Chapitre 40 : un rêve dans un rêve
Sirius sourit à Narcissa quand elle finit par le lâcher pour reprendre son souffle.
"Et bien, après 20 ans passés sans pouvoir m'embrasser, il semblerait que tu n'en aies jamais assez, femme"
"Absolument" soupira-t-elle, se blottissant contre lui. Elle aperçut Remus qui leur souriait, et lui sourit en retour.
"Severus !" s'écria soudain Rhiannon, et tout le monde dans la pièce se tourna surpris par son ton bouleversé. "Ton bras !"
Abasourdi, le Maître des Potions regarda son bras gauche, là où Rhiannon pointait du doigt. La Marque des Ténèbres, le symbole rouge et luisant du Seigneur des Ténèbres, était devenue invisible sur sa peau pâle. Il jeta un coup d'œil vers Sirius, levant son bras pour montrer qu'il avait retrouvé son aspect original. Stupéfait, l'animagus regarda son propre bras, qui ne présentait plus non plus la moindre trace de marque.
"Est-ce que ça signifie ce que je pense ?" interrogea Sirius. "Aurais-je bien eu la plus courte carrière de Mangemort de toute l'histoire ?"
"Il semblerait" dit Rogue, souriant, son regard se portant vers un Albus Dumbledore rayonnant.
Harry bondit de joie, battant des mains vers Drago et Hermione.
"Je n'arrive pas à le croire...ENFIN ! après tout ce que nous avons enduré...c'est fini pour de bon !" dit-il, la voix remplie d'émerveillement.
"Nous sommes libres !" lança Hermione en éclatant de rire, pressant fortement Drago contre elle.
"Je crois que tout cela mérite une cérémonie" dit le Directeur en les observant tous, le regard pétillant. "Ou peut-être même deux" corrigea-t-il, son regard se tournant vers Narcissa, encore en train d'embrasser Sirius.
A la fin de la semaine, Poudlard était en effervescence, de nombreuses rumeurs rapportant que quelque chose d'énorme s'était produit, mais personne ne semblait pouvoir fournir de détails. On voyait aller et venir à toutes heures des membres variés du Ministère de la Magie, et Harry, Drago, et Hermione, étaient fréquemment appelés pendant les cours, convoqués par le Directeur. Au début la rumeur voulait que ce soit en rapport avec la mort de Lucius Malefoy, mais plus le temps passait plus la rumeur prenait de l'importance - mais conformément aux ordres de Dumbledore, aucun de ceux qui étaient impliqués ne révélait quoique ce soit. Le retour de Remus Lupin fut accueilli avec joie par la majorité des étudiants, auprès desquels il bénéficiait d'une forte popularité. Le loup-garou semblait dans son élément - il était un professeur-né, et authentiquement préoccupé par les devoirs de sa charge. Il reprit les cours de Défense contre les Forces du Mal, assurant aux étudiants que le professeur Chernaya, qui avait repris conscience, prenait un congé pour mener à bien son complet rétablissement.
L'atmosphère était envahie de spéculations, particulièrement après la démonstration d'affection publique et sans équivoque impliquant le professeur Rogue et le professeur Chernaya. Néanmoins, aucun de ceux qui avaient cours de potions cette semaine - c'est à dire à peu près toute l'école - n'eut l'audace d'interroger le professeur Rogue à ce sujet. Les regards spéculatifs des étudiants constituaient néanmoins une source d'amusement secret pour le Maître des Potions, qui fronçait moins fréquemment les sourcils à présent qu'il était soulagé de l'énorme fardeau qui pesait sur son passé.
Drago et Hermione, néanmoins, faisaient l'objet de beaucoup de commentaires et de questions ouvertes, particulièrement depuis que la belle Narcissa Malefoy - de toute évidence heureuse malgré la mort de son mari - s'était établie à l'école, promenant sa petite fille dans le parc pendant que Drago et Hermione étaient en classe. Hermione était inondée de questions sur la façon dont ils avaient réussi à conserver le secret pendant aussi longtemps.
