CHAPITRE 35

Eh bien eh bien, que va faire Malfoy à votre avis? Il s'est mit dans un sacré pétrin mais sinon ça ne serait pas drôle. Et il ne voudrait pas faire de peine à sa mère. Alors, qu'en sera t'il?

Surtout ne manquez pas de me donner vos avis !

Bonne lecture à vous,

Lacus Clyne

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Par Merlin ! Il allait s'arracher les cheveux ! Qu'avait-il fait au bon Dieu pour mériter ça? Lui qui était venu annoncer une bonne nouvelle a sa mère se retrouvait ligoté à une pseudo fiancée dont il n'avait jamais vu le visage !

Pourquoi n'avait-il rien dit? Parce qu'il était tellement abasourdi qu'il n'était pas parvenu à faire taire Narcissa, emportée par son élan d'enthousiasme...Maintenant, il allait devoir en payer les conséquences...Il n'aurait certes jamais dû laisser ce malentendu s'installer. Mais qui...qui avait pu œuvrer dans l'ombre pour mettre dans la tête de lady Malfoy une idée aussi rocambolesque? Draco soupira.

- Tu crois que c'est grave...?

Chuchota Mathilda, l'œil collé devant la porte du bureau entrouverte. Toutes deux observaient leur patron d'un air inquiet.

- Il est là devant son ordinateur depuis ce matin. Fit observer son aîné Et il a soupiré voyons...une, deux, trois, quatre...

Dit-elle en comptant sur ses doigts avant d'entendre à nouveau...

- Voila ça fait cinq soupirs...

- Tu ne veux pas aller voir ce qu'il a? Suggéra la cadette à voix basse.

- Je tiens à la vie ! S'insurgea Katherine

- Peut être a t'il besoin d'aide...?

Katherine se retourna pour jeter un coup d'œil à sa collègue, incrédule.

Cachée par le Mac Book, les deux secrétaires n'avaient pas vu le petit écrin de velours ou reposait la précieuse bague ou le diamant semblait lui faire des clins d'œil. Comment faire pour se sortir de là?

Mais Draco releva les yeux de sa contemplation et ferma rapidement l'écrin lorsque Mathilda trébuchante entra dans le bureau, de toute évidence, son aînée l'avait poussé dans le dos pour l'obliger à se jeter dans la gueule du loup.

- Eh bien, qui a t'il Mathilda?

Luttant pour ne pas trébucher et s'étaler sur l'épaisse moquette, la jeune femme se redressa le plus élégamment possible pour se retrouver non loin du bureau. Rougissant comme une adolescente elle chercha ses mots un instant, la gorge sèche enfin, elle osa dire:

- C'est...plutôt à moi de vous demander cela...monsieur.

Il arqua un sourcil, septique.

- Plait-il?

Triturant ses doigts d'un air mal à l'aise sans pouvoir s'en empêcher, elle ajouta.

- Vous...vous semblez préoccupé...

Encore plus étonné, son employeur s'adossa à son fauteuil présidentiel.

- Je suis toujours préoccupé. Ce n'est rien de grave.

- Nous sommes inquiètes...

Murmura t'elle si bas, qu'il dût tendre l'oreille pour saisir ce quelle disait. Ses joues étaient cramoisies et même en baissant la tête, cela n'échappa pas au jeune homme assit en face d'elle. Voyant son absence de réaction ou de réponse, Mathilda compris qu'il valait mieux sortir avant que l'envie ne lui prenne de la renvoyer pour insolence. Mais alors quelle allait sortir...

- Mathilda.

- Monsieur?

Elle se tourna à nouveau vers lui, pour lui signifier toute son attention. Etait-il décidé à s'expliquer?

- Que feriez vous si vous aviez laissé s'installer un malentendu?

C'était plutôt vague comme explication...mais il faudrait s'en contenter...

- Eh bien je...je m'expliquerais avec les personnes concernés et m'excuserais

- Excuser?

Répéta Malfoy comme s'il s'agissait d'un mot étrange dont il ne connaissait pas le sens. Etrangement, Mathilda semble être plus sure d'elle.

