Salut tout le monde. Bon, alors voilà le chapitre 36 qui fait, finalement 38 pages ^^ (moi qui pensait avoir du mal à en faire 30 sur ce chapitre ^^). Désolée si j'ai mis un peu de temps à le finir mais j'ai, désormais, un programme d'enfer (entre les cours et les TD à la fac et tout ce qui va avec, l'équitation, le code et "Lorsque les Maraudeurs deviennent plus qu'un mythe", s'ajoutent désormais, une co-traduction, avec Leena, "L'amulette du temps"-tome 1 (je met le lien dans ma bio si ça vous intéresse), et j'entame une co-écriture de fic, avec Umbre77, "Enfance" (là aussi je mettrait le lien quand on l'aura mise, si ça vous intéresse également), donc, faudra faire avec ^^

Ensuite, un GROS merci, pour leur review, à tous ceux qui ont pris le temps de reviewer le chapitre précédent, mais merci aussi aux lecteurs "silencieux" ^^, mais aussi à ceux qui prennent le temps de me faire remarquer mes incohérences (je ferai bientôt des MAJ de rectifications ^^, promis), mais les réponses aux reviews seront, toutes à la fin du chapitre. Sinon, mille fois merci encore à Tiffany pour son aide, mais aussi à Umbre77 sans qui je me demande bien ce que je deviendrais.

Ah oui, cette fois, je dédie ce chapitre à Lunenoire, qui m'a submergée de reviews pendant deux jours, en prenant le temps de reviewer chaque chapitre… Merci ^^ Et j'espère que la suite de ma fic te plaira.

            Sinon, comme toujours :

Le Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez est à JKR…, le reste est à moi...!

Titre : Lorsque les Maraudeurs deviennent plus qu'un simple mythe

Auteur : Cécilia

Chapitre : 36- Un sursis pour Harry : Harry va finalement pouvoir prolonger son séjour à l'époque des Maraudeurs…mais non sans raison… Et heureusement pour James car il va encore avoir besoin de l'aide de Harry. Les Maraudeurs recommencent les blagues. Krayak puni les élèves…, Lily découvre certaines choses sur Harry…, Remus qui commence à douter de Harry, etc… La routine me direz-vous ? Pas vraiment…

Résumé de l'histoire: A la suite d'un petit incident lors d'une retenue de Potions, Harry, alors en sixième année, revient à lui à Poudlard, mais près de vingt ans plus tôt… à l'époque des Maraudeurs. Sous l'identité de Harry Calaway, le voyageur temporel, coincer à cet époque jusqu'à la réalisation de la potion qui le ramènera chez lui, va vite entrer dans les bonnes grâces des Maraudeurs et des autres élèves de Gryffondor et entrer dans l'équipe de Quidditch. Passant ses vacances, en compagnie de Remus, Sirius et James, Harry va finir par favoriser la formation du couple qui est sensé devenir ses parents, malgré la mort des parents de Lily et de l'opposition offerte par le père de James. Le couple ne va cesser de devenir plus "soudé" par la suite, notamment grâce à une sortie assez mouvementée dans la forêt interdite, le bal d'Halloween et la fête organisée durant les vacances de Noël chez les Potter. Le Maraudeur finit par découvrir la véritable identité de Harry lorsque tous deux se font enlever par Voldemort lors d'une sortie à Pré-au-Lard et après être revenu, sains et sauf à l'école. Par la suite, Lily découvre, grâce aux médailles que portent James et Harry, à son tour le lien entre les deux garçons. James, quand à lui, semble être la cible première de Voldemort, alors que Peter passe définitivement, dans le camp de Voldemort. Peu après, James, Sirius et Peter partent pour les funérailles des victimes de l'attaque menée précédemment par les partisans de Voldemort contre une annexe du Ministère de la Magie. Durant leur absence, Lily fait part de ses inquiétudes, à Harry, concernant James. Lorsque les trois Maraudeurs reviennent, James s'excuse auprès de Harry pour son comportement. Par la suite, grâce à une potion de Lire-Mémoire, James découvre les évènements du 31 octobre 1981… Plus tard, Harry reçoit une nouvelle lettre de son époque que lit, malencontreusement James qui commence alors à taquiner Harry sur ses sentiments pour Ginny et Cho. Agacé, Harry finit par s'énerver mais tous deux se "réconcilient" rapidement. Harry, ayant surpris une conversation entre Peter et la Taupe, suit le Maraudeur, en douce, et assiste à une réunion de "l'arrière-garde" qui prépare un nouveau mauvais coup contre James. Peu après, Harry, Remus, Sirius et James partent dans la forêt, pour éclaircir le mystère de la taupe mais se retrouvent bien vite dans une situation peu enviable et découvre que les filles sont en dangers. James et Harry les retrouve, avant qu'une violente explosion ne survienne. Par la suite, on découvre l'attaque sous divers points de vue, à commencer par ce qui a mené les filles dehors puis les interventions de James et Harry qui se chargent de secourir les filles mais aussi de Remus et Sirius qui eux ont une petite prise de bec avec des Mangemorts. Voldemort est présent sur les lieux mais bat vite en retraite alors qu'il fait face à Harry, avec l'arrivée inopinée de Dumbledore. Mais si Amy s'en tire sans trop d'encombre de l'attaque, Elsa y laisse la vie et Lily est dans un état plus qu'incertain. Harry lorsqu'il est autorisé à quitter l'infirmerie, ne tarde pas à intercepter une conversation entre Peter et la Taupe mais qui est interrompue par l'arrivée inopiné de Sirius. Après une nouvelle intervention de la Voix, Harry se remet en question et tente le tout pour le tout pour aider Lily à se rétablir. Puis, au chapitre 35, Lily se réveille enfin et on assiste à un nouveau cauchemar de Harry, on découvre de nouveaux gadgets magiques et créatures, on apprend des nouvelles (pas franchement bonnes) de l'époque de Harry et… la voix lève le mystère, en partie, concernant son identité.

Bon, voilà, g fait le tour d'horizon de ma fic… alors, assez discuté et BONNE LECTURE

            Céc.

PS : Ah oui…pour le passage durant le cours de Potions, la disposition des tables ayant été revue et étant donné ce qui va se passer, je vous fait une petite description de la répartition des élèves dans la salle…(en supposant qu'on se tient à la place du professeur, à son bureau, quand il fait face aux élèves) Déjà, Gryffondor d'un côté et Serpentard de l'autre (donc, deux rangées, de 4 tables) :

Premier rang (de gauche à droite) : Aline Cooper et Rogue Lily Evans et Peter Pettigrow

Deuxième rang : Evan Rosier et Albert Lestrange Sirius Black et Amy O'Connor

Troisième rang : Augustus Rookwood et Thomas Avery Harry Calaway et James Potter

Quatrième rang : Adrian Nott et…personne Remus Lupin et…personne (ancienne place d'Elsa)

Voilà, je ne sais pas si c'est très clair mais c'était indispensable pour que vous compreniez bien ce qui s'est passé pendant le cours dans ce chapitre.

PS2 : Ah oui, au fait…vous vouliez des rushs… et bien vous en aurez après les RAR… au programme, quelques rushs de divers moments de ma fic et quelques dialogues comme je le ferai dans une review à Umbre et quelques explications sur mes "persos" qui apparaissent dans ces dialogues…

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Chapitre 36 : Sursis pour Harry

            Les appartements de Godric Gryffondor étaient on ne peut plus silencieux. Lily, blottie, sous la couverture, dans les bras de son petit-ami, l'observait discrètement, notant son air absent alors qu'il passait machinalement la main dans ses cheveux. Depuis qu'il avait fini sa retenue, une heure auparavant et qu'il l'avait rejoint ici comme ils en avaient convenu dans la journée, il ne s'était que brièvement départit de son air préoccupé. Elle enfouie brièvement son visage dans le tissu du T-shirt qu'il portait, au creux de son épaule et soupira. Elle n'aimait pas le voir comme ça, surtout pas alors qu'elle n'était revenue qu'une semaine plus tôt. A regret, elle s'écarta légèrement et leva les yeux vers lui.

            « James ? »

            Il revint à la réalité et son expression se détendit légèrement, alors qu'il rencontrait son regard.

            «- Qu'est-ce qu'il y a, Lily jolie ? demanda-t-il

             - Ca serait plutôt à moi de te poser cette question. » répliqua-t-elle doucement.

            Il se rembrunit aussitôt et resta silencieux, tout en détournant les yeux.

            « James ! » insista-t-elle, l'inquiétude apparaissant nettement, à présent, dans sa voix.

            Il soupira, relâcha son étreinte et se mit sur le dos, l'air soucieux. Lily le fixa un instant, puis, bien décidée à connaître le fin mot de l'histoire, se rapprocha à nouveau de lui, posant la main sur son bras.

            « James, qu'est-ce qui ne va pas ? »

            Il garda le silence mais elle ne tarda pas à noter que les yeux sombres, dépourvus de lunettes, du jeune homme étaient bien plus brillants que de coutume.

            « James, tu sais que tu peux tout me dire, n'est-ce pas ? » reprit-elle, interloquée.

            Il persista un instant dans son mutisme puis lui jeta un bref regard en coin. Son expression avait quelque chose de bouleversant. Ca lui faisait mal au cœur de le voir ainsi, visiblement torturé par quelque chose dont il ne voulait pas en parler…

            « James… » souffla-t-elle, presque implorante en tendant la main.

            Mais il se déroba, fuyant à nouveau son regard, reportant son attention sur le plafond dans un silence pesant.

            « Ils s'en sont pris à toi à cause de moi… Le soir de l'attaque, c'était après toi qu'ils en avaient… tout simplement pour mieux m'atteindre… » lâcha-t-il d'une voix monocorde.

            Ce fut au tour de Lily de garder le silence à cette remarque, les yeux écarquillés par la surprise. C'était ça qui le tracassait à ce point ?

            « Tu aurais pu mourir à cause de moi…, poursuivit-il d'une voix incertaine. Tu risques ta vie par ma faute. »

            Lily ne dit rien, l'observant avec attention.

            « Et je ne veux pas te perdre ! »continua-t-il dans un murmure à peine audible.

            Elle esquissa un pâle sourire, troublée, et lui prit les mains. Il se tourna vers elle, la fixant d'un air incertain.

            «- James, tu n'as pas à te reprocher ce qui c'est passé, souffla-t-elle.

             - Mais… »

            Elle posa les mains de l'adolescent sur sa poitrine, contre le léger tissu de sa chemise de nuit, le coupant net dans ses propos.

            « Tu sens mon cœur ? Et bien, c'est la preuve que tu ne me perdras pas. Je serai toujours là, avec toi. Quoi qu'il advienne. »

            L'adolescent resta silencieux, mais ne se détourna pas cette fois.

            «- Peu importe les risques…, peu importe ce qui nous attend…, je resterai avec toi…, je serais toujours là pour toi, d'accord ? demanda-t-elle, reprenant ses mains dans les siennes, et en plongeant son regard dans celui du Maraudeur.

             - Mais, Lily… Tu… Ca t'expose à la menace de Voldemort ! Je ne veux pas…

             - James, soupira-t-elle. Tu es l'héritier de Gryffondor…, et alors ? Tu es tout particulièrement exposé à la menace de Voldemort.., et après ? Moi tout ce que je vois, c'est toi, celui que j'aime plus que tout. Et c'est tout ce qui compte… Je t'aime, et, pour cela, je préfèrerai faire ma vie avec toi…, malgré le danger que ça représente…, que sans toi…et pas épargnée pour autant. Personne n'est à l'abri, James…, personne ! Si on se séparait…on ne ferai qu'en souffrir d'avantage et… ça n'empêcherai pas Voldemort de s'en prendre à moi pour te faire du mal…, et tu le sais aussi bien que moi.

             - Mais il s'en prend à tous ceux qui comptent pour moi… D'abord ma mère, puis toi…

             - James, je suis sûre que ta mère était parfaitement consciente des risques encourus en épousant ton père… En ce qui me concerne, je sais que, quelque soit l'ampleur de cette menace qui pèse sur ta famille, je veux rester avec toi… Je veux tenter le coup…je veux prendre ce risque ! »

            Elle passa la main dans les cheveux en bataille de son compagnon.

            « Laisse-nous une chance, d'accord ? Je suis certaine, et Harry en est la preuve vivante, que, ensemble, nous pouvons, toi et moi, créer quelque chose de fort. Mais je ne veux pas être séparée de toi à cause de Voldemort. »

            James resta silencieux un moment, soutenant le regard vert émeraude de la jeune fille. Finalement, il acquiesça légèrement.

            «- Je ne tiens pas à être séparé de toi non plus, Lily, mais…, je ne veux pas non plus te perdre à cause de mon égoïsme…

             - Tu n'es pas égoïste, James. Au contraire… » assura Lily en souriant.

            Sur ce, elle l'attira vers elle. Après un moment d'hésitation, il enfouit son visage au creux du cou de la jeune fille qui l'enlaça étroitement.

            « Tu pourras toujours compter sur moi, James, n'oublie jamais ça…, chuchota-t-elle, tout en songeant que quelque chose de plus profond semblait lui peser sur la conscience. Et puis, comme le répète souvent Dumbledore, l'union fait notre force et la division notre faiblesse… »

            James ne répondit pas.

            « En plus, James, la présence de Harry confirme bien mon intention de rester avec toi, coûte que coûte, non ? »

            A ces mots, il s'écarta d'elle et la fixa avec une gravité inhabituelle. Sans un mot, il lui caressa la joue du dos de la main, soutenant toujours son regard.

            « Oui…, et même plus que tu ne peux l'imaginer… » souffla-t-il avec une amertume évidente.

            Sur ce, il s'écarta et sortant de sous la couverture, s'assis sur le bord du lit et se prit la tête entre les mains, lui tournant ostensiblement le dos. Lily l'observa, bouche-bée, ces derniers moments résonnant dans son esprit. Pourquoi disait-il ça… ? Pourquoi ce ton aussi amer ? Savait-il quelque chose qu'elle ignorait ? Une idée désagréable lui vint alors en tête, alors qu'elle repensait à quelque chose.

            « Le Survivant… » murmura-t-elle.

            Depuis qu'elle avait entendue, dans l'article que James avait lu dans l'infirmerie, ce mot associé, à priori, à Harry, ça l'avait, sur le coup, préoccupé, bien qu'elle aie choisi de ne pas s'attarder plus sur ce point. Mais, à présent… Quelles circonstances avaient pu valoir un tel surnom à Harry… ?

            « Oh mon Dieu ! » souffla-t-elle, alors que les dernières pièce du puzzle prenaient place dans ses réflexions et que la vérité s'imposait à elle.

            Dans d'autres circonstances, elle se serait probablement giflée, ou au moins traitée d'idiote. Comment avait-elle pu être aussi aveugle ? Comment avait-elle pu ne pas s'en rendre compte… ? Elle avait toujours été surprise par le fait que Harry parlait si peu de chez lui, de sa famille… mais il ne lui était jamais venu à l'idée que c'était peut-être tout simplement parce qu'il n'avait rien à dire dessus… ? Peut-être même que cette cicatrice qu'il s'efforçait toujours de cacher et à laquelle la moindre allusion le mettait mal à l'aise était liée à ce lourd secret que Harry gardait en lui ? Peut-être que c'était pour cette raison que Harry était toujours si réservé sur tout ce qui le concernait ?

            Face à cette triste constatation, Lily ne remarqua pas qu'elle pleurait, jusqu'à ce qu'une main chaude se pose sur sa joue. Levant des yeux embués par les larmes, elle rencontra le regard grave de James qui lui faisait à présent face. Sans un mot, il la serra contre lui. Ce ne fut qu'une fois nichée dans son étreinte protectrice qu'elle laissa libre cours à ses pleurs, mouillant de ses larmes le T-shirt, auquel elle s'agrippait instinctivement, du jeune homme.

            Voldemort les avait tués, James et elle, dans des circonstances qu'elle ignorait encore alors que, Harry, devenu du même coup orphelin, avait survécu à cette attaque, d'une façon ou d'une autre. Etrangement, ce n'était pas la perspective de mourir d'ici quelques années qui l'effrayait à ce point. Après tout, tout le monde devait mourir un jour ou l'autre, non ? Bon, évidemment, elle n'aurait pas refusé de pouvoir profiter de la vie plus longtemps. Mais, depuis qu'elle connaissait l'identité de Harry, elle avait accepté l'état de fait que faire sa vie avec James, un Potter et qui plus est un héritier de Gryffondor, réduisait considérablement les chances d'une longue vie. Non, ce qui l'attristait le plus, c'était qu'elle comprenait, à présent, cette ombre infime qu'elle avait souvent notée dans l'expression de Harry… Même lorsqu'il s'amusait, même lorsqu'il riait ou qu'il se comportait comme n'importe quel adolescent, elle avait toujours eu l'impression qu'il gardait une certaine retenue, en toute circonstance.

