Voilà, c'est le dernier...
Chapitre 35
Le lendemain matin, John – qui pour une fois avait passé la soirée en compagnie de Sarah – se retrouva à Baker Street, tout seul et en fut surpris. Sherlock n'était pas rentré, une première. Sur le moment, John pensa qu'il avait passé la nuit chez Molly, mais il eut un doute quand même. On parlait de Sherlock... Alors, il prit son portable et envoya un texto à Mycroft. Pas la peine de déranger cet homme déjà très pris en l'appelant directement. Prévoyant, il avait enregistré le numéro le jour où l'aîné des Holmes était passé par son portable pour rouspéter envers le silence de son cadet.
« Sherlock absent au 221 Baker Street. Est-ce que je pense bien à la même chose que vous ? » lui envoya-t-il avec un sourire béa. Puis, il posa son téléphone sur la table en se dirigea vers le frigo pour trouver de quoi grignoter ce matin. Pas de tête coupée en vue, c'était déjà ça. Il n'eut même pas le temps d'y arriver que son portable bippa. Un message. Comme un dément il se précipita sur l'appareil pour ouvrir le message qu'il venait d'avoir.
« Vous pensez bien à la même chose que moi. Pas d'inquiétude, docteur Watson, bonne journée ! Et profitez bien de « son absence » lui avait répondu Mycroft.
Devant pareil message, John sourit. Ainsi donc Sherlock avait décidé de briser la glace qui retenait son cœur. Tant mieux, il avait hâte de voir la transformation de son ami sociopathe. Il sourit aussi à l'insinuation de Mycroft : il pourrait passer la journée tranquille avec Sarah, sans que Sherlock ne vienne l'enquiquiner.
Sherlock et Molly s'éveillèrent eux aussi mais de manière différente. Sherlock s'éveilla d'un bond, se redressant dans le lit, le corps en sueur. La cause ? Dans son sommeil, il avait eu un rapide flash avec Moriarty et c'était cela qui l'avait réveillé en sursaut, la peur au ventre. Haletant, il reste un moment immobile, se rendant compte que ce n'était qu'un mauvais rêve. Sur le moment, il fut un peu déstabilisé en ne reconnaissant pas son lit, puis, tout lui revint.
« Triple imbécile, pensa-t-il. Comment peux-tu oublier ce que tu as fait ? ».
L'avantage de tout cela c'est que son réveil fut accueilli par une main baladeuse, quelques câlins bien ciblés et les baisers de Molly qui l'apaisèrent d'un seul coup. Le jour était levé depuis longtemps déjà et le soleil filtrait à travers les rideaux de la chambre. Ils restèrent un moment enlacés, savourant leurs étreintes et leurs caresses. Cette enquête avait mis leur nerf à vif alors qu'à chaque seconde la tension et le désir grimpaient entre eux, sans qu'ils n'aient le droit de l'assouvir. Maintenant, ils se retrouvaient enfin après deux longues semaines de travail et d'effort.
Quelques minutes plus tard, Molly tenta de se lever, mais à chaque fois il la retenait et la rapprochait vers lui. Elle se laissa faire en rigolant doucement. Se séparer tous les deux, même pour quelques minutes allait être une véritable épreuve, surtout au début. Son envie d'elle était plus tenace que son envie de cocaïne ou de tabac, c'était plus violent que ça. Il était sûr qu'ils pouvaient rester au lit toute la journée sans que cela les gêne outre mesure et pourtant, il n'était pas un spécialiste des grasses matinées.
Ils restèrent encore quelques minutes dans les bras l'un de l'autre et le détective en profita pour la couvrir de baiser sur tout son corps. Elle ferma les yeux, savourant le moment où les lèvres du logicien parcouraient son corps, faisant monter le désir en elle. Que c'était bon d'avoir quelqu'un qui vous aimait vraiment et non un flirt de quelques jours ou de quelques mois. Elle n'arrivait pas encore à croire qu'il était fou d'elle et pourtant, même s'il ne le disait pas encore clairement, ses actes le trahissaient de par eux-mêmes. Cette bouche avide, ces mains exploratrices...
