Note de l'auteur:
Voici la review de Guest (toujours anonyme) que je viens de recevoir et qui devait avoir le droit de demander un chapitre bonus:
":Hahaha je viens de lire ta note d'auteur du chap 35 et je me rend compte que je n'avais pas signé! xD
Je viens rectifier ça tout de suite (sans avoir encore lu le chap 35)
Vraiment désolée '
Mais du coup, je n'ai pas vraiment d'idée encore pour un chapitre bonus... Si Espe29 en a une je serai ravie de lui laisser la place."
Du coup après un long conciliabule avec Mini-Severus et Mini-Remus, si tu as une idée entre temps n'hésites pas ton droit à un chapitre bonus reste au chaud... Et Espe29, tu as le droit à celui de demander un chapitre bonus pour la 40éme review vu que Guest te cède sa place. Mais Guest garde toujours son droit à un chapitre bonus parce que en cette fin d'année et lendemain de conseil de classe qui m'autorise à khuber (*Danse de la joie sous le regard désabusé de Mini-Severus*), je me sens d'humeur Poufsouffle: généreuse avec ceux qui le sont;)
Pour en revenir à du plus général, j'espère que ce chapitre dans les fins fonds d'un endroit que vous connaissez bien vous plaira. Ah et finalement j'ai bel et bien séparé encore une fois le chapitre en deux chapitre parce que ça faisait vraiment trop...
Bonne lecture!
Réponses aux reviews guest:
A Prox:
Wouah. J'en avais les larmes aux yeux d'émotion en lisant ta review. C'est assurément l'un des plus belles reviews que j'ai jamais reçue. Merci vraiment. Du fond du coeur. En espérant que tu aimeras ce chapitre également. Bises.
Nefaste:
Merci beaucoup pour ta review qui m'a fait chaud au coeur;)
De prévu avec ce tome là, i tomes. Je sais, on est pas prés d'arriver mais je me mets au défi de le faire et ça me tient vraiment à coeur, surtout que j'ai déjà toute la trame de couchée sur le papier avec des petits ajustements qui se feront en cours, et que j'ai déjà fini des chapitres de çi de là dans les autres tomes.
J'espère que tu continueras à apprécier mon histoire, et je te promets que je ferai tout mon possible pour ne pas me laisser aller à la vile faute de l'abandon !
Bises.
A Guest Anonyme: Voir la note d'auteur
A Alison:
Merci pour ta review, c'est toujours un plaisir que de lire celles que tu postent.
Je suis contente que ce chapitre t'ait plus.
Pour Walburga et Orion, j'avoue que je m'éclate (surtout avec Walburga).
Pour les protocoles et autres phrases c'est vrai que ça peut semblé très désuet, mais ma vision de la société sorcière de Grande-Bretagne d'après les livres de JKR, et mon imagination, est la vision d'une société très codifiée encore, un peu comme au siècle dernier du 20ème et même plus loin encore!
Si ça t'a fait rire, j'en suis ravie, et je peux te l'assurer: ce n'est pas fini;)
Pour Parkin, bonne mise au point, oui;). Mais on n'a pas finit d'entendre parlé de lui...
J'espère que ce chapitre, te plaira, le prochain ne devrait pas tarder;)
Bises.
Chapitre 30:
Le Lundi 26 mai arriva et avec lui le jour de la Retenue. Oh joie. Un mot reçu par un des Hiboux de l'école chacun nous en informa au petit-déjeuner:
"Votre retenue commencera ce soir à onze heures.
Rendez-vous avec Mr Rusard dans le hall d'entrée.
Prof. M. McGonagall"
Génial. Fantastique. Mirifique. A en mourir d'extase, de plaisir et de bonheur. Tout ce que j'espérais, c'était que nous n'aurions pas à récurer les chaudrons du Professeur Rogue. Parce que je n'étais pas sûre que nous y survivions. Au Professeur Rogue, pas aux chaudrons.
Nous étions tous les quatre entrain d'attendre dans le Hall d'entrée, quand onze heures sonna à la Grande Horloge du Château. Draco arriva enfin. Et il n'était pas seul. Blaise Zabini l'accompagnait. Je ne clignais qu'à peine les yeux. Qu'est-ce qu'il faisait là, lui? Ce fut Neville qui me chuchota à l'oreille alors qu'ils s'approchaient de nous:
-"Il a été surpris à essayer de crocheter un placard de l'infirmerie. Du coup, 20 points en moins pour Serpentard et une retenue."
Oh joie. Comme si mon frère ne suffisait pas... Pourquoi est-ce que je sentais tout cela extrêmement mal? Monsieur Rusard arriva avant que nous n'eussions eu le temps de "déclencher les hostilités". Il grogna:
-"Six chenapans de première. Eh bien la récolte a été bonne ces dernières semaines..."
Je le saluais en retenant un sourire amusé devant son air grognon surjoué:
-"Bonsoir Monsieur Rusard."
Il me salua en retour:
-"Bonsoir Mademoiselle Malfoy. Tombée dans les ennuis finalement?"
