Titre Original : Comes Out of Darkness Morn.

Titre en français : À la sortie de l'aube

Auteur : Lightning on the Wave

Bêta Traductrice : Remus James Lupin

Bêta Correctrice : Emmoirel

État de la fic anglaise : Terminé (51)

État de la fic française : 30; Traduction FINI

Chapitre traduit par : lanaika

&

Disclaimer: Les personnages, événements et lieux reconnaissables de cette histoire ne m'appartiennent pas mais à J. K. Rowling. Je ne compte pas m'approprier les droits d'auteur et ne me fait aucun argent grâce à cette histoire.

&

Avertissement : Violence, langage violent, allusion aux viols et tortures, Problème psychologique, mort de personnages plus tard dans cette histoire et dans les autres fics de la série.

&

Résumé : Univers Alternatif de Prisonnier d'Azkaban. Harry lutte pour se reconstruire après les événements désastreux de sa deuxième année. Il apprendra finalement les vérités dont il a besoin pour savoir mais qui arriveront de manières peu agréables. 3ème Tome

&

Merci pour vos reviews, en particulier à Marie la petite qui m'a rappelé a l'ordre puisque je n'ai pas mis ce chapitre hier. Désolé du retard. (Eni)

Bonne lecture

Eni et Onarluca

&

Chapitre 30 : Choisis Harry

Harry se demanda pendant un long moment s'il devait commencer la conversation, ou laisser son frère parler. Connor semblait content d'attendre et de le laisser décider, son visage devenant doré grâce à la lumière du soleil couchant qui passait à travers la fenêtre.

Harry ne savait pas ce qu'était le but principal de son frère en venant là – réconciliation, ou autre chose. Etant donné que Connor ne connaissait pas les danses de sang pur, il se dit que ce devait être autre chose. A la fin, il décida d'attendre. Laisse-le contrôler la situation, pensait-il, ses yeux observant la manière dont le regard de Connor le fixait puis vacillait pour enfin se détourner de lui. Je crois qu'il a besoin que je lui fasse confiance.

Connor laissa échapper finalement une profonde expiration et rencontra les yeux de Harry.

« J'étais vraiment en colère contre toi pour ce que tu as fait à maman », commença-t-il.

Sa voix est tremblante, mais il utilise le passé. Harry releva la tête. Est-ce que ça signifie qu'il est prêt à ma pardonner, après tout ce qui s'est passé ?

« Je ne savais pas ce que tu voulais dire à propos du rituel ». Connor réussit à s'excuser et à rester sur la défensive à la fois uniquement avec le ton de sa voix.

« Alors j'ai fait des recherches, et j'ai parlé avec Ron des danses de sang pur ». Il plissa le nez. « Il m'a dit que tu pouvais faire des choses dont je ne t'aurais jamais cru capable. Je n'aime pas la plupart de ces choses. Mais il m'a aussi dit que ce qui était arrivé à maman était juste. Elle n'aurait pas pu perdre sa magie si elle ne t'avait pas fait quelque chose de vraiment horrible ».

Connor croisa les bras et s'appuya contre le mur. « Donc dis-moi ce qu'elle t'a fait, Harry. Je t'écoute ».

Harry relâcha sa respiration doucement. Merci Merlin. Il semble vouloir écouter au lieu de me frapper cette fois.

« Elle m'a entraîné depuis que je suis enfant, juste après l'attaque de Voldemort, pour que je veille sur toi et que je te garde », commença à expliquer Harry. Il avait eu le temps pour penser à comment lui dire ceci, puisque toutes ses tentatives précédentes avaient échoué, et il était confiant dans le fait que ce discours aurait du sens pour Connor. « Mais ma magie l'effrayait. Quand j'avais quatre ans, elle a demandé à Dumbledore de me jeter le sortilège de la toile du phoenix ».

« Elle m'a parlé de ça », dit Connor. « Mais c'était juste pour t'empêcher de blesser les autres ».

« Non », dit Harry aussi gentiment qu'il le put. « C'était plus que ça. C'était pour que je continue à t'aimer, pour considérer ton bien-être avant le mien, pour que je t'aime et prenne soin de toi, ce que je n'aurais pas fait de cette manière si la toile n'avait pas été là ».

Connor secoua la tête. « Mais tu as toujours fait ça, Harry. Tu m'as toujours protégé. Tu te souviens du troll et des Lestrange en première année ? Pourquoi est-ce que ça t'a fait vouloir enlever la magie de maman ? »

Ses yeux ne me regardent pas, remarque Harry. Je pense qu'il doit avoir une vague idée de la vérité, finalement, mais il ne veut pas l'affronter.

