Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.

Comme d'habitude : un immense MERCI pour toutes vos reviews et votre soutien ! Merci ! ^_^


Pour les anonymes :

Merci beaucoup à Angeoudemon50393, Béatrice, Charlène, Sam, Ilonka, Marion, Chou (tu peux continuer tes lires, ils me plaisent beaucoup), Sabrinabella, Angelik, pour leurs reviews, merci énormément ! Je suis désolée de ne pas avoir le temps de vous répondre individuellement comme d'habitude, mais j'ai pris pas mal de retard, désolée. Encore un immense merci ! A bientôt et bonne semaine !


Sur ce :

Bonne lecture !


Chapitre 37 : Fuite

Edward se débattit aussi violemment qu'il le put pour échapper à son agresseur, mais ce dernier le tenait fermement et le tirait vers le salon. A peine ses pieds eurent-ils franchi le seuil de la chambre que quelqu'un ferma la porte. C'était eux ! Ils étaient venus le chercher ! Edward bougea sa tête dans tous les sens pour essayer de dégager sa bouche et appeler à l'aide. La peur avait pris le dessus sur sa raison, il ne pensait plus à ses amis, à Bella, il voulait juste qu'ils ne le touchent pas ! Le jeune homme réussit à ouvrir la bouche et sans réfléchir plus longtemps, il mordit la main de son agresseur qui poussa un grognement de douleur. Il allait hurler quand il sentit deux mains fines et douces se poser sur ses joues. Aussitôt, il se calma un peu. Des lèvres tendres et familières effleurèrent les siennes.

« -Bella ? Chuchota-t-il.

-Oui, tout va bien, mon amour, le rassura sa petite-amie, on va s'en sortir.

-Je peux te lâcher ? Demanda Aaron.

-Désolé, s'excusa Edward en réalisant qu'il l'avait mordu.

-C'est pas grave, mon grand, murmura son mentor qui déchira un bout de tissu pour panser sa blessure.

-C'est pas que je m'ennuie, mais il serait temps de filer ! Rappela Lynda.

-Habille-toi ! Ordonna Aaron.

Edward hocha la tête, il enfila rapidement un jean et un pull à capuche par-dessus son tee-shirt. Il était en train de nouer ses baskets quand il vit Aaron ouvrir discrètement la fenêtre. Lynda et Bella le rejoignirent, il lui sembla qu'elles portaient un tas de draps. Il fut surpris de voir Aaron les jeter à l'extérieur, son mentor alla attacher l'extrémité de la corde improvisée à un lourd bahut.

-Allez ! Dépêchez-vous ! Lynda, tu passes en premier, je tiendrais le drap.

-Pourquoi ?

-Pourquoi quoi ?

-Serais-tu en train de dire que je suis trop grosse pour que le bahut soutienne mon poids ? Siffla la future mère.

-Tu crois vraiment que c'est le moment ? Gronda doucement Aaron. Descends !

Son épouse le fusilla du regard avant d'enjamber la fenêtre. Bella s'était rapprochée de lui et tenait fermement sa main. Il lui sourit avant d'enfouir son visage dans le creux de son cou, il inspira profondément, son odeur l'avait toujours réconfortée.

-Allez, c'est à ton tour Bella.

La jeune fille déposa un baiser sur sa joue avant d'imiter Lynda sous l'œil attentif d'Aaron qui craignait que la maladresse de la jeune fille ne lui joue un tour. Heureusement, Bella toucha le sol sans difficulté. Aaron se tourna vers lui pour qu'il prenne le même chemin que les deux femmes.

-Si jamais ils nous rattrapent…, ne put-il s'empêcher de murmurer sans avoir la force de terminer sa phrase.

-Ne pense pas à cela pour le moment, allez, descends. »

Edward hocha la tête et s'assit sur le rebord de la fenêtre avant de se laisser glisser le long des draps. Dès que ses pieds touchèrent le sol, Bella lui prit la main et la pressa doucement. Lynda leur demanda de s'accroupir pendant qu'elle surveillait avec attention les alentours. Le jeune homme fut surpris de voir Aaron remonter la corde improvisée, Lynda les entraîna vers l'orée du bois où ils s'accroupirent pour attendre Aaron qui avait fermé la fenêtre. Un garde passa alors sous la fenêtre sans qu'il ne se doute de rien ce qui le rassura quelque peu. Dès que l'homme fut hors de vue, son mentor rouvrit la fenêtre, Lynda le rejoignit et attrapa l'arme qu'il lui lança. La seconde suivante, Aaron se laissa tomber avec souplesse sur le sol. Les deux agents les rejoignirent. Son mentor prit la tête de leur petit groupe, Lynda fermait la marche.

Edward marchait à côté de Bella, il tenait fermement son bras pour lui éviter de nombreuses chutes. Leurs pas étaient rendus malhabiles par l'obscurité et les obstacles qui peuplaient la forêt. Ils marchèrent un long moment à vive allure, Lynda et Aaron leur imposant ce rythme soutenu, les encourageant quand ils faiblissaient, les relevant quand ils chutaient. Une légère sonnerie les fit sursauter Bella et lui, ils jetèrent des regards inquiets autour d'eux, mais Lynda passa une main rassurante dans leurs dos.

« -J'avais programmé ma montre pour qu'elle sonne deux heures après notre fuite, expliqua Aaron. On va faire une pause de quelques minutes. Asseyez-vous et essayez de récupérer.

Aaron ôta un sac-à-dos qu'il avait sur les épaules et lui tendit une bouteille d'eau qu'il s'empressa de donner à Bella.

-Ne buvez que quelques gorgées, leur conseilla-t-il ce que Bella fit avant de lui tendre la bouteille qu'il refusa, Edward, bois !

-J'ai pas soif !

-Je m'en fiche, bois au moins deux gorgées. Lynda, ça va ?

-Oui.

-Tu es essoufflée, tu as mal quelque part ?

-Non, je suis enceinte !

-Du calme, garde tes forces.

-On va où ? Demanda Bella.

-On va continuer à marcher vers le Sud-Est, normalement, on est dans la bonne direction pour San Francisco, c'est là que l'on a le plus de chance de croiser une route et de trouver de l'aide.

-On devra rester à l'abri de la forêt, leur indiqua Lynda.

-Allez, il faut se remettre en route. Le jour ne va pas tarder à se lever, ce sera plus facile de progresser.

Ils se relevèrent et à tâtons, il reprit la main de Bella, la jeune fille fit de même avec Lynda et sans un mot Aaron s'empara de la sienne. Ils marchèrent un bon moment en silence avant qu'un détail ne lui revienne en mémoire.

-Tu es armé ? S'étonna le jeune homme.

