Notes : Merci à tous chers lecteurs/lectrices !
Cette fic vient de passer largement le cap des 300 reviews, donc, mille mercis à ceux/celles qui prennent
le temps de laisser quelques mots ! Record battu dans le nombre de commentaires sur le dernier chapitre ^^
Plus que deux chapitres, celui-ci et le prochain, et ce sera la fin de la première partie de cette histoire, eh oui...
Excellente lecture à tous !
Avertissement : un petit lemon en fin de chapitre
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Chapitre XXXV - Sortilège Maléfique
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Hermione était dans le bureau de Mc Gonagall après avoir sollicité un rendez-vous avec la Directrice. Cette dernière attaqua immédiatement :
"Qu'avez-vous à me demander de si urgent, Hermione ?
- Madame, j'ai besoin de faire des emplettes à Pré-au-Lard..."
La professeure de Métamorphoses leva les yeux au ciel.
"Hermione, vous savez comme moi qu'il est dangereux de sortir du château à l'heure actuelle, avec les Mangemorts échappés d'Azkhaban. Les Aurors craignent qu'ils ne s'en prennent aux élèves de Poudlard. Désolée, mais je ne puis vous autoriser à y aller, seule de surcroît.
- C'est-à-dire, que j'aurais voulu que vous m'y accompagniez, Madame...
Minerva ne répondit rien durant quelques instants puis demanda :
"Pourquoi ne demandez-vous pas à Severus de vous accompagner ?"
Bien que la jeune fille ait préparé sa réponse, elle ne put empêcher un blush colorer ses joues.
"C'est-à-dire... que je dois acheter des affaires... très personnelles...
- Ah, oui, je comprends... Bien. Alors, rendez-vous samedi matin à neuf heures dans le hall du château. Je préviendrai l'Ordre afin que la surveillance soit accrue à Pré-au-Lard, et nous n'y resterons pas plus d'une heure, c'est clair ?
- Oh merci, Madame ! Je ne serai pas en retard. Au revoir et à samedi !
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L'ambiance à Pré-au-Lard était étrange, presque surréaliste : au lieu des va-et-vient habituels d'une foule bruyante, dense et bigarrée, on n'y croisait que quelques passants épars, marchant d'un pas pressé. Mc Gonagall et sa protégée ne croisèrent quasiment personne, sinon deux patrouilles d'Aurors qui effectuaient une surveillance du village autrefois animé. Il sembla à Hermione entrevoir deux longues silhouettes noires et le reflet du soleil sur un masque argenté, mais la vision fut si fugitive qu'elle crut les avoir imaginées.
Hermione sortait de Scribenpenne, complètement euphorique. Elle venait de récupérer les trois parchemins et le livre qu'elle avait choisis de commander à la boutique plutôt que de les recevoir par colis à l'école, ne désirant pas éveiller les soupçons sur ses préparatifs secrets. Toute à sa joie, ses achats sous le bras, elle ne vit pas la silhouette noire qui fonça soudainement sur elle.
"Que fais-tu? Tu ne sais pas qu'il est dangereux de s'aventurer ici, par les temps qui courent ?" siffla Severus méchamment en la saisissant par les épaules et en l'entraînant dans un recoin sombre, à l'abri des regards importuns.
- Je... je suis venue... avec Mc Gonagall."
Furieux, le sorcier secoua violemment la jeune fille pétrifiée par l'agression soudaine, faisant s'entrechoquer ses dents. Il avait parfaitement conscience de lui faire peur et de lui faire mal ; Hermione aurait certainement des contusions, mais il n'en avait cure. Il fallait qu'elle comprenne. Il poursuivit, impitoyable, les yeux emplis d'une rage froide :
- Vraiment ? Pourtant je ne la vois nulle part...
- Elle ne va... pas tarder..."
