En plus il a fallu que tu attendes deux fois plus longtemps pour savoir si elle serait amputée ou pas Naitaa ! J'ai sincèrement pensé à l'amputer complètement mais dans ma grand bonté, j'ai décidé qu'on ne lui enlèverait qu'un petit bout... Bon, en fait, c'était surtout parce que vu ce qu'il se passe dans ce chapitre, avec une Sasha amputée on pouvait directement enterrer les 5. Et elle aurait eu du mal à avoir écrit cette histoire dans ce cas là...
Je ne souhaite à personne d'avoir la gangrène non plus. Malheureusement ça arrive plus souvent qu'on ne le pense...
Tu n'as encore rien vu Diamly : le corps humain peut faire des trucs pires. J'ai le bonheur d'être dans une filière médicale alors je sais de quoi je parle XD
Bien sûr que Sasha se sent jugée. Elle se juge sévèrement (sans doute un peu trop) elle même. Alors comment penser que les autres ne la jugent pas ? Du moins, c'est comme ça qu'elle le voit. Voilà pourquoi elle se méfie.
Effectivement l'hiver va pas mal aider à l'extermination des zombies... Mais ce serait trop simple si ça se terminait comme ça. Et si ça s'arrête avant l'autre hiver, c'est aussi un peu parce que je suis en panne d'inspi' ^^" Je suis en train de jeter ma dernière idée « zombie » dans le chapitre que j'écris pour être tout à fait honnête...
Bonne lecture !
Les Morts sont impitoyables
Fuyuki et moi sommes retournés chasser tous les jours à partir de ce moment là. Et plus les jours passaient, plus le fait que nous revenions bredouille devenait inquiétant. On avait besoin de se nourrir.
On a commencé à sérieusement se rationner. Dan, Genjiro et Isamu nous laissaient plus de nourriture puisque Fuyuki et moi sortions tous les jours. Mais ça ne suffisait pas à nous sustenter.
Jusque là, nous n'avions pas réellement manqué de nourriture. On ne mangeait peut –être pas des choses très goûteuses, mais nous arrivions à nous remplir la panse suffisamment. Plus à présent. On devait être aux alentours du nouvel an.
La faim, c'est une sensation obsédante. Il nous arrive tous de sauter un repas une fois dans notre vie. La faim finit par refluer au bout d'un moment, pour revenir à l'heure du repas suivant. Mais quand vous ne mangez pas assez, la sensation revient tout le temps. Elle est là, nichée dans votre ventre jusqu'à s'insinuer dans votre esprit, dans votre âme.
Vous vous endormez en ayant faim. Vous vous réveillez en ayant faim. Vous bougez en ayant faim. La pensée ne vous quitte plus. Et je commençais sérieusement à envisager d'aller faire un tour en ville. Mais pas vers Tokyo. Là bas, je savais que la nourriture manquait aussi cruellement. J'envisageais de lancer une expédition vers les villes plus à l'intérieur des terres.
Sans perdre de vue qu'il y aurait sans doute plus de zombies là bas : les gens avaient moins de moyens de s'échapper. Il n'y avait pas d'aéroports à l'intérieur des terres, et ils n'avaient pas de bateaux non plus. L'invasion zombie avait dû leur laisser encore moins de chances qu'à nous. Et je répugnais vraiment qu'on soit séparé pour plus de quelques heures.
Quand nous sommes repartis pour la chasse ce matin là, on avait pas grand espoir. Si d'ici deux ou trois jours, on avait toujours rien, il allait falloir que je me décide.
Et comme un signe du destin, nous sommes tombés sur quelque chose ce jour là. Une échelle conduisant à une cabane dans un arbre. Ça ressemblait à une cabane de chasse comme j'en avais déjà vu en France par exemple.
On y a grimpé rapidement, excités par une telle découverte. Qui disait cabane de chasseur, disait animal. Sinon, elle n'aurait pas été construite ici. On a pris le parti d'attendre là quelques heures. Ça valait le coup d'essayer et nous avions quasiment exploré tous les alentours.
