« Rencontre Facebook » PARTIE 36

Salut, j'espère que vous allez bien ! Bon, considérez ça comme un vrai miracle que j'ai posté ce week-end. C'était pas vraiment gagné que je trouve le temps. x) Je passe mon oral pour le bac de français le 13 Juin (vous sentez cette tristesse dans mes paroles?), donc je suis passée en mode révision intense. Et vous, quand est-ce que vous passez vos examens, si vous en avez ? Bref, dans tous les cas, bonne chance tout le monde !

Sinon, pour changer de sujet avant que certains se mettent à pleurer de désespoir, j'ai adoré écrire ce chapitre. Il m'a détendu, sans trop savoir pourquoi. Bref, je réponds aux reviews et je vous laisse lire tout ça !

Réponse aux reviews :

kiwi. : (désolée ton pseudo ne passe pas entièrement) Merci beaucoup, je suis heureuse que tu aimes mon histoire, vraiment ! Et tout ce que tu as décrit est ce que je cherche à faire depuis le début donc je suis ravie aha. J'espère revoir ton pseudo dans mes reviews à l'occasion !

Sazawen : Te connaissant, je m'attendais clairement à une review de fangirl, c'était juste obligé aha. xD Je suis juste super contente que mon dernier chapitre t'ait plu. Étant donné que tu es la fan numéro un du AoKise, ton avis est plus que précieux à mes yeux. Donc merci beaucoup pour ta review qui vraiment m'a fait plaisir. Et contente que tu aies aimé toutes les conversations de ce chapitre aha. Et je vais calmer ta hâte avec ce chapitre alors. :3 Encore merci beaucoup ! Tes compliments et reviews me touchent toujours.

Ichyo : Aha sadique. x) Mais effectivement, pour une fois, il n'est pas mieux.

Akashi 4 : Merci beaucoup pour ta review. Je suis contente que tu aies tout aimé dans le dernier chapitre. Aha et merci du compliment, même si je ne considère pas avoir le niveau d'un véritable auteur. Bonne chance pour tes examens et encore merci !

Shirayuki Yukine : Pauvre Kise aha. Et effectivement, Akashi dit aux autre qu'il aime Kuroko, il l'aura notamment dit à son père, mais pas au principal concerné. En tout cas, voici la suite, en espérant qu'elle te plaise !

BlueSey17 : Et oui, c'était un sacré chapitre. Celui-ci aussi cela dit aha…

Anaya Naki : Merci pour ta review, je suis heureuse que ça t'ait plu. Et oui, beaucoup de choses se sont produites au dernier chapitre. J'espère que tu aimeras autant celui-ci. ^^

kama-chan59 : Et encore, je ne trouve pas que j'étais spécialement sadique dans mon dernier chapitre. :3

Bonne lecture !


La semaine était passée relativement vite, sans que cela ne soit à son plus grand étonnement. Entre devenir soudainement le journal intime vivant de Kise et s'occuper de ses propres soucis, il avait eu de quoi faire. Il n'avait même pas eu le temps de lire, de jouer au shogi ou de s'adonner à d'autres activités en tout genre. Même dormir ne lui avait pas semblé être un véritable moment de repos ou de pause dans son quotidien. Il pensait à ceci, à cela. Et même si ça ne paraissait pas être grand-chose, c'était amplement suffisant pour le fatiguer.

Enfin, il savait qu'à partir de maintenant, il serait moins fatigué par toutes ces petites choses de la vie.

Après tout, maintenant, tout allait enfin mieux entre Kise et Aomine. Ces deux idiots, l'un étant plus idiot que l'autre étant donné que le blond avait finalement fait le premier pas, avaient cessé de s'ignorer. À vrai dire, il n'en avait pas fallu plus pour Kise. Dès le lendemain de sa conversation avec Akashi, à la première heure, il avait été lui déclarer ses sentiments. Pourtant, finalement, le rouge ne lui avait pas dit grand-chose… Comme si le simple fait de vider son sac avait convaincu le blond d'être courageux et d'oser dire ces mots qui semblaient si importants pour lui. Puis, finalement, Aomine lui avait lui aussi parlé de ses sentiments. Et voilà où ils en étaient maintenant. En couple, bien entendu. Akashi s'amusait d'ailleurs, au fond, beaucoup de cela. C'était à croire que toute la génération des miracles allait finir homosexuelle et en couple. Murasakibara devait maintenant se sentir bien seul, ou se poser des questions.

Akashi referma le livre qu'il était en train de lire, n'oubliant pas bien sûr d'y glisser un morceau de papier entre deux pages. Toute cette histoire avec Kise l'avait beaucoup remué. Après tout, il se doutait depuis un moment de ses sentiments envers le basané et il avait pu remarquer à quel point cet amour avait eu l'air de le contrarier. Son visage n'avait plus été si rayonnant qu'auparavant. Alors mardi, quand tout s'était enfin réglé, il s'était dit qu'il pourrait enfin se vider la tête de tout ça.

Mais la preuve actuelle était que non, étant donné qu'il pensait tellement qu'il en venait à ne plus réussir à se concentrer correctement sur son livre.

Cette conversation sur facebook avec le blond avait eu un impact qu'il n'aurait jamais cru sur lui. Ses mots l'avaient touché. Plus que ça, même transpercé. Il les revoyait, les avait même relu au cours de la semaine. Le pire dans tout ça était qu'à certains moments, il s'y voyait au travers. Il s'y identifiait, et il n'y avait rien de plus perturbant que de retrouver ses sentiments les plus intimes dans les mots d'un autre. C'était terriblement frustrant pour l'adolescent. Il ne savait plus vraiment quoi penser, quoi faire, quoi dire. Même Kuroko, seulement avec leurs échanges de messages, avait remarqué que quelque chose dérangeait le rouge. Qu'il n'était pas comme d'habitude. Et Akashi ne l'avait pas contredit car il avait raison. Mais cela n'empêchait pas qu'il ne lui en avait pas dit les raisons. Il lui avait dit qu'il ne fallait pas qu'il s'inquiète, que cela lui passerait. Mais il savait qu'en lui disant ça, il créait justement son inquiétude. Alors le bleuté était devenu de plus en plus insistant quant au fait de savoir comment allait le capitaine de Teiko, et ce tous les jours de la semaine.

Mais Akashi était, comme qui dirait, choqué de lui-même.

