Disclaimer : Les personnages de Miraculous appartiennent à leur concepteur, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.
Silence on tourne !
36)Une journée inoubliable seconde partie
Lorsqu'ils arrivèrent au cinéma Adrien ouvrit la portière de Marinette et l'aida à descendre. La jeune fille le remercia d'un sourire.
Toshiko descendit derrière eux et les escorta jusqu'aux portes du cinéma.
- Passez une bonne séance.
Adrien sortit les billets et posa les yeux sur ce qui était inscrit, chose qu'il n'avait pas fait la veille lorsque Toshiko lui avait apporté les documents nécessaires.
A sa grande déception ils n'allaient pas être dans la grande salle mais dans une salle bien plus petite où passait un film dont il n'avait jamais entendu parler : The DUFF, le faire valoir.
Il adressa un regard surpris à Toshiko. La femme ne cessa pas de sourire.
- Je suis navrée, le film dans la grande salle n'est vraiment pas un film pour vous. Je suis persuadée que celui que vous allez voir vous plaira bien plus.
Adrien réprima un soupir, il pouvait dire adieu au spectacle avant le film et à l'espoir d'être installés tranquillement dans un balcon, rien que Marinette et lui.
Il rejoignit Marinette en s'efforçant de masquer sa déception. Il était là pour passer du temps avec elle et après tout, pour voir un film, le spectacle et tout le reste n'avaient pas tant d'importance au final.
Marinette qui avait compris le problème posa la main sur son bras.
- Je suis certaine qu'on peut faire confiance à madame Mori. Affirma t'elle.
Adrien hocha la tête et ils se dirigèrent vers les escaliers conduisant à la petite salle où était projeté le film.
Il remarqua au passage qu'effectivement le film projeté dans la grande salle n'était vraiment pas pour eux, il n'avait aucune envie de voir un film d'horreur, et il était à peu près certain que cela n'attirerait pas Marinette non plus. Il se demanda avec curiosité quel genre de spectacle pouvait bien être montré avant un film de ce genre et au final opta pour ne plus se poser la question, parfois il y avait des choses qu'il valait mieux ne pas savoir.
- On prend du pop-corn ? Demanda t'il à Marinette.
La jeune fille approuva gaiement, elle avait l'impression de rêver, est ce qu'elle était vraiment au cinéma avec Adrien ? Non, c'était bien mieux que dans ses rêves...
Il y avait eu des moments où ils avaient projeté d'aller au cinéma tous les quatre, Nino, Alya, Adrien et elle, mais à chaque fois soit elle soit Adrien avaient eu un empêchement de dernière minute, le père d'Adrien exigeant qu'il rentre sans perdre de temps, les parents de Marinette ayant besoin d'elle à la boutique...
Ils se tenaient devant le stand de confiserie, à débattre sur la taille idéale du pot de pop-corn et manquèrent donc la jeune fille rousse qui passait non loin d'eux. Elle par contre ne manqua pas de les apercevoir.
Ce jour là Sabrina était d'assez mauvaise humeur, elle avait prévu de longue date d'aller voir un film en compagnie de Chloé, une comédie sur une adolescente américaine, mais la blonde s'était désistée au dernier moment.
Enfin, désister n'était pas tout à fait le mot exact. Chloé avait tout simplement oublié qu'elles devaient aller au cinéma toutes les deux ce jour là. Lorsque Sabrina avait enfin réussi à la joindre, après trois appels infructueux, elle avait joué les étonnées et avait affirmé avec aplomb que Sabrina lui avait donné une tout autre date, qu'elle était désolée, mais qu'elle ne pouvait absolument pas venir ce jour là, elle avait des choses très importantes à faire, bien plus importantes en tout cas que de passer plus d'une heure et demie dans une salle de cinéma en compagnie de Sabrina.
Lorsqu'elle découvrit Marinette et Adrien côte à côte près du stand de confiserie Sabrina fut tout d'abord stupéfaite puis un sourire mauvais se posa sur ses lèvres.
Alors comme ça Marinette et Adrien sortaient ensembles ? A tout les coups Chloé serait très intéressée par l'information, intéressée et furieuse, Sabrina en était intimement persuadée.
Elle sortit discrètement son téléphone portable et prit une photo des deux adolescents en pleine discussion.