-J'ai assommé Nathaniel et j'ai pris son arme. Heureusement pour nous, il montait la garde assit sur une chaise. Etant donné le coup que je lui ai donné, il devrait être encore inconscient pendant deux heures. Nous l'avons installé sur la chaise, il a l'air de paraître endormi, cela jouera peut-être en notre faveur.

-Tu crois qu'ils ont découvert notre fuite ? S'inquiéta-t-il.

-Je ne crois pas, mais n'y pense pas s'il-te-plaît.

Edward acquiesça silencieusement et continua à marcher en se laissant guider par Aaron. Effectivement comme l'avait prévu son mentor, le ciel commença lentement à s'éclaircir facilitant leur progression dans les bois. Soudain, il sentit sa main être tirée en arrière stoppant sa déambulation et en même temps celle d'Aaron, ils se tournèrent vers la jeune fille qui fit signe que ce n'était pas elle, mais Lynda qui avait stoppé leur fuite.

-Tu vas bien ? S'angoissa Aaron.

-Oui, écoutez ! Vous n'entendez rien ?

Les mains d'Aaron et de Bella se raffermirent sur les siennes quand ils le sentirent trembler, Lynda avait dû entendre leurs poursuivants arriver !

-Qu'est-ce que c'est ? Murmura Bella en fronçant les sourcils.

-On dirait un train, dit Lynda.

Un train ? Elles entendaient un train ? Pourquoi lui n'entendait-il rien ? Son angoisse devait être visible car Aaron posa ses mains sur ses épaules et le força à le regarder.

-Ferme les yeux, respire calmement et écoute. Tu entendras les bruits de la forêt et ?

-Un train, répondit-il rassuré.

-C'est par là, dit Lynda en désignant une direction qui n'était pas tout à fait la leur.

-Allons-y, décida Aaron. »

Ils se remirent en marche, l'espoir avait revigoré leurs pas et ils avançaient rapidement vers l'endroit où ils pensaient trouver la voie. Leurs pas étaient de moins en moins hésitant, la lueur du jour éclairait de plus en plus la forêt, leur permettant de progresser plus rapidement. Soudain, Aaron stoppa ses pas. Ils se tenaient au sommet d'une pente assez raide. En bas de celle-ci se trouvait un chemin de terre qui conduisait à un pont sur lequel les mauvaises herbes et la mousse gagnaient du terrain. Juste sous le pont, ils virent la voie ferrée. Edward remarqua le regard qu'échangèrent Aaron et Lynda, la voie ferroviaire ne paraissait pas très utilisée, ils risquaient d'avoir du mal à trouver de l'aide. Son regard revint se poser ensuite sur la pente vertigineuse qui s'étendait sous ses yeux. Aaron passa l'arme en bandoulière autour de son torse et commença à descendre prudemment. Cependant, le pied de l'agent se posa sur une pierre qui se décrocha et roula au bas de la pente, entraînant avec elle Aaron.

« -Ca va ? S'enquit Lynda.

-Oui, mais on va essayer de trouver un autre chemin pour que vous descendiez, j'ai manqué de peu de me casser ou fouler quelque chose ! Partez sur la gauche, je vais sur la droite. On fait 500 mètres et on revient sur nos pas, d'accord ?

-Ca prendrait moins de temps si on tentait une descente, protesta Lynda. En étant prudente, je devrais pouvoir…

-Tu ne vois même pas tes pieds ! Lui rappela Aaron. On perd du temps là !

-Ok, souffla Lynda.

La jeune femme les entraîna sur la gauche, mais ils ne trouvèrent aucun chemin. Ils revinrent sur leurs pas et Aaron était en train de faire de même. Au vue de sa tête, il comprit qu'il n'avait pas trouvé une autre solution.

-On va descendre prudemment, dit Lynda pour rassurer son mari.

-Je vais passer en premier, annonça Edward, pose tes mains sur mes épaules et toi Bella tiens bien ma main.

-Il vaudrait mieux que je descende de mon côté sinon je risque de vous entraîner dans ma chute, décida Bella.

-Bella, je vais venir à ta rencontre, proposa Aaron qui commençait déjà à remonter péniblement. »

Edward s'avança sur la pente, sans que Lynda ne s'appuie sur lui, il se retourna et prit de force ses mains pour les poser sur ses épaules. La jeune femme soupira, mais accepta de le suivre. Edward surveillait chacun de ses pas tout en vérifiant la progression de Bella. Soudain, il laissa échapper un cri quand il vit la jeune fille se prendre un pied dans une racine et dévaler la pente. Heureusement, Aaron la rattrapa. Lentement, Lynda et lui atteignirent le petit chemin de terre sans encombre pour son plus grand soulagement et celui d'Aaron. Une vague d'espoir naquit en eux quand ils entendirent un train arriver. Ils suivirent les agents sur le pont et ils aperçurent la locomotive de tête qui venait dans leur direction. Tous cherchèrent comment rejoindre la voie ferrée, mais celle-ci paraissait difficilement accessible de là où ils se trouvaient.

Au moment où la locomotive passa sous le pont, Edward se mit à trembler en voyant un quad qui roulait à vive allure sur le chemin de terre. Il venait dans leur direction et ne laissait rien présager de bon car il avait reconnu la haute stature de Félix qui conduisait, derrière lui, Démétri était en train de dégager son arme.

« -Sautez ! Hurla Aaron.

-Quoi ? Balbutia-t-il avec Bella.

Sans leur donner plus d'explication, Aaron souleva Bella pour la faire passer par-dessus le parapet. Sa petite-amie se raccrocha à l'agent tout en poussant un cri de frayeur. Il allait voler au secours de sa compagne, mais Lynda le bloqua et lui demanda d'imiter Bella.

-Ce sont des chargements de sciures ! Sautez !

Edward baissa la tête pour voir les wagons ouverts qui transportaient effectivement des copeaux de bois qui amortiraient leurs chutes. Au moment où il allait enjamber le parapet, des coups de feu retentirent dans leur direction, Lynda posa une main sur sa tête pour l'obliger à se baisser. Il lui obéit, mais il voulut se redresser lorsqu'il entendit le cri de Bella. Lynda le retint de toutes ses forces pour qu'il reste accroupi pendant qu'Aaron répliquait avec son arme.

-Debout ! Cria soudain Aaron quand les coups de feu cessèrent. A ton tour, Edward !

La main de son mentor agrippa fermement son bras pour l'obliger à se relever, ses mains entourèrent ensuite sa taille pour l'aider à enjamber le parapet, mais soudain Aaron le tira en arrière.

-Merde !

-C'est pas vrai ! S'énerva Lynda qui avait suivi le regard de son mari.