Comment est-ce qu'il n'avait pas pu se rendre compte de quelque chose d'aussi capital ? Cette question, il se l'était posé toute la semaine. Elle n'avait eu de cesse de tourner en boucle dans son esprit. Le ramenant sans répit à sa situation actuelle. Les mots de Kise l'avaient fait prendre conscience de ce qui était, au fond, une de ses erreurs de plus dans sa relation avec Kuroko. Mais il ne supportait pas l'idée que le bleuté soit conscient de ce manque de mots de sa part. Et si l'autre adolescent avait déjà réalisé ça, et qu'il en était malheureux, qu'est-ce qu'il pourrait bien lui dire ? Qu'est-ce qu'il pourrait bien faire ? S'excuser, c'était une chose. Mais dans certains cas, ça ne se faisait pas. Ça ne servait à rien.

Il ne lui avait pas dit qu'il l'aimait. Une chose aussi capitale dans un couple, Akashi avait été en capacité de la négliger.

Il se rappelait, au début de ce qui semblait être leur relation, ne pas avoir avoué ses sentiments à Kuroko avec ces simples mots. Il lui avait dit qu'il n'était pas prêt, ou quelque chose comme ça… Il ne s'en rappelait pas. La seule chose dont il se souvenait était qu'il lui avait dit que pour le moment, il ne pouvait pas lui dire. Mais maintenant ? Qu'est-ce qu'il en était, à l'heure actuelle ? Akashi avait eu le temps de penser au bleuté. De penser à ce qu'ils avaient traversé, à ce qu'ils s'étaient dit, et ce qui allait également arriver dans le futur. Il avait pensé à tout ça, et il y pensait encore. Et y repenser cette semaine n'avait fait que le conforter dans son idée.

Il l'aimait. Il était fou de lui. Au point même que cela aurait pu l'inquiéter. Avoir une dépendance envers une chose nous confortait dans l'idée que jamais cette chose ne manquerait. Mais envers une personne, c'était tout à fait différent. Un être humain avait ses propres sentiments et faisait ses propres choix. Mais le simple fait de penser que Kuroko pourrait lui échapper pour se jeter dans les bras d'un autre lui donnait un sentiment aussi horrible que vide.

Vide, car il savait que maintenant, sans lui, il n'arriverait plus à ressentir ce qu'il avait vécu avec lui. Toutes ces émotions qu'il lui avait apporté, et dont il ne verrait pas l'intérêt sans lui. Pourquoi se donner la peine de sourire si ce n'était pas pour lui ? Pourquoi rire si ce n'était pas ce qu'il voulait entendre ? Pourquoi l'embrasser si ce n'était pas ses lèvres qu'il désirait ?

Akashi soupira, s'asseyant en tailleur sur son lit. Continuer à penser à tout ça sur son lit, dans sa chambre, n'allait pas arranger les choses. Il voyait ce manque de paroles comme une erreur. Et cette erreur le ramenait inéluctablement vers celle qu'il avait commise lors du match avec l'ami d'enfance du bleuté, et le comportement qu'il avait eu face à tout ça. Mais repenser une seule seconde qu'il pourrait à nouveau l'ignorer, à un moment ou à un autre, comme il l'avait fait à cette période provoquait en lui une montée de stress qu'il ne pouvait pas réprimer.

Il fallait agir. Rester assis ici ne changerait rien à sa négligence. Il devait rattraper les choses, de manière à ce que Kuroko ne lui en veuille pas trop. Même si, et il le savait, il en aurait tout à fait les droits.

Il se releva alors de sa place, tirant sur les pans de son tee-shirt pour enlever les plis qui avaient pris leur place, et se dirigea vers sa porte. Il ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil vers son ordinateur, hésitant tout de même quelques secondes. Seulement, il se reprit bien vite en attrapant la clenche de sa porte entre les doigts de sa main droite.

Un réseau social leur avait permis de se connaître, de parler, d'échanger, de s'attacher puis de s'aimer. Tout avait commencé de là, ce qui faisait qu'ils avaient encore du mal à s'en détacher. C'était presque comme un point de repaire, une chose que l'on ne voulait pas effacer de peur de perdre un souvenir. Akashi ressentait ça autant que Kuroko, même s'ils ne se l'étaient jamais clairement dit. Mais il y avait certaines choses qui ne devaient pas être dites par internet. Certaines paroles qui avaient trop d'importance pour devenir simplement une routine ou des mots devenus négligés de par leur banalité.

Akashi ne voulait pas ça, il en était certain.

En ouvrant sa porte, il aperçut au loin, au fond du couloir, un homme habillé tout en noir, sa chemise blanche contrastant avec le reste. Mais alors qu'il se retournait pour descendre les escaliers, le rouge ferma sa porte en vitesse.

- Tsubaki !

L'interpellé se tourna directement vers la source d'appel, dont il avait bien sûr directement reconnu la voix. Alors qu'il remontait les quelques marches qu'il venait de descendre, Akashi le rejoignit en quelques pas, le visage déterminé.

- Que se passe-t-il, Akashi-sama ?

Le rouge souffla, comme pour se donner du courage, alors qu'il savait très bien qu'il n'en avait pas besoin. Il devait juste bien réfléchir, et rapidement, à comment il allait amener les choses. Comment est-ce qu'il comptait expliquer ce qu'il voulait ? Et, accessoirement, décidé en cinq minutes sur un coup de tête.

- Tsubaki. Est-ce que tu es prêt à me rendre n'importe lequel des services ?

Le brun, étonné, se mit à rire. Cependant, il n'était pas nerveux ou quoi que ce soit d'autre. Il montrait, avec ce rire, que la question qu'il venait de poser avait une réponse plus qu'évidente.

- Bien sûr que oui, je l'ai toujours fait.

- Alors conduis-moi à Tokyo.

- Bien sûr, tout ce que vous… Pardon ?

- Je veux aller à Tokyo.

Le majordome le regarda, incrédule. Il cherchait dans les yeux hétérochromes le moindre signe de blague ou de tromperie. Mais même en faisant cela, il savait que ce n'était pas le cas. L'adolescent n'était pas du genre à plaisanter, surtout lorsqu'il lui faisait des demandes avec un air aussi sérieux. Bien qu'il le possédait la plupart du temps. Mais à part Tsubaki et ses amis proches, personne n'était capable de faire la différence entre Akashi normal et Akashi vraiment sérieux.

- En fait, non, je ne suis pas capable de vous rendre n'importe lequel des services.

