Hello les courageux (ses) ! Désolée pour ce retard d'une semaine, j'ai traversé un passage à vide côté moral couplé d'une grippe pendant la période d'écriture donc je n'étais clairement pas prête pour poster ce chapitre la semaine dernière ! Vous le méritiez tellement pourtant ! Vous m'avez fait halluciner avec tous vos retours ! Vous êtes géniaux vraiment ! Ça m'a beaucoup aidé de vous lire et de voir que vous êtes très nombreux à lire l'Héritage encore !

Je fais un remerciement général pour les personnes ayant laissé un commentaire sous le pseudo "guest" car j'ai peur que ce soit très répétitif pour ceux qui lisent la description ! N'hésitez pas à modifier le pseudo si vous voulez un petit échange personnalisé ce sera avec plaisir ! :) Un grand merci à vous tous ! :D

FAURE : Merci pour ton retour ! Mais si il y a toujours quelque chose à dire, la preuve tu viens de me dire que la fin du 34 était frustrante haha ! J'ai besoin de ces infos pour avancer, ça me permet d'ajuster parfaitement (je l'espère) les prochains chapitres :D Au plaisir de te relire !

Morgane : Merci pour ton retour et ta fidélité ! Haha tu m'as fait rire à gronder les autres :') Et oui Lexa ne va pas être contente et pour ce qui est de sa relation vis-à-vis d'Aden, elle a été touchée plus qu'elle ne l'aurait voulu lors de leur première conversation... La famille parfois on peut rien y faire c'est plus fort que tout :)

Marine : Merci pour ton retour ! Il compte beaucoup pour moi ! Au plaisir de te relire !

Kalimero : Hey ! Merci pour ton retour ! Bienvenue sur l'Héritage alors ! Au plaisir de te relire et oui clexa forever :P

Manoukette : Merci pour ton retour ! Haha tu me tues avec tes commentaires ! Et oui Quint n'a pas encore fini de sévir héhé mais il aura ce qu'il mérite un jour ou l'autre... :P Ah oui tu n'aimes pas Aden et Ontari ? Si tu as eu de la compassion pour eux tu risques de ne pas être déçu avec la partie 3 haha... (oui je suis monstrueuse :D) Raven va s'approcher du trampoline pour rebondir oui grâce à Shaw même si ça ne va pas plaire aux fans du Octaven :D Encore désolée pour le retard d'une semaine :S

Caro59 : Merci pour ton retour ! Et oui notre Lexa légendaire apprend de ses erreurs mais avec Clarke c'est pas toujours ça surtout lorsqu'elles ont deux opinions différentes... C'était peut être plus facile de communiquer pour elles lorsque Lexa n'avait rien pour s'occuper à côté car elle n'avait pas trop le choix... :P Là elle a profité de se noyer dans le travail pour échapper à plein de problèmes du quotidien héhé sacré Dona !

Clara : Merci pour ton retour ! Haha oui j'imagine bien vous voir tous rager que Quint soit en vie :P Tu ne seras pas déçue pour plus de moments avec Raven et Clarke dans ce chapitre ! Ah non Lexa n'est pas très contente mais elle va prendre son mal en patience... Haha c'est bien que tu la défendes, en général tout le monde engueule Lexa haha ! Au plaisir de te relire !

zaycha : Merci pour ton retour ! Je suis heureuse de lire ton commentaire, ça fait vraiment plaisir de savoir que j'arrive à te faire t'évader ! Au plaisir de te relire ! :)

Un dernier merci à mes chers relecteurs doubi et MagRd qui sont toujours au top ! Bonne lecture à vous tous !


Chapitre 36 : Les adieux (Partie 2)


Clarke et Raven étaient arrivées en début d'après-midi à Rome et avaient pris une chambre dans un hôtel de luxe. Elles avaient passé un très bon après-midi ainsi qu'une agréable soirée à se faire promener par leurs deux gardes du corps au gré de leurs demandes. Clarke avait utilisé sciemment et sans remord la carte bancaire illimitée que lui avait fait faire sa compagne il y a plusieurs mois de cela ce qui avait fait apparaître un sourire provocateur impossible à effacer : elle était vraiment en colère contre Lexa cette fois. Elle connaissait par cœur la brune mais depuis le temps qu'elles étaient ensemble, l'héritière aurait dû savoir qu'elle avait une nouvelle fois, trop tiré sur la corde car la médecin n'était pas si difficile au niveau de leur couple. Tout ce qu'elle demandait c'était de passer un peu de temps ensemble ce qui n'avait pas été le cas depuis beaucoup trop longtemps. Elle était bien décidée à lui donner une bonne leçon et lui prouver qu'elle était toujours cette intrépide jeune femme qu'elle avait rencontrée à l'hôpital dans la chambre de Becca Giordano.

C'est le portable de la médecin qui les tira de leur sommeil car ce dernier vibrait pour la énième fois sur la table de chevet près du lit simple qu'elle occupait.

- Les ennuis commencent pour toi Chaperon... Bella a pas l'air contente du tout... Soupira la mécanicienne entre ses draps depuis son propre lit.

- Je n'entends rien personnellement... Répondit Clarke en s'étirant bruyamment.

- Elle doit être furieuse que tu ne lui répondes pas... Commenta la brune.

- Hm ça me fait une belle jambe... Elle n'a qu'à venir me chercher si elle est si en colère que ça... Je l'attends de pied ferme.

Raven lâcha un léger rire ce qui ne manqua pas de faire sourire la médecin. Revoir des sourires et entendre de nouveau les rires de la mécanicienne lui faisait chaud au cœur. Lexa pouvait bien attendre... Si elle ne voulait pas s'occuper de son amie, elle le ferait.


- Clarke... Soupira l'héritière fortement agacée. Je sais que tu vois mes appels, tu pourrais au moins me répondre quelques minutes... Je comprends que tu sois en colère mais tu dois rester prudente tu le sais... Reste bien avec tes gardes du corps... Bref... Rappelle-moi. Je t'aime.

L'héritière coupa la communication avant d'expirer de frustration. Elle s'était retenue de hurler pour ne pas braquer la blonde mais maintenant que Clarke ne pouvait plus l'entendre, elle se déchaîna en frappant brutalement dans le siège devant elle. Elle avait demandé à Camilio de la laisser seule dans la voiture quelques minutes le temps de passer un appel. Elle hurla et frappa jusqu'à être soulagée avant de réajuster sa chemise et vérifier que ses cheveux étaient parfaitement coiffés en une queue de cheval puis elle sortit du véhicule.