Alors on a pris notre mal en patience. Je crois qu'on s'est tous les deux assoupis. N'oubliez pas que si nous avions faim, nous manquions aussi de sommeil. Et dormir permet d'oublier la faim pour quelques minutes au moins.
Je me suis réveillée en sursaut en entendant un bruit de grattement étrange et quelque peu angoissant. Comme si des ongles crissaient sur du bois, mais en plus fort.
On a jeté un coup d'œil en bas de l'arbre, craignant qu'il ne s'agisse d'un ou plusieurs zombies nous ayant repérés. Mais non.
Il nous a fallu plusieurs minutes avant de voir approcher, tranquillement, un troupeau de cerf. Ce qui faisait ce bruit, c'était le mâle qui grattait ses bois contre les troncs d'arbre pour en détacher l'écorce et la manger. Eux aussi avaient du mal à trouver de quoi se nourrir.
Autant dire que devant autant de potentiels steaks, et nous n'avions plus mangés de viande depuis notre départ de l'aéroport, on a bien failli tout faire rater avec notre précipitation.
On s'est figé quand ils ont redressés la tête, vigilants. Mais ils n'ont pas pensé à regarder en haut et ont continué leur tâche. J'ai doucement armé mon fusil et j'ai pris le plus grand soin à viser. Il ne fallait pas que l'animal soit trop imposant, sinon nous n'arriverions pas à le porter, mais il devait l'être suffisamment pour nourrir 5 personnes sur plusieurs jours.
Il ne fallait pas que je loupe. Je sentais le regard de Fuyuki sur ma nuque.
- Qu'est ce que tu attends ? m'a t –il chuchoté.
- Tais toi, laisse moi faire.
Il m'a obéi, mais je crois que c'était à grand peine. J'ai pris plusieurs grandes inspirations, histoire de calmer l'excitation qui m'avait gagnée et j'ai pressé la détente tout doucement. Le coup est parti et les animaux se sont effrayés. Mais je l'ai touché.
- Putain ! me suis – je exclamée en constatant que ça ne l'avait pas tué sur le coup.
J'ai éjecté la cartouche pour tenter de tirer une nouvelle fois. Trop tard toutefois. Le troupeau s'en était allée. Et notre repas aussi.
- Ce n'est pas fini, m'a dit Fuyuki. Descendons.
- Pourquoi ?
- Elle saigne pas mal vu d'ici. Elle va finir par mourir d'une hémorragie et on la retrouvera grâce au sang qu'elle perd.
C'était logique. On s'est empressé de redescendre, d'enfiler nos raquettes restées au pied de l'arbre, et de suivre la piste au pas de course. On était crevé, affamé et fatigué, mais la faim donne des ailes. On ne voulait pas que ce repas nous échappe.
J'ai l'impression qu'on a avancé pendant des heures avant de tomber sur le cadavre que nous recherchions. Et là, j'ai senti une pierre me tomber dans l'estomac. Il y avait un zombie. En train de la dévorer.
Et j'ai senti une colère sourde monter en moi. Il nous volait notre repas ! La bouffe peut être à l'origine de terribles rancœur. Je peux vous garantir que Fuyuki et moi avons bien exprimés notre frustration.
J'ai hurlé de rage un bon coup et je me suis laissée tomber dans la neige à côté de notre ex – futur repas. On ne pourrait pas manger ça. Pourtant, il y avait tellement de bonne viande.
Une pensée parasite s'est insinuée dans mon esprit. Les garçons ne pourraient pas manger ça. Moi si. Moi, je résistais au virus. Moi je ne craignais rien. Moi, je pouvais manger.
C'est immonde, n'est ce pas ?
Ces pensées tournaient en boucle dans ma tête quand un bruit a attiré mon attention. Un faon s'est approché. Sans doute était – ce sa mère qui était morte. Il n'avait pas peur de nous : il était né cet été alors que les zombies avaient déjà tué tout le monde. Il n'avait jamais appris à craindre les humains. Il ne connaissait pas notre odeur comme une à fuir.
Et on restait immobile. Il nous a jeté un regard avant de s'approcher encore du cadavre de sa mère en poussant des petits cris.