Comme pour prouver ses dires, Minerva apparut au coin de la rue, enregistrant d'un coup d'oeil globuleux la scène. Sa voix irritée s'éleva :
"Que fais-tu, Severus ? Tu ne serais pas en train de rudoyer Miss Granger, n'est-ce pas ?"
La colère du sorcier se retourna contre l'Ecossaise :
"N'es-tu pas censée la surveiller ? Tu n'as pas remarqué que des Mangemorts rôdaient dans le coin ?
- Oh, tout doux, cher collègue, des Aurors quadrillent le secteur et je ne me suis absentée que quelques secondes, j'avais un..."
- Bon sang, Minerva ! ce n'est pas à toi que je vais apprendre qu'il suffit de quelques secondes pour qu'un Sortilège mortel ou malfaisant soit jeté et atteigne sa cible !"
Malgré tout soulagé, en relâchant la jeune sorcière, il ajouta, non sans cacher une certaine ironie :
"J'ignorais que pour la Directrice de Gryffondor, les minutes comptaient pour des secondes..."
Quand il avait aperçu la jeune sorcière qui sortait seule de Scribenpenne, son sang n'avait fait qu'un tour. "L'inconsciente ! L'écervelée !" Quelques instants auparavant, Antonin et Avery se trouvaient dans cette même rue, à la recherche d'un mauvais coup à faire. Il n'osait imaginer ce qui serait arrivé à Hermione si elle était tombée entre les mains de ces Mangemorts, surtout Dolohov. Heureusement, Severus qui les avait repérés, les avait prévenus de la présence d'Aurors, jouant à fond son rôle de traître. Les Mangemorts avaient mordu à l'hameçon et fui, trop contents d'échapper à une éventuelle arrestation et d'être emprisonnés à Azkhaban. Il regarda s'éloigner les deux Gryffondors, leur laissa une petite avance puis les suivit à cinquante pas de distance, s'assurant qu'elles ne fissent aucune mauvaise rencontre sur le trajet de retour.
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Quand Hermione se retrouva dans sa chambre, elle sortit de son sac le livre qu'elle avait acheté comme si c'était le Huitième Merveille du monde. Elle passa religieusement son index sur les lettres qui formaient le titre : "Les sortilèges de Malfada " édition 1863. Elle avait dû effectuer des recherches poussées, mais elle avait réussi, enfin, à mettre la main sur cet ouvrage plutôt rare.
Elle travailla de longues heures pour mettre au point les potions dont elle avait besoin pour ensorceler les petits parchemins achetés chez Scribenpenne. Mais sa ténacité, son intelligence et son adresse eurent raison des nombreux obstacles qui se dressèrent sur son chemin et, au bout d'un mois, elle put laisser éclater sa liesse. Il était temps de prévenir Harry et Ron et de leur communiquer les résultats de son travail.
Les trois amis se retrouvèrent devant la chambre d'Hermione, après 21 heures. Harry et Ron avaient réussi à passer à travers les patrouilles des préfets (dont avait été dispensée la jeune fille) et professeurs grâce à la cape d'invisibilité. Arrivés devant la porte, Harry toqua deux coups brefs et un troisième plus espacé ; il renouvela le signal une deuxième fois, et la porte s'ouvrit sur une Hermione fébrile. La chambre dégageait des vapeurs de végétaux bouillis, comme celles que l'on pouvait sentir durant un cours de Potions. Les arômes de celle-ci étaient particuliers : un mélange de noix de galle, de bistre, d'huiles de lin et de tung, de cobalt et d'amidon, d'éther de glycol et de nitrocellulose. La couleur était sombre, un bleu très foncé, presque noir.
Pattenrond daigna à peine soulever une paupière lourde à l'entrée des importuns. Il ouvrit une gueule immense, bailla silencieusement, puis se remit en boule sur le fauteuil en tourna ostensiblement le dos aux sorciers.