* * * * *

            Une pièce obscure et exiguë. Un bruit de sanglot étouffé. Une petite forme sombre, prostrée dans un coin, secouée de tremblements convulsifs. En y regardant de plus près, on pouvait voir qu'il s'agissait d'un petit garçon, maigre et chétif qui paraissait tout juste avoir quatre-cinq ans, aux cheveux noirs en bataille qui, recroquevillé dans un coin, pleurait, le visage enfouit dans une petite couverture rouge brodée d'or qu'il serrait contre lui.

            Des coups frappés durement contre la porte de la petite pièce, le petit garçon qui sursaute et essuie vivement, d'un revers de manche d'un vieux T-shirt beaucoup trop grand pour lui, ses yeux vert émeraude qui brillent dans la pénombre. Il ne fallait pas que son oncle le surprenne à pleurer.

            «- Assez paressé, mon garçon, l'interpella une voix sèche et rude à travers la porte. La punition est levée mais j'espère que ça t'aura servi de leçon…

             - Oui, oncle Vernon. » répondit l'enfant d'une voix monocorde.

            La porte s'ouvre soudain et la lumière soudaine qui pénètre dans la petite pièce fait cligner le petit garçon des yeux.

            «- Allez, sors de là, et plus vite que ça, intima l'homme qui se tenait là. Et que je ne t'y reprenne plus à proférer de tels mensonges sur Dudley, ou tu auras affaire à moi.

             - Oui, oncle Vernon, répondit docilement, l'enfant en se glissant aussitôt dans la pièce qui n'était autre qu'un placard sous l'escalier de la petite maison.

             - Dans ce cas, dépêche-toi d'aller préparer le déjeuner, avant que ta tante et ton cousin ne rentrent. Et plus vite que ça… » ajouta sèchement l'homme blond au visage violacé, à la carrure impressionnante et à la moustache épaisse en poussant sans ménagement l'enfant, qui trébucha, vers une des pièces environnantes.

            Reprenant son équilibre, le petit garçon rejeta en arrière, dans un geste machinal, les mèches rebelles qui lui étaient tombées devant les yeux, révélant ainsi, l'espace d'un instant, la mince cicatrice en forme d'éclair qui lui barrait le front, avant que des cheveux ne la masquent à nouveau.

* * * * *

            Lily réprima un cri horrifié, se réveillant brutalement, les yeux écarquillés, sous le choc de ce cauchemar qu'elle venait de faire. Un mouvement à ses côtés la ramena à la réalité alors qu'un bras passait autour de ses épaules.

            « Lily, qu'est-ce qu'il y a ? » s'inquiéta James.

            Pour toute réponse, elle éclata en sanglot, la gorge trop nouée pour parler, elle se serra contre lui, se réfugiant dans ses bras, les images de ce rêve qui n'en était pas vraiment un revenant avec une netteté effrayante à son esprit. Elle avait dû finir par s'endormir, un peu plus tôt, et avait ainsi assisté, aussi étrange que cela puisse paraître, à ce qui devait être un souvenir…, mais pas d'elle…, de Harry. Ce petit garçon qui pleurait dans son coin, dans ce sombre placard, c'était Harry, son propre fils, malmené par un homme qui lui disait vaguement quelque chose… Vernon… Vernon Dursley, le fiancé de sa sœur… Bien sûr, elle ne l'avait rencontré qu'une seule fois, lors de la réception que ses parents avaient organisés, peu avant leur mort, en l'honneur des fiançailles de leur fille aînée. Lily frissonna inconsciemment au souvenir de l'antipathie immédiate, et réciproque, qu'elle avait éprouvé pour ce Moldus aussi opposé à la magie que Pétunia, et cela dès qu'elle l'avait aperçu…

            «- C'est injuste ! s'écria-t-elle entre deux sanglots, blottie contre son petit-ami.

             - Quoi ? s'étonna ce dernier.

             - Pourquoi Harry doit-il connaître un sort aussi injuste ? sanglota-t-elle. Il n'a jamais rien demandé à personne, jamais, et tous les problèmes semblent pourtant lui tomber dessus… »

            James ne répondit pas tout de suite, le menton appuyé contre ses cheveux, lui passant la main dans le dos dans un geste qui se voulait apaisant.

            «- Je ne sais pas… Mais, je dirai que c'est l'un des inconvénients d'être un Potter…, tous les problèmes nous tombent dessus sans qu'on le demande… Il semblerait bien que les Potter soient des aimants à problèmes, ajouta-t-il après quelques minutes de réflexion sur un ton légèrement moqueur.

             - Ce n'est pas drôle, James, grogna Lily. Vraiment pas drôle.

             - Je le sais bien, mais, je crois que, même dans les pires situations, il faut savoir prendre les choses avec humour… Et cela, je pense que Harry l'a aussi très bien compris…, même si j'admet que, la plupart du temps, il est bien trop sérieux. Et même McGonagall elle-même m'a laissée entendre que, tant que les blagues resteront dans la limite du correct, elles seraient tolérées par les professeurs…

             - La situation doit vraiment être désespéré, dans ce cas, commenta Lily en esquissant un maigre sourire à travers ses larmes à la remarque du Maraudeur. Surtout si on considère que vous semblez avoir, Sirius et toi, des problèmes pour établir des limites précises entre ce qui est correct ou pas…

             - Tu me blesses, là, riposta James en faisant mine d'être vexé tout en sortant un mouchoir de sa poche et en le lui tendant. Mais comme je suis bon prince, je te pardonne cette offense…

             - C'est trop d'honneur, ironisa Lily en prenant le mouchoir avec reconnaissance.

             - …moyennant, tout de même, quelques compensations…, ajouta-t-il en esquissant un petit sourire.

             - Quel genre de compensation ? » s'enquit Lily, en s'essuyant les yeux avec le drap avant de jeter un regard suspicieux à James.

            Celui-ci fit mine de réfléchir, bien que Lily se doutait qu'il savait parfaitement de quoi il s'agissait.

            «- Hum… un baiser… ? suggéra-t-il, finalement.

             - Un seulement ? se moqua la jeune fille quelque peu surprise. Je m'attendais à ce que tu sois plus exigeant en la matière.

             - Oh, si tu veux en rajouter, je ne suis pas contre. » répliqua James en souriant d'un air innocent.

            Lily sourit et secoua la tête d'un air faussement exaspéré mais concéda à se plier à ses "exigences" et déposa un léger baiser sur les lèvres de son petit-ami.

            «- C'est ça que t'appelle un baiser ? la taquina-t-il.

             - Et monsieur est exigeant en plus de ça, rétorqua-t-elle sur le même ton, avant de l'embrasser à nouveau.

             - C'est déjà mieux, plaisanta-t-il lorsqu'ils se séparèrent. Mais j'ai bien le droit de l'être, tu m'as quand même réveillé en plein milieu de la nuit, je te signale… Au fait, pourrai-je savoir quel genre de cauchemar est venu hanter tes nuits ? »

            Lily hésita, lui jetant un regard scrutateur.

            «- Ce n'était pas vraiment un cauchemar…, murmura-t-elle, semblant trouver un intérêt soudain pour ses mains qu'elle tordait nerveusement. C'était plutôt…un souvenir…

             - Du soir de l'attaque ?

             - Oh non, non ! assura-t-elle aussitôt. C'était… c'est étrange…, c'était un souvenir de Harry…

             - Attends, je ne suis pas sûr de comprendre, là. Tu veux dire que tu rêves de choses qui sont arrivées à Harry à son époque ?

             - C'était peut-être qu'une coïncidence, mais oui… » concéda-t-elle, fixant ses mains.

            Elle ne se risqua à lever les yeux vers lui que lorsqu'elle eut fini de lui raconter la vision qu'elle avait eu, surprise par son silence. En fait, il semblait plongé dans de profondes réflexions, les sourcils froncés.

            « James ? »

            Le concerné se rappela de sa présence et secoua la tête, comme s'il voulait chasser des réflexions de son esprit.

            «- C'est étrange, commenta-t-il simplement.

             - James, qu'est-ce qu'il y a ? » insista Lily, interloqué.

            James lui jeta un regard incertain, réfléchissant visiblement à ce qu'il devait, ou ne devait pas, dire.

            «- Il faudrait que j'en parle à Harry mais…, murmura-t-il plus pour lui-même qu'autre chose. Mais, Lily, tu ne trouves pas ça curieux que, depuis l'attaque, tu commences à avoir des rêves de ce genre ?

             - Ce n'était peut-être qu'un hasard, suggéra-t-elle. Peut-être que ce que j'ai vu n'est jamais arrivé à Harry, j'ai peut-être imaginé ça…

             - Peut-être… mais je ne pense pas, rétorqua James en paraissant de nouveau pensif. Harry est, d'après ce que j'en sais, capable de savoir, dans certaines conditions, ce que fait Voldemort au même instant… Tu te souviens, quand tu m'as dit avoir rêvé de Voldemort, à l'infirmerie ? Et bien, j'en ai parlé, par la suite, à Harry, et il m'a avoué qu'il avait fait exactement le même rêve… Mais de là à savoir pourquoi ça ne se déclenche que maintenant, c'est une autre affaire… Quoiqu'il en soit, je pense que ce que tu viens de voir était réel, que c'est vraiment arrivé à Harry, à son époque. »

            Un moment de silence suivit ce commentaire.

            «- Qu'est-ce qu'on fait ? Tu crois que c'est grave ?

             - Non, je ne pense pas…mais on ne peut rien faire d'autre pour l'instant que d'attendre… On pourrait éventuellement en parler à Dumbledore et Harry mais, à part ça… Et puis, peut-être, comme tu le disais, ce n'est qu'un cas isolé. Mais, Lily, si ça venait à se répéter, je veux que tu m'en parles, d'accord ? »

            Elle acquiesça d'un signe de tête et sourit à son petit-ami qui lui rendit la pareille.

            « Ne te tracasse pas pour ça, Lily jolie, je ne pense pas que ça vaux la peine de se prendre martel en tête, poursuivit James. Allez, viens-là, rêveuse de mon cœur. » ajouta-t-il en lui tendant les bras.

            La jeune fille ne se fit pas prier et vint se réfugier dans l'étreinte du jeune homme avec reconnaissance.

            «- Après tout, il faut que tu te repose, ma puce, commenta-t-il en éteignant la lumière qu'il avait allumée au réveil soudain de Lily, les plongeant ainsi dans l'obscurité.

             - Bonne nuit…, Jimmy, murmura-t-elle

             - Bonne nuit, petite fleur de lys, et fait de beaux rêves. » répliqua-t-il en l'embrassant sur le front.

* * * * *

            «- Amy, je te jure que c'est pas ce que tu crois, j'y suis pour rien…, c'est pas ma faute si elle…

             - Ben, cette pimbêche n'avait pas l'air de te laisser très indifférent, cingla cette dernière, lui tournant le dos. Et lâche-moi !

             - Mais je t'assure que non ! Je m'en fiche de cette Serdaigle…, et puis, tu sais très bien que je te serais éternellement dévoué… ! Allez, s'il te plaît, arrête de me faire la tête… »

            Amy ne répondit pas, les bras croisés, persistant à tourner le dos à Sirius.

            « S'il te plait… » supplia Sirius, en la prenant par le bras pour la forcer à lui faire face et en se mettant à genoux devant elle, tout en prenant son air de chien battu.

            Les autres éclatèrent de rire face au cinéma de Sirius. Les élèves de septième année de Gryffondor avaient fuis la Salle Commune surpeuplée de Gryffondor et avait gagné le parc, profitant du soleil printanier. Ayant soigneusement évité les abords de la forêt, James, Lily, Remus, Harry et Peter avaient préférés rester à proximité du château et s'étaient ainsi installé sur les quelques marches menant au hall, peu de temps avant d'en voir surgir une Amy folle de rage suivie par un Sirius des plus désappointés. A priori, la jeune fille avait surpris le Maraudeur alors qu'il flirtait avec une autre élève…

            Assis sur les marches, un bras passé autour de la taille de Lily, James se doutait qu'il devait en coûter à son ami d'agir de la sorte, même s'il savait que cette mimique à la Patmol marchait à tous les coups… Après tout, Sirius ayant toujours été du genre charmeur, il ne pouvait pas s'empêcher de jouer les séducteurs auprès des représentantes du sexe opposé. Mais personne ne pouvait résister à l'expression qu'il avait en cet instant, pas même une Amy en colère. Celle-ci leva les yeux au ciel et secoua la tête d'un air faussement agacé, sans pour autant parvenir à réprimer un léger sourire.

            « Bon, ça va, je te pardonne…pour cette fois. » céda-t-elle, les bras croisés sur la poitrine, en adoptant un air sévère.

            Sirius esquissa aussitôt un sourire triomphant et se releva d'un bond.

            «- Merci, merci, merci ! C'est trop d'honneur que tu me fais de m'accorder une autre chance ! s'exclama-t-il en lui prenant les mains, provoquant l'hilarité des cinq autres.

             - Bon, ça va, mais n'en fait pas trop, grommela Amy en enlevant ses mains. Et que je ne t'y reprenne plus…

             - Promis ! rétorqua aussitôt Sirius. Tu ne m'y reprendras plus ou je ne m'appelle plus Sirius Black…

             - Le grand Sirius Black faire une telle promesse, dur à croire, se moqua James exprimant ainsi l'opinion de ses camarades qui sourirent alors que Sirius prenait un air boudeur. Eh, mon vieux, faut admettre que c'est plus fort que toi, de jouer les charmeurs… Ca fait partie intégrante de ta personnalité…

             - Ah, enfin ! Vous voilà… »

            Les jeunes gens sursautèrent, et se tournèrent vers le professeur McGonagall qui se tenait sur le seuil du hall.

            « Mr Calaway, le directeur voudrait vous voir à son bureau, au plus vite… » annonça la directrice-adjointe, sans prêter la moindre attention aux six autres, en se tournant vers Harry.

            Celui-ci, alors que ses camarades lui jetaient un regard surpris, s'écarta du mur contre lequel il était jusque là adossé et suivit, sans un mot l'enseignante. Les autres échangèrent un regard perplexe, Sirius et Amy rejoignant leurs amis sur les marches.

            «- A votre avis, pourquoi Dumbledore l'a convoqué ? demanda Amy.

             - Rien de grave, j'espère, répliqua Lily en jetant un bref regard vers la porte avant de reporter son attention sur ses camarades de classe.

             - Peut-être qu'il a encore eut des nouvelles de chez lui, suggéra Sirius. Après tout, Dumbledore l'avait déjà fait venir à son bureau pour ça…

             - Où, peut-être aussi qu'il l'a convoqué pour lui annoncer qu'il peut enfin rentrer chez lui, tout simplement. » proposa Peter, levant momentanément les yeux du grimoire qu'il lisait jusque là.

            Tous les regards se tournèrent vers lui.

            « Ben quoi ? s'étonna-t-il. C'est une possibilité, non ? » conclut-il avant de reporter à nouveau son attention sur sa lecture.

            James resta silencieux. Bien sûr, Harry n'appartenant pas à cette époque, il était inévitable qu'il rentre chez lui à un moment ou à un autre. Mais il ne pouvait s'empêcher d'éprouver une étrange appréhension quant à la perspective de ce départ. Il avait fini par s'attacher à ce curieux adolescent qui était sensé être son fils d'ici quelques années, même s'il le considérait plus comme un bon ami qu'autre chose. Un ami qui, à l'instar de Sirius, était toujours là, depuis son arrivée à leur époque, lors des coups durs… Chaque fois qu'il avait eu des problèmes durant ces derniers mois, Harry l'avait aidé à s'en sortir. Il savait toujours comment agir en cas de besoin. L'expérience de Harry face au danger lui avait plus d'une fois sauvé la vie… Mais, surtout, Harry lui avait permis de se rapprocher de Lily : c'était lui qui, d'une certaine façon, leur avait permis de se découvrir l'un et l'autre…

            Il chassa ses préoccupations du moment de son esprit, en réalisant que Sirius disait quelque chose.

            «- Ou peut-être qu'il y a eu un nouveau problème avec Voldemort…, c'est une autre possibilité.

             - Parce que tu crois vraiment que Dumbledore en parlerait à Harry dans ce cas-là ? rétorqua Remus en haussant un sourcil d'un air sceptique.

             - Pourquoi pas ? intervint Lily, la tête appuyée contre l'épaule de son petit-ami. Après tout, Harry est bien plus puissant que les autres sorciers de notre âge, et Dumbledore le sait parfaitement… »

            Remus fronça les sourcils mais resta silencieux. En fait, personne ne prononça le moindre mot durant un moment, bien que l'expression que le lycanthrope affichait en cet instant, ne plaisait guère à James.

            « Rem, qu'est-ce qui te tracasse comme ça ? » s'enquit-il, calmement.

            Le lycanthrope garda le silence, fixant son ami avec intensité. Finalement, il soupira.

