Salut tout le monde !
Une fois n'est pas coutume, j'ai une question à vous poser. Je sais que certaines lectrices de cette fiction sont jeunes et que c'est à cet âge là notamment qu'on se forge un esprit critique et une opinion sur le monde qui nous entoure. Si je vous parle de ça, à vous, jeunes et moins jeunes, c'est parce qu'une part de moi espère que cette fiction, malgré ces blagues douteuses et sa romance vous apprends ou vous apporte quelque chose.
Il est vrai, vous devez le savoir maintenant, qu'au début, on écrivait un peu n'importe quoi, on va pas s'en cacher. Nous voulions simplement nous divertir, nous amuser nous-même. Mais avec le temps, l'intrigue s'est étoffée, tout comme nos personnages. Et aujourd'hui, nous nous essayons d'être les plus réalistes possible et cela implique de représenter le monde tel qu'il est, avec ses défauts.
Ainsi, nous nous efforçons, avec plus ou moins de succès, de montrer que personne n'est mauvais à la base et que ce sont nos choix qui font de nous ce que nous sommes. Nous cherchons aussi à montrer, avec nos différents personnages, que l'amour est le même, et ce, peu importe le sexe des concernés. Et même si ce n'est pas encore très flagrant, nous essayons de créer des personnages d'une grande diversité, de caractère, d'apparence mais aussi d'origine. Pour vous dire, nous avons même lu des articles scientifiques sur la génétique et sur les différents pourcentages concernant les couleurs des yeux, par soucis de réalisme. Et nous ne nous arrêterons pas là.
Notre but est de réussir à ouvrir les esprits, même si c'est dans une moindre mesure, et peut-être même de redonner confiance à certaines personnes. Ma question est donc la suivante : Cette fiction apporte-t-elle quelque chose à votre vie ? Vous fait-elle réfléchir sur notre monde tristement réel ?
On remercie maintenant toutes ces personnes fabuleuses qui nous laisse des petits mots de soutien et leur avis : valentine2905, Ornithorinque, Rosevalyne, Alaiis, Lizzia0901, Juju, Annabet Lovegood, Vlad, Juste Cllia, EmmaUneLectrice, Stilandra Black, Guest, MadeInClary, Elenna-Hellenika, MomoTheDreamer et Vastrid ! Vous êtes génial ! Et ça fait incroyablement plaisir de vous voir aussi nombreuses pour ce chapitre !
On espère qu'il vous plaira !
Sur ce,
Bonne lecture !
CHAPITRE XXXVI :
Celle qui se faisait momifier
Avril 1979
Morgane ne savait pas exactement comment elle avait fait pour se trainer jusqu'à son appartement, ni ce qu'il s'était exactement passé entre le moment où sa chef de service lui avait annoncé qu'elle la mettait de force sur le banc de touche et le moment où elle s'était glissée sous ses draps et avait serré son oreiller contre elle, tentant désespérément de rechercher un restant de l'odeur si particulière de Regulus pour la consoler, mais elle savait qu'elle ne s'était jamais sentit aussi mal de toute son existence et qu'elle voulait juste rester couchée. Sa tête la faisait horriblement souffrir et elle n'avait pas encore totalement réussit à calmer sa crise d'angoisse, en somme, elle se sentait vraiment comme une merde.
Elle roula sur le dos et tenta de faire des exercices de respiration pour se relaxer un peu, mais son cerveau fonctionnait à cent à l'heure. Elle ne comprenait juste pas. Pourquoi Jackson avait-il fait une telle rechute? La semaine dernière tout semblait aller si bien, et les derniers résultats à être arrivés ne collaient pas avec le reste...
- Stop, stop, stop, murmura-t-elle en plaquant ses mains sur ses paupières, sentant les larmes lui piquer les yeux.
Elle se redressa brusquement et ouvrit le tiroir de sa table de nuit pour farfouiller dedans pendant quelques instants avant d'en ressortir une fiole de potion violette qu'elle ouvrit et vida d'une traite. Elle n'eut même pas le temps de s'installer convenablement dans son lit qu'elle fût plongée dans un sommeil profond et sans rêve.
A la porte de son appartement, le lendemain matin, attendait Fergus. Le sorcier avait frappé, encore et encore, sans avoir eu de réponses. Cela commençait sérieusement à l'inquiéter. Dorothée et son mari étaient venus manger au manoir McLaggen le soir précédent -ses frères Angus et Tiberius s'étaient d'ailleurs empressés de venir en l'apprenant, le mari de Dorothée ayant une place de choix au ministère- et il avait appris que Morgane avait pour ainsi dire perdu la tête en plein service.
Il avait d'abord envoyé un hibou, ne pouvant se déplacer dans l'immédiat, mais l'absence de réponse l'avait tellement inquiété qu'il était venu à la première heure le lendemain. Autant dire que rester ainsi devant la porte sans rien entendre de l'autre côté le rendait particulièrement nerveux.
- Je peux savoir ce que tu fous ici, McLaggen ? Siffla une voix hostile dans son dos.
- Mouton ? Ça alors, quelle surprise ! S'exclama-t-il en observant Miriam Strout et ses bouclettes indisciplinées.
- Appelles-moi encore une fois comme ça et je te jure que tu n'auras pas de descendance, s'énerva Miriam. Nous ne sommes plus à Poudlard, sombre crétin, tu ne pourras pas te cacher sous les jupes du professeur McGonagall !
- Oh Mouton, je suis un ancien Gryffondor, je n'ai pas l'habitude de me cacher derrière qui que ce soit ! Pas comme certaine ...
- Espèce de ...
- Ce n'est pas qu'échanger des souvenirs avec toi m'ennuie, mais je m'inquiète pour mon amie et je cherchais un moyen d'entrer avant que tu ne viennes perturber mes tentatives infructueuses ! Je ne sais pas comment elle a protégé son appartement, mais c'est du solide, dit-il en essayant un nouveau sortilège.
Miriam eut un sourire narquois.
- Et j'imagine que ton cerveau de Gryffondor atrophié n'a pas pensé à utiliser la clé ...
- La clé ? Quelle clé ? S'exclama Fergus, ahuri, alors que Miriam le poussait du paillasson pour soulever celui-ci et récupérer une petite clé scotchée sur l'envers.
Il l'observa déverrouiller la porte de l'appartement de son amie, surpris de découvrir ainsi que les deux femmes se connaissaient.
- Je suppose que vous travaillez ensemble? Je croyais que tu étais partie attraper le chikungunya ou un truc dans le genre de l'autre côté de la planète ? C'est fini ton tour du monde ?
- Tu ne m'as pas dit ce que tu foutais ici crétinos, coupa-t-elle en l'empêchant de la suivre à l'intérieur, omettant volontairement de répondre à ses questions, Morgane ne m'a jamais parlé de toi, pourtant t'es pas le genre d'information qu'elle omet, termina-t-elle en arquant un sourcil.
Fergus la poussa de son chemin sans difficulté -faisant jurer Miriam, un peu trop influencée par sa jeune amie blonde- et se dirigea vers la chambre de Morgane lorsqu'il constata qu'elle n'était pas installée dans son canapé avec son plaid hideux.
- C'est une amie de... courte date, l'informa-t-il, se sentant obligé de se justifier.
Il connaissait assez Miriam pour savoir qu'elle n'hésiterait pas à lui jeter un sort si elle se méfiait de lui, déjà qu'elle ne le portait pas dans son coeur.
- Morgane?! Paniqua-t-il en apercevant son amie allongée de travers dans son lit, inerte.
Il se précipita vers elle, le coeur battant à tout rompre. D'accord beaucoup de choses étaient arrivées ces derniers jours dans la vie de la jeune femme, mais elle ne pouvait tout de même pas... Il lâcha un soupir de soulagement en voyant sa poitrine se soulever, avant d'examiner ses poignets et ses bras, à la recherche de la moindre blessure. Il la savait triste et désorientée, ces derniers temps, mais jamais elle ne lui avait paru suicidaire. Heureusement. Mais alors, qu'avait-elle ?
