Chapitre 37 : Le papotage de Pansy
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PDV de Susan Bones, élève de Serdaigle
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– Si quelqu'un veut échanger ses heures avec les miennes je veux bien, dit Pansy. À condition que cela ne me dérange pas.
– Je suis sûre que les autres préfets seront tous très touchés ta générosité, dit Hermione avec sarcasme. Maintenant est-ce que tu peux me dire si les horaires que tu as entre les mains et que tu n'as pas encore regardés te conviennent ?
Pansy baissa les yeux comme elle avait coutume de le faire devant la préfète-en-chef et lut la feuille qu'elle tenait. Susan salua Pansy d'un signe de tête et s'éloigna, bien qu'elle continuait de tendre l'oreille pour entendre la conversation des deux préfètes.
– C'est mignon le papier que tu as utilisé pour copier nos plannings, dit Pansy.
– C'est un papier moldu, répondit froidement Hermione.
– Il est vraiment très blanc, on dirait que ce n'est pas du parchemin.
– Ce n'est pas du parchemin.
– J'en étais sûre. J'ai remarqué que tu l'as utilisé toute l'année pour tes notes de préfete-en-chef, tu as innové c'est bien je trouve, dit Pansy.
– Tu vas parler encore longtemps ou je t'assomme tout de suite ? demanda Hermione.
– Excuse-moi, dit Pansy d'un ton joyeux. Je parle, je parle et j'oublie que nous avons un cours et que...
La voix de Pansy s'éteignit.
*La folle furieuse la tuée ?*
Susan jeta un coup d'oeil alarmé derrière elle. Pansy était bien vivante, apparemment Hermione était repartie laissant la Gryffondor avec son monologue.
*Pourquoi elle parle autant ? Il y a un concours de pipelette d'organisé et je ne suis même pas au courant ?*
Susan rejoignit la classe du professeur Flitwich où les Serdaigle avaient un cours en commun avec les Poufsouffle. Elle passa devant Anthony et ses amis, elle les salua et se dirigea vers ses amis. Les Poufsouffle reprirent leur conversation.
– Et donc tu comptes rester célibataire ? demanda Terry à Padma.
– Oui, répondit-elle crispée.
– Dommage, une jolie fille comme toi, dit Anthony.
– Ben...
* Qu'est-ce que tu ferais d'une jolie fille ?
Tu m'avais moi, tu m'as larguée à cause de ta « particularité ». Alors que je suis super canon !
Si je suis canon ! Un jour un mec bourré me l'a dit au Luxor, si ça c'est pas la preuve. *
Susan n'entendit plus rien, elle retrouva Hannah cachée par une haute pile de livre. À coté d'elle Ernie fouillait dans leurs deux sacs.
– Je suis sûr que cette information se cache quelque part, dit-il. Bon sang, je ne serais pas tranquille tant que je ne saurais pas quelle couleur prend une perche quand on la trempe dans une potion d'orangeade.
– Peut-être le orange ? suggéra Susan.
– Ça me semble trop simple, dit Ernie sans même la regarder.
– Help ! couina Hannah derrière la pile de livre.
Susan attrapa quelques livres en haut de la pile que portait Hannah.
– Un chevalier servant pour Hannah ? appela Susan en direction des autres Serdaigle.
Justin et Miranda se bécotaient tranquillement et ne prêtaient aucune attention à se qui se passait autour d'eux. Zac s'émerveillait devant ses mains.
– ZacZac ? appela Susan.
– Mmh ?
Il cessa sa contemplation et releva la tête avec une expression d'interrogative, Susan lui donna les livres qu'elle tenait et en prit d'autres des bras de Hannah. Le visage de la jeune fille réapparut enfin.
– Ma Nana ! Je savais bien que t'étais cachée là-dessous, s'exclama joyeusement Susan.
– Ne te moque pas de moi, supplia-t-elle. Ernie tu trouves ? Le cours va commencer.
En effet, Flitwich avait déjà commencé à faire entrer ses élèves dans la classe.
– Je ne trouve pas, dit-il agacé.
– On verra ça après, supplia Hannah.
– D'accord, maugréa Ernie.
Il reprit les livres des bras de Susan et Zac et les rangea dans son sac et dans celui de Hannah qui l'imita. Dès que ce fut fait, Susan agrippa le bras de son amie et l'entraîna vers leur table, avant qu'Ernie fut pris d'une nouvelle étrange lubie.