Le jeune homme leva les yeux au ciel, croisant ses bras sur son torse.

- Tsubaki, je ne plaisante pas. J'ai vraiment besoin d'aller à Tokyo.

- Vous habitez à Kyoto, Akashi-sama.

- Tout à fait.

- Et vous voulez aller à Tokyo ?

- Précisément.

Le brun soupira tout en passant devant le rouge. Il s'appuya ensuite contre le mur, regardant l'adolescent d'un œil presque désespéré.

- Nous en avons pour cinq heures, et peut-être même plus, en voiture. Nous ne pouvons pas nous permettre de partir ainsi, sans rien prévoir à l'avance.

- Nous n'en avons pas besoin. Si c'est moi qui te le demande alors nous pouvons partir.

Le domestique émit un petit rire tout en passant une main dans ses cheveux, dégageant par la même occasion une mèche qui lui chatouillait le front.

- Ne faites pas l'enfant capricieux, Akashi-sama. Il y a des tas de choses à prévoir, quand on part autant de temps. On doit prévoir l'heure à laquelle on part, celle où nous arrivons, prévenir les domestiques que vous ne serez pas là, qu'il ne sera pas nécessaire de vous faire à manger le midi. Et je vous rappelle que vous êtes mineur et que partir comme ça, sans prévenir personne, ce n'est pas très…

- Tsubaki. J'ai vraiment besoin d'aller à Tokyo alors… S'il-te-plaît. Je te le demande comme je le demanderais à une personne aussi importante qu'un membre de ma famille.

Aussitôt ces paroles prononcées, Akashi rouvrit les yeux qu'il avait précédemment fermé et voulut plonger ses yeux dans ceux chocolat du brun. Seulement, ce dernier le dépassa rapidement pour rejoindre les escaliers. Il commença à descendre les marches de ce dernier alors que le rouge le regardait, incertain quant à sa décision.

- Allez dans la voiture. Et n'oubliez pas votre veste, le temps s'est grandement rafraîchi.

Akashi voulut lui dire merci, mais il se retint de justesse. Avec lui, ce n'était pas nécessaire. Il savait très bien que Tsubaki savait qu'il lui en était reconnaissant. Et il savait très bien qu'un jour ou l'autre, l'adolescent lui ferait comprendre d'une manière ou d'une autre qu'il était un pilier fondamental de sa vie, au même titre que la génération miracle et Kuroko.

Un petit sourire au bord des lèvres, Akashi descendit rapidement les escaliers, satisfait de sa méthode de persuasion. Près de la porte d'entrée se tenait une des domestiques, qui venait de prendre son manteau dans ses mains et lui souriait gentiment. Il prit alors le même air qu'elle, poli et plus enjoué qu'auparavant à l'idée de revoir le bleuté, et enfila rapidement la veste noire. Il glissa rapidement ses pieds dans ses chaussures, refaisant en vitesse ses lacets.

Pressé, il salua la bonne accompagné d'un sourire charmant qui la fit rire. Cette vision amusa d'ailleurs Akashi. Peut-être qu'elle se disait que la jeunesse ne manquait vraiment pas de toupet ? Ou tout simplement que les garçons de son âge étaient bien trop actifs pour être suivis par les plus vieux.

Le rouge descendit les quelques marches du perron alors que devant ses yeux se dressait la grande voiture qui le conduirait jusqu'à Tokyo. Il fit le tour de celle-ci, le bruit des cailloux sous ses chaussures martelant ses oreilles, et vérifia avant de s'y engouffrer que son téléphone était bien présent dans la poche avant de son pantalon. Ce n'était pas comme si il s'attendait à un quelconque coup de fil ou message un samedi, mais bon, il valait mieux être prévoyant, on ne savait jamais ce qu'il pouvait arriver. Il ouvrit la portière et s'assit sur le siège passager, comme la dernière fois, bien qu'aujourd'hui le soleil n'était pas présent.

Tant pis. Puis il sentait que, de toute façon, Tsubaki n'allait pas en rester là quant à cette excursion pas du tout prévue au programme. Autant être à ses côtés pour répondre à ses interrogations.

Akashi retroussa la manche de sa veste pour accéder à sa montre. Il était huit heure pile. Une chance qu'il faisait parti de ceux qui se couchaient tôt, pour ensuite se lever tôt. Avec un peu de chance, il serait à Tokyo dans les alentours de midi. Il espérait vraiment que la circulation serait bonne, aujourd'hui. Le retour ne l'inquiétait pas. Après tout, peu importait l'heure pour ça. Puis, dans tous les cas, une fois qu'il serait avec le bleuté, autant en profiter. S'il pouvait passer quelques heures avec lui, cela serait parfait. Et la spontanéité et l'imprévu du moment rendraient les retrouvailles encore meilleures qu'elles ne le seraient.

Il leva la tête de sa montre lorsqu'il entendit le rire de son majordome parvenir de dehors. La voiture étant face à la grande demeure, il pouvait donc voir celui-ci rigoler avec la domestique qui, si Akashi avait vraiment une bonne vue, semblait rougir. Enfin, il supposait qu'elle rougissait à cause de ses bêtises en tout genre.

Le brun s'approcha de la voiture, faisant tourner les clés de cette dernière autour de son doigt. Il s'assit sur le siège face au volant, ou plutôt s'affala sur ce dernier. Il ferma la portière tout en desserrant légèrement sa cravate. C'est un clin d'œil qu'il fit au rouge lorsqu'il démarra la voiture.

- C'est parti !

Akashi admira pendant quelques minutes l'aisance que son majordome avait au volant. Ses gestes étaient fluides, maîtrisés… Il avait comme l'impression de se le dire à chaque fois mais il ne pouvait pas s'empêcher de se le noter mentalement dans un coin de la tête. Ses mains semblaient expertes, comme si sa destinée avait été d'être chauffeur.

Il ria intérieurement à cette idée, se disant que le brun n'aurait jamais pu faire un métier comme ça. Enfin, il le voyait difficilement faire autre chose que de travailler en tant que son majordome.

- Sinon, vous comptez enfin me dire ce qu'il vous prend, Akashi-sama ? Je pourrais vous guider vers vos vendeurs de drogue habituels que je ne le saurais même pas !

Le rouge leva les yeux au ciel, sans que Tsubaki ne le voit. Il s'accouda au rebord de la fenêtre et se mit à regarder le paysage triste de Kyoto qui s'offrait à lui, alors qu'ils venaient de sortir de la maison des Akashi.

