Chapitre 37
Only an act of True Love
(FINAL)
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Exténuée, Anna expirait un râle en dégageant chacun de ses pas qui s'enfonçaient d'un coup brusque dans la neige. Relevant la tête, elle grimaça avec peine en voyant le pan de montagne qu'il restait à gravir avant d'atteindre le sommet. Tout en continuant d'avancer lentement, la rouquine se demanda comment il était possible, pour la tornade hyperactive qu'elle était et assumait être, d'être aussi épuisée par quelques centaines de mètres d'escalade.
- N'hésite pas, Anna… Répéta une fois de plus la voix de son aînée loin au-dessus d'elle, légèrement agacée.
La rouquine chassa son offre d'un revers de la main.
- Je… Vais… Très bien, souffla Anna, dont les jambes devenaient de plus en plus lourdes.
Plus elles s'approchaient du sommet de la Montagne du Nord, plus la neige devenait profonde, et lui arrivait parfois jusqu'aux genoux. Elle avait du mal à hisser ses pieds hors de la neige sans labeur à chaque fois qu'ils s'y plantaient, ce que sa sœur avait évidemment remarqué.
- Tu es certaine que tu n'as pas besoin que je t'aide ? Proposa Elsa pour la dixième fois.
- Pas besoin… J'arrive !
Quelques longues secondes, mensonges à soi-même et souffles rauques plus tard, Anna s'arrêta net et définitivement dans la neige fraîche. Lâchant un puissant soupir d'exaspération, elle laissa tomber ses bras le long du corps, les épaules affaissées.
- Bon, d'accord. Je veux bien que tu m'aides à mont—
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'elle sentit un grand tourbillon de flocons l'entourer et un souffle de vent la soulever à la taille. Poussant une exclamation de surprise, Anna regarda la force magique la porter et la hisser avec autant de puissance que de délicatesse hors du trou dans lequel elle était bloquée. La reposant un peu plus haut sur la surface de la neige, le tourbillon cessa lorsqu'Elsa baissa les bras qu'elle remuait, et elle sourit en voyant l'expression d'Anna.
- Là. C'est mieux, non ?
- Beaucoup mieux, admit Anna.
Elle lui adressa un grand sourire, leva le pied pour marcher vers sa sœur… Et s'enfonça aussitôt de nouveau de tout son poids dans la neige.
- C'est une blague ?! S'exaspéra Elsa, mais elle était aussi amusée par sa maladresse.
Anna lâcha un grognement vexé.
- Je te signale que tous les gens normaux s'enfoncent dans la neige comme ça. Il n'y a que toi qui arrive à…
La rouquine désigna ce qu'Elsa était capable de faire d'un mouvement vague de la main, et son aînée baissa les yeux pour suivre son geste.
Contrairement à elle durant les longues minutes qui venaient de passer, Elsa trottait avec une totale aisance sur la surface de la neige comme s'il s'agissait de pierre. Elle gloussa en constatant la différence de taille entre elles deux : Anna était plongée dans la neige jusqu'aux hanches, alors qu'elle se tenait de toute sa hauteur sur l'étendue blanche, qu'elle gravissait sans effort.
Derrière Anna, en contrebas, on voyait aussi la flagrante différence entre leurs deux passages. Celui d'Anna traçait une suite irrégulière de creux, alors que celui d'Elsa n'était ponctué que de minuscules empreintes de pas, presque imperceptibles, de ses talons de glace contre la neige.
- C'est injuste, nota Anna. Regarde-toi, tu es pieds nus dans des escarpins et tu ne te casses même pas la figure !
Elsa éclata de rire et descendit à son niveau pour l'aider.
- Tu préfèrerais que je tombe ?
- Non, pouffa Anna. Mais j'aimerais bien pouvoir marcher aussi facilement dans la neige. Maintenant je comprends comment tu as fait pour arriver si vite en haut en moins d'une nuit.