            «- Ca n'engage que moi mais, pour en revenir à ce que disait Lily, vous trouvez ça, normal, vous, que quelqu'un comme Harry, qui a, sans aucun doutes de fortes aptitudes magiques, préfère se réfugier dans un pays où Voldemort fait régner la discorde et la terreur, pour se mettre sous la protection de Dumbledore ? déclara-t-il. Ce détail me tracasse depuis quelques temps mais…, je ne sais…, d'un autre côté, je ne peux pas m'empêcher d'avoir confiance en lui… et ça ne me plaît pas non plus…

             - Je ne vois pas où est le problème ? répliqua Sirius. C'est quelqu'un de sympa et en qui on peut avoir facilement confiance… Je ne vois pas ce qui te préoccupe là-dedans…, et quant au fait qu'il soit arrivé ici, il ne faut pas oublier que Dumbledore est le plus puissant sorcier de notre temps… Et n'oublie pas que Harry a, plus d'une fois, sauvé la mise à James depuis qu'il est là…, ce qui n'est pas négligeable, ajouta-t-il en ébouriffant amicalement les cheveux en bataille de son meilleur ami qui protesta vivement.

             - Justement, vous ne trouvez pas ça étrange que, depuis que Harry est ici, James accumule les situations dangereuses ? Et, comme par hasard, depuis cette année, les professeurs envisagent qu'un espion de Voldemort se cache dans l'enceinte du château…

             - Tu penses que Harry serait cette fameuse taupe ? s'étonna Peter.

             - Mais c'est impossible, certifia James qui n'aimait vraiment pas la soudaine suspicion de son ami. Harry était, à chaque fois, avec nous, quand on percevait la présence de la taupe dans la forêt…

             - Ce n'était peut-être pas forcément la taupe dont nous percevions l'odeur dans la forêt…, c'était autre chose. Alors que, chaque fois que la taupe elle-même était dans le coin, Harry ne l'était pas…, vous ne trouvez pas ça curieux ? Le soir de l'attaque, Harry est partit seul, prétextant suivre ce fameux espion qui, comme par hasard, à disparu peu après…

             - Remus, mon vieux, tu deviens parano, se moqua Sirius. Je te signale qu'on a vu, toi et moi, cette fameuse taupe le soir de l'attaque…, et que c'était visiblement un adulte…

             - Ca ne veut rien dire, s'entêta le lycanthrope. Après tout, vous ne trouvez pas ça étrange que quelqu'un de notre âge et qui ne soit pas vraiment réputé pour passer du temps à la Bibliothèque ou à se concentrer sur ses études, ait une si grande maîtrise de sorts dont nous n'avons même pas connaissance et soit parfaitement capable de mener à bien un duel, quel que soit son adversaire ?

             - Et alors ? l'interrompit James. Harry est excellent en Défense Contre les Forces du Mal, ce n'est pas pour rien. Et je ne vois pas le problème à ce qu'il utilise l'ancienne magie et donc des sorts dont nous ignorons tout… Harry est de notre côté, il n'y a aucun doute là-dessus.

             - Vous êtes aveuglés par la confiance que vous lui portez, tous autant que vous êtes, cingla Remus. Vous ne trouvez pas ça curieux que Harry tienne tête aussi facilement à Voldemort ? Le Polynectar, ça existe après tout, il pourrait très bien être un Mangemort déguisé ou un truc du genre…

             - Mais si c'était le cas, le Choixpeau ne l'aurait jamais envoyé à Gryffondor…

             - Amy, tu t'imagines vraiment que rien ne peut déjouer l'attention du Choixpeau… Il n'est pas infaillible…, et la blague que Sirius a faite à la Cérémonie de Répartition de cette année en est la preuve… Un mage noir pourrait facilement tromper ce vieux chapeau… »

            A la surprise générale, et avant que quiconque ait pu réagir, Lily qui s'était abstenue de tout commentaire, s'était brutalement levée et avait giflé Remus. Celui-ci, prit au dépourvu, fixait, comme les quatre autres, une Lily tremblante de colère qui se tenait devant lui.

            «- De quel droit peux-tu dire des choses pareilles sur Harry ? Tu ne sais rien de lui ! RIEN ! cria-t-elle. Tu ne sais même pas par quoi il est passé avant d'arriver ici, tu n'as aucune idée de ce qu'il a connu jusqu'à présent et tu oses émettre de tels soupçons sur Harry… ? Je ne peux pas croire que toi, Remus, toi dont les instincts sont pourtant les plus fiables, tu puisses te tromper à ce point sur son compte…

             - Lily… » intervint James, s'étant remis de son étonnement premier, en la prenant par les épaules.

            Mais elle se dégagea sèchement et se détourna de Remus, non sans le foudroyer du regard, avant de rentrer, sans un mot, dans le château. James, voulu la suivre mais Sirius le retint par le bras, alors que Remus répliquait, en se frottant la joue, et qu'Amy s'engouffrait à son tour dans le château, pour rejoindre sa meilleure amie.

            « Vous auriez sûrement des doutes si, tout comme moi, vous l'aviez surpris à menacer Peter de sa baguette… » lâcha, froidement, le loup-garou.

            James et Sirius se retournèrent aussitôt vers lui, puis se tournèrent vers Peter qui blêmit sensiblement, se réfugiant derrière son livre.

            «- C'est vrai ? s'étonna Sirius.

             - Je l'ai vu comme je te vois en cet instant, Sirius, riposta Remus. Il y a quelques temps, j'ai entendu des éclats de voix dans la Salle Commune, un soir, et je suis donc descendu voir ce qui se passait… pour découvrir Harry et Peter qui se menaçaient de leur baguette, et, franchement, je ne vois pas Peter provoquer volontairement Harry pour qu'ils en viennent à sortir leurs baguettes…

             - Mais, pourquoi Harry aurait-il fait une chose pareille ? répliqua Sirius. Qu'est-ce qui s'est passé ce soir-là, Peter ? ajouta-t-il en se tournant vers l'autre Maraudeur.

             - Je ne sais plus trop, marmonna-t-il. J'étais dans la Salle Commune et, quand il est arrivé, je lui ai demandé où il était…, il m'a menacé de sa baguette et j'avais la mienne aussi en main… et c'est là que Lunard est arrivé…

             - Ce n'est pas logique, persista Sirius. D'après ce que j'en sais de Harry, il ne ferait jamais une chose pareille sans raison…

             - A moins qu'il n'essaie de faire peser les soupçons sur quelqu'un d'autre, insista Remus. Mais, une fois de plus, ça n'engage que moi, même si, depuis le début, Harry à un comportement étrange vis à vis de Queudver… Néanmoins, qui seriez-vous plus portés à croire ? Harry, dont nous ne savons pratiquement rien, ou Peter et moi ? »

            Sirius resta silencieux, fixant ses amis l'air troublé. James, quant à lui, était sûrement tout aussi déstabilisé par les propos de Remus… Effectivement, Harry avait toujours conservé une certaine froideur face à Peter, mais, jusqu'à présent, il ne s'était jamais demandé pourquoi… Harry devait avoir des raisons pour en vouloir à Queudver, mais lesquelles ? Qu'est-ce que Peter avait pu faire à son époque pour que Harry soit ainsi remonté contre lui ?

            En tout cas, James était certain que Peter n'aurai jamais provoqué, de lui-même, Harry, sachant que Queudver était terriblement nul en duel et que Harry, à l'opposé, excellait dans la matière et devait être un adversaire redoutable. Mais Harry n'en serait jamais venu à menacer Peter sans raisons valables, James en était convaincu…

            «- Lunard, comme tu l'as dit précédemment, ton avis n'engage que toi, commenta-t-il calmement. Queudver, Patmol et toi êtes mes amis depuis des années mais, même si j'admet que l'attitude de Harry à l'égard de Peter est surprenante, j'ai toute confiance en Harry et je lui confierai ma vie, tout comme je le ferai avec n'importe lequel d'entre vous, sans aucune hésitation s'il le fallait…

             - Corny, tu…, commença Sirius.

             - Entre Maraudeurs, nous sommes sensés se faire confiance, en toute circonstance et notre amitié est sacrée pour moi… Cependant, je considère que Harry, à défaut d'être un Maraudeur à part entière, fait partie de notre groupe et, en tant que tel…

             - Qu'est-ce qui te permet d'être aussi sûr de son innocence dans tout ça ?

             - Tu crois vraiment que, s'il me voulait du mal, il se serait autant démené, depuis qu'il est là, pour me sauver la vie ? » cingla James, avant de s'interrompre, mal à l'aise et un peu gêné par sa réaction.

            Il se mordit les lèvres, hésitant sur ce qu'il devait dire devant l'expression stupéfaite de ses amis.

            «- Ecoutez, reprit-il plus posément. Je comprends que vous puissiez avoir des doutes sur Harry, mais je me porte garant du fait qu'il n'est pas ce que vous croyez et qu'il est de notre côté… Je…j'ai découvert certaines choses le concernant, mais je lui ai promis de ne rien dire à qui que ce soit, pas même à vous ou à Lily…

             - Ca fait toujours plaisir à entendre, grogna Sirius. Tu as dit toi-même qu'on était sensé se faire confiance, et voilà que tu nous avoues que tu sais quelque chose dont tu ne veux pas nous parler… Pourtant, tu sais très bien qu'aucun de nous n'a jamais dévoilé le moindre de nos secrets jusque là, alors je ne vois pas pourquoi ça commencerai…

             - Patmol, justement, tu n'as jamais trahi un secret, Queudver non plus, Lunard encore moins et quant à moi, jamais une telle idée ne me viendrait à l'esprit…, et c'est pour ça que je dois garder le secret de Harry pour moi… »

            James fixa, tour à tour, chacun de ses amis, guettant leurs réactions. Mais tous trois affichaient une expression indéfinissable. Peter, qui serrait à présent son livre contre lui, ne prononçait pas le moindre mot mais James était trop préoccupé par la situation du moment pour remarquer la nervosité, pourtant flagrante, que Queudver avait manifestée tout au long de la discussion. Sirius, les lèvres serrées, observait James qui supposait que son meilleur ami devait être blessé dans son amour propre par le fait que, peut-être pour la première fois de leur longue amitié, il lui cachait des choses. James se sentait mal à cette perspective, ayant, très tôt, pris l'habitude de toujours tout partager avec Sirius… Remus, enfin, l'étudiait attentivement, semblant le jauger du regard, les sourcils légèrement froncés. Finalement, le lycanthrope soupira.

            « On ne va pas se fâcher pour des différents d'opinion, observa-t-il. James, si tu nous assure qu'on puisse faire totalement confiance à Harry, je veux bien te croire et je respecte parfaitement ta volonté de garder ce secret qu'il t'a confié, même avec nous… La situation est peut-être bien plus grave que nous le pensions… Néanmoins, un secret est un secret… » conclut-il, avant de tendre la main devant lui, paume vers le bas.

            Sirius acquiesça d'un bref signe de tête.

            «- Même si ça ne me fait pas vraiment plaisir que mon meilleur ami me cache des choses qui pourraient être importantes, je comprend qu'il ne puisse pas nous en parler, si ça ne nous concerne pas. déclara-t-il en posant sa main sur celle de Remus.

             - Moi de même, approuva Peter, en posant, à son tour, sa main sur celle de Sirius, rapidement imité par James qui sourit.

             - Je savais que je pouvais compter sur vous les gars, commenta-t-il, lorsqu'ils s'écartèrent. Et que vous comprendriez la situation… Merci. »

            Les trois autres sourirent à leur tour.

            «- Après tout, notre règle numéro un est bien d'être solidaire entre nous, rappela Remus.

             - Et garder un secret en est la deuxième, renchérit Sirius. En tout cas, Lily était franchement remontée contre toi, Lunard… C'était bien la première fois que je la voyais te gifler.

             - Je suis désolé pour sa réaction, Rem, commenta James. C'est juste qu'elle n'apprécie pas trop le fait qu'on puisse se montrer, euh…médisant à l'égard de Harry…

             - De toute façon, depuis le début, elle l'a prise en affection, objecta Peter.

             - Oui, mais je ferai mieux d'aller lui parler, non ? suggéra Remus. Je n'aime pas dire du mal dans le dos des gens mais… Enfin, ça me tracassait depuis quelques temps et j'avais besoin de votre avis sur le sujet, mais si j'avais su qu'elle réagirait comme ça, je… »

            Il s'interrompit lorsque Amy surgit hors du hall, l'air maussade.

            «- Impossible de lui soutirer quoi que ce soit, soupira-t-elle. Plus obstinée que Lily, tu meurs… J'ai finalement préféré la laisser tranquille…

             - Elle a ses raisons de réagir comme ça, répliqua James. Quoiqu'il en soit, je ferai mieux d'aller la voir…

             - Je te souhaite bien du courage dans ce cas parce qu'elle est dans une humeur massacrante, le prévint Amy. Mais si tu es prêt à risquer de te prendre des gifles gratuites, elle est dans notre dortoir.

             - Ca, ça doit être hormones, plaisanta Sirius. Je trouve que ses crises de mauvaises humeurs sont plutôt cycliques…

             - La dernière fois que je lui ai fait cette remarque, je me suis pris sa main à la figure, observa James. Alors, Sirius, si je peux te donner un conseil, évite de dire ça devant elle…

             - J'en prend bonne note, Jamsie, répliqua Sirius en souriant. Eh, au fait, faudra vraiment qu'on prépare une nouvelle blague contre les Serpentard…

              On sait, Sirius, on sait ! » répliquèrent, en chœur, les trois autres Maraudeurs, alors qu'Amy lui adressait un regard d'avertissement.

            James laissa donc ses amis à leur discussion, non sans s'être mis d'accord pour se retrouver à la Grande Salle pour le déjeuner, et gagna l'escalier de marbre, en direction de la Tour de Gryffondor, perdu dans ses réflexions. Qu'avait fait Peter, dans le futur, pour que Harry lui en veuille à ce point ? Car il était évident qu'il avait dû se passer un événement quelconque…, mais quoi ?

            Ce ne fut que lorsqu'il se heurta durement à quelque chose qu'il revint à la réalité du moment.

            « Vous pourriez regarder où vous allez, quand même ! s'indigna la Grosse Dame. Je ne suis pas assez visible comme ça ? »

            James mit un peu de temps pour comprendre qu'il s'était écrasé contre le tableau qui gardait l'entrée de la Salle Commune. Il était déjà arrivé ? Le Maraudeur se reprit, se maudissant pour son inattention et s'excusa auprès du portrait qui daigna le laisser passer lorsqu'il lui eut donner le mot de passe, non sans marmonner au sujet de ces "élèves ingrats et irrespectueux". James préféra l'ignorer et gagna le dortoir des filles de septième année. Une fois devant ladite porte, il inspira et frappa discrètement.

            « Laisse-moi tranquille, Amy ! »

            Visiblement, Lily n'avait rien perdu de sa contrariété… James esquissa un léger sourire et secoua la tête d'un air amusé. Elle avait vraiment un sale caractère quand elle voulait.

            « Lily, ça fait un moment qu'Amy est partie, répliqua-t-il calmement. Je peux entrer ? »

            Il y eut un instant de silence puis la porte s'ouvrit sur une Lily qui se serra contre lui, passant les bras autour de son cou. Passé le premier instant de surprise, le jeune homme l'enlaça et l'embrassa sur le front.

            «- James, comment pouvais-tu laisser Remus dire des choses pareilles ? souffla-t-elle, en levant les yeux vers lui.

             - Lily, soupira-t-il. Ca ne me plaisait pas plus qu'à toi…, mais…

             - Il soupçonnait Harry de…d'être un traître à la botte de Voldemort, s'entêta la jeune fille, avec mauvaise humeur.

             - Je sais, Lily. Mais Remus ne pouvait pas savoir… Il ignore ce que nous, nous savons de Harry… Mais tout est rentré dans l'ordre, ne t'en fais pas pour ça…

             - Vraiment ? Tu leur as tout dit ? s'étonna-t-elle.

             - Non. J'ai donné ma parole à Harry que je ne dirai rien à qui que ce soit… Mais je leur ai assuré que je me portais garant de Harry. J'ai dû faire jouer les règles des Maraudeurs mais c'est arrangé… »

            Lily l'observa un instant puis esquissa un léger sourire.

            « Merci… » murmura-t-elle, en se blottissant à nouveau contre lui.

            Tous deux restèrent, un long moment, ainsi, l'un contre l'autre, sans un mot.

            «- Tu n'aurais peut-être pas dû gifler Remus, non ? tenta-t-il finalement.

             - Je n'ai pas vraiment réfléchi, admit-elle après une brève hésitation. Mais il m'a mise hors de moi et… Enfin, j'irai le voir pour m'excuser, certifia-t-elle. Mais il faut d'abord que j'aille voir Harry…

             - Je t'accompagne, dans ce cas, déclara James. Ca sera toujours l'occasion d'une petite balade en tête-à-tête, en attendant… »

            Lily sourit et, en guise de réponse, l'embrassa rapidement, avant de l'entraîner vers la Salle Commune.