- J'ai besoin de voir Tetsuya, c'est important.

Il sentait que dès qu'il le pouvait, le brun esquissait vers lui une œillade interloquée.

- Un problème ?

- Rien de grave pour le moment. J'ai juste des choses à lui dire et je ne me voyais pas le faire autrement qu'en face-à-face.

- Je vois. Mais vous avez intérêt à me donner des détails après l'avoir vu ! Vous me devez bien ça, après tout.

Akashi lui lança un regard joueur.

- Je ne te dois rien, c'est toi qui as accepté de m'accompagner.

- Je suis soucieux de votre porte-monnaie, un Kyoto-Tokyo en taxi, ça coûte cher.

Le rouge s'esclaffa tandis qu'il redirigeait à nouveau son regard vers l'horizon. Les maisons semblaient vides et tristes, à l'extérieur. Il n'y avait presque aucun signe de vie. Très certainement à cause du ciel qui ne laissait rien présager de bon.

- Au fait, Akashi-sama, il faut que je vous parle de quelque chose d'important.

De tout ce que lui dit Tsubaki, il ne retint que le mot ''important''. Et par tout ce que celui-ci pouvait signifier, il avait l'intime conviction que ça ne lui plairait pas. Et bien qu'il ne savait pas ce qu'il se passerait avec Kuroko, il savait que le simple fait de le revoir le rendrait plus heureux que d'ordinaire. Il n'avait pas envie qu'une nouvelle peu désirable d'entendre vienne lui gâcher ses retrouvailles se déroulant dans quelques heures.

- Tu m'en parleras après.

- Vous êtes sûr ?

- Le mystère fait parti de l'homme. Je peux bien attendre quelques heures pour écouter ce que tu as à me dire.


La vision qu'il avait de cette maison était totalement différente de la dernière fois. Elle qui avait paru si accueillante et familiale d'extérieur semblait maintenant comme morte. Il avait beaucoup plu à Tokyo ces derniers jours, visiblement. De l'eau s'écoulait tout le long des gouttières et la pluie mouillant tout son environnement ajoutait un air triste à ce cadre qu'il avait pourtant vu si gai. Même le cerisier, qui s'était imposé par sa grandeur, paraissait moins beau. La pluie avait abîmé la plupart des fleurs et quelques branchages se trouvaient au pied de l'arbre, tapissant le sol gorgé d'eau de petites tâches roses.

Sorti de la voiture, Akashi se tourna vers son majordome qui lui, était resté assis confortablement à sa place et, surtout, au chaud. Maintenant que le rouge y pensait, un pull n'aurait pas été de refus. Et sa gorge mise ainsi à découvert lui glaçait le sang et lui provoquait d'irrémédiables frissons.

- Bien, tu peux y aller.

Le brun eut un petit rire.

- Et aller où ?

- Manger, par exemple.

Le rouge jeta un coup d'œil à sa montre avant de replonger ses yeux dans ceux de Tsubaki.

- Il est midi et quart, tu peux aller en ville pour manger, comme nous ne l'avons pas fait. Je t'envoie un message dès que tu peux revenir me chercher.

- Pas de soucis. Amusez-vous bien !

Il agrémenta sa réplique d'un sourire empli de sous-entendus. Mais Akashi le vit, avec un petit sourire moqueur, reprendre un visage plus sérieux quand un souvenir bien précis lui revint en tête.

- Enfin, pas comme la dernière fois, Akashi-sama !

- À tout à l'heure.

Il laissa un sourire joueur prendre possession de ses lèvres alors que le brun marmonnait diverses paroles qu'il ne pouvait pas entendre. Enfin, il devait très certainement pester gentiment contre lui. Ce qui n'était pas étonnant, finalement. Mais il ne pouvait pas s'empêcher d'être comme ça avec lui. Et puis, se taquiner était une habitude entre eux. L'un comme l'autre ne pouvaient pas s'en empêcher.

Le rouge entendit la voiture repartir alors qu'il ouvrait le petit portillon menant au jardin. Il le referma derrière lui et marcha avec précaution dans l'allée, se méfiant des pavés paraissant encore largement mouillés par la pluie. Il y avait dû avoir une grosse averse le matin même, ce n'était pas possible autrement.

Arrivé au milieu de la petite allée, Akashi entendit comme un cliquetis et leva par conséquent sa tête vers la source du bruit.

Il se figea instantanément quand il vit le bleuté sortir et lui tourner directement le dos pour refermer la porte. Il suivit tous ses mouvements de là où il était, prenant un malin plaisir à l'épier alors que l'autre ne l'avait pas remarqué. Ses cheveux bleus étaient mouillés et commençaient à humidifier légèrement le col de sa veste marron. Ses yeux hétérochromes glissèrent le long du dos de la silhouette fine, savourant sa taille parfaite. Son regard ne put s'empêcher d'envier ses jambes fines, lui rappelant à quel point la sensation de la peau douce sous ses doigts lui avait manqué.

Le bleuté était beau, et même divin selon lui. Quoi qu'il fasse, Akashi voyait en lui, en ses mouvements, une pureté sans égal qui le rendait plus jeune encore qu'il ne l'était.

Kuroko finit pas ranger ses clés et par jeter un sac sur son épaule, dont l'autre adolescent n'avait d'ailleurs pas noté la présence.

Cependant, il ne descendit pas les trois marches du perron et s'arrêta dans sa marche. Ses yeux céruléens se plongèrent dans ceux du jeune homme aux cheveux rouges, pour ne plus les lâcher. Sa main droite qui tenait fermement la lanière de son sac finit par retirer totalement son emprise de celle-ci, laissant l'objet retomber au sol en un bruit léger, presque sourd. Mais l'ambiance était si calme, l'air si froid qu'ils avaient l'impression de pouvoir tout entendre. Même le souffle de l'autre.

Le bleuté, sous les yeux patients d'Akashi, amorça un mouvement dans sa direction. Sa jambe fit un premier geste, avant de se stopper dans son élan, faisant reprendre à son pied sa place initiale.

- Akashi-kun ?

La voix incertaine du joueur fantôme dessina un doux sourire sur ses lèvres. Comment est-ce qu'il pouvait douter de ça ?

- Qui veux-tu que ce soit ?