« Si je voulais autant te protéger, c'était uniquement à cause de la toile, Connor », dit-il. « Et de l'entraînement. Maman me disait que je ne pourrais jamais avoir ma propre vie. Je devais toujours te faire passer en premier ».

Connor le fixa. Puis il demanda, comme s'il voulait le tester, « Tu ne pouvais pas avoir tes propres amis ? »

Harry haussa les épaules. « Je crois qu'elle a mentionné une fois le fait que je pouvais partager tes amis. Je devais me rendre agréable à leurs yeux, puisqu'ils seraient tes amis et qu'ils seraient importants pour toi, et je devais satisfaire tes besoins de compagnie. Mais elle n'a jamais envisagé le fait que je puisse avoir des amis qui ne soient pas les tiens ».

Il se demanda, pour la première fois, si cela n'aurait pas été une mauvaise chose d'être réparti à Gryffondor. Aurait-il réussi à se faire des amis ? Il n'en avait aucune idée, puisque être dans la même Maison que Connor aurait signifié être constamment dans son ombre, sous son influence, et comparé constamment (et probablement défavorablement) avec lui aux yeux des autres Gryffondors.

« Tu n'aurais pas pu te marier ? » demanda Connor.

Harry secoua la tête. « Comment aurais-je pu le faire ? Si un sorcier se marie, il devrait aimer son épouse comme personne d'autre. Et j'aurais dû t'aimer, veiller sur toi, te protéger. J'aurais dû protéger ton épouse et tes enfants aussi. Je n'aurais pas eu le temps pour fréquenter quelqu'un pu avoir une famille ».

« Et à propos de ta vie après la guerre ? Murmura Connor.

« Je ne m'attendais pas à survivre à la guerre », dit Harry. « Après ça, si j'avais survécu, alors j'aurais dû tout faire pour que tu obtiennes ce que tu voulais. Si tu avais voulu devenir Ministre, j'aurais dû t'apporter mon aide. Si tu avais voulu avoir une vie tranquille totalement à l'écart du monde – après tout, je ne sais pas si le Garçon-Qui-A-Survécu pourrait avoir un moment d'intimité après la défaite de Voldemort – alors j'aurais dû créer des barrières qui t'auraient complètement coupé du monde, des barrières plus puissantes que celles de Godric's Hollow. Si tu avais voulu une vie de star de Quidditch, j'aurais fait en sorte que ce soit aussi le cas ».

Connor donna un coup de pied dans les pierres qu'il y avait sur le sol, l'air maussade. « Mais je voudrais devenir une star du Quidditch par moi-même », dit Connor.

Harry acquiesça. « Et si ça avait été ce que tu voulais, alors je serais resté à l'écart, et j'aurais seulement fait en sorte que tu ailles aux entraînements à temps et fait d'autres choses qui n'auraient pas mis en danger tes chances de le devenir ».

Connor mit ses mains dans les poches de sa robe. « Je ne vois toujours pas pourquoi ça t'a conduit à retirer la magie de maman ».

« Si ça n'avait pas été pour Tom Jedusor, je ne l'aurais pas fait », admit Harry, notant avec un froncement de sourcils comment Connor tressaillit à l'écoute du nom. Tom Jedusor est seulement un fragment de Voldemort. S'il tressaille à cause de son souvenir, alors comment va-t-il être capable de faire face au Voldemort entier ?

« Il a déchiré mon esprit. Il a libéré la toile du phoenix. Et Sylarana est morte l'année dernière, dans la Chambre des Secrets- ». Le son de sa voix vacilla, et il cessa de regarder Connor. « Et elle était tellement entrelacée avec la toile qu'elle l'a mise en lambeaux quand elle est morte. J'ai dû reconstruire mon esprit. C'est pour ça que j'ai passé autant de temps chez les Malfoy l'été dernier. J'ai toujours la toile dans mon esprit, ou du moins une partie, mais je peux voir ce qui se passe à côté, et je sais que je ne voudrai jamais me replacer sous son autorité.

Maman a prétendu vouloir se réconcilier avec moi, et elle m'a jeté une nouvelle fois le sortilège de la toile du phoenix. Je ne pouvais pas laisser passer ça. Je lui ai retiré sa magie. De cette manière, elle ne pourra plus jamais me rejeter ce sortilège ».

Il y eut un long silence. Harry écouta le vent qui soufflait autour des pierres de la Volière, et combattit la tristesse qui arrivait par vagues en revivant la perte de Sylarana. N'était-il pas ridicule, de vouloir se morfondre quand il était sur le point de se réconcilier avec son frère, la personne qu'il aimait le plus ?