* * * * *

            Main dans la main, tous deux atteignirent le couloir menant au bureau directorial, juste à temps pour voir la Gargouille de pierre pivoter sur Harry. Visiblement, sa rencontre avec Dumbledore avait été bien plus longue que James ne l'aurait pensé.

            « Harry ! » s'exclama aussitôt Lily alors que, semblant ne pas avoir remarqué leur présence, il partait vers l'autre extrémité du couloir.

            L'intéressé tressaillit et se retourna vivement dans leur direction. Il esquissa un léger sourire en les apercevant et s'avança vers eux.

            «- Corrigez-moi si je me trompe, mais votre présence ici n'est pas fortuite, je suppose, commenta-t-il d'un air amusé.

             - On voulait juste savoir si ta petite conversation avec Dumbledore s'était bien passée, répliqua James. Et c'était l'occasion d'une petite promenade en amoureux dans le château, ajouta-t-il.

             - C'est ce que j'avais crû comprendre, observa Harry. Mais Dumbledore voulait juste me dire que la potion qui est sensée me ramener chez moi est prête. » annonça-t-il d'un ton badin.

            Les deux autres s'assombrirent à cette remarque et échangèrent un bref regard.

            «- Tu pars bientôt, alors ? s'enquit Lily.

             - J'étais sensé partir ce soir, en tout cas, rétorqua Harry.

             - "Sensé" ? répéta James, surpris. Tu veux dire que… ?

             - J'ai réussi à obtenir une prolongation de mon séjour ici, répondit évasivement Harry en haussant les épaules. Ca n'a pas été facile de convaincre Dumbledore mais il a finalement accepté de me laisser finir l'année ici…

             - C'est super, s'enthousiasma James. Mais…je croyais que tu voulais retourner dès que possible chez toi…, tu sais après la lettre que tu as reçu et…, poursuivit-il en baissant légèrement la voix.

             - Et bien, il faut croire que les choses ont changé, rétorqua Harry alors qu'ils s'engageaient dans un autre couloir. Bien sûr, j'admet que j'aurai bien aimé rentrer, mal du pays oblige, mais, d'un autre côté, je sens que je n'ai pas encore accomplit tout ce que j'avais à faire ici… Enfin, je suis sûr que c'est la meilleure chose à faire et Dumbledore semblait s'attendre à cette réponse, ajouta-t-il en souriant.

             - Ca lui ressemblerait bien, en tout cas, répliqua James avec amusement. Proposer quelque chose en connaissant déjà la réponse… »

            Discutant de choses et d'autres, tous trois gagnèrent la Grande Salle mais James s'arrêta devant la porte et retint Harry par le bras.

            «- Il faudrait que je te parle un instant, avant qu'on ne rejoigne les autres, lâcha-t-il calmement en plantant son regard dans celui interrogateur de Harry avant de se tourner vers sa petite-amie. Lily jolie, on te rejoindra à table, d'accord ?

            - D'accord, accepta-t-elle non sans lui adresser un regard intrigué. Ne tardez pas trop, tous les deux.

             - Ne t'en fait pas pour ça, on ne sera pas long. » promit James en l'embrassant rapidement, avant d'entraîner Harry vers la porte d'entrée.

            James, suivit par un Harry quelque peu contraint, gagna le parc, non sans un dernier regard à Lily alors qu'elle pénétrait dans la Grande Salle.

            «- Euh, James, pourrai-tu me lâcher ? demanda Harry au bout d'un moment. Je ne vais pas m'envoler.

             - Oh, excuse-moi ! s'exclama James, réalisant alors qu'il le tirait par le bras, en desserrant sa prise.

             - Bon, alors, quel est le problème ? s'enquit aussitôt Harry en s'immobilisant.

             - Qu'est-ce qui te fait croire que… ?

             - Oh arrêtes, tu n'aurais pas demandé à me voir seul si tout allait bien, et tu ne m'aurais pas agrippé comme tu l'as fait sinon, l'interrompit calmement Harry. Alors ? »

            James grimaça et baissa la tête, se mordant les lèvres, embarrassé, tout en réfléchissant à la meilleure façon d'aborder le sujet qui le préoccupait. Harry, quant à lui, garda le silence, se contentant d'attendre.

            « Qu'est-ce que Peter a fait pour que tu lui en veuilles à ce point ? » demanda, finalement, à brûle-pourpoint, James en relevant la tête vers l'autre adolescent.

            Celui-ci se rembrunit, l'espace d'une seconde, puis adopta une expression on ne peut plus neutre. Mais James avait eu le temps de noter la lueur, qui ne laissait prévoir rien de bon, qui était passé, fugitivement, dans les yeux de Harry à sa question.

            « Pourquoi me demandes-tu ça tout d'un coup ? » répliqua ce dernier.

            Harry s'efforçait délibérément de changer de sujet. Il ne tenait visiblement pas à en parler, mais James voulait savoir. Alors, il ne se laisserait pas avoir par ce petit jeu de "je réponds à une question par une autre question".

            «- Qu'est-ce qu'il a fait ? insista-t-il.

             - Tu as l'air convaincu que je lui en veux pour quelque chose qu'il a fait, n'est-ce pas ? objecta Harry en croisant les bras.

             - Alors, dans ce cas, explique-moi pourquoi tu t'entends bien avec tout le monde, en dehors des Serpentard et de Peter !

             - Et même si c'était le cas, qu'est-ce que ça fait ? riposta Harry. Je n'aime pas Peter, j'ai mes raisons de le faire et mes opinions ne concernent que moi.

             - Mais qu'est-ce que tu risques à me le dire puisque, de toute façon, Dumbledore est sensé nous faire tout oublier à ton départ ?

             - Tu sais aussi bien que moi que tu vas trouver un moyen de contrer l'action de Dumbledore, cingla Harry. Tu as vu, tout comme moi, que le soir de l'attaque, mes parents étaient parfaitement conscients qu'ils allaient être assassinés ce soir-là. Considérant ce fait, je pense que je t'en ai déjà bien trop dit…

             - Je viens de me porter garant de ton innocence vis à vis de mes amis, j'ai donc le droit de savoir si j'ai eu raison de te défendre et m'opposer ainsi à Remus et Peter ou pas. » lâcha James.

            Harry haussa un sourcil.

            «- Vraiment ?

             - En effet, marmonna James. Après tout, ton antipathie à l'égard de Queudver depuis ton arrivée ici est plus qu'évidente… Et Remus t'a vu menacer Peter de ta baguette dans la Salle Commune. »

            Harry éclata de rire, prenant James au dépourvu.

            «- Remus n'a vu que ce qu'il a bien voulu voir, reprit Harry d'une voix on ne peut plus décontractée. Mais je suppose que Peter n'a pas crû bon de vous préciser qu'il a été le premier à sortir sa baguette… Je n'ai fait que me défendre en sortant la mienne.

             - Mais ça n'a pas de sens, s'étonna James. Jamais Peter ne ferait ça. Tout le monde, à commencer par lui, sait qu'il est nul en duel. Alors, je ne vois pas pourquoi il se risquerait à te provoquer, toi, alors que nous savons tous de quoi tu es capable dans cette discipline…

             - Tu ne sais rien de ce dont je suis vraiment capable, James, commenta Harry. Jusqu'à présent, je n'ai jamais eu à recourir à tout mon potentiel et je le sais, tout comme Voldemort d'ailleurs. Jusqu'à présent, il n'a jamais donné toute sa puissance… Alors je te laisse imaginer ce qui se passera le jour où il sera poussé à le faire… Mais je connais mes limites, je sais que je ne suis pas encore en mesure d'employer à fond mes pouvoirs… En fait, aucun de nous n'utilise pleinement son potentiel magique…, et surtout Pettigrow…C'est une erreur de le sous-estimer, crois-moi…, ajouta-t-il sombrement. Mais dis-toi que si j'avais vraiment voulu lui régler son compte ce soir-là, je n'aurai pas eu besoin de sortir ma baguette, et ça, les Serpentard l'ont appris à leurs dépends…

             - Mais est-ce que tu te rends compte que Remus commençaient à croire que tu étais cette fameuse taupe qui se balade dans Poudlard ? répliqua James, quelque peu déstabilisé.

             - Libre à lui de penser ce qu'il veut, répondit Harry en haussant les épaules. Surtout si on tient compte du fait qu'il ne sait rien de moi. Mais, en ce qui me concerne, je ne m'abaisserai jamais à me joindre à Voldemort et à sa bande de toutous arriérés qui sont fiers de lui lécher les bottes. Jamais ! Je ne suis pas de ce genre là, moi…

             - Je le sais bien, Harry, mais…

             - De toute façon, j'ai l'habitude. Ca ne sera pas la première fois, et probablement pas la dernière, qu'on émettra de tels soupçons à mon égard, même si je ne vois pas pourquoi j'essayerai de m'en prendre à quelqu'un que je suis sensé protéger… »

            James resta silencieux, ne ratant rien de la multitude d'émotions qui se succédaient dans les yeux marrons de la fausse apparence de Harry. La tristesse, la résignation, la déception et l'indignation qui démentaient l'indifférence de ses propos. Mais une lueur toute différente s'imposa presque aussitôt dans le regard de Harry. Une détermination farouche…

            « Mais, je démasquerai cette taupe ! Je ne partirai pas d'ici tant que je n'aurai pas découvert de qui il s'agit, annonça vertement Harry. J'en fais une affaire personnelle… »

            James fronça les sourcils. C'était bien joli tout ça, mais Harry n'avait toujours pas répondu à sa question. Celui-ci, comme s'il lisait dans ses pensées, répondit presque aussitôt à sa préoccupation.

            « Tu découvriras, un jour, pourquoi je lui en veux à ce point, mais tu ne le sauras pas par moi… »

            Sur ce, il tourna les talons et s'éloigna vivement, plantant là un James décontenancé.

            « Harry… »

            Celui-ci ne répondit pas et continua sur sa lancée. James hésita, un instant, à le suivre mais se ravisa en songeant que, s'il insistait, il avait plus de chance de mettre Harry en colère qu'autre chose, et il ne se rappelait que trop bien ce qui lui était arrivé la dernière fois qu'il avait énervé Harry : Un sermon magistral et une gifle de Lily… Alors, il ne tenait pas vraiment à reprendre ce risque… Quoique, en y repensant, il n'avait pas encore eu l'occasion de parler à Harry du "rêve" que Lily avait fait la veille. Il aurait préféré qu'elle soit là mais, en vue des circonstances actuelles, il ignorait quand il pourrait avoir un autre moment pour en parler avec Harry, au risque d'éveiller à nouveau la méfiance de Remus. James savait pertinemment que s'il avait réussi à donner, momentanément, le change à ses amis, il ne faudrait pas grand chose pour faire ressurgir leurs doutes… Il soupira, sa décision prise, et se lança à la poursuite de Harry qu'il ne tarda pas à rejoindre.

            «- Harry…

             - Quoi ? » grogna l'intéressé sans pour autant ralentir.

            James eut un moment d'hésitation face à l'humeur massacrante de son "camarade" mais il fallait qu'il sache à quoi s'en tenir par rapport aux "rêves" qui perturbaient les nuits de sa petite-amie.

            Harry s'arrêta brutalement et se tourna vers lui, le fixant avec une expression où se mêlaient méfiance et perplexité.

            «- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il plus calmement. Mais, je te préviens d'avance, si c'est encore pour me parler de Peter, je…

             - Non, c'est autre chose, l'interrompit James. Tu dois avoir des raisons pour ne pas en parler, et je pense que je le comprends, même si j'aimerai bien savoir ce qui lui vaut une telle froideur… Néanmoins, je voudrais te parler de Lily… »

            Harry haussa un sourcil.

            «- Pourquoi ? s'étonna-t-il.

             - Ben…, j'aimerai avoir ton avis… Tu te souviens que, après ce qui s'est passé le mois dernier, je t'avais parlé de ce rêve que Lily avait fait à l'infirmerie…

             - Oui, bien sûr, assura Harry sans vraiment voir où il voulait en venir. Elle en a fait un autre ?

             - Non…, ou du moins pas de ce genre là.

             - C'est à dire ? »

            James hésita à nouveau, incertain.

            « Je ne sais pas trop comment dire ça mais, hier soir, elle s'est réveillée brutalement… après avoir rêvé de quelque chose qu'elle pensait être…un de tes souvenirs… »

            Harry l'observa avec une surprise non dissimulée.

            «Un de mes souvenirs ? Vraiment ? »

            James acquiesça et entreprit de lui répéter ce que Lily lui en avait dit dans la soirée. Harry resta silencieux mais s'assombrit très nettement, durant son récit.

            « Enfin, je ne fais que redire ce que j'en sais mais…, Harry ? » s'inquiéta James face au mutisme de ce dernier.

            Celui-ci ne bougea pas, visiblement en lutte avec lui-même.

            « Est-ce que ça lui était déjà arrivé avant ?

             - Non, du moins, d'après ce que j'en sais, répliqua James. Pourquoi ? C'est vraiment un de tes souvenirs ?

             - Oui, avoua finalement Harry. C'est un vieux souvenir… Je devais avoir un peu plus de six ans à l'époque et j'avais commis l'erreur de protester contre l'attitude de mon cousin à l'égard des autres élèves à l'école où mon oncle nous avait mis. Bien sûr, ça a dégénéré quand les Dursley en ont eu vent après avoir été convoqués par la directrice de l'école… Mais ça m'a appris à tenir ma langue… Faut dire que mon oncle et ma tante ont une si grande estime pour leur Dudleynouchet, ironisa-t-il. Qu'il vaut mieux éviter de dire quelque chose de mal sur lui. Enfin, là n'est pas l'essentiel, reprit-il rapidement devant l'expression de James qui allait dire quelque chose. Tu es sûr que c'était la première fois ?

             - Ben, en dehors de son cauchemar à l'infirmerie et que tu as vu toi aussi, non, je ne pense pas. Il faudrait que tu le lui demandes mais, en principe… Mais tu ne trouves pas ça curieux qu'elle fasse ça que maintenant…que depuis ce qui s'est passé le mois dernier ? »

            Harry baissa la tête, se mordant les lèvres.

            «- Je pense que c'est de ma faute, admit-il finalement.

             - Pourquoi ? Qu'est-ce qui te fait croire que…

             - Tu te souviens du sort que nous avions essayé de réaliser lorsque Lily était dans le coma ?

             - Oui, bien sûr. Mais je croyais que ça avait raté ? s'étonna James, déconcerté.

             - Le sort avait échoué, pour plusieurs raisons. Non seulement à cause du fait que tu n'étais pas du tout en mesure de développer un tel sortilège, mais aussi parce que nous avons, tous les deux, oublié une chose : L'Ancienne Magie repose sur les sentiments, sur un don spontané et totalement désintéressé… Si bien que, sur ses reconsidérations, je suis revenu à l'infirmerie, le soir-même, et j'ai retenté, et réussi, ce fameux sortilège alors que tu dormais. Mais je pense que, en faisant ça, je lui ai aussi transmis, accidentellement, certains de mes souvenirs, et de mes facultés…d'où, je suppose, le fait qu'elle ait vu, elle aussi, cette conversation de Voldemort.

             - Tu veux dire que c'est toi qui… ?

             - C'est bien probable, si on considère que ce sort a comme principal défaut d'avoir des effets inattendus. Et puis, sinon, je ne vois pas trop ce qui pourrait expliquer le fait qu'elle puisse voir certains de mes souvenirs…

             - Et…tu crois que ça pourrai se répéter ?

             - Eh, tu sais, je ne suis pas un expert en la matière. Je connais certaines choses par expérience mais ça s'arrête là. Autrement dit, je n'ai aucune idée de si ce n'était qu'un cas isolé ou, au contraire, si ça deviendra récurrent ou pas. Je…

             - Dites donc, vous deux, vous savez que ce n'est pas très prudent de traîner, seuls, dans le parc ? »

            Les deux élèves sursautèrent, pris au dépourvu par cette intervention soudaine. James n'arrivait pas à croire qu'il n'ait pas noté un peu plus tôt la présence du Garde-Chasse de l'école. Celui-ci s'efforçait d'adopter un air sévère, démentit par la lueur amusée qui animait ses yeux sombres.

            «- Oh, bonjour Hagrid, lança James d'un ton on ne peut plus badin. On envisageait justement de rejoindre les autres à la Grande Salle pour déjeuner.

             - Alors dépêchez-vous de le faire dans ce cas. » commenta simplement Hagrid en souriant.

            Les deux adolescents ne se firent pas prier et se hâtèrent de prendre congés du Garde-Chasse pour rejoindre, sans un mot, le château.

            «- Euh, Harry, l'interpella James alors qu'ils atteignaient la porte de la Grande Salle. Ca serait bien si…

             - Ne t'inquiètes pas, ça restera entre nous. » l'interrompit le concerné en souriant.

            James sourit à son tour et tous deux franchirent la porte pour rejoindre leurs camarades.

