Relecture Brynamon.

En réponse à vos reviews

Supergirl971 : Rassurée sur Bella, tant mieux mais elle va continuer à t'agacer. Moi aussi j'aime bien Sylvia.

Oliveronica cullen massen : J'espère que ce chapitre te plaira aussi.

Linaewen'Z : merci !^^ Voilà la suite.

Je me suis bien attachée au perso d'Embry, il apparaitra un peu plus souvent.

Bienvenue aux nouveaux.

Bonne lecture !


CHAPITRE 37 : Ce qui ne vous tue pas…


POV JAMES WITHERDALE

Hier

Où est-ce que j'étais ? En ouvrant les yeux, je fus saisi de panique. Je ne connaissais pas cet endroit. Mes derniers souvenirs étaient au cimetière. Après, un craquement derrière moi et plus rien. Se pouvait-il que Victoria soit revenue avec son ami me kidnapper ? Je m'enrageai, comment osait-elle ? Elle n'avait pas réussi à me tuer la première fois, fallait cette fois qu'elle s'assure que je sois loin de tout pour mettre en œuvre son sombre dessein. J'étais allongé sur un lit, je me redressai, fixant la pièce avec méfiance. Elle était petite, à peine cinq mètres carré. Il y avait une fenêtre protégée par des barreaux. Il n'y avait que le lit comme meuble, avec un lavabo, il n'y avait rien d'autre. Je parvins à me lever et bus un coup à même le robinet. Il faisait sombre comme si la nuit allait tomber. Combien de temps étais-je resté ici ?

J'entendis des pas, quelqu'un descendait des escaliers. Je me recouchai illico presto et attendis, les yeux fermés. La porte se déverrouilla, mon cœur battait à vive allure.

-Il est encore assommé. Revenons plus tard, entendis-je décréter une voix masculine à une autre personne.

Je fis un bond hors du lit les faisant sursauter. J'attaquai celui qui était le plus près de moi. Un homme noir aussi grand que moi avec des dreadlocks. Il chuta, je le frappai encore pour le mettre ko mais c'était sans compter l'autre assaillant que j'avais pas eu le temps de voir et qui me frappa encore à la tête.

J'émergeai de nouveau, c'était l'aube. J'avais mal au crâne. Je me redressai brusquement et recommençai à paniquer en voyant que j'étais toujours enfermé ici ! C'était un cauchemar. Je m'assis avec difficulté, les jambes hors du lit, tiraillé par la faim. Il y avait un plateau par terre avec à manger. Je n'y jetai même pas un coup d'œil. La colère me gagna de nouveau. Je me rappelai de cet homme, qui était-ce ?

-Pourquoi faites-vous ça ! Hurlai-je.

Je continuai de m'égosiller, peu m'importait qu'ils reviennent me tabasser. Je voulais comprendre. Le même bruit de pas.

-Je te conseille de te tenir à carreau, entendis-je à travers la porte.

L'homme pénétra dans la chambre, armé ce coup-ci. Je me raidis aucunement impressionné. Il était calme, sûr de lui, à croire que c'était habituel chez lui de pointer une arme sous le nez des gens.

-Qu'est-ce que vous me voulez ? Où est Victoria ?

-Victoria ?

-Ne faites pas l'innocent je sais que c'est elle qui est derrière tout ça. Victoria ! Criai-je de nouveau, montre-toi !

-Vous vous trompez.

-Je sais que c'est elle, persistai-je. Que compte-elle faire de moi ?

-Ça je n'en sais rien.

-Pourquoi vous faites ça ? Me répétai-je.

-Elle me paie bien. Et puis, c'est une « amie ».

Sa façon de le dire me perturba.

- Elle m'a juste demandée de l'aider. Elle te kiff mec ! C'est la première fois que je la vois comme ça et pourtant ça fait des années qu'on bosse ensemble. J'ai pourtant cru qu'avec cette photo, elle aurait gain de cause mais j'ai mal fait mon affaire, elle m'en a d'ailleurs voulu pour cette erreur. Elle a cru que je voulais l'entuber.

Je bouillonnai, conscient que cet homme était aussi à l'origine de mes galères.

-C'est ce que vous vouliez faire, non ? Vous saviez bien que la femme sur la photo était morte.

-Non, se défendit-il, vexé, j'au refilé le boulot à un sous-fifre, j'aurais dû m'en occuper moi-même.

-Vous vous rendez compte que vous trempez dans un enlèvement ? Vous êtes stupide ou quoi !

-Tais-toi ! A qui tu crois que tu parles ?

Ses yeux bruns brillèrent dangereusement.