Je l'ai regardé faire, tout en bougeant très lentement pour le pas l'effrayer. J'ai sorti mon poignard. Et j'ai attendu qu'il soit près. La mère nous avait échappé. On allait se contenter du petit. Il devait avoir dans les 6 mois. Il avait assez de chaire. Et il était voué à la mort de toute façon.
Quand il a été à porté de main, j'ai levé le bras, sous le regard de Fuyuki. Le petit n'a pas semblé alarmé. Et je l'ai choppé par l'encolure, serrant ma main de toute mes forces pour être sûre qu'il ne m'échapperait pas. Il a poussé des vagissements. Pas longtemps. Je lui ai enfoncé mon arme dans la gorge et il s'est affaissé.
- Enfin ! s'est exclamé Fuyuki. On a quelque chose !
On s'est souri comme deux imbéciles finis, pas un seul moment horrifiés d'avoir tué un être dans défense. Avant les zombies, jamais ça ne me serait venu à l'idée. Mais nous avions faim. Et la faim justifie les moyens.
- On devrait le dépecer sur place, m'a dit Fuyuki alors que je récupérais mon poignard.
- Pourquoi ?
- Il y a aussi des loups dans ces montagnes. Autant éviter de les attirer avec ça. Et de toute façon, on ne fera rien ni de la peau, ni des entrailles. Autant les laisser là.
- On les brûlera avec le zombie et la biche. Isamu a dit que les animaux pourraient très bien se contaminer avec le virus : autant éviter de se retrouver avec des loups – zombies si jamais la biche porte le virus.
On a commencé par retirer la peau du faon. Il n'était pas bien gros, mais ça nous a pris pas mal de temps. Ça n'est pas aussi facile que ça pourrait le paraître. Puis on l'a ouvert pour sortir ses boyaux. Le tout sans les percer : si leur contenu se répandait sur la viande, je ne suis pas certaine qu'on aurait pu la manger.
La journée tirait sur sa fin quand on a terminé. On s'est tourné vers les deux cadavres qu'il nous restait à brûler. Et j'ai vraiment eu mauvaise conscience en voyant la biche intacte, si on exceptait son cou.
- Sasha, on a pas le temps de traîner, m'a rappelée Fuyuki.
- Je crois que je vais quand même couper la cuisse de la biche pour la ramener.
- Inutile : on ne pourra pas la manger.
- Vous non. Mais moi oui. Vous, vous mangerez le faon, et moi la biche. Ça nous permettra de tenir plus longtemps.
- Je ne sais pas si…
- On a pas le droit de faire la fine bouche. Au pire, j'aurais de la fièvre un ou deux jours.
On s'est affronté du regard quelques secondes avant qu'il ne cède et découpe la patte arrière de la biche. On a aussi laissé la peau sur place et on a brûlé le tout avant de nous remettre en route.
Fuyuki et moi avons portés à tout de rôle la cuisse et le faon qui faisait quand même bien 25kg. On avançait beaucoup plus lentement avec ça, et la nuit était tombée depuis un moment quand on a retrouvé le onsen. C'est un miracle qu'on ne se soit jamais perdu pendant nos chasses.
Ça a été la fête quand on est arrivé. Cette viande, c'était le graal. On a mis en route notre réchaud que nous n'avions pas encore utilisé jusque là, et on s'est coupé chacun un steak. Les garçons en premier, moi ensuite avec mon autre viande. Bien entendu, ça a causé un débat, mais je suis restée sur ma position et ils ont dû céder.
Cette nuit là, on s'est endormi le ventre plein. On n'avait pas mangé à outrance : il fallait que la viande dure plusieurs jours, mais on avait fait un vrai repas. On a enseveli le reste de la viande dans la neige pour la garder au frai, et en espérant que les carnivores ne la sentiraient pas.
Espoir vain : le lendemain matin il n'y avait plus trace du faon. Mais curieusement, ma cuisse de biche était encore présente. Les carnivores qui étaient venus avaient senti qu'elle leur apporterait la mort. Moi, en revanche, je n'ai pas décelé de réaction au fait que j'en ai mangé.
