Salut bande de mollusques ! Ça baigne ?
Comme promis, je vous donne dans ma grande bonté la suite cette semaine ! Content ? :D Perso, je suis hyper heureuse de parvenir ENFIN à respecter mon délai d'une semaine xD J'espère tenir ce rythme encore un peu, mais je promets rien… ^^'
Bref, je remercie très très très fort shinigamila, Lerugamine et Megami-Usako pour vos adorables reviews ! J'vous aime gros comme la lune ! :D
Avant de vous laisser partir vagabonder dans mon petit chapitre, j'aimerais juste donner une petite précision à tous ceux qui ne sont pas tout à fait à jour dans One Piece : Je fais mention, dans ce chapitre, d'un personnage clé de l'enfance de Law. En toute logique, vous devriez au moins en avoir déjà entendu parlé. Je vous rassure, je ne fais aucun spoil particulier. J'évoque juste ce personnage, d'une manière assez fugace. Voilà voilà, c'était juste pour prévenir vos petites âmes perdues :) Sur ce, je vous rappelle que One Piece ne m'appartient pas, et je vous souhaite une agréable lecture ! :D
Expérience inachevée.
Partie 3 : Envol et remerciements
Chapitre 13 : Angoisse et rage.
Depuis déjà deux heures, le sous-marin est balancé en tous sens par le vent. Dans le salon commun, les chaises sont renversées, les tables peinent à tenir debout, les étagères menacent à chaque instant de se déverser sur le sol. Les hommes jouent aux cartes comme ils peuvent, malgré les remous incessants de la mer et la tension qui noue leurs nerfs. Ils n'ont pas peur de chavirer, non. Ce n'est pas la tempête infernale qui leur mine le moral. Tous sans exception ne pensent qu'à une seule personne : leur petite protégée, perdue quelque part dans la tempête.
Chacun se dit que tout va bien, que Tigrou est sur ses traces, qu'il n'y a donc aucune peur à avoir. Chacun essaie de se convaincre qu'ils vont bientôt rentrés. Pourtant… Pourtant, elle est partie en fin d'après-midi, et cela fait maintenant quatre heures qu'elle n'a pas donné signe de vie. Ils voulaient attendre son retour pour manger. Mais Sébastien leur a finalement intimé l'ordre de venir à table à 20h00 tapante, leur assurant qu'il ferait réchauffer le plat de la Petite si elle rentrait pendant le dîner.
Mais elle n'est pas rentrée. Ni elle, ni Benjamin.
Le dîner fut morose. Plus le temps passait, plus l'ambiance était lourde, la tension palpable, et les esprits tourmentés. Il n'y eu pas de blague, pas de fou-rire, pas de bêtise, pas de voix plus haute que les autres pour raconter une anecdote, pas de troc de bouffe, pas de bataille de nourriture. On parla peu, on chuchota seulement.
Et depuis, les secondes, les minutes et les heures se sont égrainées, distillant le peur dans le cœur des hommes.
Mickaël, Sébastien et Jambart sont attablés autour de trois tasses de café vides, un sucrier rempli et une boîte de chocolat que la tempête fait balader sur la table. Elle manque de tomber à plusieurs reprises. Mais chaque fois, l'un des trois hommes la rattrape avant qu'elle ne touche le sol et la repose au centre de la table. Ils font partie des plus grands gaillards de l'équipage, des plus costauds, et surtout, de ceux qui parlent le plus et le plus fort. Ce sont souvent eux qui commencent les parties de strip poker, qui pensent les conneries à faire et qui les font, en prenant soin d'en faire accuser d'autres à leur place.
Pourtant, ce soir, ils sont comme trois loques, autour de cette table, immobiles, silencieux. Leur seule occupation se résume à suivre des yeux la boîte de chocolat qui se promène sur la table, qui glisse d'un bout à un autre, et qui oublie parfois de freiner à l'approche du rebord de la planche de bois. Elle tombe dans le vide, une immense main la rattrape, et la voilà de retour au centre de la table.
Mickaël soupire longuement. Il se sent stressé, et il n'aime pas ça. Si lui, d'ordinaire si jovial, ne parvient pas à détendre l'atmosphère par une bonne grosse blague, qui le fera ?
