Hello hello ! Alors, voilà, merci une fois de plus à ceux qui ont laissé des commentaires à mon dernier chapitre :-)
RoronoaAgathou: eh oui, il n'y a aucune limite à la bêtise humaine, et Duval en est un parfait exemple :-p bon, j'ai peut-être un peu forcé le trait XD
LuLucyole: hmm... ouais, en fin de compte je pense qu'on aura des personnages de tous les arcs dans cette fic ;-) allez, je t'ai fait plaisir, j'ai ramené Zoro pour ce chapitre ^^
Blackpiece: merci pour tes compliments, ça fait chaud au cœur :-)
Omya-chan: je suis d'accord avec toi, Sanji ne pourra jamais devenir athée, c'est trop ancré en lui depuis sa plus tendre enfance. En tous cas, contente que mon histoire te plaise autant ^^ j'espère que tu laisseras encore des reviews !
Allez, sur ce, je vous laisse à votre lecture ! Enjoy ! ;-)
Zoro regardait tout autour de lui avec une sorte de curiosité morbide. Il voyait les médecins et les infirmiers aller et venir, toujours affairés, parfois avec un patient. Dans la salle d'attente, ils étaient nombreux à attendre qu'on s'occupe d'eux. Assise un peu plus loin, une mère enceinte jusqu'aux yeux berçait contre elle un enfant qui toussait violemment. L'aide-soignante d'une mémé, qui comatait dans son fauteuil roulant, était occupée à aider un homme à l'allure dépenaillée à remplir son formulaire d'admission. Une jeune fille au visage très pâle et aux joues barbouillées de larmes, avait posé la tête sur l'épaule de son petit ami, qui la serrait dans ses bras d'un geste réconfortant. A en juger par son pied surélevé, elle devait s'être foulé ou cassé quelque chose.
Zoro, pour sa part, gardait son bras replié contre lui, tandis qu'il maintenait de l'autre main une compresse sur sa blessure. A vrai dire, il trouvait cela inutile, car celle-ci avait arrêté de saigner depuis longtemps – mais après avoir vu la violence avec laquelle Smoker avait réagi lorsqu'il lui avait signifié son point de vue, il préférait se taire et continuer à appuyer. Où était le commissaire, d'ailleurs ? Ah, là. Il était à l'accueil, occupé à parler à l'infirmière avec de grands gestes énervés, tandis que celle-ci secouait la tête, l'air de plus en plus renfrognée. Visiblement, Smoker n'était pas en train de se faire une amie. Mais finalement, elle décrocha son téléphone, dit quelques mots dans le combiné, et raccrocha avec plus de force que nécessaire. Le policier revint alors auprès de Zoro, dissimulant à peine un sourire d'auto-satisfaction.
- Law a été prévenu, il va arriver, lui annonça-t-il, avant de sortir de son blouson son téléphone qui vibrait. Ah, excuse-moi, c'est Coby.
Zoro hocha la tête, comprenant que ça pouvait être important. Il n'eut pas le temps de s'ennuyer, de toute façon, car l'homme dépenaillé qu'il avait observé plus tôt s'effondra soudain au sol en convulsant, attirant aussitôt l'attention de plusieurs urgentistes qui se précipitèrent vers lui. Le sabreur observa comme l'un deux diagnostiquait une crise d'épilepsie, avant de rouler le pauvre hère sur le côté pour éviter qu'il n'avale sa langue, et d'envoyer deux infirmiers chercher une civière pour l'emmener ailleurs, à l'abri des regards. Le temps que l'épileptique soit évacué, Law était arrivé, et il se tenait devant Zoro avec les sourcils froncés et une expression plus que réprobatrice sur le visage.
- Zoro-ya, le salua-t-il d'une voix revêche. J'en déduis que tu n'as pas appelé Luffy ?
Perona avait eu l'air très étonnée, la veille au soir, lorsqu'elle avait ouvert la porte de son appartement et s'était trouvée nez-à-nez avec Zoro et Law. Mais le kendoka ne lui avait pas laissé le temps de dire quoi que ce soit, avant de la pousser à l'intérieur et de la plaquer contre un mur, laissant le soin au chirurgien de refermer la porte derrière eux.