Son appel à la directrice n'avait rien changé : Aden ne retournerait pas en quartier protégé. Elle avait aussi appelé la juge Giula mais elle n'avait rien pu faire non plus. L'ordre de transfert venait de bien plus haut et elle se demandait par quel moyen miraculeux Nia Barzetti avait réussi ce coup de maître. Les alliés des Barzetti étaient mal en point depuis son élection et avaient fui en partie la Sicile car ils étaient traqués et tués par les familles à la botte de la Donati.

- Tout est en ordre Madame Donati, indiqua le garde du corps et chauffeur.

- Bien, allons-y.


Aden était dans les douches communes et ne cessait d'observer les autres détenus d'un œil suspicieux. Son compagnon de cellule le rejoignit, se glissant dans la douche près de lui. Un simple demi-muret les séparait et cachait en partie leur nudité.

- Ne sois pas aussi alerte gamin... Grogna ce dernier.

- Quoi ? Interrogea Aden, incertain de ce que voulait lui faire comprendre le vieux mafieux.

- On dirait un faon effrayé face à une meute de loups... Sois plus intelligent.

- Ouais... Je sais... c'est juste que j'ai l'impression d'être l'ennemi public numéro un...

- C'est le cas, confirma Giovanni.

- Alors pourquoi je ne devrais pas être sur mes gardes ? Je te signale que j'ai une putain de jambe handicapée... Je pourrai même pas courir si jamais on m'attaquait.

- Si tu ne peux pas courir alors apprends à frapper gamin...

- Un contre tous je ferais pas le poids...

Un grognement échappa au vieux Romano qui secoua la tête :

- Quelle négativité... Je comprends de mieux en mieux pourquoi Titus disait que tu ne serais jamais prêt...

- J'imagine qu'il est jamais trop tard pour apprendre... Souffla le blond, espérant que le mafieux le prendrait sous son aile.

- Hm... Fais attention en t'essuyant avec ta serviette, faudrait pas te couper la queue...

Aden arqua un sourcil avant de comprendre que Giovanni avait dû glisser de quoi se défendre dans sa serviette. Il coupa l'eau et attrapa celle-ci, prenant garde à ne pas se couper avec la lame de rasoir scotché à un manche de brosse à dents. Il enroula sa serviette autour de ses hanches et cacha l'arme dans la trousse de toilette qu'on lui avait donnée à son arrivée.

- Donati ! Appela un gardien ce qui le fit se figer.

Il se tourna vers son compagnon de cellule, suspicieux de s'être fait possiblement piéger. S'il se faisait fouiller...

- T'as une visite, magne ton cul !

Ses épaules s'affaissèrent de soulagement et il se dépêcha de claudiquer jusqu'aux vestiaires afin de s'habiller. Il passa prestement ses vêtements de détenu, cacha son arme dans la manche droite avant de suivre le gardien qui salua un collègue à lui qui emmenait un autre détenu. Les yeux du blond s'écarquillèrent de frayeur en reconnaissant l'homme au crâne rasé qui afficha un petit sourire satisfait.

- Avance ! Aboya le gardien qui escortait Quint.

Les lèvres de l'homme de main de Nia se joignirent pour mimer un baiser silencieux adressé au Donati. Il l'ignora en tentant de masquer sa peur de se retrouver prochainement face à ce sociopathe assassin et se dépêcha de suivre le gardien qui le menait à la salle des visites.


Les visages s'étaient tournés à l'arrivée de l'héritière Donati dans la salle des visites. Du fait du transfert d'Aden, les visites ne se faisaient plus à travers une vitre mais bien en face à face. Lexa avait le visage soucieux mais ce dernier se teinta de soulagement lorsqu'elle vit arriver son frère. Aden s'installa à la place qui lui était réservée et tendit rapidement une main pour toucher celle de sa sœur. Un geste qu'il n'avait pas du tout contrôlé. Il n'avait touché personne depuis son incarcération aussi la sensation de sentir une autre peau que la sienne lui confirma qu'il n'était pas dans un cauchemar mais bien dans la vie réelle. Il ferma les yeux quelques secondes comme pour profiter silencieusement de cette légère étreinte.

Lexa avait été surprise du geste du blond mais elle se rappela soudainement qu'avant leur dispute, Aden était un adolescent innocent et très affectueux. Elle eut l'espace d'un instant l'impression de revoir cet adolescent perdu à qui elle préparait des repas certains soirs de la semaine. Ses yeux s'humidifièrent légèrement et elle répondit d'une petite pression contre la main du Donati.

- Aucun contact ! Aboya un gardien en s'approchant d'eux.

Leurs mains se séparèrent rapidement à la reprise sèche. La brune déglutit difficilement, elle avait comme une boule à l'estomac à présent. Elle avait totalement échoué avec son frère et le voir dans cette position, plein de détresse lui brisait le cœur. Elle avait l'impression d'être à la veille de son exécution.

- Je suis désolée Aden... je n'ai rien pu faire... La directrice n'a rien voulu entendre et malgré mes contacts, impossible de te faire de nouveau transférer dans le quartier protégé...

- C'est pas grave Lexa... Ne t'en fais pas... Ca va aller, je suis pas trop mal tombé...

- Vraiment ?

- Oui... Je suis dans la cellule de Giovanni Romano...

- Romano... Tu parles du Ressuscité ?

- Exactement... il me protège... enfin je crois.

- J'ignorais qu'il était encore en vie...

- Il ne porte pas son surnom pour rien, sourit le blond malgré la fatigue.

- Oui... Aden... Il faut que tu te rapproches de Sébastian et de ses hommes. Ils travaillaient pour moi et j'ai confiance en eux. Ils te protègeront.

- Ok je vais me rapprocher de Sébastian mais je ne l'ai pas croisé encore...

- Il faut que tu sois prudent...

- La prudence ne suffira pas Lexa tu le sais bien... Quint est là... Je l'ai croisé dans les douches et son regard voulait tout dire.

La mâchoire de Lexa se serra d'impuissance.

- Lex' ne t'inquiète pas pour moi d'accord ? Mets toute ton énergie dans la recherche d'Ontari s'il te plaît... Il faut que tu l'aides ou sa mère s'en servira comme elle s'est servie de Roan et moi. Elle veut l'enfant car il a mon sang... Elle pourra forcer la main aux Familles si elle a un héritier Donati...

- Tu as vraiment confiance en cette Ontari ?...

- Oui Lexa. C'est une fille avec des principes et elle a très bien cerné le profil de sa mère. Elle s'est laissée berner au début mais depuis notre mariage elle a toujours été honnête avec moi. Elle ne fait pas confiance à Nia et a toujours tout fait pour que je n'ai pas confiance non plus. Elle a eu des moments de doutes comme tout le monde... mais comment l'en blâmer ? J'en ai moi aussi eu...

- Très bien... Je vais me rapprocher de Gustus et Anya...