– J'ai vu Hermione Granger et Pansy Parkinson qui discutaient, raconta-t-elle. Et tu sais quoi ? Pansy n'avait presque pas l'air terrifiée.
– Pourquoi Pansy discute avec la préfète-en-chef ? demanda Zac derrière elles. Je croyais qu'elles se détestaient ?
– Elles se détestent, expliqua Hannah. Mais justement Hermione est la préfète-en-chef et Pansy est préfète chez les Gryffondor. Je suppose qu'elle lui donnait le nouvel emploi du temps des préfets pour les semaines à venir, il a été allégé pour les septièmes et cinquièmes années. Ce sont les sixièmes années qui vont se taper tout le boulot.
– Pourquoi elle n'avait pas l'air terrifié ? demanda Zac à Susan.
– Je n'en sais rien. Elle avait même l'air à moitié joyeuse.
– Elle a dû se prendre une porte ce matin, déduisit Hannah. Qui pourrait apprécier une conversation avec Hermione Granger ?
– Les Serpentard, répondit Zac l'esprit soudain ailleurs.
– À part eux ? dit Hannah. Ils ont tous un grain...
La voix de l'enseignant coupa leur conversation, le cours commençait.
*C'est vrai, les Serpentard sont tous complètement ch'té ! Regardez Neville, pendant des années il s'est comporté avec moi comme si on était à l'école maternelle. Il me tirait « métaphoriquement » les cheveux pour que je fasse attention à lui. Si ça ce n'est pas avoir un grain, faut qu'on m'explique ce que c'est !*
Sur son bureau, le professeur Flitwich créait des étincelles bicolores. Bien que l'enseignant eut précisé que ce cours était très important pour les ASPIC qui approchaient à très grand pas, Susan n'y prêta pas trop d'attention.
*En fait ce n'est pas un grain, c'est juste qu'il possède une maturité amoureuse très faible. C'est peut-être mieux comme ça. C'est vrai quand on y réfléchit, les personnes qui ont déjà eu plusieurs relations se prennent la tête, ces personnes cherchent des partenaires qui leurs correspondent parfaitement. Et si finalement ils se rendent compte que la personne ne leur correspond pas, ils s'en séparent.
En fait ce sont les gamins dans les cours de maternelle qui ont raison, ils ne cherchent pas à savoir si la personne pour qui ils en pincent conviendra à leurs parents, s'ils ont des idées semblables, s'ils peuvent avoir de bonnes conversation, si leurs potes s'entendent bien, si l'autre ne fait pas de drôle de truc avec sa langue quand il embrasse...
Ils se fichent de tout ça, leur raisonnement c'est « moi aimer lui ou elle » « moi faire bonheur de il ou elle ».
Voilà, en fait les morpions ont raison, il faut revenir à la base. Si à l'heure actuelle je sortais avec Neville Londubat, il se soucierait de savoir si je suis heureuse parce qu'il a la même maturité qu'un enfant de six ans.
Enfin je pense... il est dix heures du mat, j'suis en plein dans ma nuit, je n'ai pas les idées très claires.*
– Le cours est bientôt fini, annonça Flitwich. J'aimerais faire un petit sondage. Qui parmi vous s'est servi d'un sortilège qu'il a étudié en binôme ?
Hannah et Susan échangèrent un regard éloquent. Aucune main ne se leva.
– Personne, vraiment ? dit Flitwich déçu.
*Ben si, moi et Hannah on a utilisé le « Euvutkce » et grâce à ça on s'est fait attaquer par Christine !
Quoi ?
Vous ne savez pas ce qui est Christine ?
Stephen King, ça vous dit quelque chose ? Il a écrit un bouquin où une vieille voiture bleue qui s'appelle Christine attaque tout le monde.
On ne rigole pas, je suis sûre que cette voiture était la fameuse Christine revenue de sa case ! Vous avez une meilleure explication à présence d'une voiture bleue meurtrière dans la forêt interdite ?*
Les élèves sortirent de la classe, Ernie marchait le nez dans un bouquin.
– Je t'ai dit que je cuisinais très bien les pommes de terre au four ? dit langoureusement Miranda à son petit ami.
*Oulà ça devient sérieux leur couple, moi je n'ai commencé à dévoiler mes talents de cuisinière à Anthony qu'après avoir... enfin vous comprenez.
Une seconde. *
Susan regarda plus attentivement Justin et Miranda.