Ils étaient si près l'un de l'autre qu'on avait presque l'impression qu'ils allaient échanger un baiser. Sabrina avait un large sourire aux lèvres en prenant la photo et un plus large encore lorsqu'elle cliqua sur envoyer après avoir sélectionné l'adresse de Chloé.
Ceci fait elle se dirigea joyeusement vers la salle de cinéma.
Elle savait déjà qu'elle allait passer un très très bon moment, et pas seulement parce qu'elle allait voir un film qu'elle avait très très envie de voir depuis un moment déjà, mais aussi à cause du spectacle quelle pourrait voir sans nul doute possible, après la séance.
Elle s'installa confortablement dans un coin discret, là où les deux autres ne risquaient pas de la remarquer en entrant et attendit. Il y avait peu de chances pour qu'ils remarquent sa présence, mais elle préférait ne pas prendre de risques. S'ils découvraient qu'elle était là ils seraient automatiquement sur leurs gardes et cela gâcherait la suite.
Une fois leurs achats effectués, friandises et boissons en main, Adrien et Marinette gagnèrent à leur tour la salle. Comme l'avait prévu Sabrina ils passèrent sans la voir et s'installèrent dans une rangée bien située.
Ni eux ni Sabrina ne firent attention aux deux personnes qui entrèrent juste avant le début du film et prirent place de façon à pouvoir observer Adrien.
L'homme avait les cheveux noirs et les yeux gris, la femme portait un foulard qui couvrait ses cheveux, mais une mèche qui s'en était échappée trahissait sa blondeur, ses yeux disparaissaient derrière des lunettes de soleil qu'elle ne retira qu'une fois les lumières éteintes, dévoilant des iris d'un vert tendre, embués par les larmes.
Le film débuta peu après et très vite les trois adolescents se prirent à l'histoire et se plongèrent avec délice dans les malheurs de Bianca, l'héroïne du film. Ses démêlés avec les autres protagonistes du film étaient parfois si drôles qu'ils ne purent se retenir de rire, mais aussi de frissonner lorsqu'elle était en proie au doute et au chagrin devant les mésaventures qu'elle traversait.
Comme de juste elle réussissait à prendre sa revanche à la fin et ce fut donc très heureux pour elle qu'ils ressortirent de la salle.
L'homme et la femme étaient ressortis quelques minutes avant la fin du film, ils n'étaient pas venus pour le voir de toute manière, la femme avait passé tout le temps où ils s'étaient trouvés dans la salle à dévorer Adrien du regard, les larmes aux yeux. Son compagnon avait posé un bras sur ses épaules en un signe de compréhension et de réconfort. Il l'avait finalement entraînée au dehors et ils avaient quitté le cinéma sans perdre une seconde. Ils avaient déjà bien trop pris de risques en approchant le garçon et ils le savaient.
A aucun moment Adrien ne s'était douté de la surveillance dont il faisait l'objet. Il était bien trop pris par le film et par la présence de Marinette à ses côtés.
Adrien devait bien admettre que Toshiko avait eu raison de leur réserver deux places pour ce film là et non pour le film d'horreur qui était projeté dans la grande salle.
Il y avait eu quelques passages qui avaient retenu son attention, quelques personnages également, il s'était fait la remarque qu'il y avait beaucoup de vrai dans cette comédie, et qu'au final c'était une assez bonne leçon de vie.
Marinette elle se disait, sans aucun remords, qu'il y avait pas mal de ressemblance entre le duo que formaient la peste de service du film, Madison et sa complice, Caitlyn, et celui composé de Chloé et Sabrina. Dans le film Madison donnait des ordres et Caitlyn obéissait sans discuter. Comme Chloé Madison se prenait pour quelqu'un de très important, heureusement, à la fin du film Bianca disait clairement ce qu'elle pensait de Madison, un peu comme elle même le faisait parfois avec Chloé lorsqu'elle dépassait les bornes. Cette coïncidence l'avait beaucoup amusée. Par ailleurs toute ressemblance s'arrêtait là, elle n'avait pas, comme Bianca, deux meilleures amies aussi séduisantes que douées dans leurs domaines, l'une pourtant l'avait fait sourire, elle était passionnée de mode et très bonne couturière, un peu comme elle, et l'autre était une hackeuse de génie. Le garçon après qui Bianca courait une partie du film lui avait fait un peu penser à Adrien, jusqu'à ce qu'il se révèle être un tricheur et un menteur, qui n'avait accepté de voir Bianca que pour se rapprocher de ses deux meilleures amies. Marinette avait aussitôt cessé de faire des comparaisons, Adrien n'était ni un tricheur ni un menteur et il n'agirait jamais comme Toby. Il n'en restait pas moins qu'elle avait passé un très bon moment et qu'elle quitta la salle le sourire aux lèvres.