* * * * *

            En début de soirée, les cinq garçons étaient allongés dans l'herbe, observant, en silence, le ciel criblé d'étoiles. Tous les cinq, revenant de la Salle Commune des Serpentard (où les Maraudeurs étaient allés mettre au point leur nouvelle blague), en avaient profité pour prendre un peu l'air avant de rejoindre la Tour de Gryffondor. Harry, les mains derrière la tête et perdu dans ses plus profondes réflexions, ne prêtait guère attention aux discrets bruits de la forêt, ni aux légers remous qu'une quelconque créature aquatique imprimait à la surface noire du lac qui s'étendait au-dessous d'eux, ni à la respiration, calme et régulière des trois autres. Il revint soudain à la réalité, alors que Sirius prenait la parole.

            «- Dites…, comment vous voyez votre avenir ? » demanda-t-il, distraitement.

             - Pourquoi tu demandes ça, tout d'un coup ? s'étonna Peter. Jusque là, tu ne semblais pas t'y intéresser.

             - Oh, c'est juste par curiosité, rétorqua Sirius. C'est juste que, on est en septième année, que c'est la dernière que nous passerons à Poudlard, avant de se lancer dans la vraie vie. Et je me rend compte que je n'ai aucune idée de ce que ma vie pourrait être, après Poudlard. »

            Harry, jetant un bref coup d'œil sur sa droite en entendant un léger froissement de vêtement contre l'herbe, vit son futur père se redresser légèrement, de façon, à pouvoir prendre appui sur un de ses coudes, la tête sur la main, en se tournant vers Sirius qui était de l'autre côté de Harry, entre Peter et Remus.

            «- Le futur est trop imprévisible, commenta James. On ne peut jamais prévoir avec exactitude ce qui nous attend. Rien n'est jamais couru d'avance, et Trelawney en est la preuve vivante.

             - Oh, mais c'est des propos très philosophiques que tu nous tiens là, Cornedrue ! se moqua, gentiment, Sirius, après un instant de silence pendant lequel chacun réfléchissait aux paroles de James.

             - Mais il a raison, approuva Remus. Le plus petit événement, le plus petit geste ou fait…, même le plus insignifiant, peut avoir des répercussions, dont nous ignorons tout, plus ou moins terribles sur notre avenir. A chaque seconde qui s'écoule, nous construisons notre avenir.

             - Hum… Mais…

             - Bien sûr, après, tu peux le voir et l'interpréter sous différents angles, reprit Remus. Par exemple, si on reprend le cas de Trelawney qui passe son temps à prédire des morts plus horribles les unes que les autres…, et bien, elle a prit le parti de tout interpréter de façon mélodramatique.

             - Mais ça ne change rien au fait que vous devez tous au moins avoir des projets, des rêves que vous aimeriez pouvoir réaliser d'ici quelques années, non ? insista Sirius. Tu en penses quoi, Harry ? »

            L'intéressé tressaillit, prit au dépourvu, alors qu'il songeait à quel point l'avenir était imprévisible, rien qu'à voir ce qui s'était passé, au sein même des Maraudeurs. Une trahison qui avait conduit à la mort de l'un d'eux, l'emprisonnement intempestif d'un autre et voué à la solitude le dernier. Harry soupira. Son avenir ? Il ne le voyait pas sous un angle très réjouissant…

            « Je ne me pose pas ce genre de question, répondit-il, finalement espérant ainsi mettre fin à la conversation. Je me contente de vivre le présent au jour le jour. »

            Il y eut un moment de silence. Harry fixa distraitement le ciel étoilé. Il ne voulait pas entendre les rêves et les idées que les Maraudeurs se faisaient de leur avenir. Il ne voulait pas entendre la façon dont ils concevaient leur futur, sachant mieux que quiconque que ce qui se passerait, dans la réalité, ne ressemblerait, en aucune façon, pas à ce qu'ils s'imaginaient.

            «- Et bien…, plaisanta Sirius. Quel optimisme, Harry ! Tu devrais bien t'entendre avec Trelawney, tu sais ?

             - D'un côté, il n'a pas tort, intervint James. Je veux dire, à quoi cela sert-il de s'imaginer des futurs grandioses ? Tout ce qu'on risque c'est d'être déçu par ce que notre avenir nous réserve vraiment. Enfin, je ne dis pas non plus qu'il faut tout voir de façon mélodramatique, comme Trelawney mais… »

            Harry lui adressa un bref regard, comprenant le sous-entendu. James était peut-être le plus à même de comprendre ça… Après tout, il avait dû connaître de grandes désillusions lorsque Harry lui avait appris la vérité à son sujet. Tout comme Lily lorsqu'elle avait, elle aussi, découvert ce qu'il en était vraiment de la situation de Harry. D'ailleurs, quand James lui avait expliqué ce qui s'était passé la veille, Harry n'avait pu s'empêcher de noter l'étrange coïncidence…, elle découvrait ce qui s'était véritablement passé dans le futur qui l'attendait et, peu après, elle découvrait un souvenir de celui qui était sensé devenir son fils : Ca avait dû lui faire un choc. Mais il restait à voir si ça se renouvellerait ou pas…

            «- Et bien, je vois que vous semblez tous très motivés pour discuter, ironisa Sirius. Alors, au lieu de rester là à ne rien faire, si on rentrait avant que les filles n'aient la bonne idée de venir voir ce qu'on fait ?

             - Déjà ? s'étonna Peter. Ca fait à peine dix minutes qu'on est là.

             - Oui, mais on n'est pas sensés être là, justement, rappela Remus en se levant, imité par les trois autres.

             - Mais fait ce que tu veux, Queudver, répliqua Sirius en s'époussetant machinalement. En ce qui me concerne, je rentre. »

            Harry nota l'hésitation du rat mais s'abstint de commentaire à ce sujet et suivit les autres Maraudeurs en direction du château. Mais ils furent bien vite rejoint par un Peter qui ne semblait pas vraiment inspiré pour rester seul dans le parc en pleine nuit.

* * * * *

            Sirius et Remus étant dans la salle de bain et Peter dormant déjà, James, assis sur son lit, jeta un regard distrait vers Harry qui finissait de rassembler ses affaires pour le lendemain. Le Maraudeur, faute de mieux à faire, entreprit donc de faire de même. Alors qu'il dénichait enfin ses cours d'Enchantements, au fin fond de son sac, il tomba sur le marque-page qu'il avait trouvé dans le livre sur les reptiles qu'il avait lu quelques mois auparavant. Il sourit légèrement en repensant à ce soir-là qui lui paraissait si lointain : Tant de choses s'étaient passées entre temps. Il avait fini par oublier l'existence de l'objet qui était visiblement d'origine moldue, du fait que l'image (deux cygnes sur un lac) qui s'étalait sur le recto du marque-page était on ne peu plus figée, contrairement à ceux sorciers. Retournant machinalement l'objet, il aperçu alors quelque chose qui, quelque mois plus tôt, n'avait pas attiré son attention. En effet, dans le coin supérieur gauche, des initiales y avaient été inscrites à l'encre bleue turquoise : "L.E."

            James sourit à cette découverte. Bien sûr, il aurait dû s'en douter. Qui d'autre, plus que Lily aurait été assez consciencieux pour prendre le temps de marquer la page où il en était resté ? Mais alors, dans ce cas, était-ce elle qui avait pris soin de lui enlever ses lunettes et l'avait couvert de cette couverture qu'il n'avait pas sur lui lorsqu'il s'était assoupi dans sa lecture ce soir-là ? Une possibilité qu'il n'avait jamais envisagé jusqu'à présent : Après tout, à ce moment-là, ils n'étaient vraiment pas en de bons rapports, Lily et lui… Il sourit un peu plus, effleurant du bout des doigts le recto de l'objet, redessinant distraitement le pourtour des deux oiseaux. C'était à sa Lily. C'était elle qui avait été assez attentionnée à son égard ce soir-là, malgré leur ancienne rivalité…

            Plongé dans ses rêveries, il prêta à peine attention aux coups discrets frappés à la porte de leur dortoir, ni au fait que Harry s'était levé pour aller ouvrir le battant. Il ignora les propos échangés par Harry et le, ou plutôt la nouvelle venue et ne revint à la réalité qu'en voyant Lily gratifier Harry d'une tape, sans méchanceté aucune, derrière la tête.

            « Idiot ! » répliqua-t-elle, alors que Harry éclatait de rire.

            Sur cet incident, Harry referma la porte et gagna la salle de bain attenante alors que Lily s'approchait de son petit-ami.

            «- Qu'est-ce qu'il y a ? s'étonna James en la voyant secouer la tête d'un air où se mêlait agacement et amusement.

             - Oh, juste Harry qui se permettait de sous-entendre certaines choses quant à la raison de ma présence ici, répliqua-t-elle, avant de l'embrasser brièvement. Et… Oh ! Mais c'est mon marque-page ! s'exclama-t-elle soudain en découvrant ce qu'il avait à la main. Alors, en fait, c'était toi qui l'avais ?

             - Et bien, je l'avais quelque peu oublié, depuis que je l'ai trouvé dans le grimoire que je lisais le soir où Harry s'est fait mordre par le serpent. Et je viens juste de remettre la main dessus. »

            Lily sourit légèrement et s'assit sur le bord du lit, près de son petit-ami.

            « Je ne sais pas trop ce qui m'a pris ce soir-là. » avoua-t-elle.

            James sourit à son tour.

            «- Comme quoi, tu ne me détestais pas tant que ça, plaisanta-t-il.

             - Je ne te détestais pas vraiment, rectifia Lily. C'est juste ton côté "Maraudeur" que je n'aimais pas…, bien que j'aie désormais acceptée le fait que ce côté gamin fait partie intégrante de ta personnalité…

             - Tout comme j'ai appris à voir au delà de l'aspect "tigresse" de ma petite fleur de lys préférée, murmura-t-il en l'embrassant dans le cou. Tiens, je te rends ton bien, ajouta-t-il en lui tendant le marque-page.

             - Garde-le, répliqua-t-elle. Ce n'est pas ce qui me manque et j'en ai un bien mieux désormais, répliqua-t-elle malicieusement. Je te le montrerai, un de ces jours. Je suis sûre qu'il te plaira aussi.

             - J'attends de voir ça. Tu es sûre que tu ne veux pas le reprendre, celui-là ?

             - Sûre et certaine. J'en ai déjà plus d'une dizaine, assura-t-elle. Alors, je peux très bien t'en donner un…, même s'il ne risque pas de beaucoup servir…, le taquina-t-elle.

             - Peut-être pas pour la lecture, concéda-t-il. Mais, il pourra toujours me servir à autre chose…

             - Comme quoi ? » s'étonna Lily.

            Pour toute réponse, James lui adressa un sourire énigmatique qui fit grimacer la jeune fille alors qu'elle songeait que, décidément, la ressemblance entre Harry et James ne se limitait pas au point de vue physique.

            «- Bon, c'est pas tout ça, mais je ferai mieux de regagner mon dortoir, déclara-t-elle finalement.

             - Déjà ? protesta James.

             - Je ne suis passé ici que pour une seule chose, rétorqua-t-elle en se levant.

             - Et qu'est-ce que c'est ? » insista-t-il en se levant à son tour.

            Lily sourit et l'embrassa tendrement. James y répondit aussitôt, l'enlaçant étroitement en retour.

            «- Bonne nuit, James, murmura-t-elle en s'écartant.

             - Bonne nuit, Lily jolie, répliqua-t-il en souriant. Et dors bien.

             - Toi aussi. » conclut-elle avant de quitter le dortoir.

* * * * *

            Un véritable fou rire parcourait la masse des élèves rassemblés dans la Grande Salle lorsque les Gryffondor de septième année franchirent la porte de la pièce. Les professeurs, quant à eux, discutaient tranquillement à leur table, ignorant l'hilarité des étudiants, pour la simple et bonne raison que les Maraudeurs avaient soumis la table professorale à un sort de confusion. Mais les élèves, quant à eux, ne manquaient rien du spectacle insolite qui s'offrait à eux : des photographies sorcières et agrandies s'étalaient sur tous les murs de la pièce. Mais, surtout, ces images présentaient toutes les Serpentard de septième année dans des situations peu dignes… : Rogue qui dormait en suçant son pouce, un lapin en peluche rose sous le bras et affublé d'un pyjama blanc orné de petites vaches vertes Nott qui jaillissait de la salle de bain, nu comme un vers, à la recherche de ses vêtements mystérieusement disparus, un carré opaque masquant ses parties les plus intimes ; Lestrange qui jouait les somnambules dans son dortoir, barbouillé de mousse à raser qui vidait son verre d'eau dans les chaussures de Rogue Avery, lui, avait les cheveux coiffés à la punk, rouges et jaunes, des cornes vertes dressées sur la tête et une superbe couleur violette. Bref, chaque "Langue de vipère" était tourné au ridicule, bien qu'une grande majorité des photos représentait Rogue.

            Même Lily ne pu réprimer un éclat de rire en découvrant la nouvelle blague des Maraudeurs, alors que James et Sirius échangeaient un sourire de connivence.

            «- C'est ça que vous appelez dans "la limite du correct" ? s'enquit-elle, en s'adressant tout particulièrement à James qui adopta aussitôt un petit air faussement innocent.

             - Oui, si on considère que nous avons décidé de les préparer à ce qui les attend ici en leur laissant l'exemplaire d'origine sur leur lit. » répliqua nonchalamment Sirius.

            Lily sourit d'un air amusé alors qu'Amy secouait la tête d'un air faussement exaspéré qui était quelque peu démentit par le léger sourire qu'elle affichait.

            «- Ah les Maraudeurs, soupira cette dernière. Ils ne changeront donc jamais.

             - J'ai bien peur que non. Après tout, comme on dit "Maraudeur un jour, Maraudeur toujours", plaisanta Lily en adressant un sourire espiègle à son petit-ami qui lui rendit la pareille. Il n'empêche, je suis curieuse de voir la réaction des Serpentard…

             - Si tu veux mon avis, on va être très vite fixés, intervint négligemment Harry qui avait gardé le silence jusque là. Mais l'avantage c'est qu'ils ne pourront pas se plaindre auprès de Krayak.

             - C'est le principal intérêt du sort de confusion, renchérit Sirius alors qu'ils gagnaient la table de Gryffondor où ils furent joyeusement félicités. Les profs ne peuvent pas être mêlés à la blague… »

            Alors que les Gryffondor de septième année s'attablaient parmi leurs condisciples, la porte de la Grande Salle s'ouvrit à la volée, sur un petit groupe de Serpentard vexés, et donc furieux, qui se figèrent en découvrant la nouvelle décoration des lieux. De nouveaux éclats de rire retentirent dans la salle, les autres élèves étant plus qu'amusés par l'expression à la fois horrifiée, embarrassée et contrariée des "Langues de Vipère".

            « Alors, Sévie, on a encore besoin d'un nounours pour dormir ? » s'exclama Sirius en esquissant un sourire goguenard.

            Cette remarque, qui provoqua, une fois de plus, l'hilarité des autres élèves, suffit à décoincer Rogue qui s'avança aussitôt dans leur direction, l'air mauvais. James nota le froncement de sourcils de Harry alors que le Serpentard se rapprochait, suivit de toute sa bande. La veille, alors qu'ils mettaient au point leur expédition dans la Salle Commune des Serpentard, Harry avait soulevé un détail assez pertinent : Etais-ce très prudent de provoquer ainsi des personnes vouées à servir Voldemort, si ce n'était pas déjà le cas ? Même si James savait pertinemment que Harry connaissait l'avenir des "Langues de Vipère". Cette objection avait pourtant fait réfléchir Sirius qui avait finalement déclaré que, de toute façon, les Serpentard évitaient Harry depuis l'humiliation qu'il leur avait fait subir et que, par conséquent, ils ne risquaient pas de faire les frais de quelconques représailles des reptiles de première. Les autres avaient finis par poursuivre leur intention initiale et s'étaient tous rendus au cœur du "terrain ennemi" (la veille, Sirius, sous le couvert de la cape d'invisibilité de James, avait traîné du côté de la Salle Commune des Serpentard, jusqu'à découvrir le mot de passe) pour prendre, en douce, quelques photos "compromettantes" qu'ils avaient ensuite adaptées à leurs besoins.

            Rogue s'arrêta à leur hauteur, une lueur mauvaise animant ses yeux sombres et les lèvres serrées, alors que le silence retombait brutalement dans la Grande Salle, tous les regards étant à présent fixés sur la table des Gryffondor.

            «- Vous vous amusez bien, n'est-ce pas ? répliqua-t-il hargneusement.

             - Oui, très. » rétorqua aussitôt Sirius en esquissant un large sourire.

            Rogue tiqua légèrement mais choisit d'ignorer le commentaire et se tourna vers les autres Maraudeurs.

            «- Je suppose que, une fois de plus, vous allez vous en tirer sans encombre, reprit le Serpentard. Mais, profitez bien de cette misérable gloire que vous tirez de vos blagues car ça ne durera pas. Croyez-moi, je vous ferai tomber de votre piédestal, tous autant que vous êtes.

