nous aurait pas délibérément séparés !

- Donc si nous ne faisons rien, c'est le village et les alentours qui seront détruits, résuma McGonagall.

Alors que le futur du Serpentard acquiesçait, Dumbledore se tourna vers Harry.

- Vous, M. Weasley, Mlle Granger et M. Malefoy allez retourner à l'infirmerie, lança-t-il alors que sa voix ne laissait aucune contradiction possible. Ne parlez à personne de ce dont nous venons de parler et restez-y jusqu'à que quelqu'un vienne vous chercher.

Malgré toutes les protestations qui lui traversaient l'esprit, Harry quitta la pièce en traînant Malefoy qui était toujours en appui précaire sur lui. A vrai dire, le fait que son futur ait monté ce plan le terrifiait bien plus qu'il ne pouvait l'avouer.

°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°

- Ecartez-vous.

La voix glaciale s'était répercutée contre les murs froids du sous-sol. Aussitôt, les silhouettes dégagèrent le passage en cessant de parler, baissant les yeux lorsqu'il approcha. Lentement, il entra dans la pièce où la lumière arrivait à peine à parvenir, s'arrêtant devant la seule silhouette qui n'avait pas bougée, assisse à même le sol.

- Qui a appuyé sur la Marque ? lâcha-t-il.

- Nous ne le savons pas, mon Seigneur, il semble qu'il soit mort durant la poursuite, répondit un.

- Combien sont morts ?

- Une quinzaine.

- Et ils étaient ?

Un silence s'installa soudain, ouvrant et fermant les lèvres, la réponse s'éleva faiblement :

- Quatre.

Même si aucun mot ne s'en suivit, son humeur était palpable et tous firent en sorte de garder le silence pour ne pas attirer l'attention sur leur personne. S'avançant, il se pencha devant la silhouette à terre.

- Qui est-il ?

- Nous ne le savons pas, mon Seigneur, nous avons commencé à l'interroger mais il n'a rien dit.

Avançant sa main, il attrapa de ses longs doigts fins le menton de l'homme avec lequel il le força à relever la tête. Fixant son visage, il planta son regard dans le sien.

- Qui es-tu ? murmura-t-il d'une voix froide.

Pour simple réponse, l'homme lui fit un grand sourire qui ne fit qu'irriter son humeur.

- Tiens-tu donc tant à mourir ?

Le sourire ne disparut pas et le Seigneur des Ténèbres sentit la colère montée en lui. Personne n'avait encore osé faire part d'une telle désinvolture à son égard. Pointant sa baguette, la résistance qu'il sentit dans l'esprit de cet étranger lui sembla étrangement familière, trop pour n'être qu'une coïncidence. Cessant de faire preuve de Légimencie, il se tourna vers l'un des Mangemorts :

- Vous m'avez dit que Potter était présent. Qui était donc les deux autres personnes ?

- Nous l'ignorons, mon Seigneur, aucun d'entre nous n'a pu clairement voir leur visage.

- Avez-vous une quelconque utilité ? lâcha Voldemort. Personne ici ne peut me dire quoique ce soit sur ce qu'il s'est passé ?

Alors qu'un nouveau silence venait de s'installer, un faible rire s'éleva. Ramenant son regard sur l'homme, le Seigneur des Ténèbres abattit violemment son bras sur le visage de ce dernier avant de brutalement le saisir par la mâchoire.

- Je ne sais pas ce que tu caches mais je suis certain de te connaître, murmura-t-il. Tes sortilèges ont beau être de qualités, ils ne peuvent pas me tromper, je vois très bien que ta véritable apparence est cachée derrière ce tissu de sorts. Avery, ajouta-t-il. Où est Severus ?

- A Poudlard.

- Contacte-le pour qu'il vienne ici.

- Bien mon Seigneur.

Tandis que le Mangemort quittait les sous-sols, Voldemort avait de nouveau pointé sa baguette sur l'homme. La couleur qui s'échappa de la pointe était sombre et vint l'envelopper lentement.

