Partie 1

Point de vue Bella

Mon sourire s'effaça quand je sentis des mains sur mes épaules. Ce n'était pas celles d'Edward, j'en étais certaine. Un souffle chaud caressa mon oreille et une voix s'éleva dans la pièce noire.

- Tu étais divine, ce soir, ma Bella.

Je fermais fortement les yeux, espérant de tout mon cœur que ce soit un cauchemar. James avait toujours été obnubilé par moi. J'avais eu une relation plus que brève avec lui mais depuis l'arrivée d'Edward, je ne lui portais plus attention. Chose qui l'énervait un peu, je pouvais très bien le voir et le sentir.

- James, qu'est-ce que tu fais ?

- Eh bien, je viens m'occuper de toi puisque ton cher Edward est trop débordé avec Tanya.

- Quoi ? Tanya est ici ?

- Oui, dans le bureau de ton patron, entrain de prendre du bon temps, j'en suis persuadé…

- Tu mens.

J'essayais de me retourner mais il resserra son emprise autour de mes épaules et je ne pouvais rien faire d'autre que gémir de douleur. Je savais qu'il ne disait pas la vérité mais je me demandais ce que faisait Edward. Il ne devrait pas tarder à venir…

- Je sais ce que tu es entrain de te dire, ma Bella, et je peux t'assurer que ton prince charmant ne viendra pas te sauver. Pas ce soir. À vrai dire, j'ai assez mal pris le coup de poing qu'il m'a donné la dernière fois. Je n'étais pas en état de répondre à son attaque mais là, je suis prêt. Et je me suis dit, puisque je ne peux pas vraiment le blesser physiquement… Attention, je pourrais le rétamer mais je me suis dit qu'il aurait plus mal si je m'en prenais à toi.

- James…

- J'ai toujours eu un faible pour toi, Bella. On s'est bien amusé, avoue que ça te manque !

- Pas du tout. On s'est bien amusé mais c'est du passé, James.

- Eh bien, j'ai une bonne nouvelle pour nous. Ce passé va redevenir présent dans quelques temps.

- Non…

- Si ! Je ne te demande pas ton avis. Ça sera… Comme au bon vieux temps.

Je manquais de vomir alors que je sentais sa langue suçoter la peau de mon cou. Alors que j'allais me mettre à crier le prénom d'Edward, il plaqua un mouchoir sur ma bouche et mon nez et tout fut noir.

*****

J'avais changé de position. Je n'étais plus assise mais allongée, mes bras me tirant en arrière. Alors que j'essayais de bouger mes jambes, je sentis des liens m'en empêcher. Je n'arrivais pas à ouvrir les yeux, trop éblouie par la lumière ou le soleil. J'avais horriblement froid alors je pensais plus à une ampoule au dessus de mon visage. J'entendis vaguement un bruit dans la pièce et la lumière se fit moins aveuglante. Mes yeux clignèrent plusieurs fois et je vis, assis à mes côtés, James. Un sourire encore plus pervers que d'habitude sur le visage. Je m'aperçus que je n'avais plus de T-shirt lorsque je sentis sa paume caresser mon ventre. Je tentais de me dégager, en vain.

- Tu t'es bien reposé, ma Bella ?

- Arrête de m'appeler comme ça…

- Pourquoi ? J'adore ça et en plus, tu l'es, ma Bella.

- Je n'ai jamais été et je ne serais jamais ta Bella, James.

Je savais que je n'étais pas tellement en position de protester ou encore de me rebeller mais je ne pouvais pas empêcher ces mots sortir de ma bouche. Un éclair de colère passa dans son regard glacial et il se retrouvait à califourchon sur moi. Ses mains se posèrent ses hanches et je fermais les yeux face au dégoût que m'inspirait l'érection naissante qu'il pressait contre moi. Il exerçait quelques pressions contre mon bas-ventre et je le sentis se pencher vers mon visage.

- Je vais me faire un plaisir de rattraper le temps perdu, ma belle…

Sur ces mots, ses mains se mirent en mouvement et sa bouche baisa la base de mon cou, mordillant par la même occasion mon épaule droite.

L'Enfer avait un autre nom : James.