             - Fais gaffe Sévie, tu prends tes rêves pour des réalités ! » se moqua Sirius sans se départir de son sourire.

            Le Serpentard le gratifia d'un regard noir.

            « Vous avez ma parole que, un jour, vous regretterez votre arrogance, siffla Rogue. Vous, les Gryffondor, vous vous croyez si braves, si forts, si intelligents…, alors que vous n'êtes que des erreurs de la nature… Vous n'êtes que des imbéciles… et, très bientôt, je vous rendrais la monnaie de votre pièce, croyez-moi.

             - Eh, Sévie, qu'est-ce qui te rend si hargneux ? plaisanta James. Tu sais, il ne faut pas avoir honte de ce qu'on est… Si tu as encore besoin d'une peluche pour dormir, libre à toi…, je ne vois pas pourquoi il faudrait en faire un secret d'état…

             - Potter, si j'étais toi je me la fermerai, cingla Rogue. Où tu pourrais connaître bien plus rapidement que prévu, le même sort lamentable que tes parents… »

            Un murmure s'éleva parmi les étudiants, alors que James se levait brutalement pour faire face à Rogue qui ricana.

            « Oh, Potter, susceptible on dirait, commenta le Serpentard en croisant les bras. Mais regarde la vérité en face… Tu as choisi le mauvais côté, Potter, comme tes pitoyables parents. Et, circonstance aggravante, il a fallut que tu t'acoquines avec… »

            Il s'interrompit, une baguette soudainement appuyée contre sa gorge.

            « Un mot de plus, Rogue, un seul mot de plus et je te ferai regretter d'être venu au monde. » l'avertit calmement James.

            Les autres Serpentard se rapprochèrent, menaçants, baguette à la main, dans l'intention de venir en aide à leur camarade. Alors que, dans le même temps, Amy et Remus empêchaient Sirius et Lily d'aller prêter main forte à James, dans le silence pesant de la salle et sous le regard indifférent des enseignants. Mais les condisciples de Rogue ne tentèrent rien contre James, l'appréhension se lisant sur leur visage lorsque Harry quitta à son tour sa chaise pour se joindre au Maraudeur. Celui-ci, s'en rendit compte et prit à partit de profiter de son avantage.

            « Pour ton information, Rogue, je préfère mourir pour mes convictions que de lécher les bottes de Voldemort, reprit sèchement James. Contrairement à vous autres, misérables Serpentard. J'aurai presque pitié de vous… Presque… Car vous restez avant tout des lâches assoiffés de pouvoir et des abrutis qui ont été embrigadés dès leur plus jeune âge… Contrairement à vous, nous, les Gryffondor, ne nous limitons pas aux origines des gens pour les juger et nous nous battons pour ce qui est juste… »

            Rogue voulu dire quelque chose mais il se ravisa, lorsque son regard passa de l'un à l'autre des deux adolescents qui lui faisaient face, en proie à un dilemme de taille.

            « J'aurai ma revanche, Potter, crois-moi, souffla-t-il finalement, avant de reculer alors que Harry posait la main sur la baguette de James pour l'obliger à la baisser ce qu'il fit à contre-cœur. Allons-nous en d'ici ! » intima-t-il à l'adresse de ses camarades qui tournèrent les talons non sans un dernier regard noir aux Gryffondor.

            James les suivit des yeux jusqu'à ce que, sous le regard surpris de la foule silencieuse des élèves, ils regagnent la table des Serpentard, avant de se tourner vers Harry.

            «- Pourquoi as-tu fait ça ? s'enquit-il.

             - Tu ne dois pas entrer dans leur petit jeu, James, expliqua Harry. Ils te provoquent exprès… Ils savent quels sont tes points faibles. Du coup, ils n'hésitent pas à appuyer là où ça fait mal et tu le sais aussi bien que moi. »

            James soutint un long moment le regard de Harry mais finit par détourner les yeux et soupira.

            « Qu'est-ce que je disais ? s'enthousiasma Sirius, à l'adresse de ses amis. Les Serpentard ont peur de Harry. » ajouta-t-il avec amusement.

* * * * *

            « Potter, Calaway ! Vingt points de moins à Gryffondor pour bavardage intempestif. »

            Les deux intéressés se turent aussitôt et levèrent les yeux vers le professeur Krayak qui les fixait avec sévérité depuis son bureau avant de reporter à nouveau leur attention sur la potion de Récuretout qui bouillonnait dans leur chaudron. Pettigrow ayant repris sa place au premier rang (même si Krayak le laissait considérablement tranquille), Harry, lui, partageait donc, à nouveau, la table de James durant les cours de Potions dont la disposition des tables avait été modifiée. Tout en mélangeant le liquide verdâtre qui chauffait, le Maraudeur se pencha discrètement vers Harry.

            « Au fait, tu ne m'as jamais dit qui était ton fameux "professeur pire que Krayak". » lança-t-il dans un murmure à peine audible.

            Harry sourit légèrement mais garda le silence alors qu'il versait cinq gouttes de liqueurs d'hélianthème dans la préparation.

            «- C'est quelqu'un que je connais ? insista James en prenant soin de ne pas être entendu par qui que ce soit.

             - un mot : "gras". »

            James fronça les sourcils puis écarquilla les yeux de compréhension.

            « Nooooon ? Ne me dis pas que c'est…Rogue ? »

            Harry leva les yeux au ciel.

            « Et si… Mon professeur de Potions n'est autre que le "grand" Severus Rogue. » ironisa Harry en baissant encore plus la voix, de façon a être sûr que seul James puisse l'entendre.

            James pouffa discrètement de rire, alors que Harry prenait un air offensé.

            « Vas-y ! Marre-toi, grogna-t-il. Crois-moi, ça n'a rien de drôle. »

            James sourit.

            «- Ca doit être horrible comme cours, commenta-t-il sans ses départir de son amusement.

             - Ca tu l'as dit, soupira Harry. Il me déteste à un point inimaginable… et c'est plus que réciproque.

             - L'inverse m'aurait étonné, répliqua James en grimaçant. N'empêche, y a encore des fois où je me demande pourquoi j'ai pris la peine d'aller le chercher sous le Saule Cogneur l'année dernière, ajouta-t-il en jetant un bref regard en direction dudit Serpentard. En dehors du fait que la "blague" de Patmol aurait vraiment pu mal se finir et que Lunard et lui auraient pu avoir de très graves problèmes… »

            Harry sourit légèrement.

            «- J'en ai entendu parler, commenta-t-il. Mais je suis persuadé que c'était la meilleure chose à faire et que tout le monde n'en ferait pas autant…, de sauver la vie d'un ennemi.

             - Mouais, répliqua James d'un air sceptique. N'empêche que ça nous a valu une de nos plus mémorables punitions. Cent points en moins pour Sirius et cinquante pour Rogue et moi pour être allés dans le passage menant à la Cabane Hurlante, une semaine de retenue, un savon magistral par McGonagall, et la fureur de Lily à la découverte des points perdus, ajouta-t-il en grimaçant. Bien que Dumbledore ait ajouté quatre-vingts points à Gryffondor pour le fait que j'avais sauvé la vie de Rogue…

             - Potter ! Calaway ! »

            Les deux concernés s'interrompirent à nouveau, pour voir leur professeur quitter son bureau et venir dans leur direction. Alors qu'il s'arrêtait à leur hauteur, des éclats de voix étouffés se firent entendre au premier rang avant d'être interrompus par une soudaine explosion, aussitôt suivit de cris, alors qu'un liquide verdâtre giclait dans le cachot.

            «- BLACK ! tonna le professeur en se retournant aussitôt vers ledit élève, tout en notant, du coin de l'œil, les vestiges calcinés du chaudron d'un Severus Rogue qui passait frénétiquement, sa manche sur son visage recouvert de la potion de Récuretout réputée pour son effet corrosif rapide.

             - Oui, professeur ? demanda Sirius en esquissant un sourire faussement innocent. Que puis-je pour vous ?

             - Vous… » commença-t-il avec colère, avant de penser à autre chose.

            La panique régnait dans la salle de classe, les élèves ayant été, bien sûrs, prévenus au début du cours du danger que représentait cette potion. Prenant visiblement conscience du fait que lui-même en était couvert, il gagna rapidement son bureau, y pris sa baguette et débarrassa, d'un sort, l'ensemble de la classe des projections de potion de Récuretout.

            « A présent, tout le monde se calme et s'assoit ! » intima-t-il durement, une fois l'incident clos, alors que les Serpentard fusillaient les Gryffondor du regard.

            Les élèves obéirent prestement et regagnèrent leur place respective en silence. Les Serpentard ricanèrent discrètement en notant le sourire mauvais du professeur alors qu'il fixait les Gryffondor.

            « Certains d'entre vous ne semblent pas prendre cette matière au sérieux alors que les Potions représentent une part non négligeable des ASPICs que vous êtes sensés, tous autant que vous êtes, passer au mois de juin, observa-t-il froidement en fusillant du regard Sirius qui ne semblait pas s'inquiéter outre mesure. De plus, la suppression de points et les retenues ne semblent plus avoir le moindre effet sur ces petits imbéciles perturbateurs, qui sont pourtant loin d'être les meilleurs en Potions, qui trouvent le moyen de jouer les malins et se croient mieux que tout le monde. »

            Des moqueries étouffées s'élevèrent parmi les Serpentard alors que les Gryffondor, quant à eux, gardaient une impassibilité de marbre.

            « C'est pourquoi, j'ai décidé de leur donner une leçon qu'ils n'oublieront probablement pas de sitôt et qui devraient leur permettre de grandir un peu…, bien que leur cas me semble désespéré, reprit-il hargneusement. Tout en permettant aux plus doués de se préparer efficacement à ce qui les attend, poursuivit-il plus aimablement en se tournant vers les élèves de sa maison. Ainsi, vous me ferez, tous, des recherches sur une potion donnée. Dans trois semaines, il faudra que vous m'apportiez le résultat de votre travail, ainsi qu'un échantillon de cette préparation que vous devrez réaliser par vous-même. Bien sûr, ce devoir sera noté et comptera pour 70 % de votre note finale aux ASPICs. »

            Un murmure intraduisible s'éleva parmi les étudiants.

            « Cependant, je dois préciser que vous travaillerez par groupes de deux… que je vais déterminer moi-même. » précisa-t-il froidement en esquissant un sourire mauvais.

            Il parcouru les élèves du regard, ses yeux habituellement ternes brillants d'une lueur de mauvaise augure qui ne plaisait pas à Harry. Le professeur Krayak opina distraitement de la tête, l'air satisfait de sa décision et inscrivit quelques mots sur un parchemin, dans un silence des plus pesants alors que les élèves attendaient tous le verdict.

            « Alors, déclara-t-il finalement en reportant à nouveau son attention sur ses élèves. Les binômes seront les suivants : Thomas Avery et Augustus Rookwood… »

            Les deux concernés échangèrent un regard satisfait.

            « Albert Lestrange et Remus Lupin… »

            Un murmure perplexe se fit entendre dans la classe alors que les élèves, surpris par le fait que leur professeur ait mis un Gryffondor et un Serpentard ensembles, se tournaient vers lesdits élèves qui s'adressèrent un regard sombre.

            « Evan Rosier et Sirius Black… » poursuivit l'enseignant en adressant un sourire satisfait au Maraudeur qui leva les yeux au ciel.

            Les regards des autres étudiants, décontenancés, passaient à présent des élèves déjà cités à ceux qui, comme eux, n'avaient pas encore été répartis puis au professeur qui annonçait le groupe suivant :

            « Adrian Nott et James Potter… »

            Jamais, au grand jamais, les Maraudeurs n'avaient été séparés pour être mêlés aux Serpentard. Et aucun d'eux ne semblait ravi par cette perspective alors que des protestations étouffées prenaient naissance dans les rangs des élèves.

            « Alina Cooper et Amy O'Connor… Severus Rogue et Lily Evans… »

            Harry tressaillit et vit James se redresser brutalement sur son siège à ses mots et pâlir considérablement. Harry s'assombrit et anticipa sans mal la dernière paire que le professeur cita :

            « Et, pour finir, Peter Pettigrow et Harry Calaway… »

            Harry grimaça, alors que des exclamations indignées saluaient la décision professorale.

            « Bien évidemment, j'enlèverai dix points à quiconque contesterait mes décisions qui sont, vous vous en doutez, irrévocables. Je ne permettrait aucun changement de partenaire, d'ailleurs, annonça le professeur coupant ainsi cours aux protestations des élèves. Sur ce, à partir d'aujourd'hui, vous avez trois semaines pour faire vos recherches sur… l'élixir de Wizgeen. »

            Harry haussa un sourcil. Il n'avait jamais entendu parler de cette potion, mais à voir la réaction de James qui devint franchement livide mais aussi celle de Rogue qui, au premier rang des Serpentard, avait sursauter à l'annonce du sujet de recherche.

            «- Qu'est-ce que c'est que l'élixir de Wizgeen ? demanda, à voix basse, Harry.

             - C'est l'une des potions les plus difficiles à réaliser qu'il soit, marmonna James en lui jetant un bref regard. Non seulement du fait que les ingrédients qui la composent sont, paraît-ils, dans l'ensemble, assez rares, mais aussi du fait que sa réalisation exige une concentration de tous les instants. Une seule seconde d'inattention peut être lourde en conséquences. En plus, en fonction de la qualité des ingrédients utilisés, cette potion peut avoir des effets radicalement différents et inattendus. En plus, non seulement l'étude de cet Elixir, du nom du sorcier qui l'a découvert, n'est pas au programme et que nous ne sommes donc pas sensés travailler dessus et encore moins pour les ASPICs mais en plus, Lily est avec Rogue, ajouta-t-il en jetant un regard noir en direction du Serpentard. »

            La cloche annonçant la fin des cours retentit alors dans le château et les élèves se hâtèrent de ranger leurs affaires avant de quitter rapidement les lieux.

            «- Alors là, bravo Sirius ! ironisa Amy. Franchement bravo pour ta brillante idée de faire sauter le chaudron de Rogue.

             - C'était trop tentant, commenta le Maraudeur en souriant. Et puis, je ne pouvais pas savoir que Krayak prendrait une telle décision. Et puis, je ne vois pas pourquoi tu te plains… tu aurais pu te retrouver avec quelqu'un d'autre que Cooper… Moi, je me retrouve avec Rosier.

             - Pauvre chou ! se moqua Amy. Dois-je te rappeler que rien de tout ça ne serait arrivé si tu n'avais pas fait l'idiot ? Et puis, tu n'es pas le plus à plaindre… Ce n'est pas toi qui te retrouves avec Rogue…

             - Peut-être mais quand même…, s'obstina Sirius. Non seulement, il sépare complètement les Maraudeurs, mais en plus, il nous met avec Serpentard… Il y a plus de chance que ça tourne au massacre plutôt qu'on arrive à avoir une bonne note.

             - C'est sûr que, dans ton cas, c'est perdu d'avance mais… »

            Amy fut interrompu par Remus qui était jusque là silencieux.

            « Où sont les autres ? » s'enquit-il, alors qu'ils atteignaient le hall.

* * * * *

            James plaqua violemment Rogue contre le mur, le visage déformé par la colère. Tous deux se trouvaient dans un couloir désert dans lequel le Gryffondor avait vu l'autre adolescent disparaître.

            «- Alors, Potter, se moqua le Serpentard. On n'apprécie pas le fait d'être séparé de sa petite-amie ?

             - Cesse de jouer les mauvaises langues ou je te l'arrache, Rogue ! le menaça le Maraudeur.

             - Oh, je suis terrorisé, ironisa Rogue.

             - Ferme-la, Rogue ! aboya James.

             - Qui te crois-tu pour me donner des ordres, Potter ? » siffla Rogue.

            Pour toute réponse, James le plaqua un peu plus contre la paroi, les sourcils froncés.

            « Si c'est pour ta Sang-de-Bourbe que… »

            Rogue s'interrompit, un poing s'écrasant brutalement sur sa joue.

            «- Cesse de persifler, Rogue ! Et que les choses soient bien claires ! Si tu t'en prends, de quelque façon que ce soit, à Lily, tu le regretteras amèrement !

             - Oh, je suis terrorisé, répliqua le Serpentard sur un ton on ne peut plus sarcastique.

             - Rogue, tu as ma parole que si Lily a un quelconque problème, je te le ferai payer.

             - Mais je crois que c'est surtout toi, Potter, qui risque d'avoir des problèmes pour l'instant ! »

            James sursauta et se retourna pour découvrir les autres Serpentard qui, baguette à la main, les entouraient. Il était tellement obnubilé par Rogue qu'il ne les avait même pas entendu arriver. Son expression se durcit encore un peu plus lorsque, oubliant Rogue, il aperçu…

            « Malefoy… »

            Le blondinet esquissa un sourire méprisant, flanqué, comme à son habitude, de ses deux gorilles et de sa brochette de futurs Mangemorts.

            «- Lui-même, Potter. Comme tu peux le voir, j'ai encore mes entrées au château…

             - Qu'est-ce que tu veux ?