"Ce n'était pas facile !" se bornait-elle à répondre en riant. Elle avait déjà oublié la plupart du chagrin que lui avait causé les mois passés à dissimuler la vérité, maintenant qu'elle et Drago pouvaient s'aimer autant qu'ils le désiraient au vu de tous. Tous ses rêves s'étaient accomplis - pouvoir marcher avec lui ouvertement, en se tenant la main, vivre "normalement" - et cela la rendait plus heureuse qu'elle ne l'avait jamais été.
Finalement, au cours du dîner du vendredi, Dumbledore se leva après l'arrivée des professeurs mais avant que le repas n'ait commencé, levant la main pour réclamer le silence.
"Je sais qu'il y a beaucoup de rumeurs en circulation, certaines plus proches de la vérité que d'autres. Je peux désormais vous mettre tous au courant, avec la permission du ministère de la Magie, et avant que la Gazette du Sorcier n'annonce la nouvelle demain matin...j'ai la grande satisfaction de vous confirmer que Lord Voldemort...est mort."
Un silence stupéfait accueillit cette déclaration, avant que la grande majorité des étudiants n'éclate en liesse sans retenue. Les cris de joie se mirent à retentir de plus en plus forts, particulièrement parmi les étudiants plus âgés, ceux qui avaient le plus redouté une guerre qui paressait chaque jour imminente. La première explosion de joie passée, il y eut de nombreux cris de "Comment ? Qui l'a fait ?" provenant du parterre des étudiants, et le Directeur leva à nouveau la main.
"Plusieurs personnes y ont contribué, et toutes sans exception ont joué un rôle capital dans la destruction du Seigneur des Ténèbres. Tout d'abord, laissez-moi mentionner que la première d'entre eux a été Sirius Black - qui a à présent été absous de toutes les charges pesant contre lui. Le Ministère de la Magie présentera des excuses officielles à monsieur Black." Des acclamations retentirent à nouveau en apprenant la nouvelle, tout spécialement du côté de la table des Gryffondors.
"Ensuite, les professeurs Chernaya, Rogue, Lupin et Hermione Malefoy", sourit Dumbledore en faisant usage du nom de la mariée, "ont joué un grand rôle en prêtant leurs pouvoirs aux deux personnes qui ont le plus contribué à la défaite de Voldemort...Drago Malefoy et Harry Potter !"
Tous les visages se retournèrent pour regarder Drago et Harry, assis à la table des Gryffondors, et les exclamations qui s'élevèrent menacèrent de faire s'écrouler les fondations de la Grande Salle, tandis que les étudiants de Poudlard en liesse célébraient le triomphe de leurs héros sur les forces des ténèbres.
Le jour qui suivait était le jour de l'Equinoxe, le premier jour du printemps, le jour où selon la tradition les forces des Ténèbres étaient dépassées par celles de la Lumière. C'était également un jour de sortie à Pré-au-Lard…et le jour où Severus Rogue devait épouser Rhiannon Black.
Ils avaient choisi la Grande Salle, où le soleil laissait généreusement pénétrer ses rayons à travers les vitres polies, dessinant des arcs-en-ciel prismatiques dans l'air des lieux. Hermione et le professeur McGonagall s'étaient occupées de décorer la pièce le matin, avec l'aide de Lavande, Parvati, et de plusieurs autres filles de Gryffondor. Elles avaient disposé des fleurs de printemps et des tresses de feuilles d'un vert tendre, liées par des rubans blancs. Hermione se sentait incroyablement heureuse d'être le témoin de Rhiannon, et Drago la taquina pendant qu'elle se mettait à danser dans leur chambre, tout en s'habillant pour la cérémonie.
"Tu pensais être en route pour ton mariage ?" dit-il, l'attrapant au vol et l'embrassant langoureusement.
"Non, j'ai déjà eu le mien – le seul que je désirais. Et il était parfait " dit-elle, levant ses yeux remplis d'amour vers lui, caressant ses cheveux de ses doigts. "C'est un truc de fille. Nous aimons les mariages, en particulier quand il s'agit de personnes importantes pour nous."
"Même les mariages qui concernent le spécialiste des unions contre-nature avec les Gryffondors ?" dit-il, levant un sourcil amusé dans sa direction.
"Surtout ceux-là !" dit-elle en éclatant de rire.