- Alors comme ça, on donne mon adresse à des inconnus ? avait grondé Zoro dans l'oreille de la lolita, menaçant.
- Lâche-moi, sale brute ! Qu'est-ce qui te prend ? avait protesté Perona, en se débattant.
- Et toi, qu'est-ce qu'il t'a pris de donner mon adresse à Hogback ? avait rétorqué l'épéiste en resserrant son étreinte.
- Aïe ! Tu me fais mal ! Ecoute… Il m'a proposé beaucoup d'argent en échange, et tu sais que j'en ai besoin pour sauver le refuge. Je n'ai pas pensé à mal ! J'ai juste cru que c'était un fan, comme moi !
- Si j'ai refusé d'apparaître dans l'annuaire, c'est justement pour éviter que les fans ou les journalistes puissent venir toquer chez moi quand ça leur chante, et qu'ils soient obligés de passer par mon manager pour me contacter, avait grogné le champion de kendo, irrité. Et toi, on te propose une forte somme d'argent contre mon adresse, et tu ne trouves pas ça louche ? Tu sais ce que tu as fait ? A cause de toi, Sanji a été enlevé !
Perona avait ouvert de grands yeux, et sa surprise avait eu l'air authentique.
- Enlevé ? Sanji ? Tu veux dire, le blondinet tout mignon pour lequel j'ai cousu la robe ? Mais pourquoi ?
- Demande ça à ton cher ami Hogback… avait grogné Zoro.
- Pourquoi Hogback aurait-il enlevé Sanji ? Je ne comprends pas…
- Peu importe, était intervenu Law dans leur dos. Perona, est-ce que tu sais où habite le docteur ? Ou comment le contacter ?
- Moi ? Non, avait dit la lolita en secouant la tête. C'est le numéro d'Absalom qu'il a enregistré, et c'est à lui qu'il a envoyé son adresse aujourd'hui. Absa ne l'a notée nulle part, puisqu'elle était déjà dans son téléphone…
- Où se trouve Absalom en ce moment ? Tu peux le faire venir ? l'avait pressée le bretteur.
- Pourquoi lui a-t-il envoyé son adresse ? avait demandé Law, intrigué.
- Le docteur nous a demandés de lui livrer une douzaine d'animaux, et il les a payés rubis sur l'ongle, avait expliqué Perona, légèrement honteuse. C'étaient tous des vieux animaux, qui étaient au refuge depuis longtemps et que personne ne voulait adopter… Un jour ou l'autre, il aurait fallu qu'on les pique, de toute façon… Alors oui, on se doute qu'il veut faire des expériences dessus, mais on n'a rien fait d'illégal, hein ? Une fois que nos animaux sont adoptés, ce n'est plus notre affaire ce que l'acheteur fait avec !
- Oh ? Donc, Absalom doit se rendre chez Hogback pour faire la livraison ? avait compris Law, les yeux brillants.
- Il est parti aujourd'hui, après son service… Vu l'heure qu'il est, il doit déjà être revenu, j'imagine, avait ajouté Perona en jetant un coup-d'œil à son horloge.
- Appelle-le, et dis-lui de venir ici, avait ordonné Zoro en la relâchant enfin.
Perona avait tenté de joindre Absalom deux fois, mais à chaque fois, elle était tombée sur la messagerie.
- Ecoutez, de toute façon, il doit venir travailler ici demain, avait-elle fini par proposer. Si c'est tellement important, je lui demanderai l'adresse d'Hogback dès qu'il arrivera, et je l'enverrai à Zoro. Est-ce que ça vous irait ?
- Oooh non, on va faire mieux que ça, avait refusé Zoro avec un sourire carnassier. On va rester ici avec toi cette nuit, et on accueillera Absalom tous ensemble demain matin.
Ignorant les protestations de la gothique, Law avait froncé les sourcils et avait emmené son ami à l'écart.