Je souris un rien coupable:
-"Vraiment désolée de vous causer du travail supplémentaire."
Il sourit:
-"Si vous ne criez pas sur le Professeur MacGonagall ça arriverait moins..."
J'haussais les épaules:
-"J'ai horreur de l'injustice et de l'abus de pouvoir."
Je sentais les regards étonnés des autres sur nous. Neville, Hadrian et Hermione, bien moins que Draco et Blaise, mais tout de même. Ils savaient que je m'entendais bien avec le concierge mais pas à ce point. Il grogna:
-"Pas faux. (Puis reprenant en général). Vu que vous êtes là tous les six, on va y aller."
Disant cela il nous emmena sur le chemin à travers la pelouse vers la Cabane d'Hagrid, après nous avoir fait sortir dehors.
-"Vous allez faire votre retenue avec Hagrid. Il a un petit travail à vous faire faire dans la Forêt Interdite."
La Forêt Interdite? Comme "Interdite"? Comme la Forêt dans laquelle on nous avait formellement interdit d'aller en début d'année? Comme la Forêt oh combien dangereuse et mortelle? Comme la Forêt où j'avais couru et où je m'étais endormie, en début d'année, après la confrontation avec mon Père? Cette Forêt Interdite là? Hadrian marmonna:
-""Vous avez été pris après le couvre-feu, c'est inadmissible alors pour la peine, en punition, vous irez dans la Forêt Interdite, dangereuse et mortelle dans laquelle on va interdit d'aller et cela en plein milieu de la nuit..." Elle est où la logique, là?"
Neville répondit d'un ton fataliste:
-"Logique sorcière anglaise, Harry, logique sorcière anglaise..."
Hermione marmonna:
-"Les sorciers de Grande-Bretagne sont vraiment cinglés..."
Je renchéris en marmonnement:
-"Je crois que j'aurais même préféré récurer les chaudrons du Professeur Rogue."
Blaise sembla étouffer un ricanement alors que Draco s'effrayait:
-"La Forêt Interdite? Mais on n'a pas le droit d'y aller! (Nous levâmes tous les yeux au ciel sans cesser de marcher, même Hermione et même Blaise) Et il y a ..."
Un hurlement de loup au loin. Je jette un coup d'oeil à la lune. Pleine lune. Génial. En pleine nuit dans la Forêt Interdite, par une nuit de pleine lune, six élèves de première année avec un garde-chasse demi-géant sans baguette. Nos chances de survies n'étaient pas très grandes. Draco devait se dire la même chose puisqu'il acheva en déglutissant bruyamment:
-"Des loups-garous."
Monsieur Rusard dit avec un sourire qu'on ne pouvait que qualifier de fourbe et de sadique:
-"Oh il y a bien plus que des loups-garous mon garçon, je peux te l'assurer... Bonne nuit..."
Et il s'en alla après un dernier sourire inquiétant. Je levais les yeux au ciel devant tant de théâtralité, en cachant un sourire. Nous étions arrivés de la Cabine, où Hagrid nous attendait devant un feu de camps avec Crockdur, après que Monsieur Rusard nous ait planté là. J'essayais de rassurer Hermione qui avait pâli considérablement aux paroles de Draco et de Monsieur Rusard:
-"Ne t'inquiètes pas Hermione. Si loups-garous, il y a dans le coin, soit ce sont des ásostos (Perdus en grec ancien) et dans ce cas-là ils se sont enfermés eux-même, solidement quelque part, soit ce sont des den eínai alysodeméni (non enchainés en grec ancien) et dans ce cas-là ils seront en meutes, et se tiendront à l'écart restant dans le téménos (enclos sacré en grec ancien) de leur chôra (territoire en grec ancien). Et ceux-ci seront situés très profondément dans la Forêt Interdite, trop pour qu'on en ait à s'en inquiéter."
Blaise s'étonna:
-"D'où connais-tu les Lois de la Meute, et les ásostos et les den eínai alysodeméni?"
Je me maudis intérieurement. En voulant rassurer Hermione, je m'étais dévoilée en partie. Devant les regards, je haussais les épaules faussement à l'aise et répondais sèchement:
-"Je lis beaucoup."
Le regard vert sombre se troubla un instant. Cependant Blaise doutait encore et il ouvrait la bouche pour me questionner davantage quand Hagrid nous souhaita bonsoir et nous fit nous rassembler autour du feu de camps. Blaise referma la bouche. Nous restâmes quelques secondes à nous regarder dans les yeux. Puis détournant le regard, nous rejoignimes les autres qui s'étaient déjà rassemblés. Draco énonça d'une voix qui trembla légèrement:
-"Je refuse d'aller dans cette forêt."
Je ne pensais pas que nous ayons vraiment le choix... Hagrid répliqua avec un ton féroce qui fit pâlir mon frère un peu plus qu'il ne l'était déjà avec sa carnation:
-"Il faudra bien y aller si tu veux rester à Poudlard. Tu as fait des idioties, il faut payer, maintenant."