"Je persiste à croire que tu es plus serpentarde que tu ne voudras jamais l'admettre !"
"Peut-être…il y a eu beaucoup de Serpentard en moi ces derniers temps !" dit-elle malicieusement, avant d'être récompensée par un baiser qui les laissa tous deux à bout de souffle.
Ils finirent par se séparer, Drago pour prendre sa place aux côtés du professeur Rogue, et Hermione pour rejoindre Sirius, Rhiannon, et leur mère à l'extérieur de la Grande Salle. Bronwyn Black était arrivée ce matin, amenée par son fils, et Hermione était surprise de voir à quel point la mère ressemblait à sa fille – bien que les cheveux de jais de la plus âgée des deux femmes soient éclaircis par des mèches argentées, et que les yeux violets soient cernés par de légers rides. Hermione fut également frappée de constater qu'elle ne semblait pas le moins du monde intimidée par l'atmosphère de magie environnante.
Rhiannon allait et venait plutôt nerveusement, triturant la soie lavande de ses habits avec des mains anxieuses. La manière dont la robe s'accrochait ne laissait aucun doute quant à l'état de sa grossesse, et elle eut un sourire de guingois vers Hermione. "Est-ce que j'ai l'air d'un plimpy ou de quelque chose du genre ?"
"Bien sûr que non !" s'empressa de répondre Hermione, l'étreignant contre elle. "Tu es magnifique ! Comme la maternité incarnée."
"C'est juste que j'ai tellement l'habitude de dissimuler ma grossesse…tous ceux qui me voient doivent être un peu sous le choc" répondit l'animagus en se mordant les lèvres.
"Laisse les être choqués – après toutes les histoires que j'ai entendues sur le Professeur Rogue qui t'aurait pratiquement kidnappée en plein milieu du grand hall, je suis sure qu'une simple grossesse n'attirera pas beaucoup de commentaires" dit Hermione pour la taquiner.
Rhiannon devint cramoisie. "Il ne m'a PAS kidnappée dans le grand hall. Mon dieu, après toutes les embrassades que j'ai vues là-bas, je n'aurais jamais pensé que quelqu'un y prêterait attention."
"Oh, on vous a remarqués, tu peux en être sûre" affirma la plus jeune des deux sorcières, ses yeux bruns-caramels brillant de malice. " Crois-moi – tu as fait des merveilles pour la réputation du professeur Rogue !"
Sirius vint à côté de sa sœur, lui prenant le bras pendant que Bronwyn en faisait de même sur sa gauche. "Allons vite te marier avant que Severus ne change d'avis" lui dit son frère avec une mimique de souffrance exagérée. " Le diable si je reste ici jusqu'à la fin de ta grossesse – je ne passerai pas une seule minute avec Rogue tournant comme un fauve dans la pièce."
En croisant son regard, Rhiannon ne put s'empêcher de lui tirer la langue d'une façon fort peu protocolaire, exactement comme une petite fille qui veut faire enrager son frère. Bronwyn qui se tenait à leurs côtés leva les yeux au ciel et étouffa un soupir, offrant l'image même de la patience maternelle. Mais ses yeux violets étaient emplis d'un amusement secret lorsqu'elle se tourna vers Hermione.
"Si vous voulez bien nous conduire, ma chérie, je crois qu'il est préférable de la marier avant qu'elle ne finisse à Azkaban pour avoir tué son frère !"
Severus se tenait près de la Table des Professeurs et était en train de discuter avec le Directeur, un peu estomaqué par le nombre de personnes qu'il semblait y avoir dans la Grande Salle. En fait, il était raisonnable de penser que la majorité des étudiants se trouvait là. Il ne savait pas s'il valait mieux s'en réjouir ou s'en affliger, car lui-même n'avait pas compté sur la présence d'autres personnes en dehors de ceux immédiatement impliqués dans la cérémonie et de la famille de Rhiannon. Se forçant à conserver un visage impassible, il lutta contre le rythme de sa respiration, se sentant tout nu sans sa robe et son manteau, uniquement vêtu, à la demande de Rhiannon, d'une chemise de soie blanche, d'une culotte noire et de ses bottes.