- LES VISITES SONT TERMINEES ! Cria un gardien ce qui fit lâcher quelques cris frustrés.

- Quoi ? S'indigna Lexa en tournant la tête vers le décisionnaire.

Cela ne faisait qu'à peine cinq minutes qu'ils discutaient. Aden avait mis longtemps à arriver mais tout de même... N'y avait-il pas manipulation derrière cette décision de réduire le temps de visite ?

- Ma femme a fait cent trente kilomètres pour venir me voir ! Alors je resterai là jusqu'à midi comme d'habitude ! S'énerva un prisonnier ce qui encouragea les autres à manifester leur mécontentement à leur tour.

- La ferme ! Ou je vous boucle tous dans votre cellule pour la journée ! Répondit le gardien, accompagné par d'autres collègues, prêts à dégainer les matraques pour distribuer quelques coups.

Lexa et Aden se levèrent en même temps, firent le tour de la table et se fixèrent en silence jusqu'à ce que l'héritière n'y tienne plus : elle effaça la maigre distance entre eux et alla étreindre son frère qui malgré la surprise lui rendit son étreinte. Les larmes se mirent à couler des yeux verts des deux héritiers tandis que leurs fronts étaient à présents collés l'un contre l'autre.

- Pas de contact ! S'agaça un gardien mais il fut ignoré.

- Fais attention à toi Aden d'accord ? Je reviens te voir dès que possible... J'ai mis de l'argent sur ton compte... c'est tout ce que je peux faire pour le moment pour t'aider...

- Merci... Prends soin de toi Lexa... Passe le bonjour de ma part à Clarke...

- Je n'y manquerai pas dès que cette tête brûlée sera revenue de Rome... Rit légèrement la brune.

- Tu l'as voulu, maintenant il faut l'assumer... Tu n'avais qu'à me la laisser quand je la voulais... Plaisanta le blond à son tour.

- Pour rien au monde je ne te l'aurai laissée, sourit Lexa, soulagée que le blond ne lui tienne plus rancœur vis-à-vis de cette rivalité amoureuse.

Aden s'enivra du parfum de sa sœur avant de chuchoter :

- La famille avant tout... N'oublie jamais...

- Pas de contacte bordel ! Rappela de nouveau le gardien en s'approchant du frère et de la sœur.

- C'est bon désolé, c'est moi... S'excusa le blond en s'écartant avant de lever les bras en signe d'excuse.

- Refais-moi un coup comma ça Donati et je m'arrange pour te faire sauter tes droits aux visites.

- J'aimerai bien voir ça, lança froidement la brune, le regard assassin.

Le gardien allait répondre mais le blond enchaîna :

- Bon on y retourne ? C'est que j'ai de la lecture qui m'attend moi...

- Tss... Allez avance.

Les deux héritiers échangèrent un rapide regard avant d'être séparés à nouveau. Elle regarda son demi-frère s'éloigner d'elle et se mettre derrière une file de prisonniers. Lexa n'y tint plus et appela une dernière fois son frère malgré le brouhaha de mécontentement des prisonniers :

- Aden !

Aden s'arrêta tandis que le gardien exerçait une pression plus forte sur son bras pour l'obliger à avancer. Il tourna la tête et un sourire serein se dessina sur ses lèvres lorsqu'il lut sur celles de sa sœur une phrase qui fut avalée par les cris colériques. Une phrase qui le toucha plus que tout : "Je te pardonne petit frère".


- Hmm ça m'a l'air d'être ici ! Sourit Clarke en poussant le fauteuil de Raven devant deux grandes portes hautes en fer qui fermaient l'entrée d'un bâtiment.

- J'ai pas l'impression... Qu'est-ce que tu dirais d'aller manger un truc plutôt... Répondit la mécanicienne, soudain moins à l'aise à l'idée de se faire examiner par cet ingénieur.

Clarke l'ignora et chercha via l'interphone le nom de Miles Shaw. Elle trouva rapidement et sonna. La réponse fut quasiment immédiate :

- Bonjour vous êtes bien au cabinet d'ingénierie & orthoprothésiste de Miles Shaw, que puis-je pour vous ?

- Bonjour Madame, je suis le Docteur Clarke Griffin et j'aimerai consulter Mr Shaw au sujet d'une prothèse de jambe pour une de mes patientes.

- Mr Shaw ne prend plus de rendez-vous pour les deux prochaines années, puis-je vous proposer une date de rendez-vous tout de même ?

- Quoi ! Deux ans ! C'est une blague ! S'indigna Clarke.

- Laisse tomber Clarke... Souffla Raven.

- Non ! Ouvrez-nous ! Ça ne prendra pas longtemps !

- Si vous n'avez pas de rendez-vous, il m'est impossible de vous ouvrir, se buta leur interlocutrice.

- Bordel !

- Clarke c'est bon je m'en fous... Viens on va manger et faire les boutiques...

La blonde pesta et s'écarta de la porte avant d'observer les alentours et de remarquer la présence d'une pizzeria. Elle attrapa le fauteuil roulant de son amie et elles partirent faire un tour du quartier jusqu'à l'heure du midi. Lorsqu'il fut l'heure de déjeuner, elle alla acheter deux pizzas avant de les tendre à Ilian qui la regarda sans comprendre.

- Vous allez sonner et dire que vous êtes le livreur de pizza pour Miles Shaw.

- En costard ?

- Enlevez votre veste et ça ira... J'espère.

- T'es butée... Rit Raven.

- Tu n'imagines même pas...

Ilian s'exécuta bien que l'idée ne lui plaisait pas et conversa quelques secondes avec l'interlocutrice de tout à l'heure. La porte fut déverrouillée et cela laissa le temps au trio d'entrer dans une petite cour privée. Elles cherchèrent le cabinet tant recherché et finirent par lire sur une plaque.

"Cabinet d'ingénierie & orthoprothésiste de Miles Shaw 4ème étage"

Elles entrèrent à l'intérieur du bâtiment grâce à Ilian qui avait retenu le code de la porte. Elles émirent une plainte en remarquant que l'ascenseur était en panne. Clarke adressa un regard désolé à Raven mais la brune dit :

- On va dire que c'est un test pour voir si on est vraiment motivé...

- Ou alors juste le mauvais jour pour venir voir ce Shaw, surenchérit leur garde du corps.

Son commentaire lui valu une tape de la part de Clarke qui tendit la main à la mécanicienne.

- On y va ?

- Ouais... Répondit la brune sans bouger un pouce de son fauteuil roulant.

- Allez c'est parti pour les quatre étages de la mort ! Sourit la médecin.

- Je peux te porter Raven si tu veux, proposa Ilian.

La mécanicienne fit mine de réfléchir avant de secouer la tête et d'attraper la main de son amie.