- Oui monsieur. Pour la gêne occasionnée. C'est important pour...être pardonné.

- Pardonner. Répéta t'il à nouveau, songeur.

- Oui monsieur.

- Mmh...

Puis, il plongea dans son mutisme, et Mathilda jugea bon de se retirer, en silence.

- Alors?

Demanda Katherine à son retour. La jeune femme haussa les épaules, elles n'étaient pas plus avancées...

- Il a quand même accepté de se confier, c'est surprenant.

- Il doit être vraiment perturbé...

Il n'avait donc pas le choix, il devait en parler à Hermione...et régler cette histoire une fois pour toute. Il rencontrerait la fille Grenngrass, puisque c'était le souhait de sa mère, mais ensuite, il ferait cesser ce manège.

Durant tout le trajet en voiture qui devait les ramener à la maison après un interminable diner des plus ennuyeux, Draco chercha le meilleur moyen d'annoncer la couleur à sa compagne, assoupi contre lui sur la banquette arrière, sa tête sur son épaule. Les cours, les révisions, leurs sorties, elle était crevée en ce moment et ne mettait jamais bien longtemps à s'endormir. Après de multiples idées qui lui parurent au final complètement grotesque, il décida que le mieux a faire était d'aller droit au but, sans tourner autour du pot. Et, aussi curieux que cela puisse paraitre, Hermione demeura silencieuse et semble t'il; placide, face aux déclarations de son compagnon. Ce dernier parut suffisamment inquiet pour l'interpeller alors quelle le regardait d'un air neutre.

- Hermione...?

- Oui?

- Tu ne dis rien...?

Dans d'autres circonstances, il aurait aimé quelle se taise mais là...c'était plutôt effrayant...Il scrutait son visage avec insistante pour tenter de deviner ses pensés.

- Je ne vois pas ce que je pourrais dire de plus...

- Tu n'es pas...fâchée...?

C'était, il en était conscient, très imprudent de lui poser cette question mais, il devait savoir.

- Je suis furieuse.

Reprit t'elle de cette même voix plate manquant de le faire tomber a la renverse. C'était tout sauf convainquant...il était de plus en plus inquiet.

- Mais...

Il releva les yeux sur elle.

- Rien ne nous lie, alors, tu n'as aucune contrainte envers moi. Tu peux rencontrer cette fille et même l'épouser si c'est ce que veux ta mère. Je ne pense pas être en mesure de rivaliser avec une telle princesse.

Draco s'était attendu à tout, sauf à cette réaction là. Il aurait pensé quelle crierait, le frapperait peut être mais ça...ca ressemblait plus à une froide indifférence, c'était bien plus cruelle. Comme si...ça lui était absolument égale qu'il puisse rencontrer et pire, lier son destin à une autre femme. Pourquoi alors, avoir accepté qu'ils se voient hors travail et puisse former un "couple"? Cela ne représentait donc rien pour elle...?

Hermione ferma les paupières, baissant sensiblement la tête. Le silence les entoura tous les deux.

Après tout, c'était vrai...qui était-elle pour penser rivaliser avec une noble et de sang pur de surcroit. Et puis...Draco n'avait jamais rien dis qui laisserait paraitre, supposer qu'il puisse ressentir autre chose que de l'exclusivité pour elle. Il ne lui avait jamais dit qu'il l'aimait même si elle non plus ne l'avait jamais fais mais à quoi bon? Alors que sa mère choisirait surement l'épouse idéal. Si elle devait lui dire adieu, autant que ce soit le plus rapidement possible...

La jeune femme se pinça les lèvres puis se leva, le plus dignement possible. Elle devait partir d'ici, elle se sentait étouffer tout d'un coup.

- Je vais y aller, j'aimerais réviser un peu avant de me coucher.

- Mais...on vient d'arriver.