- Zoro-ya, je ne veux pas te contrarier, mais je dois travailler demain, et je ne peux pas laisser Bepo tout seul… Je ne vais pas pouvoir passer la nuit ici, avait-il chuchoté.
- Ah, je comprends. C'est pas grave, tu peux rentrer, moi je reste, avait déclaré Zoro avec fermeté.
- Ce ne serait pas plus malin d'appeler Smoker pour lui dire ce que tu as découvert, et laisser la police se charger d'Hogback ?
- Smoker, pfeuh ! Tu l'as entendu comme moi, cet après-midi. Il veut qu'on reste bien sagement dans notre coin, parce qu'il a peur qu'on rende la justice nous-mêmes. Mais il est hors de question que je me tourne les pouces pendant que le Love-Cook est en danger ! Il faut que je fasse quelque chose !
- Bon, si tu es sûr, alors…Mais tu crois que ça ira, de rester ici tout seul ? Appelle Luffy-ya, au moins, je suis sûr qu'il sera ravi d'avoir un peu d'action, lui avait suggéré Law, l'air préoccupé.
- Tu crois que je ne serai pas capable de me débrouiller seul face à cette gamine et à son employé ? J'ai déjà vu Absalom, et il n'a rien d'impressionnant, je te rassure. Allez, vas-y, et merci encore de m'avoir logé la nuit passée.
- Je ne m'en irai pas tant que tu ne m'auras pas promis d'appeler quelqu'un pour t'aider. Absalom n'est peut-être pas impressionnant, mais rien ne te dit qu'il ne viendra pas accompagné…
- Ça va, ça va. J'ai compris. Je vais appeler Luffy, tu es content ?
Law avait hoché la tête, rassuré, et était reparti. Zoro, bien évidemment, n'avait appelé personne.
- Bon. Je peux savoir comment et quand c'est arrivé ? lui demanda Law en observant la blessure, après avoir découpé le T-shirt de Zoro avec des ciseaux.
- Bah… Il était armé. Moi pas, répondit l'épéiste en haussant les épaules, avant de grimacer de douleur. Et c'est arrivé ce matin.
- Ce matin ? Et comment se fait-il que tu ne sois pas venu à l'hôpital avant ? s'étonna Law. Il est passé midi !
- Parce que je suis tombé sur un policier idiot qui m'a laissé mariner au poste le plus longtemps possible avant d'accepter enfin d'appeler Smoker, quand il a compris que je ne parlerais à personne d'autre, grogna Zoro.
- Et Absalom ? Il a aussi été arrêté ? demanda le chirurgien en préparant ses instruments.
- Non, il a réussi à s'enfuir… avoua le kendoka en serrant les poings. J'ai voulu le poursuivre, mais deux espèces de crétins m'ont plaqué au sol en pensant que c'était moi le criminel. Eh, oh ! Ça n'a rien de drôle !
- Hum… Excuse-moi… fit Law, dont les épaules tressautaient encore d'un rire contenu. Mais bon, il faut bien reconnaître que tu as un visage plutôt patibulaire, Zoro-ya.
- Tu peux parler !
A ce moment-là, la porte du cabinet s'ouvrit pour laisser passer Smoker, qui salua Law d'un signe de tête.
- Alors ? Quelles nouvelles ? demanda le bretteur, brûlant de curiosité.
- Il ressort de l'interrogatoire que Perona ne savait rien des activités d'Absalom après son service au refuge, répondit Smoker en s'asseyant près du médecin. Et la dernière fois qu'elle a vu Hogback, c'était jeudi en fin d'après-midi, quand celui-ci l'a raccompagnée chez elle. Visiblement, il a profité du trajet en voiture pour lui demander comment et quand elle avait connu Zoro ici présent, et lui a proposé de l'argent en échange de son adresse, ce qu'elle a accepté sans trop hésiter. Puis, quand ils sont arrivés, Hogback a semblé intéressé en constatant qu'elle vivait au-dessus d'un refuge pour animaux, et encore plus quand elle lui a révélé qu'elle en était la propriétaire. Elle s'est empressée de lui faire visiter, en présence d'Absalom qui gardait les lieux en l'absence de sa patronne. Hogback a alors manifesté son intention de leur acheter une douzaine d'animaux, et Absalom et lui ont échangé leurs coordonnées afin de s'arranger pour la livraison. C'est, apparemment, tout ce que Perona sait.