Ah, en fait si on avait le choix. Soit on faisait la retenue et on restait à Poudlard, soit on ne la faisait pas et on ne restait pas. Techniquement, ça restait un choix. Techniquement. Mon frère chercha à protester encore:
-"Il n'y a que les domestiques qui vont dans la forêt, pas les élèves. Je croyais qu'on allait nous faire copier des lignes, ou quelque chose dans ce goût-là. Si mon père apprenait qu'on m'oblige à…"
Hagrid le coupa abruptement
-"C'est comme ça que ça se passe, à Poudlard. Copier des lignes, et puis quoi encore ? A quoi c'est bon ? Ou bien tu fais quelque chose d'utile, ou bien tu es renvoyé. Si tu penses que ton père préfère que tu t'en ailles, tu n'as qu'à retourner au château et préparer ta valise. Allez, vas-y !"
Draco ne bougea pas. Il lança un regard furieux à Hagrid, puis baissa les yeux. Bien sûr qu'il n'allait pas le faire. Un Malfoy viré de Poudlard? Ca ne s'était jamais vu. Quel déshonneur se serait... Hagrid reprit la parole:
-"Très bien et maintenant écoutez-moi bien, tous les six, parce que c'est dangereux ce que nous allons faire cette nuit. Je ne veux pas que vous preniez des risques. Suivez-moi par là."
Il nous mena à la lisière de la forêt et nous montra un petit sentier qui entrait dans la Forêt avant de se séparer en trois branches au bout d'un ou deux mètres entre les grands arbres noirs. Un vent léger agita nos cheveux et il me sembla entendre comme des chuchotements étranges et incompréhensibles entre les bruissements des arbres. Je frissonnais légèrement. D'autant plus quand Hagrid nous désigna quelque chose d'argenté au sol de légèrement scintillant qui ressemblait...à du sang.
-"Regardez, vous voyez cette chose argentée qui brille par terre ? C'est du sang de licorne. Il y a dans les environs une licorne qui a été gravement blessée par je ne sais quoi. C'est la deuxième fois cette semaine. J'en ai trouvé une morte mercredi dernier. On va essayer de retrouver cette malheureuse bestiole. Il faudra peut-être mettre fin à ses souffrances."
Une licorne? Une licorne avait été blessée? Et une autre était morte? Dans la Forêt? Et ils nous envoyaient nous six premiers années avec Hagrid et Crockdur en pleine nuit dans la dite Forêt pour dénicher la licorne blessée sachant que ce qui l'avait blessé se trouvait encore dedans?
Sachant qu'il y avait très peu de choses pouvant blessé une licorne et encore moins pouvant la tuer ça n'avait absolument rien de rassurant. Et le "mettre fin à ses souffrances" pas plus. Ils avaient conscience qu'on avait onze ans et qu'à cet âge là la plupart des enfants n'avaient jamais vu réellement de sang? Les seuls qui avaient du voir la mort ici, étaient Hadrian, Blaise et moi, et encore seuls Blaise et moi avions du soit l'infliger soit la voir de manières plus récentes et conscientes qu'Hadrian.
Hermione avait l'air de penser encore une fois mais mentalement uniquement cette fois que les sorciers de Grande-Bretagne étaient vraiment cinglés et faisaient vraiment peur. Quand je disais que c'était une jeune fille pleine de raison, de sagesse et de perspicacité... Draco posa d'une voix tremblante, une question qui pour une fois était très pertinente:
-"Et qu'est-ce qui se passe si le je-ne-sais-quoi qui a blessé la licorne nous trouve avant ?"
Hagrid énonça se voulant sûrement rassurant:
-"Tant que tu seras avec moi et Crockdur, rien de ce qui vit dans cette forêt ne pourra te faire de mal. Ne vous écartez pas du chemin. Nous allons tout de suite nous séparer en trois groupes et suivre les traces dans des directions différentes. Il y a du sang partout, elle a dû errer dans tous les sens depuis la nuit dernière."
Je le sentais mal, très mal. Et pourtant je n'avais pas les pressentiments quasi prophétiques d'Hermione et j'étais sensée n'avoir absolument aucun instinct de survie... Draco énonça avec force avec un bref moment de courage et d'assurance:
-" Je veux Crockdur avec moi."
Ca devait être les dents qui lui faisaient dire cela. Mais malheureusement pour lui Crockdur était plus du genre bonne pâte pantouflarde au coin du feu qu'autre chose... Hagrid se contenta de lever un sourcil:
-"D'accord, mais je te préviens, c'est un trouillard. Alors, Neville, Hermione et moi, on va d'un côté, Drago, Harry et Crockdur de l'autre, et Adal et Blaise vous prenez le chemin du milieu."
C'était en effet peut-être plus prudent ainsi, s'il voulait absolument séparer les Serpentards. Hadrian aurait tué Blaise et j'aurais tué Draco. Pas que je ne risquais pas de tuer Blaise ou Hadrian de tuer Draco, mais ça se ferait moins rapidement. Qui plus est... Je n'avais pas envie d'avoir une autre conversation avec Draco. Pas maintenant.