- Non, on va voir si mes heures de rééducation vont se révéler efficace aujourd'hui, ça va aller Ilian. Par contre garde les pizzas car je pense que je vais vraiment avoir la dalle une fois en haut...

- C'est noté, sourit le garde du corps, impressionné par la combativité de la jeune femme.

- Ça c'est la Raven Reyes qu'on aime ! S'enjoua Clarke.


Lexa expira une fois à l'extérieur de la prison. Elle jeta un œil à son téléphone dans l'espoir que Clarke l'ait rappelée entre temps car elle avait dû laisser son téléphone à l'accueil ainsi que d'autres petites affaires afin d'éviter l'échange d'objets entre visiteurs et prisonniers. Elle claqua sa langue d'agacement : sa jolie blonde semblait bien décidée à faire la sourde oreille. Son regard fut attiré par un mail qui venait d'arriver :

"Bonjour Lexa, j'ai vu que ça n'allait pas très fort ces derniers temps... Veux-tu que l'on déjeune ensemble ce midi ? Promis, nous ne parlerons pas travail pour une fois...!" Gaïa Salomon - Adjointe au maire de Syracuse

La brune prit le temps de réfléchir avant d'écrire sa réponse, niveau timing cela allait être compliqué et elle avait encore pas mal de choses de prévues. Elle monta dans son SUV par automatisme et indiqua à son nouveau chauffeur de l'emmener au casino de Gustus et Anya situé à Gela. Elle allait passer la journée en voiture car Syracuse, Palerme et Gela étaient toutes situées sur une extrémité de l'île sicilienne. Elle allait devoir sauter le déjeuner.

"Bonjour Gaïa, mince je ne pensais pas être aussi transparente... En effet, quelques soucis me chagrinent ces derniers temps. Je ne suis pas disponible ce midi, j'ai encore des choses à régler. Viens plutôt à la maison ce soir, nous dînerons ensemble. Qu'aimes-tu ? Je passerai chez le traiteur. Lexa Donati-Woods - Maire de Syracuse

La réponse ne tarda pas ce qui fit sourire l'héritière.

"D'accord, 20h t'irait ? Ne t'embête pas je vais cuisiner. Ma mère m'a indiqué que tu ne connaissais pas notre recette Langoustine façon Salomon..." Gaïa Salomon - Adjointe au maire de Syracuse

Lexa répondit rapidement, confirmant leur petit dîner en tête à tête.


- Ah bordel ! J'en peux plus ! Geignit Raven.

- Et moi donc ! Rit Clarke.

- Les pizzas doivent être froides maintenant... Surenchérit Ilian. Il a de quoi les refuser à présent, dit-il plein d'humour.

- Il ne les a même pas commandées, on s'en fout ! Il va ouvrir cette putain de porte ou je la défonce ! Enragea la brune.

Raven sautilla jusqu'à la porte du cabinet, ses poings enragés prêts à s'abattre sur le bois ancien de la dernière barrière entre elle et ce fameux ingénieur mais celle-ci à sa plus grande surprise s'ouvrit sur un jeune homme au visage charmant qui la réceptionna de justesse. La mécanicienne dans son élan n'avait pas anticipé et s'était précipitée en avant du fait de sa perte d'équilibre.

- Wow... Euh... Bonjour ?

- Oh merde ! Désolée ! Grimaça la mécanicienne en rougissant de honte face à la proximité entre leurs deux corps.

Clarke pouffa de rire : jamais elle n'aurait cru voir Raven Reyes rougir un jour et surtout pas entre les bras d'un jeune homme.

- Vous cherchiez quelqu'un ?

- Eh bien... Hésita Raven en essayant de récupérer son équilibre seule en tendant la main vers le mur encadrant la porte.

Les yeux de la mécanicienne s'arrêtèrent sur l'avant bras robotique de son interlocuteur.

- Il se pourrait bien qu'on ait trouvé...

- Ah oui ? S'amusa le brun.

Miles Shaw était un jeune homme métisse aux yeux d'un noir corbeau. Le visage plutôt fin, une petite moustache fine était dessinée et visiblement entretenue au dessus de sa lèvre supérieure. Ses cheveux étaient rasés sur les côtés et très courts sur le dessus du crâne. Il portait un chino rouge bordeaux surmonté d'un polo bleu marine qui lui allaient à ravir, dessinant une silhouette mince mais élancée.

Raven ne s'en rendit pas compte tout de suite mais elle était clairement en train de fondre sur ce petit prodige de l'ingénierie.

- Donc...? Vous cherchiez ?

- On vous cherchait, sourit Clarke. Je suis le Docteur Clarke Griffin et voici mon amie et patiente Raven Reyes... Nous souhaitions avoir un petit échange avec vous au sujet d'une prothèse... J'ai lu tous vos articles et je voulais absolument que Raven vous rencontre... Elle a subi une amputation suite à un terrible accident de voiture et...

- Sinon on a des pizzas, ça vous intéresse ? La coupa Raven.

Shaw lâcha un léger rire, visiblement amusé par cette jeune femme brune qu'il avait devant lui.

- Ma secrétaire ne va pas être contente mais ok, entrez, on va se mettre dans la salle d'attente pour manger ensemble.

- Cool !

- Vous voulez une béquille Raven ?

- C'est pas de refus, sourit timidement la brune.

- Désolé pour l'ascenseur, il est tombé en panne hier soir, ma secrétaire est restée bloquée à l'intérieur pendant une heure... Les techniciens ont prévu de le réparer prochainement...

- C'est un peu un euphémisme d'avoir un ascenseur en panne alors que vous fabriquez des prothèses pour remplacer des membres perdus... Se moqua Raven.

- Au moins, ça m'a prouvé que vous étiez motivée. Au vu de la sueur sur votre front j'en conclu que ce n'est pas le grand baraqué qui vous a porté, sourit-il en désignant Ilian du regard.

- Bingo...

Les sourcils de la jeune femme se froncèrent et elle essuya rapidement son front mouillé, elle ne s'était pas rendue compte qu'elle avait transpiré. Elle attendit que le brun s'éloigne pour renifler rapidement son aisselle droite et chuchota :

- Clarke t'as pas du déo ?... J'ai transpiré comme un cadavre !...

La médecin secoua négativement la tête, amusée. Raven semblait vouloir impressionner Miles Shaw...


Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent devant Lexa qui avança dans les anciens appartements qu'occupait son parrain Marcus Kane. La décoration avait été totalement repensée : tous les murs avaient été repeints en blanc ce qui illuminait l'immense appartement. Les meubles étaient modernes et d'un blanc épuré. La décoration était sobre, loin du style rococo qu'avait imposé Marcus avec sa compagne. Cela laissa perplexe Lexa car Gustus était un mafieux de la vieille école et il affectionnait ces décorations italiennes classiques avec les dorures et les meubles anciens en chêne.

