Kimmy Lyn : Je prends toujours autant de plaisir à lire tes reviews, merci. Effectivement, Ianto a fait un cadeau à Jack, mais il faut comprendre le Capitaine, il ne veut pas que le Gallois se sente obligé de revenir, il doit remettre de l'ordre dans ses idées, mais il n'a pas (encore) quitté Cardiff, tout n'est donc pas perdu.
Chapitre 35
Jack se rendit dans son bureau et s'assit sur son fauteuil, réfléchissant à ce qu'il devait faire. Sa situation n'était pas facile, mais il se refusait à poser un ultimatum au Gallois, il l'aimait trop pour cela. Si Ianto devait ne jamais revenir, eh bien il s'occuperait de l'enfant ! Il chérirait et protègerait ce cadeau des dieux ! Une larme coula sur sa joue, rapidement essuyée avant que l'immortel ne prenne un dossier pour le lire et y apposer sa signature.
En fin d'après-midi, il descendit dans la zone informatique et prévint Tosh qu'il allait nourrir le chien de garde. Quand il revint, elle l'attendait près du sas et ils se rendirent au garage pour prendre le SUV.
– Owen viendra te chercher ? demanda-t-il en bouclant sa ceinture.
– Oui, ne t'en fais pas.
– Ok, alors on y va.
Ils quittèrent la zone et s'engagèrent dans la circulation, assez fluide malgré la sortie des bureaux. Moins d'une demi-heure plus tard, ils stoppaient dans l'allée devant la maison. La Japonaise ne pouvait détacher ses yeux de la façade de la villa, se penchant tout en débouclant sa ceinture, faisant sourire son leader qui entendait ses pensées.
Il sortit du véhicule et fit le tour pour aller lui ouvrir la portière. Elle lui sourit et descendit puis le suivit jusqu'à la porte. Jack poussa le battant, s'effaçant pour la laisser passer et au moment où il allait entrer, il se retourna et regarda dans la rue. Il percevait des pensées douloureuses mais il n'arrivait pas à en connaître la provenance.
– Que se passe-t-il ? demanda la jeune femme.
– Je ne sais pas, il m'avait semblé… désolé, finit-il en pénétrant dans la maison.
Il lui fit visiter la demeure et elle s'extasia sur toutes les pièces, s'arrêtant un long moment devant le jardin d'hiver.
– Elle est superbe, fit-elle. Vous êtes bien installés.
– C'est ce que je pensais aussi, mais Ianto semble avoir changé d'avis.
– Mais non, il est un peu perdu, c'est tout, répondit-elle en essayant d'être convaincante. Quand il aura pu faire le point, il reviendra, mais je crois également que tu devrais faire le premier pas, peut-être qu'il ne sait pas comment revenir !
– Non… c'est compliqué… je ne peux pas…
– Qu'y a-t-il Jack ?
– Rien.
– Tu ne vas pas me faire croire ça, je sais qu'il y a quelque chose, Owen n'agit pas comme d'habitude, que se passe-t-il ?
– Je ne peux rien dire.
– Pourquoi ? insista-t-elle.
– Je…
Il se détourna et quitta la pièce. Quand Tosh le rejoignit, il était assis sur le canapé, les coudes sur les genoux et la tête entre ses mains. Elle s'installa près de lui et le regarda avant de passer sa main dans son dos.
– Tu peux me parler, je sais écouter et garder les secrets, tenta-t-elle.
Il leva les yeux vers elle, une lueur de tristesse assombrissant ses pupilles. Il soupira, conscient que la jeune femme avait compris qu'il y avait un problème.
– Tosh, il va y avoir des changements au Hub.
– Que veux-tu dire ? fit-elle soudain inquiète. Tu ne vas pas t'en aller !
– Non, bien sûr que non, qu'est-ce qui te fait penser une chose pareille ? Il s'agit d'autre chose…
Il essayait de choisir ses mots, il ne voulait pas l'effrayer avec ses confidences.
– Tosh, je suis différent de vous, tu le sais.
– Oui !
– Mon immortalité m'a quelquefois posé des problèmes, mais il y a plus que cela.
Elle le regarda sans rien dire, attendant les mots qui semblaient avoir du mal à sortir.
– Owen et Ianto sont au courant de ce que je vais te dire et je vais également devoir en informer Finley et Declan.
La jeune femme se contenta de hocher la tête, l'incitant à continuer.
– J'attends un enfant, fit-il en la fixant.
Il la vit pâlir et lui prit les mains, les serrant dans les siennes. Elle ouvrit la bouche et la referma aussitôt, ses pensées envahissant l'esprit de l'immortel.