Sébastien, peut-être…
Il lève les yeux vers son compagnon de connerie de toujours, et croise son regard vide. Une vague plus grosse que les autres fait tanguer le navire. La boîte de chocolat bascule du côté du cuisinier. Il l'attrape au vol dans un mouvement vif, la repose devant lui, et la pousse pour la faire glisser jusqu'au centre de la table. Puis, il s'affale à nouveau dans sa chaise, et continue d'observer sans relâche la pauvre boîte ballotée de tous côtés.
Ou peut-être pas, finalement…
Sébastien non plus ne pourra pas dérider les hommes ce soir.
Le grand bricoleur regarde par le hublot. Il ne voit rien, sinon la nuit, les vagues qui giclent sur la vitre, et les flocons fous qui s'y écrasent avec violence. Il est bien heureux d'être derrière les carreaux. Est-ce que la P'tite s'est trouvé un endroit où s'abriter, elle aussi ? Une cabane abandonnée, une maison perdue en pleine forêt où un ermite ferait brûler un feu dans la cheminée, un petit village accroché à un pan de neige qui pourrait l'accueillir… Est-elle au chaud ? Que ressent-elle en ce moment ?
Un instant il ferme les yeux et s'imagine à sa place. Et si elle était dehors, sous ce vent glacial et cette neige mortifère ? Il sent ses doigts devenir froids, son corps s'engourdir et son visage se figer. Il rouvre les yeux dans un sursaut. Impossible de survivre plus d'un quart d'heure dans un tel blizzard. Une angoisse folle monte en lui et lui tend les tripes. Serait-il possible qu'elle soit déjà…
Il refuse de terminer sa pensée. De toute manière, c'est totalement impensable. Leur petite poupée ne peut pas s'éteindre comme ça. Leur petit oisillon ne peut pas tomber si bas.
Il n'a jamais été extrêmement proche de la jeune fille. Sa seule contribution à son éducation fut de construire une petite piscine en plein air en vue de lui apprendre à nager, sans jamais trouver le temps pour le faire. Il fronce les sourcils. Pourquoi n'avait-il pas pu lui donner ses cours de natation déjà ?
Le jeune homme plonge dans ses souvenirs et se rappelle alors de cette île automnale, sur laquelle ils avaient fêté Halloween. Ils avaient passé leurs après-midi à faire des déguisements et à préparer des gâteaux d'horreurs en vue de la grande soirée. Et puis, le soir venu, ils avaient eu l'immense surprise de découvrir que leur petite poupée savait cracher du feu. S'en était suivi une baisse de motivation de leur adorable petit trésor, et Mickaël avait dû remballer sa piscine. Il sourit à ce souvenir. Il se dit que la prochaine fois qu'ils arriveront sur une île estivale, il ressortira sa piscine, et il lui apprendra enfin à nager.
Il soupire à nouveau, et une idée germe alors dans un coin de son crâne. Et si la Petite avait réussi à renouveler l'exploit de cracher du feu, peut-être qu'elle a pu se chauffer avec !
Il sourit intérieurement, sans même se rendre compte qu'il se raccroche à cet espoir comme à une bouée pour éviter la noyade. Non, vraiment, il n'a jamais été extrêmement proche de la jeune fille. Pourtant, ce soir, il se sent plus lié à elle que jamais. Pourquoi faut-il toujours attendre l'éloignement d'un être pour se rendre compte à quel point il nous est cher ? Il ferme les yeux à nouveau, et envoie à la jeune femme toutes les forces qu'il lui reste. Il ne se rend même pas compte que ses pensées sont des prières chancelantes, si faibles face à la puissance du doute et de l'angoisse.
Une voix rude et caverneuse le tire de ses songes.
- Seb ! Encore un café, s'teu plaît !
Law est attablé un peu plus loin. Son visage est tiré par la peur, mais il est persuadé que personne ne le remarque. Le cuisinier se relève sur sa chaise.
- C'est déjà ton troisième, Cap'tain. C'est pas raisonnable. En plus, avec cette tempête, tu vas encore en foutre partout.
Effectivement, les deux précédentes tasses de café ont maintes fois failli déverser tout leur contenu sur la table à cause des flots déchaînés. Mais il s'en fiche.
- J'm'en fous. J'ai besoin d'un café. Et bien serré.
Son ton est sec et sa voix grésille sous la tension qui lui enserre la poitrine. Sébastien soupire et se lève, rejoignant la cuisine en évitant habilement une chaise qui glissait sur le sol, emportée par les remous de la tempête. Il prépare rapidement un café serré, et parvient non sans mal à apporter la tasse à son capitaine. Il lui faut retourner sur ses pas pour essuyer quelques gouttes qui ont échappé au récipient de porcelaine à cause de la houle, et lorsqu'il a terminé de réparer ses bêtises, il retourne s'affaler sur sa chaise.