Drago se tenait à côté du maître des potions, habillé de la même manière, et sourit narquoisement devant l'air perplexe du vieil homme. Puis il regarda l'endroit où sa mère était assise avec les filles de Gryffondor, tenant Maïa dans ses bras et paressant aux yeux de tout le monde comme une reine entourée de sa cour. Il ne se souvenait pas l'avoir vue aussi heureuse une fois dans sa vie, aussi sereine vis-à-vis du reste du monde. Bien qu'elle ait toujours été très belle, la liberté que lui avait procurée la mort de Lucius semblait la rajeunir de plusieurs années, changeant sa beauté froide et lisse en celle d'une femme aimante et pleine de vie.
Remus s'assit à côté de la sorcière blonde, arborant son éternel sourire espiègle, se penchant pour lui chuchoter quelque chose à l'oreille qui la fit éclater de rire. Harry et Ron étaient assis juste à côté de Lupin, accompagnés de Lavande qui tenait fermement la main du rouquin.
Il y eut une rumeur parmi les étudiants lorsque Hermione fit son entrée, et toutes les têtes la suivirent pendant qu'elle s'approchait de la table des professeurs avec un grand sourire. Elle était magnifique, resplendissante de bonheur, vêtue d'une tunique bleu diaphane et portant le collier de saphirs chatoyants que Drago lui avait offert la nuit dernière – le même collier qu'il avait admiré à Pré-au-Lard, en rêvant de l'effet que les gemmes feraient sur sa peau pâle… La lueur de complicité qui brillait dans ses yeux la fit soudain rougir en se souvenant combien elle avait protesté contre cette extravagance…et les arguments qu'il avait dû employer pour la convaincre que les joyaux représentaient un cadeau autant pour lui que pour elle.
Derrière Hermione venait Rhiannon escortée de sa mère et de son frère, qui n'avait eu d'yeux que pour Severus dès le moment où elle avait pénétré dans la Grand Salle. Une rumeur sourde parcourut les rangs des étudiants, et sa peau pâle se colora vivement, sachant qu'ils étaient en train de commenter ce qui était désormais une évidence. Mais elle redressa l'échine, levant son menton en voyant l'homme qu'elle adorait sourire dans direction ; tout à coup, tout ce que pouvaient penser les autres était sans importance, car elle lisait son amour dans ses yeux, et son sourire reflétait une joie radieuse.
Severus la regarda s'avancer jusqu'à lui, ses yeux brillant de bonheur, ses longs cheveux d'un noir de jais encadrant son visage écarlate. La soie pâle de ses habits scintillait sur son passage, soulignant ses courbes et l'arrondi de son ventre là où elle portait son enfant. Il avala une boule dans sa gorge, n'arrivant pas à croire qu'après tout ce qui s'était passé, qu'après tout ce qu'il avait fait au cours de sa vie, il avait finalement réussi à obtenir ce dont il n'aurait jamais pu rêver, le bonheur et l'amour qu'il n'avait jamais pensé pouvoir trouver un jour.
Ils atteignirent le dais, et Bronwyn embrassa sa fille sur la joue, avant de se tourner pour sourire au maître des Potions, le regard joyeux. Puis Sirius, qui faisait l'office de père, embrassa sa sœur à son tour, avant de remettre la main qu'il tenait à Severus – et seul le marié et Drago perçurent le clin d'œil que l'animagus lança en direction de son futur beau-frère, ses yeux noirs brillant malicieusement.
Le couple nuptial se tint l'un devant l'autre, et Dumbledore leva la main pour entamer la cérémonie, souriant de toute sa bonne humeur.
"Nous sommes ici réunis, à leur demande, pour célébrer l'union de Severus et de Rhiannon au moment où ils engagent tous les deux leur vie, et l'amour qu'ils partagent. L'amour est universel à tous les êtres vivants. Privée d'amour, la vie n'est rien, dépourvue d'amour, la mort n'offre nulle consolation. L'Amour précède la Vie, et survit à la Mort, et est la seule chose qui nous enrichisse toujours davantage quand nous la dépensons sans compter. L'Amour est l'Espoir– si nous pensons que nous n'avons plus rien à apprendre de la vie, retenons au moins ceci."