Point de vue Edward

J'avais le crâne en bouilli ! Je tentais de me rappeler d'une chose alors que je gémissais de douleur et de rage contre le sol dur sous moi. J'avais fait le plus horrible des cauchemars. Pourquoi avoir pensé à Tanya et James ? Pourquoi je croyais qu'ils allaient me voler ma Bella ? J'ouvrais un œil difficilement, ma tête cognait, ma lèvre supérieure me lançait méchamment et j'avais les côtes en compote. Je me levais du sol à la force de mes bras et tâtonnais pour attraper mon lit. J'ouvrais un peu plus les yeux et découvrais que j'étais dans mon salon. Mon cœur s'accéléra lorsque je me mis à penser que cette nuit n'avait peut-être pas été un rêve.

Une fois debout, je vis sans difficulté les DVD et bouquins au sol. La table du salon était retournée et les coussins du canapé étaient dérangés. Je me dirigeais difficilement vers la cuisine pour découvrir qu'il y avait le même désordre. Je courais presque dans les escaliers, où jonchaient les cadres photos, et j'allais dans la chambre. Le lit était vide, les draps à terre, la plupart des fringues de Bella étaient en lambeaux et les miens n'avaient pas meilleures mines. Je pris ensuite le chemin de la salle de bain et vis mon visage tuméfié. Un bleu commençait à pointer sous mon œil droit, ma lèvre supérieure était fendue et une légère coupure sur la mâchoire du côté gauche saignait encore un peu. La douleur physique n'était rien comparée à la douleur mentale. Une phrase résonnait dans ma tête et je n'arrivais pas à savoir si c'était mon imagination ou si je l'avais bel et bien entendu.

Je m'occupe de Bella…

Je pouvais aisément reconnaître les intonations perverses de James. Mes côtes reprirent leur torture et je levais lentement mon T-shirt pour voir d'énormes bleus se dessinaient sur ces dernières. Je sortis de la salle de bain après avoir un peu lavé les blessures de mon visage. Je mis un nouveau T-shirt qui traînait sur le sol de la chambre et descendis en direction de la porte d'entrée. J'espérais de tout cœur que Rosalie et Emmett avaient passé la nuit chez ce dernier. Au bout de dix longues minutes à boiter jusqu'à la maison d'à côté, je frappais enfin à la porte. J'ignorais quelle heure il était mais il faisait déjà soleil. La porte s'ouvrit après quelques secondes sur ma sœur.

- Oh mon Dieu ! Edward ! Emmett, viens-là !

Mon ami vint me porter secours et m'installa dans son canapé. Je lui demandais un verre d'eau et Rosalie fit le plus vite possible pour me l'amener. Ma gorge me brûlait et quand le liquide traversait ma gorge, mes yeux se troublèrent un instant.

- J'appelle papa !

- Vous n'avez pas eu de nouvelles de Bella ?

- Non…

- Pourquoi elle n'est pas chez vous ?!?

- Non, Em… La maison a été saccagée et elle n'est pas là. Je ne me souviens même pas de comment je suis rentré chez nous.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? De quoi tu te rappelles ?

- Tanya était dans mon bureau et elle m'a dit qu'elle n'allait pas se laisser faire de l'humiliation que je lui avais faite. Elle a parlé de Bella et de moi. Ensuite, James est arrivé et le trou noir. Si cette salope a fait du mal à Bella, je la tue.

- Tu n'es pas le seul !

- Papa est en route…

Je vidais mon verre d'eau et après m'être installé un peu mieux dans le canapé, le noir m'envahit.

*****

Je me réveillais après un temps inconnu. J'étais allongé confortablement et je me tournais, prêt à voir mon amour auprès de moi. Malheureusement, seule ma mère était à mes côtés, assise dans un fauteuil gris. Ses traits étaient tirés par la peine mais elle sembla faire bonne figure quand elle me vit émerger. Elle se leva du siège et attrapa ma main. Ses yeux étaient emplis de larmes.

- Oh, mon chéri ! Tu m'as tellement fait peur…

- Où est-ce que je suis ?

- À la maison. Dans ton ancienne chambre. Ton père n'avait pas assez de machines médicales… Tu sais que je n'y connais rien ! Enfin bref, on t'a amené ici. La villa était… Tu vois.

- Pas de nouvelles de Bella ?

- Non, mon chéri. On a essayé de la joindre sur son portable mais ça nous donne direction le répondeur.

- Passe-moi le téléphone.

- Nous avons appelé cent fois, elle ne répond pas…

- Passe-moi le téléphone !

Mes côtes me firent un peu mal à cause de mon cri mais je n'y faisais pas attention. Je voulais avoir le téléphone et appelais par moi-même. Je n'agressais jamais ma famille mais là, je n'étais pas d'humeur à garder mon contrôle. Ma mère eut un éclair de tristesse qui traversa ses prunelles avant de me donner le téléphone. Je lui pris doucement des mains, la remerciant d'un hochement de tête.