- Bonjour ? Dit la brune en s'avançant de quelques pas.

- Entre Lexa, l'invita la voix de Gustus.

Voir le visage du cinquantenaire fit apparaître un sourire sur son visage crispé et contrarié. Gustus était assis dans un canapé blanc et habillé d'un pantalon en toile noir et d'une chemise blanche. Ses cheveux étaient toujours bruns avec des nuances de poivre et sel. Les deux mafieux s'enlacèrent avec affection et s'embrassèrent plusieurs fois sur les joues.

- Comment vas-tu ? Demanda le mafieux.

- Je fais aller.

- C'est à dire ?

- Ce serait trop long à détailler... Répondit Lexa, n'ayant pas envie de dévoiler sa vie privée à celui qu'elle considérait comme son père.

- Hm...

- Et toi comment ça va ? Ou plutôt vous ? Comment se porte ta petite famille ?

- Tout va pour le mieux merci.

- D'accord... Dis-moi Gustus, avez-vous des nouvelles concernant les recherches d'Ontari Barzetti ?

Gustus fit une moue : en vérité, Anya et lui avaient longuement discuté au sujet des recherches faites pour retrouver la fille de Nia Barzetti et ils avaient décidé d'y consacrer beaucoup moins d'énergie et d'effectifs que prévu.

- Rien de nouveau... D'ailleurs, il faut que je sois honnête avec toi Lexa... Anya et moi trouvons que c'est peine perdue de chercher cette gamine... Elle ne sera d'aucune utilité et ne fera qu'apporter des ennuis.

- Quoi ?... Répondit l'héritière, interloquée.

- Ne te fâche pas... J'imagine que ça te tient à cœur d'exaucer le souhait de ton frère Aden mais...

- Mais quoi ?

- Anya et moi lui tenons toujours rancœur pour ce qu'il a fait... surtout Anya en fait.

- J'entends mais il a fait son mea culpa... On a tous droit à l'erreur... Défendit la brune.

- Tu prêches un convaincu Lexa... Soupira t-il en posant une main sur l'épaule de la jeune femme.

- Donc depuis tout ce temps vous ne cherchez pas ?

- On a stoppé les recherches le mois dernier. Il ne reste plus que quelques hommes sur place qui en s'occupant de nos affaires gardent l'œil ouvert et l'oreille tendue...

- Tu aurais dû me le dire Gustus ! S'agaça la brune. Je m'en serais occupée...

- Non... Lexa il faut que tu arrêtes. Il faut penser un peu à toi, Aden a raté sa chance et à te faire courir derrière un fantôme il va te faire chuter aussi... Les affaires se portent à merveille depuis que tu es devenue Maire de Syracuse... Les Barzetti ont fui, tu as récupéré notre casino... Ce n'est qu'une question de temps avant de les effacer pour de bon de cette terre... Tu pourrais redevenir la Dona, les familles s'aligneraient tu sais...

L'héritière ouvrit grand les yeux à cette idée et secoua immédiatement la tête.

- Mais tu t'entends Gustus ? Qu'est-ce que tu racontes bon sang ! J'en ai fini avec ça ! Si j'autorise les différents trafics sur Syracuse c'est uniquement parce que je sais que pour maintenir un équilibre il faut du bon et du mauvais. Mon opinion sur la Mafia n'a pas changé pour autant, je ne regrette pas mes années en tant que Dona car elles m'ont servies et me serviront plus tard mais il est hors de question que je replonge. Je fais ce que j'aime à présent et je n'ai jamais aimé être la Dona.

La réponse tranchée sembla blesser le vieux mafieux qui serra les lèvres : il avait passé énormément de temps à former la brune au métier de mafieuse. Elle était si prometteuse et talentueuse... Parfois il ne pouvait s'empêcher de se demander si ce n'était pas un simple caprice des nouvelles générations...

- C'est toi qui devrais être Don Gustus et tu devrais revendiquer ce titre avant que les Morello ne le revendiquent... ou je ne sais encore quelle famille.

Un grognement échappa au brun :

- Tout le monde a sa place dans la Mafia et la mienne n'est sûrement pas au sommet.

- C'est toi qui le dis... Tu as été le bras droit de mon grand-père, le mien... Il est peut-être temps de te hisser sur ce qui te revient de droit et en toute honnêteté malgré le fait de devoir traiter avec la Mafia, je serai bien plus rassurée de traiter avec toi qu'un autre.

- Hm...

- Donc pense-y et sors-toi l'idée que je pourrais reprendre du service dans la Mafia.

- Très bien...

- Bon... Revenons à nos moutons... Je comprends que retrouver Ontari Barzetti n'est pas le travail le plus lucratif mais elle est enceinte d'Aden... Nia a sans doute une idée en tête pour la cacher ainsi...

- De quoi ? Enceinte ?!

- Je n'ai pas voulu le dire pour que ça ne s'ébruite pas à travers les rues de toute l'Italie et de la Sicile mais oui elle porte l'enfant d'un Donati...

- Si c'est un héritier mâle, elle pourrait faire pression sur les familles pour demander à être Dona par intérim en attendant la majorité de l'enfant... Grommela Gustus.

- Ce n'est pas ce qui m'inquiète le plus Gustus, les temps ont changé... Les jeunes mafieux se foutent de qui a du sang mafieux ou non... Regarde à Rome, j'ai toujours eu du mal à faire respecter ma loi... Les jeunes d'aujourd'hui ont les dents longues... Tuer, trafiquer, voler c'est devenu une routine pour certains. Non, ce qui m'inquiète c'est qu'une hystérique aliénée risque de blesser mon neveu ou ma nièce et ça je ne le permettrai pas.

Gustus releva le regard pour fixer celui de son ancienne Dona. Les émeraudes de Lexa semblaient s'être foncées et aiguisées. Le mafieux sourit légèrement :

- La famille hm... Je vois que tu n'as pas oublié les leçons sur les commandements.

- Non ils sont mon quotidien. Est-ce que je peux compter sur toi alors ?

Un "ding" venant de l'ascenseur coupa la réponse du cinquantenaire qui tourna la tête pour voir qui venait d'arriver. Les portes s'effacèrent pour laisser apparaître la silhouette élancée d'Anya qui portait une robe rouge écarlate fendue sur les côtés. Elle était montée sur des talons noirs qu'elle se dépêcha d'enlever et de balancer dans un élan féroce. Un soupir de soulagement lui échappa lorsque ses pieds fins furent libérés et elle sourit en voyant Lexa.

- Lexa ! Bonjour, je ne savais pas que tu avais prévu de passer...