Le Directeur se tourna vers Rhiannon.
"Rhiannon, est-il vrai que vous venez ici de votre propre volonté pour vous lier à cet homme ?"
"Oui, c'est vrai" répondit-elle d'une voix ferme.
"Severus, est-il vrai que vous venez ici de votre propre volonté pour vous lier à cette femme ?"
"Oui, c'est vrai" dit-il, pressant sa main.
"Je n'ai pas le droit de vous lier l'un à l'autre, seuls vous pouvez le faire. Est-ce votre souhait d'unir vos vies et vos cœurs à tous deux ?" demanda Dumbledore.
"C'est mon souhait" répondirent-ils à l'unisson.
"Aussi solide qu'un roc se tiendra votre amour– aussi fidèle qu'une étoile il demeurera. Puissent les pouvoirs de l'esprit et le discernement vous guider dans ce mariage, puisse la force de vos deux volontés vous lier l'un à l'autre, puisse le pouvoir de l'amour qui imprègne vos cœurs vous rendre joyeux, puisse la force de votre inclination l'un pour l'autre vous rendre inséparables. Soyez proches, mais laissez à chacun la place de s'épanouir. Gardez-vous l'un et l'autre, mais faites preuve de compréhension. Soyez patients l'un envers l'autre, car des tempêtes viendront, mais elles s'évanouiront vite" dit le plus âgé des sorciers, et Hermione dut réprimer un fou rire en voyant la mariée et le garçon d'honneur se sourire d'un air de connivence mutuelle.
"Vous avez choisi d'échanger des anneaux en signe de cette union, le symbole visible pour vous et pour le reste du monde de ce cercle éternel qui vous unie tous les deux. Seveurs, vous pouvez à présent exprimer vos veux à votre fiancée."
Prenant la bague que lui tendait Drago, Severus l'ajusta au doigt de Rhiannon. Ses yeux noirs la regardèrent avec émerveillement, et sa voix retentit pleine et profonde :
"Moi, Severus, par la vie qui coule dans mes veines et par l'amour qui se tient dans mon cœur, je vous prends, Rhiannon, par ma main, pour être celle que je choisis, mon âme jumelle, ma femme. Pour vous désirer et être désiré par vous, pour vous posséder et être possédé par vous, je promets de vous aimer pleinement et complètement, dans la santé comme dans la maladie, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans la vie et au-delà. Pour vous donner des enfants et un foyer, pour faire de votre honneur le mien, et de vos fardeaux les miens. Je jure de vous protéger, de vous honorer, de vous respecter et de vous chérir, pour toujours et à jamais."
Rhiannon sentit son cœur battre sourdement pendant qu'elle le regardait dans les yeux, pressant sa main. Puis le Directeur reprit la parole. "Rhiannon, vous pouvez exprimer vos veux à votre tour."
Hermione déposa l'anneau qu'elle tenait dans la main de Rhiannon, et l'animagus le plaça au doigt de son aimé. Puis elle prit la parole, d'une voix douce et gentille.
"Moi, Rhiannon, par la vie qui coule dans mes veines et par l'amour qui se tient dans mon cœur, je vous prends, Severus, par ma main, pour être celui que je choisis, mon âme sœur, mon mari. Pour vous désirer et être désirée par vous, pour vous posséder et être possédée par vous, je promets de vous aimer pleinement et complètement, dans la santé comme dans la maladie, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans la vie et au-delà. Pour porter vos enfants et garder votre foyer, pour faire de votre honneur le mien, et de vos fardeaux les miens. Je jure de vous protéger, de vous honorer, de vous respecter et de vous chérir, pour toujours et à jamais."
Produisant une cordelette blanche, le Directeur l'enroula à trois reprises autour de leurs mains jointes, en déclarant : " Je vous lie l'un à l'autre et aux vœux que vous avez chacun prononcé en présence de ces témoins." Puis il se tourna, saisissant le calice posé sur la table pour le placer dans leurs mains jointes. Severus leva la coupe jusqu'aux lèvres de Rhiannon pour lui permettre de boire, puis elle en fit de même avec lui, avant de remettre à nouveau la coupe à Dumbledore. Puis le Directeur avala une gorgée, avant de faire circuler la timbale à la ronde, d'abord Hermione, puis Sirius, Bronwyn, et Drago, qui la lui tendit quand ils eurent tous bu.