*Ah bah ouais.*
– J'AI ! cria brusquement Ernie.
À coté de lui, Hannah eut un mouvement apeuré.
– Tu as quoi ? demanda-t-elle agacée.
– La couleur de la perche dans l'orangeade ! dit-il.
– Alors ?
– Orange, dit-il.
*Et voilà, moi je le savais sans avoir eu besoin d'ouvrir le moindre bouquin, j'ai la science infuse.*
Pansy Parkinson et Tracey Davis venaient dans leur direction. Zac redressa vivement la tête, les deux Gryffondor regardèrent le groupe, Pansy salua Hannah et Ernie, et reprit sa conversation avec son amie. Susan ne put s'empêcher de tendre l'oreille.
– C'est vraiment cool que ta relation avec Michael soit si bien, dit Pansy. Mais tu sais je pense qu'il ne faut rien précipiter...
– Je sais, dit Tracey lasse.
– Je me doute que tu le sais, tu es une fille intelligente, je t'ai déjà dit que je te trouvais intelligente ?
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PDV de Pansy Parkinson, élève de Gryffondor
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*Tracey est très intelligente.* songea Pansy.
*En dehors de ses études, de ses choix amoureux (Michael n'est pas vraiment recommandable même s'il est très mignon et très séducteur), elle a des sujets d'intérêts un peu bête parfois aussi et heu... non en fait Tracey Davis n'est pas si intelligente que ça.*
Les deux Gryffondor qui rejoignaient leur cours de Botanique descendirent les escaliers en même temps que des Poufsouffle qui eux se dirigeaient vers les cachots. Tracey abandonna son amie pour se jeter sur Michael Corner.
– Salut Pansy, dit Terry Bott.
– Terry comment tu vas ? Ça fait un moment qu'on ne s'est pas parlé, dit précipitamment Pansy. Alors quoi de neuf dans ta vie ?
– Ben... commença Terry.
– Je n'ai rien entendu dire sur toi, coupa Pansy. Après le système des ragots n'est pas toujours très efficace.
– Rien de neuf dans ma vie, dit précipitamment Terry. Et toi ?
– Moi ? Ho rien, j'ai changé de parfum, j'ai progressé en sortilège, par contre j'ai diminué en potion. Et je viens d'avoir une intéressante conversation avec mon amie Tracey, tu sais elle sort avec Michael qui est dans ta maison. En fait j'ai aussi une grande conversation avec Millicent sur l'utilisation des crèmes anti-rides à notre âge et aussi avec Ginny en fait. Et Théodore, tu connais Théodore Nott ? Il est très gentil, un peu froid par moment mais dès qu'on le connaît on se rend compte que c'est un joyeux luron.
– D'accord ! dit Terry ahuri. On va parler.
*Ce n'est pas ce que nous sommes en train de faire ?*
Il attrapa le bras de Pansy et l'entraîna sur le coté. Tous les élèves passèrent devant eux pour rejoindre leurs cours respectifs.
– Alors maintenant que personne ne nous entend, tu peux peut-être me confier ce qui t'arrive ?
– Mais il ne m'arrive rien, dit Pansy.
– Et tu t'es transformée en cancanière super puissante parce que... ?
– Je ne me suis pas transformée en cancanière, répliqua Pansy.
*C'est quoi une cancanière ?*
– Zac ? dit Terry.
Il regarda Pansy en scrutant les moindres détails de son visage.
*Il s'attend à quoi ?*
– Quoi ?
– Normalement tu fonds en larme ou tu sautes de joie, enfin un truc comme ça, dit Terry. Tu as une réaction au moins.
– J'ai décidé de l'oublier, dévoila Pansy. Il faut que je passe à autre chose, d'ailleurs tu es célibataire ? Nous pourrions aller faire une balade au clair de lune ce soir ?
– Non, dit vivement Terry. Je ne suis pas célibataire.
– Ce n'est pas vrai, et je suis passé a coté de ça ! couina Pansy radieuse. Raconte c'est qui ?
– En fait, on ne veux pas se montrer en public, on préfère garder notre relation pour nous, dit Terry.
– Tu te fais avoir, si cette fille veut garder votre relation secrète, c'est qu'il y a une embrouille là-dessous ! Si ça se trouve, elle te trompe.
– En réalité, hésita Terry. C'est moi qui veut garder notre relation secrète.