- Potion de sommeil sans rêve, diagnostiqua Miriam en attrapant la fiole vide sur la table de chevet. J'imagine que c'était la goutte d'eau qui a fait débordé le vase ... C'était déjà difficile cette histoire avec Trouffion alors maintenant ça ... Pauvre Morgane.
- Trouffion ? Répéta Fergus avant d'écarquiller les yeux et de se mettre à rire.
- Je peux savoir ce que tu trouves drôle, abruti ? Elle souffre et ça t'amuse ?! Tu as pas changé, on dirait ! S'outra Miriam en le poussant du lit pour l'obliger à lâcher Morgane qu'il avait encore dans ses bras.
- Tu ne me connais pas, Mouton, alors ne fais pas comme si tu pouvais dire ou non que j'ai changé, dit-il sérieusement en fronçant les sourcils. Je riais simplement d'entendre la douce et casse-pied Miriam Strout appeler Regulus Black "Trouffion".
-Re-Regulus Black... souffla la jeune femme en posant ses yeux écarquillés sur Morgane. Elle... et Black? C'est pas possible! Oh Morgane, mais elle en rate pas une! Regulus Black! LE Regulus Black!?
Fergus l'observa, la laissant encaisser la nouvelle et se rendre compte que toutes les informations qu'elle possédait à propos de "Trouffion" concernaient, en fait, Regulus Black.
- Je savais que c'était un sang-pur, mais là... elle a tiré le gros lot!
- Ça tu peux le dire, elle avait pêché le plus gros poisson de la mare dans ses filets, mais elle l'a relâché, soupira Fergus en regardant Morgane qui continuait à dormir.
- Tu viens de comparer Regulus Black à un poisson, fit remarquer la jeune femme.
- J'aurais pu choisir pire, crois-moi, et Regulus est un chic garçon, à quelques détails près. Je veux que Morgane et lui puissent être ensemble.
- Tu veux? Répéta Miriam en arquant un sourcil. Je crois pas que ça te regarde, Morgane est assez grande pour faire ses propres choix! Et si elle ne veut pas être avec Regulus Black, qui soit dit en passant, vient d'une famille où la magie noire...
- Regulus? Murmura Morgane en ouvrant doucement les yeux, à l'entente du prénom du jeune homme. Qu'est-ce que... Qu'est-ce que vous foutez là tous les deux? Dans ma chambre?! Aw, ma tête!
- Quand on se drogue, on assume les conséquences, jeune fille ! S'exclama Fergus en s'asseyant à nouveau près d'elle, un doigt accusateur vers la petite sorcière. Est-ce que tu sais la peur que j'ai eu lorsque personne n'est venu m'ouvrir hein ? Tu veux faire du mal à mon petit cœur en mal d'amour, c'est ça, amie indigne ?!
- Oh je t'en prie, si tu ne manques pas d'une chose, c'est d'amour, ricana Miriam. Tu n'as qu'un sourire à faire pour que toutes les idiotes (et idiots) à dix kilomètres à la ronde se jettent à tes pieds !
- Serait-ce de la jalousie que j'entends dans ta voix, Mouton ?
- T'aimerais bien ! Siffla-t-elle.
- Elle m'adore, souffla Fergus en faisant un clin d'œil à Morgane.
- Euh ... Deux choses, lança celle-ci la voix cassée d'avoir trop pleuré. Premièrement, vous vous connaissez ? Deuxièmement, qu'est-ce que vous foutez chez moi, par Merlin ?!
- Josh', répondit Miriam en lui remplissant un verre d'eau dans la cuisine. Il s'inquiétait pour toi et il est venu me voir. Quant à l'imbécile que tu as délibérément fait entrer dans ta vie -ce qui est une grossière erreur je te l'assure- et bien ... disons que nous étions à Poudlard ensemble.
Fergus adressa un sourire éclatant à Morgane qui arqua un sourcil avant de le fixer avec insistance pour qu'à son tour, il se décide à expliquer la raison de sa présence ici.
- Pour faire court: je soupais hier avec cette chère Dorothée et son époux, ainsi que mes parents et mes deux bons à rien de frères-
- De ce que j'entends, c'est toi le bon à rien, murmura Miriam comme si de rien était en tendant un verre à Morgane, ce qui lui valut un regard noir de la part de Fergus qui décida malgré tout de l'ignorer et continuer son récit.
- ...donc, elle m'a dit que tu avais comment dire... craqué? On va dire ça, que tu avais pété une durite dès le début de ton service, elle ne m'a pas dit pourquoi, secret professionnel, mais j'imagine qu'il y a mort d'homme? Bref, je t'ai envoyé une lettre par hibou express, mais je n'ai pas eu de réponse, je suis donc venu à la première heure ce matin. Je crois que ma mère pense que je me suis entiché de toi, tu vas probablement avoir Emmeline sur le dos dès qu'elle lui aura fait passer le mot. Quoique, si Dorothée lui dit que tu as couru dans les couloirs en pleurant, elle comprendra peut-être que je ne souhaite que te venir en aide et te soutenir...
- C'est censé être court ça? l'interrompit à nouveau Miriam en jetant un coup d'oeil vers le visage vide d'expression de son amie aux cheveux blonds. Morgane s'est rendormie, regarde!
- Non, non, je ne dors pas, fit-elle en secouant lentement la tête de gauche à droite. Je suis juste entrain de me dire que je me suis foutue la honte devant une bonne partie de l'hôpital et que j'espère vraiment que cette histoire n'arrivera pas aux oreilles de gens qui me connaissent.
- Tu penses à Regulus? S'empressa de demander Fergus.
- Mais non, elle pense à ses amis! S'indigna Miriam en lui donnant un coup sur le bras. Pourquoi tu enfonces le couteau dans la plaie comme ça toi? Siffla-t-elle dans son oreille.
- Tu ne sais presque rien de cette relation Mouton, si tu veux le bonheur de ton amie, tu veux qu'elle soit avec lui! Lui répliqua-t-il sur le même ton.
Morgane regarda ses deux plus proches amis -Kathleen ne comptait pas puisque c'était véritablement devenue sa sœur- se chamailler. Elle était encore un peu sous le coup de la potion, ce qui endormissait la douleur. Mais elle était réellement surprise de les voir là. Surprise et touchée de leur inquiétude. Ses lèvres s'étirèrent doucement en entendant Miriam insulter Fergus. C'était drôle de voir la douce Mimi, toujours si gentille et ouverte avec tout le monde, crier et insulter le beau sang-pur. Elle ne savait pas ce qu'il y avait eu entre eux pour qu'ils se bouffent le nez ainsi, mais c'était tordant.
- Sang-pur stupide !
- Mouton naïve ! Qu'est-ce que t'y connais à l'amour, toi, de toute façon ?! Je te dis qu'il l'a dans la peau !
- Dîtes ...
- S'il l'avait vraiment dans la peau, il se serait battu pour elle ! Il aurait insisté ! C'est ça que font les gens amoureux !
- Hey ...
- Fais pas comme si tu savais de quoi tu parles ! J'ai entendu dire par certains amis que tu sortais avec Steeve-j'ai-pas-inventé-la-poudre-de-cheminette ! Laisse-moi te dire que t'es tombée bien bas !
- Parce que tu as des amis, toi ? C'est nouveau ! T'es tellement taré que tu as toujours fait fuir tout le monde !
- VOUS ALLEZ LA FERMER, BORDEL DE MERDE ?!
Fergus et Miriam reportèrent leur attention sur leur amie aux cheveux blond qui poussa un soupire d'exaspération.
- Je pense pas que vous êtes venus pour vous disputer donc...