Puis Connor dit, « Mais, Harry, je ne pense pas que ce qu'elle t'a fait méritait la perte de sa magie ».

Harry le regarda de nouveau. Les yeux de son frère étaient graves, brillants, et ses mots sortaient lentement, comme s'il devait enjamber ses pensées.

« Tu ne comprends pas ? », demanda Connor, en faisant un geste brusque de ses bras. « Elle essayait de te faire devenir une bonne personne. Elle essayait de te faire devenir un Gryffondor. Elle essayait de s'assurer que tu saurais comment aimer les gens, que tu saurais ce qu'étaient le courage, le devoir et le sacrifice, que tu pourrais me protéger jusqu'à ce que je sois capable de me protéger moi-même ».

« Oui », reconnut Harry à contrecœur.

« Donc tu dois avoir mal compris », dit Connor. « Tu pensais qu'elle avait fait quelque chose de vraiment mal, et le rituel t'a cru et lui a pris sa magie. Mais elle n'avait rien fait, ce qui signifie qu'elle mérite de retrouver ses pouvoirs ! »

Ses yeux étaient brillants, et il s'avança brusquement pour prendre le bras de Harry.

« Nous pouvons redevenir une famille ! Nous irons voir papa pour le ramener et l'empêcher de continuer à être un tel con, et puis- »

Harry fit un pas en arrière gentiment. C'était un petit mouvement, mais suffisant pour faire ravaler son sourire à Connor.

« Non ? » murmura-t-il.

« Non », répéta Harry. « Le rituel de justice ne fonctionne pas comme ça, Connor. Elle doit avoir fait quelque chose de très mal, objectivement, pour que j'aie pu l'utiliser et le faire fonctionner. Si j'avais seulement cru que c'était mal, et utilisé quand même le rituel, il aurait mangé ma magie. Je sais qu'elle avait tort. Je sais qu'elle m'a blessé. Ce qu'elle pensait qu'elle essayait de faire n'a aucune importance. Je ne peux pas lui rendre sa magie, et je ne veux pas le faire. Je veux rester loin d'elle ».

« Tu ne comprends pas », dit Connor, sa voix devenant acérée à cause de la déception et la colère. « Maman m'en a parlé. Elle m'a dit qu'elle regrettait ce qu'elle avait fait. Elle savait que tu serais en colère, mais elle avait de bonnes intentions. Elle veut que tu reviennes, Harry. Elle veut qu'on redevienne une famille, comme à Noël dernier- ».

« Quand elle m'ignorait ? » demanda Harry ; « Quand papa m'ignorait ? »

« Ils l'ont fait parce que tu avais jeté un sort pour qu'ils le fassent ». Les joues de Connor devinrent rouges de rage.

« Oui, je sais », dit Harry, « et maintenant elle veut retrouver sa magie, ce qui ne peut pas arriver. Elle ne me veut pas vraiment dans la famille, Connor. Elle veut quelqu'un qu'elle puisse contrôler. Elle veut la personne qu'elle a créée ».

« Mais c'est toi, Harry », dit Connor. « Tu me protèges, et tu m'aimes, et est-ce c'est vraiment important si la toile a été brisée ? Les autres choses font encore partie de toi. Tu peux me protéger encore mieux si tu rends sa magie à maman. Comme ça, elle peut me garder quand elle est là et toi non ».

« Je t'aime encore », dit Harry. « Je veux toujours te protéger. Mais c'est important pour moi la manière dont elle a essayé de ma faire faire ça, Connor. C'est vraiment très important ».

« Pourquoi ? »

Harry se demanda s'il pourrait l'expliquer. Comme il l'avait dit à Snape et Draco, c'était toujours difficile à accepter. Il pouvait imaginer Draco dans cette situation, et les cris d'outrage qu'il lancerait à Lucius Malfoy s'il avait introduit une toile de phoenix dans l'esprit de son fils. Il pouvait imaginer Connor dans cette situation ; la seule idée le rendit fou de colère envers la moldue. Il pouvait imaginer Hermione dans cette situation, bien que puisque ses parents étaient moldus, ils l'auraient probablement battue à la place, et comment il s'assurerait qu'ils comprennent ce qui se passe quand un puissant sorcier se met en colère pour défendre ses amis. Mais mettez-le dans la même situation, et sa colère diminuait. Il avait survécu, après tout. C'était l'entraînement, et non la toile du phoenix, qui l'avait fait devenir la personne dont Draco se proclamait être l'ami, dont Snape était devenu le gardien, avec qui Lucius Malfoy avait choisi d'exécuter une danse de trêve ; avec qui les Bulstrode et les Parkinson s'étaient liés. Pouvait-il vraiment se plaindre à propos de ça ? En avait-il le droit ? Est-ce qu'un seul d'entre eux l'aurait regardé s'il avait été ordinaire ? Est-ce que quelqu'un s'en soucierait ?