Ce fut à contrecoeur qu'elle se libéra de sa bouche gourmande pour aller prendre une douche. Non pas qu'elle ne voulait pas rester, mais elle savait qu'avec les hommes, mieux valait les faire languir un peu. Elle prit au passage quelque affaire et s'enferma dans la salle de bain, un immense sourire aux lèvres. Poussant un soupir d'aise, elle entra dans la douche et apprécia le jet d'eau chaude qui coula sur ses épaules.
Sherlock entendit l'eau couler et resta un moment allongé à regarder le plafond. Ses yeux inquisiteurs se promenèrent dans la pièce pour mieux s'imprégner du cadre de vie de Molly. La décoration reflétait bien sa personnalité : rien de trop tape à l'oeil, mais rien de ringard non plus. Des jolis meubles pratiques, pas de ceux que l'on livrait en pièces détachées avec le mode d'emploi en japonais, mais des meubles solides livrés déjà montés. Le chat entra dans la pièce et sauta sur le lit, tout content de retrouver Sherlock, se frottant à lui en roucoulant et en ronronnant.
- Oui, je sais, toi aussi tu m'a manqué, le chat, fit Sherlock en rigolant, essayant de repousser le chat qui montait constamment sur lui.
Il était trop sensible, ce chat.
Molly commençait à lui manquer tout de même. Alors, il poussa doucement le chat vers le côté du lit et se leva, uniquement vêtu de son slip. Une chose vint frapper son esprit et il rigola tout seul dans la chambre tout en se traitant d'imbécile, un grand sourire aux lèvres. Mais oui ! Il venait de se rappeler leur cohabitation et ces instants où ils ne cessaient de se surprendre dans la salle de bain. Une idée lubrique venait tout simplement de naître dans son esprit lorsqu'il s'était rappelé une phrase qu'il avait dite : « on la prendra ensemble, la prochaine fois ». Mais quelle bonne idée.
Se frottant les mains de plaisir, il s'avança vers la salle de bain et ouvrit la porte tout doucement. Molly lui tournait le dos et il admira son dos et même plus bas, qui ruisselait sous l'eau de la douche. Le liquide cascadait sur ses fesses et cela lui fit ressentir une pulsion dans le bas ventre. Elle était magnifique. D'un geste souple il ôta son slip et le fit valdinguer derrière lui.
Sans faire de bruit, il ouvrit doucement la porte en verre de la douche. Molly, qui n'avait rien entendu, sentit un petit vent frais entrer dans la douche et des mains se poser sur ses hanches. Elle sourit et se mit à rougir de plaisir car elle avait bien senti les intentions du détective. Sa main diminua le flux de l'eau. pPas besoin de se faire marteler la peau par le jet.
Sa bouche embrassa le cou de Molly, déposant des baisers brûlant sur ses épaules, descendant plus bas, ses mains caressant le creux de ses reins, remontant ensuite vers sa poitrine. Elle se cambra et frémit de plaisir, fermant les yeux avant de se retourner vers lui. Ses mains se posèrent sur le haut du torse du locataire du 221 bis, le retenant un peu, tandis qu'il caressait son nez avec le sien.
Elle frémit encore plus lorsque les pointes de ses seins entrèrent en contact avec le torse de Sherlock. Il adorait la sentir frémir, la sentir perdre pied contre lui, et il lui fit un sourire carnassier. Du bout de ses doigts, il retraça ses formes, descendit un peu plus bas, remonta ensuite, la faisant mordre ses lèvres de plaisir. Sa peau était encore plus douce sous l'eau. Leurs lèvres se frôlèrent doucement, ils prenaient leur temps, puis Molly approfondit le baiser, enfouissant sa langue dans la bouche du détective qui n'en pouvait plus, elle le sentait bien.
Son sexe était dur contre son ventre et Molly le caressa, faisant gémir Sherlock. Elle aussi adorait quand il perdait tous ses moyens. Tous les deux avaient la respiration haletante, le désir se faisant de plus en plus sauvage.