-Maintenant assied-toi et ferme-la ! M'ordonna-t-il menaçant.

Il braqua son arme vers ma tête, j'obtempérai la rage au ventre.

-Mange un morceau, elle arrive dans quelques minutes.

Il s'envola, je criai de nouveau, fis un bond hors du lit, frappant contre la porte.

-Aïe ma tête…

Je me rassis, complètement retourné. J'hallucinai…

La porte se rouvrit et cette fois je restai bouche bée.

-Cynthia ? Mais…

Mes pensées s'embrouillèrent devant la vision de la sœur d'Alice. Elle était toujours aussi maigre et mal fringuée.

-Reste tranquille, tout ira bien.

-Qu'est-ce qui te prend !

Je lui sautai dessus l'agrippant aux bras, vacillant un peu. Elle me fila un coup de genou dans l'estomac qui me fit me plier en deux me forçant à la lâcher.

-Pourquoi tu fais ça ?

-Ma sœur est aveuglée, mais moi je ne suis pas dupe. Tu ne vaux pas grand-chose, il vaut mieux arrêter les dégâts avant qu'il ne soit trop tard.

Mon estomac se noua.

-Tu veux me tuer ?

-Non, tu n'es pas assez bien pour ma sœur mais tu l'es pour moi.

-Tu délires ! Jamais je ne pourrais ne serait-ce que poser un doigt sur toi, tu me répugnes.

Elle partit en live, sortant une arme de je ne sais où et le braqua à bout touchant sur mon œil gauche.

-Répète un peu pour voir.

Avec une stupidité insensée je persistai. Elle avait dépassé les bornes.

-Tu picoles, tu fumes, tu te shootes aux médocs, non merci, je préfère encore me taper une pute.

Je me redressai, l'arme toujours sur mon œil, la défiant de passer à l'acte, elle semblait au bord de la rupture, j'attendis le cœur déchainé. Le temps se figea, elle recula enfin, me visant toujours de son arme.

-Après un certain temps ici tu y réfléchiras à deux fois.

-Elle va savoir que c'est toi, ton absence prolongée lui mettra la puce à l'oreille.

-C'est là où tu te plantes, j'ai été maline, elle croit que je la soutiens, je l'ai appelée, pleine de repentir et elle m'a annoncé la nouvelle de ta disparition, je lui ai dit que j'arrivais pour la soutenir.

Je restai muet quelques secondes, sous le choc.

-Tu es vraiment une pourriture !

-Je te laisse, me sourit-elle, satisfaite. Je dois aller me préparer pour aller la voir. Nos retrouvailles vont être émouvantes.

-Ne lui fait pas de mal.

Elle s'énerva de plus belle.

-Pour qui me prends-tu ! Jamais je ne lui ferai du mal ! C'est ma petite sœur, je dois la protéger.

-Non, c'est faux, tu es jalouse d'elle, tu l'envies et tu veux lui voler sa vie.

Elle devint rouge. Sa poitrine se soulevait de façon rapprochée. Je crus ma dernière heure arrivée.

-Tu as de la chance d'être aussi désirable, je vais faire comme si je n'avais rien entendu.

Elle ouvrit la porte et rajouta :

-J'en profiterai pour lui toucher un mot concernant cette Victoria.

Elle s'éclipsa, me laissant dans la tourmente. J'avais refait ma vie et il fallait que je retombe sur une sœur psychopathe. Je me précipitai au lavabo, pris de nausée.


POV JASPER WITHLOCK

Hier

J'empruntai la voiture d'Edward et partis en direction de Seattle, je ne mis que deux heures, j'avais bien sûr dépassé et de loin la vitesse autorisée. Depuis mon accident, je n'avais pas repris le volant. Les derniers souvenirs de ma vie d'humain se résumaient à cet accident. Cela avait beau être il y a trente ans, j'avais l'impression que c'était hier. Aujourd'hui, je n'avais pas réfléchi, Alice avait besoin de moi. Elle aimait cet homme, je ne pouvais supporter qu'elle soit malheureuse et c'était ce qui risquait d'arriver si je ne faisais rien. J'avais une idée de qui était à l'origine de sa disparition. Je n'avais pas été le seul à guetter la maison. Sa sœur y avait fait deux fois le pied de grue. Cependant, j'avais cru qu'elle cherchait un moyen de l'aborder mais qu'elle n'y arrivait pas. Je ne pensais pas qu'elle était si vindicative. J'avais été stupide, j'aurais pu empêcher ça. A vingt-deux heures j'étais en bas de chez le frère de Victoria. Je savais qu'elle était là. Je percevais son angoisse, leur angoisse à tous. Elle était au bord de l'hystérie. La Police était là aussi. Je craignais qu'on ne parle de Victoria mais apparemment son nom n'avait pas encore été évoqué.

