Chapitre 37.

Ils durent attendre encore une heure avant qu'un médecin vienne les informer que Neal était sorti du bloc et que l'opération s'était bien passée. Il aurait besoin de longues séances de rééducation avant de pouvoir remarcher normalement mais la balle n'avait pas causé de dommages irréversibles. Daniel et Mozzie les avaient rejoint à l'hôpital et tous furent soulagés d'entendre les propos rassurants du médecin.

Élisabeth avait réussi à convaincre son mari de rentrer prendre quelques heures de repos. Daniel s'installa sur une chaise à côté de son frère. Il prit un magazine et le feuilleta distraitement avant de le reposer. Les derniers jours avaient été stressants et le jeune homme se sentait soulagé que tout soit enfin terminé. Il posa les yeux sur son frère. Il semblait paisiblement endormi, ses traits étaient détendus mais il pouvait voir les traces de coups donnés par leur père.

Daniel finit par s'assoupir. Le jour commençait à percer à travers le store quand il rouvrit les yeux. Neal n'avait pas bougé mais les traits de son visage étaient plus crispés. Daniel s'approcha du lit et prit sa main. Ce geste sembla l'apaiser un peu. Il approcha sa chaise et garda la main de son frère dans la sienne.

Peter entra dans la pièce au milieu de la matinée. Il était passé au bureau avant de se rendre à l'hôpital.
-Bonjour, Daniel. Tu as réussi à dormir un peu?
-Un peu.
-Comment va-t-il?
-Il a passé une bonne nuit. Il était un peu agité mais il n'a pas ouvert les yeux... Du nouveau dans l'enquête?
-L'Agent Garner est chargé de la suite. Il a procédé aux premiers interrogatoires. James n'a pas ouvert la bouche mais Tobias a tout balancé. Les noms des principaux membres du groupe, leur rôle dans l'organisation, les endroits où ils planquent leur butin. Jones et Garner ont réuni des équipes pour procéder aux arrestations et aux fouilles.
-C'est une bonne nouvelle.

Daniel se tourna vers Peter. Il pouvait sentir la tension qui parcourait son corps mais il avait du mal à en comprendre la source.
-Comment se fait-il que tu ne fasses pas partie de cette opération?
-On a pensé qu'il valait mieux que je me fasse discret pour le moment. Et puis, je ne veux pas que ma participation pose problème par la suite. Tu connais les avocats...
-En effet, ils auraient vite fait de remettre en question toute l'opération pour un détail.

Neal ouvrit doucement les yeux. La luminosité l'empêchait de voir où il était mais il entendait la voix de deux hommes. Ils murmuraient et il avait du mal à reconnaître leurs voix. Son cerveau était confus... Les souvenirs s'emmêlaient un peu dans sa tête. Il se souvenait de son père et Tobias...d'un appartement luxueux...un coup de feu. Se trouvait-il encore dans cet appartement? Les voix qu'il entendait étaient-elles celles de ses ravisseurs?

Il finit par reconnaître la voix de Peter. Mais que faisait-il ici? S'il se trouvait toujours dans cet appartement, ce n'était pas une bonne chose que Peter soit là. Il ne fallait pas que Peter soit là... Neal essayait d'ouvrir les yeux mais la lumière était beaucoup trop vive. Il n'arrivait pas à les garder ouverts suffisamment longtemps pour se rendre compte de l'endroit où il se trouvait.
Il sursauta en sentant une main se poser sur son bras.

-Doucement, Neal. C'est Peter. Tout va bien. Tu es à l'hôpital
Il avait du mal à y croire mais il ne voyait pas pourquoi Peter lui mentirait.
-Danny...?
-Je suis là, Neal.
Le jeune homme allongé dans son lit sourit et finit par se détendre et se rendormir. Peter renvoya Daniel à l'appartement de Neal où June l'attendait avec un bon petit déjeuner. Peter lui avait donné pour mission de nourrir le jeune homme et de l'envoyer dormir. L'agent du FBI savait qu'elle s'acquitterait de sa tâche avec plaisir. Il retourna son attention vers Neal. Les derniers jours avaient été riches en événements, en rebondissements et il devait avouer qu'il n'était plus très sûr de savoir où il en était.