Hermione récupéra trois parchemins de seulement cinq pouces qui séchaient sur son bureau après avoir trempé dans la lotion "L'Ephémère" durant cinq jours, et les déposa devant ses camarades. Elle se tourna vers le petit chaudron installé dans un recoin de la pièce, et dont les vapeurs embaumaient la pièce. Tout en humant et touillant la mixture qu'elle préparait, elle expliqua, une pointe de fierté dans la voix :
"C'est Slughorn qui m'a prêté le matériel, croyant que j'en avais besoin pour terminer une de mes recherches en potions."
Elle éteignit le feu d'un coup de baguette et retira le chaudron pour le poser sur une planche posée au sol, tout en poursuivant :
L'encre est prête, il ne manque plus qu'un ingrédient...
Affichant un air de conspiratrice, elle retira trois petits objets identiques de son sac et déposa chacun d'entre eux devant ses amis et elle-même. Ron se moqua :
"Mais Hermione, c'est pourquoi faire ces plumes, ces parchemins et cette encre ? Tu as l'intention de nous faire plancher sur les ASPICS ?"
La sorcière ne releva même pas mais Harry ne put retenir une grimace :
"Cela me rappelle un peu trop le Journal de Jédusor...
- Oui, je sais, Harry, mais c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour que puissions communiquer entre nous, même si nous devons être séparés par une longue distance...
Quand la jeune fille sortit un petit couteau en argent, Ron s'écria :
"Hé ! Mais qu'est-ce que tu comptes faire avec ça ?
- J'ai besoin d'une goutte de sang de chacun d'entre nous pour finaliser l'enchantement de l'encre.
"La magie du sang", pensa le brun en réprimant un frisson, "la magie la plus puissante..."
La jeune fille montra l'exemple en piquant la pointe du couteau sur le bout de son index gauche, et fit tomber la goutte qui apparut dans l'encre du chaudron, qui siffla et se brouilla. Après trois secondes d'hésitation, Harry fit la même chose puis tendit le couteau à Ron. Ce dernier, malgré les tremblements qui agitaient sa main, réussit à se piquer et sa goutte de sang rejoignit celle de ses camarades dans le liquide sombre qui réagit à l'identique que précédemment.
Hermione remua lentement la mixture selon un nombre précis de mouvements dans le sens anti-horaire et parla d'un ton grave :
"Je vais verser l'encre obtenue dans ces flacons résistants et hermétiques. En ayant mélangé notre sang dans l'encre, nous en devenons les seuls utilisateurs. De cette manière, même si quelqu'un entre en possession du parchemin quand nous nous enverrons un message, il ne verra rien s'inscrire.
- Tu as vraiment pensé à tout", souffla Harry, admiratif.
"Et si nous cassons la plume ou la perdons ?
- Aucune importance, n'importe quelle plume fera l'affaire, ce sont l'encre et les parchemins qui sont enchantés...
- Génial !" s'écrièrent de concert les garçons.
"Comment allons-nous savoir si un message va être envoyé ?
- Très bonne question, Ron. Grâce aux faux Gallions dont nous nous sommes déjà servis l'année dernière pour nos réunions de l'AD. Le procédé sera le même : grâce au Sortilège Protéiforme, nous pourrons communiquer l'heure à laquelle nous voulons écrire sur le parchemin. Vous sentirez la pièce chauffer et l'heure apparaître sur la tranche.
- Tu es vraiment une sorcière fantastique !"
Les joues de la jeune fille s'empourprèrent sous le compliment. Elle ajouta :
"Attention : le message sur le parchemin s'effacera au bout de quinze secondes, ne perdez pas de temps à le lire !
- On peut faire un essai ?" demanda Harry. Hermione acquiesça d'un sourire. Elle trempa sa plume dans l'encre magique, écrivit une phrase sur son parchemin, et presqu'aussitôt, les mots suivants apparurent sur les feuilles de ses amis :
" Nous vaincrons Voldemort !"
Emus, les garçons enlacèrent leur amie.