- Rien de nouveau, jusqu'ici, soupira Law tout en injectant l'anesthésie locale dans l'épaule de Zoro, après avoir nettoyé et désinfecté la plaie.
- Heureusement, j'ai deux autres bonnes nouvelles, continua Smoker avec une certaine fierté dans la voix. Le flingue d'Absalom, que Zoro a ramassé, semble correspondre à l'arme qui a tiré sur votre ami Brook à bout portant. Des analyses sont en cours, mais je suis quasiment certain qu'elles ne feront que confirmer cette hypothèse. D'autre part, on a réussi à localiser l'adresse de votre fameux Hogback.
- Ah ! Super ! se réjouit Zoro. Vous comptez y aller aujourd'hui ? Je peux venir ?
- Je m'attendais à cette demande… Donc oui, je vais vous emmener, toi et ce petit monstre de Luffy, accepta Smoker d'un ton résigné. Dès que Law aura fini d'extraire la balle que tu as dans l'épaule, évidemment.
- C'est fait, annonça le chirurgien en brandissant la balle en question. Plus qu'à bander la plaie, et il pourra s'en aller.
- Déjà ? Je n'ai rien senti ! s'étonna le champion de kendo en louchant vers sa blessure.
- Je suis réputé pour ma dextérité, se vanta Law avec un sourire en coin. Allez, je vous laisse, vous m'avez suffisamment fait perdre mon temps aujourd'hui, et j'ai d'autres patients. Une infirmière va venir te panser, Zoro-ya, alors pas la peine d'essayer de t'enfuir. Et tenez-moi au courant !
- Patronne ! C'est moi ! avait claironné Absalom en poussant la porte du refuge, ce matin-là.
- Ah… Salut, Absa… avait répondu Perona de derrière son comptoir, un sourire crispé aux lèvres.
- Dis, je voulais te demander, j'espère qu'il n'y aura pas trop de trucs lourds à porter aujourd'hui, parce que je me suis fait mal au poignet hier soir, et…
Il s'était interrompu brusquement en voyant Zoro sortir de l'arrière-boutique, enveloppé d'une aura menaçante.
- Qu'est-ce qu'il fait là, lui ? avait-il demandé en reculant d'un pas, sa veste encore en main.
- Tu t'es blessé au poignet hier soir, hein ? avait répété le kendoka avec un sourire sadique, tout en s'approchant. Et on peut savoir comment tu t'es fait ça ?
- Ben d'une façon toute conne, en soulevant une des cages… Pourquoi ? Persona, je pensais que c'était pas sérieux, avec ce type ?
- Ah, mais Zoro n'est pas venu ici pour me voir, cette fois-ci, lui avait expliqué Perona d'une voix haut-perchée. Son ami Sanji a disparu, vois-tu, et il pense que le docteur Hogback pourrait être responsable. Tu n'as vu personne d'autre, quand tu y étais, par hasard ?
- Sanji, tu dis ? Première fois que j'entends ce nom. Désolé, vieux, à part l'assistante du docteur, je n'ai vu personne d'autre dans cette baraque, avait répondu Absalom en haussant des épaules.
Mais la lueur de reconnaissance qui avait brièvement éclairé son regard n'avait pas échappé à Zoro.
- Tu mens ! rugit-il, en faisant mine de se jeter sur l'autre homme.
Absalom, cependant, avait dû s'y attendre, car il sortit d'un geste vif un pistolet de la poche intérieure de sa veste, et le pointa sur le sabreur.
- Pas un geste, ou je tire !
- Aah ! Mes animaux ! glapit Perona, affolée. Tu es fou ? Si tu tires ici, tu risques de les blesser !
- Ta gueule ! Tu crois que j'en ai quelque chose à foutre, de tes animaux ? avait craché Absalom, tout en agitant son flingue devant lui.