L'incompréhension et l'étonnement semblaient figer dans ses yeux bleus, amusant Akashi. L'autre garçon ne montrait, en temps normal, pas vraiment ses émotions. Mais quand celles-ci étaient trop fortes, c'était comme si elles débordaient. Il devenait alors un livre ouvert, moins transparent que d'habitude. Et le rouge était fier de pouvoir créer ça chez lui.

Kuroko, prenant enfin conscience de la présence du garçon le plus important à ses yeux face à lui, descendit les marches et fit les quelques pas qui le séparaient d'Akashi. Il jeta quelques regards, à gauche et à droite, comme pour vérifier qu'on ne les espionnait pas. Une fois arrivé à sa hauteur, il prit simplement sa main. La sienne était chaude, puisqu'il venait à peine de sortir du cocon de chaleur que représentait sa maison. Celle d'Akashi était froide, et avait eu le temps de rougir, sans que cela n'en devienne douloureux pour autant, comme lors des hivers les plus rudes au Japon.

Il fit alors volte-face, la main d'Akashi toujours dans la sienne, et le tira jusqu'à chez lui. Seulement, le rouge était pressé de dire les mots qui envahissaient son esprit depuis quelques jours.

Akashi n'avait pas le temps d'attendre, surtout pour des mots.

- Tetsuya, il faut qu'on parle.

- Il faut d'abord qu'on rentre, Akashi-kun. Il fait froid.

Le bleuté se remit alors à tirer sur son bras, dans un effort vain. L'adolescent avait comme les pieds collés au sol. Mais au-delà de ça, il était tout simplement déterminé.

Une brise fraîche fit secouer les branches du cerisier, laissant quelques fleurs tomber à nouveau sur le sol. L'une d'elle arriva aux pieds d'Akashi qui baissa les yeux pour la regarder. Elle venait de tomber dans une flaque d'eau, et les pétales commençaient à se noyer sous son assaut. La couleur devenait moins vive, plus pâle, plus triste. Moins vivante. Elle se noyait, sans pouvoir rien faire. Sans pouvoir se battre pour sa vie.

- On ne peut pas rester dehors.

- Il faut que je te dise quelque chose.

- Rentrons d'abord. Tu n'es même pas assez couvert par ce temps, tu vas…

- Je t'aime.

La main chaude du bleuté cessa, à l'entente de ces mots, d'exercer cette pression pour le tirer hors de ce jardin. Une nouvelle vague de vent vint à nouveau secouer leurs cheveux au rythme des feuillages. Le bruit était agréable, reposant.

Très calme.

Akashi avait l'impression que l'air froid le prenait à la gorge, lui glaçant tout son être de la tête au pied. Il pouvait entendre, de là où il se trouvait, les gouttes provenant de la gouttière tomber dans d'autres petites flaques, au sol. Le bruit était répétitif et ne cessait pas. Il continuait, inlassablement. Et bien que pour certains, cela aurait paru agaçant, il se surprit à se dire qu'il aimait ça. Qu'il aimait cette vie et ces actions paisibles autour de lui. Le cerisier à ses côtés, toujours autant secoué par ces petits coups de vent, était peut-être en train de perdre d'autres branchages et fleurs.

Peut-être que l'une d'elle était de nouveau tombée à ses pieds, se noyant dans ce qui devait s'apparenter à un lac pour elle. Mais le rouge n'avait pas envie, comme elle, de se noyer. Alors il continuait de fixer ce dos dont il voulait connaître toute l'étendue.

Et alors qu'il s'attendait à ce que le bleuté lui tire de nouveau la main pour le traîner à l'intérieur, il se retourna vers lui. Pas complètement, juste à moitié, mais juste assez pour qu'Akashi puisse plonger ses yeux dans l'un des siens. Et c'était comme si un mélange d'émotions lui explosait au visage.

Comme ces peintures où trop de couleurs se succédaient, se chevauchaient, jusqu'à ce que notre vision n'arrive plus à se focaliser sur une en particulier.

Ses yeux bleus brillaient presque. Cela aurait pu être le froid ou tout ce vent, mais Akashi se plaisait à penser le contraire. Il espérait que ses mots aient causé cette émotion. Ils étaient beaux, envoûtants… Mais ils étaient si magnifiques et si expressifs que, finalement, le rouge n'arrivait pas à deviner ce qu'il pouvait bien penser. Il avait l'air ému, touché, attendri…

Peu importait si ce n'était pas ce à quoi il pensait. C'était ce que ses yeux lui disaient. Et pour lui, c'était tout ce qui importait. Car de tout ce qui constituait Kuroko, son regard était sûrement le plus communicatif et sincère.

Akashi ouvrit la bouche, encore incertain à ce moment-là sur ce qu'il allait dire, mais le bleuté se retourna. Il tira à nouveau sur sa main, qu'il serrait cette fois plus fortement qu'auparavant. Alors le rouge se laissa faire, laissant l'adrénaline quittant son corps être à son tour emportée par le vent.

Dire ces mots faisait quelque chose. Cependant, le définir lui paraissait beaucoup trop compliqué. Ce n'était pas que ça faisait mal. Et ça ne rendait pas non plus spécialement joyeux ou quelconque autre sentiment positif. C'était à l'intérieur, que cela se passait. On sentait que dans notre ventre, quelque chose naissait pour la première fois. C'était chaud, vivant. On se sentait revigoré par cette sensation nouvelle. Dire des mots que l'on n'avait jamais dit, et d'une sincérité aussi pure, ce n'était pas facile. Il l'avait pensé. Et il le pensait plus ou moins toujours. Mais finalement, c'était venu tout seul.

Car quand on aime, on le dit. On a besoin de le dire car c'est au fond de nous. Et le dire réchauffe, fait transpirer, installe une incertitude en nous quant à la réaction de l'autre que même un vent glacial ne saurait nous refroidir ou nous calmer.

Les quelques marches du perron gravies, Kuroko lâcha sa main pour récupérer son sac. Une fois ce dernier replacé sur son dos, il fouilla dans l'une de ses poches. Il en ressortit rapidement une clé qu'il fit entrer dans la serrure avant de la tourner. Il ouvrit la porte, la poussant de sa main gauche, et se tourna enfin vers Akashi, ce qui sembla être à ce dernier une éternité.

- Tu peux entrer, Akashi-kun.

À vrai dire, il ne se fit pas prier pour ça. Il regrettait amèrement le tee-shirt qu'il avait choisi de mettre ce matin et ces baskets qui n'étaient pas aussi chaudes que celles qu'il avait porté cette semaine. Il entra alors dans la maison, soufflant lorsque la porte se referma derrière lui.