- Je savais même pas qu'elle serait là, fit remarquer Fergus avant de se prendre un coup à l'arrière du crâne de la part de Morgane qui venait de lui lancer son réveil matin dessus pour le faire taire. Les femmes... Grogna-t-il.
- Mais enfin Fergus, laisse-moi parler, je voulais simplement vous remercier!
- C'est tout à fait normal Momo! Sourit Miriam en lui serrant la mains.
- Mais oui! Par ailleurs, je suis très impressionné par les protections qu'il y a autour de ton appartement, tu gardes quelque chose de précieux ici? A part ton petit cul? Demanda-t-il, curieux.
- Et bien... on est jamais trop prudent, répondit la jeune femme en s'appuyant contre la tête de son lit.
- Réfléchis tête de noeud! C'est Trouffion qui les a installés, expliqua Miriam en secouant la tête, enfin je veux dire... je veux pas l'insulter...
- Si tu crois que je l'ai jamais insulté, ricana Morgane, sans pour autant se sentir particulièrement amusée d'entendre Regulus se faire appeler Trouffion.
Passé la surprise de les voir ici, entendre à nouveau parler de Regulus réveillait en elle la douleur qu'elle avait cherché à éteindre. Et Jackson ... ce pauvre petit ... songea-t-elle en sentant les larmes lui piquer de nouveau les yeux. Miriam et Fergus échangèrent un rapide regard. La médicomage avisa une boîte de mouchoir dans la pièce, l'attrapa et la lança à Fergus, lequel tira quelques mouchoirs et en colla un sous le nez de Morgane et deux autres sous ses yeux.
- Et t'es prié de pas me les jeter dessus, ceux-là ! Signala-t-il.
- Tu as décidé de l'étouffer ou de la momifier, pauvre crétin ? Elle peut plus ni respirer ni voir, abruti !
- Je te permets pas de juger, Mouton, c'est moi qui essuie les larmes depuis trois jours à tel point que je travaille sur un sortilège style glue perpétuelle pour mouchoirs ! Alors si tu veux te rendre utile, va plutôt chercher le chocolat et la glace !
- J'ai vraiment pas faim, fit remarquer la blonde avec difficulté, la voix étouffée par les mouchoirs de Fergus qu'elle écarta avec difficulté.
Ses deux amis la regardèrent, profondément choqués de l'entendre prononcer ses paroles.
- Si tu veux on peut faire la liste de toutes les choses que tu n'aimais pas ou qui t'énervaient chez Tro-Black, proposa Miriam en réfléchissant.
- Mauvaise idée, coupa Fergus qui semblait penser à la même chose que Morgane, c'est à dire au fait que Regulus était un mangemort, ce qui était ce que Morgane détestait le plus chez lui.
- T'as pas une photo de lui? On peut l'accrocher sur le mur et lancer des pics dessus? Continua sa collègue.
- Tentant, sourit Morgane avant de repenser à la fois où elle avait emmener Regulus dans le magasin de Vinyles et qu'ils avaient pris des photos dans le photomaton.
- Tu l'as faite pleurer, regarde! S'énerva Fergus en collant à nouveau des mouchoirs sur le visage de son amie aux cheveux blonds.
- Je suis très tentée d'aller chez lui et de lui montrer dans quel état il te met, j'espère qu'il va mal! J'espère qu'il souffre! Qu'il pleure tous les soirs en serrant son oreiller contre son coeur en souhaitant que ça soit toi! Il trouvera pas deux filles comme toi et...
- Mais c'est moi-moi, qui lui ai dit de partiiir! Coupa Morgane en sanglotant dans ses mains, Fergus lui tapotant le dos.
- Bravo Mouton, bravo!
- Et j'étais censée le deviner comment, moi, hein ? Siffla Miriam. Mais enfin, Morgane pourquoi tu te mets dans cet état si c'est toi qui l'a quitté ? Demanda gentiment la jeune femme en s'asseyant au bord du lit, prenant la main de son amie pour tapoter dessus.
- Parce que j-je ... suis ... amoureuse de luiiiii, continua de pleurer la petite blonde à présent appuyée contre l'épaule de Fergus.
- Là, là, ma petite chérie, ça va aller ... Il va te le récupérer, tonton Fergus, t'inquiète pas, souffla le sang-pur avant de fusiller Miriam du regard et de mimer avec ses lèvres "toi tu vas me payer le pressing".
- Miaou ? Lança une petite voix au pied de Miriam.
Elle se pencha et attrapa Stitch pour le prendre dans ses bras. Le chat regarda sa maîtresse pleurer encore et encore dans les bras de ce nouvel humain qui squattait régulièrement depuis quelques jours. Il lança un regard interrogateur vers l'humaine qui lui caressait le dos d'un air distrait.
- Moi non plus je comprends plus rien, Stitch ... Moi non plus.
Kathleen enfouit son visage dans le torse de Gideon lorsque l'alarme de son réveil sonna et que celui-ci passa son bras par dessus son corps engourdi par le sommeil pour l'éteindre d'un geste las.
- C'est pas humain de se lever aussi tôt, grommela-t-elle en plissant les yeux alors qu'il allumait la lumière d'un coup de baguette magique.
- J'ai une mission et tu as dit que tu te levais à la même heure pour aller travailler à ta boutique, sourit son fiancé en déposant un baiser sur son front, seule partie qui n'avait pas disparu sous la couverture.
- Je regrette ma décision, je sais pas ce qui m'a fait dire ça, lança-t-elle d'une voix étouffée.
- Ton immense amour pour moi? Proposa Gideon qui était en train de se diriger vers la salle de bain.
- Immense? Renifla la brunette en sortant la tête de sa couette, les cheveux en pétard.
Kathleen n'était pas du matin. Elle ne l'avait jamais été. Mais soit, elle avait promis à Gideon de se lever en même temps que lui par solidarité, alors elle allait le faire, songea-t-elle en s'étirant de tout son long dans le lit vide. Mais pourquoi, par Merlin, faisait-il si bon sous la couette et si froid dans la chambre ?
- Tu me blesses profondément Kathleen, je vais aller pleurer dans la douche, signala Gideon avec une moue faussement attristée.
- Tu choisis un endroit où on ne voit pas tes larmes, viril jusqu'au bout hein? Soupira-t-elle en se forçant à sortir du lit, un sourire aux lèvres.
- Tu pourras les voir si tu viens te laver avec moi, dit-il en se tournant vers elle, un sourire aux lèvres.
Kathleen sourit davantage et s'approcha de lui, passant ses bras de chaque coté de la tête de son fiancé, caressant ses cheveux roux qu'elle adorait.
- Ce serait avec plaisir mais tu sais aussi bien que moi que tu arriverais en retard à ta mission, souffla-t-elle en glissant sa main sur le torse musclé de Gideon, lequel frissonna.
Il lui jeta un regard noir alors que la fine main de la sorcière caressait sa peau marquée de cicatrices en tout genre.
- Tu es cruelle, Kat, grogna-t-il quand elle commença à l'embrasser dans le cou.
Elle eut un petit rire amusé et releva la tête, déposant un baiser sage sur les lèvres de son futur mari, avant de s'éloigner de lui.
- Allez, va prendre ta douche, je vais préparer le petit-déjeuner de mon courageux et matinal fiancé !
La brune descendit les escaliers et se dirigea vers la cuisine tout en baillant. Elle ignorait tout de la mission qui attendait Gideon, elle savait juste qu'il serait accompagné de Fabian et Benjy, comme souvent. Elle n'avait eu aucune vision à propos d'une mission incluant ces trois là tournant au vinaigre, mais elle avait tout de même un mauvais pressentiment. Cependant, elle avait toujours un mauvais pressentiment lorsque Gideon partait, elle ne pouvait pas lutter contre, c'était toujours difficile de le voir s'en aller.