Je laissai la voiture en bas de l'immeuble et partis à la recherche du véhicule de Cynthia. Je connaissais le modèle et la plaque. Après des heures de recherches infructueuses, je revins à mon point de départ dépité. C'était l'aube. L'appartement était endormi. Je me demandai si je ne m'étais pas trompé de cible quand un véhicule approcha et se gara non loin de moi. Je fis un bond en réalisant que c'était Cynthia. Ce n'était pas sa voiture ou du moins ce n'était pas la voiture dans laquelle elle avait fait le pied de grue. J'aurais pu toujours chercher. Elle en sortit, souriante et satisfaite. Elle avait fait un effort sur sa tenue, lissa sa jupe droite, se redressa, et afficha un air triste qui me laissa sans voix devant tant de talent. J'étais convaincu qu'elle était dans le coup. Ce que je ne comprenais pas c'est pourquoi elle venait tenter le diable ? A moins qu'elle ne veuille s'assurer que personne ne remonterait jusqu'à elle. Mon cœur se compressa, se pouvait-il qu'il soit déjà mort ?

Je me refusai à admettre cette idée et patientai. Vers midi, les sœurs quittèrent l'immeuble. Elle soutenait Alice qui semblait hagarde. Mon cœur se déchira. Je les suivis discrètement, elles s'arrêtèrent dans un café. Je commandai moi aussi quelque chose, pris un journal trainant sur une autre table et espionnai leur conversation.

-Tu crois vraiment qu'on l'a enlevé ?

-J'en suis sûre. Il ne m'aurait jamais abandonnée. Je ne comprends pas…qui pourrait lui vouloir du mal ?

-Sa voiture n'était plus au cimetière quand tu y es allée. C'est ce que tu m'as dit.

-Oui, c'est vrai…

-Peut-être qu'il a eu un malaise, il a peut-être eu un accident.

-On a déjà contacté les hôpitaux, il n'y a de traces de lui nulle part. Et tu oublies le sang sur les fleurs.

-Qui te dit que c'est le sien ?

-J'ai un mauvais pressentiment.

-A qui tu penses ?

-Et bien …

Elle hésita.

-Parle enfin, tu sais que tu peux tout me dire.

-Il y a cette femme, Victoria…

-C'est qui ? Fit-elle mine de ne pas savoir.

-La sœur de Kate.

-Quel est le rapport ?

-Non, je délire, laisse tomber.

-Si tu as un doute, tu devrais en parler à la Police. Toutes les pistes sont bonnes à prendre.

Alice abonda dans son sens, je me crispai, elle était parvenue à ses fins sans même intervenir. Elles restèrent un moment, Cynthia mangea de bon cœur ce qui était loin d'être le cas d'Alice. J'eus envie de m'approcher pour la tirer des griffes de cette folle. Son cœur était grand, elle aimait sa sœur et se laissait aveugler par sa fausse sollicitude. Cynthia avait frappé au moment opportun quand sa sœur était le plus vulnérable. Je la haïssais du plus profond de mon être. Il fallait que je m'éloigne, je sentais monter une envie destructrice…

Oo0oO

Je revins en fin d'après-midi. Constatant avec soulagement qu'elle était encore là. Elle ressortit vers vingt heures. Elle regarda en haut. Il n'y avait personne. Elle grimpa en voiture, je démarrai, fébrile. Je savais qu'elle me mènerait à lui. Elle traversa la ville, se gara dans un quartier mal famé. J'en fis de même, un peu plus loin. Elle sortit des clefs et se posta devant une porte qu'elle déverrouilla non sans avoir regardé derrière elle.

-Méfiante ? Hein ? Pas assez…

Je m'avançai et jetai un œil discret dans le hall. Vide. Il y avait plusieurs noms sur l'interphone. Je ne voulais pas me faire remarquer, des gars peu fréquentables trainaient dans le coin, me fixant sans aucune gêne. Je remarquai la fenêtre à ras du sol. Protégée par des barreaux. Je fis le tour de l'immeuble, cherchant un coin tranquille pour accéder au toit. J'y garai la voiture et une fois là-haut, j'accédai à la trappe ouverte (pour la sécurité on repassera) et sautai sans un bruit pour atterrir au dernier étage de l'immeuble. Je descendis au rez-de-chaussée, me faufilai vers la porte de droite. Je les entendais, ils étaient deux. Un homme et une femme, Cynthia sans aucun doute. Ils se disputaient.

-Ça fait des heures que je t'attends ! Je n'ai pas que ça à faire, en plus il est du genre téméraire ton James. J'ai dû le calmer.