Quelques table plus loin, son capitaine soupire de plaisir et de nervosité, appréciant la sensation du liquide brûlant couler dans son œsophage.
Ce n'est pas dans son habitude d'être ainsi tendu. Il se sait d'ordinaire blasé, imperméable aux tensions extérieures. Il n'a pas eu une enfance particulièrement rose, et depuis qu'il s'est endurci, depuis Corazon, il n'avait plus ressenti une telle tension. Pas si vive en tout cas. Pas si mortifiante.
Après le dîner, il n'a pas osé s'enfermer dans son bureau. L'idée même de s'assoir sur son fauteuil et de ne pas voir la gamine en face de lui noue son estomac. Alors il reste là, à touiller machinalement son café bouillant dans lequel il n'a même pas mis de sucre.
Lorsque la Gamine est sortie, il a d'abord ressenti une sorte de colère, mêlée à de la déception. Il était ennuyé de voir que la mioche lui désobéissait à nouveau, et sortait sans le prévenir. Avec le recul, il se rend compte que déjà à ce moment-là, il y avait au fond de lui cette petite pointe de peur. Il pressentait qu'il perdait en partie le contrôle de la situation. Et puis, il s'est dit qu'au final, c'était peut-être aussi bien, qu'il fallait sans doute qu'elle sorte un peu pour évacuer et voir le monde par elle-même. Il avait néanmoins essayé de s'en convaincre. Ce n'est que maintenant qu'il se rend compte que ses efforts ont été vains.
Une rafale de vent vient secouer le navire en tous sens. Il soulève machinalement sa tasse remplie de liquide pour éviter qu'elle ne se déverse entièrement sur la table, et en profite pour en prendre une gorgée, le regard perdu sur une table qui traverse la pièce en glissant, dans l'incapacité à lutter contre la pesanteur.
Avec le blizzard, c'est une immense tension qui s'est soulevée en lui. Il s'est efforcé de penser à autre chose pendant le dîner. Mais lorsqu'il s'est installé au salon commun, il n'aura fallu que quelques secondes d'inactivité pour qu'une foule de doutes l'assaille.
Il doute, oui. Cela fait bien longtemps aussi qu'il n'avait pas douté comme ça. Il doute, et surtout, il se remet en question. A-t-il vraiment bien fait ? Au final, peut-être qu'Arthur avait raison… Peut-être que lui montrer un combat sans rien lui dire était un peu trop brutal. Pourtant, il y avait longuement réfléchi. S'il devait vraiment assuré le rôle du maître, il était de son devoir de lui montrer la vraie vie.
Mais dans ce cas, s'il était vraiment le maître, pourquoi ne pas lui avoir donné plus d'explications ?
En vérité, Law sait très bien que c'est là que ça coince. Il n'a rien voulu dire d'autre, parce qu'une fois mis face au champ de bataille, il a totalement délaissé son rôle de maître, et a préféré jouer le scientifique en chef qui observe, extérieur à la scène, les réactions de son cobaye face à une nouvelle situation. Et lorsqu'il a eu l'idée de pousser encore plus loin l'expérience, et qu'il est descendu sur le pont, il s'est fait une joie de prendre en plus le tricorne du capitaine, afin de se joindre à la bataille et de protéger son sujet d'étude.
A aucun moment il ne s'est remis dans cette position de maître. A aucun moment il n'a songé qu'il fallait peut-être fournir d'autres explications, pour l'aider à comprendre, pour lui apprendre vraiment, et pas simplement se dire « laissons-là improviser, je serai curieux de découvrir comment elle va bien pouvoir se sortir du pétrin dans lequel je l'ai volontairement plongée. »
Law grimace à cette pensée, et ses muscles s'alourdissent encore. Cette fois-ci, c'est la culpabilité qui l'accable.
Il n'en peut plus. Il tourne en rond depuis plus de deux heures. Il termine son café en quelques gorgées, et lorsque le petit plateau en plastique passe en glissant devant lui, il l'intercepte, et sa tasse rejoint les cadavres des deux précédentes. Il relâche ensuite le plat qui, à nouveau soumis au balancement incessant du navire, reprend ses aller-retour, d'un bout à l'autre de la table. Son regard reste accroché à cette petite planche de plastique. Il soupire. Il se sent d'une irascibilité extrême.