"Soyez témoins, mes amis, que Severus et Rhiannon ont uni leur vies et leurs cœurs, et sont désormais mari et femme." Il sortit sa baguette, défaisant la corde nouée, et le marié et la mariée se tournèrent l'un vers l'autre.
Ils se contemplèrent intensément, et Severus sentit ses mains trembler dans les siennes, il vit les larmes de joie qui naissaient dans ses yeux. Il sourit, et s'approcha pour toucher sa joue, promenant doucement son pouce sur son visage, effleurant délicatement ses lèvres.
" Allez-y, Professeur, embrassez-la !" hurla une voix depuis la table de Gryffondor, et le Maître des Potions tourna les yeux, haussant un sourcil en direction de Lee Jordan - qui semblait penser que les circonstances méritaient les commentaires d'un match de Quidditch.
Il se tourna à nouveau vers Rhiannon, ses yeux noirs s'illuminant, et il chuchota : "Devrions-nous montrer à ces enfants ce que le mot "embrasser" signifie réellement ?"
La bouche de Rhiannon s'étira en un léger sourire. "Certainement - ne nous laissons pas impressionner" répondit-elle. Puis il posa ses lèvres sur elle en l'attirant contre lui, maintenant son dos avec un bras et se penchant au-dessus d'elle. Elle entoura ses épaules de ses bras pour garder l'équilibre, et il enfouit sa main libre dans ses cheveux, lui caressant la tête pendant qu'il l'embrassait profondément et passionnément
Il y eut un silence stupéfait pendant quelques instants, puis les étudiants se répandirent bruyamment en acclamations et en applaudissements pendant que le Directeur les contemplait avec indulgence. Bronwyn roula des yeux, et Sirius les regarda bouche bée, assommé.
Hermione se glissa à côté de Drago, passant un bras autour de lui et approchant ses lèvres de son oreille.
"Est-ce que tu vois ce que je vois ?" gloussa-t-elle, aux anges.
Ses yeux bleus dansèrent quand il reporta son regard sur elle, souriant d'un air malicieux " Est-ce que je vois ça ? Je prends des notes, et plutôt deux fois qu'une !"
Beaucoup plus tard, après un joyeux repas offert par les elfes de maison, le marié et la mariée s'échappèrent furtivement. Drago les regarda en riant, se souvenant de sa propre nuit de mariage, et de l'impatience qu'il ressentait à l'idée d'avoir Hermione pour lui tout seul. Passant son bras autour de ses épaules, il se pencha pour déposer un baiser dans son cou, ce qui la fit éclater de rire.
Il regarda sa mère, qui souriait à Sirius en train de chatouiller la gorge de Maïa, puis son regard s'arrêta sur Remus, assis en grande conversation avec Harry. Il fronça pensivement les sourcils, essayant de se remémorer quelque chose qui avait frappé son esprit pendant qu'il maintenait le lien ouvert, et une vision se produisit soudain lorsque le loup-garou aux yeux ambrés éclata de rire après une réflexion d'Harry, semblant plus heureux - et d'une certaine manière plus puissant - que Drago ne l'avait jamais connu.
"Oh !" lâcha-t-il en reprenant son souffle, et Hermione se tourna vers lui préoccupée.
"Drago ? Qu'est-ce qu'il y a ?" demanda-t-elle préoccupée, ses yeux bruns-caramels le scrutant avec inquiétude.
"Je viens juste de me souvenir de quelque chose que j'ai vu l'autre nuit, j'ai failli l'oublier avec tout ce qui s'est passé" dit-il à voix basse, de manière à ce que seule Hermione puisse l'entendre. "Quand j'ai vu tous les liens, quelqu'un se tenait derrière Remus...je crois qu'il a un enfant...une fille."
"Réellement ?"demanda Hermione, la bouche grande ouverte de surprise. "Il ne l'a jamais mentionné."
"Je ne suis pas sûr qu'il le sache", répondit Drago. "Mais s'il n'est pas au courant, il le sera bientôt."