Ses sentiments pour Neal n'avaient pas disparu mais la nouvelle qu'Elisabeth lui avait annoncé la veille avait quelque peu changé la donne. Il n'avait jamais vraiment eu l'intention de quitter sa femme... En fait, il n'avait pas pensé à ce qu'il ferait ensuite. Et maintenant, il était perdu...heureux mais perdu. Il avait senti qu'Elisabeth attendait pour avoir avec lui une importante discussion. Évidemment, sa femme avait compris qu'il se passait quelque chose de spécial entre Neal et lui.

Peter fut sorti de ses pensées par la pression de la main de Neal dans la sienne.
-Tu réfléchis trop, Peter.
-C'est l'homme qui a monté un plan tordu pouvant le mener à la mort qui dit ça?
-Touché... Mais ça a pas trop mal marché...
-Neal, tu es allongé sur un lit d'hôpital après avoir reçu une balle dans le genou... Ce n'est pas ce que j'appelle un plan réussi.

Neal essaya de se redresser mais il réalisa vite qu'il était encore trop faible. Peter comprit son intention et actionna la commande automatique du lit pour le rehausser avant de lui tendre un verre d'eau.
-Merci, Peter. Vous les avez eu?
-Oui. Tobias et ton père sont actuellement interrogés par nos agents. Tobias nous a donné des noms, des lieux et une opération est en cours pour démanteler tout le réseau.
-Bien...

Neal se cala contre ses oreillers et fixa son regard au plafond. Peter pensant un instant que son ami s'était endormi mais il réalisa que le jeune homme avait les yeux ouverts.
-Neal... Toujours avec moi?
Pas de réponse. Peter se rendit compte, à cet instant qu'il n'avait pas informé les médecins de la maladie dont Neal souffrait certainement. L'agent du FBI se leva sans bruit et sortit dans le couloir à la recherche du médecin qu'il avait vu la veille.

Le médecin le reçut et après avoir laissé Peter lui décrire les symptômes dont il avait été le témoin et les remarques que Daniel avait faites, il le rassura.
-Nous allons tout d'abord procéder à des examens pour confirmer le diagnostique. Même si votre ami est atteint de cette maladie, cela n'aura aucune conséquence sur son traitement.
-Mais ces derniers jours ont été très difficiles pour lui et ses absences sont plus fréquentes et plus longues.
-Mon collègue qui a examiné votre ami avant son évasion m'a transmis son dossier. N'importe qui ayant subi ce qu'il a subi aurait du mal à garder le contact avec la réalité. J'ai demandé à ce qu'un psychologue passe le voir.

Peter doutait que Neal accepte de parler à un psy mais il fut reconnaissant au médecin pour son professionnalisme. Il retourna vers la chambre de Neal. Qu and il poussa la porte, Neal n'avait pas bougé, il semblait toujours contempler le plafond. Mais le son de la voix de son ami faillit le faire sursauter.
-Ça y est, Peter. Tu as fait ton tour d'inspection?
-Je suis juste allé dire un mot à ton médecin.

Neal ne fit aucun commentaire sur cette incursion dans sa vie privée ce qui, en soit, était déjà inquiétant. Peter vint s'assoir au bord du lit.
-Neal, je lui ai juste demandé si la maladie dont souffre ton frère et dont on te pense atteint toi aussi pourrait poser un problème pour ta convalescence...
-D'accord...

Peter n'aimait pas le ton, apparemment insouciant de son ami. Neal n'aimait pas quand Peter se mêlait de sa vie et essayait de diriger ou contrôler ses décisions. Il venait d'enfreindre l'une des règles imposée par Neal mais celui-ci ne semblait pas s'en soucier. Ce comportement l'inquiétait.
-Neal, qu'est-ce qui ne va pas?