– Co… comment est-ce possible ?
– C'est une particularité des hommes de mon époque, nous sommes génétiquement modifiés pour pouvoir donner la vie.
– Ianto le savait et il n'a rien dit !
– Non.
– Owen aussi !
– Oui, mais c'est récent. Moi-même je ne suis au courant de ma grossesse que depuis hier.
– Que vas-tu faire ?
– Le garder, il est tout ce qu'il me reste de Ian…
– Tu dois lui dire ! asséna la jeune femme.
– Non, il n'en est pas question. S'il doit revenir, je ne veux pas que ce soit par obligation, se défendit le leader.
– Il a le droit de savoir !
– J'en suis conscient, mais pour le moment, il doit remettre de l'ordre dans ses idées.
– Mais…
– Non Tosh, la coupa-t-il, et ne t'avise pas de le contacter comme tu l'as fait avec Martha !
Elle le regarda, persuadée qu'il n'hésiterait pas à la sanctionner si elle venait à lui désobéir, mais son ami devait mis être au courant de cette nouvelle donnée, elle était certaine que ça pourrait le ramener au Hub.
– J'en suis sûr également, mais je ne veux pas qu'il s'y sente obligé, fit Jack après avoir entendu ses pensées. Il me manque terriblement, il ne se passe pas une minute sans que je regrette de ne pas avoir été plus vigilant, il n'a pas mon vécu et je comprends ce qu'il peut ressentir. Promets-moi que tu ne feras rien, fit-il suppliant.
Elle soupira et baissa la tête pendant quelques instants puis elle le fixa.
– D'accord, souffla-t-elle. Tu as ma promesse.
– Je te remercie, dit-il en la prenant dans ses bras pour la serrer contre lui.
Elle accepta l'étreinte et attendit qu'il se détende puis elle se leva pour aller faire quelques pas, laissant son regard détailler la pièce qui semblait si paisible.
– Tosh, je voudrais que demain, tu vérifies quelque chose.
– Oui, quoi ?
– Dis-moi si Ianto n'était pas ici quand nous sommes arrivés. J'ai perçu des bribes de réflexions et la personne semblait très malheureuse.
– D'accord, je le ferai dès mon arrivée.
À ce moment-là, on toqua à la porte et l'immortel se leva mais un peu trop rapidement et il fut pris d'un vertige. La Japonaise se précipita pour l'empêcher de tomber et l'aida à se rasseoir.
– Ne bouge pas, j'y vais, fit-elle.
Elle ouvrit au visiteur et sourit en voyant Owen. Le médecin entra et vit que son leader ne semblait pas très bien. Il s'avança et s'accroupit devant lui, prenant son poignet pour trouver son pouls.
– Tu vas bien ?
– Oui, je me suis levé trop vite, c'est tout.
– Ok, tu devrais te reposer ce soir et demain, ça devrait aller mieux.
– Je te remercie, je vais me faire livrer une bricole, en espérant que je pourrai le garder, ironisa l'immortel.
– Je vais te laisser des comprimés, tu en prends un avant le repas. Normalement, ça devrait passer.
– Merci.
Le médecin se leva et croisa le regard de sa compagne.
– Tu vas bien Tosh ?
– Tu comptais me le dire ? fit-elle.
– Te dire quoi ? demanda-t-il sans comprendre.
– Que Jack attendait un enfant !
– Oh, tu le lui as dit ! fit-il en regardant son leader.
– Oui et demain, je mettrai Finley et Declan au courant.
– Tu sais que ça ne résoudra le problème qu'à moitié !
– Oui, ne t'en fais pas, nous trouverons une solution.
– De quoi parlez-vous ? intervint Tosh.
– Nous devons le protéger, il ne doit surtout pas mourir.
– Pourquoi, il peut revenir, il revient toujours, tu le sais, fit-elle sans comprendre.
– Oui bien sûr, mais l'enfant…
Il laissa sa phrase en suspens et la jeune femme plaqua ses mains sur sa bouche.
– Pardon, entendirent-ils, les paroles étant étouffées par les paumes.
– Ce n'est rien ma belle, c'est l'habitude. Bien, vous devriez y aller, nous nous verrons demain.
– Tu appelles si tu as besoin, fit la jeune femme.
– Promis, mais je vais manger un morceau et j'irai me coucher.
– D'accord, alors passe une bonne soirée, dit-elle avant de lui plaquer un baiser sur la joue.
– À demain, fit Owen en se dirigeant vers la porte.
– Soyez prudents en rentrant, répondit le Capitaine en les accompagnant jusqu'au seuil.