- Mes examens sont dans une semaine, je tiens à être prête. Bonne nuit

Sans un baiser ou même un dernier regard, elle sortit du loft sans qu'il ne la retienne. Il était, encore une fois, bien trop abasourdi. Il ne voulait pas la perdre, elle représentait trop mais...elle venait de lui montrer par son comportement son détachement total par rapport à leur relation. Finalement n'était-elle pas resté une escorte? Quel lien pensait-elle entretenir avec lui? Il s'était peut être trompé, même si lui, était sur de l'aimer. Draco glissa sa main dans sa poche de pantalon et en sortant la petite boite de velours, l'ouvrit pour contempler l'anneau finement travaillé.

Il allait rencontre cette Astoria Greengrass et ensuite...il prendrait une décision. Son poing se referma sur la bague qu'il apporte contre ses lèvres.

Hermione laissa les numéro de l'ascenseur défiler et les portes s'ouvrirent devant elle pour pénétrer dans la cabine déserte. Ce n'est qu'une fois les portes refermées, que la jeune femme se laissa glisser contre le mur de la cabine et tomba sur les fesses pour cacher ses yeux sur ses genoux d'ou coula un flot de larmes. Elle n'aurait jamais cru pouvoir être autant attaché à lui, elle s'était toujours battu pour ne pas prendre cette soit disant relation au sérieux mais finalement elle avait échoué et maintenant, son statut les rattrapait tous les deux, ils étaient profondément incompatibles...

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Dans son costume vert émeraude, dieu qu'il était beau. Même Narcissa eut un souffle d'admiration lorsqu'elle posa ses yeux bleus sur son fils. Draco cependant, avait une mine austère et son visage des mauvais jours. Le genre de regard que Katherine et Mathilda connaissaient que trop bien...

- Je te félicite pour ta ponctualité. Les Greengrass sont déjà là.

Précédé de sa mère, Malfoy junior toujours silencieux, pénétra dans le grand salon ou ils recevaient toujours les invités de marque. Assit en ligne sur le sofa; trois personne.

Monsieur Greengrass à droite, dans une cape noire et costume marron, sa longue moustache fine et noire était parfaitement taillée et ses cheveux sombres coupés courts ne dépassaient pas du haut de sa nuque. Il en imposait même en silence.

Lady Greengrass à gauche portait une robe rouge foncé en soie légère et fluide, ses cheveux ébène comme ceux de son mari soigneusement bouclés en anglaises qui retombaient sur ses épaules.

Et au centre, la dites Astoria moulée dans une robe bleue pervenche faites de la même soie que celle de sa mère. Ses cheveux eux aussi noirs, étaient lisses et brillant, sa peau blanche faisait ressortir de façon presque hypnotique ses yeux bleus électriques. C'était une vrai beauté d'élégance et de noblesse; Draco fut bien obligé de le reconnaitre.

- Lord et lady Greengrass, laissez moi vous présenter mon fils, Draco.

Présenta Narcissa en s'écarta un peu pour laisser la place au jeune homme dont les cheveux étaient aussi blonds que ceux de leurs invités étaient noirs. Il serra d'abord la main de monsieur Greengrass avant d'aller baiser celle délicate de son épouse.

- C'est un plaisir pour moi de vous accueillir ici.

Dit Draco de sa voix la plus grave après s'être redressé en face de lady Greengrass.

- Merci a vous de nous avoir convié monsieur Malfoy.

Dit-elle au nom de son époux et de sa fille. Sa voix était un peu haute mais très mélodieuse et posée. Elle se leva du canapé, bien droite et posa une main maternelle sur la jeune femme assise à coté d'elle.

- Voici donc notre fille cadette, Astoria.

Alors qu'il ne l'avait pas directement regardé jusqu'à présent, Malfoy posa vraiment ses yeux sur la concernée qui leva la tête pour le regarder à son tour. Hermione avait raison, c'était une vrai princesse. Hermione...

- Je suis honorée de faire enfin votre connaissance monsieur Malfoy. On ne tarde pas d'éloges à votre sujet dans le monde magique.

En plus elle savait parler aux hommes...Draco se pencha à nouveau, arraché de ses pensées hermioniennes intrusives et embrassa le bout de ses doigts comme il l'avait fait pour lady Greengrass.

- Et moi je suis enchanté.