"Comment ?"
"Et bien, à moins que je ne lise les choses de la mauvaise façon...et c'était un peu confus là-dedans, tu comprends...elle va acquérir beaucoup d'importance aux yeux de quelqu'un dont tu es plutôt proche."
"Qui ?" interrogea-t-elle anxieusement. "Drago, arrête de me taquiner et dis-moi !"
"Je ne me moque pas de toi, je le jure...mais si je ne me trompe pas, la fille de Remus va partager un lien étroit avec Harry...et j'ai l'impression que ce sera plus que de la simple amitié!"
"Enfin !" s'exclama Severus, pendant qu'ils approchaient de la porte de leur appartement.
"Tu as été merveilleusement sociable, mon amour" lui confia Rhiannon. "Je suis fière de toi ! Tu as eu l'air à peine renfrogné durant tout l'après-midi !"
"Malgré toutes ces provocations?" lança-t-il, levant un sourcil vers elle.
"Malgré ces insupportables provocations " dit-elle en éclatant de rire. "Je ne sais pas ce qui était le pire, les garçons qui te demandaient "comment vous-avez fait ?", ou les filles qui te regardaient avec admiration comme si tu étais soudainement une sorte de héros du Moyen-Âge !
"Ma réputation est ruinée. Je n'ai aucune idée de la manière avec laquelle je vais pouvoir obtenir le calme en classe à présent" dit-il, poussant un long soupir chagriné. Mais elle surprit la lueur d'amusement dans son regard.
"Je suis sûre que quelques remarques sarcastiques les remettront tous à leur place", le taquina-t-elle, puis elle cria de surprise lorsqu'il la souleva dans ses bras. "Severus ! Ta réputation !"
"Elle ne peut pas tomber plus bas, pour le moment. Ceci étant dit, il est traditionnel, à ma connaissance, que la marié porte la mariée dans ses bras lorsqu'ils franchissent le seuil de leur habitation;"
"Tu l'as déjà fait deux fois !" protesta-t-elle avec un faible sourire.
"Pardon. Je n'ai jamais transporté Rhiannon Rogue jusqu'à mes appartements" répondit-il fermement. "Un manquement que je suis sur le point de rectifier." Il prononça le mot de passe, et la porte s'ouvrit - mais il s'arrêta pour l'embrasser, avant de franchir le seuil et de refermer la porte d'un coup d'épaule sans relâcher ses lèvres.
Il la transporta jusqu'à leur chambre, la laissant glisser le long de son corps tendu jusqu'à ce que ses pieds touchent le sol. Puis ses mains furent attirées par sa robe, qu'il ôta en la passant par dessus sa tête avant de la jeter négligemment sur le plancher. Ses mains à elles étaient aussi fort occupées, déboutonnant sa chemise, retirant la soie qui masquait ses épaules, tandis qu'elle pressait ses lèvres contre son cou et qu'il l'enveloppait dans ses bras, la soulevant à nouveau et la déposant doucement sur le lit.
"Severus..." l'appela-t-elle, souriant et lui tendant les bras. Il ôta le reste de ses vêtements, se glissant dans son étreinte et l'attirant contre lui.
"Que veux-tu, femme ?" demanda-t-il, repoussant les cheveux noirs qui tombaient sur son visage, plaquant ses lèvres sur son cou.
"Toi" répondit-elle, parcourant ses cheveux avec ses doigts, attirant son visage auprès d'elle pour l'embrasser avidement, offrant sa bouche ouverte sous la sienne. Il n'eut pas besoin d'une invitation supplémentaire, et il captura sa langue avec la sienne, parcourant son corps avec adoration, sentant qu'elle frissonnait de plaisir sous ses doigts.
Elle gémit son nom pendant qu'il arpentait sa peau, se déplaçant lentement d'un point sensible à l'autre, cessant de l'embrasser uniquement quand elle se mit à trembler, s'arrêtant seulement pour mieux recommencer dès qu'elle s'apaisa sous ses mains.