Elsa sourit et lui empoigna les mains pour l'aider à se redresser. Curieusement, Anna se sentit aussitôt plus légère, et remonta très vite.
- Attends, écarquilla-t-elle des yeux, et Elsa fut attentive, car elle avait remarqué cette sorte de changement de gravité aussi.
Anna ôta sa moufle droite et replaça sa main dans la sienne, puis avança prudemment un pied sur la neige. Elle enchaîna avec l'autre, puis l'autre, et ainsi de suite, jusqu'à parcourir dix mètres aussi simplement que si elle les avait franchis sur la terre ferme.
- Waoh, souffla-t-elle, impressionnée. C'est donc ça, ce que tu ressens ?
- On dirait bien… S'éberlua Elsa, clignant des yeux au phénomène. Donc tant je te ne lâche pas la main, tu vas aussi vite que moi ?
- Apparemment, sourit Anna, ravie, et elles continuèrent d'avancer.
Plus tard, il y eut un blanc, et elle put presque entendre sa sœur sourire niaisement. Elle sentit les doigts d'Elsa se desserrer et la quitter lentement.
- N'y pense même pas ! Menaça Anna, plus de peur que de méchanceté, et elle comprima sa main à la sienne, au point de lui écraser les doigts.
- Aïe ! Pas si fort ! C'est bon, je plaisantais !
Elles emmêlèrent leurs doigts entre eux et leurs mains balancèrent le long de leurs jambes tandis qu'elles marchaient calmement.
- Ça nous fait une bonne excuse pour nous tenir la main de nouveau, pouffa Anna.
- Je ne trouve pas ça dérangeant, assura Elsa.
Anna sourit, et fut ravie de ne plus avoir à s'essouffler d'effort. La sensation qu'elle ressentait lui paraissait d'ailleurs très étrange. C'était comme si à chaque pas, elle ressentait qu'elle poussait la neige, même si elle portait des bottes. Elle jeta un coup d'œil dans leur sillage, et ne vit que des infimes traces.
- C'est génial ! Lança la rouquine.
- Contente que tu perçoives la même chose que moi, sourit Elsa. Je n'en revenais pas la première fois que j'ai marché dans la neige aussi. Mais j'avais l'esprit trop préoccupé pour vraiment réaliser ce dont j'étais capable.
- Je comprends.
Plusieurs minutes passèrent, et elles aperçurent enfin un bout du palais de glace. Quelques mètres plus haut, en revanche, le vent se leva, et la température de l'altitude fit frissonner Anna.
- Ma main est trop froide ? Crut comprendre Elsa.
- Non, non, ta main est tiède, ne t'en fais pas, assura Anna en souriant. C'est le vent. Il fait très froid, tout à coup.
- Parce que nous ne sommes plus protégées par les autres montagnes, expliqua Elsa en regardant autour d'elle. Ici, c'est le point le plus haut avant le sommet.
Anna eut hâte d'arriver, mais resserra toute de même son col contre elle.
- Il va faire froid là-haut ? Je veux dire, dans ton palais ?
- Mmmh… Réfléchit Elsa, qui avait une notion seulement objective de la sensation de froid. C'est différent en fonction des pièces. Cela dépend de où on est.
- En fonction de si on est près ou loin de la cheminée ? Sourit Anna.
Elsa lui lança un regard détaché.
- Ha-ha-ha, tu es à mourir de rire.
La cadette trouva néanmoins sa blague très drôle et arbora une moue fière.
Au fil de leurs pas, la Montagne du Nord grandit, et elles n'eurent besoin que de quelques pas pour voir le palais dans son intégralité. Dans les lueurs automnales de la fin de l'après-midi, il resplendissait de mille feux.
Le soleil se reflétait sur les parois de glace, et chacune de ses grandes tours renvoyait une lueur éclatante ; mais il était également splendide par sa composition, sa forme et son élégance. Il ne s'agissait que d'une simple construction qu'Elsa avait franchement improvisée, toutefois les détails de chaque arcade, chaque fenêtre, chaque tour et chaque pinacle étaient scrupuleux, et la blonde faillit lâcher la main d'Anna lorsque celle-ci s'arrêta subitement sans prévenir pour admirer une nouvelle fois la création formidable de son aînée.
