Disclaimer : Tous les personnages et les lieux que vous connaissez appartiennent à JK Rowling et à la Warner Bros. Seuls le scénario, Cloé, et quelques autres persos que vous n'avez sûrement pas remarqués sont à moi (et j'y tiens, vous ne les aurez pas).
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Note de l'auteur : Salut tout le monde et merci pour vos reviews ! Comme promis, spéciale dédicace à Shad' pour la numéro 300 (même si ce n'était pas pour le chapitre 36) ! Bonne lecture à tous !
RàR anonyme : Merci à klaude pour sa review et ses encouragements.
Chapitre 37 : Une question de vengeance
Soupirant intérieurement, Harry mit ses mains sur les hanches de Ginny et commença à tourner, celles de la jeune femme posées sur ses épaules. Il revaudrait ce coup fourré à son soi-disant meilleur ami, mais pour l'instant il comptait bien mettre au clair ce que lui voulait la Gryffondor.
— Alors, qu'est-ce que tu voulais me dire ? demanda-t-il à voix basse, pour que les autres danseurs ne l'entendent pas.
— Je voulais juste savoir comment ça s'était passé avec Cloé. Et aussi si elle était toujours là sous sa cape ou non, ajouta-t-elle après un instant de réflexion.
— Pourquoi ça t'intéresse ?
— Tu as voulu que je sois sa marraine, alors assume, maintenant, justifia-t-elle, lui arrachant un sourire amusé.
— Je lui ai simplement dit que je ne voulais pas qu'elle vienne aux soirées, et elle est repartie.
— D'accord. Tu me fais la version longue ?
— Elle a essayé de me convaincre d'inviter aussi ses deux meilleures amies, grogna-t-il.
— Et pourquoi tu ne veux pas qu'elles viennent, déjà ?
— Tu rigoles ? Franchement, tu vois des premières années ici ?
— Des premières années en général, ou c'est juste valable pour ta sœur ? pointa-t-elle.
— Je peux savoir pourquoi ça t'embête tellement que j'aie refusé que Cloé reste ? dévia-t-il la conversation.
— Disons simplement que j'ai un peu trop de grands frères surprotecteurs dans ma famille à mon goût. Alors forcément, je suis de son côté.
— Tu admettras quand même qu'elles sont trop jeunes pour venir à une fête où il n'y a que des sixièmes et septièmes années, non ? tenta de la raisonner Harry.
— Elles ont aussi le droit de s'amuser, objecta-t-elle.
— J'ai jamais dit le contraire. Ce que je ne veux pas, c'est que quelqu'un d'autre s'amuse avec elles.
Harry se mordit la lèvre, s'apercevant qu'il venait de faire la même gaffe pour la deuxième fois de la soirée. Et en effet, Ginny baissa les yeux, son regard semblant devenir plus lointain et sa voix vide quand elle parla :
— Alors, c'est à cause de moi, c'est ça ? Tu as peur pour Cloé parce que…
— Non, coupa-t-il fermement, ça n'a rien à voir avec toi. Je n'avais pas besoin de Nott pour avoir peur pour Cloé.
— Qu'est-ce que tu veux dire ? interrogea-t-elle, relevant les yeux.
— Je préfère ne pas en parler.
— Ce n'est pas toi qui conseille toujours de parler de ce qui gêne ?
C'était à son tour de détourner le regard. Il n'avait pas encore dit à Ginny pour quelle raison il avait empêché Zabini de revenir à Poudlard, même s'il savait qu'il devrait le faire sous peu. D'abord parce qu'elle était son amie, et ensuite parce qu'elle était la marraine de Cloé. La pensée le fit presque sourire. Marraine de Cloé. Si qui que ce soit avait osé émettre devant lui l'hypothèse qu'il ne serait pas toute sa vie le parrain de sa sœur, et qu'il serait remplacé par Ginny Weasley, en plus, il l'aurait probablement attaqué, et sûrement pas de la façon la plus douce qu'il connaissait.
— Je vois, fit Ginny, amère devant son silence. Faites ce que je dis, pas ce que je fais, c'est ça ?
— Ginny…
— Tais-toi. Si tu ne me fais pas assez confiance pour me répondre, aie au moins le courage de me le dire en face.
— Ça n'a rien à voir avec la confiance. Je ne peux pas t'en parler ici, ajouta-t-il devant son reniflement mi-dubitatif, mi-énervé.
— Ah oui, j'oubliais ta foutue obsession pour les secrets.
— Dis, je peux savoir ce que tu as, ce soir ? Qu'est-ce que j'ai fait de mal, depuis hier ?
— Mais rien.
— Alors pourquoi tu m'agresses à chaque fois que j'ouvre la bouche ?
— Je ne… Dis, tu sais pourquoi Melinda Bobbin me foudroie du regard depuis tout-à-l'heure ? détourna-t-elle la conversation en même temps que ses yeux.
