Disclaimer :
JK : 7 ; Lasiurys : 0
Merci à EHP – Wikipedia – Google. Damocles : désolée.
Titre du chapitre : "Jane Doe", Within Temptation ("Pourquoi ne quittes-tu pas simplement mon esprit ? Était-ce le seul moyen?)
Les yeux couleurs de thé clair sont inspirés d'une interview d'Alan Rickman pour The Observer Review en 95.
Merci à kageroprincesse, vivi, Ilda, élyon(x2), Ongil Nyatar, Snapinou, Groumd, alexcmoa, zinzinette, Anthales(x4), Mephitis, Alexandrine, Kaomisha, Pau Eihm, Mathilde, jones17, cixy, Paly, Luscinia, ptitemel, Lyane de Rivesen, Alatariel Melawen, khalie, Mikishine, helvetius, et Miss Lilith Samael pour vos reviews ! Merci à mes Dalton, à mes lectrices, et à mes lecteurs!
Bravo à tous ceux qui ont trouvés leur Ruse! J'espère que vous n'avez pas oublié de rajouter "merci" devant! Bref, je tiens à préciser que c'est évident que toutes mes lectrices ont un cerveau! Que personne n'en doute! Il est vrai que Severus et Hermione se rapprochent et que Severus peut sembler un peu plus gentil... même si la séparation parents/Hermione était effectivement triste, elle était nécessaire... pour plusieurs raisons ! D'ailleurs, effectivement, Hermione n'a plus que lui dans sa vie, c'est important de le préciser... Et enfin, concernant des hypothétiques montages sur un hypothétique blog, il est vrai que la seule solution consisterait à les taguer, ce qui entraînerait pas mal de complications...
A propos du dernier chapitre : la remarque de Severus par rapport à son âge est imagée... Il a l'âge qu'il est censé avoir, pas de panique! Et comme vous pouvez le voir, le temps passe très vite... à la fin de ce chapitre, on est au 9 janvier de la deuxième année d'apprentissage.
--Chapitre 35 : Why, you just won't leave my mind -Was this the only way ?
Des journalistes se précipitèrent sur eux.
- "Où étiez vous, professeur Snape ?"
- "Qu'avez vous pendant cinq mois ?"
- "Pourquoi n'êtes vous pas venu à la Commémoration pour la mort de Vous Savez Qui ?"
- "J'entraînais mon apprentie. Nous avons travaillé sur un projet confidentiel", répondit-il brièvement et sèchement.
Osty avait l'air ravi de les revoir, et elle crut voir passer un éclair d'affection dans les yeux du professeur Snape.
Le 15 novembre, ils se rendirent de nouveau au Forum des Maîtres. Elle fut abordée par plusieurs personnes qu'elle ne connaissait pas, lui proposant de signer pour des engagements après qu'elle ait complété son apprentissage.
- "Miss Granger ne signera aucun contrat pendant qu'elle est sous mon autorité", disait invariablement son Maître, et généralement, après avoir pris en compte son regard glacé, ils n'insistaient pas.
Sa potion création et les projets de deux autres apprentis furent présentés pendant les conférences. Elle se sentit vaguement fière, mais pas autant que lorsque son Maître lui avait dit que sa potion devait être fonctionnelle. Rien de ce que pouvaient dire ou faire les gens ne l'intéressait plus ; elle avait rompu ses derniers contacts avec le monde quand elle avait renoncé à rendre leur mémoire à ses parents. La seule voix qui importait était celle de son Maître.
Elle trouva une idée pour son deuxième projet création. Il l'assistait si besoin, comme pour le premier.
Noël arriva de nouveau, et il acheta un sapin, petit mais touffu. Quand elle le vit, elle eut de nouveau le désir quasiment irrépressible de le toucher, et elle se souvint qu'il avait passé son bras autour de ses épaules, en Australie. Elle ne le fit pas, et attendit avec impatience qu'il la fasse entrer dans ses yeux. Là, elle pouvait oser, elle pouvait imaginer qu'elle le serrait dans ses bras. Dans le cœur de ses yeux, elle était libre.
- "Encore, Severus ?"
C'était le soir du Nouvel An, et il buvait. Comme tous les ans. Encore un an de sa vie, hanté par les ombres de son passé, où tout ce qu'il avait fait s'inscrivait dans chaque trace de pas qu'il laissait, s'insinuait sous ses couches d'habits, voulant l'étrangler.
- "Ce n'est pas parce que tu bois que tu oublieras, tu sais ; tu m'as tué. Pourquoi est-ce que tu ne l'acceptes pas ?"
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- "Tu le sais, n'est ce pas ? Tu sais que tu m'as tué."
- "Je l'ai fait sur vos ordres", répondit Severus d'un ton mal assuré, une angoisse visible dans ses yeux noyés d'alcool.
- "En es-tu sur ?"
« Vous l'avez fait sous ses ordres. J'en suis sure ».
- Vous m'avez demandé de le faire… Vous me croyez, n'est ce pas ?
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« Tu es seul, Severus. Tu le sais, n'est ce pas ? »
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- "Taisez vous ! Dites moi que vous me croyez, ou taisez vous !"
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- "Tu le sais, n'est ce pas ?"
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- "Tu m'as tué, Severus…"
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- "Je ne suis plus là. Tu le sais, n'est ce pas ?"
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- "Sectumsempra !"