De plus Neville et Hermione étaient en apparence les moins suceptibles de bien s'en sortir avec les deux Serpentards par rapport à Hadrian et à moi. Je me demandais si Hagrid savait sous sa tignasse apparente de bon naïf, qu'Hermione aurait sûrement enterré Draco ou Blaise quelque part dans la Forêt et que Neville les auraient changés en arbre ou autre plantes, s'il les avaient mis avec l'un des deux. Qui sait...
-"Si l'un de nous trouve la licorne, il envoie des étincelles vertes, d'accord ? Sortez vos baguettes magiques et entraînez-vous dès maintenant. Voilà, très bien. Et si quelqu'un a des ennuis, il envoie des étincelles rouges pour que les autres viennent à son secours. Allons-y, maintenant, et faites bien attention."
D'accord... "Allez y les enfants, allez gambader en pleine nuit dans la Forêt Interdite trouver une Licorne, avec la chose qui l'a blessé et qui en a déjà tué une, sûrement encore dedans avec pleins d'autres dangers mortels, alors que vous êtes des premières années et que vous n'avez que vos baguettes. Et s'il y a un problème lancez des étincelles, pour avertir toute la Forêt où vous vous trouvez comme si la lanterne ne l'aura pas fait, d'accord? "
Hadrian avait l'air de vouloir se taper la tête contre un tronc d'arbre, Neville était désabusé, Hermione semblait hésiter à pousser un rire hystérique, Draco était plus pâle que jamais, Hagrid n'avait pas l'air inquiet plus que ça, Crockdur bavait allégrement, et Blaise était aussi joyeux et nonchalant que s'il se rendait à un pique-nique estival. (...) On était vraiment foutus.
Hermione et Neville partirent avec Hagrid sur le chemin de droite, et Hadrian, Crockdur et Draco tenant une lanterne sur celui de gauche. Blaise tenant une lanterne et moi restâmes seuls à l'embranchement. Nous nous regardâmes en chiens de faïences de longues secondes.
Blaise Zabini. Je pouvais compter sur les doigts de ma main, le nombre de nos "conversations". 1. Le Poudlard Express où je l'avais littéralement descendu et où il avait fui. 2. Je lui avais prêté un parchemin en cours de Métamorphose. 3. Ce matin durant la période "Tina". (...) et c'était tout. Les affrontements verbaux "Team Draco/Team Hadrian" ne comptaient pas vraiment.
Quoi qu'il en soit... Même s'il avait toujours été assez bredouillant et déstabilisé devant moi pour des raisons inconnues, il restait dangereux. Je n'oubliais pas qu'il restait l'Héritier de la Branche Anglaise Zabini, fils de Maria Zabini née Kirdian et de Romulus Zabini, de la Famille Zabini aussi Familia d'Italie soit une des Sept Familles de la Mafia dite "Magique" d'Italie. Il avait sans le moindre doute était très soigneusement formé sous et par la Loi de la Dague et de la Torche, deux des Symboles Primordiaux des Sept Familia d'Italie, qui remontait à l'Antiquité, provenant de Rome et s'étant chacune formée sur une des Sept Collines de Rome.
Quelle Famille était liée à quelle colline, cela était un secret très bien gardé. Tout comme quasiment tout à leur sujet. Si j'en savais autant dessus comme sur les loups-garous c'était parce que je tenais cela d'Eran. Tout comme mes quelques mots d'italien et de grec ancien. Eran avait grandi en Russie. Mais sa Lignée ne venait pas que de là...
Il finit par briser le silence, ses yeux vert jaguar rendus sombre par la nuit alors qu'il tenait la lanterne:
-"Allons nous passer la nuit à nous regarder ainsi? Non que cela me déplaise..."
Je répliquais calme:
-"Mais après toi Zabini, je t'en prie. Tu portes après tout notre source de lumière."
Il sourit dévoilant des dents d'un blanc qui tranchait avec sa peau sombre, que la nuit assombrissait davantage encore:
-"C'est bien parce que je suis "gentil", hein..."
Je lâchais sèchement:
-"Zabini, nous n'avons pas toute la nuit, nous avons une licorne blessée à retrouver, et ce qui l'a blessé doit encore trainer par ici. Or il n'y a pas beaucoup de choses qui puissent réussir à blesser une licorne et nous sommes particulièrement vulnérables ainsi éclairés par cette lanterne. Epargnons nous tous deux ces petits jeux, et faisons avec le fait que nous devions travailler tous les deux ensemble, sans que cela nous plaise particulièrement à l'un comme à l'autre."
J'avais haussé très légèrement le ton de mon chuchotis mais pas tant que cela. La lumière nous rendait déjà assez repérable. Blaise me regardait impassible en apparence désormais. Yeux bleu roi dans yeux vert jaguar, nous restons ainsi quelques secondes. Puis Blaise demanda:
-"Comment t'en sors tu, en combat, hors duel d'honneur?"
Je répondis:
-"Je me débrouilles."