Edward les imita et il vit que les wagons de sciures avaient été remplacés par des wagons normaux bien fermés et qui empêchaient tout saut. Le jeune homme lança un regard inquiet vers le chemin de terre. Le quad était renversé, une des balles d'Aaron avait atteint un pneu, envoyant les passagers valser contre la pente ardue qu'ils avaient dévalé. Leurs poursuivants étaient soit inconscient à cause de la chute, soit blessés, il espérait de tout cœur que c'était la deuxième option.

-Allez, viens, lui ordonna Aaron en prenant sa main et en courant vers l'autre extrémité du pont.

-On pourrait aller récupérer leurs armes ? Proposa Lynda.

-Non, c'est trop risqué ! Continue d'avancer !

-Où est Bella ?

-Je l'ai forcé à sauter, elle est dans un des wagons, elle est en sécurité, assura Aaron. »

Lynda hésita quelques secondes avant de se ranger à l'avis de son mari. Ils atteignirent l'orée protectrice de la forêt et plongèrent dans son ombre qui les dissimulait aux yeux de leurs poursuivants. Edward passa un bras autour de la taille de Lynda pour l'aider pendant qu'Aaron surveillait que personne ne les suive. Son mentor les rassura de quelques mots et passa lui aussi un bras autour de la taille de Lynda. Tout en courant, Edward ne cessait de penser à Bella, il était rassuré de savoir que la jeune fille était en sécurité et silencieusement il pria pour que personne ne se lance à sa poursuite.


L'agent David Green jeta un coup d'œil à sa montre tout en pestant contre l'homme qui venait de le mettre en attente : qu'est-ce que cet idiot n'avait pas compris qu'il était du FBI ou qu'il était pressé ? Tout en maudissant l'employé qui faisait du zèle, il se promit de régler son compte à ce Monsieur Thompson s'il se retrouvait face à lui ! Enfin, la musique énervante cessa et Monsieur Thompson lui expliqua que le Directeur était occupé.

« -Ca suffit ! S'énerva David. Je vous conseille de me passer immédiatement le Directeur de l'aéroport !

-Monsieur Lawsh est un homme occupé et…

-Que n'avez-vous pas compris à mes propos espèce d'abruti ! Je suis du FBI et je vous demande de bloquer le jet de Monsieur William Bentley, il ne doit pas décoller !

-Monsieur Bentley est l'un de nos plus respectables clients et vos propos calomnieux…

-Très bien, Monsieur Thompson, ne vous étonnez pas de voir débarquer nos agents de l'antenne de San Francisco et j'espère pour vous que le jet de Monsieur Bentley sera toujours dans son hangar, sinon, je me chargerais moi-même de votre cas ! Cria l'agent Green avant de raccrocher. Retenez-moi de faire un massacre, demanda-t-il à ses collègues.

-Je vous donnerai plutôt un coup de main, assura Chase.

-Accélère, il faut qu'on rejoigne San Francisco au plus vite ! Ordonna David. »

Après que le Docteur Cullen leur ait donné le nom des trois gourous, ils avaient lancé des recherches. En regroupant diverses informations, les agents du FBI avaient alors pris conscience de l'importance de la secte. Les gourous semblaient avoir dissimulés des camps plus ou moins secrets à travers le monde entier. Apparemment, seuls les gourous et les proches se déplaçaient d'un camp à un autre pour rencontrer les adeptes. Leurs déplacements étaient donc plus discrets qu'ils ne le pensaient et comme leurs moyens étaient importants ils devaient sûrement posséder leurs propres moyens de locomotion. C'est ainsi qu'ils avaient pris la direction de San Francisco où se trouvait le jet privé de Bentley. David croisa les doigts pour qu'ils y parviennent avant la secte, ils pourraient ainsi les appréhender et récupérer Aaron, Lynda, Edward et Bella, il pria pour qu'ils aillent tous bien.


Carlisle sortit de son lit bien décidé à quitter l'hôpital, il n'allait pas rester allongé dans son lit alors que son fils avait disparu ! Charlie était parti à la recherche de Bella et écumait les alentours de Forks et de Seattle avec l'aide des Quileute, persuadé qu'ils étaient toujours cachés dans le coin. L'infirmière lui avait ôté sa perfusion un peu plus tôt dans la matinée, il était donc libre de ses mouvements. Il fit quelques pas prudents tout en se tenant au lit et réussit à atteindre l'armoire où Esmé avait déposé un sac avec ses affaires. Carlisle se pencha pour l'attraper, une grimace de douleur déforma ses traits. Il tenta de soulever son sac mais n'y parvint pas. Il allait faire une nouvelle tentative quand il entendit quelqu'un se racler la gorge.

« -Puis-je savoir ce que tu fais ? Gronda Esmé.

-Je veux m'habiller !

-Carlisle…

-Non, j'ai été suffisamment patient, Esmé, je me suis recouché, j'ai passé la nuit au calme, maintenant, je veux partir à la recherche de notre fils !

Esmé soupira avant de le pousser doucement vers le lit pendant qu'elle attrapait le sac. Elle sortit des vêtements. Puis, elle revint vers lui et le força à s'asseoir sur le lit. Esmé s'agenouilla pour lui enfiler des chaussettes, puis, un boxer et un jogging suffisamment ample pour que l'élastique ne le fasse pas souffrir. Elle était en train de lui mettre le tee-shirt quand la porte s'ouvrit.

-Je vois que c'est pas la peine de vous donner des consignes ! S'exaspéra Chris.

-J'ai toujours dit clairement que je partirais à la recherche de mon fils.

-Voyager n'est pas prudent dans votre état, lui rappela le Docteur Matthews.

-Voyager ? Répéta Carlisle étonné.

-Oui, le FBI est parti pour San Francisco, l'informa Esmé, apparemment, ils auraient une piste.

-Alors, nous allons nous aussi à San Francisco ! Décida Carlisle.

-J'imagine que quoi que je dise cela ne changera rien ? Soupira Chris.

-Où est la décharge ? Demanda le blond.

-Prenez une voiture où vous serez confortablement installé, soyez prudent, ne roulez pas trop vite car il est hors de question que vous mettiez une ceinture de sécurité à cause des points.

-Nous y veillerons, assura Jasper qui venait d'apparaître sur le seuil de la porte, Emmett est allé faire le plein de la Mercedes et Rosalie celle du Hummer. Alice est allée préparer nos bagages.

-Merci, souffla Carlisle en lançant un regard empli de gratitude à son fils.