La chaleur lui brûlait presque les doigts et voir cet intérieur chaleureux le réchauffa également. Il retira rapidement ses chaussures avant de les poser à côté des autres paires, qui étaient également là la dernière fois qu'il était venu. Il eut un sourire à ce souvenir, sans pouvoir s'en empêcher.

Alors qu'il allait retirer sa veste, une main se posa sur son épaule et l'obligea à se retourner. Il n'eut pas le temps de cligner des yeux que, déjà, deux lèvres douces se plaquaient contre les siennes. C'était doux, agréable. Tout son corps fut comme ébouillanté à ce si simple contact. Ses mains froides se logèrent dans le creux des reins du bleuté qui lui, avait retiré sa veste.

Leurs lèvres se séparèrent, leur permettant à tout deux de reprendre leur souffle, avant qu'elles ne se rejoignent de nouveau. D'un même accord, ou de ce qui leur semblait à tous les deux comme une évidence, ils laissèrent leurs langues se rencontrer et jouer ensemble. Encore une fois, c'était chaud. Ils avaient chaud.

Se retrouver, sentir la langue de l'autre rencontrer la sienne, leurs corps se rapprocher comme s'ils étaient aimantés.

Un amour aussi fort pouvait presque faire peur.

Ils se détachèrent, lentement, et leurs fronts se collèrent l'un à l'autre. Akashi plongea ses yeux dans ceux de Kuroko, ne pensant à rien d'autre qu'aux mots qu'il avait une nouvelle fois envie de lui répéter. Encore et encore.

- Tu as mangé, Akashi-kun ?

- Non.

- Tu as faim ?

- Non.

Le bleuté eut un petit sourire amusé, avant de poser furtivement ses lèvres sur les siennes.

- Je vais te préparer quelque chose.

Kuroko se décolla de lui et partit en direction de la cuisine, toujours ce petit sourire au coin des lèvres. Le rouge le suivit, après avoir retiré sa veste, également amusé de sa réaction.

- Pourquoi me le demander si tu comptais dès le début me faire à manger ?

- Je voulais simplement t'embêter.

Cette idée fit rire légèrement Akashi.

Alors que le bleuté passait derrière le plan de travail, l'adolescent se mit à nouveau à observer la pièce. Et forcément, en deux semaines, elle n'avait pas du tout changé. Elle était grande, sans trop l'être non plus. Elle servait de cuisine, mais également de salle à manger. Les tons étaient bleus et blancs, bien qu'aujourd'hui, leur vivacité semblait atténuée par le temps régnant à l'extérieur.

Il tira une chaise, s'y asseyant, tout en s'accoudant à la table sur laquelle il prendrait son repas. Il profita de sa position, face à la cuisine américaine, pour observer Kutoko de loin. Il le vit sortir divers produits du frigo, pour ensuite les poser sur le plan de travail. Avec douceur, il le vit se saisir d'un couteau et commencer à couper quelques ingrédients qu'il n'était pas en capacité de voir de là où il se trouvait, la table se situant trop loin.

- Tes parents et ta grand-mère ne sont pas là ?

Le bleuté lui jeta un coup d'œil furtif avant de se concentrer sur ses gestes.

- Non. Ils mangent chez ma tante aujourd'hui.

- Pourquoi est-ce que tu n'es pas avec eux ?

- Je comptais manger dehors rapidement avant d'aller à la bibliothèque pour travailler. Mais j'ai bien fait de ne pas partir plus tôt.

Et c'est à ce moment-là qu'Akashi réalisa à quel point il avait de la chance. Après tout, venir directement chez son inconnu n'avait pas du tout été prévu. Et, surtout, cela s'était décidé sans consulter l'autre garçon. Si jamais Kuroko n'avait pas été là, il se serait retrouvé assez bête. Qu'est-ce qu'il aurait pu faire ? Il n'aurait pas pu l'attendre indéfiniment. Après tout, il n'était pas venu seul. Il ne pouvait pas imposer à Tsubaki d'attendre des heures juste pour lui. Il y avait des limites aux services qu'il lui demandait.

- Pourquoi tu es venu ?

Le rouge décida de s'amuser de cette question. Il s'affaissa sur la chaise et croisa ses bras sur son torse.

- Cela te dérange-t-il ?

Le bruit du couteau qui rencontrait la planche à découper cessa aussitôt. Le bleuté leva ses yeux pour rencontrer ceux d'Akashi, toujours aussi joueurs. Il soupira avant de s'emparer d'un torchon pour essuyer ses mains. Il le replia rapidement, à la va-vite, avant de contourner la cuisine pour rejoindre son amant dans la salle à manger.

Il tira lui aussi une chaise, doucement, et s'y assit. En faisant, bien entendu, exprès de prendre celle en face de lui pour mettre le plus de distance entre leurs deux corps. Ils sentaient, aussi bien l'un que l'autre, que la distance et les jours qui les avaient séparé étaient la cause de tout ceci. La cause de ce manque qu'ils ressentaient.

Ils arrivaient à survivre grâce à leurs messages et à leurs souvenirs. Et grâce à l'espoir de se revoir bientôt. Mais ils sentaient, dès qu'ils se revoyaient, que toutes les limites qu'ils voulaient s'imposer tombaient. Qu'ils étaient beaucoup trop accro à la voix de l'autre, à sa peau, à toute sa personne dans son intégralité.

- Tu sais bien que non. Mais ce n'était pas prévu.

- L'imprévu fait parfois du bien, non ?

Kuroko eut une petite moue adorable qui tordit les entrailles du rouge.

- L'imprévu est dangereux.

- Notre relation l'est déjà.

Le petit sourire qu'avait auparavant le joueur fantôme au coin des lèvres disparut. Alors Akashi sut immédiatement que la prochaine question serait plus sérieuse. Kuroko, sous ses yeux, prit un pan de son pull entre ses doigts et se mit à jouer avec lui.

Il ne savait pas si ce geste était nerveux, ou tout simplement parce qu'il se retenait de parler d'autres choses qui le démangeaient.

- Pourquoi tu es venu ?

Cette fois-ci, le jeune héritier ne put s'empêcher de soupirer. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi il posait cette question. Selon lui, la réponse était évidente, non ?