Zoro profita de cet échange pour s'approcher d'un bond, et Absalom en l'esquivant alla percuter de l'épaule une des cages alignées le long du mur, provoquant des cris de panique de la part de tous les animaux de la rangée.
- Arrêtez ça ! Arrêtez ça tout de suite ! s'égosilla Perona, tout en se précipitant vers ses chères bestioles.
Pendant ce temps, le champion de kendo privé de ses épées avait empoigné à mains nues le poignet de son adversaire pour le désarmer, et les deux hommes luttaient férocement. Plusieurs cages tombèrent au sol avec un grand fracas, tandis que les oiseaux qui y étaient enfermés pépiaient de façon hystérique. Zoro devait bien l'admettre : il avait légèrement sous-estimé la force d'Absalom, qui semblait être un habitué des salles de musculation. Néanmoins, c'était lui qui gagnait, lentement mais sûrement.
- J'ai dit : arrêtez ça ! cria soudain la propriétaire du refuge en les poussant tous les deux, sans doute pour les éloigner de ses petits pensionnaires.
Le coup partit, et Zoro dut lâcher prise, sentant une douleur intense lui vriller l'épaule. Il baissa les yeux sur lui-même, pour voir une fleur rouge s'épanouir rapidement sur le tissu de son T-shirt, et Absalom en profita pour tituber hors du refuge, laissant tomber son pistolet dans sa fuite. L'épéiste ramassa l'arme avant de le poursuivre, mais il se fit bientôt plaquer au sol par des voisins, alertés par les cris de Perona et par le coup de feu.
- C'est fini pour toi, mon coco ! On a appelé la police, elle est en train d'arriver ! lui dit l'un d'eux.
- Laissez-moi me relever, imbéciles, ce n'est pas moi le criminel !
Mais personne ne l'écoutait, et Zoro faillit s'évanouir de douleur lorsqu'il tenta de les déloger de son dos en roulant brusquement. Son épaule le brûlait atrocement, et il sentait ses forces s'amenuiser peu à peu. Une fois n'est pas coutume, les sirènes de police ne tardèrent pas à se faire entendre, et le bretteur poussa un grognement dépité en reconnaissant l'officier qui sortit du véhicule. Merde, alors. Fullbody ne l'avait jamais porté dans son cœur…
Il avait rencontré l'aspirant-commissaire du vivant de Tashigi, à l'occasion d'une petite fête organisée par le commissariat pour célébrer le départ à la retraite de l'un de leurs éléments. Zoro avait très vite compris pourquoi sa femme considérait Fullbody comme « un imbécile imbu de lui-même, malgré ses résultats médiocres » et « un pistonné qui ne devait son grade qu'à ses talents de frotte-manche ». Effectivement, le policier aux cheveux roses était puant de suffisance, et le sabreur n'avait pas pu s'empêcher de le remettre à sa place lorsqu'il s'était vanté de combats imaginaires. Il l'avait même défié de prouver ses dires, « s'il l'osait ». Résultat, l'officier avait été humilié, et vouait depuis une haine féroce à Zoro. Heureusement, les deux hommes n'avaient pas été amenés à se revoir souvent… Jusqu'ici.
La villa du docteur Hogback se trouvait à l'extérieur de la ville, sur le flanc d'une colline. L'endroit était très vert, et la forêt touffue qui entourait la propriété protégeait celle-ci des regards. On n'y accédait que par un étroit sentier, barré tout en bas par une chaîne indiquant « Propriété privée ». La villa en elle-même respirait la richesse, tout en bois avec des pignons ouvragés et des tourelles effilées. Zoro repensa à ce que Law lui avait dit la veille, après sa conversation téléphonique avec Yosaku : qu'Hogback était considéré comme un génie de la médecine, et qu'il avait dû gagner des millions avant de disparaître du jour au lendemain. D'après les rumeurs qui avaient circulé à l'époque, il était tombé fou amoureux de l'une de ses patientes, une actrice de théâtre très connue, et l'avait demandée en mariage en grande pompe – seulement pour se faire rejeter par la jeune femme. C'était après cet évènement qu'il s'était évaporé dans la nature, et certains avaient même craint qu'il n'ait mis fin à ses jours.