             - Hum, voyons, laisse-moi réfléchir, se moqua Lucius. Toi… »

            Ses acolytes éclatèrent de rire à cette remarque.

            «- Oh, c'est hilarant ! ironisa James, glissant discrètement la main vers sa poche. Je vois que le niveau intellectuel des Serpentard vole toujours aussi bas.

             - Et je constate que ton sens de l'humour est toujours aussi lamentable, Potter, rétorqua Lucius en souriant d'un air suffisant. Mais tu feras moins le malin quand on te conduiras au Maître…

             - Il faudra d'abord m'attraper, Malefoy, riposta James.

             - Oh, ça, ça ne devrait pas être trop compliqué à faire. Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, tu es encerclé… seul contre neuf… Tu n'as aucune chance contre nous… Mais je dois dire que tu nous facilites grandement la tâche… Nous n'avions pas prévu que tu te rendrais, de ton propre gré, dans un lieu désert…et à notre merci… »

            James referma les doigts sur sa baguette qu'il tira brutalement de sa poche.

            « Stupéfix. » lança-t-il aussitôt en pointant l'item vers les Serpentard.

Trois d'entre eux furent touchés par le sortilège mais le Maraudeur n'eut guère l'occasion d'en profiter.

« Expelliarmus ! » répliqua, froidement, Rogue, qui avait profité de l'inattention du Gryffondor pour rejoindre les rangs de ses camarades.

Sa baguette lui échappa aussitôt alors qu'il était violemment projeté au sol sous le coup du sortilège et que sa baguette finissait sa course aux pieds du Serpentard. Se relevant vivement, James nota que ses adversaires s'étaient rapprochés, alors que, sur ordre de Malefoy, deux d'entre eux se chargeaient d'annuler son sort de Stupéfixion.

«- Comme tu peux le constater, Potter, ta pathétique tentative n'a servi à rien, commenta Lucius sans se départir de son expression moqueuse. Mais je vais te montrer un sort des plus efficaces… Endo…

             - Expelliarmus ! »

            Les baguettes des neuf Serpentard, pris au dépourvu leur échappèrent brutalement, alors qu'ils se retrouvaient, à leur tour, projetés au sol (manquant de peu James qui se tenait au milieu) par ce sortilège venu de nul part. James sourit en apercevant Harry qui venait à leur rencontre, sans baguette tout en réceptionnant celles des Serpentard. Un murmure inquiet s'éleva aussitôt parmi leurs rangs alors qu'ils se relevaient précipitamment. Malefoy, lui, esquissa un sourire amusé en découvrant le nouveau venu.

            «- Oh, mais c'est Calaway…

             - Je vois qu'on se souvient encore de moi, Malefoy, répliqua calmement Harry. Quoiqu'il en soit, bien que je n'aie visiblement pas été convié à votre petit divertissement, je me suis permis d'y participer malgré tout, ajouta-t-il en agitant distraitement les baguettes qu'il tenait à la main. Ces petits"joujous" ne sont pas à mettre entre toutes les mains, vous savez. Vos parents ne vous ont donc jamais appris que vous pouviez vous faire mal avec de telles choses ? se moqua-t-il sur un ton condescendant. Ca aurait été regrettable si vous vous étiez blessés… »

            James réprima un éclat de rire face au sarcasme évident de Harry. Un silence pesant suivit sa remarque mais James pouvait voir que les Serpentard hésitaient quant à la marche à suivre et fixaient tous Malefoy, dans l'attente d'une décision, qui restait impassible.

            «- Calaway, un de ces jours, tu payeras ton insolence, riposta finalement Lucius.

             - Ouais, c'est ça… » riposta Harry d'un air amusé.

            Tous deux se défièrent longuement du regard.

            « Tu as de la chance que nous ayons d'autres choses à faire que s'occuper de toi, Calaway, insista Lucius. On s'en va ! »

            Ses acolytes, sans un regard à James ou à Harry, obéirent promptement et s'éloignèrent vers l'autre extrémité du couloir.

            « Eh, vous n'oublieriez pas quelque chose, par hasard ? » se moqua Harry en lançant négligemment leurs baguettes, qui heurtèrent le sol dallé dans une série de tintements sourds, dans leur direction, provoquant un murmure outré des Serpentard.

            Néanmoins, ils récupérèrent silencieusement leur baguette et disparurent rapidement de leurs champs de vision tandis que James rejoignait Harry.

            «- Une fois de plus, tu m'as sortit d'affaire, Harry, commenta-t-il. Merci.

             - Hum, rétorqua distraitement Harry sans quitter des yeux l'endroit où les Serpentard s'étaient volatilisés. Mais nous ferions mieux de ne pas nous attarder ici plus longtemps. Ils préparent un mauvais coup, c'est évident. Sinon, pourquoi Malefoy aurait-il été envoyé ici ? »

            James haussa les épaules.

            « N'empêche, la prochaine fois que tu veux dire deux mots à Rogue, évite de le faire seul et dans un endroit désert, lâcha nonchalamment Harry en lui adressant un bref regard en coin. Mais c'est une chance pour toi que nous t'ayons vu partir… » ajouta-t-il alors qu'ils repartaient en direction de couloirs plus fréquentés du château

Ils n'eurent cependant guère l'occasion d'aller bien loin et James n'eut pas le temps de demander à qui le "nous" se référait.

            « James ! »

            Lily, surgissant dans le couloir, sauta au cou du Maraudeur qui, passé le premier moment de surprise, sourit et l'enlaça, ayant ainsi la réponse à sa question.

* * * * *

            « Allez, ça suffira pour aujourd'hui ! » annonça James, le Souaffle sous le bras, à l'adresse de ses coéquipiers.

            Comme tous les lundi, les Gryffondor étaient au terrain de Quidditch, pour leur première séance d'entraînement de la semaine.

            Ses camarades ne se firent pas prier et regagnèrent rapidement le sol, où ils entreprirent de faire regagner leur boite aux quatre balles. Si le Souaffle et le Vif d'or (que Harry avait intercepté peu avant la fin de l'entraînement) ne posèrent guère de problème, il n'en était, comme à l'accoutumé, pas de même pour les Cognards qui continuaient à s'agiter entre les mains des deux Batteurs de l'équipe. Mais si Sirius parvint, d'une main experte à boucler son Cognard, il lui fallut prêter main forte à William qui rencontra quelques difficultés à maîtriser le sien. Une fois les balles rentrées, le petit groupe, balais à la main, prit la direction des vestiaires, où ils furent accueillis par Lily qui venait dans leur direction, livre à la main. Etant donné que, depuis Halloween, elle venait, occasionnellement, voir les entraînements de l'équipe, les sept joueurs commençaient à s'habituer à la voir dans le stade. James déposa aussitôt le coffre, qu'il portait avec Sirius, et s'avança aussitôt vers sa petite-amie en souriant alors que les autres pénétraient dans le vestiaire.

            «- Je me dépêche de me changer et j'suis tout à toi, d'accord ? lui souffla-t-il en l'embrassant rapidement.

             - Oh, mais prends tout ton temps, tu as bien le droit d'en profiter pour rester entre joueurs, répliqua la jeune fille en souriant. De toute façon, je venais te dire que je rentrais au château car je dois passer à la Bibliothèque avant le dîner.

             - Lily…

             - Mais ne t'en fais pas pour moi, James. J'ai ma baguette sur moi et je suis parfaitement capable de m'en servir si besoin est…

             - Oh, pour ça, je le sais bien, mais…

             - Allez, je suis une grande fille, je suis bien capable de me débrouiller toute seule, le taquina-t-elle. Et je ne vais pas me perdre dans le parc, plaisanta-t-elle bien qu'elle savait pertinemment les raisons de l'inquiétude du Maraudeur. Je te rejoindrais à la Salle Commune. Et ne t'inquiète pas pour moi. » conclut-elle en l'embrassant à son tour.

            Sur ce, elle quitta le stade non sans un dernier sourire à son petit-ami qui la suivit des yeux, incertain, jusqu'à ce qu'elle disparaisse de sa vue. Ce fut seulement à ce moment-là qu'il se hâta vers le vestiaire. Il ne pouvait s'empêcher de voir d'un mauvais œil les occasions où Lily était seule…et donc exposée à une quelconque intervention des partisans, ou futurs partisans, de Voldemort. Une fois dans la vaste pièce, il se changea rapidement, sous le regard amusé de ses coéquipiers.

            «- Pressé, aujourd'hui, Jamsie ? se moqua Sirius en souriant.

             - Oui… Au fait, Sirius et Harry, vous pourriez ramener le coffre au bureau du professeur Bibine pour moi ? demanda-t-il en enfilant ses chaussures.

             - Ouais, pas de problème. » assura le Maraudeur alors que Harry acquiesçait d'un signe de tête.

            James sourit avec reconnaissance, bien qu'il n'en attendait pas moins d'eux, et quitta aussitôt le vestiaire, son balai à la main qu'il enfourcha sitôt sortit du stade, tout en songeant que la jeune fille ne devait pas avoir trop pris d'avance sur lui. Et, effectivement, il ne tarda pas à la retrouver et ne pu réprimer un sourire en apercevant la jeune fille qui marchait, en direction du château, qui se dressait au loin, en-dessous de lui et piqua aussitôt dans sa direction. Elle sursauta lorsqu'il arriva à sa hauteur.

            « Alors, Miss Evans, je vous emmène ? » proposa-t-il, en adoptant un ton charmeur et en s'arrêtant devant elle.

            La jeune fille se figea et l'étudia d'un œil circonspect puis eut un sourire amusé.

            « Voyons, Mr Potter, ne savez-vous donc pas qu'il est inconvenant de faire une telle proposition à toute bonne jeune fille de bonne famille. » ajouta-t-elle d'une voix affectée.

            James haussa un sourcil puis sourit à son tour.

            « Vraiment ? Et bien est-ce que la jeune fille de bonne famille que vous êtes, Miss Evans, voudrait que je la dépose quelque part ? »

            Lily l'observa, sans se départir de son expression amusée, et fit mine de réfléchir à sa proposition.

            «- Mais êtes-vous sûr, Mr Potter que ce balai est digne de confiance ?

             - Oh, sans aucun doute ! Je puis vous assurer, Miss Evans que le trajet sera sans aucun risque. Je confierai ma vie à ce balai sans aucune hésitation et n'oubliez pas qu'il sera mené par l'un des pilotes les plus expérimentés qui soient dans le maniement du balai… »

            Lily éclata de rire face à l'expression sentencieuse du Maraudeur, bien qu'elle continuait à observer le balai d'un air septique.

            « Allez, Lily jolie, je te promets que ça ne risque rien, assura-t-il. Et ça me fera très plaisir de prendre ma si ravissante petite-amie sur mon balai. ajouta-t-il en esquissant un sourire engageant. Et puis, je ne voudrais pas que ma fleur de lys préférée se fatigue inutilement alors qu'elle doit encore se ménager. »

            Lily secoua la tête d'un air exaspéré à cette dernière remarque mais finit par céder.

            « Pourquoi pas, après tout ? » accepta-t-elle.

            James sourit, satisfait, et lui tendit la main qu'elle prit aussitôt de telle sorte qu'elle se retrouva bien vite juchée devant l'adolescent qui passa un bras autour de sa taille et l'embrassa dans le cou avant de reprendre son vol en direction de Poudlard.

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

            Et voilà un nouveau chapitre de fini.

Titre du prochain chapitre : Colère (vous aurez enfin LA confrontation tant attendu Harry VS Peter…, mais aussi une nouvelle confrontation, assez particulière je dois dire, Harry VS Voldemort… ! Vous pouvez déjà réserver vos places pour l'occasion…en reviewant ^^ !!! Au fait, bien sûr, c'est gratuit ^^

A présent, les RAR :

Miya Black : Oui, ça m'arrive aussi des fois, que l'ordi peine un peu avec les chapitres longs (il fait souvent la "tête" quand il faut lire les chapitres d'Alo, d'ailleurs^^). Ben j'espère que la suite continuera à te plaire.

Lunenoire : J'ai déjà répondu par mail mais merci encore pour toutes ces reviews ^^Sinon, j'ai remis dans l'ordre les deux premiers chapitres qui avaient, effectivement, été inversés…

Fanny : Ah toi aussi tu aimes bien Evanescence ?^^ Quand au caractère de Harry dans ce chapitre…faut se mettre dans le contexte : il est dans une époque qui n'est pas la sienne et dont il ne sait, finalement, pas grand chose avant d'y arriver et, par conséquent, ne sais donc pas ce qu'il peut ou ne pas faire… Il est donc, déjà, préoccupé par la crainte de changer le futur (son présent quoi). Ensuite, y a la Voix (James autrement dit) qui se pointe quand bon lui chante et refuse de lui dire qui il est, ce qui aurait tendance à énerver n'importe qui (moi, en tout cas, à la longue, ça m'énerverait) et Harry n'aime pas vraiment l'idée de suivre les instructions de quelqu'un qu'il ne connaît pas et ne voit pas… (le journal de Jedusor lui a servi de leçon je pense), il est fatigué, il est agacé par Peter, il a la responsabilité du destin de ses parents entre les mains et, en plus de cela, il se fait courser par des Acromantulas et manque de finir en casse-croûte pour araignée géante ^^ Pas étonnant qu'il râle… (enfin, d'après moi)

Cc Johnson : Je ne met pas d'épilogue car ce que je voulais mettre dans l'épilogue ira dans le chapitre 40 ^^ Et que je pourrai ainsi faire un plus long chapitre de clôture que deux plus cours^^ Ah bah ça, j'crois que c'est pareil pour tout le monde : la rentrée arrive bien trop vite ^^

Patlulu : Alors là, tu m'apprends quelque chose : Ils vont vraiment le faire en un seul film, le 4… ? Ahlala ça laisse deux possibilités : soit un film super long soit une adaptation où ils vont enlever pleins de bons passages du livre… (soupir). Oui, c'est presque fini…plus que quatre chapitres.

Chen : La confrontation Harry/Peter… comme je l'ai dit plus haut, c'est pour le prochain chapitre. Pour la crypte, c'est le passage du chapitre que j'ai le plus travaillé et qui sera le cœur de l'histoire d'une éventuelle suite d'ailleurs… J'admet que, au début, Lily n'était pas sensé se montrer mais…j'me suis laissée emporter et…ça a donné ça ^^

Tiffany : Le passage avec les Acromantulas… ça aussi franchement j'ai déliré dessus (en plus de la crypte). Peter, et oui, Harry préfère le rembarré plutôt que de risquer de vouloir l'étrangler…

Marion-moune : Merci beaucoup…

Misslulu : Oui, plus que quatre chapitres… Cette fic va franchement me manquer…mais bon… Pour le passage de la crypte, c'est celui que j'ai le plus travaillé de ce chapitre… en fait, il était écrit depuis plus de deux mois, ce passage.

Jeanne d'Arc : Merci et j'espère qu'elle continuera à te plaire autant.

Minamino : En fait, plus que quatre maintenant… et non, je ne pense pas pouvoir en rajouter. Oui c'est sûr…, mais là, vraiment, j'était indépendant de ma volonté… Je n'avais pas l'intention de vous faire autant attendre. Le truc où je fais parler les personnages…ah ça, les reviews pour Umbre…, c'est toujours assez particulier à lire et je me marre bien à l'écrire ^^

Maria Potter1 : Je sais ce que c'est que les programmes chargés (et encore, moi je travaille pas). Manque de pot, j'ai reçu ta review juste après avoir fait la MAJ du chapitre 35, donc je te réponds ici. ^^

Big Apple : Merci ^^

Franceska : Merci^^. Jusqu'à ce que je lise plusieurs des reviews, je ne savais pas qu'il sortait le 3 décembre… C'est sûr cette fois ?

Phénix20 : Merci^^.

Angel-blue : Merci^^. Oui, j'viens d'apprendre, pour le tome 5… Je l'ai déjà lu en anglais donc je ne me suis pas trop tenu au courant de la version française, même si j'ai hâte de voir s'il est mieux que m'en a laissé la lecture de la version originale.

Venusa : Merci pour ta review et j'espère que la suite de ma fic continuera à te plaire ^^

Nymoue : La course poursuite avec les Acromantulas… ben j'avoue que j'ai plutôt déliré sur ce coup…Oui, ça serait gentil que tu me préviennes quand tu mettras le deuxième chapitre…, merci. Oui, très calme ^^

Kyzara : Des menaces ? Eh eh, ça va, j'ai rien à craindre… Faudrait d'abord venir me chercher sur mon île et le prix du billet d'avion dissuaderai bien de monde de venir dans ces cas-là ^^ Concernant la review de Umbre, elle et moi on a pris l'habitude de se faire des reviews et des réponses de reviews de ce genre (longue et délirante) Le mieux que je lui ai fait, c'était une review de 8 pages words ^^. Ben comme tu peux le voir, c'était bel et bien lui^^

Caroline Black : J'ai fait mon possible en tout cas pour en tenir compte ^^ Vraiment aucune critique ?! O_o ^^ Sinon, pour la confrontation Harry/Peter…c'est pour le prochain chapitre…

Naseis : Ah oui, d'accord, je me disais bien aussi ^^ Mais je m'y perds un peu, avec les pseudos de sorte que, dans le doute, j'ai préféré faire deux réponses différentes^^

Pour ce que tu veux, c'est au prochain chapitre… Enfin, il va pas vraiment leur démolir le portrait mas ça va barder… MDR j'ai bien aimée ta petite description du combat Harry/Peter ^^

Oyne : Merci^^.