-Je vais aller vous chercher des médicaments à la pharmacie, annonça Chris, je vous ferais une ordonnance si jamais le voyage devait se prolonger. »

Carlisle le remercia d'un regard pendant qu'Esmé allait humidifier un gant dans la petite salle de bain pour le rafraîchir un peu. Pendant ce temps, Carlisle attrapa la décharge qu'il signa. Esmé passa le gant humide sur son visage et dans ses cheveux. Puis, une fois qu'Emmett fut arrivé, son fils s'approcha de lui pour le soutenir. Ils gagnèrent le parking, Chris sur leurs talons qui ne cessait de lui répéter ses conseils. Une fois installé dans la Mercedes, Jasper s'assit à ses côtés, derrière le volant, Esmé et Alice prirent place à l'arrière. Il ne leur fallut que quelques minutes pour quitter Seattle et s'élancer sur l'autoroute en direction de Seattle.

« -Accélère ! Ordonna-t-il à Jasper sachant que son fils restreignait volontairement sa vitesse.

-Mais…

-S'il-te-plaît. »

Jasper acquiesça et accéléra. La Mercedes fila à vive allure, le Hummer sur ses traces. Carlisle grimaça tout en bouclant la ceinture de sécurité, il glissa sa main sous le tissu noir pour soulager un peu la pression qui comprimait sa blessure.


Aaron soutenait du mieux qu'il le pouvait son épouse, Edward l'y aidait, mais il était clair qu'une femme qui entrait dans son septième mois de grossesse n'était pas en état pour crapahuter dans les bois ! Lynda ne disait rien, sa respiration était erratique et ses pas se faisaient de plus en plus hésitant, elle aurait déjà chuté une bonne dizaine de fois s'ils ne l'avaient pas tenu. Aaron ralentit alors leur course et décida de leur accorder une petite pause. Lynda ouvrit la bouche pour protester, mais, finalement, elle ne dit rien ce qui le conforta dans l'idée qu'elle souffrait. La panique l'envahit quand il imagina que le stress et les efforts physiques avaient peut-être déclenché le travail. Etait-ce possible ? Et si c'était le cas, comment pourrait-il l'aider, ici, en pleine forêt pendant que des forcenés les poursuivaient ?

« -Ca va aller, Aaron, le rassura Lynda, je suis juste essoufflée et ça tire un peu, mais ça va.

Il suivit la main de son épouse qui caressait son ventre en un geste rassurant. Un léger sourire se dessina sur son visage et elle s'empressa de s'emparer de la main d'Edward pour la poser sur celui-ci.

-C'est quoi ? Demanda le jeune homme surprit.

-Le bébé a décidé de faire une partie de foot, plaisanta son épouse.

Un sourire se dessina sur le visage d'Edward alors qu'il fixait avec attention le ventre de sa femme dans l'attente d'un nouveau mouvement. Lynda releva la tête et il la remercia d'un signe de tête, ce simple geste semblait avoir quelque peu réconforté Edward.

-Je vais aller faire un tour, restez tranquillement ici, je reviens dans 5 minutes. »

Aaron les observa une dernière fois avant de repartir sur leurs pas. Aussi silencieusement que possible, son arme à la main, il avança prudemment à travers les arbres pour voir si leurs poursuivants étaient sur leurs traces. Il ne marchait que depuis quelques minutes quand il entendit une branche d'arbre craquer sur sa gauche. Il s'accroupit, se dissimulant sous un buisson, pour voir deux hommes armés passer non loin de lui et se diriger vers Lynda et Edward. Il attendit quelques secondes avant de bouger à son tour, s'assurant ainsi qu'ils étaient bien seuls. Aaron aurait aimé avoir un moyen de les prévenir de ce qu'il s'apprêtait à faire, mais il n'en avait pas, tout ce qu'il pouvait faire s'était se rapprocher des deux hommes et attendre le moment opportun pour les éliminer sans qu'ils ne se fassent repérer. Un cri de protestation lui fit abandonner toute prudence, ils avaient trouvé Lynda et Edward plus vite qu'il ne le pensait ! Abandonnant toute prudence, il ôta la sécurité de son arme et tira deux coups, touchant les deux hommes en plein cœur qui tombèrent lourdement sur le sol.

« -Tout va bien, Edward, s'est terminé, assura son épouse au jeune homme qui tremblait contre elle.

-Riley ! Vince ! C'est vous qui venez de faire feu ? Répondez ! Ordonna une voix qui sortait d'un talkie-walkie. Riley ! Vince !

-Allez, debout ! Ordonna Aaron en aidant son épouse à se relever. Il faut partir avant qu'ils ne rappliquent ! »

Aaron se pencha sur les corps des deux hommes pour les dépouiller de leurs armes pendant que Lynda et Edward prenaient de l'avance dans leur fuite. L'agent du FBI pesta quand il ne trouva pas de téléphone dans leurs poches. Une fois sa fouille terminée, il tira les deux corps derrière des buissons espérant ainsi les dissimuler aux regards de leurs poursuivants et ainsi leur cacher la direction qu'ils avaient prise. Une fois qu'il eut terminé, il s'élança à la poursuite d'Edward et de Lynda.

Il les rattrapa au bout de plusieurs mètres et se dépêcha d'aider son protégé à soutenir son épouse. Quelques minutes plus tard, ils atteignirent une grande clairière qu'ils se dépêchèrent de traverser car elle les mettait à découvert. Ils s'arrêtèrent un court instant, Lynda avait besoin de reprendre son souffle quand ils entendirent des aboiements de chien. Leurs chances de fuite venaient considérablement de se réduire si ces détraqués avaient des chiens pisteurs ! Le regard d'Aaron navigua entre le visage crispé de son épouse et celui terrorisé d'Edward avant de se poser sur la clairière. En un éclair, il prit sa décision. Aaron attrapa le revolver qu'il avait coincé à sa ceinture et vérifia son chargeur avant de le tendre à sa femme qui l'observa avec inquiétude, avait-elle deviné ses intentions ? Sûrement.

« -Edward, écoute-moi bien, demanda Aaron qui fut rassuré de voir le jeune homme concentré, le Sud-Est est dans cette direction, je veux que tu poursuives vers là sans jamais te détourner et tu te n'arrêteras que pour quelques brèves pauses, compris ?

-Je… Je veux pas être seul.

-Je sais, mon grand, et tu ne seras pas seul parce que Lynda sera avec toi. Tu le suis et tu lui obéis, ordonna-t-il à son épouse.

-Ne crois pas que…

-Ne discute pas mes ordres ! On perd du temps là et ils ne sont vraiment pas loin. On ne peut pas continuer à ce rythme, tu ne tiendras pas le coup bien longtemps, lui rappela Aaron. Tu vas donc suivre Edward et je vous rejoindrais plus tard.