Harry ne le pensait pas.

Mais Connor attendait son explication.

Harry utilisa les arguments que Draco et Snape avaient utilisés avec lui. « Parce qu'elle n'avait pas mon véritable consentement pour le faire », dit-il. « Le choix est important, Connor. Elle a commencé à m'entraîner tellement jeune que je n'ai jamais eu l'occasion de vraiment dire oui. Et après, Dumbledore a mis la toile du phoenix sur moi quand j'ai eu 4 ans. Donc mon esprit a été modifié, distordu et enchaîné. Est-ce que tu aimerais avoir ton esprit modifié, distordu et enchaîné ? »

Il pensait qu'il pourrait avoir le dessus sur la dispute en faisant appel à l'empathie de Connor, dont Harry savait qu'il la possédait. Il avait vu Connor sauver des papillons de la noyade dans la mare derrière leur maison. Il avait vu la manière dont Connor continuait d'offrir sa compassion à Sirius quand Harry lui-même était incapable d'une telle chose. Même l'amour de Connor pour leur mère en était un signe.

Connor cligna des yeux. « Bien sûr que non », dit-il. « Mais je suis moi maintenant, et j'ai 13 ans. Et tu es toi, et tu as grandi avec la toile du phoenix. Pourquoi les choses ne peuvent-elles pas redevenir comme elles étaient ? »

« Elles ne peuvent pas, Connor », dit Harry, malgré son propre désir de ravoir sa vie heureuse, claire et simple. « Je suis désolé ».

Connor se détourna brusquement de lui et regarda par la fenêtre. Harry observa son dos. Il voulait tellement dire quelque chose qui arrangerait tout ça. Il ne savait pas ce qu'il pouvait dire malheureusement. Il ne croyait pas vraiment les arguments de Snape et Draco. Mails il ne pouvait pas non plus tolérer de se soumettre à la toile du phoenix.

Ça devait être ce qu'il voulait faire, pensa Harry, et il attendit.

Connor se retourna finalement, et lui fit face. Le regard de Harry rencontra celui de son frère.

« J'ai vu maman quand le rituel a été fait », commença Connor. « Je n'avais jamais rien vu d'aussi horrible.

Elle était étendue sur le sol. Elle a levé la tête quand elle nous a vu papa et moi, et elle a commencé à pleurer ». Connor laissa échapper une expiration nerveuse et sifflante. « Elle a essayé de faire venir un des vêtements qui se trouvait de l'autre côté de la cuisine par un Accio. Elle n'a pas pu. Toute sa magie était partie.

Papa s'est précipité sur elle, et lui a demandé ce qu'il s'était passé. Elle a murmuré quelque chose à propos d'une boîte et de sa magie, et de toi. J'ai vu le visage de papa se glacer. Je ne savais pas alors qu'il partirait. Je savais qu'il se souvenait de toi, et qu'il pensait que le rituel signifiait quelque chose de mauvais ».

Connor fit un simple pas en arrière, ses yeux ne quittaient jamais ceux de Harry. Harry remarqua qu'il n'avait pas dû cligner des yeux une seule fois depuis qu'il avait commencé à parler. Harry continua d'écouter. Il devait savoir ce qu'il s'était passé. De plus, Connor n'avait probablement parlé de cela à personne d'autre. Il avait besoin de purger le poison, de déverser cette histoire pénible et triste dans des oreilles accueillantes.

« Papa l'a amenée dans son lit. Elle ne pouvait pas marcher. C'est comme si son corps tout entier avait été volé ». La voix de Connor monta. « Non, violé. Tu l'as violée, Harry ».

Harry se tint immobile. Il savait que cela ne pouvait être vrai. Le rituel était le fondement de sa santé mentale. Il lui faisait confiance.

Donc cela n'avait pas d'importance que les mots sonnent faux. Il pouvait encore écouter cela. Connor avait besoin qu'il l'écoute.

« Elle a pleuré tout le premier jour », murmura Connor. « Et puis papa est parti. Il est parti le soir du réveillon de Noël, et je n'ai toujours aucune idée de l'endroit où il est parti. Sirius était là, et il a pris soin de maman et moi.

Elle a été en colère durant tout le deuxième jour. Elle voulait que sa magie revienne. Ça a été la chose la plus horrible que j'ai jamais vu, Harry.

Elle a reçu une lettre de Dumbledore le troisième jour, en promettant qu'il parlerait avec toi. Elle a encore pleuré après ça.