- Bonjour Anya, sourit l'héritière en l'enlaçant avec deux bises légères. Disons que certaines affaires m'ont amenées à vous faire une petite visite surprise...

- Je vois. Des questions sur le casino ?

- Non... Hm... Je ne savais pas que tu portais des robes... Quelle... euh... surprise ?

- A qui le dis-tu ! Luna en avait des centaines et avec Edda nous nous sommes amusées un peu... Celle-là me plaît bien je dois l'avouer... et elle fait son effet sur les clients du casino lorsque je la mets.

- Pas que sur les clients, remarqua Gustus avec un petit sourire fin qui ne manqua pas de faire pétiller l'œil de sa compagne.

Lexa sourit, elle était heureuse de voir ses vieux amis nager dans un bonheur qu'ils avaient toujours mérité. L'enterrement de Tristan avait été un coup dur pour Anya qui était devenue de ce fait la dernière vivante de la famille Zanetti.

- Anya... Commença l'héritière.

- Tu veux boire quelque chose ? On a un vin excellent qui est arrivé la semaine dernière.

- Pourquoi pas... Répondit Lexa, peu enchantée de voir sa tentative de conversation avortée.

- J'ai vraiment faim aussi... Gustus, tu nous commanderais quelques trucs à grignoter ? Tu as mangé d'ailleurs ?

- Non.

- Ah... Dès que bobonne n'est pas là pour faire à manger ou commander le service traiteur du casino...

- Je n'avais pas faim Anya tout simplement... Maugréa le mafieux sans pour autant se vexer.

Les mafieux se mirent à déguster un vin rouge autour de quelques tapas qui leur furent apportés par un serveur du casino. Ils se mirent à discuter de choses et d'autres durant une bonne demi-heure avant que Lexa ne se décide à attaquer un sujet sensible sous l'œil protecteur de Gustus.

- Anya, avant que tu n'arrives, Gustus m'a informée que vous ne cherchiez plus vraiment la compagne d'Aden...

Anya, qui était en train d'amener une nouvelle fois son verre de vin à ses lèvres se contenta de répondre un "hm hm..." et de froncer les sourcils.

- J'entends la rancune que tu as envers mon frère... Il nous a tous énormément fait souffrir, vous sans doute plus que moi mais...

- Je t'arrête tout de suite Lexa. Notre décision est définitive.

- Et bien... Répondit l'héritière en se tournant vers Gustus qui se mit à frotter son bouc parfaitement taillé comme pour masquer sa gêne.

- Gustus ?! S'agaça sa compagne.

- Anya ne te méprend pas... Aden ne mérite aucune aide mais il y a une information dont nous n'avions pas connaissance... Répondit son compagnon.

- Laquelle ? Coupa la blonde, visiblement peu amène à écouter.

- La Barzetti porte le gamin d'Aden.

- Je vois pas en quoi c'est une information qui nous ferait changer d'avis.

- Anya... C'est d'un enfant innocent dont on parle, même si les parents ne sont pas tout blanc, il ou elle n'a rien demandé...

- C'est nouveau ça de te soucier de qui est innocent ou pas... Le tacla t-elle, acide.

- S'il y a bien une règle à laquelle je n'ai jamais dérogé durant toutes mes années dans la mafia c'est de faire du mal à un gosse. Si on le laisse à Nia Barzetti alors qu'il est du sang des Donati on le condamne Anya.

- Ce ne sera que justice.

Les sourcils de Lexa se froncèrent immédiatement et elle ne put s'empêcher de répondre vivement :

- De quelle justice parles-tu ?! On parle d'un enfant !

- Moi je parle de ma mère Cécilia qui a élevé Aden comme s'il était son propre fils ! Il l'a laissée se faire abattre comme un vulgaire chien boiteux sous nos et ses yeux ! Je l'ai moi aussi élevé comme s'il était mon petit frère, alors la famille elle peut aller se faire foutre de son côté !

- C'était une erreur Anya... Souffla Gustus. Il en a souvent parlé avec moi qu'il regrettait d'avoir laissé Quint faire ça... Même si c'est dur de l'admettre, il nous a protégé à sa façon lorsqu'il a été Don...

- Les regrets c'est pour les faibles et les abrutis. Ma mère est morte pour un merdeux qui a osé défier sa propre sœur et qui pour faire chier toutes les Familles a épousé sans le consentement de personne une pestiférée ! Qu'il l'ait engrossée ne change pas ma vision sur leur couple bâtard !

Sous la colère Anya posa trop brutalement son verre qui se brisa au niveau du pied et lui entailla un doigt, lui faisant lâcher un grognement douloureux. Elle se leva, laissant Gustus et Lexa en pleine réflexion sur les dures paroles qu'elle venait de prononcer. Les deux mafieux se mirent à chuchoter entre eux jusqu'au retour de la Zanetti qui avait entouré son doigt blessé d'une serviette de table.

- Je comprends Anya, dit soudainement Lexa, brisant le silence qui s'était installé après le retour de la blonde.

- Enfin un peu de lucidité, grommela la mafieuse.

- Je vais me charger des recherches seule dans ce cas.

- Quoi ?! S'enflamma Anya. Qu'est-ce que tu crois faire en partant à la recherche de cette Barzetti et de son môme ?! Tu vas juste te mettre en danger et si tu fais une erreur, ne t'inquiète pas que la Sicile n'hésitera pas une seconde pour te jeter dans la cellule voisine de ton frère.

Lexa sourit doucement et prit le temps de réfléchir avant de répondre :

- Anya... Si aujourd'hui je te disais que Tristan a laissé derrière lui une jeune femme et un petit garçon qui font ce qu'ils peuvent pour survivre depuis qu'il les a quittés, ne ferais-tu pas tout pour les aider malgré les griefs que tu avais contre ton frère ?

Si les lèvres d'Anya auraient voulu répondre dans la foulée, sa tête et son cœur lui disaient tout autre chose : elle avait longuement été en colère contre Tristan car il avait suivi Aden par rancœur envers Lexa vis-à-vis de la punition qu'elle lui avait infligée. Il avait de ce fait travaillé pour les Barzetti par l'intermédiaire du Donati et avait exécuté certains des anciens alliés de la famille Zanetti et Donati durant la purge ce qui avait coûté la vie notamment à Ryder, un de leurs grands amis.

- Tu vois... Reprit Lexa. Aden a été arrêté, il aurait très bien pu passer un marché pour être libre et tous nos envoyer en prison à sa place.

- Parce que faudrait le remercier pour avoir respecté un de nos commandements ?! Dit-elle sèchement. C'est bien le seul qu'il a respecté !