*Me serais-je plantée sur Terry ? Lui qui semblait si gentil.*
Pansy recula d'un pas et jaugea son ami du regard.
– Je ne suis qu'avec une personne, dit aussitôt Terry. Il n'y a aucune embrouille là-dessous, c'est juste que je veux garder notre relation secrète.
– Elle est si moche que ça ? tenta Pansy.
– Non !
– C'est Millicent ?
– Non !
– C'est une élève plus jeune ?
– Non !
– Plus vieille ? Oh mon dieu tu sors avec une prof !
– Non !
– C'est une elfe de maison, dit Pansy dégoûtée.
– Non ! cria à moitié Terry.
Il s'arrêta un instant.
– C'est juste que nous.. .enfin je veux garder notre relation secrète parce que je ne veux pas que les gens jasent, dit-il.
– D'accord, dit Pansy. Alors raconte au moins comment est votre relation.
Terry se mordit la lèvre, passa ses mains sur son visage et finalement après quelques secondes où Pansy le suppliait du regard.
– C'est le nirvana, dit-il.
– À ce point ?
*C'est quoi le nirvana ?*
– Oui, j'attendais ça depuis tellement longtemps, et finalement c'est encore mieux que ce que j'imaginais, avoua Terry.
– Ah bon ?
– Oui, c'est tellement intense, on s'engueule un peu parfois, mais bien vite même si je ne suis pas en tort je lui saute dessus, j'ai horreur de ne pas être une seule seconde dans ses bras. C'est tellement... tellement... intense ! Je sais je me répète mais c'est vrai, dès que je reste quelques minutes sans lui je ressens un manque au fond de moi, en truc dans mon ventre qui... un truc qui... se déchire. Et ce que je préfère c'est quand sa tête est posée contre son torse et qu'on dors comme ça, dans les bras l'un de l'autre... sentir que moi Terry Boot je peux être réconfortant, que je peux aussi procurer ce sentiment de bien être, c'est... c'est...
– Intense, finit Pansy.
– Oui, lâcha Terry.
Soudain la sonnerie de reprise des cours sonna. Terry poussa un juron.
– À plus tard !
Il se mit à courir en direction des cachots, alors que Pansy courait elle aussi, mais vers les serres.
* Pourvu que je ne transpire pas trop, je n'ai pas été très généreuse ce matin avec mon déodorant.*
Pansy se fit réprimander par Madame Chourave qui refusant de subir le jactage de Pansy plus longtemps la laissa aller à sa place sans retenue.
*J'ai une étrange impression. Comme-ci j'avais laissé passer quelque chose...*
Le cours passa assez rapidement pour Pansy qui avait loupé les premières minutes, elle agrippa le bras de Drago et tous les deux allèrent déjeuner.
*J'ai toujours cette impression.*
Pansy ne cessa de parler, Drago qui était sa victime ne put que subir en silence.
*Mais pourquoi il tient son assiette contre lui ?*
– Et tu vois c'est une impression que j'ai depuis que j'ai discuté avec Terry, raconta Pansy. Comme si... je sais pas... j'ai adoré parler avec lui, bien évidement je ne peux pas répéter ce qu'il a dit. Mais je peux déjà te dire que je sais quelque chose que les autres ne savent pas. Mais je ne peux pas le dire, pas qu'il me l'ait interdit, parce qu'il ne l'a pas dit clairement, mais ça coule de source. Drago tu m'écoutes ?
– Oui, je t'écoute, mais en même temps j'ai du mal à choisir mon dessert.
– Prend la tarte aux fraises, c'est bon la tarte aux fraises, et puis les fraises n'ont que 35 calories au cent grammes, et la pâte brisée est très peu calorique elle aussi, ce qui fait de la tarte aux fraises, l'un des desserts les moins caloriques. Ce qui est génial parce que c'est vraiment un bon dessert.
Dès qu'il eut finit de manger, Drago rejoignit le premier son prochain cours. Pansy s'agrippa donc à Ginny.
– Le citron aussi est peu calorique, raconta Pansy, comme le kiwi. En réalité tous les fruits sont très peu caloriques, on peut en manger tant qu'on veut et... et...
*« Dès que je reste quelques minutes sans lui... »
« Dès que je reste quelques minutes sans lui... »
« Dès que je reste quelques minutes sans lui... »
« Dès que je reste quelques minutes sans lui... »
« Dès que je reste quelques minutes sans lui... »
« Dès que je reste quelques minutes sans lui... »
Il a dit « lui ».