- Je te conseillerai de reste immobile si tu ne veux pas subir un malencontreux accident, dit Voldemort en le sentant vouloir se dégager de sa poigne.

Pénétrant dans sa peau, ce vague nuage sombre disparut peu à peu sous le regard perçant du Seigneur des Ténèbres.

- De très bons sortilèges…, répéta-t-il à mi-voix alors que rien n'avait changé pour l'apparence. Mais ne crois pas être capable de me résister.

De nouveaux, un nuage sombre s'éleva, bien plus dense et important que le précédent, les Mangemorts s'éloignant pour éviter de rentrer à son contact. Peu à peu, ce dernier se rétracta, pénétrant à nouveau dans la peau de celui qui était solidement attaché par des chaines au sol. Mais lorsqu'il disparut entièrement une ombre passa sur le visage du Seigneur des Ténèbres. Lâchant la mâchoire de l'homme, il lui attrapa violemment la gorge, serrant sans une hésitation.

- Harry Potter, cracha-t-il.

Derrière, un murmure venait soudainement de s'élever malgré les risques que cela pouvait entraîner.

- Mon Seigneur, si je puis me permettre, Potter s'est enfui devant nos yeux. Il…

- Tais-toi ! hurla-t-il.

Il était en colère, pire encore, il bouillonnait d'une rage sans nom car pour la première fois, la situation lui échappait. Il ne la maitrisait pas cela avait le don de le rendre encore plus impitoyable.

C'était Potter, il n'y avait aucun doute. Il reconnaissait bien ces cheveux indisciplinés hérités de son incapable père et ces yeux vert émeraude de sa Sang-de-Bourbe de mère. Il y avait également cette expression si ridicule qu'il arborait toujours sans oublier son regard incroyablement risible qu'il pensait être du courage. Mais en plus de cela, son esprit était le même, une même sensation pour cette même cicatrice qui trônait au beau milieu de son front.

Et cependant, quelque chose était différent, tout simplement à commencer par son âge. Cet homme était bien trop vieux pour être Potter. Son père ? … non, il l'avait tué de ses propres mains et ses yeux n'étaient pas de cette couleur. De plus, il n'avait pas de lunettes, chose que Potter portait habituellement.

- Qui es-tu ? répéta Voldemort d'une voix encore plus glaciale qu'à son entrée dans la pièce.

Aucune réponse, juste un regard lui faisant face et le dévisageant sans rien laisser transparaitre. Un tel calme… Potter avait plutôt l'habitude d'être un livre ouvert d'une incroyable facilité à déchiffrer. Lâchant sa gorge, il appuya sa main sur la cicatrice et eut un faible sourire de victoire.

- Tu es Harry, murmura-t-il alors que l'homme semblait soudain être pris d'une migraine sans nom, tentant de se reculer pour y mettre fin. Ton sang coule en moi, je pourrai te reconnaître entre mille. La question est, qui es-tu vraiment ? Ou plutôt, qu'es-tu ?

Retirant sa main, le sortilège Doloris qui sortit de sa baguette le frappa en pleine poitrine immédiatement. Mais au lieu des habituels cris de douleurs qui en suivaient, l'homme resta stoïque, fixant avec haine Voldemort. Derrière lui, les Mangemorts étaient stupéfaits. Le Seigneur des Ténèbres pouvait-il seulement avoir échoué en réalisant son sortilège ? Lui-même n'en pensait pas moins. Jamais de sa vie, une chose pareille ne lui était arrivée, encore moins devant ses propres serviteurs !

Sans hésitation, il pointa à nouveau sa baguette sur Potter, le sortilège écarlate le frappant de plein fouet. Mais, à nouveau, il ne bougea pas d'un pouce. Si Voldemort était en rage, les Mangemorts ne pouvaient s'empêcher de se dévisager mutuellement pour essayer de trouver une explication.