N'y tenant plus, elle passa ses mains autour de son cou, il se colla à elle et descendit ses mains de ses hanches vers ses fesses, les agrippant à pleine mains. Elle se mit à frémir. Il avait le don pour la mettre dans tous ses états. Sherlock la fit reculer doucement contre le mur de la douche, la faisant sursauter au contact du mur froid et frémir à celui des baisers brûlants et passionnés.
Le désir montait de plus en plus, leurs lèvres se dévoraient et Molly ressentait toute la tension accumulée dans son bas-ventre. Sherlock descendit ses lèvres sur ses seins, poursuivant ses caresses, remontant ensuite vers ses lèvres. Un doigt commença à lui caresser le clitoris et Molly se cambra de suite. Chacun en avait envie tout de suite.
Sherlock agrippa une nouvelle fois ses fesses et il la souleva pour l'amener à bonne hauteur. Molly écarta les cuisses autour de la taille du détective et lorsqu'il entra en elle sans ménagement, elle cru défaillir. Jamais de toute sa vie elle n'avait fait l'amour dans une douche. Ses mains s'enroulèrent autour du cou de l'homme qu'elle aimait et elle enfoui sa bouche dans le creux, non loin de ses cheveux.
Sherlock avait accéléré la cadence, il n'en pouvait plus et n'avait pas envie de prendre son temps ce matin. Molly gémit dans son cou et bougea en même temps que lui, cherchant à avaler son membre tout entier. Ce fut lui qui cria le premier, levant la tête, il laissa le jet d'eau lui couler sur le visage, savourant le reste qui se répandait dans le corps de Molly. Il poursuivit ensuite ses mouvements en elle et il la sentit se cambrer un peu plus peu de temps avant qu'elle ne jouisse.
Ils passèrent encore un petit un moment câlin, laissant l'eau couler jusqu'à ce que Molly pense à sa facture d'eau et mette fin à la douche.
Ce fut avec difficulté qu'ils s'habillèrent, surtout elle, puisqu'il s'arrangeait toujours pour lui enlever son chemisier, une fois mis. Elle avait beau ronchonner qu'ils devaient s'habiller, rien n'y fit. Elle ne supportait pas non plus qu'il enfile un tee-shirt, alors elle le lui enleva avant de lui en tendre un autre.
Tout à leur baiser et à leurs chamailleries, ils arrivèrent tout de même dans le salon et se rendirent compte, au dernier moment, que le téléphone sonnait et que le répondeur se mettait en route. Molly voulait répondre mais Sherlock la rattrapa par les hanches pour l'attirer vers lui et l'embrasser. Pas besoin de répondre, il savait qui c'était.
Le message s'enclencha et ensuite ils entendirent une voix bien connue :
« Bien, je suis vraiment désolé de vous déranger, les tourtereaux, mais il faudrait que chacun d'entre vous remette ses idées en place pour parvenir au Yard dans une heure ! Anthéa a trouvé une famille d'accueil pour Lilo. Ses nouveaux parents viennent la chercher aujourd'hui. Si vous voulez lui dire au revoir, c'est maintenant ou jamais ! Vous aurez tout le temps après de tester la solidité du lit », fit la voix de Mycroft avant de raccrocher le téléphone, petit sourire aux lèvres en imaginant la tête que son frère ferait en écoutant le message. Il allait enrager, c'est sûr.
La dernière parole de Mycroft lui fit bel et bien écumer Sherlock de rage, se demandant si la prochaine fois il allait l'écarteler son frère ou le découper en morceau, avant d'éparpiller ses morceaux à tous les vents.
Son air contrarié et sa mâchoire prête à se décrocher firent éclater de rire Molly, toujours accrochée à son bras.
- Je crois qu'on devrait y aller la ? proposa Molly, à son oreille.
- Attend… Pas encore, fit Sherlock en souriant, envoyant au diable son frère.
- Pourquoi ?
- Il faut d'abord que je me calme, fit-il en souriant pendant que Molly hochait la tête négativement, en souriant, elle aussi.
Et pourquoi ne la testeraient-ils pas une nouvelle fois, la solidité du lit ? Un bon scientifique se devait de tout tester plusieurs fois.