-Avec quoi ?

-Devine ?

-Espèce d'imbécile, je ne t'ai jamais dit de le droguer !

-Fais gaffe à comment tu me parles !

-Lâche-moi Laurent !

Il y eut lutte et puis le calme plat.

-Et merde. Cynthia ? Cynthia ? Bordel ! Fais chier !

Elle était inconsciente, tant pis pour elle, je n'allais pas m'apitoyer sur son sort. J'entendis Laurent quitter la pièce. Je sortis une lime de ma poche et en deux seconde la porte était ouverte. Cynthia gisait bien au sol. Son cœur battait, elle était juste sonnée. Je refermai la porte derrière moi sans un bruit, visualisai l'entrée, avançai pour voir les autres pièces, cherchant un accès au sous-sol. Il revenait, je m'infiltrai dans la cuisine la pièce la plus proche, il passa sans me voir. Je me penchai pour vérifier ce qu'il faisait, il était de dos, penché sur elle. Je glissai jusqu'à lui, élevant le bras, je dosai ma force, je ne voulais pas le tuer. Il s'effondra sans comprendre ce qui lui arrivait.

Je partis à la recherche de l'accès au sous-sol et une fois en bas, je défonçai la porte blindée d'un léger coup d'épaule. Il faisait sombre, je le vis allongé sur un lit, il ne bougeait pas. Il était attaché. Je me penchai pour examiner ses yeux. J'écartai ses paupières : il était vraiment drogué. Je lui tapotai le visage, il gémit. Il était réactif, c'était bon signe. Je refis le trajet en sens inverse en quelques secondes. En haut de l'immeuble, je sautai en souplesse, j'étais comme dopé, cela me rappelai le bon vieux temps. Je partis à la recherche d'une cabine téléphonique. Je contactai la Police pour signaler une agression.

-J'ai entendu des cris, je crois qu'il y a quelqu'un de séquestré.

Je raccrochai sans laisser le temps à l'agent de me poser plus de questions et quittai la cabine sans trainer. La pénombre était mon amie, je m'activai, pressé qu'ils ramènent James à Alice. J'attendis néanmoins l'arrivée de la Police et patientai jusqu'à ce que je les voie menottés et emmenés sans ménagement vers une voiture banalisée, ils ne comprenaient pas ce qui se passait. Une ambulance déboula au bout d'un quart d'heure, quelques minutes plus tard James arriva sur un brancard. Rassuré, je démarrai.

Je roulais en direction du centre et appelai en même temps Victoria.

-Jasper ? Alors ?

Je la rassurai immédiatement, lui relatant les évènements.

-Merci infiniment.

-Ce n'est rien.

-Tu crois que je devrais venir ?

-Je pense que tu devrais parler à James avant qu'il te dénonce. Mais c'est toi qui vois. Ça reste mon avis.

J'entendis une voix, Bella apparemment.

-Qui est avec toi ?

-C'est Bella.

-Qu'est-ce qui se passe ?

-On a eu de la visite.

Elle me relata à son tour les évènements qui venaient de se produire.

-Un des loups est blessé gravement. Carlisle et le Dr Black s'en occupent.

-Mince.

-J'arrive, tu peux m'attendre ? J'aurais encore besoin de toi, si tu es d'accord.

-Edward vient avec toi ?

-Non. Il est avec sa mère et je préfère le laisser en dehors de ça.

-Préviens au moins Carlisle.

-D'accord.

Elle raccrocha, je me garai en faction devant l'immeuble et commença une longue attente…


POV BELLA SWAN

Deux heures plus tôt

Voyant Jacob sur le point de se faire tuer, mon cerveau m'avait envoyé une décharge et j'avais, sans réfléchir, foncé dans la porte pour aller le sauver. Je ne sais comment j'arrivai sur ce vampire mais étrangement je pus lui résister quelques infimes secondes avant d'être balancé dans le vide tel un boulet de canon. Ma chute avait été amortie par Jacob qui, du coup, faisait le pied de grue pour qu'aucun des vampires restant ne m'attaquent. Je n'eus pas le temps de m'interroger sur ce que je venais d'accomplir car le bruit du moteur d'une voiture attira mon attention. Embry s'élança vers l'arrivant. Il y eut un hurlement et la seconde suivante il était à terre, à plusieurs mètres, inconscient. Jacob s'attaqua au responsable. Je tentai de rejoindre Embry tandis que les autres loups en finissaient avec les nouveau-nés.

-Embry ! Criai-je en courant vers lui.