Harry arqua un sourcil, intrigué par le comportement de la rouquine. Qu'est-ce qui lui prenait ? En plus, sa diversion était vraiment stupide : à moins qu'elle ne soit devenue obtuse depuis la dernière fois qu'il lui avait parlé, elle devait parfaitement avoir compris la raison de l'hostilité de Bobbin.
— Sûrement parce qu'elle aimerait bien être à ta place, je suppose, répondit-il quand même. Ce qui doit aussi être la raison pour laquelle Crivey me fixe comme s'il voulait me tuer.
— Tu sors avec Bobbin ?
— Tu sors avec Crivey ? rétorqua-t-il.
Elle plissa les yeux en réponse, et ils se fixèrent pendant quelques secondes avant que Harry se mette à rire.
— Qu'est-ce qu'il y a de drôle ? s'enquit-elle.
— C'est juste que je viens de comprendre pourquoi Drago et les autres s'imaginent des trucs. Si je ne te connaissais pas, j'aurais juré que tu étais jalouse, il y a deux minutes.
— Je peux dire la même chose de toi, riposta-t-elle. Ce ne serait pas toi, le jaloux, dans l'histoire ?
— Moi, jaloux de Crivey ? s'offusqua-t-il. Et pourquoi ça ?
— Parce tu crois qu'on est ensemble. Ou alors, parce que lui peut être avec sa sœur autant qu'il le veut, termina-t-elle à voix basse.
Harry cessa immédiatement de bouger, mais l'arrêt de la musique au même moment ne rendit pas le geste trop visible. Ginny écarquilla les yeux et parut regretter ce qu'elle venait de dire à l'instant où les mots eurent quittés ses lèvres. Harry lui en voulut d'abord pour lui rappeler qu'il ne pouvait presque plus voir sa sœur –ce que celle-ci lui avait déjà reproché plus tôt dans la soirée, pour couronner le tout–, mais ensuite autre chose lui effleura l'esprit. Elle avait raison, après tout, le simple fait d'être tous les deux à Gryffondor permettait aux Crivey de se voir autant qu'ils le voulaient. Ne serait-ce que pendant les repas.
— Désolée, Harry, je ne voulais pas dire ça, je…
— Ne t'excuse pas, sourit-il. Tu viens de me donner une excellente idée.
— Tu es sûr ?
— Oh oui. Merci Ginny, tu es géniale.
Puisqu'elle était toujours dans ses bras, il l'embrassa sur la joue pour la remercier et se détourna vers sa place, près de là où étaient Drago et Owen, pour aller reprendre sa cape. Il avait un petit quelque chose à faire au plus vite, et il savait qu'il ferait un peu froid là où il allait. Il remarqua que depuis tout-à-l'heure Drago était enfin reparti en quête de bonne compagnie, mais que dans le cas d'Owen, c'était la bonne compagnie qui s'était déplacée.
— Eh bien, Harry, ça a l'air de te mettre de bonne humeur de danser, se moqua Daphné.
— Tu n'imagines même pas à quel point, répondit-il, toujours souriant. Tu peux te considérer comme la meilleure amie du gars le plus intelligent de cette école.
— Vraiment ? Et on peut savoir ce que tu comptes faire avec cette cape ? interrogea-t-elle quand il l'eut récupérée.
— J'ai une ou deux lettres à envoyer, et je dois m'assurer qu'elles arrivent bien au bon moment.
— Attends, tu veux dire que tu pars maintenant ? fit-elle, absolument incrédule. Comme ça, en plein milieu de la fête, juste après…
— J'en ai pas pour longtemps. Continuez sans moi, je serai sûrement revenu dans à peine cinq minutes. À plus !
Sur ces mots, il sortit à grands pas de la Salle-sur-Demande, faisant tournoyer sa cape derrière lui. S'il avait vu ça, il aurait probablement été horrifié de constater à quel point cela le faisait ressembler à Rogue, mais il n'avait pas le temps de s'en soucier. Il avait des certitudes à secouer à Poudlard.
-~~O~~-
Quand il revint au septième étage, Harry flottait sur un petit nuage. Vraiment, il y avait du bon à être un génie. Il se réinstalla avec ses amis qu'il venait de quitter, ayant l'impression d'interrompre une énième dispute entre eux.
— Franchement, tu n'as que ce que tu mérites, Potter, l'accueillit Daphné. Tu me déçois.
Elle se leva immédiatement après pour aller discuter avec d'autres filles un peu plus loin. Harry, étonné mais pas encore débarrassé de sa bonne humeur, se tourna vers le sixième année pour avoir des explications. Harper se contenta de faire un signe de tête vers l'autre bout de la salle en soupirant. Harry se retourna et vit qu'il lui montrait l'endroit où les Gryffondor étaient assis. Entre autres, Ginny avait la tête appuyée sur l'épaule de Crivey, dos à Harry, et Weasley, en face d'eux, eut l'air meurtrier quand il croisa son regard. Aucune raison de perturber Daphné à ce point, donc.