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Harry avait beau essayer de mettre en garde Dumbledore contre Malfoy et Rogue, rien à faire, le Directeur minimisait ses mises en garde et continuait à avoir une confiance aveugle dans le professeur de DCFM. Le jeune sorcier ne comprenait pas comment le vieil homme pouvait croire en la fidélité d'un Mangemort qui avait offert la Prophétie à Voldemort sur un plateau, à cause de qui ses parents et nombre de personnes avaient trouvé la mort seize ans plus tôt.
Harry accrut sa surveillance de Draco. Depuis longtemps il avait compris que son ennemi juré se rendait souvent dans la Salle sur Demande. En effet, quand le Gryffondor prenait le temps d'observer la Carte du Maraudeur, la plupart du temps le Serpentard ne figurait nulle part, preuve qu'il se rendait dans cette pièce. La curiosité du brun s'aiguisait et il fit tout ce qui était en son pouvoir pour essayer de pénétrer dans la salle, mais peine perdue, aucune formule ne faisait apparaître une ouverture dans le mur. Dépité, il redescendit et en passant devant les toilettes, il entendit Mimi Geignarde proposer son aide à quelqu'un. Quelle ne fut pas sa stupéfaction lorsqu'il entendit la voix de la Fouine lui répondre ! Draco semblait terrifié :
"Personne ne peut m'aider. Je n'y arrive pas... C'est impossible... Ca ne marchera pas... Et si je n'y parviens pas bientôt... Il a dit qu'il me tuerait..." *
Harry n'en revenait pas : Malfoy était terrifié et pleurait à chaudes larmes. A ce moment-là, le blond leva ses yeux et aperçut le Gryffondor dans le miroir. Il se retourna aussitôt en lançant un sortilège qui rata de peu Harry. Celui-ci riposta par un autre sort, et les deux sorciers s'affrontèrent quelques minutes jusqu'à ce que le brun lance :
"Sectumsempra !"
Draco tomba à terre, au milieu des flaques d'eau, tandis que des jets de sang s'échappaient de sa poitrine. On eut dit qu'une épée l'avait transpercée à plusieurs reprises.
Quand Hermione arriva, alertée par les cris de Mimi Geignarde, elle découvrit une scène terrifiante : Draco gisait par terre, le visage cireux, au milieu de son sang qui s'écoulait de nombreuses blessures de son corps. Il respirait avec difficulté, sa poitrine se soulevant à peine. La jeune fille était horrifiée par ce qu'elle voyait :
"Mon Dieu, Harry, mais qu'as-tu fait ?"
Le jeune sorcier ne répondait pas, l'air hébété, sa baguette abaissée le long de son flanc droit, les pieds dans l'eau, avec le fantôme de Mimi Geignarde qui continuait à pousser des hurlements.
Hermione se ressaisit, sortit des toilettes et courut dans le couloir à la recherche d'un adulte. Elle percuta un corps solide enveloppé dans une robe noire, faillit tomber. Heureusement, deux bras puissants la maintinrent debout, et en levant la tête, son regard hagard croisa les orbes sombres de son mari.
"Eh bien, Her... - l'homme se reprit instantanément - Miss Granger, vous êtes bien pressée...
- Severus, oh c'est toi ! Viens, viens de suite ! Il est arrivé quelque chose d'horrible à Malfoy !"
