Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


« Un homme qui ne se bat pas pour ce qu'il désire mérite ce qu'il a et ce qu'il n'a pas. »

-Maxime Reed.


Chapitre 37 : Ann Blanchard, ou Ouija.

Elle sortit une planche de Ouija. Ann n'aimait pas l'utiliser, car il s'agissait d'une porte avec un panneau « Bienvenue » pour les mauvais Esprits. Sans oublier que l'on ne pouvait pas être certain que celui qui nous répondait était bien la personne appelée. Certaines entités pouvaient lire les pensées pour y puiser les réponses espérées, et un esprit malveillant pouvait essayer d'influencer les participants, voire de les posséder, via le Ouija. En tant que Nécromancienne, elle en était protégée, mais pas les autres. Par chance, sa grand-mère lui avait appris les différents signes prouvant que c'était un esprit néfaste qui parlait. La goutte qui pointe les quatre coins de la table… La goutte qui dessine un huit au centre de la table… La goutte qui cherche à sortir de la table, trahissant au passage la tentative d'évasion de l'Esprit… La goutte qui pointe le chiffre zéro lorsque l'on demande l'âge de l'esprit... Mais le pire des signes étant quand l'Esprit se mettait à réaliser un compte à rebours avec les chiffres ou les lettres. Dans ce dernier cas, il fallait immédiatement arrêter la séance. Et surtout, ne jamais oublier de dire au revoir à l'Esprit, sinon, il ne partait pas et restait sur place attendant la première occasion pour posséder quelqu'un.

Mais, utiliser un Ouija était tout ce qu'elle pouvait faire pour parler à mademoiselle March. Assassinée, peut-être habitée par un esprit de vengeance, Ann ne pouvait pas la relever même avec la bénédiction de Bluesky, trop risqué. Il y avait trop de chances pour qu'elle se retrouve avec un zombi tueur sur les bras. Ce qui était considéré par la loi fédérale comme une tentative de meurtre.

Ann regarda autour d'elle, à la recherche d'un moyen de se calmer : elle n'aimait pas utiliser une planche de Ouija. Sara Wood n'était pas là, son grand Prêtre lui ayant interdit d'y participer à cause du risque. Si Mercy avait été là, elle aurait refusé de participer également. Dans les religions monothéistes, le ouija est un outil piège : croyant parler avec les défunts ou les anges, les gens parlent avec un esprit malin ou le diable. Il n'y avait donc qu'Ann, Maxime Reed et Hector Bluesky. Inutile de dire que les deux hommes étaient plus que septiques. La sorcière alluma quatre bougies. Une pour chaque forme de magie : une blanche, une noire et entre les deux extrêmes, une rouge et une grise.

C'était prêt. Elle regardait les deux hommes en s'essayant. Ils l'imitèrent.

-Première règle, ne pas retirer ses doigts de la goutte. L'esprit hantera celui qui le fera, expliqua-t-elle.

-Ou rien parce que c'est un canular à effet idéomoteur. Les participants vont déplacer le verre ou la goutte sans le savoir, car leur conscience a envie de communiquer avec les esprits, fit Bluesky. Il n'est pas nécessaire d'exercer une pression forte pour faire bouger la planche et les participants peuvent même ne pas s'en rendre compte.

Comment un homme à l'esprit aussi fermé peut-il s'intéresser à tant de choses ?

-Mettez-vous en place, ordonna-t-elle.

Les deux hommes posèrent deux doigts sur la goutte. Et Ann commença en posant la première question rituelle.

-Mabel Marie March, êtes-vous là ?

La goutte pointa sur le oui. Bon, autant vérifier tout de suite que c'était pas un mauvais esprit.

-Quel âge avez-vous ?

La goutte se déplaça une nouvelle fois.

-8… 0… 80 ans, lu Ann.

-Et maintenant, une chose que l'on ignore, ironisa Bluesky.

À son ton, Ann savait qu'il pensait qu'ils étaient en train de perdre leur temps. Par politesse, Maxime Reed ne disait rien, mais, il avait l'air d'en penser pas moins.

-Que vous est-il arrivé ? Fit Ann.

-O… U… E… S… T… A… L… T… A… I… R… Où est Altair ?