- Mon Seigneur, intervint l'un d'entre eux. Peut être devrions-nous…

Il ne put achever sa phrase, frappé par un sortilège Doloris venant de Voldemort. Tombant à terre, il se mit à hurler comme un dément, convulsant au sol alors que la douleur qui lui transperçait le corps semblait lui bruler chaque organe. Levant sa baguette, le Mangemort resta cependant au sol immobile fixant le plafond les yeux révulsés.

- Cet homme a dû se parer de sortilèges pour pouvoir résister, dit Bellatrix. Je ne…

- Non, murmura Voldemort en ramenant son regard sur Potter, mes sortilèges ont tous eu l'effet escompté…

Se rapprochant, il lui pointa la baguette entre les deux yeux.

- Dis-moi, dit-il. Combien de temps peux-tu résister ?

A peine ces mots achevés que le sort le frappa. Les vingt premières secondes se passèrent sans un bruit dans la pièce, secondes durant lesquels ils se fixèrent tous deux. Apparemment, pour les Mangemorts, cela traduisait un nouvel échec de la part de celui qu'ils respectaient et craignaient tous. Mais, peu à peu, la cage thoracique d'Harry se mit à se soulever de plus en plus vite alors qu'il déglutissait fréquemment. Au sol, ses mains serraient de plus en plus fort les chaînes qui l'empêchaient de faire usage de la magie. Serrant sa mâchoire, sa respiration se fit plus bruyante sous le sourire de Voldemort qui commençait à s'étirer. Alors que ses muscles se mettaient à trembler, Harry baissa les yeux pour se concentrer sur un point précis mais la main froide du Seigneur du Ténèbres l'obligea à relever la tête.

- Crie, dit-il d'une voix doucereuse alors, qu'à force de se mordre l'intérieur de la joue, du sang commençait à couler entre les lèvres d'Harry. Hurle. Dis-moi à quel point tu as mal.

A la place, il eut droit à un sourire, certes crispé mais un sourire quand même ce qui eu le don de l'énerver encore plus. L'effet qui en résultat devint alors insupportable. Serrant à s'en faire mal les chaînes, le sourire d'Harry disparut alors qu'il expulsa tout l'air de ses poumons pour pouvoir tenter se concentrer sur sa respiration. Mais la douleur lui brulait l'intérieur de la gorge et il avait l'impression que chacun de ses muscles étaient chauffés à blanc. Sa peau paraissait être transpercer de mille aiguilles et il avait l'impression que son crâne allait exploser sous la pression. Deux minutes, c'était une éternité où chaque seconde semblait ne jamais vouloir prendre fin.

- Es-tu timide pour ne pas parler ? marmonna Voldemort à son oreille. Crie ou je continue.

Harry ne fit rien, tentant de rester concentrer pour ne pas céder mais la douleur devenait de pire en pire. Il ne savait pas combien de temps il pourrait encore résister, chose qui devint futile lorsque le Seigneur des Ténèbres leva son sortilège pour le relancer aussitôt. C'était comme toucher quelque chose de chaud et s'habituer à la chaleur, dès que l'on retirait sa main pour ensuite l'y reposer, la chaleur devenait insupportable. Il ne résista que quelques secondes, prit de court, et hurla.

Sous les rires de Voldemort et des Mangemorts, il se mit à hurler, n'arrivant plus à s'arrêter. A vrai dire, il avait perdu la notion du temps et ne sut combien de minutes cette situation s'éternisa avant que le sortilège ne soit enfin lever et qu'il s'effondre contre le mur. Il se savait coincer, sans aucune échappatoire, il manquait un élément à la barrière qui aurait dû à présent entourer le Manoir. En fait, son plan s'était totalement effondré et il était bloqué.

- Maintenant, dis-moi ce que tu es ? lâcha Voldemort en lui attrapant les cheveux pour qu'il redresse la tête et planter son regard dans le sien.