- Elsa, par Odin… C'est absolument magnifique.
Elsa se laissa le contempler à son tour, ayant tout autant le droit de s'en extasier.
- Avec la lumière orangée du soleil, c'est encore plus beau, ajouta Anna d'une voix larmoyante, et Elsa sentit ses doigts trembler légèrement.
Elles restèrent un moment immobiles, puis doucement, pour être sûre qu'elle finissait d'observer, Elsa continua de marcher pour aller jusqu'aux marches qui menaient à l'entrée.
Anna suivit son rythme, puis une fois à quelques mètres de l'escalier, elles se lâchèrent la main, la neige était ici suffisamment tassée pour que la rouquine puisse marcher sans problème. Anna observa le palais dans toute sa merveilleuse hauteur, du pic de la plus haute tour à cent cinquante mètres au-dessus d'elle jusqu'aux deux lourdes portes de glace taillées en un trapèze qui formaient l'entrée.
Elle sourit béatement, lorsque son regard fut attiré par un monticule de neige juste à côté du début de l'escalier qui enjambait le ravin, et qui semblait ne rien avoir à faire là, comparé à l'admirable symétrie parfaite dont Elsa avait fait preuve en créant l'architecture de son palais.
- Euh… S'étonna Anna. C'est quoi, ce gros tas de neige super moche ?
Elsa ricana à sa réaction, qui était assez légitime.
- Ce "gros tas de neige super moche", c'est Marshmallow, avisa-t-elle.
Anna écarquilla les yeux. Elsa s'avança et à peine s'approcha-t-elle à cinq mètres de l'escalier que le tas de neige se mit à bouger, à prendre vie, et à changer de forme comme un bonhomme de neige qui se créait tout seul. Sauf qu'ici, le bonhomme de neige faisait quatre mètres de haut par trois de large, et avait une forme bien plus humanoïde. Sous ses yeux ébahis se composa Marshmallow, le gardien du palais, qui sourit aussitôt qu'il reconnut Elsa.
Anna remarqua qu'il ne portait plus les pics menaçants qu'il avait autrefois aux doigts, aux genoux, à la tête et au torse. Au contraire, il semblait doux et affectueux, aussi n'eut-elle finalement pas de surprise de le voir enlacer Elsa, heureux qu'elle soit revenue le voir. Lorsqu'il se redressa, et remarqua la présence de sa cadette, Anna crut un instant qu'il allait la chasser, puisqu'il avait après tout été créé pour cela. Néanmoins, il sourit tout autant, et se précipita sur elle pour lui faire un câlin à son tour.
Anna prit peur un instant, aussi Elsa lui demanda d'y aller doucement avec elle, et ils s'enlacèrent, même si c'était difficile avec sa taille imposante. En prenant du recul, Anna se souvint de la conversation qu'elle avait eue avec son aînée à Corona. Elle devina qu'Elsa, s'étant sentie trop coupable de l'avoir fait fuir du palais en le concevant, lui avait probablement expliqué lors de son précédent séjour qu'Anna était désormais la bienvenue ici.
Marshmallow récupéra sur le sol, du bout de ses gigantesques doigts de glace, le sac qu'Anna avait fait tomber de peur sur la neige, et le lui tendit, ce qu'Anna trouva si attendrissant qu'elle oublia tout souvenir négatif qu'elle avait sur ce bonhomme de neige.
Elsa lui indiqua les escaliers, qu'elle lui invita à franchir en premier.
- Tu es maintenant l'invitée d'honneur, sourit Elsa. On est là pour oublier et pardonner, et dénouer les nœuds de notre passé.
Anna sourit.
- Des nœuds restés trop longtemps gelés, commenta la rouquine.