En face de lui, Bepo le regarde, impuissant. Il n'a jamais vu son capitaine dans cet état, et ne sait pas quoi faire. Dans sa diagonale, à côté du chirurgien, Marc tord ses doigts. Lui aussi s'inquiète pour la jeune femme. Il hésite longuement, puis ose enfin interpeler son capitaine.
Mais à ce moment précis, ce dernier se redresse, tel un ressort, et plante son regard de braise sur le battant de bois qui mène au couloir. Sa respiration s'accélère, ses poings se ferment et sa mâchoire se crispe. Marc est pétrifié de peur face à l'aura meurtrière qui émane de son voisin de table. Un instant, il se demande ce qu'il peut bien se passer dans sa tête.
Et dans sa tête, c'est l'état d'urgence. Une alarme s'est déclenchée, et des voyants rouges clignotent de partout. Dans sa tête, tout devient fou. Law peine à maîtriser la fureur, la rage et la terreur qui se mêlent. Il l'a senti. Il l'a senti rentrer. Il a senti son retour.
L'ouverture de la porte du salon commun fait taire le léger brouhaha de la grande pièce de vie. La tension atteint son paroxysme. Tous se tournent vers l'entrée de la pièce. Benjamin se tient bien droit dans l'encadrement de la porte. Comme à son habitude, rien ne transparaît sur son visage.
Law l'a senti quand il a pénétré dans le navire. Benjamin est rentré. Et il est seul.
Le jeune homme affronte le regard meurtrier de son capitaine qui n'a besoin de rien dire. Il comprend parfaitement sa fureur. Il entend ses reproches. Il voit son courroux fondre sur lui. Mais il ne baisse pas le regard. Il serre les poings.
- Une tempête de neige. Un brouillard à couper au couteau. Je l'ai perdue. Elle, ses empreintes, et sa présence.
Sa voix est monocorde et sourde, comme venant d'un autre monde. Il aurait aimé ajouter qu'il est désolé, mais plus rien ne sort de sa gorge nouée. Alors il tente de calmer sa respiration, et se dirige vers une table vide pour faire semblant d'aller pioncer. Il marche sous un silence lourd et pesant. Ça lui tend les tripes. Mais il ne laisse rien transparaître. Il atteint la table après des secondes qui lui ont paru interminables tant elles étaient tendues. Il tire la chaise à lui et s'y affale, comme à son habitude.
Dans la pièce, personne n'ose bouger le moindre muscle. Tout le monde sent que le capitaine est au bord de l'explosion. C'est une folie furieuse qui l'envahit. Une fièvre incontrôlable et irrépressible. Il peine à y croire. Comment Benjamin peut-il perdre quelqu'un ?
A l'autre bout de la pièce, le concerné explose. Dans un accès de fureur, il renverse la table devant lui qui vole sur quelques mètres dans un bruit assourdissant. Sa respiration est saccadée et son pied est animé de mouvements frénétiques. Lui non plus n'en peut plus. Il l'a suivie si longtemps, l'a surveillée sans relâche, et il l'a finalement perdue lorsqu'elle s'est laissée emporter dans une mini-avalanche, pendant sa course folle. La tempête était déjà trop forte.
Et il l'a perdu, lui le grand tigre, le plus habile pour tracer quelqu'un !
Il finit par étouffer de honte.
- Bordel ! J'ai rien pu faire ! Je l'ai perdue !
Chaque consonne est accentuée de rage et d'amertume. Quelques tables plus loin, son capitaine ressent sa colère. Il serre les poings jusqu'au sang pour tenter de canaliser sa frénésie. Seul un mot parvient à franchir la barrière de ses lèvres. Un mot dans lequel il met tout le poids de sa détresse.
- Merde !
NdK MOUAHAHAHAHA ! J'adore cette fin ! :'D Vous vouliez que le capitaine bouge son cul ? Et ben désolée, mais il va encore falloir attendre un peu (beaucoup) ! :'D Bref, je sais pas trop comment vous l'avez senti vous, mais moi je sens que j'ai été limite OOC dans ce chapitre avec Law. Je m'en excuse. Mais faut dire que Law est particulièrement difficile à cerner… ^^' Bref, j'espère que ça vous a pas trop choqué quand même, et que vous avez tout de même apprécié ce chapitre :D
Sur ce, j'vous souhaite la bonne journée ! :D