L'Occlumencie… Harry n'avait jamais aimé autant dire qu'après ce moment où il avait tout donné pour ne pas lui donner satisfaction, il mit quelques secondes avant de se rendre compte de ce qu'il se passait. Une douleur cuisante éclata dans sa tête alors que sa cicatrice semblait s'ouvrir. Il avait été stupide d'oublier ça !

- Le futur… marmonna Voldemort quelques secondes après qu'Harry ait pu rétablir ses défenses.

Le silence qui prit place dans la pièce devint pesant. Quittant Harry du regard il se tourna vers Avery qui était revenu.

- Où est Severus ?

- Il ne répond pas, sans doute est-il occupé avec l'Ordre pour devoir décliner l'ordre, répondit-il.

- Et moi je suis dans ce cas le dernier des imbéciles, lâcha-t-il froidement. Macnair, occupez-vous de ce Potter, je veux tout savoir ! Utilise des sortilèges ou bien tes outils, peu importe tant que vous le faites parler !

Se levant, il se dirigea vers Bellatrix tandis que Macnair prenait sa place.

- Je veux que l'on me ramène Severus, débrouille-toi mais je le veux ici, ordonna-t-il. Où est Lucius ?

- Dans son Manoir, répondit-elle.

- Fais en sorte qu'il y reste et demande lui si son fils n'a rien mentionné d'étrange lors de sa dernière venue.

- Si je puis me permettre, quels genres d'informations cherchez-vous ?

- Demande ! lâcha-t-il sèchement.

- Mon Seigneur…

- Je veux également que tous mes espions au Ministère me fasse part d'évènements anormaux ayant eu lieu à Poudlard ! La…

- Mon Seigneur, je…

- Je croyais que je t'avais donné un ordre, Macnair ! hurla-t-il en se tournant vers lui.

Il s'arrêta cependant en fixant Harry. Pour faire simple, Macnair lui avait enlevé son haut pour faciliter la suite de ses actions mais le spectacle était assez impressionnant. Le nombre de cicatrices présentes était effarant.

- Je reconnais certains de mes instruments, dit Macnair.

Si certains ne comprenaient pas, Voldemort éclata de rire : un rire froid, glacial mais surtout vide de toute gaieté.

- Ainsi, il est bien plus facile de comprendre comment tu as résisté au sortilège d'Endoloris, dit-il en revenant auprès d'Harry. Dis-moi, c'est un souvenir d'un entretien que nous avons eu ?

Celui-ci ne dit rien, reprenant encore sa respiration après ce qu'il venait de subir. Las de ne recevoir aucune réponse, Voldemort se tourna vers Macnair.

- Rouvre tout et fais en sorte qu'il raconte ce qu'il sait, lâcha-t-il.

°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°°o0O0o°

- Il nous faut avertir certains membres de l'Ordre, déclara McGonagall. Le Ministère risque de mettre bien trop longtemps avant de comprendre la situation.

- Tonks et Kingsley pourront sans doute convaincre certains Aurors d'agir sans attendre d'ordres, murmura Dumbledore. Il…

- Je ne veux pas paraître grossier mais nous ne savons ni où ils sont ni… commença le futur de Drago.

- Ils sont à Little Hangleton, intervint Rogue qui revenait de son bureau. Le Seigneur des Ténèbres m'y a fait appeler.

- N'y allez pas, ordonna Dumbledore.

- Je pense qu'il serait plus sage d'envoyer quelqu'un à l'intérieur, rétorqua Rogue. Montez une mission de sauvetage sans prévoir…

- Si vous y allez, vous vous ferez certainement tuer, coupa-t-il. Lorsque Voldemort se rendra compte qu'il s'agit d'Harry âgé de plusieurs années, il saura que vous l'avez trahi. Je crains que votre rôle d'espion ne vienne de toucher à sa fin, Severus.