En passant au niveau de la voiture, je reconnus Sylvia Janssen, debout et choquée devant ce qui se déroulait sous ses yeux. Elle avait eu de la chance, aucuns nouveau-nés ne s'étaient attaqués à elle.

-Rentrez dans votre voiture et partez !

Elle sembla me voir, cligna des yeux. Je l'obligeai à remonter, elle me repoussa.

-Bella !

C'était Billy, de la fenêtre de sa cuisine.

-Va voir Embry !

J'acquiesçai et repris ma route pour rejoindre Embry mais Sylvia m'avait précédée. Il avait repris forme humaine. Elle était penchée sur lui. Elle perdait tout contrôle. Horripilée, je voulais la virer quand je vis Embry ouvrir les yeux, la fixant avec difficulté. Carlisle arriva au même moment et se pencha sur lui le recouvrant de sa veste. Il ne regarda même pas Sylvia. Soulagé par sa présence, je le suppliai de s'occuper de lui. Embry tomba de nouveau dans le néant. En me tournant je vis qu'Edward avait filé un coup de main si rapide que les ennemis n'étaient plus que des tas de membres éparpillés. Il n'était pas seul. Ce fut à ce moment là que je la vis :

Victoria…

Mon cœur déjà bien stressé eut encore des loupés. Elle ramassait les restes avec l'aide d'Edward. Les loups s'approchèrent de nous. Sylvia fit un bond, son visage blême trahissait une immense confusion et de la peur.

-Rentrez chez vous, lui ordonnai-je de nouveau.

Cette fois-ci elle obtempéra et recula à mesure que les loups avançaient. Elle jetait des coups d'œil répété à Embry comme tiraillée.

-On s'occupe de lui, allez-vous-en !

Elle les contourna et retourna à sa voiture. Edward était près de moi penché lui aussi sur Embry.

-Où est Beth ?

-Dans la voiture. Elle est en sécurité, ne t'inquiètes pas, nous avons provisoirement réglé le problème.

-Comment ?

-Je t'expliquerai, comment va-t-il Carlisle ?

-Sa colonne est touchée, elle a été brisée en plusieurs endroits. Il faut le déplacer en douceur et que nous allions à la maison pour faire des examens et des radios.

Les loups grondèrent.

-Ils sont mitigés.

-On n'a pas le choix ! Il risque de rester paralysé si l'on ne fait rien !

-Jacob tu dois prendre une décision, s'agaça Edward.

Celui-ci balaya les autres loups du regard.

-Il est d'accord, traduit Edward. Il va se changer et il revient pour nous accompagner. On installe Embry dans sa voiture en attendant.

Je les regardai faire, angoissée. Jacob s'éloigna, je le suivis puis m'arrêtai non loin de Victoria qui était restée en retrait fixant le tas qui brulait. L'odeur acre me retourna l'estomac. Je m'approchai d'elle avec prudence, détaillant son visage bien différent de la dernière fois que je l'avais vue. Eblouie par la perfection de ses traits, je lui fis néanmoins face. Ses yeux bleus étaient devenus rouges, ses cheveux roux étaient presque rouges, plus brillants, plus beaux. Elle était soucieuse, elle semblait ne pas me voir.

-Ça va ?

Silence.

-Victoria ?

Elle revint à elle, jetant sur moi un regard des plus impénétrables.

-Je suis désolée, dis-je. Je n'ai pas su vous protéger.

-Comment l'auriez-vous pu ?

-Je n'en sais rien mais…

-Cessez vos enfantillages. Les choses sont ce qu'elles sont personne n'aurait pu l'empêcher. Je n'ai pas eu la chance que vous avez eue mais je ne vous en veux pas pour autant.

-Qu'est-ce qui vous rend si soucieuse ?

-Occupez-vous de vos amis.

Elle se détourna et alla rejoindre Edward. Mon instinct ne m'avait pas trompée, c'était elle sa nouvelle source de bonheur. Sur le perron, j'observai les dégâts que j'avais causés. Je ne comprenais toujours pas. Il y eut un mouvement. Je perçus l'arrivée de Billy.

-Désolée pour votre porte.

-Ne t'en fait pas.

-Je m'occupe de la remplacer cette nuit, déclara Edward qui arrivait.

Il m'observa avec curiosité, je préférai l'ignorer.

-Je suis soulagé que tout soit fini et que vous soyez tous sauf, rajouta Billy. C'est le principal. Où est votre mère ?

-En sécurité, elle nous attend.

-Je croyais qu'elle restait avec nous.

-Ce n'est plus utile, Jane nous est tombée dessus avec son frère. On a pu se débarrasser d'eux grâce à l'habileté de Victoria et au bon sens de Carlisle. Ce n'est pas terminé mais nous sommes tranquilles pour un moment.