Il les regarda monter en voiture et quitter l'allée puis il s'avança et scruta la rue, mais il n'y avait personne. Il rentra et verrouilla derrière lui puis passa commande pour son repas. En attendant le livreur, il alla prendre une douche et ressortit de la chambre en portant le peignoir du Gallois. Il était allé à l'appartement et avait rapporté certaines de ses affaires. Il passa ses mains sur son ventre, caressant la peau du bout des doigts et soupira. Il alluma une flambée dans la cheminée et s'assit après avoir mis un peu de musique puis il lut à nouveau le papier que le jeune homme avait laissé sur la porte, le jour de son départ.
Une demi-heure plus tard, le coursier sonnait à l'entrée, l'immortel ouvrit et régla sa facture puis il s'installa devant le foyer et dîna sans grand appétit, mais au moins, les comprimés de Owen lui permirent de garder son repas.
En fin de soirée, il se leva et éteignit les dernières braises, coupa la chaîne et alla se coucher. Allongé sur le lit, il regarda le plafond pendant de longues minutes avant de se tourner sur le côté et de s'endormir pour un sommeil sans rêves.
Le lendemain, lorsqu'il s'éveilla, Jack tourna la tête vers la place où aurait dû se trouver son amant puis il se redressa en soupirant. La maison semblait bien vide sans le Gallois, il aurait tant aimé y vivre avec lui, élever l'enfant qui grandissait en lui. Il se leva et passa dans la salle de bain pour prendre une douche rapide puis il s'habilla et quitta la villa pour le Hub.
Quand il passa le sas, il croisa le regard de la Japonaise qui travaillait déjà à son poste. Il salua ses collègues et partit vers l'infirmerie. En le voyant arriver, Owen s'inquiéta de sa pâleur et lui demanda de s'asseoir. Il prit ses constantes mais se déclara satisfait.
– Comment vas-tu ce matin ?
– Je dors mal, mais ça peut aller. Nous allons faire une réunion, je vais annoncer… enfin, je vais le dire à Declan et à Finley et je voudrais que tu sois là.
– Aucun problème. Je te suis.
Les deux hommes quittèrent la baie médicale et le leader demanda aux autres membres d'aller en salle de conférence. Peters les rejoignit avec le plateau où il avait disposé les tasses fumantes et les laissa se servir. Quand tous furent installés, Jack les regarda tour à tour puis se redressa.
– Bien, je dois vous dire quelque chose qui va sans doute vous surprendre, mais qui vous fera comprendre pourquoi je ne peux plus vous accompagner sur le terrain. J'ai conscience que l'on va devoir se reposer sur vous, fit-il en fixant les militaires, mais notre médecin ici présent, m'a suspendu pour les interventions.
– Pourquoi, tu as un problème ? demanda Declan.
– Un problème, pas vraiment, mais il est impératif que je ne me fasse pas tuer au cours des… voyons, fit Jack en semblant réfléchir. Je ne dois pas mourir au cours des huit prochains mois.
Il observa les visages qui lui faisaient face, il y lisait l'incompréhension la plus totale puis Finley ouvrit de grands yeux.
– Huit mois tu as dit ?
– C'est ça !
– Ce n'est pas possible, c'est impossible, lâcha-t-il.
– Pourtant si.
Declan les regardait et ne semblait pas comprendre le pourquoi de cet échange pour le moins surprenant.
– Que se passe-t-il ?
– Vous savez déjà que je viens d'un autre siècle, reprit le leader. À mon époque, les hommes étaient capables de donner la vie et c'est ce qui se passe aujourd'hui, je porte l'enfant de Ianto.
– Wo wo wo, lança Peters en se levant. Stop, on arrête-là !
– Que se passe-t-il ? demanda le Capitaine.
– Quoi ! Mais tu te fous de nous là, n'est-ce pas !
– Non.
– Dec, assieds-toi, fit Finley en lui prenant le poignet. Owen, explique-nous.
– Jack a raison, son organisme est particulier et il peut concevoir la vie.
Le Capitaine restait silencieux, il comprenait bien que la pilule était très dure à avaler pour les deux militaires, mais il n'avait pas le choix. Ne pouvant plus aller sur le terrain, il fallait que leur donne une explication.
Pendant quelques minutes, le médecin leur expliqua cette particularité et de temps en temps, Finley jetait un coup d'œil à son leader.
– Ianto est au courant ? demanda-t-il finalement quand son collègue eut terminé.
– Non et je veux que personne aille le voir pour le lui dire.
– Il est pourtant concerné, tu ne crois pas ?