Il avait beau lui assurer qu'il reviendrait, elle savait mieux que lui que c'était une promesse vide de sens. Un jour il finirait par ne pas revenir et ce jour-là ... la vie sans lui n'aurait plus de sens ... Kat secoua la tête avant de casser des oeufs dans une poêle. Non, elle en avait déjà parlé avec Morgane et cette dernière avait fait remarqué quelque chose d'intéressant: peut-être que sa présence, en tant qu'être cher pour Gideon, allait changer la donne sur sa survie. Bien sûr ce n'était qu'une supposition, rien n'indiquait que son fiancé survivrait à cette guerre, mais elle s'accrochait à l'idée qu'elle pouvait le sauver. Qui plus est, tellement de choses avaient changé à cause de sa simple présence, et de celle de Morgane ! Elle savait que le futur qui s'offrait à elle n'était pas le même que celui qu'elle avait pu lire lorsqu'elle était plus jeune ... N'avaient-elles pas précipité la date de mort de Marlène ? Pensa-t-elle une boule au ventre. Et si cela arrivait pour les autres ? James, Lily, Gideon, Fabian et tous leurs proches ...
Gideon sortit de sa douche, avec une moue frustrée qui fit rire Kathleen, la sortant de ses sombres pensées.
- Je vais être déconcentré toute la journée à cause de toi ! Bougonna-t-il en l'embrassant après avoir pris son petit-déjeuner.
- Tututut ! Ne te sers pas de moi pour justifier ton incompétence, très cher ! Sourit Kathleen. Allez, vas sauver le monde, auror Prewett !
- A vos ordres, mon général ! S'exclama-t-il avec un sourire, lui volant un dernier baiser avant d'utiliser la poudre de cheminette pour aller directement au ministère prendre son ordre de mission.
Kathleen sourit, la boule d'angoisse toujours présente dans son estomac. Elle avait rendez-vous en fin de matinée avec son conseiller gobelin, à Gringott's. Ce dernier était très satisfait du succès du magasin et du profit que la banque en tirait. Il devait à présent discuter d'un accroissement de la production, pour pouvoir éventuellement faire de l'envoi par correspondance à l'étranger. C'était sans aucun doute cela qui stressait Kathleen, pourtant, elle ne put s'empêcher de lancer un dernier regard vers la cheminée.
- ... et donc il faudrait qu'on envisage de faire une campagne de publicité plus importante, mais seulement si tu te sens capable de tenir le rythme, sinon il faudra que j'envisage d'engager une deuxième vendeuse, expliquait Kathleen à Georgina, après être revenue de son rendez-vous à la banque.
Ce dernier s'était très bien passé, au delà même de ses espérances et pourtant la sensation d'urgence et la douleur dans son ventre ne faisaient d'augmenter.
- Faut pas vous en faire, patronne, j'assure ! Et au pire, il doit bien exister un sortilège de dédoublem- KATHLEEN ! S'écria Gina' en se précipitant vers la jeune sorcière qui venait de chanceler sous le coup de la douleur.
- Je- C'est rien, la rassura-t-elle, le souffle court, en se redressant.
- On me la fait pas à moi! Il faut contacter votre soeur! S'alarma la vendeuse en l'accompagnant pour qu'elle s'assoit dans un des fauteuils de la boutique.
Kathleen ne broncha pas, trop occupée à masser son abdomen pour calmer la douleur et cligner des yeux pour essayer d'y voir clair et chasser la brume qui s'était installée devant ceux-ci. Elle vit Georgina s'activer avec le vieux téléphone vintage qu'elle avait dans sa boutique pour contacter Morgane, son numéro étant inscrit dans le petit carnet qui était posé à côté de la caisse.
- Heum... Bonjour?
- BONJOUR? Par Merlin! J'ai vraiment l'air stupide à parler dans une petite boite comme ça! Hey Mouton! Tu veux pas venir le faire à ma place! Tu vas où?... J'ai pas de travail parce que je suis riche, pas parce que je...
- Excusez-moi, interrompit Gina à travers le combiné, mais est-ce que je suis chez Morgane Kerrien? Demanda-t-elle, incertaine, mais sûre d'être tombée sur un sorcier.
- OUI TRES CHERE! MAIS ELLE DORT! ETkjzqdiloqdkhdlkj
Kathleen vit Georgina éloigner le combiné de son oreille alors que des bruits de coups se firent entendre de l'autre côté de la ligne.
- Désolé, fit une voix de femme lorsque le calme fût revenu, Morgane dort, elle ne va pas très bien, mais je ne sais pas si elle va dormir encore longtemps avec Fergus l'abruti qui crie comme un goret! Je peux prendre un message?
- Euh ... C'est Kathleen, sa sœur ... Elle ... Je ne sais pas ce qu'elle a ... mais elle semble souffrir et sur le point de ... Par le slip à poids de Merlin ! Kathleen ! S'exclama-t-elle en lâchant le téléphone pour se précipiter vers sa patronne qui avait perdu connaissance mais dont le corps semblait être pris de spasme.
Cette dernière, la tête renversée en arrière, ne sentait plus que la brûlure de son abdomen, plus vivace que jamais. C'était comme sentir la morsure des flammes qui consumait sa peau, se répandant dans son sang pour la brûler vive. Et soudain, devant ses yeux, elle aperçut dans une pièce plongée dans l'obscurité le sourire satisfait d'Evan Rosier. Le coeur de Kathleen rata un battement, et horrifiée, elle suivit le regard du mangemort pour distinguer l'aîné des Lestrange torturer deux malheureux, qui auraient dû être difficile à identifier au vu de leur état pour une autre personne. Mais Kathleen n'était pas n'importe qui et son corps tout entier se révulsa davantage en reconnaissant, à travers le sang, deux tignasses couleur de feu. L'une était prostrée sur le sol, entourée d'un halo rouge sombre, le corps brûlé par endroit et atrocement immobile. Fabian. L'autre, à genoux, les mains liées dans le dos, tout aussi amoché que son cadet, dressait vaillamment la tête, non pas pour fixer Lestrange, mais bien pour planter son regard dans les yeux de Rosier. Gideon ...
Son être tout entier hurla, souhaitant se jeter sur le corps de son fiancé pour prendre le doloris à sa place, mais Kathleen n'était pas vraiment là. Elle était totalement impuissante face à ce spectacle de pure barbarie. Les larmes ravagèrent ses joues en le voyant se mettre à cracher du sang. Elle s'accroupit devant lui, tendant la main pour caresser le visage tuméfié de son fiancé, des sanglots coincés dans la gorge. Dans un état second, l'éclat d'un masque de mangemort attira son attention. Et malgré ce masque, qui couvrait tout le visage, elle reconnut le regard froid et impassible de Regulus, lui faisant lâcher un hoquet horrifié et surpris. Et soudain, en plus de l'horreur, la rage et la colère lui prirent à la gorge.
Alors qu'un énième hurlement de Gideon retentissait dans son esprit, Kathleen se sentit brutalement ramenée à la réalité et ouvrit les yeux sur une Gina' complètement paniquée.
- Kathl... Commença-t-elle avant d'écarquiller les yeux en voyant sa patronne se redresser, le regard assassin malgré les larmes qui coulaient sur ses joues.
Elle se leva, chancela un peu, avant de se diriger vers l'arrière-boutique et la cheminée qui y était, laquelle était connectée au réseau de cheminette.
- Kathleen ! S'écria sa vendeuse en la suivant. Patronne, asseyez-vous, vous n'êtes pas en ...
- Ferme la boutique et rentre chez toi, Georgina, coupa cette dernière d'une voix rauque, comme si elle avait hurlé durant des heures.
- Q-quoi ? Demanda abasourdie cette dernière.
Il était rare que Kathleen l'appelle par son prénom. C'était mauvais signe et cela l'inquiéta davantage. Sa patronne ne semblait pas être dans son état normal.