— Oui, donc ? Qu'est-ce qui se passe ? Demanda-t-il.
— Tu ne vois pas Weasley et Crivey ?
— Et alors, qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ?
— Ça ne t'énerve pas, qu'elle sorte avec un autre gars ? rétorqua Harper, l'air interloqué.
— Combien de fois il faudra que je vous dise que je ne m'intéresse pas à Ginny ? C'est une amie, c'est tout.
À vrai dire, ça lui faisait quand même un petit quelque chose. À peine dix minutes plus tôt, Ginny lui avait dit qu'elle et Crivey n'étaient pas ensemble. Elle lui avait donc menti, et ceci avait tendance à l'agacer légèrement. Mais à part cela, il était plutôt content qu'elle ait trouvé quelqu'un. D'une part c'était de bonne augure concernant sa réaction à l'affaire Nott, et d'autre part, peut-être que ses amis à lui comprendraient enfin ce qu'il en était entre eux.
— C'est ça, Harry, c'est juste une amie, et c'est exactement pour ça que tu l'as embrassée avant d'aller envoyer tes lettres tout-à-l'heure.
— Hein ? fit Harry, faisant preuve de toute l'éloquence du troll des montagnes moyen.
Ou peut-être que non, ils ne comprendraient pas.
— Quand vous avez fini de danser, tu te souviens ? l'éclaira Owen sur le même ton qu'on employait pour parler à un gamin très jeune et très idiot.
— Ah, ça. Je lui ai juste fait la bise pour la remercier, elle m'a donné une idée vraiment très bonne.
Il ne voyait pas pourquoi Daphné, ou qui que ce soit d'autre, d'ailleurs, pourrait bien lui en vouloir pour quelque chose d'aussi commun pour lui.
— La bise ? D'où on était, avec Daphné, on n'aurait pas dit ça.
— Qu'est-ce que tu veux dire ?
— Ben simplement que, quand tu te jettes sur les lèvres d'une fille, je n'appelle pas ça lui faire la bise, c'est tout.
Harry fronça les sourcils, ne comprenant plus rien à cette histoire. S'il avait embrassé Ginny Weasley, il serait quand même bien placé pour être au courant, non ? Harry fouilla dans sa mémoire, s'apercevant à cet instant que c'était plutôt difficile à ce stade de la soirée, d'autant plus qu'au moment qui l'intéressait, il n'avait pas été très attentif à ce qu'il faisait, trop occupé à réfléchir à l'idée qu'il venait d'avoir. Il se revoyait bien s'arrêter de danser, le regard un peu dans le vide, avant de se pencher sur Ginny. Il se revoyait parfaitement s'approcher de son visage, et maintenant qu'il y pensait vraiment, il ne pouvait nier que c'était sur les lèvres de Ginny qu'il avait brièvement posé les siennes.
— Admettons. Qu'est-ce que me reproche Daphné, exactement ?
— Apparemment, simplement le fait que tu te sois "lâchement enfui" juste après. Et ce sont ses mots, je précise.
Harry ne répondit rien. Il n'était pas qu'un peu agacé d'avoir fait quelque chose d'aussi idiot. Non pas qu'il ait trouvé ça désagréable –il avait trop bu pour faire la différence entre un bon baiser et un horrible, de toute façon– mais c'était le genre de choses qui pourraient très bien faire que Ginny lui en veuille pendant un moment. Après tout, pour se jeter dans les bras de quelqu'un comme Crivey, il fallait vraiment qu'elle soit désespérée, songea-t-il avec un sourire. Il faudrait qu'il s'excuse, quand il serait de nouveau sobre. Enfin, si elle voulait bien l'écouter, bien sûr, ce qui n'était pas certain du tout, quand on connaissait la fierté de la Gryffondor.
— Qu'est-ce que tu vas faire ? lui demanda Owen après un moment.
— À quel sujet ?
— Elle et Crivey. Ça risque de te compliquer la vie, non ?
— Je me fiche totalement de ce qu'ils peuvent bien faire ensemble, Harper, combien de fois il va falloir que je te le dise ? s'agaça Harry.
— Vraiment ? Parce que ça va briser ta réputation à Serpentard. Déjà que ça parlait beaucoup dans la salle commune, te faire piquer une proie par Crivey…
— Qu'est-ce que tu veux dire ?
Owen le regarda comme s'il avait perdu l'esprit.
— Attends, tu plaisantes ? Tu n'arrêtes pas de te vanter de pouvoir faire tomber n'importe quelle fille, alors te faire battre par cet avorton…
— Je ne parlais pas de ça, coupa Harry. C'est quoi, cette histoire de beaucoup parler dans la salle commune ?
— Ben, tu passes tout ton temps dans tes appartements de Préfet-en-Chef avec Granger, alors les gens ont commencé à croire que tu n'étais plus vraiment Serpentard. Et puis maintenant qu'apparemment tu n'as pas lâché ta sœur, c'est encore pire.