Il demanda encore:
-"En travail d'équipe?"
Je souris froidement:
-"Tout dépend de l'Equipe et de sa bonne volonté."
Il inspire:
-"OK."
Il énonce ensuite:
-"Je suis gaucher, et je te sais droitière même si avec des tendances ambidextres comme moi. Je te proposes qu'on avance côte à côte, ton côté gauche et mon côté droit l'un à côté de l'autre. Je surveilles plus l'avant et toi l'arrière. Ca te va?"
J'hoche la tête après quelques secondes:
-"Cela me convient."
Blaise sourit:
-"Bien. (Reprenant un ton joyeux et enthousiaste). Et maintenant gente damoiselle, allons donc braver les dangers de la Forêt Interdite dans cette noble quête."
Levant les yeux au ciel, je l'entrainais avec moi, sur le chemin du milieu, prenant tout deux avec un naturel un rien effrayant la formation proposée par Blaise. Je tendais mes Sens au maximum, cherchant une trace qui pourrait rappeler celle d'une Licorne, tout en essayant de faire abstraction de l'Odeur de Blaise (Fèves de Cacao, Onyx et Bayou). Je m'arrêtais soudain, en disant:
-"Là."
M'accroupissant, j'écartais une feuille, révélant une tâche argentée. Blaise s'accroupit avec la lanterne, et je me redressais légèrement pour faire le guet. Il énonça après quelques secondes:
-"Le sang a déjà commencé à sécher. Elle a du passé par ici, il y a deux-trois heures environ. Elle courrait, ça se voit à la disposition des tâches."
Des compétences de pisteur. Normal, pour un membre d'une des Sept Familia Roma. J'observais le terrain autour et me figeais en détectant une Odeur: Lac souterrain, Laurier et Venin de Basilic. Une Odeur Familière sans que je parvienne à me souvenir d'où je l'avais déjà senti. Une Odeur appartenant à un humain... Mais un humain bizarre, dont la Trace faisait comme des sursauts parasites très désagréables à mes Sens. Mais ça le dire à Blaise, n'était pas une option. Quelque chose attira mon regard:
-"Zabini, regardes."
Il se releva et vint près de moi. Je lui montrais le fil de tissus d'un violet pourpre accroché à l'écorce d'un pin, dont la couleur titilla mon esprit et ma mémoire sans que cela soit concluant. L'Odeur de Lac souterrain, de Laurier et de Venin de Basilic s'accrochait à ce fil. Blaise lacha en un souffle:
-"Ca, ça n'appartient ni à Hagrid, ni à Draco, ni à Potter, Granger, ou Londubat."
Je réfléchissais à voix haute:
-"Qui va sinon dans la Forêt? Le Professeur Rogue pour des ingrédients, des élèves de 5éme, 6éme et 7éme années dans certains cours... Ca ne peut cependant appartenir à l'un d'eux, ça ne ressemble ni à leurs robes ou à l'uniforme."
Blaise examina l'écorce:
-"Elle est un peu arrachée. Le bois n'est pas asséché. Ca date de 2-3 heures..."
Nous finîmes en nous regardant pâles:
-"Comme le sang de la licorne."
Blaise lâcha en un souffle:
-"Putain..."
J'énonçais, glacée:
-"Ce qui chasse la licorne. C'est humanoïde..."
Mhallaichte. Des Chasseurs de Licorne. Tuer une Licorne, était un des crimes les plus effroyables du monde magique. On appelait ces Chasseurs, des Mhallaichte. Maudits en gaélique. Ils étaient extrêmement dangereux car il fallait l'être pour réussir à rattraper et à tuer une licorne, elles que même les loups-garous ne rattrapaient pas à la course... Je lâchais d'une voix que j'essayais d'empêcher de trembler:
-"Il faut retrouver et prévenir les autres. S'il y a un Mhallaichte dans la Forêt, alors il ne s'embarrassera pas pour écarter quiconque se trouvera sur son chemin et aucun de nous ne fait le poids."
Blaise lâcha:
-"Londubat et Granger sont avec Hagrid, un demi-géant devrait pouvoir résister un peu, un Mhallaichte ne les attaquerait pas en premier..."
Nous nous regardâmes avec un même regard exprimant la même idée horrifique: mais deux premières années seuls si. Et si les traces dataient de 2-3 heures pour notre part... Au même moment nous entendîmes un cri de terreur non loin, sur notre gauche. Je reconnus immédiatement la voix alors que ma Magie réagissait de même que le Lien: Draco!
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Je suis entrain de courir avant même de le réaliser. J'entends Blaise m'appeler tout en m'emboitant le pas. Je n'y accorde aucune importance. Draco et Hadrian sont en danger. Je ne sais pas si c'est le Mhallaichte ou autre chose. Tout ce que je sais, c'est qu'ils sont menacés.