Fuyuki et moi sommes donc retournés dans les bois pour voir si on repérait des traces d'autres animaux et si ses collets avaient servi à quelque chose. Jusque là, il n'y avait pas eu grand-chose dedans.
Il avait encore neigé et gelé pendant la nuit. Alors ce qui devait arriver est arrivé. Fuyuki a glissé pendant qu'on grimpait la montagne. Avec un cri de surprise, il est tombé au sol et a dévalé la pente. Vu que tout était gelé, ça nous pendait au nez : les raquettes aidaient à ne pas nous enfoncer, mais ça glissait bien plus que des chaussures à crampon.
Avec un juron, j'ai fait demi tour pour le suivre, et j'ai manqué de l'imiter dans ma précipitation. Je l'ai retrouvé près de l'arbre qui avait brutalement arrêté sa course. Il ne bougeait plus. Mais j'ai constaté qu'il était encore bien en vie quand je me suis agenouillée près de lui.
- Je crois que je me suis cassé quelque chose, a t –il haleté.
- Tu as mal ou ?
- La jambe. J'ai essayé d'amortir le choc avec, mais je m'y suis mal pris. Et mon katana a glissé. J'ai essayé de m'arrêter avec. Je l'ai perdu.
- On va le retrouver, l'ai – je rassuré. Regardons plutôt ta jambe.
Il s'est adossé à l'arbre et j'ai constaté que quelque chose n'allait pas rien qu'en la regardant. Il y avait, au milieu du tibia, une sorte de pointe blanche et luisante qui avait transpercé le pantalon. Fracture ouverte. On a pâli en concert en voyant ça.
- Rentrons, ai – je décidé.
- Ça va être compliqué. Je ne peux pas marcher avec cette jambe et le verglas.
- Je vais te tirer. Comme on l'a si bien expérimenté : ça glisse. Et avec cette chute, on est pas très loin de la maison.
- Il faut trouver mon katana.
- Je reviendrais si on ne le trouve pas en chemin. Mais toi, tu vas aller voir Isamu fissa. Et tu n'as pas ton mot à dire.
Je me suis empressée de le ramener à la maison. Mais c'était compliqué. Déjà, il avait mal à chaque fois que je le tirais. Ensuite il fallait aller vite parce qu'une fracture ouverte, ça perd quand même beaucoup de sang, mais à aller trop vite, on risquait une nouvelle chute.
On est arrivé au passage pour retourner au onsen après un temps qui m'a semblé extrêmement long. Ça a été compliqué de lui faire passer la barrière. J'ai fait un essai pour le porter. J'avais la force nécessaire pour ça, mais pas la technique : je n'ai pas réussi à rester suffisamment équilibrée pour avancer avec lui. Alors je l'ai soutenu et il a sautillé jusque dans le hall. Je l'ai abandonné là et j'ai couru chercher Isamu.
Les trois garçons m'ont regardé, et ont tout de suite compris que quelque chose n'allait pas.
- Fuyuki est blessé, ai – je dit. Et c'est grave.
La seconde d'après, on était tous regroupés autours de lui. J'ai découpé la jambe de son pantalon sur les ordres d'Isamu, dégageant doucement le morceau d'os planté dedans. J'avais les mains pleines de sang. Et c'était encore pire que ce que j'avais pensé.
Son os sortait nettement de sa peau, blanc et terriblement pointu. J'ai cru que j'allais vomir tellement mon estomac c'est noué.
- Sasha, calme toi, m'a ordonné Isamu. Et vous deux aussi.
Lui, il semblait avoir gardé son sang froid malgré la vision pour le moins problématique qu'on avait sous les yeux. Une blessure aussi grave allait nous poser beaucoup de problèmes. Fuyuki et moi étions le pivot de combattant du groupe. Avec ça, impossible de marcher. Impossible de combattre. Et survivre ?
- Il va falloir remettre en place. J'ai besoin du matériel de suture Genjiro. Dan, descends donc de ton fauteuil et immobilise ses épaules.
- Je peux le faire, ai – je protesté.