Dit-il seulement la faisant sourire. Elle tout comme lui se retrouvait prise au piège d'un rendez vous arrangé et voulu par leurs parents mais c'était ainsi...autant se montrer coopérative, Astoria l'avait sans aucun doute bien compris surtout pour rencontrer un héritier aussi jeune et séduisant. Cela aurait pu être pire...

Un petit elfe apporta un lourd plateau en trottinant et tous les cinq se mirent à table pour déguster des petits sandwichs accompagné d'une tasse de thé brulant.

L'atmosphère était des plus sereines même s'il aurait préféré se rendre au bureau pour travailler. Il avait l'impression de perdre son temps. Toute fois, Astoria était délicieuse, c'était certain qu'il ne pourrait choisir meilleur partie et meilleure épouse. Leur nom unit à celui des Malfoy seraient signe de prospérité et de grandeur. Ca aurait pu être un rendez vous parfait s'il n'y avait eu cette constante présence parentale là pour chaperonner la jeune femme. Qu'est ce qu'ils s'imaginaient? Qu'il allait lui sauter dessus après le dessert?

Pour être un peu tranquilles et discuter librement, il lui proposa donc une promenade dans les jardins ensoleillés du Manoir.

- Je suis votre obligé.

S'inclina t'il devant elle en tendant son bras droit de façon à ce quelle puisse y poser sa main et se lever avec la grasse d'une danseuse. Sous les regard protecteurs de leurs parents, ils quittèrent le salon.

- Les choses semblent se passer pour le mieux.

Déclara Mr Greengrass en lissant sa moustache noire.

- Ils semblent bien s'entendre et le jeune monsieur Malfoy est tout à fait à la hauteur de sa réputation.

Narcissa jubilait, les choses se déroulaient à la perfection, c'était sur la bonne voix, peut être cet obstiné serait-il marié avant la fin de l'été.

Tous trois s'installèrent sur la terrasse pour observer les deux jeunes gens arpenté les allers de rosiers bordant les chemins de la propriétés.

- Je suis surprise que vous m'ayez faite venir ici monsieur Malfoy.

- Ma mère a de bien curieuses idées. C'est elle qui a organisé se rendez vous.

Astoria lui lança un regard en biais, il disait cela avec calme mais ça mettait les choses au clair d'emblé; ce n'était pas lui qui avait organisé cette rencontre ni même qui l'avait désiré. On lui forçait la main en le mettant devant le fait accomplit tout comme elle en résumé. Elle rebaissa la tête sur les graviers blancs du chemin.

- Etes vous déçu...?

Réussit-elle à demander à mi voix. Elle redoutait quelque peu sa réponse, Draco Malfoy était connu pour sa froideur et ses remarques parfois blessantes, tranchantes comme une épée de glace.

- Non.

Elle en fut vraiment surprise et regarda aussitôt son profil, qui se dessinait dans le soleil.

- Vous êtes délicieuse et je dois reconnaitre que je n'aurais pas mieux choisit moi même.

Apparemment celui qui avait organisé cette soit disant relation connaissait bien ses gouts...

Astoria se pinça les lèvres pour oublier la vague de plaisir qui montait jusqu'à ses joues. Il lui avait fait un compliment, un vrai pas une remarque à double sens...

- Et vous...vous êtes comme on vous décrit. Je ne regrette pas d'être venue.

Elle s'arrêta non loin d'un rosier bleu l'obligeant à se stopper également. Sa main blanche glissa de son bras. Draco contempla ce visage; ses cheveux noirs entouraient son visage aux yeux électriques, elle ressemblait à une poupée de porcelaine.

- J'espère, avoir le plaisir de vous revoir.

Posant ses mains dans les siennes, elle embrassa sa joue. S'il fut surpris, Malfoy Junior n'en montra rien.

'ils retrouvèrent leurs parents, Astoria ne lui accorda plus un seul regard direct. Les Greengrass prirent congés vers cinq heures raccompagnés jusqu'à l'entrée par leurs hôtes. Une fois qu'ils eurent transplanés, Narcissa se tourna avidement vers son fils.

- Alors Draco, comment la trouves tu?