Je débouche dans une clairière entourés de pins massifs, atterrissant dans une scène plus qu'étrange et effrayante. La licorne, corps argent et blanc au sol l'encolure ensanglantée, à l'autre bout. Draco reculant en trébuchant lanterne à la main. Hadrian tombé au sol entre des racines, baguette levée. Et une Ombre, noire enveloppée d'une cape et semblant pourtant sans substance, dressée au dessus de lui.
-"Flamio!"
Le sort s'échappe de ma bouche. Des flammes bleu roi et rouge sang s'échappent de ma baguette, et volent au-dessus d'Hadrian pour s'écraser contre l'Ombre qui recule avec un sifflement strident. Un autre sort vole par dessus mon épaule sur la silhouette alors que j'entends Blaise crier:
-"Diffindo!"
Sort de Coupure. Hadrian lance un sort depuis le sol:
-"Expelliarmus!"
Je suis en avant, dans la clairière désormais, et je relance un sort, me plaçant devant Hadrian, en profitant que l'Ombre ait reculé sous nos sorts, qui semblent cependant lui faire le même effet que des piqures de mouches:
-"Glacius!"
Pas plus la glace que le feu ne semblent faire effet. L'Ombre siffle et fait un large geste du bras. J'ai le souffle coupé, alors que c'est comme si un poing invisible me percutait en plein plexus, me projetant prés d'Hadrian sur le dos, au sol.
L'Ombre se rapprocha évitant un autre Diffindo de Blaise, et se pencha vers nous...
-"Confrigo!"
Le sort percuta avec une force impressionnante l'Ombre, la repoussant plusieurs mètres en arrière avec un cri suraigu de douleur. Me redressant je jetais avec Hadrian un autre sort en coeur:
-"Flamio!"
Le sort de Blaise suivit dans le même temps:
-"Expulso!"
L'Ombre recula encore, poussa un autre cri suraigu avant de faire volte-face et de voler hors de la clairière à toute vitesse. M'asseyant sur le sol, je vérifiais brièvement d'un coup d'oeil qu'Hadrian allait bien. Puis je me retournais, toujours assise. Vers la personne qui avait lancé le Confrigo. Draco. Il se tenait là le bras tendu, tenant sa baguette, haletant et tremblant, pâle.
Son regard gris pâle vint croiser le mien. Nous nous regardions comme hypnotisés, hors du temps. Le monde n'existait plus autour de nous. Tout s'effaçait. Ne laissant plus que l'autre en face de nous. Draco avait laissé retomber lentement son bras et j'avais fait de même, sans que l'un ou l'autre nous ne nous en apercevions ou que nous n'en tenions compte. Seul comptait l'autre. L'autre en face de nous.
-"Elle est encore en vie!"
Le cri d'Hadrian brisa ce moment. Arrachant mes yeux de ceux argentés à cet instant de mon Jumeau, je les posais sur mon meilleur ami qui s'était précipité au chevet de la Licorne, et qui venait de pousser ce cri. La teneur de ses propos me frappa soudain de même que leur compréhension. En vie. La Licorne était encore en vie.
J'étais debout avant même de m'en apercevoir, et à genoux au côté d'Hadrian prés de la magnifique créature avant même de le réaliser. Je ne perçus qu'à peine Blaise et Draco nous rejoindre presque simultanément, alors que je lançais déjà un sortilège de diagnostic que j'avais lu dans le livre offert par les Filles à Yule. J'essayais de garder mon sang-froid. Plus facile à penser qu'à réaliser.
Hadrian énonça d'une voix ferme:
-"Vous connaissez les formules de soin pour la régénération de sang, et la cicatrisation des tissues? C'est le moment de s'en servir. Maintenant!"
Je tendais ma baguette au-dessus de la plaie et me mis à palsomnier en même temps qu'Hadrian, et que Draco et Blaise qui s'étaient exécutés sans broncher ou s'indigner. L'heure n'était pas à la querelle ou à l'orgueil. La vie de la Licorne était en jeu. Car si comme l'avait dit Hadrian elle était encore en vie, elle l'était cependant à peine, et continuait de se vider de son sang sur le sol de la Forêt.
La Licorne laissa échapper une douce plainte, une petit hennissement, le premier vrai son que nous lui entendîmes, et ce fut aussi déchirant que le cri de détresse d'un nouveau-né. Les larmes me vinrent aux yeux. Je m'arrêtais de palsiomnier et vint poser ma main sur son pelage pour essayer de l'apaiser:
-"Ca va aller, ça va aller..."
-" Ca va aller Malen'kiy kot. Je te promets que ça va aller. Tu vas sortir d'ici vivante, je te le promets. Tu vas revoir la lumière du jour, sentir le vent sur ton visage à nouveau et courir pieds nus une fois encore sur la terre de chez toi. Je te fais la promesse que ça va aller. Je ne te laisserais pas mourir ici... Je te le promets."
La voix d'Eran dans ma mémoire, et ce moment, si semblable par certains côtés à celui-là. Les larmes sont plus fortes tout d'un coup, et je me sens légèrement trembler. Pas maintenant. Je dois rester concentrée sur la Licorne. Pas sur le Passé. Pas sur Eran. Sur ce qui vit encore. Alors qu'Eran est mort.