- Ne compte pas sur moi, on a mis presque une heure pour s'habiller !
- Une heure et demie, renchérit le détective.
- Ok, contredis-moi. Et là, on va mettre combien de temps ? Lilo nous attend, je te signale.
- Bon, alors dis-moi un truc qui pourrai me refroidir d'un seul coup.
- Anderson !
- Voilà ! C'est ça, fit Sherlock en pensant à la tête de macaque d'Anderson, ce qui eu l'effet escompté. On peut y aller.
Ils sortirent de l'appartement de Molly et prirent un bus pour arriver jusqu'au Yard. Dans le bus, il n'y avait plus de place assise. Ils se tinrent donc aux barres métalliques, leurs doigts se touchaient et s'entremêlaient, leurs nez se caressaient, sans jamais dépasser la limite de la bienséance. Une petite grand-mère les observait à quelques centimètres d'eux, assise sur un siège, en souriant. Une fois arrivés à l'arrêt, ils descendirent et rejoignirent John, toujours présent le premier.
- Ah, vous voilà, vous ! Je me demandais où tu avais dormi, Sherlock, ironisa John.
- Je ne sais pas, répondit le détective en écartant les bras. En fait, j'ai été ramassé par un chenil, et après…
Il se prit un coup de coude de la part de Molly, qui sourit à John. Personne n'était dupe et tout le monde était au courant, sauf le Yard, bien sûr. Sally Donovan fit des yeux de merlan frit en regardant Sherlock enlacer Molly par la taille. En attendant Mycroft, qui devait arriver avec la petite, Lestrade s'avança vers eux :
- Bonjour tout le monde ! salua-t-il la cantonade.
- Bonjour, Lestrade, le salua John en respirant l'air frais de cette journée décidemment particulière. Une belle journée, n'est-ce pas ?
John n'en revenait toujours pas que Sherlock ait passé la nuit chez Molly. Cela le mettait en joie de savoir son sociopathe de colocataire avec Molly.
- Oui, et plein de bonnes nouvelles, une grosse enquête de terminée, des suspects sous les verrous et une famille en attente d'une adorable petite fille, lui répondit à son tour Lestrade.
Lui aussi était content que tout soit terminé et que Lilo ait trouvé une famille d'accueil.
- Vous les avez vu, les parents ? interrogea Sherlock, soupçonneux.
- Oui, de charmantes personnes, s'empressa de le rassurer l'inspecteur. Ils n'arrivent pas à avoir d'enfant, apparemment. Votre frère les connaît bien.
- Si ce sont des connaissances de Mycroft, il n'y a rien à craindre, alors, fit Molly, rassurée pour l'enfant.
- C'est certain, fit Sherlock qui déposa discrètement des baisers dans le cou de Molly et reprit son air innocent quand les policiers regardèrent dans sa direction.
Mycroft finit par arriver. Lilo descendit de la voiture et courut vers Molly et Sherlock pour leur sauter dans les bras. Mycroft prit un peu plus de temps pour les rejoindre, n'étant pas un fan de la course à pied. Même si bouger était bon pour les régimes...
- Je savais bien que Molly c'était ton amoureuse ! cria Lilo en s'adressant à Sherlock. La vérité, elle sort toujours de la bouche des enfants.
Molly rigola tandis que Sherlock se cacha comme il put.
- Bon, ok, tu avais raison, ô grande prêtresse du monde des enfants ! lâcha-t-il à contre coeur.
- Tu es rigolo, mais j'avais raison, explosa de joie Lilo en mettant ses doigts en forme de V. Ah lala, vous êtes vraiment pas doués, les adultes. Il faut constamment tout vous dire, comme à des tout petits.
Elle avait parlé dans une parfaite imitation d'un adulte réprimandant un enfant, déclenchant l'hilarité générale.
- En voilà une petite fille bien présomptueuse, fit Mycroft en rigolant, lui aussi.
Lilo resta un peu parmi eux avant de voir un homme et une femme sortir du Yard pour venir jusqu'à eux. Lilo les regarda avec méfiance, se retranchant derrière Sherlock et Molly.