— C'est-à-dire ? demanda Harry, commençant à se sentir légèrement en colère en apprenant tout ça.
— Ben, en deux mots tu commences à perdre de ta notoriété à Serpentard. La défaite de ton père aux élections n'a pas dû aider.
— Et bien sûr, les gens se tournent maintenant vers Drago, n'est-ce-pas ?
Il avait la désagréable impression de déjà connaître la réponse à cette question, et savait d'avance qu'il n'allait pas l'apprécier, mais alors pas du tout. Il avait raison.
— Pas vraiment, non. Tu sais comment il est, ça ne l'intéresse pas de diriger, il est beaucoup mieux à l'écart pour pouvoir draguer tout ce qui bouge sans être dérangé. Non, je crois que c'est Theo qui a le plus de succès en ce moment.
— Évidemment, marmonna Harry.
C'était exactement ce qu'il craignait. Pas besoin de se demander qui s'amusait à raconter partout que Harry ne méritait plus d'être le chef de la maison Serpentard. Nott s'était sûrement débrouillé pour faire rentrer cette idée lentement dans la tête de leurs camarades de maison, et Harry n'avait rien vu venir. En fait, il avait même inconsciemment joué le jeu de cet abruti ! Il s'en voulait, il aurait dû savoir que ne plus se montrer dans la salle commune serait risqué. Il ne tenait pas tant que ça à rester le leader des serpents, mais si c'était Nott qui héritait du poste, sa vie n'en serait sûrement pas facilitée.
Mais est-ce que ce n'était pas déjà trop tard ? Ce qui avait attiré les gens derrière lui avait été d'une part son nom de famille, et d'autre part le fait qu'il se soit montré contre les Gryffondor, les sangs impurs et les traîtres à leur sang. Et à présent, tout le monde savait qu'il voyait toujours sa sœur malgré sa maison, et ce ne serait pas la renommée des Potter qui l'aiderait, cette fois : son père avait perdu pas mal d'influence grâce à lui, et de toute façon, soutenir une sœur Reniée n'était pas le meilleur moyen d'en appeler ensuite à la famille.
Alors si en plus la rumeur se répandait qu'une Gryffondor –et une Weasley, qui plus est !– lui avait résisté en faveur de Crivey, même si rien n'était plus faux, c'en était définitivement fini de tout ce qui avait fait de lui l'élève le plus respecté et le plus craint à Poudlard. Quoique, pour ce qui était d'être le plus craint, tout n'était peut-être pas perdu. Parce que s'il y avait bien une chose sur laquelle il n'avait jamais menti, même par omission, et qui lui avait valu de gravir rapidement les échelons à Poudlard, c'était son talent en duel. Il serait peut-être temps de rappeler à Theodore Nott qui il était.
— Tiens, en parlant de Theo, je crois qu'il s'est enfin décidé à profiter des filles qu'il y a dans cette école, et je parle d'une façon plus… normale que ce qu'il prévoyait au trimestre dernier.
— Vraiment ? interrogea Harry, vaguement intéressé par ce qui se disait.
— Ouais. Il a dit à Crabbe et Goyle de ne pas l'attendre, l'autre jour, il avait rendez-vous avec quelqu'un aux vestiaires de Quidditch.
— Aux vestiaires ? Et avec… quand c'était ? changea-t-il d'avis, soudain nerveux.
— Je sais plus, lundi peut-être. Ouais, c'est ça, c'était lundi. Pourquoi ?
Harry ne répondit pas. C'était tout ce qu'il lui fallait pour confirmer son hypothèse quant aux deux accidents de Cloé. Il savait bien qu'elle était trop douée pour avoir fait des erreurs de débutant comme celles là. Harry ignorait quel sort exactement il avait lancé à son balai, mais il allait le regretter. On pouvait défier son autorité à Serpentard, on pouvait essayer de le faire renvoyer, on pouvait même s'en prendre à ses amis, c'était encore dans les limites de ce qu'il tolérait –même si c'était juste sur la limite en question dans le dernier cas. Mais toucher à Cloé, ça non, il ne le supporterait pas. Jamais.
Harry se leva d'un bond et reprit sa cape, mais retomba aussitôt assis. Il ne pouvait pas débouler comme ça dans les dortoirs de Serpentard et assassiner Nott dans son sommeil, même si l'éventualité était plus que tentante. Tout le monde, au moins à Serpentard, connaissait leurs différends, et ce serait un moyen certain de récolter un aller simple pour Azkaban.
Il n'y avait qu'une seule façon d'éviter ça et de tuer Nott tout en restant dans les limites de la légalité. Mais pour ce qu'il en savait, Dumbledore avait parfaitement le droit d'interdire un duel officiel à l'école, et il ne voulait pas repousser l'échéance aux prochaines vacances. Qui savait ce que serait la tentative suivante de Nott pour s'en prendre à Cloé ?