Mais ensuite… »

Connor fit un autre pas en avant. Harry se rendit compte qu'ils se tenaient à moins de 30cm l'un de l'autre. Les yeux de Connor étaient très profonds, leur couleur noisette plus intense que jamais auparavant, empli d'une myriade de paillettes dorées et vertes.

« Ensuite », murmura Connor, « elle a changé d'avis. Elle a dit qu'elle voulait que tu reviennes. C'est ce qu'elle voulait, plus que sa magie ou papa ou un Noël heureux en famille. Elle te voulait toi. Elle voulait le fils qui l'avait blessée. Elle a la plus grande capacité à pardonner que j'ai jamais vu, Harry ».

Connor tourna la tête. Il tremblait légèrement. « J'ai peur de toi », dit-il. « J'ai peur de ta magie, et de la manière dont tu as détruit maman, en la privant de sa partie la plus importante à ses yeux, et de la manière dont tu piétines toutes les personnes autour de toi. Mais j'ai promis à maman que je te parlerais, et que j'essaierais de te ramener à elle. Vas-tu revenir ? »

Harry se sentit comme s'il tombait dans l'espace. Le monde autour de lui était trop grand, trop infini. Il savait qu'il pouvait rendre à Connor la famille dont il rêvait. Les lambeaux de la toile pulsaient dans sa tête, le pressant d'abandonner. Tout pourrait revenir à la normale. Il avait voulu cela, quand il avait parlé avec Lily de son rêve d'avoir une famille heureuse.

Mais et Draco ? Et Snape ? Et Remus ? Et Peter ? Et les sangs purs ? Et toutes les créatures magiques ?

Harry secoua la tête. « Je suis désolé Connor », murmura-t-il. « Je ne peux pas. Le rituel est définitif. Je ne peux pas lui rendre sa magie, et je ne peux pas lui rendre le fils qu'elle avait. Je n'ai pas confiance en elle, et je pense qu'elle t'a envoyé principalement parce qu'elle veut que tout soit comme avant, pas parce qu'elle m'aime réellement. Elle a peur de moi aussi ».

La respiration de Connor se coupa. Il ferma les yeux. Harry se demanda s'il sentait qu'il tombait dans l'espace comme lui.

Puis il rouvrit les yeux, et son regard fut incroyablement direct, rivé sur les yeux de Harry comme riftés.

« J'ai promis que je te ramènerais à elle », dit Connor. « Que je te parlerais et te donnerais une chance. Mais puisque tu refuses, je sais que tu ne reprendras jamais tes esprits. Donc »

Il prit une autre inspiration, celle-ci semblant pénétrer plus profondément dans sa poitrine. « Reviens avec moi, Harry ».

Harry sentit la compulsion de son frère bondir et s'enrouler autour de son esprit, bien plus douce qu'elle ne l'avait été l'année précédente quand il l'avait sentie pour la première fois. Elle esquiva habilement la plupart des boucliers d'Occlumancie qu'il avait dressé devant elle, se dirigeant vers la toile du phoenix. Une fois reliée avec elle, Harry savait qu'elle le convaincrait sûrement.

Il se fendit en arrière, en étendant toute sa volonté pour rester libre, pour détruire le fil de compulsion dans sa tête, et le désir d'obéir à l'ordre de Connor.

La toile du phoenix fut réduite en lambeaux, explosa, se dissout, et puis disparut.

Harry eut le souffle coupé. Le halètement voyagea à travers son corps, se répandant comme un nuage dans de nouvelles directions, trouvant de nouveaux espaces et les remplissant avec un brouillard et une brume doux et nouveaux.

Ce n'était pas la soudaine scission qui avait marqué la fin de sa capacité à croire sa mère, ni la sensation de triomphe et liberté qu'il avait ressentie quand le Détraqueur gris avait libéré sa magie. Au lieu de cela, le monde tourbillonna encore, et encore, puis Harry se rendit compte qu'il se tenait debout en haut de la Volière, et qu'il voyait dans toutes les directions.

Sa vue étincela de clarté. Il n'avait jamais vraiment vu avant, pensa-t-il avec émerveillement. Il voyait à présent.

Il pouvait voir comment les pierres s'ajustaient, comment elles fusionnaient aux coins avec force, comme elles se reposaient les unes sur les autres avec robustesse, comment elles s'agrippaient les unes aux autres pour résister aux coups de vent. Il pouvait voir les empreintes que les hiboux laissaient lorsqu'ils partaient en volant par la fenêtre, et, s'il se concentrait, il pouvait voir les liens qui reliaient les hiboux aux sorciers, et vice-versa.