- Je suis désolé, maman. Laisse-moi seul, s'il te plaît. Si j'ai besoin d'aide, je t'appelle.

- D'accord, mon chéri. Je serais au salon.

Elle baisa mon front avant de prendre la porte et de la refermer derrière elle. Je pris une profonde inspiration et expirais graduellement. Je composais ensuite son numéro, que je connaissais par cœur, et portais l'appareil à mon oreille. Pas un seul bip. Aussitôt le répondeur.

« Salut ! Vous êtes bien entrain d'essayer d'avoir la célèbre et sexy Bella mais elle n'est pas disponible pour le moment… Certainement entrain de faire des cochonneries avec son petit ami ! Enfin, si c'est important, vous savez ce que vous avez à faire après le bip… BIPPPPP ! Non, ce n'était pas le vrai… Maintenant, c'est à vous. »

Le vrai bip sonore retentit et je coupais la communication. J'essayais de reprendre une respiration normale, cette dernière s'étant accélérée quand j'avais entendu sa douce voix. Des larmes de colère et de peur envahirent mes yeux alors que je voyais le visage pervers de James en contraste avec le visage de ma belle. Je devais bouger et la rechercher au plus vite. Je posais le portable sur la table de chevet et me levais avec difficulté. J'avais un bandage au niveau de ma côte droite et je sentais deux petits sparadraps tirés sur mon arcade. Je passais avec peine un T-shirt qui se trouvait sur un de mes anciens meubles et je trouvais un jean qui je n'avais pas porté depuis au moins 3 ans dans un tiroir. J'enfilais mes chaussures et après de nombreuses minutes à galérer pour me vêtir convenablement, je sortis enfin de la chambre.

J'avançais dans le salon, comme si de rien n'était, et allais pour sortir de la villa quand ma mère se mit en travers de mon chemin.

- Oh non ! Tu restes ici.

- Maman, tu sais que je t'aime beaucoup mais là, je dois te demander de dégager du passage. Je dois la retrouver.

- Emmett et Jasper s'en occupe. Ton père m'a aussi dit que si elle était admise à n'importe quel hôpital, il en serait averti. Remonte t'allonger.

- Non. Je ne peux pas rester allongé alors que la femme que j'aime est en danger.

- Mais…

- Maman ! Laisse-moi passer ou alors, amène-moi au club.

Elle me regardait avec son visage triste mais je ne céderais pas. Il fallait que je trouve Bella et que je l'amène loin de ce fou furieux.

Point de vue Bella

- Je te laisse te reposer un peu, ma Bella. Je reviens dans quelques temps…

Depuis plus de deux heures, James posait ses sales pattes sur moi ainsi que toutes les parties de son corps. Je n'avais émis aucun son. Pas de gémissements, pas de plaintes, pas de pleurs. Rien. Je serrais les dents à chaque toucher, chaque caresse, chaque baiser. Je fermais les yeux fortement, essayant de sortir de ce cauchemar mais je n'y arrivais pas. J'étais complètement à sa merci et j'en avais horreur. Mes bras étaient attachés à la tête de lit et mes chevilles étaient, elles aussi, nouées aux extrémités du matelas. Mon corps hurlait de douleur mais aussi de peur. Je connaissais un peu les penchants de James et je pouvais aisément savoir qu'il n'allait pas se contenter de simples caresses et autres attouchements.

J'entendais du bruit dans la pièce d'à côté mais les sanglots que j'étouffais depuis des heures sortirent et me firent louper la conversation qui se déroulait dans l'autre salle. Les larmes coulaient telles la chute du Niagara. Je tentais de faire le moins de bruits mais mes pleurs retentissaient dans la pièce quasiment vide. J'essayais de défaire les liens qui retenaient mes poignets mais ils me lacéreraient la peau. J'étais à bout de souffle à cause de l'effort. Je tentais de reprendre mon calme, fermant les yeux. Je m'imaginais aux côtés d'Edward.

Edward…

Je me posais des milliers de questions à son propos. Allait-il bien ? Où était-il ? Est-ce qu'il essayait de me chercher ? Et l'histoire que James m'avait servi plus tôt, à propos de lui et Tanya. Je ne pouvais pas y croire, je savais qu'il m'aimait mais elle avait bien dit qu'elle allait se venger. Je m'en rappelais très bien. J'avais eu peur pour le club sur le moment mais maintenant, si elle avait demandé à James de s'occuper de mon homme ? Je ne pouvais pas accepter qu'il lui ait fait du mal.