-C'est de la folie ! Murmura son épouse.

-Ca peut marcher, c'est endroit est vraiment parfait. Tout en étant dissimulé derrière ces rochers, je peux guetter leur arrivée, je serais à couvert et je ferais feu. Donc, Edward, je ne veux pas que tu te laisses perturber de ta mission par des coups de feu, d'accord ?

-Oui, acquiesça le jeune homme.

-Je te confie ma femme et mon bébé, je compte sur toi pour la surveiller.

Son protégé ne répondit pas, mais la lueur qui brûlait dans ses prunelles émeraude lui fit comprendre qu'il ferait tout pour mener Lynda à l'abri et ce malgré les supplications de cette dernière. Il s'approcha et serra Edward dans ses bras avant de faire de même avec son épouse.

-Ils ne doivent surtout pas le rattraper, murmura-t-il à son oreille, si c'était le cas, je crains le sort qu'ils lui réserveraient. »

Son épouse acquiesça tout en mordillant sa lèvre. Aaron lui fit un sourire et se pencha pour l'embrasser tendrement. Lynda, comme lui, savait qu'il s'agissait d'un adieu, mais il ne fallait surtout pas qu'Edward s'en rende compte, il devait pouvoir continuer à avancer. Aaron se pencha et déposa un baiser sur le ventre de sa compagne, puis, lorsqu'il se fut écarté, Edward passa un bras autour de la taille de Lynda et ils disparurent dans les bois. Il écouta leurs pas décroitre au fur et à mesure qu'ils s'éloignaient, il avait pris la bonne décision, il devait les mettre à l'abri. Rassuré de savoir qu'il existait maintenant un rempart entre ceux qu'il aimait et les adeptes, Aaron se positionna derrière les rochers, un AK-47 en main pendant que l'autre, appuyée à ses pieds, attendait d'être utilisée. L'agent du FBI se concentra, ils n'étaient pas loin. Effectivement, dix minutes s'étaient à peine écoulées lorsqu'il les vit entrer dans la clairière.


Edward courrait tant bien que mal en soutenant Lynda. Contrairement à ce que ses amis pensaient, il n'était pas dupe. Il savait qu'Aaron venait de prendre d'énormes risques pour leur permettre de s'enfuir, il n'était pas certain de revoir son mentor en vie. Le jeune homme était furieux contre sa propre lâcheté, il aurait dû se montrer courageux comme Aaron et refuser de les suivre dans leur fuite. S'il était resté au campement, peut-être que les gardes ne se seraient pas lancé à leur poursuite ? Les Maîtres auraient préféré s'enfuir pour le mettre le plus rapidement possible en lieu sûr. Il était perdu dans ses réflexions quand un gémissement attira son attention. Il se tourna vers Lynda qu'il trouva anormalement pâle !

« -Ca va ? Lui demanda-t-il en ralentissant la cadence.

-Oui, murmura la jeune femme dont une main se crispa sur son ventre.

-On va se reposer.

-Non, il faut continuer !

Lynda voulut reprendre leur démarche précipitée, mais il la retint. S'ils continuaient à ce rythme, elle ne tiendrait pas longtemps.

-Tout va bien se passer, assura Lynda.

Edward ne savait pas qui elle était en train d'essayer de rassurer, elle ou lui ? Les deux sûrement. Soudain, son amie s'arrêta et lui fit signe de ne pas faire de bruit. Edward lui obéit tout en étant à l'affût du moindre murmure.

-Tu entends ? On dirait une rivière ?

-Oui, acquiesça-t-il.

-Allons par là, nous tenterons de la traverser, l'eau dissimulera toute trace de notre odeur et les chiens perdront notre piste.

Ils changèrent donc de direction et partirent sur leur droite. Plus ils avançaient, plus le bruit de l'eau devint clair et Edward pria rapidement pour qu'il n'y ait pas trop de courant car sinon cela rendrait leur traversée impossible.

-On va y arriver, déclara Lynda avec ferveur, dis-toi que très bientôt tu retrouveras ta belle et que tu seras auprès de ta famille.

-Tu crois que Bella va bien ? Demanda-t-il inquiet.

-Oui, ne te fais pas de souci pour elle, avec un peu de chance, elle a déjà été secourue et à pu prévenir la police de notre position. »

Cette pensée réchauffa quelque peu Edward, tout ce qu'il souhaitait c'était que sa petite-amie soit en lieu sûr, loin des monstres qui l'avaient élevé. Le jeune homme était tellement soulagé par cette simple idée qu'il fut distrait un court instant. Son pied se posa dans un trou sans qu'il ne s'en rende compte, son genou craqua et une violente douleur traversa sa jambe droite. Edward chuta et entraîna Lynda avec lui. Au même instant, des coups de feu retentirent dans les bois auparavant calmes.


Aaron attendit qu'ils soient presque tous à découvert pour faire feu. Il réussit à toucher plusieurs adeptes avant que certains ne répliquent un peu à l'aveuglette ne sachant pas où le tireur se trouvait. Cependant, l'agent du FBI ne tarda pas à être démasqué, des balles ne tardèrent pas à venir s'écraser sur les rochers qui le protégeaient. N'ayant pas un stock de balles inépuisable, Aaron attendait d'être sûr de pouvoir toucher ses ennemis avant de tirer. Rapidement, sa première arme se retrouva vide. Il attrapa la seconde et avant qu'il n'ait pu tirer un mouvement sur sa droite attira son attention. Aaron pivota sur lui-même et fit feu. Des adeptes avaient contourné la clairière pour le prendre en tenaille, mais ces derniers se trouvaient maintenant au sol.

Tout à coup, une poigne ferme s'enroula autour de son cou, l'obligeant à se relever. Aaron se débattit, mais son agresseur le tenait fermement, ses pieds ne touchaient plus le sol. Un homme, Démétri lui semblait-il, se jeta sur lui pour lui arracher son arme avant de lui décrocher une droite qui combinée à l'étranglement de l'autre le sonna. Les bras qui le maintenaient prisonnier le relâchèrent et il s'écrasa à genoux sur le sol tout en cherchant désespérément un peu d'air. Il serra les dents quand un pied cogna violemment dans son ventre. Plusieurs coups partirent et il se recroquevilla sur lui-même pour tenter de se protéger.

« -Ca suffit ! Hurla une voix qu'il connaissait trop bien.

Aaron releva doucement la tête et croisa le regard onyx de son paternel, celui-ci s'agenouilla à ses côtés. Bentley l'observa quelques secondes avant de sortir un mouchoir propre de la poche de son pantalon pour essuyer son visage, il voulut s'éloigner, mais ses blessures l'en empêchèrent.

-Où sont-ils ? Demanda simplement William.