- Rentre chez toi, répéta cette dernière avant de lui tourner le dos pour pénétrer dans l'âtre de sa cheminée et y jeter une poignée de poudre de cheminette: Manoir Vance !
La dernière chose qu'elle vit avant de fermer le yeux et de se sentir ballotter en tout sens furent les flammes émeraudes qui vinrent lui lécher le corps et le visage troublé et inquiet de Georgina qui la regardait partir, la bouche entre-ouverte.
Lorsque Kathleen rouvrit les yeux, elle fût projetée en avant sur le tapis hors de prix qui trônait devant la cheminée du salon principal de la demeure d'Emmeline. Cette dernière se tenait debout, près de la porte qui menait vers le long couloir qui donnait sur les autres pièces de la maison et l'observait, choquée de la voir arrivée à l'improviste dans son salon en fin de matinée. La brunette se releva alors que la quinquagénaire se dirigeait vers elle, alarmée, et compris immédiatement en voyant son visage que cette dernière était au courant. Elle savait que la mission de Gideon, Fabian et Benjy ne s'était pas déroulée comme prévue.
- Kathleen ma chérie, j'allais te contacter... Commença-t-elle en croisant son bras avec le sien, l'entrainant avec elle dans le couloir. Kingsley et Alastor viennent d'arriver, mais ils ne peuvent pas rester longtemps, ils ont énormément de travail avec le ministère, ils ont eu quelques informations via Benjy, mais le pauvre est dans un état lamentable... Albus ne devrait pas tarder non plus. Mais dis-moi, qui t'as donc prévenu?
- Où est Benjy? Demanda Kat, en ignorant la question de sa mère de substitution.
Elle ne l'avait pas vu dans sa vision et ne savait pas si elle devait s'en réjouir ou non. Visiblement, il était vivant. Mais à quel prix ?
- A Sainte-Mangouste, répondit-elle avec un soupire.
L'estomac de la jeune femme se contracta d'inquiétude pour Benjy, mais ce sentiment partit très vite. C'était peut-être égoïste, mais le plus important pour la jeune femme était de sauver Gideon et Fabian.
- ... nous ne devons pas tarder, cette mission relève du ministère cette fois-ci, mais que l'on prévienne tous les membres de l'Ordre qui peuvent répondre présent pour qu'ils se tiennent prêts à nous tenir main forte si jamais ça tourne mal ! S'exclamait Alastor Maugrey aux quelques membres déjà réunis dans le salon d'hiver d'Emmeline.
Il aperçut Kathleen du coin de l'œil et fit signe à Kingsley qu'il pouvait partir pour commencer à organiser la mission de sauvetage. Ce dernier hocha la tête et se dirigea vers la cheminée du salon avant de disparaître dans les flammes.
- Vous êtes déjà là, constata le célèbre chasseur de mage noir en voyant la jeune femme. Contactez la famille Prewett et attendez ici pour accueillir et prévenir ceux qui pourront se déplacer ...
- N'y a t-il rien d'autres à faire ? Ne put s'empêcher de demander Kathleen.
- Gideon et Fabian ont été capturé durant une mission pour le ministère, l'Ordre n'a rien à voir là-dedans et une civile, fut-elle la fiancée d'un de nos aurors, n'a rien à faire sur un champ de bataille tant qu'on ne demande pas de l'aide.
- Alors vous allez vous jeter chez les Rosier, dans un nid de mangemorts et attendre de tomber les uns après les autres pour demander l'aide de l'Ordre ?! S'outra Kathleen, les nerfs mis à rude épreuve.
- Je ne crois pas avoir informé qui que ce soit de l'endroit où ils étaient retenus ... D'autant plus que même Benjy n'était pas certain de l'identité de ceux qui menaient l'attaque, déclara suspicieusement le grand auror.
Kathleen déglutit mais serra les poings. Peu importe si elle trahissait son secret. Ou qu'on la prenne pour une espionne. Les vies de Gideon et de son frère étaient en danger. Rien n'était plus important que cela.
- Ils y sont, j'en suis pratiquement sûre.
- Comment ?
- Je le sais, dit-elle en serrant les dents. Juste pour cette fois, faîtes-moi confiance, Alastor. Je ne prendrais jamais le risque de mettre la vie de Gideon en jeu.
Non, si elle avait eu le moindre doute, elle n'aurait rien dit. Mais tout son corps lui soufflait qu'ils étaient là-bas. Cet idiot de Rosier n'aurait jamais retiré son masque argenté ailleurs que chez lui, songea-t-elle en repensant à sa vision, malgré le haut le cœur qui la prit en revoyant le visage et le corps ensanglanté de son fiancé.
Maugrey la sonda du regard, puis posa ses yeux sur Emmeline qui était à la droite de la jeune femme, une main réconfortante posée sur son épaule.
- Et bien, ça fait quelques mois que nous souhaitons faire une perquisition chez les Rosier... lança-t-il en se dirigeant à son tour vers la cheminée. Nous aurons une discussion quand tout cela sera terminé Kerrien, lança-t-il par dessus son épaule avant de disparaitre dans l'âtre.
- Viens donc t'asseoir et boire quelque chose de chaud, mon ange, fit Emmeline en l'entrainant vers un fauteuil, remarquant enfin les jambes tremblantes de sa protégée.
Elle lui servit du thé. Encore et encore. Les heures passèrent, si lentement que la jeune femme crut perdre la tête. D'autres membres de l'Ordre arrivèrent, inquiets et compatissants, et s'assirent avec Kathleen, se rongeant les sangs avec elle. Mais elle ne les remarquait qu'à peine. Emmeline l'informa que Molly ne viendrait pas, ayant préféré tenir compagnie à sa mère et son père, mais qu'elle la verrait plus tard, probablement à l'hôpital, si tout se passait bien... La jeune femme ne voulait même pas imaginer ce qu'il se passerait si la mission de Maugrey tournait au vinaigre et qu'il ne réussissait pas à sauver Gideon et Fabian.
Que deviendrait-elle, sans lui ? Comment pourrait-elle supporter de le perdre ?
- Kat? L'interpella une voix féminine à sa droite.
Elle releva la tête et aperçut Morgane et sa mine épouvantable, probablement pire que la sienne -et c'était pas peu dire- venir vers elle d'un pas lent.
- On m'a dit que ça allait pas ce matin, Gina a téléphoné mais elle est tombée sur Fergus et Miriam qui sont restés presque toute la journée, et ensuite j'ai reçu plusieurs patronus comme quoi Gigi... Je suis venue dès que j'ai pu, désolée pour ce matin, expliqua-t-elle en tirant une chaise à côté d'elle.
- Tu as une mine horrible ! S'exclama Kathleen en prenant sa sœur dans ses bras, ressentant le besoin de s'assurer qu'elle était réelle, présente, pas comme Gideon.
- Je t'assure que la tienne n'est pas terrible non plus, renifla Morgane en lui rendant de toutes ses forces son étreinte.
- Moi c'est compréhensible, mais toi, qu'est-ce ...
- Jackson ... Jackson est mort, souffla Morgane.
- Oh, Mo' ! Je suis tellement désolée, je ... je l'ignorais ... Je t'ai délaissé ces derniers temps, j'aurais dû m'en rendre compte. J'aurais dû être là pour toi et ... et ...
La poitrine de la sorcière se mit à tressauter signe qu'elle retenait ses sanglots. Les larmes montèrent aux yeux de Morgane.
- Ça va aller, je te le promets ! Maugrey est super fort, même si c'est un gros con parfois. Il va nous les ramener, tu vas voir !