Le jeune homme daigna enfin regarder Peter.
-Rien, Peter. Tu as bien fait... Qu'a-t-il dit?
-Il va demander des examens complémentaires pour poser un diagnostique mais s'il s'agit de cette maladie, il ne pense pas que ça pose un problème.
-Très bien. Merci, Peter.

Cette fois, l'agent du FBI était stupéfait. Non seulement son ami ne lui en voulait pas d'avoir parlé avec son médecin dans son dos mais, en plus il le remerciait.
-Là, tu m'inquiètes vraiment.
-Pourquoi?
-Tu n'es pas en colère? Même un petit peu?
-Ce serait mal venu de ma part de t'en vouloir de t'inquiéter pour moi...

Peter resta muet quelques secondes avant de se mettre à rire.
-En fait, vous n'êtes pas Neal Caffrey... Qu'avez-vous fait de mon ami?
Le ton se voulait léger mais la réponse de Neal lui glaça le sang. Le regard de nouveau fixé au plafond, sa voix claire raisonna dans la chambre.
-Je crois que l'homme dont tu parles est mort dans une cellule sordide il y a quelques jours...

Peter ne savait pas quoi répondre. Que pouvait-il dire à son ami? Il ne pouvait même pas commencer à imaginer ce qu'il avait vécu. Il aurait aimé le prendre dans ses bras, le rassurer mais il n'en fit rien. Il n'osait pas...n'osait plus... Neal sentit le malaise et les changements dans le comportement de Peter mais il ne dit rien.

-Je vais passer au bureau pour voir où ils en sont de l'enquête. Ensuite, je dois retrouver Élisabeth en ville.
-Je suis certain qu'El est soulagée de te voir de retour sain et sauf. C'est bien que vous passiez du temps ensemble.
Il n'y avait aucune arrière pensée dans les propos de Neal et, assez bizarrement, Peter en fut un peu déçu. Il essaya de repousser cette pensée mais au fond de lui, il aurait aimé entendre un peu de jalousie dans la voix de son ami.

Peter quitta la pièce. Il s'en voulait de ressentir ce genre de sentiment. Mais, après tout, c'était peut être mieux, comme ça. Non... Il devait être honnête avec lui-même... Il n'aimait pas l'indifférence de Neal, il n'avait pas aimé ses paroles. Il n'avait pas aimé sa propre réaction ou plutôt son manque de réaction. Il aurait dû parler, il aurait dû lui dire qu'il n'était pas mort, qu'ils avaient encore beaucoup de choses à vivre ensemble.

Il arriva au siège du FBI quelques minutes plus tard et se rendit vite compte qu'il n'obtiendrait aucune information avant la fin de la journée. Tous les agents disponibles étaient sur le terrain. Cette opération mobilisait toutes leurs forces. Il décida de retourner chez lui pour rejoindre sa femme. Il avait besoin de se retrouver chez lui, dans son cocon, auprès de celle qui avait toujours été le pilier de son existence.

Lorsqu'il poussa la porte de sa maison, Élisabeth s'avance vers lui, inquiète de le voir rentrer si tôt.
-Tout va bien, chéri?
-Oui, je suis allé au bureau mais tout le monde est sur le terrain.
-Comment va Neal?
Peter ôta sa veste et alla s'asseoir sur la canapé.

Élisabeth prit place à côté de lui.
-Quelque chose ne va pas?
-Physiquement, il va mieux. Il s'est réveillé et son médecin a un discours optimiste. Mais il a dit quelque chose qui m'inquiète.
-Qu'a-t-il dit?
-C'est plutôt ce su il n'a pas dit qui m'inquiète. Il n'a pas râlé quand je lui ai dit que j'avais parlé à son médecin derrière son dos alors j'ai essayé de plaisanter en lui demandant où était le vrai Neal Caffrey. Il a répondu que l'homme dont je parlais était mort dans une cellule de prison.