Elle cessa soudain de sourire en découvrant la jeune fille blonde qui les attendait en bas des escaliers, flanquée de son inévitable rouquine. Quand on parlait du loup...
Sabrina était sortie sans faire de bruits pendant que les images du bêtisier défilaient sur l'écran. Elle regrettait de ne pas tout voir mais elle voulait être aux meilleures loges pour la suite.
Comme elle l'avait espéré les choses si importantes que Chloé avait à faire ce jour là n'avaient pas pesé lourd face à l'information qu'elle lui avait fait parvenir un peu plus tôt.
La fille du maire faisait les cent pas dans l'entrée, visiblement elle n'avait pas obtenu le droit de rejoindre la salle en cours de projection, toute fille du maire qu'elle soit. Sabrina se délecta de son expression de colère avant de la rejoindre sans se presser.
Chloé attaqua immédiatement.
- Tu aurais du insister pour que je vienne ! Reprocha t'elle.
Sabrina ne se démonta pas pour autant, elle commençait à savoir très exactement comment réagir face aux colères de Chloé, elle la pratiquait depuis longtemps après tout.
- Je ne voulais pas te détourner de ces choses importantes que tu avais à faire. Je sais que tu es très occupée, tu as tellement de responsabilités en tant que fille du maire de Paris.
Chloé n'avait pas perçu la note d'ironie qui se dissimulait dans les propos, ou elle affectait de ne pas avoir compris, car elle ne releva pas. Elle était de toute manière principalement tournée vers son principal sujet de mécontentement, avoir vu en photo la preuve flagrante que Marinette profitait du temps d'Adrien. Un temps qui aurait du lui revenir à elle.
Lorsqu'elle avait reçu la photo elle n'en avait pas cru ses yeux, avait tenté de se dire que ce n'était qu'un montage, qu'Adrien ne pouvait pas lui faire cela. Puis la réalité s'était imposée à elle. Adrien était bel et bien en train de lui faire cela. Il était allé au cinéma avec une autre fille... non, c'était encore pire, il était allé au cinéma avec Marinette Dupain-Cheng !
Marinette se raidit, en face d'elle le visage de Chloé s'était figé en une expression qui n'était pas loin de lui rappeler celle de Madison dans le film. Cette expression de dégoût et d'incrédulité, celle que l'on a en général lorsqu'on découvre qu'un insecte particulièrement répugnant s'est installé sur le magnifique gâteau que l'on s'apprêtait à manger.
Adrien fit un pas en avant, pour se placer entre Chloé et Marinette, un geste du protection instinctif qui n'échappa à aucune des trois filles présentes.
Le visage de Chloé s'assombrit plus encore.
- Alors c'est elle que tu choisis d'accompagner au cinéma ? Je suis prête à t'aider mais tu sors avec elle... tu es en train de tomber bien bas mon pauvre Adrien. Dit elle d'un ton écœuré. A moins qu'elle n'exerce une sorte de chantage sur toi. Cela n'aurait rien d'étonnant de la part d'une fille comme elle.
Marinette laissa échapper un petit cri, entre la colère et l'humiliation.
Piqué au vif Adrien fit face. Il aurait pu excuser le propos s'il n'avait pas entendu ce cri de Marinette qui en disait si long sur ses sentiments en cet instant précis.
- Je crois qu'au contraire je suis en train de remonter la pente. J'ai fait mon choix Chloé, depuis déjà un bon moment, tout comme tu as fait le tien. Je suis vraiment navré que tu le prennes ainsi, mais Marinette compte beaucoup pour moi. Tu es mon amie depuis des années, je te respecte profondément, je ne veux pas que nous soyons en froid, mais nous le serons si tu ne parviens pas à comprendre. Je n'appartiens à personne, ni à mon père, ni à toi, ni à qui que ce soit d'autre et je prends mes décisions librement. Je ne sais pas de quel droit tu te crois autorisée à traiter Marinette aussi mal, mais désormais, si tu t'en prends encore à elle, non seulement je serai à ses côtés, mais en plus tu pourras tirer définitivement un trait sur notre amitié.
A suivre