Yolei Potter : Merci beaucoup ^^ J'espère qu'elle restera à la hauteur de tes attentes alors ^^ Pour la voix, en effet, ça a surpris certaines personnes… du fait qu'on a pas trop l'habitude qu'un…mort vienne nous parler ^^ Enfin, c'est le monde magique ^^ Pour la taupe…, non ce n'est pas lui (trop répétitif du tome 1 et 4), c'est quelqu'un d'autre…, de plus inattendu…

Pour le face à face Harry/Peter, je sais que tu as déjà réservé ta place, et c'est au prochain chapitre…

Cyngathi : Ca arrive à tout le monde d'oublier ^^

Fleur de lys : Salut Fleur de lys. En effet, ça faisait un moment que je n'avais pas eu de nouvelles de toi ^^ Alors comment ça va ? Moi ça va, en dehors que la fac, c'est nul… On dit que c'est la liberté et tout ça, mais c'est complètement faux, en tout cas dans l'université ou je suis… et le droit c'est trop nul (j'ai bien fait de pas faire DEUG de droit, tiens). Le passage de la forêt interdite… je pense que c'est le meilleur passage de ce chapitre, je trouve. C'est celui que j'ai, en fait, le plus travaillé. J'avais commencé à réfléchir sur le passage de la forêt depuis près de deux mois ^^ Ben merci pour le compliment #^__^# Le passage des Acromantulas… je me suis bien marrée à l'écrire. J'imaginais, surtout bien Harry qui se fait un bowling façon HP avec Phantôme à la place de la boule et les araignées à la place des quilles ^^ Pour la voix, et oui, je l'ai enfin révélé, même si j'ai laissé sous-entendre qui c'était dans le chapitre précédent. En effet, tu n'étais pas loin avec Godric, du fait que, premièrement, Harry et James sont ses descendants et, deuxièmement, tu étais dans la bonne logique car Godric est mort (comme James, d'où le principe des …)^^ Pour les sphères lumineuses, je me suis basées sur un film dont je suis incapable de me souvenir le titre, que j'avais vu en seconde en instruction religieuse… l'interprétation du paradis qui y était faites m'avait vraiment marquée, et surtout le truc des sphères lumineuses^^ Et oui, c'est vrai qu'ils conservent leurs "chamailleries adolescentes", malgré le fait qu'ils soient morts ^^ Le livre…oui, il va aider Harry à mener à bien sa lutte contre Voldemort mais…pas dans cette fic… (plutôt dans l'espèce de suite (qui n'en serait pas vraiment une) que j'envisage de faire, mais j'suis pas encore certaine). Si la taupe sera découverte un jour… ? Oui, bien évidemment. En fait, au chapitre 38 (39 pour vous)… Je ne me permettrait pas de vous laissez dans l'ignorance sur ce sujet ^^ James se doute que c'est quelqu'un du collège vu qu'il a libre accès à l'ensemble de l'école (se balade dans les couloirs, dans la forêt) et semble bien connaître les élèves (à voir ce que l'espion dit quand il se retrouve face à Rem et Sirius dans la forêt interdite le soir où Elsa meurt) Quant à la façon dont son identité sera dévoilé, je ne sais pas encore vraiment comment ça se passera… Mais c'est vrai que Peter commence à avoir des pb… Et Harry ne dit rien à James et Lily parce qu'il a conscience des dangers encourus à changer le cours du temps (Voldemort toujours en vie donc encore plus de massacres, etc…). Mais James va l'apprendre ^^ Ah ça, c'est toujours comme ça, la baisse de moral à la rentrée ^^ Au fait, comment c passé ta rentrée ?

Kinou : Contente que ce chapitre t'aie plût. Y a eu tant de moustiques que ça ? Tu devrais essayer la citronnelle…, effet assuré contre les moustiques ^^ Et bien, tu sais, je ne sais pas moi-même ce que je ferai quand j'aurai fini cette fic… J'ai de vagues idées mais sans plus…

Clem : Je pense pas que ce dicton soit un jour dans les dictionnaires de proverbes et de dictons mais bon…, on sais jamais ^^ J'étais plutôt déçu quand j'ai appris la défaite de l'OM mais il paraît qu'ils ont pas démérités… C franchement pas de bol pour eux qu'ils aient commencés en affrontant le Real…

Space Girl : Merci…^^

Polly Pink : Et bien, je t'ai déjà répondu par mail donc… par contre, j'ai bien aimé ton "cri de guerre" et oui, c'est vrai que ça fait un peu long, une fic en cours depuis plus d'un an, mais, par exemple, ça fait encore plus longtemps que Alo a commencé les Portes…). Bon voilà, j'ai commenté des points de ta review que je n'avais pas fait dans mon mail^^

Bon, voilà, fini pour les RAR… Mais, à présent, je passe à la partie "Rushs" du chapitre ^^ Au fait, si vous en voulez, suffit de me le demander (j'y pense pas systématiquement…)

Alors, avant de commencer les rushs…quelques explications… : Pour ceux qui ont bien aimés la RAR pour Umbre77, vous avez dû y voir mentionné le nom de deux "individus" (LSK et LPDP)… Toutes deux sont issues d'un délire avec Umbre… En fait, à l'origine, j'ai créée le pseudo de La_Super_Killeuse (LSK) pour faire une blague à Umbre et, ça a si bien marché, qu'on a continué à délirer avec… Non seulement, LSK a désormais une personnalité qui lui est propre mais, en plus, maintenant, elle a une cousine LPDP (La_Psycopathe_de_Première) qui est aussi une lointaine cousine de Lucius Malefoy par ailleurs ^^, alors que Umbre inventait, en réponse aux "agressions" dont elle était l'objet, Sévie77… Hum, au fait, petite précision, LSK, mais aussi LPDP, ont des poches à la "Hagrid" et possède un arsenal assez déconcertant…

Voilà, maintenant que ça, c'est fait… passons aux rushs…

LSK : Mais comme elle n'en avait pas pour ce chapitre, elle a prit la facilité d'en faire sur l'ensemble des précédents chapitres…

Ccilia (rougissant légèrement) : Oh ça va, je ne t'ai rien demandée je te signale. Et dois-je te rappeler que si tu ne te conduis pas un peu mieux, tu n'es pas prête de récupérer ton char d'assaut ? (sourit fièrement alors que LSK, ayant haussé les sourcils à cette remarque, s'en va sans piper mot). Ah, l'argument de choc qui marche à tous les coups… Je n'aurai jamais pensé qu'elle tenait autant à son vieux tas de rouille… (désigne ainsi un gros char d'assaut garé dans un coin du jardin). Enfin bon, passons aux rushs… Je vais en mettre quelques unes, par ordre chronologique des chapitres… (une jeune fille blonde aux yeux gris, élancée et svelte surgissant de nul part, m'arrache mon ordinateur portable) EH ?! RENDS-LE MOI !

LPDP (souriant fièrement) : T'inquiètes, je lui ferai rien à ton p'tit ordinateur… Mais laisse faire les pros…

Ccilia (sarcastique, en croisant les bras) : Je me demande bien d'où te viens une telle modestie…

LPDP (l'ignorant et en lisant ce qui apparaît sur l'écran, avant de se tourner vers les lecteurs. Là, elle s'éclaircie la gorge et adopte un ton de présentateur télé) : Pour en revenir à ce que disait Ccilia ici présente, nous reviendrons, si vous le voulez bien, au chapitre 2…

LSK (surgissant à son tour, pour venir jeter un œil par dessus l'épaule de sa cousine et prend la parole, en imitant LPDP) : Pour vous mettre dans le contexte, ça se passe au réveil de Harry, après son arrivée dans le passé.

* * * * *

(chapitre 2 – scène 2)

            Harry reprenait, doucement, connaissance.

            « Oh la vache ! grommela-t-il, en se massant la tête. Ca fait mal ! »

            L'adolescent jeta un regard autour de lui et identifia, sans problème, l'endroit où il se trouvait : la Réserve de Rogue.

 Il soupira et s'observa sous tous les angles.

            « Oh mince, j'ai déchiré ma cravate ! » s'exclama-t-il.

* * * * *

LSK (secouant la tête) : Là, franchement, celle-là, elle est nulle…

Ccilia (offensée) : C'est pour ça que je ne voulais pas la mettre…

LSK : Du coup, nous passons à une autre scène…

LPDP : Pour l'anecdote, cette rush n'appartient à aucun chapitre précis, du fait que Ccilia se laisse souvent emportée par son…hum "enthousiasme créatif", dirons-nous, de sorte qu'elle se retrouve souvent avec des scènes qui n'ont rien à voir avec ses projets d'origines…

LSK : Et c'est ainsi qu'elle s'est retrouvée avec une réplique qu'elle a été incapable de placer dans une dispute de James et Lily…

LPDP : On peut donc dire que cette rush pourrait s'accorder à l'un des chapitres de la première moitié de la fic…

* * * * *

            « TU N'ES VRAIMENT QU'UN… »

Lily se coupa soudain dans son élan, l'air gênée.

            «- Qu'un… ? voulut savoir James.

             - Euh…qu'un…crétin sans cervelle et un macho rétrograde ?! grommela-t-elle d'un air peu convaincu.

             - Dis plutôt que tu as oublié ton texte ! ricana son interlocuteur.

             - C'est même pas vrai ! riposta-t-elle, vexée. J'ai juste voulu étoffer un peu !

             - Ah oui ? Et dans ce cas, c'était quoi que tu devais dire, à l'origine ?

             - Ben, que tu n'était qu'un…euh… qu'un… ! Oups ! » commenta-t-elle. J'ai vraiment oublié mon texte… ! avoua-t-elle, les yeux baissés.

            Tout le monde éclata de rire, alors que James adoptait un sourire triomphant.

            « Coupez ! »

            Tous le monde rassemblés sur les lieux de réalisation se tournèrent vers Ccilia qui, ayant quitté la chaise d'où elle supervisait les choses et tendit le script du chapitre à une Lily embarrassée, alors que les autres personnages discutaient joyeusement entre eux.

            «- Allez, ne t'en fais pas pour ça, ça arrive à tout le monde d'oublier son texte, commenta Ccilia.

             - Je le sais. C'est juste que…, s'interrompit-elle en relisant la réplique qu'elle avait oublié. Bon, ok, ça va aller cette fois…

             - Tu es prête à la refaire tout de suite ? demanda Ccilia.

             - Oui.

             - Bien alors dans ce cas… (se tourne vers les autres personnages et élève la voix) Tout le monde en place ! On la refait ! »

* * * * *

LSK : le grand classique de l'oubli du texte…

LPDP : Si je peux me permettre, si tu ne veux pas que Céc. vende ton char à l'armée, tu ferais mieux de cesser de critiquer chacune de ses remarques.

LSK (jette aussitôt un regard inquiet vers Ccilia qui sourit triomphalement) : Euh oui…surtout qu'elle a l'air d'être bien capable de le faire… (soupire). Bon, alors, pour en revenir à notre sujet du jour, nous allons rester dans le thème des disputes James/Lily…

LPDP : Sauf que, cette fois, c'est une des gifles du chapitre 19 qui ne se passe pas vraiment comme prévu…

LSK (moqueuse) : On va dire qu'elle n'y a pas été de main morte dans ce chapitre…

Ccilia : Euh, tu essayais de faire de l'humour là ? Parce que si c'était le cas, c'est légèrement raté. Mais, quoiqu'il en soit, cette scène n'est pas vraiment une scène coupée mais plutôt l'un de mes "délires de deux heures du mat'"…

* * * * *

(chapitre 19-à la lisière de la forêt interdite)

Ils finirent par apercevoir les lumières de Poudlard à travers les arbres, mais James ne s'arrêta qu'une fois à la lisère de la forêt. Là, Lily se décida à quitter le dos de l'animal qui, disparu aussitôt dans un autre petit claquement, laissant place à un James Potter à l'air passablement fatigué mais qui souriait, l'ait satisfait tout en enlevant ses lunettes pour se frotter les yeux.

            Mais, Lily, désormais parfaitement maîtresse d'elle-même et de ses réflexions, le gifla brutalement. Sous le choc, les lunettes de l'adolescent lui échappèrent et tombèrent sur le sol.

            «- Eh, on t'a demandé de me gifler, pas de m'arracher la tête ! s'exclama-t-il en se frottant douloureusement le cou.

             - Oh, désolée ! s'excusa-t-elle en rougissant aussitôt. Je me suis laissée emportée par mon enthousiasme. Ca va, je ne t'ai pas fait trop mal ?

             - Ca ira, je survivrai ! Mais fait gaffe la prochaine fois ! » grogna-t-il en se penchant pour ramasser ses lunettes.

            La maquilleuse surgit aussi sec de nul part, pour masquer la trace de main écarlate qui apparaissait déjà très nettement sur sa joue.

* * * * *

LPDP : Voilà… (jette un œil à l'ordi) Bon, on reste toujours dans la rubrique "James/Lily"

LSK : Sauf que, cette fois, on arrive au chapitre 24, lorsqu'ils reviennent de la fête du dôme, pour la fin de l'année…

Ccilia (se décidant à intervenir et en profitant de l'inattention des deux autres pour reprendre son bien) : Pour l'info, j'ai longtemps hésité à mettre cette scène ou pas, mais j'ai finalement décidée de l'enlever…

* * * *

            Tous deux restèrent silencieux un moment, alors que James tentait de rattraper son chat qui, prenant un malin plaisir à embêter son maître, était allé se réfugier sous le lit, au plus grand amusement de Lily, alors que James râlait contre le félin tigré qu'il parvint finalement à attraper par la peau du cou.

            «- Dis, James… ! commença, finalement, Lily, en déposant Neige sur le lit. Je… je… ! Tu voudrais pas rester dormir avec moi ce soir ? demanda-t-elle d'une petite voix, en rougissant légèrement.

             - Quoi ? s'exclama-t-il brutalement, en se relevant vivement, sa tête heurtant durement le dessous du lit dans un bruit sourd. Ouille… »

            Lily éclata de rire alors que James jurait tout en sortant de sous le lit, ayant relâché le chat et en se massant le crâne.

            « Ca va ? » parvint-elle à demander, entre deux éclats de rire.

* * * * *

Ccilia : Et voilà…, nous arrivons à la fin de cette cession de rushs qui sont, globalement, pathétiques… M'enfin, c'est LSK et LPDP qui ont fait la sélection… dans ce que j'avais déjà tapé… Mais, pour conclure, je vous offre une petite scène qui n'a aucun rapport avec ma fic, mais qui concerne ces deux énergumènes…

            Ccilia pénètre d'un air morose dans la salle des reviews pour découvrir LSK et LPDP assises devant l'écran géant installé dans un coin de la pièce, discutant avec animation.

Ccilia (surprise, en s'avançant) : Qu'est-ce que vous regardez ?

LSK (sans se détourner de la télévision) : La télé…

Ccilia (ironique) : Sans blague… Je n'avais pas deviné… Mais encore ?

LPDP : C'est (bip)…

Ccilia (stupéfaite) : Vous aimez les trucs comme ça ?

LPDP (haussant les épaules) : C'est un bon entraînement…

Ccilia (fronçant les sourcils) : Entraînement ? A quoi ? Vous vous êtes mises au chant maintenant ?

LSK (se retournant) : Bien sûr que non… mais… (reporte son attention sur l'écran alors qu'une fille passait à la télé) Trappe !

A l'horreur de Ccilia, les deux autres pointèrent, dans un même mouvement, une arme sur l'écran et tirèrent…un jet d'eau.

LPDP : OUAIS ! J'l'ai eu !

LSK : Non, c'est moi qui l'ai touché en pleine tête.

LPDP : Non, c'est moi ! C'est mon jet d'eau qui…

Ccilia : Euh, est-ce que vous pourriez m'expliquer ce que vous faites ?

LSK : On te l'a dit, on s'entraîne…

LPDP : Sur ceux qui passent à la télé…

LSK : Mais comme on ne peut pas vraiment leur tirer dessus…

LPDP : Et que tu nous as…

LSK : Très aimablement d'ailleurs…

LPDP : Confisqué notre fusil à fléchettes…

LSK : On utilise des pistolets à eau.

Voilà… fini pour cette fois… Dsl si c'est un peu…plat mais je ferai en sorte de faire mieux la prochaine fois…ce qui ne manquera pas vu le programme qui attend tout le monde au prochain chapitre ^^