Elle s'engagea dans l'escalier, gravissant une à une les plaques de glaces disposées en escalier, formé au-dessus d'un gouffre à perte de vue, qu'elle regarda de toute manière sans vertige. Anna était d'ailleurs assez impressionnée par la longueur et la solidité du pont, en plus d'être d'une grande beauté.
- Regarde où tu vas, conseilla Elsa, qui la surprit, en marchant derrière elle, en train de se pencher par-dessus la rambarde.
- Hmm ?
- Les marches sont probablement gliss—
Sur ses mots, Anna patina sur l'une d'entre elles, et faillit s'étaler de tout son long. Elsa se mordit les lèvres pour ne pas rire. Enfin, arrivées en haut des marches, la reine l'invita à être celle qui ouvrirait les portes pour marquer le coup.
- Non, requit Anna. On devrait le faire ensemble.
Elsa sourit, et, d'un même geste, les deux sœurs poussèrent chacune une porte de glace et entrèrent dans le hall du palais.
Alors qu'elle se promenait dans l'édifice, Anna sourit en comprenant ce qu'était la pièce devant laquelle elle venait de passer. Tournant discrètement la tête en contrebas, elle vérifia à travers l'alcôve du premier étage qu'Elsa était toujours occupée à discuter avec Marshmallow, puis elle marcha à pas de loup dans le sens inverse pour revenir devant la porte.
Chaque pièce du palais de glace était évidemment composée de glace, et taillée dans de la glace, aussi était-il normal que les murs soient plus ou moins transparents, bien que parfois flous par leur épaisseur. Néanmoins, la pièce devant laquelle la princesse se tenait avait des murs à la densité différente, ce qui produisait un effet fumé, comme une vitre accueillant volontiers la lumière mais gardant une certaine intimité. C'est ce qui mit la puce à l'oreille à Anna et l'incita à en pousser la porte d'entrée, le visage attendri. Et l'intérieur confirma totalement sa théorie.
Elle entra dans la chambre d'Elsa, "du moins la chambre de sa résidence secondaire", pensa Anna, et observa autour d'elle. La rouquine avança toujours très discrètement, à pas lents, ce qui était à la fois pour faire le moins de bruit possible sur la glace pour ne pas éveiller les soupçons de sa sœur, mais aussi pour ne pas y glisser et tomber sur le sol comme elle l'avait fait trois fois les minutes qui précédaient.
Lentement, elle regarda autour d'elle, du sol au plafond, et son sourire s'élargit, d'autant de tendresse que de béatitude. La pièce était plutôt grande, à vrai dire plus grande que la chambre d'Elsa au château, et Anna constata qu'elle ne s'était pas gênée pour la placer au deuxième étage du palais, le plus haut, orienté vers l'Ouest – ce qu'elle remarqua avec le soleil qui n'allait pas tarder à se coucher. Sa grande fenêtre sans vitre lui permettait d'avoir un excellent point de vue sur les montagnes environnantes, bien qu'elle ne vaille pas le balcon à l'étage en-dessous.
La rouquine leva la tête vers le plafond et reconnut un lustre de glace similaire à celui du hall, en version miniature. Instinctivement, son regard bascula très vite sur le lit, qu'elle s'imagina par humour on ne peut plus inconfortable, puisqu'il devait probablement n'être composé que de glace. Mais Elsa avait été ingénieuse. Anna eut un haussement de sourcil étonné et sourit en voyant que même si le sommier du lit était taillé dans de la glace brute, les draps et ce qui ressemblait plutôt fidèlement à un matelas étaient composés d'un milliard de couches de flocons, de la même manière que le corset qu'Elsa portait la majorité du temps.
La cadette gloussa, car le lit semblait finalement très douillet, et il fut difficile pour elle de résister à l'envie de s'y jeter. Elle n'osa cependant pas, et préféra continuer à regarder le contenu de la chambre. La décoration était assez rudimentaire, parce qu'Elsa ne séjournait jamais longtemps ici. Les murs étaient tout de même décorés de frises mêlant flocons et crocus, tout comme celles du voilier, ce qui fit sourire de sarcasme Anna, et les arcades soutenant le plafond étaient taillées avec minutie et une grande précision.