Kathleen secoua la tête, désespérée. Elle voulait tellement dire à Morgane qu'elle n'avait pas le moindre idée de l'état dans lequel était les garçons. Qu'il était sûrement déjà trop tard. Par Merlin, Fabian semblait déjà mort dans sa vision ! Mais elle refusait de perdre espoir. Gideon était toute sa vie. Et Fabian était devenu un membre de sa famille. Elle ne pouvait pas les perdre !
Mais pire encore que la douleur, le sentiment de trahison grandissait dans son cœur, à mesure que les heures avançaient. Ses visions ne mentaient jamais. Même si elle aurait préféré se tromper, elle avait reconnu Regulus. Kathleen aurait distingué son meilleur ami n'importe où. Et ça la rendait véritablement dingue de penser à sa vision, où elle voyait celui qu'elle aimait comme un frère regarder froidement ceux qu'il lui savait être chers.
Elle ne s'attendait pas à ce qu'il se batte contre Voldemort pour les sauver. Elle n'était pas naïve à ce point. Mais il n'avait même pas cherché à les aider, à la prévenir ... Il ne semblait rien faire d'autres que regarder platement les deux aurors se battre contre la mort. Et elle lui en voulait pour ça. Tellement que ses mains tremblaient rien que d'y penser. Elle avait cru en lui, l'avait aimé et lui avait accordé aveuglément sa confiance, le défendant contre tous. A tort. Elle s'en rendait compte, à présent.
Regulus n'avait jamais changé. Elle avait pensé qu'il ouvrirait les yeux à son contact. Qu'elle pouvait même le sauver. Merlin savait combien elle y avait cru ... Combien ça lui coûtait d'admettre la réalité aujourd'hui. Ça lui brisait le cœur de comprendre combien elle s'était trompée. Pire, le doute s'insinuait doucement en elle. Avait-il fait semblant, tout ce temps, de l'apprécier ? N'avait-elle été qu'un instrument pour atteindre Gideon ? Elle refusait d'y croire. Et pourtant ...
Morgane continuait de lui parler, de la rassurer, tentant de plaisanter avec elle comme quoi ils étaient increvables, alors même que le moindre sourire semblait lui coûter énormément. Par Merlin, que Kathleen aurait voulu partager ses visions avec elle. Mais que lui dire, après tout ce temps ? Comment pouvait-elle, après ces années de mensonges ?
- Je... Commença Kathleen alors que Morgane reprenait son souffle après lui avoir listé les raison pour lesquelles la missions de sauvetage ne pouvait pas échouer. Je suis sûre que Regulus était au manoir Rosier, qu'il les a vu se faire torturer, qu'il a vu Gideon... qu'il n'a rien fait...
Pour une raison qui lui échappa le regard de Morgane se fit soudainement lointain et elle serra avec force ses poings autour du tissus qui composait son pull informe.
- Peut-être pas? Souffla la petite blonde, une pointe d'espoir dans sa voix tremblante.
- Kathleen c'est une accusation grave, fit remarquer Emmeline en posant une main sur son bras.
- C'est un mangemort, cracha sombrement Kathleen sans remarquer l'expression déchirée qui se dessina sur les traits fatigués de sa meilleure amie, mais cela disparut aussi vite que c'était apparut.
- Je ne comprends pas, comment est-ce que tu peux en être aussi sûre... Tu dis ça comme si tu y étais ... souffla Morgane en fronçant les sourcils avant que le feu dans la cheminée ne se mit à crépiter et que Maugrey n'apparaisse.
- Ils sont à l'hôpital, on s'occupe d'eux, dès que les médicomages en auront terminé tu pourras voir ton amoureux Kerrien, les informa Maugrey avant de repartir aussi tôt pour le ministère.
Les trois femmes poussèrent un soupir de soulagement.
- Je vais aller à l'hôpital, attendre avec la famille de Gideon, annonça Kathleen en se levant, le corps endoloris d'être restée dans la même position pendant des heures. Tu viens Morgane?
- Euhm, non, je... je vais te laisser avec ta future belle famille, et puis je vais suffisamment à l'hôpital comme ça, j'irais leur rendre visite quand ils iront mieux, répondit-t-elle en évitant son regard. Je vais rester un peu avec Emmeline...
Kathleen se mordit la lèvre, n'osant pas insister. Morgane avait dû énormément souffrir de perdre Jackson, elle ne pouvait pas lui demander de l'accompagner là-bas mais ... comment lui dire qu'elle avait peur de ce qu'elle allait y voir ? Elle ferma les yeux et hocha la tête.
- Je te tiens au courant, souffla-t-elle avant de disparaître à travers les flammes.
Emmeline s'approcha de Morgane, laquelle s'était courbée en avant à l'instant même où Kathleen avait disparut dans l'âtre.
- Ça va aller, mon ange ?
Morgane secoua négativement la tête. Le regard plein de douleur et de haine de Kathleen lorsqu'elle avait parlé de Regulus lui tordait l'estomac. Il y avait un sentiment de trahison si fort dans sa voix ... Comment réagirait-elle, à présent, si elle apprenait la relation que Morgane avait eu avec lui ? Pire que tout, elle ne pouvait s'empêcher de se demander si l'inaction de Regulus -dans l'hypothèse où Kathleen avait dit vrai- n'était pas de son fait ? Fergus n'avait pas arrêté de lui dire que le jeune sorcier avait l'air complètement perdu, désœuvré. Et si au lieu de le pousser vers le bien ... elle lui avait fait perdre toute la maigre estime qu'elle avait acquis avec le temps ?
- C'est de ma faute, vous croyez, Emmeline ? Souffla-t-elle d'une voix brisée.
Vous avez vu, on est pas trop méchantes, on vous dit qu'ils sont vivants et à Saint-Mangouste ! D'ailleurs c'est principalement là que se déroulera le prochain chapitre, dans lequel vous pourrez lire un sacré règlement de compte !
A bientôt les loulous !
Kathleen cligna des yeux et soupira, reconnaissant le couloir dans lequel elle n'avait pas mis les pieds depuis quelques temps -et c'était tant mieux!-. Elle entendit quelqu'un soupirer bruyamment à sa droite et vit Morgane qui avait penché sa tête en arrière et semblait blasée de constater qu'elle avait à nouveau été appelée ici.
- J'espère que Regulus va venir! Fit une voix à leur gauche, faisant réagir les deux jeunes femmes.
- Pardon?! S'exclama Kat, vexée d'entendre James dire cela, et également perdue.
Pourquoi est-ce que James voulait voir Regulus?
- Non mais laisse tomber, il s'est découvert une passion pour le frère de son BFF, ils vont bientôt convoler en noces, ils attendent juste que Walburga donne sa bénédiction, grommela Morgane en s'asseyant sur une chaise, fatiguée.
Un hurlement se fit entendre de l'autre côté du couloir, faisait sursauter les trois amis, et forçant Morgane à se relever.
- Mary Prout-Prout... Souffla la blonde en voyant l'ancienne serdaigle pointer un index vers le petit groupe.
- JE SUIS TOUT BONNEMENT HORS DE MOI! JE FINIRAIS PAR AVOIR LA PEAU DE TON SALE ROUQUIN!
- Elle dit ça, mais elle a rien fait du tout dans cette histoire... Lança James en observant Mary gesticuler.
- VOUS PLEUREREZ TOUS DES LARMES! DES LARMES DE SANG!
- Est-ce que tu pourrais crier plus loin? Demanda Severus Rogue d'une voix trainante, derrière elle.
- Dans une fosse septique, proposa Morgane en hochant la tête.
- Comment oses-tu prendre la défense de ces ... ces ... fulmina Mary en fusillant les trois amis des yeux.
- Le manque de vocabulaire, quel fléau. Si c'est pas malheureux, pour ancienne serdaigle ! Ricana Morgane en observant son environnement.