Il voyait à quel point ces petites choses ordinaires étaient belles, et cela le remplissait d'émerveillement.

Il se retourna et regarda son frère.

Les souvenirs lui coupèrent le souffle, remplissant sa tête comme un épais brouillard suffoquant.

Il se souvint de l'air qu'arborait Hermione lorsqu'elle était sortie en trépignant de la Tour de Trelawney le jour où celle-ci avait énoncé la prophétie. Son frère lui avait parlé vertement puis avait dit quelque chose que Hermione avait trouvé impardonnable, et ils n'avaient toujours pas réglé ça. Hermione attendait, hérissée, offensée, que Connor fasse le premier pas, et puisqu'il avait été celui qui l'avait insultée, il l'aurait sûrement dû. Mais il ne l'avait pas fait.

Etait-ce là l'attitude d'une personne généreuse, gentille, ayant de la compassion, et qui voulait uniquement le meilleur pour tout le monde ?

Non.

Il se souvint de la manière dont Connor l'avait attaqué l'année précédente, quand il avait cru que Harry était le prochain Mage Noir, et qu'il découvrait son propre don de compulsion et sa peur face à cela. Etait-ce là l'attitude d'un chef de guerre, faisant face courageusement à son ennemi de la meilleure façon qu'il connaissait, sur un champ de bataille qui leur permettrait de se battre à armes égales ?

Non. C'était l'attitude d'un enfant effrayé.

Il se souvint de la manière dont Connor lui avait offert la Carte des Maraudeurs cet été-là et suggéré de laisser sa magie opérer sur elle, ou en créer des copies, pour consommer le pouvoir qui émanait continuellement de lui. Etait-ce là l'attitude de quelqu'un totalement irrécupérable ?

Non. C'était l'attitude d'un frère qui était inquiet pour moi, et aussi pour la sécurité des autres personnes de la maison, puisque ses parents ne se souvenaient même plus de lui et donc ne pouvaient se défendre.

Il se souvint de la façon dont Connor s'était réveillé à son chevet après les événements de l'année précédente, après avoir passé Merlin sait combien d'heures là, et lui avait dit à propos de sa possession par Tom Jedusor. Etait-ce là l'attitude d'un lâche qui ne connaîtrait jamais le courage de sa vie, qui avait été placé à Gryffondor seulement à cause d'une témérité arrogante ?

Non. C'était l'attitude d'une personne qui savait qu'elle avait eu tort, et qui était assez courageuse pour lui confesser son erreur.

Tellement de choses que je ne savais pas, pensa Harry avec émerveillement. Il avait l'impression qu'il voyait véritablement son frère pour la première fois, en ne lui donnant aucune fausse excuse, en n'oubliant pas les choses qu'il avait faites et qui étaient dignes d'éloges, en étant capable d'évaluer et de juger.

Est-ce que la toile du phoenix qui l'attachait à son devoir de frère protecteur avait réprimé à ce point son véritable lui, toutes ses facultés critiques lorsque Connor était concerné, toutes ses pensées ? Il semblait que oui, et pourtant Harry avait du mal à le croire. Cela paraissait tellement évident, maintenant qu'il regardait vraiment. Maintenant qu'il voyait.

Il se rendit compte que Connor l'observait. Il se demanda s'il attendait une réaction face à sa compulsion, ou si, tout simplement, il ne savait pas ce qui était arrivé. Harry n'avait aucune idée du temps qui s'était écoulé depuis qu'il avait ouvert les yeux.

Il n'est pas parfait. Il n'est pas impardonnable. Il est très loin d'être prêt à devenir le Garçon-Qui-A-Survécu, le leader dont nous avons besoin, ou tout au moins le leader que les gens attendent de lui. Il est humain. La moldue et Dumbledore ne nous ont absolument pas rendu service avec la toile du phoenix. J'aurais pu aider à l'élever mieux, s'ils n'avaient pas été aussi inquiets quant au fait que je me retourne contre lui ou que j'essaye de prendre sa place.

Mais il faut plus que du pouvoir pour être le Garçon-Qui-A-Survécu. Je pense qu'il faut plus que du pouvoir pour être quelqu'un d'important.

Harry fit un pas en avant, et Connor en fit un en arrière, assez rapidement pour cogner ses épaules durement contre le mur de la Volière. Sa voix était devenue rauque lorsqu'il éleva une main tremblante entre eux.

« Ne t'approche pas de moi », murmura-t-il.

Bien sûr, pensa Harry, après un moment à le regarder, curieux. Il a encore peur de moi. Il croit les mensonges de la moldue, et qui sait ce que Sirius lui a appris, lorsqu'ils étaient seuls dans la Cabane Hurlante ?