La sorcière, dans son affolement, en oubliait de vouvoyer le professeur. D'un seul regard, ce dernier enregistra l'affolement qui agitait la jeune sorcière, dont le corps tremblait sous ses mains. Ses yeux noisette étaient écarquillés par l'effroi. Il ressentait ses émotions et comprit qu'elle venait d'assister à un grave incident qui justifiait son attitude désemparée. Hermione se recula, l'agrippant par la manche et le forçant à la suivre. Il se laissa conduire et ils arrivèrent devant les toilettes du sixième étage où les hurlements de Mimi Geignarde se faisaient entendre :
"AU MEURTRE ! MEURTRE DANS LES TOILETTES ! AU MEURTRE !" *
Dès qu'il pénétra dans la pièce, Severus découvrit Harry à genoux auprès du corps ensanglanté de Draco. Il s'agenouilla immédiatement à côté du Serpentard avec sa baguette qu'il promena sur chacune des plaies en murmurant une incantation de sa voix soyeuse qui ressemblait presqu'à un chant. Les entailles se refermèrent lentement, l'une après l'autre. Hermione, restée à l'entrée des toilettes, ne perdait rien de la scène qui se jouait sous ses yeux. Il lui sembla entendre :
"Vulnera sanentur... Vulnera sanentur... Vulnera sanentur..."
Quand le professeur eut terminé il porta Draco pâle et affaibli dans ses bras pour l'amener à l'infirmerie. En passant à proximité de Harry, il cracha :
"Je veux vous voir dans dix minutes dans mon bureau avec tous vos manuels scolaires, c'est compris ?
- Oui Monsieur," répondit d'une voix penaude le jeune sorcier. Hermione voulut emboîter le pas derrière son mari mais il lui fit comprendre d'un regard qu'il valait mieux pas. Le sorcier énonça en s'éloignant :
"Monsieur Malfoy est sauvé, tout ira bien pour lui. Rejoins ta chambre."
Mais la jeune fille resta auprès de son ami. Ce dernier recouvrit ses esprits et déclara :
"Hermione ! Il ne faut surtout pas que Rogue entre en possession de mon livre de Potions !
"Quoi ? C'est dans le livre de ce Prince de Sang Mêlé que tu as trouvé ce sortilège monstrueux ? tu devrais t'en débarrasser au plus vite ! Tu ne crois pas que tu as commis assez de...
- Tais-toi ! Tu ne peux pas comprendre ! Vite, il faut que j'échange mon livre avec celui de Ron ! Je vais le retrouver !
- Harry, non ! Donne-le moi !"
Mais le sorcier courait déjà rejoindre son ami, laissant sa camarade désemparée au milieu du couloir.
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L'entrevue avec Rogue se déroula plus mal que prévu, même si Harry avait réussi à récupérer le manuel de Ron et à cacher le livre du Prince de Sang-Mêlé dans la Salle sur Demande qui enfin s'était ouverte pour lui. Le Directeur de Serpentard le mit en retenue pour tous les samedis jusqu'à la fin du trimestre, lui faisant rater tous les entraînements et le dernier match de Quidditch. Harry était anéanti.
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Severus était en train de griffonner à l'encre rouge un D (Désolant)d'un geste rageur sur l'un des parchemins posés sur le bureau de ses appartements, lorsqu'un "Toc toc" le sortit de sa concentration. Il posa la plume qu'il tenait et lança, un brin excédé :
"Entrez !"
La porte s'ouvrit sur une Hermione qui s'immobilisa quelques secondes, hésitant à s'avancer. Elle observa son mari et remarqua que ses yeux étaient soulignés par des cernes foncées, que son teint blême l'était plus qu'auparavant, et qu'il avait minci. Lui non plus ne semblait pas être en grande forme, comme Dumbledore et Draco. Elle s'approcha du bureau, mordillant sa lèvre inférieure, signe d'une grande agitation interne. Severus ne fit, ni ne dit rien pour l'aider à ouvrir la discussion. Il se contentait de la regarder, attendant qu'elle lui expliquât le pourquoi de sa visite à une heure aussi tardive dans son donjon. La jeune fille prit une profonde inspiration et se jeta à l'eau :
"Severus... est-ce que tu pourrais revenir sur... la sanction infligée à... Harry ?"