Il était venu pour faire ce qu'il n'avait jamais fait avant aujourd'hui. Et il était impossible que Kuroko n'ait pas noté ce changement, cette initiative. Il l'avait de toute façon vu dans son regard. Il avait vu qu'il avait compris que ces paroles-là étaient la première fois qu'il les prononçait. Alors si il savait, pourquoi lui poser une telle question ?

- Pour te dire que je t'aimais.

Akashi baissa ses yeux pour voir la main du bleuté continuer de jouer avec son pull. Il le tordait doucement, dans tous les sens. Sauf que maintenant, il mettait un peu plus de force à le tirer entre son pouce et son index, détendant la laine noire et blanche.

Quelque chose traversa alors l'esprit du rouge. Il reçut, instantanément, comme un électrochoc.

Toute la semaine, il avait pensé à ça. Il avait pensé à ces mots qu'il n'avait jamais dit à celui qu'il aimait plus que tout au monde. Mais il n'y avait pas eu que ça. À vrai dire, il ne se serait jamais autant torturé pour ça. Certes, cela lui avait fait momentanément peur. Il s'était dit que si Kuroko lui en voulait pour ça, cette erreur serait très dure à rattraper. Mais il y avait eu autre chose. Sauf que cette fois-ci, cela ne venait pas de lui. Et il voulait en avoir le cœur net. Il le voulait car il n'avait cessé de retourner le problème dans tous les sens, sans en comprendre la source et l'existence.

Alors c'était maintenant ou jamais le moment de lui demander.

- Tetsuya.

Le garçon sembla se réveiller de son moment de trouble, d'égarement, et replongea ses yeux dans ceux d'Akashi.

- Oui ?

- Au début de notre relation, avant que tout ça ne prenne de l'ampleur, tu m'as dit une chose qui m'a perturbé. Tu as dit que tu ne voulais pas qu'on sorte officiellement ensemble. Et si je ne suis pas idiot, tu en as parlé avec mon père, le jour où je vous ai écouté derrière la porte. Je veux simplement savoir ce que cela signifie.

Akashi inspira, se sentant plus léger suite à ces paroles et ces confidences.

- Si moi je ne t'ai pas dit que je t'aimais avant aujourd'hui, toi, tu ne m'as toujours pas dit que nous étions un vrai couple.

Il figea ses yeux on ne peut plus sérieux dans ceux du bleuté qui le regardait, étonné.

Peut-être avait-il oublié qu'il lui avait dit ça au début de leur relation, quand ils avaient parlé de leurs sentiments et conclu qu'ils ressentaient la même chose ? Mais non, Akashi était certain qu'il n'avait pas pu oublier. Après tout, il était presque sûr qu'ils avaient parlé de ça, avec son père. Et si ce n'était pas ça, alors il ne voyait pas de quoi ils avaient parlé ce jour-là, à ce moment précis.

« Pour un garçon tel que Seijuro, le concret est important. Il aime que tout soit clair, officiel, et qu'il ait le contrôle sur les personnes qu'il porte dans son cœur. »

Telles avaient été les paroles de son père, ce jour-là. Et en réfléchissant à ça, il en avait maintenant compris le sens.

Et il détestait que son père puisse le comprendre là-dessus.

- J'avais peur.

La petite voix de Kuroko le sortit de ses pensées. Il le regarda, incertain quant au fait d'avoir bien entendu ces mots, et se concentra sur lui. Il aurait aimé plonger ses yeux dans les siens mais, pour une raison inconnue, il avait baissé sa tête. Ses cheveux lui cachaient le visage, et seule sa voix avait dorénavant le pouvoir de lui faire comprendre ses émotions et ce qu'il ressentait.

- J'avais peur car assumer d'être en couple avec toi rendrait tout beaucoup plus réel. Je t'aime, Akashi-kun. Mais assumer que je suis vraiment amoureux, qu'on sorte ensemble, c'est aussi assumer la difficulté de cette relation.

Il se remit à triturer son haut entre ses doigts fins et pâles.

- Plus le temps passe et plus je prends conscience de l'amour que j'ai pour toi. Mais aussi de nos différences, nos points communs, et de la distance entre nous. Mais je crois que me dire que je suis en couple avec toi alors que je ne peux pas te voir quand je le souhaite est la chose la plus douloureuse qui soit.

Kuroko cessa soudainement, après ces mots, de malmener son pull. Il releva son visage vers le rouge, le laissant voir à quel point l'émotion pouvait le submerger. Ses yeux brillaient à nouveau. Mais cette fois-ci, Akashi n'était pas satisfait car ils ne l'étaient pas pour une bonne raison. Et c'est cela qui le fit froncer des sourcils et lui causa comme un coup de poing dans la poitrine.

Voir son inconnu mal ne pouvait que le rendre mal. Son humeur se répercutait sur la sienne. C'était inévitable, et même son cœur ne pouvait pas commander cela.

- Alors je me suis dit qu'en refusant notre statut de couple, cette relation solide et concrète, ça nous épargnerait trop de souffrance. Mais je me suis trompé.

- Les mots sont beaucoup trop importants. C'est vraiment problématique.

C'est en voyant des larmes se former dans ses beaux yeux bleus qu'Akashi eut un véritable déclic.

Il ne voulait pas laisser de simples mots, de simples paroles, avoir un impact si grand sur leur relation. Tous les deux, ils n'étaient pas doués pour ça. Ils aimaient le silence, et avaient tendance à préférer les actes aux paroles. Il en était ainsi et ils devraient apprendre, l'un comme l'autre, à faire avec.

Le rouge se leva, sans même reculer sa chaise, et laissa ses pas le guider jusqu'à Kuroko. Il fit donc le tour de la table pour arriver à sa hauteur. Le bleuté, toujours assis, baissait la tête et ne semblait pas oser plonger ses yeux dans les siens.

Akashi soupira, avant de laisser un sourire en coin se former sur son visage.

- Les relations humaines, c'est vraiment pas notre truc…

Kuroko releva la tête, comme étonné de ses paroles. Ou alors, peut-être n'avait-il pas fait attention aux mouvement du rouge de l'autre côté de la table, et du bruit de ses pas jusqu'à ce qu'il le rejoigne. Mais d'une manière ou d'une autre, il se fichait pas mal de savoir ça. Encore une fois, il s'attardait un peu trop sur les détails de ce visage beaucoup trop beau pour être vrai.