Il devait bien y avoir quelque chose qu'elle n'avait pas encore tenter. Il y avait toujours une faille. Il suffisait simplement de la trouver. Son regard se posa un instant sur James, qui semblait être en proie à la même activité qu'elle. Sauf que sa cible était plutôt le serpentard au nez crochu. Il n'oubliait pas le mal qu'il avait fait à Lily, même si James savait qu'il avait une part de responsabilité là-dedans. En revanche, il ne lui pardonnait pas d'avoir fait pleurer Kathleen, dont le seul tort était d'être son amie à lui.
- J'ai déjà essayé les chaises et les tableaux, souffla Morgane en le voyant observer le pointu d'un cadre. Kathleen, est-ce que ça va ? Demanda la petite blonde en voyant les mains de son amie trembler.
- Oh, si c'est pas adorable ! Ricana Mary en s'approchant d'eux. La petite Katy ne s'est pas remise de l'état de son fiancé ? Elle a peur qu'il soit complètement défiguré pour le mariage ? Sourit-elle, à quelques pas des deux jeunes filles. S'il est encore vivant d'ici là ...
- Je vais tuer cette garce ! Rugit Kathleen en se jetant de tout son poids sur la mangemorte, tirant les cheveux, griffant et étranglant cette dernière qui se débattait.
- Vas-y Kat ! Coup de boule ! A droite ! S'exclama Morgane, surexcitée.
- ASSEZ ! S'énerva la voix en envoyant les deux sorcières de chaque côté du couloir.
- C'est tout ce dont tu es capable ? Lança Mary d'un rire fou, après avoir craché du sang par terre.
- Estime-toi heureuse que je ne puisse pas utiliser ma baguette, espèce de connasse mal baisée ! Cria Kathleen, les cheveux ressemblant étrangement à un nid d'oiseau.
- Pas baisée du tout, tu veux dire ! Ajouta Morgane avec un rictus narquois. Je suis sûre qu'elle est dérangée au point de faire peur même aux mangemorts !
- Vous n'avez aucun savoir vivre! S'exclama la voix, blasée.
- Oh la ferme Vador Jr! Vous vous plaignez, mais la seule raison pour laquelle Kat a pu cogner sur cette truie c'est parce que vous avez levé le sort qui nous empêche d'utiliser la violence ici pendant un instant! Lança la blonde en surveillant Mary du coin de l'oeil. Pourquoi vous l'avez jamais fait quand moi j'ai voulu frapper sur quelqu'un?
- Probablement parce que si la personne rendait les coups tu risquerais de mourir. A part s'il s'agissait d'un elfe de maison... Enfin, je ne veux pas de mort sur la conscience, et je ne veux pas à avoir à gérer de crêpages de chignons! Répondit la voix d'un ton grave. Potter! Tu commences.
- Regulus ne viendra pas? Demanda James en fermant la porte derrière lui.
- Il serait déjà là sinon non? Répliqua la voix, las. Mais tu vas peut-être pouvoir parler de lui en répondant à ta question, qui sait?
As-tu déjà eu une relation intime avec un autre garçon? Les histoires sur toi et Sirius/Regulus/Remus/Severus sont très populaires.
James parut surpris, un peu déstabilisé, puis franchement dégouté:
- AVEC CE CRASSEUX DE ROGUE?! Si je devais m'intéresser aux hommes je choisirais certainement pas ce crétin enfin! J'ai un minium de gouts! Je suis vexé!
- Je comprends ton dégout, mais on s'en fou.
- Pas moi! En plus Sirius et Remus sont comme des frères, ça serait de l'inceste!
- La question.
- Non.
- Si!
- La réponse est non, je n'ai jamais eu de relation intime avec un autre gars, répondit James avec un soupire. Je comprends un peu mieux pourquoi Sirius était aussi dégouté quand on lui avait parlé de Rogue et lui...
- On notera que tu n'as pas commenté la présence de Regulus dans cette liste.
- De quoi?
- Allez, sors, fit la voix forçant James à se lever, sachant très bien qu'il avait tendance à trop passer de temps ici à déblatérer des paroles sans queux ni tête.
En passant la porte, le regard de James tomba sur Rogue et il fut prit d'un haut le cœur, à l'idée même d'avoir à toucher ce graisseux. S'il avait su que des gens s'imaginaient des histoires avec lui, il se serait peut-être abstenu de lui sauver la vie de loupiot Lunard. Quoique même Lunard l'aurait trouvé indigeste. Il soupira. Il exagérait à cause du choc, bien sûr. Il n'était plus l'adolescent qu'il avait pu être et jamais il ne laisserait qui que ce soit mourir bêtement, même Servilus. Et Remus ne s'en serait jamais remis. Mais tout de même, il fallait être drôlement dérangé !
Il arriva devant ses deux amies, s'étonnant de voir Morgane debout sur une chaise, tentant de réorganiser les cheveux de sa meilleure amie.
- C'était pas plus simple de faire asseoir Kathleen ? Demanda-t-il, perplexe.
- Et si j'ai envie d'être grande, moi aussi, la binocle ? Mêles-toi donc de ton cul, tu veux.
James blanchit davantage.
- Si tu savais ce que des gens font de mon cul, justement ...
- Oh, des potins ? Racontes-tout à tatie Morgane ! S'extasia Morgane avant d'aviser Rogue qui ouvrait la porte pour entrer dans la pièce.
Rapide, elle retira sa chaussure -de toute façon sur le point de rendre l'âme- la remercia pour son sacrifice et attendit le dernière moment pour l'envoyer à la tête de Rogue en train de refermer la porte.
- Yes ! Je savais que le truc anti-violence ne fonctionnait pas à l'intérieur de la salle ! I'm the winneeeeerrrr !
Rogue se retourna, nez à la porte et tenta de l'ouvrir pour aller se venger, mais constata qu'il était enfermé. Il donna un coup de pied dans la minuscule chaussure de Morgane et partit s'assoir face au journal, pour y lire sa question.
Bien le bonjour ami serpentard! Voilà je me demandais pourquoi toi, un homme intelligent capable de grande chose, as-tu choisi de rejoindre les mangemorts ? En homme intelligent tu sais que leur truc sur la pureté du sang c'est débile, non? Je ne te juges pas, je m'interroge.
- Débile? Je ne suis pas totalement certain. Qui plus est, pourquoi nous cacher aux yeux des moldus? J'ai une multitudes de raisons pour avoir rejoint les rangs des mangemorts, toutes valables, et aucunes ne vous regarde.
- J'imagines que c'est suffisant... Même si c'est pas terrible. D'ailleurs tu pourrais dire merci pour les compliments. Ils ont beaux être faux, ça reste sympathique de t'en faire.
Severus jeta un regard noir au plafond mais ignora le commentaire de la voix,remarquant lorsqu'il baissa le regard qu'une autre question était apparue.
Pourquoi as-tu décidé de rejoindre les mangemorts parce que soyons lucide tu es plus intelligent que les autre dégénérés puisque tu peux reconnaître que lily est une vraie sorcière ?
- C'est la même question... Grogna le potioniste en serrant la mâchoire en lisant le prénom de son amie d'enfance.
- Ah oui, autant pour moi!
Qui parmi les Mangemorts apprécies-tu et lesquelles ne supportes-tu pas? (Y compris Voldemort bien sûr, je veux savoir dans quelle catégorie d'appréciation tu le places )
- Je ne me fais pas vraiment d'avis sur la plus part d'entre eux. Je ne suis pas là pour me faire des amis, répondit-il d'un ton las.
- En parlant d'amis, tu vas pouvoir sortir, c'est au tour de celle qui fut ton amie mais que tu as envoyé chier !
Severus grimaça en se levant et ouvrit la porte, tombant nez à nez avec les yeux chocolats de Kathleen. Il déglutit. Il n'avait pas vu la jeune femme depuis la fin de leurs études et cela lui avait parfaitement convenu. Il se décala pour la laisser entrer, évitant son regard assassin, prêt à s'enfuir dans le couloir dès que le passage serait libre. La jeune sorcière s'avança, mais s'arrêta un pas plus loin, alors que lui-même venait d'atteindre le couloir.
