Belmene : Je sens que la longueur ne va pas de plaire O_o J'espère que le fond rattrapera lol
John ne bougeait pas, se contentant de fixer sans ciller l'arbre en face de lui pour contenir cette colère sourde qui bouillonnait dans ses veines. Il la détestait ! Ce sentiment l'habitait tout entier. Il la détestait de lui faire subir ça, de le contraindre à cette humiliation. Plus que tout, il détestait la voir employer ses « dons » Assuran avec lui. Comme quand elle l'avait pris dans ses bras pour le transporter dans la forêt. Comme quand elle l'avait aidé à enlever son uniforme pour le plonger dans l'eau du lac. Comme maintenant aussi, alors qu'elle le tenait fermement par la taille pour ne pas le laisser couler à pique, parce que ses foutues jambes auraient été incapables de l'aider !! Parce qu'il était un pauvre infirme tributaire des autres pour un temps encore indéterminé !!
Elizabeth avait les yeux clos. Maîtrisant comme elle le pouvait son énervement et sa frustration. Enervement face à l'attitude égoïste de celui qu'elle tenait dans es bras et qui refusait de faire le moindre effort pour entamer sa guérison. Frustration de ne pouvoir le guérir grâce à ce qu'elle pensait être, sans doute pour la première fois, un don.
Immobiles au milieu du lac, aucun d'eaux ne bougeait. Ce serait au premier qui craquerait.
Un fin sourire se peignit soudain sur le visage d'Elizabeth.
Elle lâcha prise.
John disparut sous la surface du lac.
Une seconde.
Deux secondes.
Trois secondes.
Elle plongea et sortit quelques instants plus tard une tête ébahie hors de l'eau.
La stupeur qui tirait les traits du militaire fit bientôt place à la colère. Fou de rage, il se débattit.
« Mais vous êtes dingue ! Qu'est-ce qui vous a pris ?! éructa-t-il.
- Vous avez glissé, répondit-elle d'un calme olympien. »
Sans s'en rendre compte, le colonel battit des jambes pour tenter de lui faire lâcher prise. Elizabeth sourit. Elles répondaient. Faiblement, mais elles répondaient.
« Voilà un bon début, remarqua la jeune femme. »
Le cœur battant à tout rompre, le militaire fronça les sourcils et cessa peu à peu ses mouvements. Ses yeux se portèrent sur ses jambes plongées sous l'eau sombre. Puis ses mouvements cessèrent tout à fait.
Elizabeth continuait à le maintenir hors de l'eau sans le moindre effort, attendant qu'il prononce un mot.
Enfin…
« Elles bougent vraiment. »
Un murmure, presque un souffle. A peine audible pour des oreilles humaines.
« Oui, elles bougent, confirma la jeune femme en le pressant davantage contre elle. »
John ferma les yeux et posa une main sur l'un des bras de son amie.
« Vous êtes prêt ? demanda-t-elle. »
Il se contenta d'acquiescer en silence.
« Alors nous pouvons commencer. »
Oooooooooooo
Rodney soupira. Il reposa son stylo et se frotta les yeux.
« Docteur McKay ? Vous allez bien ?
- Oui, la pêche ça se voit pas ?! répliqua-t-il sèchement. »
N'entendant ni pas s'éloigner, ni voix répliquer, il ouvrit les yeux et leva la tête vers la personne qui lui tapait déjà sur les nerfs. Une jeune femme blonde, une infirmière à en juger par sa tenue, le regardait, gênée, un plateau repas en main. Le Canadien se radoucit un peu.
« Oui… désolé… ce sont ces équations qui me rendent dingue.
- Est-ce que… un repas vous aiderait à y voir plus clair ?
- Oui, répondit-il, étonné de tant d'égards. »
Face à lui, l'infirmière genii semblait nerveuse, ce qui intrigua plus encore le scientifique. Ce qui l'intrigua, et le rendit mal à l'aise.
« Hum, vous voulez vous asseoir ?
- Je ne voudrais pas vous déranger, j'ai juste pensé que ceci vous ferait plaisir, expliqua-t-elle rapidement, dans un murmure, en posant le plateau à ses côtés avant de tourner les talons.