- Je ne te demande pas de le remercier non... Juste de penser à ce qu'il aurait pu faire... Si aujourd'hui il n'avait pas accepté son sort, peut-être que nous serions tous derrière les barreaux... Edda aurait été placée en famille d'accueil et tu ne pourrais même pas la voir...

- Je n'ai jamais pardonné à Tristan ce qu'il a fait... Je vois pas pourquoi ça devrait être différent avec Aden, s'entêta Anya. Ma mère ne méritait pas ce qu'on lui a fait !

- Et qu'as-tu ressenti lorsqu'il a été déposé dans votre caveau familial près de ta mère ?

Une nouvelle fois, Anya prit le temps de réfléchir avant de répondre :

- Que c'était bien fait pour sa gueule à ce sale con... mais... qu'il avait de la chance d'avoir fait le bon choix ce jour là en te sauvant car je l'aurai fait enterrer en fosse commune autrement... Dit-elle soudainement d'une voix étranglée par l'émotion.

L'aveu fit sourire Gustus et Lexa. Un soupir échappa à la mafieuse qui marmonna finalement :

- Très bien... On va reprendre les recherches, mais je te préviens on sauve juste le gosse. Je veux pas de Barzetti dans nos pattes.

- Je m'occuperai d'elle ne t'en fais pas. La trouver sera amplement suffisant... Merci.

- Ne me remercie pas trop vite Lexa... On a rien trouvé jusqu'ici à part des pistes froides...

- L'espoir fait vivre... Qui aurait cru un jour que je deviendrai Maire ?

- C'est pas faux...

- Je ne sais pas comment je dois le prendre... Sourit Lexa, amusée.

- Et moi alors, t'imagine si Tristan m'avait laissé un chiard sur le dos... Bordel de merde...

- Avec toutes les filles qu'il fréquentait, c'est pas un mais plusieurs qui doivent se promener à Syracuse sans avoir qui est leur père... Se moqua Gustus.

Les sourcils d'Anya se froncèrent de réflexion puis un sourire se dessina : peut-être n'était-elle pas la dernière Zanetti en vie, finalement...


Clarke sortait de la douche de sa chambre d'hôtel et s'installa sur son lit. Elle avait éteint son téléphone pour filtrer les appels de sa compagne mais elle devait bien avouer qu'elle commençait sérieusement à lui manquer. Raven était restée aux côté de Shaw pour discuter au sujet de ses recherches. Ilian était resté auprès de la mécanicienne tandis que son autre collègue, un garde du corps peu bavard du nom d'Emilio s'occupait de la protection de la médecin.

Les yeux de la jeune femme s'écarquillèrent en voyant le nombre d'appels venant de Lexa et cela la fit sourire : visiblement la brune se languissait d'elle... Elle se décida à l'appeler en facecam afin de la voir et la taquiner un peu. Elle était d'humeur joueuse ce soir, prête à lui pardonner une nouvelle fois sa maladresse d'inattention envers leur couple. Elle avait commandé une bouteille de champagne et hésitait encore à aller danser en boîte de nuit.

Lexa décrocha après quelques sonneries : elle était toujours aussi jolie avec ses beaux yeux verts maquillés. Clarke s'étonna d'ailleurs qu'à cette heure sa compagne soit encore maquillée.

- Bonsoir Lex'... Salua t-elle avec un petit sourire aguicheur.

- Bonsoir mon amour, lui sourit la brune en retour, plutôt joyeuse.

Elle semblait vautrée dans un de leur canapé du salon.

- Oh "mon amour", j'en conclus que tu n'es plus fâchée... S'amusa Clarke.

- Fâchée ? Pourquoi serais-je fâchée ? Rit la brune avec exagération.

La question intrigua la médecin : à quoi jouait Lexa ? Faisait-elle exprès de la provoquer ?

- Ôte-moi d'un doute Lex'... Tu es saoule ?... Se moqua la blonde.

- Peut-être un peu... Rit de nouveau l'héritière.

- Lexa ! C'est prêt ! Tu peux venir manger ! Appela une voix féminine qui fit soudainement se crisper Clarke.

- Non mais je rêve ! Tu es chez nous avec Gaïa en train de manger et te bourrer la tronche ?! Reprocha la blonde qui avait reconnu la voix de l'adjointe de sa femme.

- Gustus et Anya ont insisté pour que je prenne ce carton de vin... Je ne voulais pas haha... Il est délicieux c'est vrai...

- Ah en plus ils étaient au courant de ta petite soirée improvisée ?!

- Pourquoi tu cries... Gaïa est adorable, elle m'a cuisiné des langoustines façon Salomon pour me remonter le moral... Allez bisous je vais aller goûter sa langoustine... Hm... Ça fait très tendancieux dit comme ça... Et toi Clarke ? Tu veux nous rejoindre ? Ce sera mieux à trois...

- Lexa ! Je te jure que si tu...

Clarke n'eut pas le temps de finir sa phrase car la communication fut coupée. Elle hurla de colère avant de maugréer toutes les insultes du monde en plusieurs langues.

- Tu as de la chance que je sois coincée à Rome Lexa Donati car tu n'imagines pas l'engueulade qui t'attend à mon retour !

Les quelques jours de coupure pour donner une leçon à sa compagne étaient en train de se retourner littéralement contre elle. Elle se mit à faire les cents pas dans sa chambre : elle n'avait clairement pas confiance en Gaïa Salomon mais que pouvait-elle bien faire de là où elle était ?...

Déprimée, elle passa la robe bleu nuit qu'elle avait préparée au cas où elle sortirait puis descendit noyer sa colère et son chagrin au bar de l'hôtel.


- Cours ! Dépêche-toi ! Cria le jeune homme en se jetant sur une berline blanche de marque BMW dans un parking sous-terrain où s'alignaient nombre de voitures.

Ontari fit aussi vite qu'elle le put pour rejoindre son complice. Elle avait perdu en vélocité du fait d'être séquestrée et forcée à rester inactive durant plusieurs mois. Sa grossesse ne l'aidait pas non plus. Milo était stressé et il lui avait transmis son stress. Il avait manqué abandonner leur projet de fuite de peur que les Barzetti s'en prennent à sa famille mais la brune avait réussi une nouvelle fois à lui redonner du courage, leur petite fuite avait de ce fait été décalée d'une journée. Le jeune avait été chercher du café et avait mis un somnifère dans chaque gobelet afin que les autres gardes du corps de la brune s'endorment le temps de fuir mais il n'avait pas réussi à distribuer le nombre de café prévu. Deux hommes étaient introuvables ce qui pouvait signifier qu'ils se patrouillaient probablement au sein de l'hôtel où la brune était retenue.