Élisabeth plaça une main sur sa bouche, choquée elle aussi par la dureté des propos de leur ami.
-Peter, je sais que je n'ai aucun droit de demander ça et je comprendrais que tu ne veuilles pas me répondre mais que s'est-il passé pendant qu'il était incarcéré?
-Son voisin de cellule l'a molesté à plusieurs reprises sur l'ordre d'Hagen qui recevait lui-même ses ordres de James. Quand on l'a amené à l'hôpital, on a pensé qu'il avait tenté de se suicider mais c'était à nouveau James. Il s'est introduit dans sa cellule avec la complicité du directeur de la prison et il a tout mis en scène...
-Quelle horreur !

Un lourd silence s'installa entre les deux époux que la jeune femme fut la première à rompre.
-Peter, Neal va avoir besoin de toi. Il a vécu une horreur sans nom et tout ça a l'initiative de son propre père.
-Je sais. Daniel et Mozzie seront là aussi pour le soutenir.
-Tu sais très bien de quoi je parle, Peter. Neal et toi avaient une relation spéciale. Tu comptes beaucoup pour lui et je te connais assez pour dire qu'il compte beaucoup pour toi.
-El...

Élisabeth posa un doigt sur la bouche de son mari pour le faire taire.
-Je t'aime, Peter. Et rien ne changera ça. Ça fait déjà plusieurs mois que j'ai remarqué des changements dans ton comportement envers Neal. Je n'ai pas mis longtemps à comprendre ce qui te tracassait vraiment.
Peter sourit en pensant que sa femme avait probablement compris la nature de se sentiments envers Neal avant que lui-même ne s'en rende compte.

-Je sais que tu n'aimes pas parler de tes sentiments, chéri. Mais cette fois, il va falloir tout mettre à plat... Il y a trop de choses en jeu...la santé de Neal, pour commencer...nous...
-Je ne sais pas par où commencer. Je ne suis pas certain de vraiment savoir ce que je ressens.
-Commençons par le début...quand as-tu commencé à éprouver ce genre de sentiment pour Neal?

Peter se leva. Il était très mal à l'aise. C'était surréaliste pour lui de se retrouver à parler avec sa femme de ses sentiments pour quelqu'un d'autre...et que ce quelqu'un d'autre soit son partenaire, leur ami à tous les deux ne lui facilitait pas la tâche.
-Je ne sais pas.
-Je crois au contraire que tu le sais très bien...
Évidemment Élisabeth avait raison. Il avait passé des heures à penser à ce moment précis où il s'était rendu compte qu'il tenait à Neal bien plus que ne l'aurait dû.

-Le jour où Kate est morte. En fait, ce n'est pas lié à sa mort... Quand j'ai retrouvé Neal sur le point de monter dans cet avion, je lui ai demandé pourquoi il n'était pas venu me voir. Il a dit que j'étais le seul qui aurait pu le faire changer d'avis. Ça m'a bouleversé... Et quand cet avion a explosé... C'est horrible à dire, maintenant, mais j'ai été soulagé... Pas que Kate soit morte, même si je lui en voulais d'avoir fait du mal à Neal, mais parce qu'il était sain et sauf dans mes bras. Je le tenais pour ne pas qu'il s'approche de cet avion mais aussi parce que je n'avais aucune envie de le laisser partir.

Peter avait parlé sans s'arrêter, sans regarder sa femme. Il avait honte mais, en même temps, il éprouvait un réel soulagement de pouvoir dire à voix haute tout ce qu'il avait enfoui pendant des années.
-Je suis désolé, chérie...
-Ne soit pas désolé, Peter... Tu es un homme de cœur, mon amour. Je l'ai su dès le premier jour... Un homme rare qui a tellement à offrir. Continue...
Peter était surpris et un peu décontenancé par la douceur de sa femme. Il ne s'était pas attendu à une scène, ce n'était pas le genre d'Elisabeth mais son calme le surprenait.