- Je pourrais tout aussi bien rester avec vous deux, proposa-t-elle d'une petite voix à Sherlock et Molly.
Sherlock s'accroupit à sa hauteur et la regarda droit dans les yeux.
- Ne t'inquiète pas Lilo, ce sont des gens très gentil, tu apprendras à les connaître, lui expliqua-t-il tout doucement. Tu verras, tu peux faire confiance à mon frère pour trouver des gens de confiance. Tu auras une belle maison, une belle chambre, mais tu ne peux pas rester avec nous, malheureusement. Tu comprends, nous n'avons pas déjà des boulots faciles tous les deux, se serait vraiment trop compliqué.
- Je sais, fit-elle en baissant les yeux. Est-ce que je te reverrai ?
Elle avait posé sa question avec une lueur d'espoir. Malgré tout, elle l'aimait bien ce détective un peu bizarre.
- Bien sûr ! Tu pourras toujours nous rendre visite et au pire, on viendra te kidnapper dans ta nouvelle maison…
Lilo gloussa et essuya discrètement les larmes qui perlaient aux coins de ses yeux.
- Sherlock, le gronda Mycroft qui entendait ses paroles et qui trouvait que son cadet exagérait un peu beaucoup.
Molly se mit à hauteur de Lilo et lui pinça la joue amicalement.
- On passera par la porte de derrière, sans faire de bruit, conspira Molly tandis que Mycroft soupirait en mettant une main sur son visage.
« Pas un pour relever l'autre », songea-t-il, dépité.
Lilo sourit et tourna la tête en direction de ses nouveaux parents qui la regardaient gentiment, attendant qu'elle ait fini avec ses amis. Puis, elle tourna son regard sur Sherlock et Molly.
- Est-ce que je dois oublier mes parents et ma grande sœur ? demanda-t-elle car elle ne savait quelle attitude adopter.
- Non, surtout pas ! lui conseilla Molly en posant une main sur sa joue. Surtout pas. Je te l'ai dit : on n'oublie jamais les gens que l'on a aimé. Tu as des nouveaux parents, mais ils ne prennent pas la place de tes vrais parents dans ton coeur. Il est assez grand pour mettre tout le monde.
Le visage de Lilo commença à s'éclairer : elle avait compris. Elle les prit tous les deux dans ses petit bras, et fouilla dans sa poche pour en sortir un papier tout plié.
- Tiens, pour pas que tu oublies que ça a de l'importance quand même, fit Lilo en tendant le papier à Sherlock qui le prit en main.
Sherlock déplia le papier et vit que c'était le dessin avec son niveau de méchanceté. Il sourit devant le bonhomme qui était devenu tout blanc. Plus aucune trace de bleu, il avait réussi. Ce fut plus ému qu'il ne le laissa paraître qu'il remercia Lilo et l'accompagna jusqu'à ses nouveaux parents, accompagnés de John et Mycroft. Lilo était contente, elle avait aperçu les yeux plus brillants du détective, et pas à cause de l'excitation d'une affaire.
Dans le fond, il l'aimait bien, malgré certains coups bas...
- Bien, annonça Mycroft en regardant ses pieds. Les formalités sont toutes réglées, je pense que c'est bon. Voilà venu le moment de nous quitter, Lilo (il regarda la petite fille qui essuyait ses yeux). Ça a été un très agréable moment de t'avoir parmi nous, surtout que tu as réussi à perturber ma vieille secrétaire, et ça, c'était magnifique. Je te souhaite bonne chance pour la suite et n'aie crainte : bien sûr que l'on se reverra. Tu n'as pas fini d'entendre parler de nous.
- Ah, ça non, tu peux en être sûre, la prévint John en ébouriffant les cheveux de la fillette, la gorge serrée lui aussi.
Lilo lui sourit. Elle aimait bien John, lui aussi, il avait été gentil dès le début, tout le contraire de Sherlock. Elle tourna la tête vers le grand détective qui faisait semblant d'avoir une crasse dans l'oeil, tandis que son aîné se plaignait d'avoir été ébloui par le soleil, qui brillait pourtant par son absence.