La portière claqua derrière la brune qui s'installa rapidement. Milo démarra rapidement le véhicule et donna un grand coup d'accélérateur qui fit décoller la berline. Leur voiture se dirigea vers la sortie du parking et s'arrêta devant la barrière qui les empêchait de sortir définitivement. Il ouvrit sa vitre pour faire glisser le ticket avant d'accélérer de nouveau vivement.

- Ralentis Milo, tu vas éveiller les soupçons, le réprima la jolie brune dont le stress commençait à descendre.

Elle fronça les sourcils sous un coup que lui donna son bébé. Il ou elle avait dû sentir son stress... Elle passa une main sur son ventre chuchotant quelques mots.

Leur BMW roula entre les rues de Rome sans encombre ce qui fit lâcher un cri de joie au jeune. Ontari glissa une main dans son sac à main et y attrapa un petit pistolet qu'elle avait réussi jusqu'ici à cacher depuis sa séquestration. Elle ferma les yeux un court instant avant de pointer le canon de son arme sur l'entrejambe de son complice qui sursauta :

- Wow ! Qu'est-ce que tu fais bébé ?!

- Désolée Milo mais je vais te demander de me déposer à la prochaine intersection.

- Qu'est-ce que tu racontes ?! On se barre en Espagne là !

- Toi oui, moi je reste.

- Mais on s'aime merde ! Je t'aime ! Pourquoi tu veux qu'on se sépare ?!

La brune fit une moue avant d'appuyer un peu plus sur l'entrejambe de Milo qui se crispa.

- Tu m'as jamais aimé c'est ça ?...

- Désolée Milo... J'avais promis de ne plus être la Ontari d'avant mais je n'avais pas d'autres choix. J'aime déjà un homme et il faut que je le rejoigne. Tourne à droite au feu et mets tes warnings pour t'arrêter le temps que je descende. Je ne veux pas te faire de mal Milo alors ne fais pas l'imbécile...

Le visage crispé, le jeune homme exécuta les instructions données. Il semblait vraiment peiné par le revirement de la jolie brune. Ontari enfila une perruque blonde, un foulard ainsi que des lunettes de soleil afin de brouiller les pistes avant d'ouvrir sa portière une fois le véhicule à l'arrêt.

- Au revoir Milo... merci pour tout. Pars en Espagne comme prévu, ils te tueront autrement...

Ces dernières paroles mirent fin à la conversation, Ontari disparaissant entre les rares passants qui marchaient encore sur les trottoirs de Rome malgré la pénombre de la nuit. Milo la regarda disparaître avec regret à un angle de rue avant de démarrer de nouveau son véhicule. Il roula jusqu'à sortir de la ville, rejoignant la voie rapide la plus proche pour se diriger vers l'Espagne afin de sauver sa propre vie.


Ontari marchait d'un pas rapide sans trop l'être afin de ne pas éveiller les soupçons. Elle connaissait Rome comme sa poche donc ce serait un jeu d'enfant de semer les hommes de sa mère mais il fallait qu'elle reste prudente car elle restait seule face à de nombreux prédateurs. Plus elle marchait et plus elle sentait la faim, la soif l'envahir. Elle n'avait rien avalé depuis deux jours tant elle était tendue par cette fugue... elle n'avait pas le droit à l'erreur. Elle entra dans un hôtel luxueux, prenant garde de garder la tête ni trop haute ni trop basse à cause des caméras. Elle alla se renseigner pour une chambre, par chance, elle en eut une. Elle paya en liquide et alla au bar rapidement histoire de se désaltérer immédiatement d'un jus de fruits sans alcool car elle se sentait vaciller.

Elle scruta le bar sous tous les angles, cherchant la place parfaite. Elle se dirigea vers un siège haut qu'une jolie blonde semblait libérer. La place était parfaite car elle n'était pas collée par d'autres sièges : elle n'avait pas envie de se faire ennuyer par d'éventuels dragueurs ou se faire reconnaître par de possibles alliés de la famille Barzetti. Rome était à la fois si grande et si petite lorsque l'on fait partie d'une famille aussi influente que la sienne...

La blonde lui frôla l'épaule lorsque la brune s'avança un peu trop vite pour sauter sur son siège. Ontari fit celle qui n'avait rien senti.

Clarke qui avait le regard un peu brouillé par les nombreux Martini qu'elle avait engloutis en restant le ventre vide fronça les sourcils lorsqu'elle sentit son épaule nue frôler celle d'une inconnue. Elle releva le visage, regardant cette étrange blonde enrubannée d'un foulard cachant sa tête blonde. Ontari sentit que cette femme la fixait un peu trop intensément ce qui la mit mal à l'aise. Ce fut finalement une voix masculine qui les sortit toutes deux de leur léthargie. Un homme plutôt baraqué venait d'apparaître furtivement aux côtés de l'inconnue et lui attrapa le bras :

- Venez, je vous raccompagne à votre chambre Docteur Gr...

- Ah lâchez-moi... Grommela Clarke. Je sais encore...marcher merde... Grmbl...

Ontari s'installa sur le siège à présent libre, commandant immédiatement son jus de fruits sans pour autant réussir à détacher ses yeux de cette femme qui lui disait quelque chose...


Et nous voilà de nouveau à la fin de ce chapitre ! J'espère vous avoir fait passer un bon moment de nouveau avec cette deuxième partie des "Adieux'. Commencez vous à entrevoir ce qu'il va se passer dans la partie 3 qui sera la dernière de ce petit arc de l'Héritage ? ;)

J'ai aimé écrire chaque passage de ce chapitre étonnamment : le passage des douches pour Aden, l'échange avec sa soeur mais je crois que ce que j'ai préféré ce sont les passages Clarke/Raven et celui de l'arrivée de Shaw. Il aura un rôle bien particulier auprès de Raven concernant son envie de combattre son amputation :) Je sais que ça ne va pas plaire aux pro Octaven mais ne vous inquiétez pas je n'oublie pas ce petit couple non plus ;) C'est juste une étape nécessaire pour le personnage de Raven :D

Et sinon avez-vous aimé les retrouvailles de Gustus, Anya et Lexa ? :D Ça a manqué partir en cacahuète héhé ! Gustus a fait l'arbitre :P

Laissez-moi donc votre avis ce sera avec plaisir que je le lirai et que j'y répondrai en mp ou dans la description du prochain chapitre ! J'attends de vous la même motivation que vous avez eu sur le chapitre 34 ! Faites péter les compteurs ! Allez à bientôt ! Du coup chapitre 37 prévu pour le 22 avril en espérant ne pas être en retard encore alala je suis pas un cadeau sérieux x) !

Une grosse pensée à Esys qui au passage m'a donné du travail de relecture, je vais pouvoir profiter de sa prochaine fiction avant vous haha ! Allez l'encourager si vous êtes aussi impatient que moi de découvrir son nouveau projet clexa :)