-J'en sais rien, se fit-il un plaisir de lui répondre.

-Où sont-ils ? Répéta une nouvelle fois son géniteur.

-Vas te faire voir !

-Allons, Aaron, je t'ai appris à être poli, à être un gentil garçon et c'est ainsi que tu remercies ton père ?

-Si j'étais libre de mes mouvements, je te jure que je te montrerai toute ma reconnaissance ! Cracha Aaron.

-Mon chéri, soupira William en caressant sa joue, j'essaye de me montrer gentil avec toi, mais il est vrai que tu as toujours préféré la manière forte ! Démétri, donne-moi ton couteau !

L'immense gorille qui l'avait à moitié étouffé puis rué de coups tendit à son père ce qu'il lui demandait.

-Je te le demande une dernière fois, Aaron, où sont-ils ?

-Vas au Diable !

Une lueur d'excitation brilla dans le regard de son géniteur, Aaron était certain que ce dernier avait espéré qu'il lui résiste pour pouvoir le blesser. La lame du couteau s'enfonça violemment dans sa cuisse et il serra les dents ainsi que ses poings pour retenir un cri de douleur.

-Alors, où sont-ils ? Murmura Bentley à son oreille.

-Tu devrais recommencer, j'ai rien senti ! Le provoqua-t-il.

William retira la lame, Aaron crut qu'il allait la replanter sur une autre partie de son corps, mais à son grand étonnement, il ne le fit pas. Un sourire carnassier se dessinait pourtant sur le visage de Bentley et Aaron comprit ce qu'il avait en tête quand il demanda aux gardes de s'éloigner un peu. La lame du couteau descendit le long de son torse avant de s'arrêter à sa ceinture pour glisser en-dessous, d'un geste sec, il la coupa. La douleur paralysait tout son être, pourtant, il réunit ses forces pour tenter de repousser son agresseur, mais ce dernier lui asséna un violent coup de poing au visage pour qu'il reste tranquille. A moitié inconscient, Aaron sentit pourtant la lame se poser sur le bouton de son pantalon qu'elle fit sauter, les mains de son géniteur se posèrent alors sur la fermeture éclair qu'il abaissa lentement.

-Non ! Protesta faiblement Aaron alors que ses vieux démons revenaient le hanter.

-Dis-moi où ils sont et je te laisserais tranquille, promit William.

Pendant un instant, il faillit accepter sa proposition, mais soudain il se rappela qui il protégeait. Edward, ce jeune homme qui lui ressemblait tant, Lynda, son épouse qui portait leur enfant, non, jamais il ne leur dirait où ils étaient !

-Très bien, s'énerva Bentley qui avait dû lire sa détermination dans son regard, alors, assume tes choix !

William se jeta sur lui. Aaron tenta de rouler sur le côté pour essayer de lui échapper, mais il ne put pas aller bien loin. Son géniteur leva son poing, sûrement pour le frapper pour qu'il reste tranquille, lorsque des paroles le percutèrent de pleins fouet.

-On a retrouvé leur piste ! Annonça l'un des gardes.

-Quel dommage, on dirait que je ne vais pas pouvoir m'occuper de toi, regretta Bentley. »

William l'attrapa violemment par les cheveux et l'obligea à se mettre à genoux. Aaron se sentit nauséeux, mais il fit son possible pour rester debout et digne. Il ferma brièvement les yeux quand il sentit le canon froid de l'arme contre sa tempe. Ils n'avaient plus besoin de lui puisqu'ils savaient quelle direction prendre et puis les gourous avaient dû donner des consignes. Il rouvrit les yeux et plongea son regard dans celui de son père. Il ne lui ferait pas le plaisir de détourner le regard, il affronterait la mort face à face. Soudain, un coup de feu retentit…


Lynda se releva maladroitement pour permettre à Edward d'en faire autant. Dans leur chute, elle était tombée sur le jeune homme qui avait amorti sa chute. La jeune femme se figea et posa ses mains sur son ventre quand elle entendit les coups de feu retentir. Si Aaron ne tenait pas, les adeptes n'allaient pas tarder à les rattraper ! Elle tendit alors une main vers Edward pour l'aider à se relever. Elle fronça les sourcils quand elle vit qu'il ne bougeait pas.

« -Attrape ma main ! On doit partir.

-Je… Je peux pas, murmura le jeune homme.

Lynda l'observa avec plus d'attention et remarqua alors la douleur qu'il tentait de dissimuler. Elle s'agenouilla tant bien que mal à cause de son ventre et palpa doucement la jambe du jeune homme qui se crispa. Doucement, elle remonta la manche de son pantalon, son genou ainsi que sa cheville avaient déjà doublé de volume !

-Ok, souffla-t-elle et en prenant un ton rassurant, tu vas t'appuyer sur moi et je vais t'aider à te lever.

Edward voulut protester, mais elle le fit taire. Elle prit un de ses bras qu'elle passa derrière ses épaules pendant qu'elle entourait sa taille. Lynda réussit à le relever tant bien que mal, mais une fois debout, elle se rendit compte que la douleur l'empêchait de poser le pied par terre.

-Allez, courage, l'encouragea-t-elle, une fois dans l'eau, on va se laisser porter par le courant pour s'éloigner d'ici, ainsi, tu n'auras pas à forcer sur ta jambe.

Edward serra les dents et fit quelques pas en s'appuyant sur elle. Une vive douleur traversa son échine et elle sentit la douleur se répandre dans son ventre pour terminer par ses jambes ce qui lui coupa le souffle.

-Lynda ? S'inquiéta Edward.

-Ca va aller, encore un petit effort, mon grand !

-Non, ça va pas, je suis trop lourd pour toi !

-Dis pas de sottises ! J'ai déjà coincé des gars 20 fois plus costaud que toi ! Plaisanta-t-elle alors que la douleur revenait.

Avant qu'elle n'ait pu faire quoi que ce soit, Edward ôta son bras de son épaule tout en repoussant la main de la jeune femme qui le soutenait. Lynda voulut le rattraper, mais elle ne fut pas assez rapide et Edward s'écrasa lourdement sur le sol en laissant échapper un gémissement de souffrance. Alors qu'elle esquissait un geste pour l'aider à se relever, Edward la repoussa.

-Vas-t-en ! Ordonna-t-il.

-Non !

-Pars ! Laisse-moi, ici ! Je vais te ralentir.

-Allez, Edward, fais pas ta tête de mule ! La rivière n'est pas loin ! On peut y arriver !

-Non ! Je suis trop lourd ! Et puis, tu arrives à peine à te porter ! Pars !