L'homme ne pipa mot durant de longs instants, se contentant de la détailler longuement, l'obligeant à détourner son regard, laissant s'installer un silence inconfortable dans la pièce. Hermione recommença à faire souffrir ses lèvres, et poursuivit courageusement :
"Tu ne peux le priver de tous les entraînements de Quidditch et du match qui va bientôt avoir lieu entre Serdaigle et Gryffondor... C'est... c'est injuste ! Je... je sais que ce qu'il a fait à Draco est terrible mais... Harry ne mérite pas une punition aussi sévère...
"C'est Potter qui t'a demandé de venir m'amadouer ?"
Une pointe d'amertume transparaissait dans ses paroles.
"Non, non ..."
Elle rougit violemment. Severus ricana :
"Tu ne sais même pas mentir ! tu ne l'as jamais su..."
Découragée, les épaules de la jeune sorcière s'affaissèrent. Severus se leva brusquement de sa chaise, faisant sursauter son épouse qui recula inconsciemment vers la porte.
"Où vas-tu, Hermione ?
- Je... je retourne dans ma chambre, je savais que c'était une mauvaise idée de venir ici... Et puis, il se fait tard...
Un regard ardent l'enveloppa tout entière, faisant battre son cœur plus vite.
"Oh tu ne crois pas si bien dire, ma chérie - il appuya sur le mot - Tu vas restez avec moi. Nous sommes vendredi, après tout... Plus que deux heures et nous serons samedi...
Avant même que la sorcière eût pu réagir, Severus prit l'une de ses mains dans les siennes, et de l'autre attrapait son menton, l'obligeant à croiser ses yeux charbon au fond desquels brillait une chaude flamme qui se communiqua aussitôt à la jeune fille. Il la contempla longuement, comme s'il voulait graver les traits de son visage dans sa mémoire. Son expression s'adoucit et, curieusement, il se pencha sans se presser, lui donnant le loisir de s'échapper, mais Hermione était déjà conquise par les lèvres qui s'approchaient inexorablement des siennes. Le baiser fut d'abord empreint de douceur, envoyant des dizaines de papillons dans le ventre de la jeune fille qui frissonna, puis il s'intensifia, la laissant sans souffle.
Il prit sa main dans la sienne, l'entraîna vers sa chambre et elle le suivit docilement.
Elle le taquina d'un sourire coquin :
"Deux heures, c'est long, Severus..."
Il lui offrit un sourire carnassier. Sa voix de baryton provoqua un doux émoi en elle :
"Ne t'inquiète pas, ma douce, ton vieux mari a encore de la ressource..."
Il la déshabilla lentement et adora tout son corps de sa bouche sensuelle. Comme s'il découvrait son corps pour la première fois, ou au contraire, comme s'il voulait mémoriser le tendre épiderme qui réagissait positivement à ses attentions. Hermione fondait entre les doigts de Severus comme si elle était faite de cire, et que seules ses mains à lui pouvaient façonner selon leur plaisir commun. Il connaissait si bien son corps ! Elle sentait croître un besoin entre ses jambes que lui seul pouvait apaiser et il le savait... Elle avait tellement envie de lui...
Ses tétons durcis par les attentions de la bouche et des mains expertes, Hermione avait l'impression du feu liquide coulait dans ses veines. Le regard sombre et brûlant de son époux semblait se moquer d'elle.
Pourtant, il aligna enfin son sexe dur et raide devant l'entrée humide et Hermione gémit quand il poussa profondément en elle. Il poursuivit son martèlement jusqu'à ce que la jeune fille le prévint de son orgasme imminent. Il déclara, essoufflé :
"Attends... moi... je... viens... Oooooh... ouiiiiiiiii..."
Son explosion de plaisir fut si intense qu'elle vit des petites lumières danser devant ses yeux, tandis que le sorcier la rejoignait dans la jouissance. Epuisé, Severus se coucha auprès de la jeune fille et ils restèrent quelques minutes sans parler, haletants, en sueur, mais comblés. Ils ignoraient que le destin n'allait pas tarder à frapper à leur porte et à bouleverser leur existence...
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* Passage extrait du Prince de Sang Mêlé, chapitre 24