Ce dernier ne répondit pas et tourna plutôt les talons pour regagner l'ombre du manoir.

- Draco !

Mais rien n'y fit, il ne ralentit pas et ne daigna même pas attendre sa mère. Tout en marchant, il sortit son téléphone de la poche intérieure de sa veste et l'alluma. L'Iphone cependant, ne lui indiqua aucun message ni mail; Hermione n'avait pas cherché à le joindre. Avec rapidité, il accéda à son menu ou elle figurait dans les numéros principaux et demanda un appel, il voulait entendre sa voix, c'était un besoin, une envie immédiate. Toute fois...ce ne fut que l'annonce habituelle de son répondeur qu'il parvint à obtenir. Etrange...mais peut être était-elle occupée. Tant pis...il ressayerai plus tard. Il avait pour l'instant des comptes à régler; il n'y avait que deux personnes susceptibles de lui avoir joué un tour pareil.

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La jeune femme courrait dans les couloirs de la vaste maison, alertée par un elfe il y a quelque instant, elle s'était levée en catastrophe délaissant sa musique pour se précipiter à travers les successions de corridors et de boudoirs, sa robe un peu relevée dans sa main pour ne pas gêner sa course. Elle déboula finalement dans un petit salon richement décoré fait de boiserie et de luxuriantes plantes vertes.

Lorsque les portes s'ouvrirent avec fracas, elle était essoufflée, les joues rouges. En face d'elle, deux hommes dont l'un assit dans son fauteuil de bureau tandis que l'autre l'empoignait par le col de sa chemise.

- Blaise...! S'écria t'elle à bout de souffle.

- Tout va bien.

Déclara l'agressé en levant la paume de sa main vers sa fiancée pour la rassurer bien qu'il fut en fâcheuse posture.

- Laisse nous s'il te plait.

Elle regarda successivement son compagnon puis le jeune homme blond qui le maintenait fermement par le col, son dos vissé au fauteuil. Obéissant enfin, elle recula puis referma la porte sur eux.

- Et si tu te calmais? Dit Blaise en tournant son attention sur son agresseur.

- C'est toi qui a manigancé dans mon dos. Ne me prend pas pour un idiot ! Tu es le seul à être au courant. Gronda Draco sans desserrer les dents.

Blaise défit l'emprise des mains nerveuse sur sa chemise et se redressa un peu dans son fauteuil, toujours aussi calme.

- Mais de quoi parles tu?

- Ne te fiche pas de moi Blaise ! J'ai passé une sale journée!

L'accusé haussa les sourcils.

- J'ignore vraiment de quoi tu parles.

- Je parle de Divine ! Et de cette fille dont ma mère ne cesse plus de me parler !

Là, Zabini tiqua, alors Pansy avait vraiment "fait" quelque chose...

- Je regrette je ne suis au courant de rien.

- Tu es l'un des seuls à pouvoir être derrière tout ça alors ne m'oblige pas à te tirer les verres du nez !

- Serait ce une menace?

- Prend le comme tu voudras, mais ne t'avise pas de me mettre des bâtons dans les roues ou je risque de perdre patience. Cracha Malfoy avec froideur.

- Comme tu l'as dis toi même, tu vises quelqu'un d'autre n'est ce pas? Ce serait plutôt le genre de Pansy de t'organiser cette petite surprise.

- Je m'occuperais d'elle soit sans crainte.

Renchérit Malfoy le regard sombre et la mâchoire toujours serrée, ce qui ne laissait aucun doute sur ce qu'il comptait faire ou dire. Il était furieux et la possible trahison de ses deux amis n'étaient pas la seule goutte d'eau qui avait fait déborder le vase. Depuis hier, il lui était impossible de joindre Hermione, elle ne répondait jamais à ses appels, il la soupçonnait donc de chercher à l'éviter mais ça ne se passerait pas comme ça. Ne rien savoir sur ce quelle faisait et avec qui elle était le rendait malade et ne faisait qu'augmenter sa colère.