« Tu vas devoir arrêter les leçons avec Sirius, tu sais », dit-il à Connor. « Je pense qu'il t'a appris beaucoup d'absurdités. Les Serpentards ne sont pas diaboliques ».

« Voldemort vient de cette Maison ! » dit Connor.

Harry haussa les épaules. « Et Dumbledore vient de Gryffondor, et il est celui qui m'a attaché avec la toile du phoenix. Tu ne peux pas assigner tout le monde aux Maisons et déterminer s'ils sont bons ou méchants uniquement de cette manière, Connor. Ce serait trop simple. Et s'il y a quelque chose que le monde n'est pas, c'est simple ».

Il attendit un moment. Il se dit que la veille, ou même la nuit avant, lorsque Dobby et Fumseck lui avaient montré les toiles du monde magique, il aurait totalement paniqué s'il s'en était rendu compte à ce moment-là. Il voulait du simple. Du facile. Du clair. Le début de sa vie avait été si clair, avec le chemin du devoir qui s'étalait devant lui.

Mais à la place de paniquer, il ressentit une montée de joie sauvage, et commença à rire. Si les choses étaient compliquées, alors cela signifiait qu'il avait plus de choses à faire, plus de possibilités qui se déployaient autour de lui, plus de problèmes auxquels sa magie pourrait s'attaquer. Il y avait Connor, le rôle de vates, Sirius, sa famille, les tensions entre Serpentards et Gryffondors, il devait penser à comment il allait vivre maintenant que la toile du phoenix n'était plus là, comment il allait faire pour vaincre Voldemort, et il y avait aussi peut-être faire des choses comme se faire plus d'amis et se marier un jour, et les alliances avec les sangs purs, et se réconcilier avec son père s'il en était capable, et décider quoi faire à propos du loup-garou à l'intérieur de Remus…

La Volière explosa de lumière autour de lui quand sa magie commença à danser, créant plusieurs petites tornades folles de couleur dorée qui virevoltaient ensemble, s'entrechoquaient, disparaissaient dans une pluie d'étincelles, puis revenaient à la vie. Harry tendit une main devant lui, et s'entendit rire lorsqu'un peu de la lumière dorée forma une petite chose ailée qui aurait pu passer pour un vif d'or ou un petit phoenix. Il la projeta par la fenêtre de la Volière.

Le soleil avait complètement disparu à présent, bien que quelques lueurs dorées et émeraude persistaient encore. La lumière qui s'élevait de la création de Harry couvrit le sol et brilla tant qu'on aurait dit qu'il faisait jour à nouveau. Harry entendit une chanson qui commençait, et sentit une brise lui passer à travers et sortir par la fenêtre. L'odeur des roses lui emplit les narines, et le goût de miel lui emplit la bouche. Il rit, et ce son devint brièvement visible par des notes qui scintillaient et éclataient comme des bulles. Il ne pensait pas avoir été une seule fois aussi heureux dans sa vie.

Il avait eu tort à propos de tant de choses, et avait causé beaucoup de tort en encourageant Connor à persister dans son aveuglement. Il avait aussi eu raison à propos de beaucoup d'autres, et il allait avoir la chance de réparer ses erreurs. Il avait également eu tort de juste vouloir ressentir le fait d'être vivant et d'être libre dans un monde compliqué.

Ce qu'il ressentait était merveilleux.

La lumière dorée s'éleva plus haut, et encore plus haut. A présent, elle ressemblait à une masse ronde, comme une ampoule, au milieu des entrelacs qui recouvraient l'horizon qui se renouvelaient encore et encore. La chanson devenait de plus en plus forte, et c'était à présent une voix puissante et profonde qui chantait joyeusement à travers Poudlard.

Ron m'a dit de me raccrocher aux signes qui annonçaient ce que pouvait être mon avenir, pensa Harry, étourdi plus par l'exaltation que par la magie, mais pourquoi ? Je pense que c'est un bien meilleur message.

Je choisis d'être libre. Je choisis de vivre. Je choisis de réparer mes erreurs si j'en suis capable, et d'essayer d'apprendre quand il est déjà trop tard pour le faire. Et oh, je n'ai pas arrêté de me mentir à moi-même et je ne dois plus le faire, et apprendre à aimer Connor pour les bonnes raisons va me demander un travail monstre, et je suis nerveux, moi-même je pourrais trébucher et faillir.

Je m'en fous. C'est merveilleux, être libre et affronter la peur. Dumbledore devrait vraiment essayer quelques fois.