« Décidemment, pensa-t-elle, qui aurait cru que son départ mettrait les deux frères Holmes en émoi ».
- Prenez soin d'elle, elle en a vu tellement qu'elle pourrait remplir une vie entière, voir plus, stipula John à l'adresse des parents.
- Bien sûr, ne vous inquiétez pas, le rassura la petite dame brune, tout en couvant Lilo du regard.
Elle tendit une main vers Lilo.
- Tu viens avec nous ? lui proposa-t-elle d'une voix douce.
Lilo regarda un moment la main tendue, comme hésitante, puis elle tendit la sienne, et la suivit.
- Ton petit chat t'attend déjà dans ta nouvelle chambre, lui annonça le monsieur sur le même ton, ce qui mit Lilo en confiance.
Elle suivit les adultes jusqu'à leur voiture et se retourna pour dire au revoir à tout le monde de la main. Ils faisaient tous des têtes et des sourires bizarres. Ils avaient les yeux rouges comme s'ils avaient été atteints d'une allergie.
- Au revoir tout le monde et merci pour tout ! leur cria Lilo, faisant sortir les mouchoirs des poches de Molly, Anthéa et de John.
Même de Lestrade. Tandis que de leur côté, les frères Holmes continuaient à se battre avec les poussières dans leurs yeux. Ensuite, Lilo, émue elle aussi, monta dans la voiture de ses nouveaux parents.
Ils regardèrent la voiture disparaître dans la rue et restèrent un moment silencieux. Juste trahi par quelques reniflements.
- Bien, moi je retourne bosser, renifla Lestrade en retournant à son boulot. Ça a été un plaisir d'avoir votre aide pour cette enquête, Sherlock. Et merci d'avoir prit soin de cette petite.
- Comme d'habitude, fit Sherlock en grognant. Sans moi, le Yard n'est rien. Je dois même accomplir du baby-sitting... Enfin, cela ne me changeait pas trop de ce que je dois faire avec vous, mon cher Lestrade...
Ce dernier fit une moue boudeuse et soupira pour faire baisser la pression. Ensuite, il tourna les talons, laissant les autres repartir chez eux. Le Yard ne s'arrêtait jamais, lui.
- Oui, elle va nous manquer, cette gamine, déclara tranquillement John en regardant au loin.
- Elle viendra nous rendre visite, John ne vous en faites pas, lui confirma Mycroft en posant une main amicale sur l'épaule de John, pendant que le couple marchait lentement devant, en direction Baker Street.
- Bon, venez avant qu'ils nous enferment dehors, lui signala John, voyant qu'il y avait une grande distance entre eux. Je vous rappelle qu'il y a des chambres à Baker Street et un verrou sur la porte d'entrée.
Mycroft lui tapota la main sur l'épaule, regardant le couple s'éloigner de plus en plus. Il fallait vraiment qu'il présente cette petite à mère. Elle allait sauter de joie et embrayer sur sa vie sentimentale à lui, ensuite, lui demandant quand est-ce qu'il allait ramener une gentille fille.
- Bien sûr ! fit Mycroft en chassant ses pensées. Mais vous avez les clés, non ?
- Bien entendu, répondit John en fouillant dans sa poche pour les sortir et les montrer à Mycroft.
- Alors, laissez-les prendre de l'avance, ordonna Mycroft en regardant le couple devant. Je crois qu'ils ont des choses à se dire.
John sourit de manière grivoise en imaginant comment le couple allait occuper le reste de la journée.
- Des choses à faire, vous voulez dire ?
- Un café, ça vous dit ? lui proposa Mycroft en essayant de ne pas penser à l'activité à laquelle son cadet allait se livrer.
- Volontiers ! Et votre assistante ? fit John en regardant Anthéa avec espoir.
Cette dernière était de nouveau plongée dans son téléphone portable.
- Hum, elle ne se rendra même pas compte que l'on est parti, rigola Mycroft. Venez, je connais un café pas loin d'ici, vous m'en direz des nouvelles.
John le suivit en l'écoutant disserter sur le café.
Fin