– Je suis d'accord avec toi, mais comme je l'ai dit à Tosh et à Owen, je veux qu'il revienne de lui-même et non par obligation. En attendant, je voudrais que vous continuiez à le garder à l'œil discrètement.
– Pas de souci ! fit Declan qui avait finalement accepté l'idée que son patron était enceint.
– Si vous pouviez passer de temps en temps à la sortie du Razzi, juste pour vous assurer qu'il rentre chez lui sans encombre. Je le fais déjà moi-même, mais je ne peux pas m'y rendre tous les soirs.
– Nous le faisions déjà, mais tu n'auras qu'à nous dire quand tu ne pourras pas y aller et nous nous en occuperons, fit Finley. Dec, qu'en penses-tu ?
– Je suis d'accord.
– Merci beaucoup, répondit le leader. Tosh, tu viendras me voir tout à l'heure.
– Si tu veux, pour le moment, je voudrais terminer ce que j'ai en route.
– Pas de problème, viens simplement avant le déjeuner.
Elle hocha la tête et se leva pour quitter la pièce, suivie par le médecin. Les trois hommes restèrent assis, les militaires fixant leur leader sans rien dire.
– Je me doute bien que ce n'est pas banal, fit le Capitaine, mais je ne m'attendais pas à ça, je peux vous l'assurer. Je prenais mes précautions et malheureusement, ou heureusement, je ne sais pas encore, il y a eu un problème.
– Tu nous caches encore d'autres choses ? demanda Declan.
– Non, cette fois, vous savez tout.
– Très bien, alors il ne nous reste qu'à digérer l'information et faire de notre mieux pour te protéger, fit Finley.
– Je crois que oui. Si vous avez besoin de parler, n'hésitez pas à venir me voir, je conçois parfaitement que ça puisse être déroutant.
– Quand on sait que tu est immortel et que tu viens d'un autre siècle, ce n'est qu'une broutille d'apprendre que tu peux donner la vie, mais ça surprend quand même. Bien, nous allons te laisser, l'armurerie a besoin d'être rangée.
– Ok, fit le leader en se levant, imité par ses deux collègues.
Le Capitaine se rendit auprès de Myfanwy et resta près d'elle durant une heure. Il la regardait se nourrir et l'animal le surveillait du coin de l'œil. Puis l'immortel descendit dans la zone centrale avant de passer le sas pour aller à l'office de tourisme. Il devait informer les éventuels visiteurs de la prolongation de la fermeture du bureau pour cause de maladie. L'excuse n'était pas très recherchée, mais les membres ne pouvaient pas assurer l'intérim du Gallois. Il s'était arrangé avec la mairie pour que les vacanciers puissent être renseignés pendant leur séjour. Lorsqu'il retourna dans son bureau, Tosh vint le rejoindre et s'assit face à lui.
– Tu voulais me voir, fit-elle.
– Oui. Où en étiez-vous des préparatifs pour notre mariage ?
– Ianto s'était occupé de tout, il n'y avait que les papiers à déposer à la mairie.
– Saurais-tu où il les a rangés ?
– Oui, ils sont dans mon bureau. Tu les veux ?
– J'aimerais bien.
– Je vais te les chercher, fit-elle en se levant, je reviens.
Elle quitta rapidement la pièce et revint quelques minutes plus tard avec un dossier qu'elle déposa sur la table de son leader. Celui-ci regarda la chemise et la caressa du bout du doigt sans rien dire.
– Que veux-tu faire ?
– Je ne sais pas. Ianto est parti, peut-être même qu'il ne reviendra pas et…
– Ah non ! le coupa-t-elle, tu ne vas pas baisser les bras tout de même ! Pas après tout ce que tu as fait pour le retrouver. Il est dans une mauvaise passe, c'est vrai, mais il n'est pas loin. Je crois qu'il est préférable que je garde ces documents, tu ne crois pas ? demanda-t-elle un peu inquiète que le leader les détruise.
– Si tu veux, de toute façon, ils risquent d'être inutiles.
– Il faudrait que tu restes positif, fit-elle. Ce soir, tu vas à la villa ?
– Oui, autant qu'elle soit habitée et si Ianto se décide à traverser la rue, je serai là pour l'accueillir. Et il faut que je commence à aménager une des chambres.
– Tu as encore le temps, tu sais.
– Oui, mais ça m'occupera.
– Très bien. Je peux faire autre chose ?
– Commander le repas si tu veux bien.
– D'accord, aurais-tu envie de quelque chose en particulier ?
– Oui, mais…
– Je sais bien. Ok, je fais comme pour moi, c'est ça ?
– Oui, merci Tosh.
– Mais de rien, lança-t-elle en quittant la pièce.
À suivre…