-Tant mieux, dit Jacob qui revenait. Que fait-on pour Sylvia Janssen ?

-Qui est-ce ? Demanda Billy.

-L'amie d'Embry, l'éclaira-t-il. Je ne sais pas comment elle est arrivée jusqu'ici.

-Que pensez-vous qu'elle ait vu ? Demanda Edward.

-Tout, répondit Jacob. Et elle n'est pas stupide.

-Tu la connais ? L'interrogea Billy.

-Je la suis régulièrement.

-Parle-lui dans ce cas. Nous n'avons pas le temps de réunir le conseil pour en débattre. Tu verras bien comment elle réagit.

-D'accord mais je ne suis pas convaincu d'être celui qui devrait lui parler.

Il contourna son père, me rejoignit.

-J'ai pris des affaires et ton sac aussi, on va passer la nuit là-bas. Papa ? Ça va aller ?

-Allez-y, occupez-vous d'Embry. Donnez-moi des nouvelles.

Jacob appela la meute, ordonnant à chacun de rentrer chez lui se reposer. Il allait veiller sur Embry. Il ouvrit la portière arrière.

-Edward, j'ai besoin d'un coup de main pour le rhabiller partiellement.

Une minute après, je pris place à côté de Jacob. Derrière, Embry était toujours inconscient.

-On se retrouve là bas, annonça-t-il à Edward.

Celui-ci se volatilisa. Il n'y avait plus personne. Au lieu de démarrer, Jacob posa les mains sur le volant.

-Qu'est-ce que tu as ?

Il n'était pas dans son assiette.

-Et si je n'arrive pas à le soigner ?

-Tu n'es pas tout seul, Carlisle t'aidera.

-Il ne supportera jamais de rester dans un fauteuil.

-Ce n'est pas encore le cas, tu vas tout faire pour que ça n'arrive pas.

Il ferma les yeux, penchant sa tête en avant.

-Je suis si fatigué Bella. Fatigué de cette vie que je n'ai pas choisie. Fatigué de tout ce qui pèse sur mes épaules.

-Ne te laisse pas abattre.

-Ce n'est pas normal d'être toujours dans la peur de perdre ceux qu'on aime et de se dire qu'au moindre faux pas, qu'à la moindre mauvaise décision…

-La vie est ainsi. Il faut que tu te reprennes.

Je passai ma main dans son dos en signe d'apaisement. Il fallait qu'il tienne le coup parce que j'étais moi-même pas loin de tomber.

-Allez, allons-y, le temps presse.

Il opina et démarra. Sur place, ils s'enfermèrent Carlisle et lui avec Embry dans une salle apparemment équipée. La maison était vide. Pas d'Edward, de Beth ou de Jasper. Victoria faisait les cents pas dans le salon.

-Où est Edward ?

Elle s'arrêta, je remarquai en fait qu'elle était en communication.

-C'est Bella.

Elle hésita à répondre à la question de son correspondant.

-On a eu de la visite.

Elle raconta ce qui venait de se passer. J'eus plus de détail sur l'affrontement avec Jane. A qui pouvait-elle en parler ?

-Qui est-ce ?

Elle se détourna sans me répondre, continuant sa conversation et quitta la pièce. Vexée, je restai plantée là un instant. Je finis par m'installer dans le canapé et attendis. J'entendis des hurlements après quelques minutes. Je me précipitai vers la salle, le cœur au bord des lèvres, ouvrant la porte à la volée. Ils le maintenaient avec force sur le côté dans une posture des plus effrayantes.

-Bella sort de là ! Cria Jacob.

Je ne me fis pas prier. Je retournai au salon, complètement retournée. Je me sentis bien seule.

Une heure plus tard, Jacob s'installa près de moi sur l'immense canapé. Il m'expliqua ce qu'ils avaient dû faire et il ne fallait pas être devint pour voir qu'il était encore sous le choc.

-Il est sous sédatif, il dort. Nous devons attendre…

Nous nous allongeâmes dans le canapé.

-J'aimerais dormir dans un lit, se plaignit-il. Ça me manque.

-Demain nous dormirons à la maison.

-J'ai hâte d'y être, soupira-t-il en me serrant plus contre lui.

J'essayais de me détendre mais les hurlements d'Embry m'obsédaient. Après quelques minutes, je baillai aux corneilles. Il me caressa les cheveux.

-La soirée a été éprouvante, repose-toi.

Impossible, j'avais trop de questions.

-Je n'arrive pas à croire que cette Jane ait envoyée des vampires en pleine réserve. Si on ne réagit pas elle va croire qu'elle peut recommencer comme bon lui semble.