-C'est l'étoile la plus brillante de la constellation de l'Aigle, répondit Bluesky.

Son scepticisme commençait à fatiguer Ann. Altair pouvait être également un prénom.

-Qui est Altair ? Mabel, qui est Altair ? Demanda Reed.

Son supérieur lui jeta un regard étonné et Maxime lui fit le geste universel d'épaule qui voulait dire « bah quoi ? ».

-O… U… E… S… T… A… L… T… A… I… R… Ou est Altair, lu Reed. Je suis déçu, je m'attendais à autre chose.

Ann lui donna un coup de pied sous la table, mais, il ne retira pas son doigt.

-Mabel Marie, aidez-nous. Notre amie a disparu également et nous essayons de rassembler les pièces du puzzle. Avez-vous vu ou entendu quelque chose de suspect ? Demanda Ann.

-I… L… Y… A… Q… U… E… L… Q… U… E… C… H… O… S… E… A… U… M… A… N… O… I... R… D… E… S… R… O… S… E… S… Il y a quelque chose au Manoir des Roses.

-C'est le nom de l'ancienne demeure des Grayson, du temps de leur richesse, informa Reed.

-Quoi ? Que savez-vous ? Demanda Ann.

-O… U… E… S… T… A… L… T… A… I… R…

Décidément, c'était son unique préoccupation. Parfois un esprit restait bloqué sur ce qui était le plus important pour lui. Il n'y avait plus aucune réponse intéressante possible, avant qu'il ne soit tranquillisé à ce sujet. Le problème était de déterminer qui était cet Altair et pourquoi Mabel Marie semblait tant tenir à savoir où il était.

-Mabel Marie, je ne sais qui est Altair. Est-ce-que c'était l'homme qui était avec vous lors de votre mort ?

-O… U… I… I… L… E… T… A… I… T… A… C… O… T… E… D… E… M… O… I…

Ils avançaient, Altair était le nom de l'homme blond dans le salon.

-Mabel Marie, Altair n'est pas mort, vous êtes venue seule à la morgue.

-O… U… E… S… T… A… L… T… A… I… R…

Pour la quatrième fois, elle posait la même question. Cet Altair, était le nœud de sa pensée. Inutile d'espérer tirer autre chose de cette séance si on n'y répondait pas d'abord.

-Mabel Marie, quel est le nom de famille d'Altair ? Demanda Maxime.

-O… U… E… S… T… A… L… T… A… I… R… P… A… L… M… E… R…

Reed semblait avoir compris quelque chose, mais Ann ne pouvait pas lui demander quoi tant que la séance ne serait pas finie. A côté de lui, Bluesky, ne fanfaronnait plus, il était même concentré, ses doigts crispés sur la table, intéressé et même passionné par la séance : une révolution pour ce vieux briscard. Même à son âge, avec son expérience d'Auror, il découvrait quelque chose d'époustouflant. Ann était assez fière de son petite effet… Il avait arrêté de la poursuivre avec ses « pourquoi ? ».

-Avez-vous une autre question, messieurs ?

-Où est Mercy ?

-Des questions auxquelles mademoiselle March peut répondre.

-Non.

Ils étaient désespérants. En retenant un soupir, elle prononça la phrase d'arrêt.

-Au revoir, Mabel Marie March.

La goutte alla sur le mot « au revoir ». Alors, elle retira ses doigts, et ils l'imitèrent.

-Le nom de « Palmer » vous dit quelque chose ? Demanda Bluesky à Reed.

-Lucius Palmer est l'un des fidèles les plus… En tout cas, c'est un proche de Grindelwald. Je l'ai rencontré à des réunions pour haut-placés. Un type plutôt grand, sec, très dur à la tache, toujours prêt à partir en mission. Quelqu'un sur qui on pouvait compter. Je ne connaît pas d'Altair mais je vais me renseigner.

Ce n'était rien, il n'y avait pas de quoi fouetter un chat. Un nom ne prouvait rien, elle-même, rien qu'au premier degré, elle avait dix oncles et tantes, quarante-cinq cousins, cinq frères et sœurs et huit neveux et nièces. Et ce n'était que du côté de son père. Alors, elle savait très bien qu'avoir le même nom de famille qu'un autre ne voulait pas forcement dire être proche.