- Attendez. Je vais pas manger tout ça, vous ne voulez pas rester un peu ? »
L'infirmière se tourna, surprise. Elle fit demi tour et vint s'installer sans un mot à côté de Rodney.
« Vous êtes sûr que vous n'allez pas tout avaler?
- Je suis sûr que c'est Sheppard qui a dit que je mangeais comme quatre ! C'est pas vous qui vous le farcissez en mission ! Vous voyez pas tout ce qu'il s'empiffre en barres chocolatées ! Et en plus…»
Un rire stoppa net la tirade. Il regarda son interlocutrice avec des yeux ronds.
« Excusez-moi, c'est juste que…. Vous êtes drôle. »
La mâchoire de McKay se décrocha. C'était la première fois qu'on lui disait ça quand il commençait à se plaindre. Tous ceux qu'il connaissait le réprimandaient… ou le frappaient. Même Jennifer.
L'infirmière lui sourit en prenant ce qui ressemblait à un morceau de pain, mais bien meilleur. Les cultures genii étaient très appréciées dans Pégase. C'était en parti pour cela que les atlantes avaient voulu commercer avec eux.
« La construction du caisson avance, annonça la jeune femme au bout de quelques minutes de silence reposant.
- Parfait.
- J'espère juste qu'il sera terminé avant vos calculs.
- Pour ça, je me fais pas de souci, soupira Rodney en jetant un regard à sa feuille noircie de schémas et de formules.
- Vous n'avez pas souvent confiance en vous, je me trompe ? »
Cette question laissa le scientifique sans voix. Du moins un moment.
Ils n'étaient que peu d'élus à percer sa carapace. Et jamais en aussi peu de temps.
L'infirmière lui tendit un morceau de viande sans le quitter des yeux. Elle avait vu juste.
McKay la remercia d'un sourire troublé.
Ooooooooooo
« On y est, soupira Ronon en lançant son sac sur le lit. »
Teyla posa à son tour son sac. Sans un mot. Oui, ils y étaient… Ils avaient marché toute la matinée et avaient glané un peu d'informations au bar Catalian qui faisait aussi « hôtel » à ses heures perdues. Les survivants Athosiens avaient gagné une planète sûre. Mais le patron de l'établissement n'avait pas su leur donner l'adresse. Il faudrait attendre le lendemain qu'un commerçant entretenant des relations avec eux soit de passage au bar pour en savoir plus. Et cette attente la rendait nerveuse. Elle était bien placée pour savoir que chaque minute comptait même si, comme le lui avait fait remarquer Ronon, la possibilité que quelque chose se produise les prochaines heures soit quasi nulle en comparaison des derniers mois.
Le Satédien savait que l'anxiété de Teyla n'avait cessé d'augmenter ces dernières heures. Et l'attente n'arrangeait rien. Il s'approcha d'elle et lui mit la main sur l'épaule.
« On saura demain. »
Teyla hocha la tête avant d'inspirer profondément et de se tourner vers lui, un sourire factice aux lèvres. Elle ouvrit la bouche pour répliquer, mais les mots se coincèrent dans sa gorge. Alors elle se contenta d'acquiescer en silence.
Ronon passa une main sur sa nuque et la rapprocha de lui pour finalement la serrer dans ses bras.
« Ca va aller, on a fait le plus gros. »
Teyla ferma les yeux pour refouler les larmes d'angoisse et de fatigue qui menaçaient de couler et, après un moment d'hésitation, lui rendit son étreinte. Heureusement, elle n'était pas seule…
Ronon ferma brièvement les yeux et profita de ces moments trop rares à son goût. Il aurait aimé parler d'eux, ce qu'il n'avait d'ailleurs jamais fait avec aucune femme !, mais il savait que ce n'était ni le lieu ni le moment. Il attendrait que toute cette histoire avec Torren, et surtout Kenaan, soit terminée. Il serait toujours temps de mettre les choses à plat par la suite. Pour le moment, il devait être là pour elle.
TBC