Et parce qu'il savait cela, il tourna le regard vers les toiles que Dobby lui avait montré dans son propre corps, celles qui étaient d'un rouge menaçant et qui brûlaient. Harry les atteignit et sentit la même sensation ténue de chaleur. Il savait qu'il pouvait les briser, s'il le voulait. Cela n'avait jamais été une question de pouvoir mais sa propre volonté qui les avaient maintenues là. Il n'avait pas voulu affronter ce qui l'avait attaché.

Les avertissements de Snape retentirent dans sa tête, et Harry savait qu'il ne voulait pas se précipiter dedans comme il l'avait fait pour briser l'Obliviate de Remus. Par conséquent, il délia précautionneusement la toile la plus grande, un peu comme s'il déballait un cadeau.

L'Obscurité lui tomba dessus. Harry comprit beaucoup de choses, à ce moment-là. Il avait réellement le don de manger la magie des autres sorciers. Il ne savait pas s'il aurait blessé ses parents ou son frère quand il était enfant, mais il aurait pu. La toile du phoenix avait brimé ses capacités au début, puis Harry l'avait fait, parce que la seule pensée de faire du mal l'horrifiait. Il soupçonna que la toile rouge avait été à l'origine du moment où il en avait entendu parler à Noël, ou peut-être la fois où il avait volé un morceau de la magie de Dumbledore quand il protégeait Draco.

Et bien, c'est vrai, mais le cacher ne résout rien, pensa-t-il avec une joie folle qui lui rappelait celle des Gryffondors, et il intercepta sa capacité lorsqu'elle essaya de s'étendre autour de lui et de manger la magie de Connor.

L'Obscurité l'enveloppa. C'était un peu comme monter sur un serpent qui ondulait, peut-être un basilic, et cela ramena des souvenirs qui étaient vraiment amusants, et Harry dut combattre sa propre envie de penser à Sylarana afin de pouvoir contrôler cette fichue chose. Mais il les combattit. Il laissa ses souvenirs passer à travers sa tête, et les endura.

Je suis le sorcier, pas toi, dit-il par la pensée à sa magie, en projetant des morceaux de son propre être autour d'elle- pas des toiles, mais des rênes. Je ne veux pas que tu deviennes folle et que tu manges la magie des autres, donc tu ne le feras pas.

L'Obscurité rugit, siffla et plongea. Harry n'était pas impressionné le moins du monde. Ce n'était pas parce qu'il pouvait manger la magie des autres que cela signifiait qu'il devait le faire, ou qu'il allait le faire.

C'est la leçon que Dumbledore et la moldue n'ont jamais appris à propos de moi, pensa-t-il tristement, au moment où il brida cette fichue capacité et l'enroula autour de lui. C'était la sienne. Il ferait ce qu'il voulait avec elle, et pas le contraire. Ils pensaient que je pouvais manger leur magie. Ils ne me faisaient pas assez confiance pour en prendre le contrôle, alors ils m'ont attaché.

Cela le fit regretter, pendant un moment, toutes ces années où il aurait pu grandir, enroulé dans sa propre magie, apprenant à la contrôler, mais il soupira et abandonna ses regrets. Le passé était le passé. Ce qu'il pouvait faire à présent, c'était apprendre à grandir à l'intérieur de sa magie, et rattraper le temps qu'il avait perdu. C'était le passé, et c'était le futur, et il allait vivre.

Et il allait s'assurer qu'il verrait son frère sans ses œillères, objectivement. Personne ne pouvait s'offrir le luxe de le voir de la manière dont il le voyait avant. Connor ne pourrait pas devenir le Garçon-Qui-A-Survécu de cette manière, et ils ne pourraient pas être des frères normaux en s'aimant de cette manière.

Oh, Harry savait qu'il devrait encore donner plus d'excuses à Connor qu'il ne le devrait, et il savait qu'il allait sûrement se sentir coupable, jusqu'à un certain point puisqu'il n'était plus sous contrôle magique, comme il l'était avant. La toile du phoenix était partie, et à présent il pouvait se rendre compte que des erreurs étaient des erreurs.

Il regarda Connor, et soupira en voyant le regard empli d'horreur de son frère. Harry fit un pas en avant, et leva une main.

« Connor », murmura-t-il.

Connor resta où il se tenait, tremblant, et Harry vit une tache sombre apparaître sur son jean, où il avait dû se relâcher dans sa peur. Puis il se retourna et partit en courant.

Harry soupira. Cela allait demander encore beaucoup de travail.

Il regarda par la fenêtre, où la lumière qu'il avait créée et qui ressemblait à celle du soleil couchant, se tenait et ne put s'empêcher de sourire. Et je suis prêt pour le faire.

Calmement, il descendit les marches de la Volière.

À suivre