Blaise jugea plus prudent de ne rien ajouter au sujet de cette prostituée dont il s'était soit disant entiché au risque de se prendre un coup de poing dans le nez au mieux ou un sort au pire. Draco était dans état de fureur jamais vu; tenait-il donc tant que ça à cette fille? Ca semblait presque surréaliste...

Le démon blond tourna les talons et ouvrant la porte à la volée, la referma sèchement, la faisant claquer. Il n'aimerait pas être à la place de Pansy.

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Une musique quelle adorait et connaissait par cœur se fit de nouveau entendre sur son téléphone mais Hermione ne prit pas la peine de regarder l'écran. Elle savait que c'était "lui". Il ne cessait de l'appeler depuis hier et sans jamais laisser de message mais qu'importe. Que pouvait-il avoir de plus à lui dire de toute façon? Qu'il allait épouser cette...c'était quoi son nom déjà...? Etait ce vraiment essentiel de le savoir? C'était une fille de sa condition, bien élevée, parfaite en tout point. Alors pourquoi l'appelait-il? Pour venter les qualités de cette femme qu'elle maudissait sans la connaitre? Non merci...

Elle savait à l'époque quelle n'aurait jamais dû s'attacher à lui, pourtant, elle l'avait laissé faire, avait accepté toutes ses foutues conditions sans rechigner parce quelle avait finit par comprendre quelle était bêtement tombé sous le charme de ce glaçon ambulant. Il n'était pas à blâmer...c'était elle l'unique responsable, elle n'aurait dû lui permettre de franchir la barrière qui le ferait passer de client à amant. C'était absurde.

Et a présent, le plus malheureux des deux, ça n'était sûrement pas lui...

Un grattement à sa fenêtre entrouverte la fit se redresser sur son lit, l'appartement plongé dans le noir ne laissait filtrer que l'éclat blafard de la lune par les fenêtres.

- Pattenrond, c'est toi?

Pourvu qu'il ne lui ramène pas encore un cadavre de souris ou d'oiseau...l'autre jour elle avait dû passer dans toutes les pièces pour récupérer des plumes de sa pauvre victime du jour...

Mais, aucun chat orange ne fit son apparition, un sueur froide dégringola sur la colonne vertébrale de la jeune femme. Et si c'était...un voleur? Ou pire...

Bien qu'elle fut au septième étage, on ne savait jamais...avec lenteur, sans geste brusque, elle se saisit de sa baguette posée sur la table de chevet près d'elle et se leva en silence tel un fauve.

A pas de velours, elle s'approcha de la porte fenêtre donnant sur le balcon de la chambre et vu clairement se dessiner dans la lumière lunaire; une silhouette sombre. Malheureusement, son visiteur avait dû la repérer aussi et avant quelle ait pu crier "stupéfix", une autre voix lança "Expelliarmus!" La baguette d'Hermione lui échappa des mains et s'envola littéralement dans les airs pour atterrir dans celle de son agresseur qui l'attrapa au vol. A présent désarmée, complètement prise au piège, Hermione recula vers le lit, son adversaire s'avançant lentement vers elle. Et quelle ne fut pas sa surprise quand elle le reconnu.

- D...DRACO ! Tu es complètement malade ! Tu as faillis me causer un arrêt cardiaque !

Ses cheveux blonds captaient les rayons blancs de la lune, c'était à ça quelle l'avait reconnu. Il s'avança encore, sa baguette dans sa main droite et celle d'Hermione dans la gauche qu'il tenait fermement. Il avait dû ressortir son précieux balais de courses pour parvenir jusqu'à elle, mais elle en était l'unique responsable. Il ne supportait pas qu'on se moque de lui et encore pire, qu'on l'ignore. A présent elle n'avait plus aucun moyen de l'éviter.

- Tu ne réponds pas à mes appels. Dit-il de but en blanc.

- J'aimerais que tu abaisses ta baguette.

- Et moi que tu m'expliques.

Il obéit à sa demande, abaissa l'arme qu'il pointait sur elle, la rangea dans la poche arrière de son pantalon mais garda la sienne à la main. Il ne voulait pas lui donner une occasion de se défendre.

- C'est une raison pour passer par la fenêtre comme un voleur?