Tout était de ma faute !

Si je n'avais pas demandé à Edward de virer Tanya, il y a plus de huit mois, nous ne serions pas dans cette situation. Peut-être que si j'avais accepté de coucher avec Edward, à notre première rencontre, il ne serait pas revenu et n'aurait pas couché avec Tanya… Mais si tout c'était déroulé ainsi, je n'aurais jamais vécu le bonheur que je vivais quotidiennement avec mon homme. Nous nous engueulions quelques fois mais quel couple n'a pas de petites brouilles de temps en temps ? Si vous connaissez le couple parfait, présentez-le moi mais je doute que vous pouviez ! La vie me punissait-elle d'avoir été une salope dans mon passé ? Parce que c'est ce que j'avais été à coucher à droite et à gauche.

Je manquais de vomir quand je repensais à mes moments intimes consentants avec James. Comment avais-je pu le trouver un tant soit peu attirant ?

Je refermais les yeux, me retrouvant dans mon lit, notre lit, à Edward et moi. Nous étions allongés, enlacés, entortillés sous la couette, se faisant mille et une mamours. Le frôlement doux de ses doigts sur mon ventre me donnait des frissons de plaisir. Ses mots doux soufflaient à mon oreille me faisaient sourire grandement. Ses baisers augmentaient mon désir de lui. Il était parfait, magnifiquement beau et tendre avec moi. Je savais que je ne le méritais pas. Lui, il me disait toujours la vérité, en temps et en heure. Moi, je lui disais avec du retard. J'aimais son côté jaloux et possessif. Je pouvais tout accepter de lui et lui dire oui à tout. Malheureusement, je n'accédais pas à sa principale requête : arrêter mon travail. Je pouvais voir son expression grognonne quand je lui refusais ça. Mais, amoureux, il ne me faisait jamais la tête longtemps. Pour mon plus grand bonheur.

J'entendis la porte s'ouvrir et mes pensées tendres et amoureuses disparurent. La douleur de mes bras réapparaissait et cette affreuse odeur remontait dans mes narines. J'avais l'impression que ça ne faisait que quelques minutes que mes yeux s'étaient fermés. Des mains… Ses mains dures se posèrent sur mon bassin et je sentais son souffle traverser ma joue jusqu'à mon oreille.

- Prête, ma Bella ?

Je ne répondais pas alors que ses mains descendaient vers mon territoire intime. Mon calvaire n'était pas fini…

Point de vue Edward

Je tournais, comme un fauve en cage, dans mon bureau. Enfin, bureau était un grand mot pour ce qu'il en restait. Elle avait tout détruit et j'aurais pu la tuer. Je ne pensais pas... Comment avais-je été si naïf ? Je tremblais de colère contre elle. Je tremblais de haine contre lui. Pourquoi s'en prendre à celle que j'aime ? Pourquoi pas s'attaquer directement à moi ? Lâches. Voilà un bon nom pour les représenter. Haine. Voilà le bon mot pour décrire mon état envers eux. Et effrayé. Le meilleur adjectif pour évaluer mon état d'esprit du moment.

Ma mère m'avait amené au club et j'avais découvert le massacre des lieux. Il ne restait presque plus rien. Bouteilles d'alcool cassées, tables renversées, chaises massacrées et fringues de danseuses arrachées. Au rouge à lèvres, sur la glace de la loge de Bella, un message :

« Je m'occupe d'elle »

Je flanquais un nouveau coup de pied à mon bureau à terre avant de partir rageusement vers la salle principale. Il s'était déroulé 24 heures depuis que Bella avait disparue et rien ne pouvait nous indiquer où il l'avait emmené. Je regardais Jasper entrain d'essayer de ranger la boite le plus possible. Je voyais Emmett entrain de se ronger les ongles, cherchant désespérément où son amie pouvait être. Rosalie, Alice et ma mère donnaient un coup de main pour ranger la salle. J'étais appuyé sur l'estrade et réfléchissais, encore et encore. Angela venait d'entrer dans la pièce et mon cerveau s'alluma. Je prenais mon portable dans ma poche de jean et composais son numéro.

- Allo, c'est Edward. Tu crois que tu as les adresses des danseuses ?


Merci à tout le monde. Pas le temps de blablater mais merci à toutes les personnes qui m'ont laissé une review au dernier chapitre.

Une review avant de partir ???