La princesse pensait avoir tout vu et se redirigea vers la porte, lorsqu'un tintement parvint à ses oreilles. Elle crut d'abord que c'était son imagination, et s'apprêtait à sortir, mais le tintement reprit, et d'autres de différentes tonalités l'accompagnèrent, comme une mélodie, irrégulière mais très douce. Anna tourna la tête, et remarqua, accroché à l'encadrement de la fenêtre, quelque chose dont la beauté la sidéra tellement que son pied glissa bruyamment sur le sol, et elle se rattrapa de justesse sur le meuble de la coiffeuse pour ne pas tomber sur les fesses. Se redressant grâce au poids de la glace du meuble, Anna ne quitta pas des yeux ce qu'elle avait découvert.
Les rideaux de la fenêtre, ondulant délicatement à la brise de l'altitude, étaient conçus de la même manière que la traîne de la robe d'Elsa. Il s'agissait de deux longs voiles brodés de minuscules fils de flocons d'une grande finesse, et qui étaient si minces et d'une transparence si poétique qu'on aurait cru de légers foulards flottant au vent. Et de temps à autres, lorsqu'ils ondulaient, ces rideaux laissaient entrevoir l'objet qui avait créé la mélodie, et continuait à résonner maintenant subtilement dans la pièce, dont Anna s'approcha lentement.
Suspendu à l'encadrement de la fenêtre, un carillon composé de cercles de glace, et de palets bleutés semblables à des coquillages fins, tintait doucement au gré du vent, offrant une délicate mélodie. Les yeux d'Anna s'embuèrent légèrement d'émotion en voyant le carillon, et elle approcha doucement ses mains pour les passer autour sans prendre le risque d'abimer cette œuvre raffinée.
Bercée par le son des palets de glace ricochant contre des minuscules sphères creuses, qui formaient des clochettes et pivotaient sur elles-mêmes au bout de fils de glace, Anna resta un moment à le contempler.
- Je le faisais avant de m'endormir, lança une voix douce derrière elle.
Anna sourit et se retourna, trouvant la même expression attendrie sur le visage de sa sœur, appuyée les bras croisés contre l'encadrement de la porte.
- J'ajoutais ou changeais quelques-unes des formes chaque soir, pour rendre la mélodie différente, raconta Elsa en avançant.
Sa sœur sourit et retourna la tête vers le carillon.
- Il est magnifique, murmura-t-elle.
Elsa marcha jusqu'à elle et pivota un cercle pour faire tinter pleinement le carillon. Une mélodie, irrégulière mais harmonieuse, retentit à leurs oreilles. Elsa sourit.
- J'aimais bien l'idée d'avoir un petit fond musical avant de me coucher. Ça me rappelait les berceuses que maman nous chantait quand on dormait dans la même chambre, tu te souviens ?
Anna sourit, et regarda son visage plongé dans ce souvenir.
- Bien sûr que je m'en souviens.
Elsa tourna le regard vers elle, puis haussa des épaules avec une moue.
- Et puis, j'aime bien les carillons. Je choisis la décoration que je veux, quand même !
Sa cadette ricana.
- Ta chambre est superbe, vraiment ! Assura Anna en ouvrant les bras sur ce qui les entourait.
- Merci, sourit Elsa. Tu as fini de faire le tour ? De toutes les pièces ?
- Je crois bien, oui. La dernière fois, je n'avais vu que les deux principales, c'était un peu frustrant, sourit-elle. Je suis contente d'avoir tout visité.
Elsa pencha la tête, désolée, mais était heureuse qu'elle ait tout vu à présent. Elle passa son bras autour du sien, et elles ressortirent de la chambre.
Alors qu'elles passaient le seuil de la porte, le palet de glace le plus haut du carillon changea de forme dans un crissement de flocons, et ce qui était un rond se transforma en un cœur.