-Dans les jours qui ont suivis, je me suis surpris à l'observer plus attentivement, à faire attention à de petits détails... La manière dont il mâchouille son crayon quand il réfléchit, son sourcil droit qui se relève quand il a une idée derrière la tête.
Peter souriait en évoquant ces petits riens qui font de la personne qu'on aime, un être unique parce que ces petites choses ne semblent être là rien que pour vous. Peter avait l'impression d'avoir été le premier à remarquer ses détails anodins, il avait l'impression, encore aujourd'hui d'être le seul à vraiment le connaître.

-Petit à petit, je me suis rendu compte que mes sentiments avaient évolué vers autre chose sans vraiment réussir à définir cet "autre chose". Quand je me suis retrouvé en prison, j'ai eu beaucoup de temps pour réfléchir. J'ai aussi eu, pour la première fois, un aperçu de ce que sa vie avait été pendant son incarcération. L'imaginer entre ces murs m'a ouvert les yeux sur la force dont il avait fait preuve pour se sortir de là et devenir l'homme qu'il était aujourd'hui.
Peter fit une pause comme s'il cherchait ses mots. Il avait peur de blesser sa femme mais il lui devait la vérité. Ce n'est qu'à ce prix qu'elle pourrait lui pardonner.

-Quand je suis sorti, j'ai compris que je ne réussirais plus à faire semblant si on continuait à travailler ensemble tous les jours. Il fallait que je l'éloigne de moi. J'aurais pu faire ça en douceur et lui rendre la transition plus facile mais je l'ai blessé. Un psy trouverait certainement une raison à mon attitude. Peut-être qu'en étant aussi cruel avec lui, je voulais qu'il me déteste. Je cherchais peut-être un moyen pour que ce soit lui qui me repousse.
Élisabeth se leva et enroula ses bras autour de la taille de son mari, posant sa tête sur sa poitrine.

-Vous êtes un homme bien, Monsieur Peter Burke.
-Et vous êtes une femme merveilleuse, Madame Burke. Bien que... Un peu étrange...
Élisabeth se mit à rire et leva les yeux vers son mari.
-Pourquoi étrange?
-Je viens de te déballer mes sentiments pour Neal, de t'expliquer comment j'étais tombé amoureux de mon partenaire... Et tu me fais un compliment. Je suis désolé de te dire ça ma chérie mais je crois que le mot "étrange" est même un peu faible.

Élisabeth posa une main sur la joue de Peter et, l'espace d'un instant, il se perdit dans ce regard si pur et dépourvu de tout reproche.
-Peter, après toutes ces années de vie commune, je suis certaine d'une chose. C'est que rien ne pourra détruire notre amour. Le fait que tu réussisses à me parler aussi honnêtement de tes sentiments pour Neal ne fait que me conforter dans mon idée.
Peter ouvrit la bouche pour commenter.

-Laisse-moi finir. Je suis convaincue, depuis toujours que l'amour se manifeste de multiples façons et que la quantité d'amour qu'une personne a à donner n'est pas limitée. Je sais que tu m'aimes et que tu seras le plus merveilleux des pères pour notre enfant mais je sais aussi que tu aimes Neal, il fait parti de toi. Et tu ne serais plus toi-même si tu te privais de cet amour.
Peter n'était plus vraiment sûr de comprendre ce que la femme qu'il serrait dans ses bras était en train de lui dire.

-Peter, je veux que tu sois vraiment honnête avec moi. Est-ce que tu accepterais de ne plus revoir Neal?
Voilà la question qu'il attendait, la requête de sa femme ne le surprit pas. Même s'il avait du mal à faire le lien entre cette demande et le reste de son discours. Il avait redouté ce moment là parce qu'il connaissait la réponse à cette question... Enfin les réponses... Celle que son cœur lui soufflait et celle qu'il pensait devoir à sa femme...