Harry finit par avoir une idée. Avec toutes les lois sorcières qui avaient été oubliées depuis des siècles, il devait bien y en avoir une qui lui servirait, non ? Il savait que la plupart des textes se trouvaient dans la bibliothèque mais il allait quand même devoir fouiller l'antre de Mrs Pince pour trouver ce qu'il voulait. En admettant que cette loi existe, il n'aurait pas trop de toute la nuit pour la dénicher. Et encore, il avait de la chance que les textes officiels soient classés selon leur sujet dans la section dédiée, ou cela lui aurait pris des années.
— Malefoy ! appela-t-il, sans se soucier du fait qu'il allait sans doute attirer l'attention de la moitié des élèves présents, et qu'ils entendraient tous la fureur noire dans sa voix.
Son meilleur ami se retourna, au grand désespoir de celle avec qui il était actuellement. Harry se releva une nouvelle fois, cette fois bien décidé à partir.
— Quoi, Potter, tu ne vois pas que je suis occupé ?
— Rien à foutre. Tu feras la fermeture de la salle, ce soir, d'accord ? répondit Harry en déposant ostensiblement la Carte du Maraudeur sur le comptoir du bar. Misti, tu obéis à Drago comme si c'était moi, compris ?
— Bien, Maître Harry.
— Eh, où tu vas, Harry ? lui demanda Drago. Pourquoi c'est à moi de fermer la salle ?
— J'ai un truc à vérifier, et ça va me prendre pas mal de temps.
— Tu veux vérifier quoi ?
— Pas le temps de t'expliquer, répondit Harry avec un sourire mauvais. Disons juste que quelqu'un doit se rappeler ce qui se passe quand on me cherche et qu'avec un peu de chance, tu sauras tout demain.
Harry quitta définitivement la Salle-sur-Demande –du moins pour ce soir-là– en voyant parfaitement le regard à moitié inquiet de Drago. Il savait que son meilleur ami serait suffisamment sérieux pendant le reste de la soirée pour être capable de veiller à ce que tout se passe bien. Il avait confiance en lui, mais il n'avait vraiment pas le temps de tout lui expliquer pour l'instant. Il n'avait pas eu le loisir de se venger de Zabini autant qu'il le voulait, mais il se rattraperait avec Nott. Il se rattraperait en beauté.
Parole de Potter.
-~~O~~-
Harry passa toute la nuit dans la section juridique de la bibliothèque. Plusieurs fois il faillit s'endormir, mais une simple pensée pour sa sœur suffit à le secouer assez pour le faire continuer. Il avait lu la majorité des ouvrages à propos des duels, ne se souciant même pas de cacher sa présence dans la bibliothèque au beau milieu de la nuit. Rusard était venu lui demander –avec autant de sympathie qu'à son habitude– ce qu'il faisait là, mais Harry n'avait eu qu'à agiter son insigne pour se débarrasser du Cracmol, ne levant même les yeux des anciens textes.
Il avait commencé par parcourir le récapitulatif des principales lois récentes, mais n'avait rien trouvé, comme il s'y attendait. En fait, c'était pire que ce qu'il avait cru : toutes les demandes de duels devaient être présentées devant le Magenmagot lui-même, et une note en bas de page précisait que Dumbledore n'avait jamais autorisé aucun duel officiel pendant son mandat, alors inutile d'y compter quand ça concernerait deux de ses précieux élèves. La raison à cela était assez simple : dans un duel officiel, tous les sorts, sauf les trois Impardonnables, étaient autorisés, et aucune poursuite ne pouvait être menée contre les duellistes. Un véritable cauchemar pour quelqu'un ayant les idéaux de Dumbledore.
Alors Harry commença à remonter le temps, parcourant tout ce qui avait un rapport, de près ou de loin, avec n'importe quel type de combat magique. Comme il était dans un coin plutôt reculé de la bibliothèque, il ne s'aperçut pas que l'aube avait fini par se lever, pas plus qu'il ne vit les premiers acharnés du travail arriver à l'heure du petit déjeuner. Non, il était beaucoup trop absorbé par ce qu'il venait de trouver. Exactement ce qu'il lui fallait. Il vérifia deux fois pour être sûr, mais cette loi n'avait jamais été abrogée en plus de trois cent ans.
Harry fut pris d'un fou rire, plus nerveux qu'autre chose, en réalisant tout ce qu'impliquait cet Édit. Il remarqua qu'il attira ainsi l'attention des quelques élèves présents, mais s'en moquait. En revanche, il fut plutôt étonné de constater qu'il faisait à présent jour. Plongé comme il était dans les vieux bouquins poussiéreux, il n'avait pas eu conscience que tant de temps était passé.
— Potter ? Que faites-vous là ? interrogea Mrs Pince quand elle arriva à son tour.
— Ça va peut-être vous paraitre incroyable, mais j'étais en train de lire, rétorqua Harry. D'ailleurs, je voudrais emprunter ce livre, si ça ne vous dérange pas.