Severus se permit de rire, rire désabusé résonnant lugubrement dans le grenier vide. Si Dumbledore ne voulait pas sortir de son corps, il le forcerait. S'il se vidait de tout son sang, il devrait bien finir par être obligé de le laisser ?
Hermione ne fit pas de commentaires en voyant la tête de déterré de son Maître, mais elle eut envie de le gifler. Pourquoi persistait-il ?
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- "Miss", dit Osty, plus tard. "Maître Severus fête l'anniversaire de Maître Severus le 9. Miss doit empêcher Maître Severus". Sa lèvre inférieure tremblait. "Osty assiste à l'anniversaire depuis toujours, et chaque année, Osty a peur de ne pas arriver à sauver Maître Severus."
- "Il ne mourra pas avant d'avoir complété mon apprentissage", dit Hermione à l'elfe, et elle vit son regard paniqué.
- "Osty veut voir un anniversaire de Maître Severus où Maître Severus ne fait rien !"
- "Il y en aura d'autres, Osty", dit Hermione que l'affolement commençait à gagner.
- "C'est la dernière chance d'Osty", dit l'elfe, ses pupilles dilatées. "Osty le sait."
Severus buvait.
- "Joyeux Anniversaire, Severus."
- "Merci, Maître", répondit-il.
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- "Severus. Pourquoi m'as tu tué ?"
- "Vous me l'avez demandé ?" Et c'était une question. Il eut l'impression de ne plus pouvoir respirer. Une main de fer lui serrait les poumons. Il voyait les yeux bleus, les yeux perçants d'Albus Dumbledore.
- "En es-tu sûr ?"
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- "Ne l'as tu pas fait pour te venger ?"
- "Non !!!" Sa main tremblait autour de sa bouteille.
- "Peux-tu le prouver ?"
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- "Je vous jure !"
Hermione monta les marches, les mains moites d'appréhension. Elle était en train de monter dans son étage, dans l'étage interdit… Elle avait tellement peur de faire du bruit, et pourtant, elle serait obligée de se montrer tôt ou tard…
Elle s'arrêta en haut de l'escalier ; il faisait horriblement froid. Le plafond était défoncé, tout le mobilier par terre, des chaises en morceaux. Il y avait du verre brisé partout, et au milieu de la pièce, debout dans un paysage d'apocalypse, se tenait son Maître, serrant désespérément une bouteille à la main, comme s'il essayait de se protéger d'un ennemi invisible.
Il se parlait à lui-même.
- "Je vous jure, Albus ! Je l'ai fait sous vos ordres !"
- "Répondez-moi !"
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Il chercha son Maître du regard, là où il n'était plus, essayant d'apercevoir un signe, une réponse –et il vit son apprentie, fragile, pâle, un ange dans son enfer.
N'était-il pas censé être seul ?
Ses yeux tombèrent brutalement sur elle. Elle n'avait jamais vu son regard de la sorte. Elle avait vu ses yeux fiévreux, fous, vides, froids. Mais elle y lisait à présent un trouble, une panique qui en agitait violemment les profondeurs. Elle n'avait jamais vu des yeux aussi torturés, et ils s'accrochaient à elle, la suppliant de donner une réponse qu'elle n'était pas en mesure de fournir.
Elle s'approcha lentement, doucement, pour ne pas l'effrayer davantage.
- "Maître…" commença-t-elle en détachant soigneusement les mots. "Vous l'avez fait sur ses ordres. Vous pouvez me croire."
Il continuait à la fixer, ses yeux flambants dans une tornade haineuse, dont elle savait qu'elle n'était pas dirigée vers elle, et brutalement, il fit un pas, la saisit durement par les avants bras et la plaqua contre lui, leurs front l'un contre l'autre, leurs nez se touchant, ses yeux tourmentés la suppliant de venir se perdre avec lui.
Elle le laissa l'entraîner, l'hypnotiser, et bientôt elle était, toute entière, dans la tempête déchaînée de ses yeux d'obsidiennes. Là, dans le fond de ses yeux, tout au fond du puits, elle les voyait, au milieu d'une pièce détruite, lui s'accrochant à elle, la suppliant, lui ordonnant, de ne pas le laisser seul avec ses démons, tandis qu'un vent déchaîné hurlait autour d'eux, essayant de l'arracher à ses bras.
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Elle émergea quelques heures plus tard, lorsqu'il ferma enfin ses yeux pour dormir. Elle l'installa du mieux qu'elle put. Elle était épuisée, vidée. Elle avait vu, elle avait été dans le lieu que personne ne voyait –derrière le masque de Severus Snape.
Elle aurait voulu l'aider à aller mieux, mais elle ne savait pas comment. Elle ne pouvait pas chasser toutes les ombres. Peut-être, songea-t-elle, aurait-il eu les yeux bleus, sans toutes ces ombres noires qui s'y trouvaient au fond. Des yeux couleurs de thé clair. Elle ne pouvait pas chasser les tempêtes, la haine, le froid qui régnaient sous la mer d'obsidienne.
Mais elle était contente, d'avoir été là, pour lui. Comme il avait été là pour elle. De l'avoir sauvé, pour un jour de plus.
Osty poussa un soupir de soulagement. Il y avait des choses qu'un elfe sentait, que les humains ne pouvaient pas voir.
Il était content d'avoir vu un anniversaire de son Maître, le premier –son dernier, où il n'était pas seul.