-Hors de question que je te laisse ! Déclara-t-elle en prenant de force son bras pour tenter de le mettre debout, mais Edward résista.

-Lynda ! L'interpella le jeune homme avec un calme qui la déconcerta. Toi et moi, nous savons que si je te suis, ils vont nous rattraper. Ils ne me feront rien, je suis l'Elu, mais toi… Je ne veux pas qu'ils te fassent du mal, ni à toi et encore moins au bébé. J'ai entendu Caïus et William parler de ton fils, ils le veulent et crois-moi il faut tout faire pour qu'ils ne tombent pas entre leurs mains !

Lynda aurait aimé le contredire, elle aurait aimé lui dire qu'il avait tort, mais elle ne le put car Edward avait raison.

-Ca va aller, la rassura le jeune homme alors qu'elle laissait échapper des larmes.

-Je suis désolée, pleura-t-elle.

-Ne le sois pas, c'est ma décision. Il faut que tu penses au bébé et à toi. Tu dois le faire ! Tu dois partir ! Fais-le pour moi et pour Aaron. Il voudrait savoir que vous allez bien ! Je t'en prie.

-Je t'aime, mon grand, je te promets que je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour te retrouver.

-Je le sais, murmura Edward en essuyant rapidement une larme qui lui avait échappé. Dis à Bella et à ma famille que je les aime.

-Tu le leurs diras toi-même quand tu les retrouveras, promets-moi de ne pas perdre espoir !

-Ils ont pris cette direction ! Hurla une voix qui les fit frémir.

-Pars ! Vite ! Supplia Edward. »

Lynda ravala ses sanglots et se pencha pour embrasser tendrement le front du jeune homme qui essaya de la rassurer dans un sourire. Le cœur lourd, les yeux aveuglés par ses larmes, elle reprit sa course vers la rivière. Elle ignorait d'où lui venait ce sentiment, le sentiment qu'elle ne reverrait plus le jeune homme. Alors qu'elle atteignait enfin le bord de la rivière, elle se rappela qu'Edward n'avait pas répondu à sa promesse. Un léger cri de désespoir franchit ses lèvres quand elle réalisa qu'il n'avait plus d'espoir. Dis à Bella et à ma famille que je les aime. Ces quelques mots la frappèrent soudain, cela ressemblait tellement à un adieu… Lynda se retourna, elle devait le rejoindre ! Alors qu'elle esquissait un pas vers la forêt, une violente douleur saisit son ventre. Ses mains se posèrent sur ce dernier alors qu'elle tentait de reprendre une respiration régulière. Elle voulait sauver Edward, elle le voulait plus que tout, mais son instinct de mère prit le dessus. Ecœurée par sa fuite, elle entra pourtant dans l'eau et nagea tant bien que mal vers l'autre rive.

Une fois sa traversée achevée, elle se hissa péniblement sur l'autre rive. Toujours à moitié avachie sur le sol, elle prit soin de masquer toute trace de son passage avant que la bile ne la prenne et qu'elle ne vomisse. Qu'avait-elle fait ? Elle était un monstre ! Jamais elle n'aurait dû abandonner Edward ! Tout en se reprochant sa lâcheté, elle se remit péniblement debout. Elle devait avancer ! Elle devait trouver de l'aide, oui, elle devait avancer pour pouvoir envoyer des secours à Edward et aussi à Aaron. Une nouvelle vague de chagrin l'envahit quand elle réalisa que si leurs poursuivants les avait rejoints c'était parce qu'Aaron avait échoué. Ses mains s'accrochèrent à un arbre car ses jambes ne la portaient plus, elle venait de réaliser que son mari n'était peut-être plus de ce monde.


Bella ouvrit péniblement les yeux. Elle se demanda pendant un instant où elle se trouvait, elle souleva ses mains pour voir glisser entre ses doigts des copeaux de bois. Aussitôt, les images de leur fuite revinrent à l'esprit de la jeune fille. Elle se redressa, tituba avant de retomber sur ses fesses, elle avait dû quelque peu s'assommer quand Aaron l'avait poussé pour qu'elle saute du pont et évite en même temps la pluie de balles qui s'étaient abattues sur eux. Alors qu'elle refaisait une tentative pour se relever, elle remarqua qu'elle était seule et que le train avait cessé de rouler. Prudemment, elle s'approcha du bord du wagon pour regarder autour d'elle et peut-être trouver Edward, Lynda et Aaron. Bella regarda les wagons qui étaient accrochés derrière le sien, une vague de désespoir l'envahit quand elle vit qu'ils n'avaient pas pu sauter sur les suivants car sinon ils auraient sûrement glissé sur la voie et se seraient tués.

Rassemblant toutes ses forces, elle se hissa par-dessus le wagon. Elle se retrouva à cheval sur la tôle et elle vit à cet instant que le train était arrêté dans une gare. Prudemment, elle descendit de son perchoir. Il ne fallait surtout pas qu'elle se blesse, elle devait à tout prix envoyer des secours à son amour et à leurs amis ! Elle soupira de soulagement lorsque ses pieds touchèrent enfin le sol. Bella se dépêcha de rejoindre la gare qui était pratiquement déserte. La jeune fille se dirigea vers un guichet où se trouvait un homme qui l'observa en fronçant les sourcils.

« -Bonjour, Mademoiselle, tout va bien ?

-Non, répondit-elle en retenant difficilement un sanglot, pourriez-vous… pourriez-vous m'indiquer où se trouve le poste de police, s'il-vous-plaît ?

-Vous êtes blessée ? S'inquiéta le guichetier en sortant de derrière le comptoir. Venez, asseyez-vous. Paige ! Va me chercher un verre d'eau et toi Antonio va chercher le Chef Prescott !

Bella aperçut un jeune homme courir vers l'extérieur de la gare et une jeune fille de son âge s'approcha d'elle pour lui tendre un verre d'eau.

-Merci, murmura-t-elle.

-Paige, peux-tu aller chercher une couverture s'il-te-plaît ?

-Oui, papa.

-Allez, jeune demoiselle, tout va bien, vous êtes en sécurité, la rassura-t-il. Comment vous appelez-vous ?

-Isabella Swan, mais je préfère Bella.

-Alors, Bella, moi, c'est Ernest. Mon fils est parti chercher le Chef Prescott, je me trompe où tu n'es pas du coin ?

-Non, il faut… Est-ce que je pourrais utiliser votre téléphone s'il-vous-plaît ?

-Qu'est-ce qui se passe ? Demanda un homme en uniforme qui entra accompagné d'Antonio. Fais vite, j'attends des gars du FBI !

-Le FBI ? S'écria Bella qui sentit l'espoir étreindre tout son être. Où sont-ils ? Ils sont arrivés !