Une mauvaise nouvelle, sans doute mais plus loin dans les couloirs l'ambiance était aussi inquiétante.

- Potter, tu sais, je ne veux pas te paraître malpoli plus que d'habitude mais as-tu des tendances suicidaires ? demanda Drago.

- Malefoy, pour les blagues douteuses, je crois que tu peux la mettre en veilleuse, lâcha Hermione.

- Je suis sérieux, rétorqua-t-il. Je sais qu'il a toujours été un taré adepte des situations dangereuses et fonçant sans réfléchir, mais je ne le pense pas non plus suicidaire. Donc, Potter, penses-tu être capable de te tuer pour éliminer le Seigneur des Ténèbres ?

- J'en sais rien, marmonna celui-ci en se massant le crâne

- Va-t-en…

- Et te penses-tu capable de tuer des personnes innocentes si ça pouvait te permettre d'y parvenir ?

- Je n'en sais rien.

- Va-t-en.

- Dis, Malefoy, tu ne crois que c'est déjà assez difficile pour lui pour que tu viennes en plus rajouter des conneries dans ce genre ? intervint Ron. Harry ne ferait jamais de mal à quelqu'un juste pour parvenir à ses fins, tu peux essayer de comprendre ce que ça fait d'être accusé de meurtres ?

- Je me mets facilement à sa place, crois-moi, rétorqua sèchement Drago. Ce n'est pas lui qui a dû avaler que son futur avait tué des gamins en plus de vos tronches ! Personnellement, je ne me sens pas capable de le faire mais je peux au moins m'avouer que si je n'avais pas rencontré Thomas, je serai devenu comme mon futur, à savoir un Mangemort ! Alors, Potter, est-ce que tu penses que selon certaines circonstances, tu pourrais devenir ainsi ?

- Va-t-en !

- Malefoy, arrête ! lança Hermione. Je ne sais pas pour toi mais tu n'as pas à…

- Je n'en sais rien ! coupa Harry en se tenant à présent la tête entre ses deux, s'étant stoppé au beau milieu du couloir.

Surpris, ils le dévisageaient tous les trois sans comprendre. Il avait mal, jamais encore il n'avait eu l'impression qu'une douleur si aigüe lui perçait le crâne.

- Potter, tu vas bien ? tenta Drago en s'approchant. Tu es…

- Je n'en sais rien ! hurla-t-il.

- VA-T-EN !

Harry se mit à hurler de tous ses poumons, tombant à terre sous les regards affolés de Drago, Ron et Hermione. Il avait mal, terriblement mal, sa tête semblait s'ouvrir en deux et ses hurlements peinaient à traduire ce qui le torturait. Il allait mourir, il n'espérait plus que cela pour que la douleur cesse, chaque seconde semblait ne pas vouloir prendre fin et sa gorge le tiraillait à force d'hurler. Se roulant à terre, il voulait que tout cesse d'une manière où d'une autre, peu importait s'il en venait par la même occasion à donner son dernier souffle.

Et puis soudain, la douleur disparut, le laissant tremblant à terre encore sous le choc. Il avait mal ailleurs dans son corps : son bras gauche, son dos, sa cheville… Lentement, il se redressa, s'appuyant sur ses mains dont l'une crispait sa baguette. Fixant devant lui, son regard tomba sur l'une des fenêtres du couloir.

Dehors, le ciel était rouge et les nuages étaient les plus noirs qu'il n'ait jamais vus. S'élevant lentement, des colonnes sombres gagnaient le ciel, épaississant cette obscurité qui gagnait peu à peu la voûte au-dessus du château. Mais il y avait également ces longues flammes dansantes et léchant la pierre, dévorant les murs et les poutres. L'odeur de la cendre irritait ses poumons alors que des craquements funestes s'élevaient.

Poudlard était en feu.


Que se passe-t-il ? Qu'arrive-t-il à Harry ? Faut-il me tuer ?