- On a vraiment la plus superbe des vues, admira Anna en regardant tout le royaume d'Arendelle en-dessous d'elles.
Appuyée sur la balustrade du grand balcon, elle observait les forêts et les montagnes aux couleurs automnales, baignées dans la lumière dorée du coucher de soleil.
- C'est vrai, sourit Elsa, la voix un peu faible, car elle se perdait comme elle dans la contemplation du paysage.
Un silence s'installa, mais il fut totalement différent de tous les silences qui s'étaient jusqu'ici imposés entre elles.
Il n'était ni émotionnel, car elles avaient totalement renoué le contact, ni gênant, car la complicité qu'elles ressentaient désormais était parfaite, ni même solennel, le deuil de leurs parents appartenant dorénavant au passé. Il n'était pas non plus respectueux, car l'une comme l'autre l'aurait brisé pour dire une blague si le contexte le voulait, ou encore confus, car elles savaient pleinement quelle était maintenant la qualité de leur relation.
Non, le silence qui s'établit n'avait rien de tout cela. Entrecoupé seulement du son du vent ou des gazouillements des oiseaux au loin, il était profond, sincère, et unique. C'était un silence d'amour.
- Anna, je suis tellement heureuse que tu sois là.
La voix d'Elsa retentit avec écho devant elles.
- Moi aussi, Elsa, dit Anna à son tour.
Le son de sa voix se mêla à l'écho d'Elsa avant même qu'il ne se termine. Leurs doigts aussi s'emmêlèrent, et appuyées de leurs avant-bras sur la rambarde, elles sourirent à l'unisson.
- Je n'en reviens pas qu'on ait vécu tout ça en si peu de temps, réalisa Anna.
- Oui, c'est sûr, souffla Elsa. Depuis juillet, on a enchaîné les événements.
Anna acquiesça lentement, de manière comique, et Elsa lui donna un coup d'épaule.
- C'est trop pour une seule vie, soupira Anna pour plaisanter.
Elsa ricana. Il était vrai que leur quotidien n'avait pas été de tout repos.
- Ne me fais pas croire que tu n'as pas apprécié d'avoir de l'action toutes les semaines, sourit Elsa, connaissant très bien son besoin d'adrénaline.
- Je dois avouer, c'était une sacrée série de situations.
La princesse sourit, et ses yeux se levèrent au ciel.
- En tout cas, une chose est sûre, à nous deux, on marque notre Temps…
- Qu'est-ce que tu veux dire ? Demanda l'aînée.
Anna se tourna vers elle, souriante.
- Entre tes pouvoirs et ce que nous avons vécu ces derniers mois, nous entrerons certainement dans les légendes.
La Reine des Neiges sourit à son tour.
- Tu as raison.
Les deux sœurs observèrent les montagnes en silence, l'air serein.
- Après tout, ajouta Elsa, il y aura toujours quelqu'un pour raconter notre histoire…
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FIN
NDLA :
Ça y est, le dernier chapitre. Wahoh. Ce que vous venez de finir est une fanfiction de 330 pages, de plus de 140 000 mots, et que j'ai réécrite 39 FOIS. Donc ça me paraît vraiment fou de dire que ça y est, c'est terminé.
Après 2 ans de travail, ça a été un vrai plaisir de partager cette fanfic avec vous, surtout avec les retours positifs que vous m'en avez fait. Merci, merci, MERCI ÉNORMÉMENT pour votre fidélité et votre soutien mes p'tits avotacos.
Quel a été votre moment préféré ? Le passage qui vous a fait le plus rire ? Celui qui vous a fait tellement mal que vous avez eu envie de me taper ? Le passage le plus badass ? Le plus fun ?
J'offre des cookies à quiconque d'entre vous qui partagera cette fanfiction autour de lui. Vous en serez adorables !
On se retrouvera certainement sur d'autres fandoms, sur d'autres fanfics… ;) Et d'autres sites. :)
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:D À bientôt !