L'amoureuse secrète de Terry est un amoureux !
Mais c'est énorme !*
– Pansy ?
– Oui ? dit-elle en se réveillant.
– Tu veux saluer Luna ? proposa Ginny.
– Oui, bien sûr, dit Pansy encore secouée. Elle a toujours son étrange comportement ?
– Oui.
– Tu sais pourquoi ?
– J'ai une petite idée, confia Ginny.
Elles arrivèrent face à Luna, sans perdre une seconde, Pansy commença à piailler.
– J'adore tes boucles d'oreilles, c'est vrai personne ne pense à utiliser des radis comme boucle d'oreilles et moi j'admire ça...
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PDV de Luna Lovegood, élève de Poufsouffle.
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– ... j'admire les gens qui ose avoir un look différent, n'importe lequel du moment qu'il est différent, raconta Pansy.
*Si Zacharias Smith me voit en train de parler à Pansy, il va venir me voir dès qu'il en aura l'occasion. En même temps c'est moi qui lui ait proposé, et puis avoir des discutions avec lui, ça m'arrange aussi, il est plus sincère d'une certaine manière. Après il faut savoir décrypter son égocentrisme très très mais alors très très important. *
– J'ai l'impression que mes doigts ont maigri, déclara Pansy. Vous aussi vos doigts maigrissent ?
*Allez Luna, au travail.*
– Il paraît que cela signifie que l'on stresse, mentit Luna. Qu'on a peut-être pris des décisions sans vraiment y réfléchir.
*Oulala, quel manque de subtilité, j'ai été plus brillante que ça !*
– Ah ? dit Pansy gênée. Je dois aller en cours de Métamorphose.
Elle s'enfuit rapidement, Ginny et Luna se mirent en route vers la bibliothèque. Ni l'une ni l'autre n'avait de cours durant l'après-midi.
– Pourquoi tu lui as dit ça ? demanda Ginny. Qu'est-ce que ton radar a décelé ?
– Tu sais bien que je garde les secrets, comme le tien et celui d'un certain serp...
– Chhhhuuuuttt ! murmura Ginny.
Elle jeta des coups d'oeil craintif autour d'elle, bien que les autres élèves fussent trop loin pour entendre leur conversation.
– Si tu le dis à haute voix comme ça, ça ne sera plus un secret, dit Ginny.
– Comment ça se passe entre vous ? demanda Luna indifférente.
– C'est de plus en plus bizarre je trouve, avoua Ginny.
– Pourquoi ?
– Je ne saurais pas l'expliquer et le problème c'est qu'il n'a pas l'air de vouloir arranger ça.
*Alors le problème bizarre, c'est que vous êtes amoureux l'un de l'autre. Et aucun de vous deux ne veut l'admettre. Tu veux que ce soit lui qui fasse le premier pas, alors que tu pourrais très bien le faire.
Le véritable problème dans cette histoire, c'est que si aucun de vous ne se décide à s'acheter des couilles très prochainement, votre couple va voler en éclat et vous allez tous les deux souffrir.
J'ajouterais qu'une prochaine dispute pourrait être le début de la fin.*
– Ah ? dit simplement Luna.
*Je n'ai pas envie de lui donner le mode d'emploi de sa relation.*
Elle ne dit rien de plus.
– C'est tout ? s'étonna Ginny.
– Quoi ?
– Luna qu'est-ce qui t'arrive ? demanda Ginny apeurée. Tu es vraiment bizarre et déprimée, c'est très... effrayant.
– Drago ne veut plus qu'on soit ami, dit simplement Luna.
– Ah ? D'accord, répondit-elle.
Les deux filles ne parlèrent plus de leurs vies respectives et la conversation durant les trois heures qui suivirent fut consacrée aux potions tue-loup, aux licornes et autres sortilèges de défense.
Lorsque la sonnerie retentit, la bibliothèque se remplit, Luna et Ginny se séparèrent pour retrouver leur salle commune respective. Mais aucune n'y alla réellement, Luna décida de faire un long détour pour se promener un peu, aussi bien qu'elle se retrouva dans le hall du château où plusieurs élèves se croisaient déjà.
– Louf... heu Luna !
*Encore un qui a oublié mon prénom.*
Luna se retourna et eut la surprise de voir Zacharias Smith qui avançait vers elle alors qu'ils étaient en présence de plein d'autres élèves.