- Dis-moi, Severus ... Tes nouveaux amis te plaisent ?
- Quoi ? S'étonna le sang-mêlé en se retournant, surpris par la question, se demandant un instant si Kathleen avait entendu ses réponses.
- J'imagine qu'ils partagent ta passion pour la magie noire et les sang-purs ! Mais je n'ai pas l'impression qu'ils soient d'une grande loyauté ...
- Qu'est-ce que tu veux, Kerrien ? Grogna-t-il sur la défensive.
Elle tourna la tête vers lui et planta ses yeux froids dans les siens.
- La dernière chose que je t'ai dite, à Poudlard, c'est que tu allais regretter la façon dont tu t'es conduit avec moi. Parce que tu n'aurais plus aucun véritable ami. Tu ne m'as pas cru, à l'époque, dit-elle avec un sourire sans joie. Tu regrettes, Sev' ?
Il ouvrit la bouche, surpris d'entendre de nouveau ce surnom.
- Tant mieux, siffla-t-elle furieusement, lui claquant la porte à la figure.
- Ce n'était pas très gentil, lança machinalement la voix.
- Parce qu'il a été gentil, lui, à l'époque ? Grogna Kathleen en s'affalant dans le fauteuil. Ma seule faute était mon amitié avec James ! Je ... elle respira pour se calmer. Je crois que faute de pouvoir passer mes nerfs sur ... Black, je me suis un peu emportée sur lui.
- Si peu ... Allez, lis ta question ! Pour une fois, ça n'a absolument rien de gênant ni rien !
Que penses-tu du prénom "Liberty" ? C'est bizarre, je sais, autant le prénom que la question, mais je l'adore, c'est un de mes persos dans une de mes nombreuses fics non postées. Je veux que tu me dises tes impressions, les avantages, les défauts... Et si tu voudrais le donner à quelqu'un.
- Hum, c'est un joli prénom, surtout sa signification, mais ça ne doit pas être facile à porter. Après, j'imagine qu'on peut la surnommer "Lily" ou "Liby" ! L'avantage, c'est que ce n'est pas commun, mais c'est aussi un désavantage, surtout pour un enfant, je pense. Quant à le donner à quelqu'un, j'imagine que c'est à mes hypothétiques enfants ? Euh ... Je ne pense pas. J'aime les prénoms peu commun, voir anciens, mais pour les filles j'ai toujours préféré des prénoms plus courts.
Kathleen se leva et sortit sans demander son reste, constatant que Mary s'était remise à hurler sur Morgane qui faisait mine de bailler, ennuyée par le discours emplit de haine de la mangemorte.
- Elle ne s'arrête donc jamais? Soupira Kathleen en s'asseyant à côté de sa soeur.
- Ça fait longtemps qu'elle ne nous a pas vu, on a du lui manquer à c'te conne, répondit la blonde en se levant alors que la voix l'interpellait.
Kathleen l'observa s'éloigner, certaine qu'elle appréhendait de se retrouver face au carnet. La raison de cette appréhension lui échappait cependant, car même si les questions pouvaient être gênantes par moments, qu'est-ce qui pouvait stresser à ce point sa soeur? Elle doutait très franchement qu'une question en rapport avec Jackson soit posée.
Morgane, une fois entrée dans la pièce, s'affaira à récupérer sa chaussure et s'assit dans le fauteuil pour la remettre.
- Active-toi un peu le derrière, lui ordonna la voix.
- Toujours aussi patient à ce que j'entends, répliqua la blonde en se penchant sur le carnet:
Ça te dérange pas de sortir avec un garçon (hyper sexy on te l'accorde) qui a plus de trois ans d'écart avec toi ?
- Je ne sors pas, ni sortais avec, répondis la sorcière en se rembrumant.
- Est-ce qu'un jour vous pourrez tous répondre aux questions directement?
- Bon ok... Soupira la blonde, déjà il a pas plus de trois ans d'écart avec moi puisqu'il est de début d'année et moi de fin. Et ensuite on utilise quoi pour compter, mon âge d'ici ou l'autre que j'utilise plus depuis presque trois ans? On va dire mon âge d'ici parce que c'est devenu mon véritable âge au final puisque c'est ce qu'il y a sur les documents officiels, et comme de toute façon j'ai apparemment l'air de bien les faire mes 20 ans... Si ce n'est moins quand j'ai un sac à dos...
- Tu pourrais faire plus concis ? Il reste encore l'autre zinzin après toi, s'impatienta la voix.
- Oui, oui, du coup non, ça me dérange pas, je voix pas pourquoi ça devrait me déranger d'ailleurs. On est tout les deux majeurs et contrairement à moi, il fait plus que son âge.
- Vrai que tu pourrais retourner à Poudlard et te faire passer pour une quatrième année ...
- Faut pas pousser non plus, râla Morgane en sortant pour se précipiter vers Kat et James. Dîtes, si vous ne me connaissiez pas-
- Quel monde fabuleux ce serait, coupa Mary en passant pour aller à son tour dans la pièce.
- Va te faire baiser, ça fera peut-être partir les gazs ! Lança du tac au tac Morgane sans même se retourner. Je disais donc, sans me connaître, vous me donneriez quel âge ?
Kathleen et James échangèrent un regard, puis ce dernier tenta timidement :
- C'est une question piège ?
Ce qui fit rire Mary avant qu'elle ne ferme la porte pour aller lire à son tour sa question, qui lui coupa immédiatement l'envie de ricaner.
À quoi tu sers dans la vie à part être l'idiote sadique de service ?
- Premièrement, je ne sers pas, j'existe. Deuxièmement, je suis peut-être sadique, mais certainement pas idiote ! On ne m'a pas répartie à Serdaigle pour rien. Si ces deux garces de Kerrien ont réussi à me faire virer de Poudlard, ce n'est pas grâce à leur intelligence mais plutôt à cause de la bêtise de mes subordonnées ! Si elles avaient fait un peu plus attention, mon plan aurait très bien fonctionné !
- Permets-moi de douter, tu les sous-estime, surtout la blonde, ça te jouera des tours et je suis pressé de voir ça.
- Ça ça m'étonnerait! Renifla avec dédains la jeune femme en passant une main dans ses cheveux. J'ai plus d'un tour au bout de ma baguette et elles se croient protégée, entourées de tous ces aurors, mais elles se trompent!
- C'est ça, va raconter tes plans foireux à quelqu'un que ça intéresse, l'interrompit la voix, la porte s'ouvrant par magie à ce moment là.
Mary sortit, outrée que l'on s'adresse de la sorte à sa personne, elle n'était pas n'importe qui après tout!
- Ah c'est terminé, pas trop tôt! S'exclama James en se levant et s'étirant. J'espère que la prochaine fois que je viendrais il n'aura pas l'autre là, ajouta-t-il en lançant un regard en coin à Severus qui commençait déjà à se diriger vers le côté opposé du couloir, n'attendant pas Mary.
- Pareil, soupira Kathleen en observant Mary qui les fixait d'un regard mauvais. Elle veut quoi elle?
- Probablement en train de jalouser notre beauté... Ou simplement en train d'imaginer la meilleure façon de nous tuer de manière douloureuse et sanglante.
- Deuxième option, définitivement, sourit Kat en commençant à partir, même si nous sommes à jalouser, ajouta-t-elle avec un clin d'oeil.
Morgane et James rirent et sur ce, ils laissèrent Mary seule au milieu du couloir.
- Bon! Tu va dégager oui?! S'exclama la voix, la tirant de ses pensées.
- Ouais, ouais... grommela-t-elle en s'éloignant à son tour, empruntant le même chemin que Rogue quelques minutes plus tôt.