- Ne t'inquiète pas, Zoro! Si Sanji est là-dedans, je te promets qu'on va le retrouver, déclara soudain Luffy en arrivant à sa hauteur.
- Ah… Merci, Luffy, fit le kendoka en baissant le regard vers son ami, qui affichait une expression sérieuse très inhabituelle de sa part.
- Hey ! Toi ! On peut savoir ce que tu fais ?! retentit soudain la voix d'Hermeppo derrière eux.
Il s'adressait visiblement à Bartolomeo, qui était occupé à uriner contre la boîte aux lettres de la villa.
- Ben quoi ! Je dois pisser, alors je pisse ! rétorqua le punk avec un doigt d'honneur à l'attention de l'inspecteur.
- Tu étais vraiment obligé de l'emmener, Luffy ? soupira Zoro en secouant la tête.
- Shishishi ! Barto est tellement marrant !
- Hehahahah ! Vous avez entendu ? Luffy-sempai me trouve marrant !
- Bande de clowns… grommela Smoker en franchissant en deux enjambées la petite allée gravillonnée qui menait au porche d'entrée.
Il pressa le bouton de la sonnette, une fois, deux fois, trois fois, avant de frapper violemment à la porte, faisant trembler les carreaux qui en occupaient la partie supérieure.
- Docteur Hogback ! C'est la police ! Veuillez ouvrir cette porte ! le somma le commissaire.
Mais toujours rien. Smoker fit alors un signe de la main, et Coby s'avança avec un parlophone.
- Docteur Hogback, commença-t-il d'une voix rendue crachotante par l'appareil. Votre villa est encerclée, et nous avons un mandat de perquisition. Si vous n'ouvrez pas cette porte immédiatement, nous allons l'abattre. Vous avez jusqu'à dix. Un… Deux… Trois…
A dix, rien ne s'était passé, et Smoker donna donc un grand coup d'épaule dans la porte pour l'ouvrir de force. Une alarme se mit aussitôt à sonner, et un agent se précipita pour la faire taire, tandis que le commissaire, suivi par Zoro et Luffy, s'aventurait dans la demeure.
Celle-ci semblait déserte, mais pas depuis longtemps. Le frigo était plein de nature, de même que les placards de la cuisine. De la vaisselle reposait encore dans l'égouttoir. Le ménage avait été fait récemment. Un feu avait brûlé dans la cheminée, pas longtemps auparavant. Un livre doté d'un marque-page avait été oublié sur une table du salon. Il s'agissait d'une pièce de théâtre, Amnesia.
A l'étage, ils trouvèrent deux chambres. La première, la plus petite, avait visiblement été occupée par une femme, à en juger par les vêtements qui remplissaient la penderie et la commode. Ceux de l'assistante du docteur, qu'Absalom avait évoquée, peut-être ? La deuxième, plus grande, était vraisemblablement la chambre d'Hogback, et au-dessus du lit pendait l'immense portrait d'une femme blonde d'une grande beauté. Dans la salle de bain traînaient des produits de beauté à la fois pour hommes et pour femmes, mais rien de première nécessité, un peu comme si quelqu'un s'était dépêché de constituer une trousse de toilette et avait décidé de ne prendre que l'essentiel. La dernière pièce de l'étage, enfin, était le bureau du docteur, et Zoro regarda avec beaucoup d'intérêt comme Smoker ouvrait tous les tiroirs du meuble afin d'en sortir les documents qu'il contenait.