Steppes hivernales sous la Pleine Lune, Loukhoums, et Veste de Cuir. L'Odeur m'enveloppe. Surgie de ma Mémoire? Ou de mon Imagination? Comme cette Voix familière qui me donne envie de m'effondrer, alors qu'elle chuchote à mon oreille:
-"Continues Malen'kiy kot. Elle a besoin de toi. Tu peux le faire. A vous quatre vous pouvez la sauver. Alors bats toi. Bats toi Malen'kiy kot."
Je caressais avec douceur, l'encolure de la Licorne, les larmes aux yeux, alors qu'une force et une détermination nouvelles s'élevaient en moi. Je chuchotais:
-"Guéris. S'il-te-plait guéris."
Hadrian palsomniait toujours au dessus de la plaie et je continuais de même avec Blaise et Draco. La vie de la Licorne était en jeu. Je sentais nos quatre Magies se mêler de même que leurs Odeurs, Foudre, Tarte à la mélasse et Lys pour Hadrian, Féves de Cacao, Onyx et Bayou pour Blaise, et s'entremêlant, plus encore, beaucoup plus encore conséquence du Lien des Jumeaux, Parchemin neuf, Eau de Cologne et Granny Smith pour Draco et pour moi, Pomme Granny Smith, Velours, et Tempête de Feu.
Petit à petit les chairs se refermèrent, la poitrine de la Licorne se souleva plus fortement, son souffle se faisant plus présent et régulier. Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus aucune trace de la boucherie qu'avait été le cou de la Licorne et qui avait failli me faire rebasculer LA-BAS, et faire une Crise. Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus sous mes doigts que le poil soyeux et doux, plus doux que tout, sur la chair d'une tiédeur étrangement à la fois fraiche et brulante.
J'arrêtais de palsiomnier alors qu'un oeil sombre se fixait dans les miens. J'arrêtais de respirer, de penser. Ce qu'il y avait dans ces yeux n'avait pas d'âge. C'était... Enorme. Gigantesque. Comme si tout un univers avait été contenu dans cet oeil. Un univers comme sur les illustrations du livre d'Hermione sur l'astronomie moldue avec les grands ensembles de galaxies. Des milliers, des millions, des milliards, des milliards de milliards, une infinité d'étoiles dans cet oeil qui me regarde.
Je me sens mise à nue face à cet oeil. Minuscule. Jeune. Pour la première fois depuis longtemps il me semble, je me sens comme l'enfant que mon âge dit que je devrais être. Il me semble entendre une voix murmurer dans mon esprit:
-"Enfant de Wyllt."
Puis elle détourne son regard de moi et va pour se relever. C'est Draco qui me tire en arrière, pour qu'elle ne nous heurte pas, alors que je suis encore trop sonnée pour bouger. Un instant je me laisses la faiblesse de rester dans ses bras qu'il a refermés autour de moi.
Depuis combien de temps Draco et moi ne nous sommes nous pas touchés? Réellement je veux dire. Hormis quand je l'ais bousculé en début d'année et que je l'ai attrapé par le col pour le trainer hors de la Grande Salle pour parler. Je n'arrivais pas à m'en souvenir. Avant l'Endroit? Ce serait exagéré les choses...non?
Quoi qu'il en soit, durant quelques secondes, je me laissais à être faible. A oublier. A m'abandonner juste un peu à ces bras autour de moi qui m'enserrent tout comme l'Odeur de Parchemin Neuf, d'Eau de Cologne, et de Granny Smith et la Magie de Draco. Je me laisser aller à profiter de l'étreinte de mon Jumeau.
Et durant un instant même, je pensais à rouvrir le Lien. A retrouver réellement ce Lien incroyable liant mon Frére et moi, à mêler à nouveau nos Esprits, nos Âmes et nos Magies comme avant l'Endroit. Un Instant j'eus cette faiblesse et Magia sait que je vacillais, que je vacillais vraiment que je faillis le faire.
J'en avais tellement envie! Ma Magie, mon Âme, mon Esprit même le réclamaient. Mon Frère. Mon Jumeau. Mon Semblable. Mon Autre Moi-Même. Mon Double. Mon Egal.
"Cries petit oiseau. Cries. Souffres. Appelles donc ton Jumeau par votre Lien. Il a déjà sa Cage de réservé. C'est si facile de piéger des Jumeaux. Votre Lien est une telle faiblesse..."
Voix de mon passé, pas SA Voix mais une des Voix. L'instant est brisé. Je quitte les bras de Draco. Deux pas. Deux petits pas en avant. Quel gouffre, je sens dans mon dos, à nouveau entre lui et moi.
Je reportais mon attention sur la Licorne. Elle se tenait là à quelques pas, nous faisant face et nous regardant de ses yeux sombres parsemés d'étoiles qui m'en rappelèrent d'autres. Plus magnifique et vivante que jamais. J'entendis Blaise lâcher dans un souffle:
-"Magnifico..."