- Toi, tu vas aller me chercher de quoi faire une attelle puisqu'on a rien pour le plâtrer. Des branches larges comme ça, assez épaisse et découpe les comme des planches. Et ramène des cordes depuis la voiture aussi
J'aurais préféré rester, mais je me suis exécutée. J'ai pris la hache et je suis partie jouer les bûcherons. Il m'a fallu un moment pour revenir avec ce qu'il voulait. Quand je suis à nouveau entrée dans le hall, c'était fait. L'os était revenu dans son alignement naturel.
- Pourquoi il ne bouge plus ? ai – je demandé.
- Il s'est évanoui, et ça vaut sans doute mieux. Il n'a pas opposé de résistance du coup et il est passé à côté du plus gros de la douleur.
Il a immobilisé son pied avec l'attelle de fortune dont j'avais ramené les pièces et on a transporté Fuyuki à l'étage.
- Il va lui falloir des antibiotiques et des antalgiques, m'a dit Isamu. Et il cicatrisera mal sans une alimentation suffisante. Il faut qu'on aille en ville.
J'ai poussé un profond soupir. Il avait raison. Il n'était plus possible de tergiverser à présent.
- D'accord. Mais avant, je vais aller chercher son katana. On ne peut pas se permettre de le perdre.
- Genjiro va préparer la voiture.
- Fait moi une liste de course, lui ai – je ordonné.
Je suis retournée à l'extérieur et j'ai suivi la traînée de sang que Fuyuki avait laissé derrière lui pour retourner à l'endroit exacte où il avait lâché son sabre. J'ai cherché sans doute plus longtemps que je ne l'aurais dû, mais ma ténacité a fini par payer : je l'ai retrouvé tout en bas de la pente.
Je me suis dépêchée de retourner au onsen, persuadée que j'allais me faire engueuler pour avoir mis tellement de temps à revenir. Mais non. La voiture était immobilisée.
- Je pense que le carburant a dû geler avec cette température, m'a dit Genjiro non sans donner un coup de pied dans le pneu.
- Même alors qu'elle est stationnée à côté des sources chaudes ? ai – je demandé, étonnée.
- Il semblerait.
- Et on ne peut rien faire pour améliorer ça ? Je ne sais pas moi, allumer un feu ?
- J'ai essayé, mais avec l'humidité de la neige, j'ai rien réussi à allumer.
- Ben tiens. Maintenant que j'ai décidé qu'on devait partir la voiture ne fonctionne plus. Bon.
Je suis retournée à l'intérieure, suivie de Genjiro et j'ai déposé le katana de Fuyuki à côté de son lit, à porté de main comme il l'avait fait quand nos places avaient été inversées. Il n'avait pas l'air bien.
- La voiture ne démarre pas, ai – je dit puisque tous les autres étaient présents. Je vais y aller à pied.
- Fuji n'est pas très loin d'ici, a dit Genjiro. Peut –être deux heures de voiture. Tokyo est trop loin pour faire le trajet.
- OK, alors ce sera Fuji. Je pense que je peux y être en une moins d'une journée. Je vais essayer d'être rentrée pour demain soir. Tu as la liste Isamu ?
- C'est Genjiro qui l'a, tu ne partiras pas seule. Et tu ne peux pas porter à toi toute seule tout ce qu'il nous faut.
- Je peux y aller seule, ai – je protesté.
- Hors de question : on ne se déplace jamais seuls. Cette règle, c'est toi qui l'a imposée alors tu vas la respecter.
J'ai levé les yeux et les bras vers le plafond pour prendre le ciel à témoin de mon exaspération. J'ai décidé d'être franche en écrivant ici, alors je vais le dire : je pensais que Genjiro ne ferait que me ralentir. Mais j'ai cessé de protester. Et il avait l'air décidé à venir.
Alors on s'est mis en route rapidement. On avait déjà perdu assez de temps. J'ai fait jurer à Dan et Isamu qu'il ne se passerait rien pendant mon absence. Ils ont juré, mais je savais que c'était une vaine promesse. S'il devait se passer quelque chose, il se passerait quelque chose, peu importe la volonté qu'ils y mettraient.
Mais ça m'a un tant soit peu rassurée. J'imagine que c'est stupide, mais c'était l'essentiel.
A suivre...