-Pas de vengeance, décréta-t-il, à moins que tu ne veuilles qu'on déclenche une guerre.

-Non, surtout pas. C'est juste que ça me met très en colère.

-Je sais. C'est notre cas à tous. Mais il faut relativiser, nous avons évité le pire, c'est l'essentiel, nous avons un devoir de protection avant tout. Nous ne sommes pas là pour mettre le feu aux poudres.

-Tu as raison…

Silence. Il cessa sa balade dans mes cheveux.

-Il y a une chose dont il faut que je te parle.

Je me raidis.

-Si c'est à propos de mon intervention, cela ne mérite pas qu'on s'y étende.

-Si.

Il se redressa, m'obligeant à faire de même.

-Ton corps se modifie Bella. Je n'avais pas pensé aux conséquences du venin dans ton corps. Tu as beau l'avoir combattu, il y a des séquelles liées à son passage dans ton sang.

Ma gorge se noua.

-Tu crois que je me transforme quand même ?

-Non. Nous en avons parlé avec Carlisle, il faudrait faire quelques examens pour savoir jusqu'à quel point s'est modifié ton organisme. Nous pensons que tu auras d'autres symptômes.

-D'autres symptômes ?

-Ton cœur bat moins vite et ta température corporelle a perdu quelques degrés.

J'encaissai, effarée.

-Tu l'avais déjà remarqué avant ?

-Oui.

-Et tu ne m'as rien dit, constatai-je, déçue.

-Je n'étais sûr de rien mais en te voyant à l'œuvre tout à l'heure, il est clair que tu as acquis ou plutôt amélioré tes aptitudes physiques d'une manière radicale. J'ai compris à ce moment là que j'aurais dû faire attention après ton agression, je n'ai pas été vigilant.

-Tu ne pouvais pas savoir, ne pus-je m'empêcher de le défendre. Tu penses que mon corps va supporter tous ces changements ? Ou y-a-t-il un risque que… ?

-Tu ne crains rien, me coupa-t-il, m'enveloppant de ses bras. Je te le promets. Rien, ni personne ne t'enlèvera à moi.

Je sentis les larmes monter. Je fermai les yeux, ce n'était pas le moment de craquer. Il m'obligea à m'allonger me murmurant d'autres paroles rassurantes. Je parvins à m'endormir, bercée par sa respiration.

Oo0oO

-Bella, réveille-toi.

Je grognai, courbaturée et encore ensommeillée.

-J'ai fait du café.

Je reconnus la voix d'Edward.

Edward ?

Je fis un bond, réalisant où je me trouvai.

-Il est quelle heure ?

-Sept heures trente, j'ai jugé bon de te lever pour que tu aies le temps de te préparer.

-Où est Jacob ?

-A ton avis ? Dit-il en s'éloignant déjà.

Je le rejoignis dans la cuisine, la tête dans le chou. Je pris place près de la table où une tasse fumante et odorante siégeait dans l'attente d'être bue.

-Humm…

Bonheur.

-Tu veux manger quoi avec ?

-Ce que tu veux.

Il me prépara des œufs et des toasts. Je me régalai.

-Tu es le meilleur ! Où est Victoria ?

-Partie chasser.

Il était contrarié. Je l'examinai entre deux bouchées.

-Pourquoi tu fais cette tête ?

-Elle est partie en me laissant juste un message, ce n'est pas dans ses habitudes. Et puis je n'ai toujours pas de nouvelles de Jasper.

-Jasper ?

-Oui, il devait régler une…affaire pour nous et je commence à m'inquiéter sérieusement.

-C'est peut-être à lui qu'elle parlait hier soir au téléphone, l'informai-je.

-Ils se sont parlé ? Tu es sûre de ce que tu avances ?

-Elle n'a pas dit son nom mais c'est quelqu'un que je connais vu qu'elle lui a parlé de moi et elle lui a aussi raconté l'attaque avec Jane.

Il se pétrifia littéralement.

-Edward ?

-Tu n'as rien entendu d'autre ? Me demanda-t-il d'une voix monocorde.

-Non. Dis-moi ce qui se passe ! Tu es flippant dès le matin, ça me stresse !

Il passa un appel, ignorant ma question. Il s'agaça.

-Saleté de répondeur !

Il se frotta le visage comme pour effacer une vision affreuse.

-Je dois te laisser, j'ai quelque chose à faire avant d'aller travailler.

Il avait déjà passé la porte quand il se ravisa.

-Préviens Jacob qu'Alice ne sera sûrement pas là ce matin.

-Comment tu sais ça ?

-Tu poses trop de questions, tu le sais ça ?