– Salut, dit-il.
– Salut.
– Comment tu vas ?
– Bien, et toi ?
– Bien.
*Voila maintenant que les banalités sont faites il va pouvoir me dire qu'il veut des nouvelles de Pansy.*
– Je t'ai vu discuter avec... Pansy.
Il avait prononcé ce prénom à voix basse comme s'il craignait que l'armure à coté d'eux ne répète à tout le monde qu'il parlait de la Gryffondor avec Loufoca.
*J'ai encore deviné juste, ça devient lassant.*
– Elle va bien, j'ai essayé un truc, mais ça n'a pas marché je pense, confia Luna. Plus le temps passera, plus elle ira mieux.
*A moins qu'elle ne change d'avis.*
– D'accord, dit simplement Zac.
Il se mordit la lèvre inférieure, et reprit la parole après quelques instants.
– Et toi comment ça va avec ton amoureux mystérieux ?
*Il s'intéresse encore à moi ? Il grandit le Zacharias.*
– Rien depuis qu'on en a parlé hier.
– Bon tant pis, j'aurais aimé connaître la prochaine intrigue de ta relation avec lui dès maintenant, confia Zac. Ça fait un moment qu'il n'y a rien de très neuf.
– Mouis, c'est vrai, accorda-t-elle.
Luna eut une drôle d'impression sur sa nuque, elle regarda derrière elle. Au milieu des escaliers, Drago s'était arrêté. Il regarda Luna et Zac avec une expression furieuse.
*Quoi ? C'est pas parce qu'il ne veut pas qu'on soit ami que je n'ai pas le droit d'en avoir d'autres.
Quoique je ne suis pas sûre que Zac et moi soyons vraiment amis.*
– Il faut que j'aille rejoindre Susan, elle veut que je lui passe mes notes du cours de sortilège de ce matin, raconta Zac. Si elle le demande à moi et pas à ses amies c'est parce qu'elle veut leur cacher qu'elle n'a rien foutu ce matin en cours.
– Ma capacité de déduction déteint sur toi on dirait, dit Luna.
– C'est assez amusant, dit-il avec un sourire.
– Bonne soirée Zacharias, dit-elle.
– Mes potes m'appelle Zac, c'est plus court, dit-il.
*D'accord, je me suis plantée, Zac et moi sommes des amis.*
Ils se séparèrent, Luna retrouva Pansy quelques mètres plus loin.
– C'est du poireau au dîner ce soir, dévoila Pansy. J'ai horreur du poireau ! Je me demande ce qu'il y a avec...
*Pansy est une gentille fille. Mais là, pitié, sauvez-moi ! Je déprime trop pour ça.*
– Si c'est du poisson j'irais me plaindre. Quoique, non c'est bon pour la santé, sauf s'il mette du beurre blanc avec ou...
Le petit ami de Ginny passa à coté d'elles, il adressa un vague salut à Luna et contourna Pansy pour prendre le couloir derrière elle.
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PDV de Harry Potter, élève de Serpentard.
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– ... en même temps, c'est bon le beurre blanc, dit Pansy Parkinson.
*Quelle conversation passionnante !* songea Harry.
Harry était en retard, dès qu'il fut hors de vue, il se mit à courir vers une salle vide. Il ouvrit la porte et retrouva Ginny.
– Enfin ! dit-elle. Tu m'as fait attendre et j'ai horreur de ça !
– Désolé.
Ils s'embrassèrent pendant quelques minutes.
– Comment s'est passée ta journée ?
– Bien.
– Et pourquoi tu es en retard ?
– Tu vas pas me le reprocher encore, je me suis excusé, gémit Harry.
– Le problème c'est que lorsqu'on se voit c'est tout le temps moi qui arrive la première, alors que je suis là à l'heure. Tu pourrais faire un effort.
– Qu'est-ce que ça change si c'est toi qui arrive en premier ?
– Ça change que je me débrouille du mieux que je peux pour être à l'heure. Et pas toi.
– Ginny...
– Je veux juste que tu fasses autant d'effort que moi, dit-elle.
– Si tu veux savoir pourquoi j'étais en retard, c'est à cause de tes copains de Gryffondor.
– Comment ça ?