Si j'avais encore eu ma voix, sans doute aurais-je lâché quelque chose de semblable. Je sentis Hadrian se glisser à côté de moi et après une seconde Draco faire de même de l'autre côté. Ma baguette dans la main, je ne voulus tourner le regard ni sur l'un ni sur l'autre. Jusqu'à ce que je voie du coin de l'oeil, Hadrian se frotter sa cicatrice qui était rouge et gonflée. Je lui demandais dans un murmure:
-"Ta cicatrice?"
Sur le même ton:
-"Douloureuse quand cette chose était là."
Mon sang se glaça. Je n'eus pas le temps de rajouter quoi que ce soit. La Licorne venait de bouger. Pour être exact. Elle s'avança vers nous. Les Licornes sont parmi les êtres les plus purs qui soient et la croyance populaire même chez les Sorciers est qu'elles ne s'approchent que des jeunes filles. C'est faux.
C'est la pureté qui l'attire, pas celle de la virginité non, une autre pureté. Celle des enfants particulièrement. Parce que rares sont les enfants à avoir les mains tachées de sang. Elle s'arrête devant Blaise. Lentement, incline la tête et vint le toucher du bout de sa corne.
Je retiens mal un hoquettement silencieux. Elle le bénit. Elle le bénit par le Toucher de sa Corne. Rare sont les Sorciers qui peuvent se targuer d'avoir reçu la Bénédiction d'une Licorne. Nous sommes réellement entrain de vivre un événement unique. Et l'expérience doit être unique également pour Blaise au vu de sa tête figée en une expression de surprise, d'émerveillement, d'incrédulité, de fascination, et d'une certaine... crainte? Ou plutôt une horreur sacrée. Celle que l'on éprouve fasse à un Être qui nous dépasse en tout point. La même horreur sacrée que l'on doit éprouver face à un dieu descendant des cieux.
Elle finit par se détourner de Blaise et s'avance ensuite vers Draco. Je le sens frémir et hoquetter alors que la Corne le Touche. La Main d'Hadrian vient presser ma main brièvement alors que je ne peux regarder la Magnifique Créature qui Bénit à son tour mon Jumeau.
Elle s'attarde un peu plus longuement sur Draco. Son Héritage Veela sans doute. Ou peut-être quelque chose d'autre. Quelque chose de plus. Quelque chose qu'a mon Frère et que j'ignore. Tout comme j'ignorais qu'il puisse vouloir me sauver la vie, qu'il ne fuit pas en abandonnant Hadrian ou moi face à un Mhallaichte... Je réalise que j'ignore tant de choses sur mon Frère en réalité.
La Licorne finit par se détourner de lui à son tour reculant d'un pas et se décalant, tandis que je retiens mon souffle... Elle vient se positionner devant Hadrian. J'ai l'impression qu'une pierre vient de tomber dans mon estomac. C'est donc ainsi...
Je suis tellement couverte de sang, tellement détruite, tellement impure... Monstrueuse... Que même mon statut d'enfant n'influe pas la Licorne, qui se détourne de moi. Je me sens glacée. Je me savais monstre. Mais pas à ce point.
Un souffle léger caresse mon visage. Ce n'est qu'en les rouvrant que je m'aperçois que j'avais fermé les yeux. Mon coeur presque mort fait un bond dans ma poitrine. Elle était là! La Licorne. Devant moi. Me regardant. Son souffle me caressant alors qu'elle me fixait de ses grands yeux univers.
Elle me frôla de sa corne.
Durant ces quelques secondes où sa corne me toucha... Ce fut comme quand Hermione, Neville, Hadrian ou Perceval me serraient dans leurs bras, qu'ils mes souriaient... Comme si je méritais de vivre. Que j'en avais le droit. Comme si je méritais, comme si j'avais le droit... D'être heureuse. Heureuse et vivante. Alors que tant étaient morts LA-BAS. Qu'Eran était mort LA-BAS. Parce que je n'avais pas été assez forte. Que j'avais été trop faible. Durant ces quelques secondes, je crus presque que j'en avais le droit...
Puis.
Je lachais un sanglot silencieux alors qu'elle reculait. Voulus tendre la main pour la frôler, ouvrir la bouche pour lui dire de ne pas partir, de ne pas me laisser... Voulus. Je ne le fis pas. Je restais là. Me sentant plus seule et glacée que jamais.
Un instant elle était là. Puis faisant volte-face, elle disparut en deux trois bonds dans la Forêt Sombre, éclair d'argent-blanc, ses sabots frôlant à peine le sol alors qu'elle semblait voler. Nous restâmes immobiles sans respirer me semble-t-il un long moment. Secondes, minutes, heures? Je ne savais pas. Je ne savais plus. Le souffle coupé par cet instant que nous venions de vivre, un de ces instants uniques qui arrivaient tous les un ou deux siècles.
Puis.
Un bruit de cavale se fit entendre. L'instant se brisa. Nous nous retournâmes, baguette levée, prêt à affronter le prochain danger. Un bruit dans les hauts buissons... Et l'auteur du bruit, entra dans la clairière.