- C'est toi qui m'y a obligé. Répond. Pourquoi tu m'évites?

Elle lui lança un regard brûlant et désapprobateur mais il ne sembla pas s'en offusquer.

- N'êtes vous pas assez malin pour comprendre? Monsieur Malfoy.

- C'est toi l'idiote, si tu ne veux pas comprendre qu'il n'y a rien entre Astoria et moi.

- Ah ! Parce que maintenant c'est Astoria.

Draco la gratifia d'un regard perçant mais qui, dans l'ombre ne fut pas remarqué par sa proie.

- Tu serais jalouse? Demanda t'il sachant déjà la réponse.

Hermione baissa la tête, elle était donc si transparente? Alors que lui...

- J'aimerais que tu t'en ailles...

- Es tu sure que c'est ce que tu veux, Hermione.

Qu'il prononce son nom lui procura un délicieux frisson mais elle s'efforça de rester maîtresse de ses émotions, elle ne devait plus céder. Pas si elle devait ensuite lui dire au revoir...

Draco n'était calme qu'en apparence, tout son corps bouillonnait ainsi que son esprit, elle s'imaginait vraiment pouvoir le mettre à la porte aussi facilement? Pansy lui payerai ça très cher mais pour le moment, il avait d'autres lionnes à fouetter. Elle n'allait pas s'en sortir comme ça.

- On n'est pas du même monde...

Les bras croisés sur son ventre, elle lui tournait le dos, elle ne pouvait plus le regarder en face. Il fallait qu'il s'en aille, elle ne voulait pas qu'il la voit pleurer comme une gamine. Messire Malfoy pourtant, ne l'entendait pas de cette oreille. Il s'approcha encore d'une démarche de fauve.

- Pourtant, quand je te faisais l'amour ça ne semblait pas te gêner.

Outrée et choquée, elle fit volte face mais de toute évidence elle ne sembla pas s'être rendu compte avant qu'il était aussi proche d'elle. Elle ne voyait plus la fenêtre; cachée par le corps en face d'elle. Hermione ouvrit la bouche sans que rien ne parvienne à en sortir. Draco se pencha sur elle, chuchotant de façon totalement indécente.

- J'arrivais toujours à te faire jouir, tu te souviens.

Un gros frisson d'envie la fit trembler de la tête au pied et elle put marmonner entre ses dents.

- Ca suffit Draco, arrête...

Les mains froides du chasseur se posèrent sur ses épaules et sa gorge nues pour en caresser la peau frémissante puis il se pencha encore jusqu'à aller murmurer à son oreille.

- Inutile de chercher à m'échapper Hermione, j'ai déjà gagné.

Scandalisée, elle leva la tête et ouvrit de nouveau la bouche dans le but cette fois de lui répondre une remarque acerbe mais il ne lui en laissa encore pas le temps, collant ses lèvres sur les siennes. Surprise, les yeux ronds, elle tenta de se dégager de son emprise hélas, Malfoy ayant prévu sa réaction attrapa son poignet au vol, l'empêchant par la même occasion de le frapper. A présent, de son unique main libre, elle chercha à se libérer en la posant sur sa poitrine mais bien sûr, il était bien plus fort quelle. Sa langue caressa celle de sa captive qu'il tenait toujours fermement pour éviter toute rebuffade bien qu'Hermione semblait en avoir de moins en moins envie...

Par surprise, il la fit reculer et d'un coup vif quelle n'avait pas prévu la fit tomber en arrière. Hermione s'écroula sur le lit, ses cheveux en bataille et fut incapable de reprendre ses esprits, il était bien décidé à ne pas la laisser se ressaisir, c'était trop risqué. Il l'enjamba pour l'empêcher de s'en aller, embrassant son cou de baisers brûlant, possessifs.

- Non...

Ses mains en protection contre ses épaules, elle aurait aimé se défendre, se sauver mais...elle en était incapable...pas sans sa baguette qu'il avait jeté dans un coin de la pièce. Elle était à sa merci.

Afin de s'assurer son entièrement "coopération", assit sur son bas ventre, Draco ressortit sa baguette.