-Je ne vois pas en quoi ça vous regarde, Mademoiselle ! Gronda le shérif. Et puis, qui êtes-vous ?

-Chef ! Ils sont là ! Cria l'adjoint depuis le seuil de la gare.

-Je reviens, dit seulement le Chef Prescott avant de sortir.

Bella se leva et remercia le guichetier ainsi que ses enfants avant d'emboîter le pas aux policiers. Une fois à l'extérieur, elle ne put retenir un sourire en voyant les Chevrolet Tahoe si caractéristiques du FBI. Elle courut vers les véhicules sombres, priant pour que ce soient les agents qu'elle connaissait, eux au moins régiraient de suite ! Son cœur bondit dans sa poitrine quand elle vit l'agent Green descendre d'un véhicule et serrer la main du Chef Prescott.

-David ! Cria-t-elle.

L'agent se tourna vers elle, la stupéfaction se dessina sur son visage alors qu'elle se jetait à son cou. Il la serra fermement dans ses bras et caressa ses cheveux tout en lui demandant de se calmer.

-Bella, tout va bien, Bella. Je t'en prie, reprends-toi et parle-moi, que fais-tu ici ?

-On… On s'est échappé… On était sur un pont et… et Aaron m'a jeté par-dessus… et …

-Quoi ? S'étonna Chase.

-Bella, calme-toi, je ne comprends rien à ce que tu me racontes. Vous vous êtes enfuis c'est ça ?

-Oui.

-Qui était avec toi ? Lui demanda Ryan.

-Aaron, Lynda et Edward.

-Très bien, où sont-ils ?

-On a couru pendant un moment… On était sur un pont au-dessus d'une voie ferroviaire quand… quand un train est passé… il transportait de la sciure et… ils sont arrivés… Deux adeptes nous avaient retrouvé, ils nous ont tiré dessus et Aaron m'a poussé pour me mettre à l'abri. Je pense… Je pense pas qu'ils aient pu me suivre…

-Ryan, appelle les renforts, il faut qu'on aille leur porter secours ! Chef Prescott, l'agent Moore va vous expliquer la situation, réunissez tous vos hommes ! Bella viens avec moi, tu vas tout me raconter. On va aussi appeler ton père pour le rassurer.

-Non pas que je ne sois pas heureuse de vous voir, mais que faites-vous dans cette petite ville ? Demanda Bella.

-On s'est arrêté pour faire le plein et Carla devait nous envoyer des documents confidentiels par l'entremise du Chef Prescott, on avait besoin d'un lieu sécurisé pour les recevoir. »

Tout en lui parlant, l'agent Green la guida vers un café où il lui commanda une boisson chaude. La jeune fille n'avait pas soif, tout ce qu'elle voulait, c'était partir à la recherche de son amour ! David lui assura qu'ils faisaient tout leur possible, mais qu'ils ne pouvaient pas se lancer à l'aveuglette au risque de blesser leurs amis.

En moins d'une demi-heure, les hommes étaient prêts à se lancer à la recherche des disparus. Bella voulait se joindre à eux, mais David refusa. Il allait la confier à Ryan, mais ce dernier souhaitait se joindre aux recherches. Au moment où David allait faire preuve d'autorité, une Mercedes suivit d'un immense Hummer se garèrent devant la station service. Bella reconnut aussitôt les véhicules et se précipita vers la famille Cullen. Esmé la prit dans ses bras, en larmes. David monta dans un véhicule tout terrain et lui demanda de tenir les Cullen au courant, la seconde suivante, les véhicules s'enfonçaient dans les bois à vive allure pendant qu'un hélicoptère décolla pour survoler l'immense forêt.


Edward fut soulagé de voir Lynda partir. Il avait peur, mais il avait pris la meilleure décision, il ne voulait pas que le bébé qui deviendrait un petit garçon vive le même calvaire que lui ! C'était hors de question ! Son souffle se bloqua dans sa poitrine quand il entendit les aboiements du chien et des pas se rapprocher. Edward serra les dents et se releva difficilement. Il prit appui sur les nombreux arbres pour prendre une direction différente de celle de Lynda, il devait faire tout ce qui lui était possible pour les éloigner d'elle et laisser une chance à son amie de s'enfuir. Edward réussit à atteindre péniblement une petite corniche qui surplombait la rivière. Le jeune homme tomba sans réussir à étouffer un cri de douleur qui avait sûrement dû attirer l'attention des adeptes. Son regard se posa alors sur la berge qui se trouvait plusieurs mètres plus bas, il aperçut Lynda se hisser avant de disparaître dans la forêt. Il soupira de soulagement, elle était en sécurité.

« -On l'a trouvé !

Edward sursauta en entendant une voix à quelques pas de lui, lentement, il se retourna pour croiser le regard de Démétri. Ce dernier se tourna vers la forêt d'où ne tardèrent pas à surgir William et Félix.

-Enfin, mon cher Anthony, nous te retrouvons ! Tu sais que tu nous as fait très peur ? Lui reprocha doucement Bentley. »

Edward serra les dents et se redressa autant qu'il le put. Sa blessure le faisait souffrir, mais sa décision était prise. Il ne laisserait plus personne lui faire du mal, c'était fini ! Edward recula d'un pas. Ses yeux se perdirent dans le vague alors qu'il repensait à ces derniers mois, il avait connu tant de bonheur en si peu de temps qu'il ne pouvait que remercier le Ciel de lui avoir fait connaître autant de joie. Il avait été aimé par ses parents, par ses frères, par ses sœurs et par Bella. Bella… Peut-être un jour se retrouveraient-ils ? Peut-être un jour lui pardonnerait-elle ces jours d'horreurs ? Pour sa part, il ne voulait conserver que des souvenirs heureux. La voix de William résonna, mais elle lui parut lointaine, étouffée, elle était aussi un peu inquiète, sûrement parce qu'il avait deviné son geste. Les larmes coulaient librement sur ses joues quand il recula encore d'un pas, son pied rencontra le vide… Lentement, son corps bascula en arrière. Un sourire se dessina sur son visage alors qu'il revoyait le visage doux et rassurant de son père, celui aimant de sa mère, celui rieur d'Emmett, celui parfait de Rosalie, celui calme de Jasper, celui joyeux d'Alice. Il les aimait, il les aimait tellement… Son corps entra violemment dans l'eau, cette dernière l'étreignit brutalement, l'attirant vers les fonds rocailleux. Il s'imagina à l'abri dans des bras réconfortants et aimants, Bella l'étreignait tout en lui murmurant son amour. Sa tête heurta une des roches peuplant le lit de la rivière. L'obscurité l'envahit chassant la douleur qui étreignait son être.