Lui-même était limité par son bras en écharpe, mais il tendit sa main valide vers un dossier au hasard, qu'il se mit à éplucher. Il s'agissait d'une collection de coupures de presse, portant toutes sur la même personne : une certaine Cindry, vedette du théâtre, que le bretteur reconnut sans mal comme la femme du portrait, dans la chambre d'Hogback. Décidément, le docteur en était obsédé ! Sans doute l'actrice dont Law lui avait parlé, et qu'il avait demandée en mariage ? Les derniers articles, néanmoins, changeaient de ton, puisqu'au lieu de parler de succès et de triomphes, ils racontaient l'accident tragique qu'avait souffert la jeune femme, et suite auquel elle avait dû être hospitalisée. Tout un rail de spots s'était décroché et lui était tombé dessus, entraînant avec lui une partie du décor, qui avait pris feu. Apparemment, un des spots l'avait percutée à la tête, et l'actrice en se réveillant souffrait d'une amnésie quasi totale. Les médecins restaient optimistes, mais préféraient interdire toute visite afin de ménager son esprit encore fragile – et ce, y compris pour la famille et les amis proches. C'était ainsi que s'achevait le dossier, et Zoro se demanda ce qu'il était advenu de la comédienne par la suite.
Soudain, des cris provenant du rez-de-chaussée les firent sursauter, Smoker et lui, et dévaler les escaliers pour voir de quoi il en retournait.
- Commissaire ! fit Coby d'un ton pressant, en arrivant à leur rencontre. C'est Luffy ! Il s'est mis à jouer avec la tête de cerf empaillée accrochée au mur… et il a déclenché un mécanisme secret !
- Montrez-moi ça, grogna Smoker en se dirigeant vers le salon.
Effectivement, Luffy, en se pendant aux bois de la tête de cerf, avait fait coulisser un des panneaux lambrissés qui recouvraient les murs, révélant un ascenseur métallique dissimulé derrière. L'ascenseur était assez spacieux pour six personnes, et menait au sous-sol. Le commissaire, Zoro, Luffy, Barto, Coby et Hermeppo découvrirent ainsi, ébahis, le laboratoire secret que le docteur Hogback cachait sous sa villa.
- Trop coooooooool ! s'écria Luffy en bondissant dans le couloir. On se croirait dans un film d'espionnage !
- Attends-moi, Luffy-sempai ! fit Bartolomeo en lui courant après.
- Arg, quels crétins, ces deux-là… se plaignit Smoker en se pinçant l'arête du nez. Mais bon, j'imagine que sans eux, on n'aurait pas découvert ceci aussi vite.
Ouvrant les portes de part et d'autre du couloir, ils découvrirent tout d'abord une pièce remplie d'animaux paniqués, qui tournaient dans leur cage et se jetaient contre les barreaux. L'endroit empestait l'urine et les excréments. La pièce d'en face semblait avoir servi de bureau et d'archives, mais toutes les étagères et les tiroirs avaient été soigneusement vidés. Zoro commençait à se sentir excessivement frustré : si Sanji était vraiment passé par ici, il était parti depuis au moins plusieurs heures. Foutu Fullbody ! S'il ne l'avait pas retenu toute la matinée au poste, Absalom n'aurait pas eu le temps de prévenir Hogback, et le docteur n'aurait pas pu vider les lieux et emporter toutes les preuves de ses activités illégales. Est-ce que ça servait vraiment à quelque chose de continuer à fouiller cet endroit ? Ça devenait de plus en plus évident qu'ils ne trouveraient rien…
- Zoro ! Viens voir ! l'appela soudain la voix de Luffy, avec une urgence qui ne lui disait rien qui vaille.
L'épéiste se dépêcha de rejoindre son ami, suivi de près par Smoker, qui faillit le percuter lorsque Zoro s'arrêta net à l'entrée de la salle où Luffy se tenait. Le plus jeune des Monkey D était planté devant une chaise métallique, qui semblait clouée au sol, et où des lanières en cuir sur les pieds avant et sur les accoudoirs permettaient d'attacher la personne qui s'y assiérait. Mais le plus inquiétant, c'étaient les mouchetures rouge sombre qui constellaient le sol autour de la chaise, et les traces brunâtres laissées sur l'un des accoudoirs et sur le dossier du siège. Sans un mot, Luffy tendit un doigt devant lui, pointant vers l'unique cheveu blond qui scintillait au sommet du dossier, en plein milieu de la plus large des taches de sang.
- Voilà la preuve qu'Hogback a bel et bien enlevé votre ami Sanji, je pense, dit Smoker à voix haute, résumant ce que chacun pensait tout bas.