On ne savait jamais, il pourrait avoir besoin prouver l'existence de cette loi quand il aurait présenté sa requête à Dumbledore. Le vautour de la bibliothèque eut l'air vexé une seconde du ton qu'il avait employé, mais accepta quand même de lui confier un de ses précieux ouvrages.
— Rangez-moi tous les autres que vous avez sortis, Potter, et venez au comptoir. Je vais enregistrer l'emprunt.
Harry suivit docilement ses instructions, portant tout du long un sourire mauvais qui aurait donné froid dans le dos à un Détraqueur. C'était peut-être pour cela que les gamins qui l'avaient entendu un peu plus tôt s'éloignaient de lui sans demander leur reste, à présent. Il tendit le livre à l'irascible bibliothécaire, planifiant le petit spectacle qu'il allait mettre en place ce matin.
— Le Compte-rendu des réunions du Magenmagot de 1421 à 1705. Qu'est-ce que vous voulez faire de cela, Mr Potter ?
— Vous verrez bien.
Il partit en la laissant réfléchir à ses paroles sibyllines, et s'arrêta à ses appartements pour se changer. Il s'apprêtait à repartir en direction de la Grande Salle quand il lui apparut que peu de monde serait sans doute présent à cette heure. La plupart des élèves, et même certains professeurs, profitaient du dimanche matin pour faire la grasse matinée, et tous ceux qui avaient été à la soirée de la veille, notamment, ne prendraient sans doute pas de petit déjeuner. Il ferait mieux d'attendre le midi pour aller parler à Dumbledore. Harry régla son réveil pour sonner un peu avant l'heure du repas, puis tomba presque immédiatement endormi sur son lit, épuisé.
Quand il se réveilla, il se sentait encore tellement peu en forme qu'il dut se passer de l'eau sur le visage pour réussir ne serait-ce qu'à ouvrir les yeux en entier. En se regardant dans la glace, il vit un jeune homme ne semblant pas avoir dormi de la nuit, portant à nouveau un air malfaisant sur le visage. Il était temps de montrer à Theo, et au reste de l'école par la même occasion, qui était le chef. Il sortit de sa salle de bain et enfila sa robe familiale, comme il l'avait fait pendant sa comédie sur le quai 9¾, pour bien souligner le fait que c'était l'héritier d'une grande famille qui allait parler, pas l'étudiant ou même le Préfet-en-Chef.
Il se rendit dans la Grande Salle, ravi d'entendre le bruit des couverts et des conversations. Il semblait que son timing serait parfait pour que l'entièreté du château soit au courant de ce qui allait se dérouler. Il poussa donc les portes et se dirigea, toujours avec son sourire mauvais, en direction de la table des professeurs. La plupart des yeux dans la salle s'étaient tournés vers lui, mais les siens ne dévièrent de Dumbledore que quand il entendit la voix haïe l'interpeler :
— Alors, Potter, pas trop déçu ? Il parait que tu t'es fait devancer par un avorton, hier soir.
Harry ne perdit pas son sourire et ricana même avec les abrutis d'élèves autour de lui. Il regarda calmement Nott et lui lança, mettant autant de venin dans sa voix qu'il en était capable :
— Voyons, Theo, il ne faut pas croire tout ce que les rumeurs disent. J'ai même entendu dire que tu étais incapable de sortir avec une fille sans utiliser l'Imperium, mais on sait tous les deux que c'est faux, pas vrai ?
Cela eut le mérite de faire taire dans l'instant tous les rires –il n'y avait pas la moindre once d'humour dans le ton de sa voix, donc personne ne pouvait interpréter ce qu'il venait de dire comme une plaisanterie. Sans attendre de réponse, Harry se tourna à nouveau vers le directeur et, une fois arrivé juste devant lui, parla d'une voix forte, ce qui n'était pas utile puisque toute la salle était suspendue à ses lèvres. Il récita le texte prévu qu'il avait relu plusieurs fois :
— En tant que dernier héritier mâle de la Noble et Ancienne Famille Potter, je requiers l'arbitrage du Président-sorcier du Magenmagot dans le cadre d'un duel officiel.
— Refusé, répondit immédiatement Dumbledore, apparemment soulagé que rien de pire ne soit arrivé.
— Je ne pense pas, directeur, sourit Harry. Compte tenu de l'Édit de 1666 du gouvernement britannique, l'arbitre demandé pour un duel ne peut refuser à moins de pouvoir prouver l'incapacité magique permanente d'un des deux duellistes. Et comme vous seul auriez eu le pouvoir de faire interdire ce duel, on dirait qu'il aura lieu de toutes façons. Si vous ne me croyez pas…
Harry tendit le livre qu'il avait emprunté au directeur stupéfié, et profita du moment que prit le vieil homme pour lire attentivement le texte pour regarder discrètement les réactions des autres. Les élèves murmuraient un peu, la plupart ne saisissant pas ce que pouvait bien apporter cette loi. Seuls certains Sang-purs paraissaient entrevoir la portée de la révélation de Harry. Il allait sûrement y avoir un regain de duels dans les prochaines semaines, en Angleterre.