- Draco...murmura t'elle, tremblante.

- "Incarcerem"

Des cordelettes jaillirent de l'extrémité de sa baguette et allèrent se nouer autour des poignet de son hôtesse en faisant sa captive. A présent ses bras au dessus de sa tête, il serait plus libre de ses mouvements. Il rangea sa baguette et entama un lent parcours du bout des lèvres, ses mains glissant sur elle avec cette même indécence qui l'avait révoltée plus tôt. Il fut satisfait de rapidement l'entendre soupirer, tirant sur ses chaines dans l'envie peut être inconsciente de se libérer mais c'était bien sûr inutile.

Elle se cambra sous les vagues de plaisir lorsque son tortionnaire descendit embrasser l'intérieur de ses cuisses, il prenait plaisir à la torturer...et elle ne pouvait rien faire pour l'en empêcher. Draco mordillait, léchait, embrassait l'écoutant gémir, supplier même mais ça n'était plus le moment de demander pardon,

Son seigneur la débarrassa sans cérémonie du reste de ses vêtements et se couchant sur elle, pénétra dans le petit paradis tiède. Hermione laissa échapper un long soupir, tentant de calquer son corps contre le sien, Draco passa un bras sous sa nuque moite, serrant une poignée de cheveux bras dans son point serré. Il entama un mouvement lent mais profond, se régalant des gémissements de plaisir de sa maîtresse; il avait bel et bien gagné mais ça n'était pas terminé..

- D...Dra...co...

Ses lèvres remuaient en silence, hormis ses soupirs rien de cohérent ne parvenait à en sortir. Elle laissa ses coudes glisser sur les draps, toujours entravée mais ça n'avait plus d'importance. Oh, comme il lui avait manqué...

Il parvint une fois de plus à obtenir ce qu'il voulait; lui donner une leçon. La tenant par les hanches, il la fit se mettre à genoux sur les draps défaits, ses mains liées agrippant les bords du matelas, son bassin suivant le rythme soutenu qu'il lui imposait. Les lèvres et les joues rouges elle comprit vite qu'il cherchait à retarder au maximum l'arrivé de la jouissance. Des gouttes de sueur coulait de son menton et tombaient sur les reins de sa maîtresse et enfin...il parvint à les libérer tous les deux et tomba étourdit sur elle, son torse collant contre son dos. Les poignets meurtris d'Hermione, cachés sous sa poitrine contre les draps moites. Des larmes avaient coulés sur ses joues sans quelle ne s'en rende compte.

Puis, sa voix la fit de nouveau sursauter, crevant sa bulle:

- Montre moi tes poignets.

Ordonna t'il sans méchanceté après s'être redressé en position à genoux sur le lit. Tandis que son esclave se tournait lentement sur le dos, toujours nu, Draco se saisit à nouveau de sa baguette et la posant sur les liens, les fit disparaitre et soigna doucement les brûlures superficielles sur ses poignets.

Sa captive gardait résolument la tête baissée, sur ses joues les traces de larmes malgré son plaisir passé. Les deux mains masculines y glissèrent pour lui relever le visage. Hermione sembla le regarder au travers d'un brouillard et le laissa essuyer ses joues et les caresser de ses pouces. Avec une infini douceur comparé avec la brusquerie dont il avait fait preuve tout à l'heure, Malfoy embrassa sa tempe comme pour apaiser un animal apeuré. Elle l'entendit murmurer contre sa peau;

- Ne refait jamais ça, Hermione. Tu entends?

- Tu...n...commença t'elle timidement

- C'est toi. Elle le regarda enfin, étonnée. Il n'y a que toi.

Si ça n'était pas une déclaration d'amour, eh bien en tout cas ça y ressemblait beaucoup. Ca eu le don de la rassurer. Elle laissa tomber son front sur son épaule nue dans un profond soupir qui la détendit toute entière. Draco se coucha dans le lit défait et recouvrit le corps nu de sa maîtresse après quelle se fut lové contre lui. Dans un geste lent et apaisant, il caressa son épaule et son bras jusqu'à ce quelle se soit endormi.