Riant intérieurement, il repoussa ses mains loin de lui, se plaisant à la tourmenter, sentant sa respiration contre sa peau pendant qu'elle commençait à haleter. Ses yeux étaient emplis de désir, et il se retira pour la contempler, son souffle se nouant dans sa gorge en apercevant sa peau palpitante, et les courbes arrondies de son corps. Il éprouvait une sensation de puissance en sachant qu'il pouvait l'affecter à ce point, la faire trembler de désir sous son corps.
Puis elle le surprit à son tour, attrapant ses épaules et roulant au-dessus de lui. Elle glissa contre son corps, les rassemblant tous les deux, pressant ses hanches contre les siennes tandis qu'il gémissait de surprise. Ses yeux s'illuminèrent pendant qu'elle le regardait triomphalement, révélant le besoin impérieux qui l'habitait, le besoin de lui. Elle rejeta la tête en arrière pendant que ses mains caressaient ses hanches, et il se mit à remuer contre elle avec une lenteur exaspérante.
Au bout d'un moment impossible à déterminer cela devint trop insupportable, et elle gémit. "S'il te plaît..."
Accrochant ses hanches encore plus fermement contre lui, elle inclina la tête vers lui, le regardant les yeux remplis de désir. Ils augmentèrent leur rythme ensembles, respirant plus vite, leurs cœurs battant à tout rompre pendant qu'il plongeait en elle. Elle cria un moment avant lui, cambrant le dos et gémissant son nom pendant qu'ils atteignaient la félicité.
Enfin elle se détendit, s'effondrant contre lui et pressant ses lèvres contre les siennes, souriant devant l'acte accompli. Il caressa la peau humide de son dos pendant que sa propre respiration s'apaisait, les battements de son cœur ralentissant pendant qu'il l'embrassait sur le front, la blottissant contre lui comme si elle était la chose la plus précieuse au monde. Puis sa main caressa par réflexe l'arrondi de son ventre, et il eut le souffle coupé en sentant son fils s'agiter sous sa paume.
Rhiannon eut un petit rire exténué "Je crois qu'il n'est pas content que nous ayons interrompu sa sieste."
Un frisson lui parcourut l'échine, et elle se dégagea de son corps pour le contempler. "Tout va bien, Severus ?"
"Oui" répondit-il, l'attirant de nouveau contre lui. "C'est juste que je n'avais jamais rêvé que ma vie prendrait un tour aussi parfait."
"Attends juste d'avoir à changer les couches, Maître des Potion" dit-elle en riant, puis elle bailla.
"Tu sais, nous devons encore lui trouver un nom...même s'il reste encore quelques mois, je trouve ça impoli de ne pas l'appeler par son propre nom...peut-être que je devrais demander à Drago..."
"Pourquoi ne me demandes-tu pas à moi ?" demanda Severus amusé.
"Hmmmmmm ? Tu as une idée ? Je m'amusais à l'appeler "Severus" mais avoir deux Severus à la maison serait un peu trop difficile à gérer, j'en ai peur."
"Que penses-tu de Sirius ?"
Elle le repoussa à nouveau, le regardant d'un air surpris. "Vraiment ? Tu veux qu'il ait le même nom que mon frère ? Après tout les mauvais tours que vous vous êtes joués tous les deux ?"
"Oui. S'il n'avait pas été là - d'abord lorsqu'il m'a aidé contre Voldemort, et ensuite lorsqu'il a renversé Harry au sol quand nous sommes revenus - nous aurions pu ne pas avoir de fils du tout. Nous avons tous les deux une dette envers lui - et moi en particulier" affirma-t-il doucement.
"Pourquoi dis-tu ça ?" interrogea-t-elle avec curiosité.
"C'est lui qui t'a amenée ici, non ? En fait, il y deux hommes envers qui j'ai une dette - ton frère et ton père, sans qui tu ne serais pas là aujourd'hui."
"Oh, Severus" dit-elle, tendant la main pour toucher son visage, des larmes de joie dans ses yeux.
"Alors, nous sommes d'accord ? Sirius Ambrose Rogue ?" demanda-t-il, prenant sa main et la portant à ses lèvres.
Son visage s'éclaira d'un sourire. "D'accord...mais souviens-toi juste que la prochaine fois que mon frère t'énerve et que tu menaces de t'en prendre à une certaine partie de son anatomie...c'était ton idée !"