— Bien, apparemment vous avez raison, Mr Potter, soupira Dumbledore quand il eut fini de lire, mais je dois tout de même vous demander de bien y réfléchir. C'est…
— Avec tout le respect que je vous dois, monsieur, vous perdez votre temps, coupa Harry. J'ai pris ma décision, et vous ne me direz rien qui me ferait changer d'avis.
— Très bien. Dans ce cas, je vais vous demander de me suivre dans mon bureau pour régler les détails d'ordre administratif, si vous le voulez bien.
— Ce serait beaucoup plus rapide de faire ça ici, refusa Harry. Il n'y en a pas pour longtemps, de toute façon.
— Comme vous voudrez. Qui souhaitez-vous défier ?
— Theodore Nott.
— Pour quel motif ? continua Dumbledore, sans prendre garde aux murmures qui avaient repris dans la salle.
Harry sourit encore une fois et se tourna vers la table de Serpentard. Il regarda Nott dans les yeux en disant d'une voix forte :
— Affronts répétés à l'encontre de la famille Potter.
— Je réfute l'accusation, protesta immédiatement Nott. Je n'ai jamais attaqué aucun membre actuel de la famille Potter.
— Vraiment, Theo ? Tu n'as pas le souvenir d'un petit sort que tu aurais jeté devant témoins à ma sœur, par hasard ?
— Cloé Inconnu, insista Nott en appuyant bien sur l'absence de nom, ne fait plus partie de ta famille, Potter. Donc même si je lui avais vraiment jeté un sort, ça ne te concernerait pas.
— Comme je te l'ai déjà dit, Theo, je suis mieux placé que toi pour savoir qui fait partie de ma famille ou non. Acceptez-vous ce duel, monsieur le directeur ?
— Je ne vois aucune raison de le refuser, à mon grand regret. En accord avec la Loi, si Mr Nott ne désire pas relever la provocation, il devra…
— Évidemment que je relève, interrompit Nott d'un ton sec.
— Bien, dans ce cas, le duel aura lieu le lundi 9 mars de cette même année,
— Pourquoi pas plus tôt ? interrompit Harry, pour la première fois agacé.
— Il se trouve que je connais moi aussi certaines législations, Mr Potter. Je dispose d'un délai de soixante jours à compter d'aujourd'hui pour organiser le duel que vous m'avez demandé d'arbitrer. Il aura donc lieu le lundi 9 mars, dans un lieu que le Magenmagot définira lors de sa prochaine assemblée.
Harry se renfrogna un instant, il ne s'était pas attendu à devoir attendre aussi longtemps pour régler le cas Nott. Qu'à cela ne tienne, il savait avec certitude qu'il avait le choix pour d'autres détails, autrement plus intéressants.
— Si ça ne dérange pas mon honorable adversaire, reprit Harry, son sourire encore plus diabolique qu'auparavant, je propose de mener ce duel ici-même, devant l'ensemble de la population de Poudlard.
— Je suis tout-à-fait d'accord, répondit l'adversaire en question. Il ne faudrait pas que les autres élèves ratent la première défaite d'un Potter depuis je ne sais combien de temps.
— Puisque je n'ai pas le choix, abandonna Dumbledore. Je ne puis qu'essayer de vous convaincre de changer d'avis d'ici là.
— Vous pouvez essayer, c'est vrai. Je vous souhaite bien du plaisir.
Harry se dirigea ensuite vers la porte, ne regardant personne alors que tous les yeux étaient fixés sur lui. Il entendait les conversations reprendre lentement, et ne se posait même pas de question quant à leur sujet. Il ne s'arrêta que juste avant de sortir, et déclara d'une voix forte sans même se retourner :
— Au fait, Theo, pour ce que tu disais tout-à-l'heure. Quel que soit le domaine, personne ne peut battre un Potter. Donc la simple idée qu'on puisse me devancer est risible. Essaie de t'en souvenir.
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Quand Harry alla en cours à partir du lendemain de sa provocation en duel, il fut de nouveau ébahi de constater à quel point les informations circulaient vite à Poudlard. Alors qu'il était certain que peu de monde devait connaître la particularité des duels officiels, il entendait presque tout le monde chuchoter sur son passage, et apparemment toute l'école était à présent au courant que le duel entre lui et Nott ne serait pas exactement du genre gentil. Ce qui était un joli euphémisme pour dire que dans le meilleur des cas, le perdant passerait le reste de sa vie à Ste Mangouste.