– D'abord, il y avait ton ex Michael Corner et sa nouvelle greluche qui bloquaient tout un couloir avec leur bécotage. Ensuite c'est Malefoy, son cerveau a dû faire une surchauffe, il était planté au milieu des escaliers à rien faire. Et pour finir c'est la pintade-préfète-farcie qui bloquait le couloir.
– Ne traite pas Tracey de greluche ! s'énerva Ginny. Elle est très gentille.
– Non elle est stupide, sortir avec Michael Corner, c'est vraiment stupide !
– Dans ce cas je suis aussi stupide qu'elle ! Et puis, je te rappelle qu'on se déteste et ça t'empêche pas de venir me bécoter, s'écria Ginny. Et Malefoy n'a pas fait de surchauffe !
– Lorsqu'on s'arrête en plein milieu d'un escalier sans aucune raison, t'explique ça comment ?
– Il y avait sûrement une raison, seulement t'as pas cherché à savoir laquelle.
– Je m'en fous surtout.
– Et puis, arrête de traiter Pansy de pintade, elle vit quelque chose de pénible en ce moment !
– Quoi donc ?
– Je ne sais pas, avoua Ginny. Mais Luna le sait. En tout cas, je ne veux plus que tu insultes mes amis.
– C'est pas de ma faute, si tes amis sont des démeurés.
– Espèce de... de... Serpentard !
– Quelle insulte ! ironisa Harry. C'est toi qui n'aurais pas dû être une Gryffondor, tu n'as pas suivi le mouvement !
– Heureusement sinon tu as vu à quoi je ressemblerais !
– À une élève respectée, aimée de ses amis et surtout de sa famille, dit Harry.
*Merde.*
Ginny ne répondit rien, elle adressa un regard furieux à Harry et tourna les talons.
*Merde.
merde
merde
merde
merde. *
La porte claqua derrière Ginny.
*merde
merde
merde*
Harry resta immobile, il ressassa la scène qui venait de se passer dans sa tête.
*C'est de la faute de ses Gryffondor ! S'ils n'étaient pas aussi... crétins.*
Harry se bougea enfin et rejoignit la grande salle pour dîner. Ron et Hermione n'étaient pas présents. Harry ne les retrouva que plus tard dans la salle commune. Ils étaient assis l'un à coté de l'autre et lisaient chacun un livre.
– Roh ils sont mignons les n'amoureux, dit Harry.
– Arrête Harry ou je re-dessine ta petite cicatrice du front, menaça Hermione.
*Ça ne me déplairait pas, mon petit souvenir du Luxor est presque complètement effacé, mais on va éviter quand même, on parle d'Hermione, là. En re-dessinant la cicatrice elle pourrait toucher ma cervelle. *
– Tu pourrais m'aider pour le devoir de métamorphose ? demanda Harry.
– Je veux bien le corriger, mais pas le faire.
*Merde.*
– Vous n'avez pas dîné ? demanda Harry.
– On n'était pas très tentés par le poireau poisson, expliqua Ron.
*Et puis une salle commune vide ça c'est tentant.*
– Faut que j'aille à la bibliothèque avant qu'elle ferme, dit Hermione. À tout à l'heure.
Elle se leva et caressa le visage de Ron le plus naturellement du monde. Dès qu'elle fut éloignée, Ron mit son livre devant ses yeux pour ne pas croiser le regard de Harry.
*Héhé.*
– Vous êtes mignons, mais fait gaffe tu vas te transformer en gentil toutou à sa mémère, dit Harry.
– Arrête, dit Ron sans le regarder.
– Quand vous faites des saletés elle dit quoi ? « Oh vas-y Ron, donne moi des bonnes notes ».
– Arrête ! Dit Ron.
– D'accord j'arrête.
– Tu devrais commencer à travailler, conseilla Ron. Le devoir de potion est corsé.
– Je vais m'y mettre, mais j'avais eu une petite idée.
– Laquelle ?
– Ça fait un moment qu'on n'a pas embêté les Gryffondor, remarqua Harry. Il ne faudrait pas perdre nos bonnes habitudes.
– Hermione ne sera pas contente.
– On ne lui dit pas, et on se débrouille pour que les lions ne remontent pas jusqu'à nous, dit Harry.
– Dans ce cas d'accord.
Il posa son livre et se pencha vers Harry. Ils élaborèrent un plan, lorsque Hermione revint dans la salle commune, ils se turent et firent comme si de rien n'était.
*Ginny se rendra peut-être compte que ses potes sont des crétins.*