Il l'attrapa par le bras et le força à se relever de la chaise. Akashi jeta un coup d'œil à la table, et eut un vague moment d'hésitation. Hésitation qui passa aussi vite qu'elle était apparue. Il porta le bleuté dans ses bras, en le soulevant comme s'il ne pesait rien, seulement quelques secondes. Il le posa sur la table, et avant même que celui-ci ne puisse ouvrir la bouche, se retrouva plaqué sur la propre table de sa maison.

Le rouge grimpa sur le meuble en bois, tout en mettant ses nombreux principes de côté, et s'assit sur les hanches de Kuroko. La pauvre table grinça sous le poids qu'elle n'avait jusqu'alors pas eu à supporter, et Akashi pria mentalement qu'elle soit assez solide pour les soutenir eux deux seulement quelques minutes. Le bleuté, quant à lui, fixait son invité les yeux ronds, incertain quant à la situation actuelle.

- Akashi-kun ?…

- C'est pas bon, Tetsuya.

L'adolescent se pencha vers ce qui pourrait s'apparenter à sa victime, tout en plaquant ses mains de part et d'autre de son visage.

- On ne doit pas laisser de vulgaires paroles nous affecter autant. Et puis, à partir de maintenant, on va faire simple.

Akashi s'éloigna de nouveau de sa proie, reprenant place sur ses hanches. Il se délecta d'ailleurs des rougissement de son inconnu quand celui-ci prit enfin leur position en considération. Il passa sa main droite sous son pull, et constata à quel point la peau du bleuté était chaude. Il traça de petits cercles sur la peau qu'il savait blanche sous l'habit, et sourit en sentant sa peau sous ses doigts être parcourue de multiples frissons.

- Je t'aime. Tu m'aimes. On sort ensemble. Point à la ligne.

Il laissa sa main glisser jusqu'à sa hanche, qu'il empoigna entre ses doigts et qu'il s'amusa délicatement à caresser. Il se pencha à nouveau, cette fois-ci jusqu'à l'oreille du garçon en-dessous de lui, et y colla même ses lèvres.

- Je suppose que tout est réglé comme ça, n'est-ce pas ?

- Oui…

Sa réponse venait presque d'être soufflée, ou même murmurée. Akashi, trouvant sa réaction bien trop adorable pour être tolérable, s'autorisa à l'embrasser sur sa joue en un baiser muet et doux. Il laissa sa main, toujours collée à sa peau, converger vers le creux de ses reins où sa peau se trouvait être plus moite.

Innocemment, il remonta sa main dans son dos et griffa légèrement ce dernier.

- Akashi-kun…

- Oui ?

- Embrasse-moi.

Quel mauvais amant il ferait, à ne pas accéder à ce genre de demandes…

Leurs lèvres se retrouvèrent, plus passionnément qu'auparavant. Leurs langues dansèrent, plus violemment que d'ordinaire. Leurs mains se redécouvraient, plus sensuellement que d'habitude.

Ils s'aimaient plus que tout et se désiraient à en mourir.

Ils savaient qu'à partir de maintenant, se séparer après des retrouvailles deviendrait encore plus dur.

Mais penser à leur prochaine rencontre ne pouvait que leur redonner le sourire.


Il s'étira, ses gestes étant entravés par l'habitacle de la voiture. Elle était certes grande et imposante de l'extérieur mais cela ne changeait pas que, comme toutes les autres voitures, elle empêchait de faire de trop grands mouvements.

Tsubaki regarda son téléphone pour prendre connaissance de l'heure. Il était quatorze heures. Il n'avait pas vu le temps passer. Peut-être s'était-il assoupi sans s'en rendre compte ? Toujours étant que depuis qu'il était sorti de ce fameux restaurant où il avait mangé, une heure était passée. Il avait alors directement rejoint sa voiture et voilà où il en était maintenant.

Mais Akashi avait dit qu'il lui enverrait un message lorsqu'il pourrait venir le chercher. Il ne le voyait pas le déranger lui et le bleuté dans leur moment à tous les deux. Ils ne se voyaient déjà pas souvent… En sachant que dans le futur, cela ne s'arrangerait pas forcément. Même si cette rencontre aujourd'hui n'était pas prévue, il fallait au moins leur laisser le temps de se retrouver complètement. Bien que cela ne serait que pour quelques heures.

Et lui, maintenant, qu'est-ce qu'il pouvait bien faire ?

Il ne pouvait pas trop s'éloigner pour se balader en voiture car si le rouge l'appelait pour qu'il vienne le chercher et qu'il était loin, cela serait assez embêtant. Ce n'était certes pas les activités qui manquaient à Tokyo, mais le brun en avait perdu l'habitude… Enfin, il pouvait toujours aller s'acheter un livre et prendre un café dans un bar. Cela aurait au moins le mérite de faire passer le temps plus vite à ses yeux.

Après un bâillement, qui lui confirma qu'il s'était bel et bien assoupi, il reprit ses clés de voiture qui était posée sur le siège passager quand la sonnerie de son téléphone résonna dans tout le véhicule.

Intrigué, il le sortit de nouveau de sa poche et se figea dans ses mouvements. Il ravala tant bien que mal son inquiétude, qui n'était pas directement dirigée vers lui, et posa ses clés sur ses cuisses. Il soupira, regardant à nouveau le nom du contact s'afficher sur son écran avant de décrocher.

- Oui ?

- Tsubaki. Je suis là.

Il haussa un sourcil à l'entente de ces paroles. Qu'est-ce que cela voulait signifier ?

- Vous êtes là ?

- Oui. À Kyoto.

Le brun retint un soupire, se disant que cela ne ferait pas bonne figure, et laissa ses yeux voguer vers l'extérieur bruyant et très animé de Tokyo.

Les jours à venir ne s'annonçaient pas de tout repos…


Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui !

J'espère que vous avez aimé ce chapitre. J'ai beaucoup aimé l'écrire, enfin comme les autres. Mais quand il y a Akashi et Kuroko qui se revoient, je prends encore plus de plaisir. ^^

Bref, n'hésitez pas à me laisser une review pour me donner vos impressions. :3 Et puis à me dire ce que vous pensez de la fin, héhé…

Merci pour les messages, les reviews, les favs et les follows… Je ne connais rien d'aussi motivant que de savoir que je suis autant suivie ! Merci à vous !

Je n'ai plus que demain comme journée de cours alors bonne chance si pour vous ce n'est pas le cas ! Et pour ceux qui ont le bac comme moi, doublement bonne chance !

À la prochaine pour le chapitre trente-sept…