Il y avait donc pas mal de murmures dans les couloirs, et la plupart avaient pour sujet la dernière évolution de la trépidante vie de Harry Potter. Sa cote de popularité était remontée en flèche –si tant est qu'elle soit jamais réellement descendue de façon significative–, y compris à Serpentard. Un gars qui avait le cran de défier quelqu'un en public dans un duel potentiellement mortel, et de le faire avec le sourire, inspirait forcément le respect de tous les assoiffés de pouvoir que comptait la maison au serpent. Ils n'étaient pas tous comme ça, bien sûr, mais toute sa maison se souvenait qu'il ne valait mieux pas le provoquer.
Un dommage collatéral, pour ainsi dire, avait été que Nott bénéficiait également du même type de respect, puisqu'il avait accepté sans hésiter, mais Harry comptait passer un peu plus de temps dans la salle commune qu'il n'avait fait jusqu'ici. Avec un peu de chance, cela aiderait à faire taire les rumeurs selon lesquelles il était à présent un traître à son sang de la pire espèce. Techniquement parlant, ce n'était pas faux, mais personne n'en était vraiment certain, et c'était très bien comme ça.
Présentement, Harry attendait patiemment à la table du petit déjeuner, en compagnie de ses deux meilleurs amis. Il était légèrement nerveux en pensant à ce qui allait se passer, notamment parce qu'il se doutait que l'accueil serait loin d'être bon.
— Qu'est-ce que tu as, Harry ? lui demanda son ex-petite amie.
— Rien.
— Alors pourquoi tu regardes la porte toutes les trente secondes ? Tu attends quelqu'un ?
— Si tu te poses la question, ajouta Drago, d'après ce que je sais Weasley et Crivey sont toujours ensemble, alors ce n'est pas encore aujourd'hui que tu pourras la consoler.
— De nous deux, c'est toi, celui qu'elle a repoussé, je te rappelle, répondit calmement Harry.
Il avait décidé que cela ne servait à rien de s'énerver à chaque fois que l'un de ses amis amenait ce sujet en particulier, puisque cela semblait les conforter dans leur fantasme. À la place, il titillait la fierté de Drago en lui rappelant le pari qu'il avait perdu, ce qui le satisfaisait puisque ça fermait le clapet du blond.
— Ça ne nous dit pas qui tu attends, recentra Daphné.
— Tu verras quand elle s'assiéra avec nous.
— "Elle" ? nota Drago. Attends, tu n'as quand même pas invité Weasley à notre table ?
— Tu n'en as pas marre de parler d'elle à chaque fois que tu ouvres la bouche ? On avait déjà compris que tu étais dingue d'elle quand tu lui avoué ta flamme devant toute l'école. Bien sûr que non, je n'ai pas invité Ginny.
— Alors qui ?
Harry ne répondit pas et regarda de nouveau en direction de la porte d'entrée, impatient. Et finalement, il vit arriver les trois personnes qu'il attendait, à peine une seconde plus tard. Il se sentit sourire, et sut en entendant le hoquet de son meilleur ami qu'il avait été démasqué. Il se tourna vers le blond, qui semblait vraiment ne pas en revenir.
— Tu as osé faire ça, Harry ? demanda-t-il, assez stupidement.
— Oui, pourquoi ? Ça ne te dérange pas, j'espère ?
— Moi, je m'en fiche, mais…
— Ce que le blondinet veut dire, c'est que tu prends des risques inconsidérés en faisant ça, compléta Daphné.
Harry regarda sa meilleure amie dans les yeux en souriant avant de lui répondre :
— Crois-moi, j'ai parfaitement considéré tous les risques. Je pense qu'il est temps que les gens arrêtent de croire que moi et ma sœur ne nous entendons pas.
— Et tu as pris en compte le fait que…
— Tout le monde à Serpentard n'appréciera pas ? coupa Harry. Oui. Maintenant, si tu veux bien faire un peu de place, Drago, j'ai bien envie que Cloé mange à côté de moi.
Les trois Serpentard arrêtèrent de discuter, puisque trois petites filles de premières années se tenaient devant eux, l'air incertain.
— Tu es sûr qu'on peut, Harry ? lui demanda la seule rousse des trois.
— Tu as l'autorisation du Préfet-en-Chef, qu'est-ce qu'il te faut de plus ?
— Salut les… gars, acheva Owen en s'asseyant, bloquant légèrement quand il s'aperçut de la présence des Gryffondor devant lui.
Il était loin d'être le seul, presque toute leur table avait résonné en murmures depuis que les gamines s'étaient arrêtées à son niveau. Harry fit mine de ne rien remarquer et embrassa la joue de sa sœur tandis qu'elle s'installait entre lui et Drago. Ses deux amies se mirent en face d'elle.
— Je peux demander ce qui se passe, ici, ou c'est encore un truc qui ne me regarde pas ? demanda encore Owen.
— Oh, pas grand-chose qui sorte de l'ordinaire, vraiment, sourit Harry.
— Attends, tu veux rire ?
Le sourire de Harry s'élargit en fixant le sixième année.
— Non, c'est classique. Les Potter changent les règles, ça arrive tous les jours.