-Je suis flic, lui rappelai-je.

-C'est dans ton caractère. Ça a toujours été…

-Tu crois ?

J'étais perplexe.

-Et au fait, Embry, il est réveillé.

Je fis un bond hors de ma chaise et me précipitai vers la salle d'examen en un temps record, on aurait dit que j'avais volé et non couru. Je battis des cils estomaquée et me figeai devant la porte.

-Depuis quand tu es aussi agile, Bella ?

Edward n'en avait pas perdu une miette.

-Je…

La main sur mon front, je tentai de reprendre mes esprits. La porte s'ouvrit, laissant apparaitre Carlisle.

-Comment va-t-il ? Dis-je en me penchant sur le côté pour le voir.

Je croisai son regard, il se détourna. J'eus un pincement au cœur.

-Il a besoin de repos, tu le verras plus tard.

-Mais…

Il avança, me forçant à reculer et referma la porte derrière lui. On sonna à la porte d'entrée, Carlisle en profita pour esquiver mon indignation. Je le suivis, je voulais des réponses. Mes questions moururent sur mes lèvres en découvrant Sylvia Janssen sur le pas de la porte. Elle affichait un air impassible qui m'agaça. Habillée comme si elle allait en soirée, coiffée d'un chignon faussement négligée, je l'examinai de bas en haut sans aucune chaleur.

-Bonjour. Que puis-je pour vous ? L'accueillit gentiment Carlisle.

-Bonjour Dr Cullen, nous n'avons pas eu l'occasion d'être présenté hier soir vu les circonstances…

J'étais tout comme lui, surprise qu'elle connaisse son identité.

-…je suis Sylvia Janssen, une amie d'Embry, j'aimerais le voir.

-Qui vous dit qu'il est ici ? Et pourquoi voulez-vous le voir ? La questionnai-je sans aucune politesse.

-Je ne suis pas une imbécile Mademoiselle Swan. J'ai des yeux, des oreilles et des relations ! Et ma raison de lui rendre visite ne vous regarde pas.

Elle vrilla sur moi son regard gris métallique.

-Carlisle, entendis-je Edward l'appeler.

-Excusez-moi, dit celui-ci en s'éloignant.

Face à elle, je croisai les bras, tel un vigile. Elle s'agaça franchement.

-Je veux le voir.

-Non. Votre place n'est pas ici, rentrez chez vous.

-Si vous croyez que vous allez m'en empêcher.

Elle amorça une tentative pour entrer, je la repoussai sans ménagement.

-Bella !

Je fis volte-face. Jacob approchait, mécontent. Il me contourna, la salua en s'excusant de mon attitude. Outrée, j'allais protester quand il me jeta un regard qui m'en dissuada.

-Entrez, il veut vous voir, lui annonça-t-il.

Il lui indiqua le chemin, elle passa devant moi d'un pas raide en m'ignorant. Je la regardai s'éloigner avec dépit.

-C'est par là que ça se passe ! M'interpela Jacob.

Nous nous fîmes face.

-Mais qu'est-ce qui te prend ?

-Elle…

Je m'interrompis, je l'avais entendue m'insulter. Je voulus aller lui faire ravaler ses paroles mais Jacob me retint.

-Tu l'as entendue ?

-Oui, et elle va me le payer !

-Arrête de faire l'enfant et écoute-moi.

-Quoi !

-Ton ouïe s'améliore. Et ta vue ?

-Je…

Il m'avait coupé tout effet de colère.

-Je ne sais pas, je n'ai pas fait attention.

-Il faut vraiment que l'on te fasse passer des tests.

-Pas ce matin.

-Je sais, on n'a pas le temps. Ce midi ?

Je n'étais pas chaude.

-Pourquoi tu hésites ?

-J'ai peur que tu me voies différemment.

-Pourquoi donc ?

-J'ai de plus en plus l'air d'un sang-froid.

-Je ne le vois pas comme ça.

J'attendis, sceptique, anxieuse.

-Tu es solide, tu me l'as démontrée à maintes reprises. Ces nouvelles capacités ne peuvent que te servir.

-Comment ça ?

-Déjà pour ton travail et aussi pour te protéger des dangers qui nous entourent.

-Tu le penses vraiment ?

-Mais oui, il faut juste que tu fasses attention, surtout en public.

J'opinai, comprenant où il voulait en venir.

-Je dois le prendre comme un don et non comme une fatalité.

-Oui…

Il entoura mon visage de ses mains.

-Nous nous ressemblons, et même si c'est égoïste, je suis heureux, je me sens moins seul…

Je fronçai les sourcils.

-Je me suis mal exprimé, se rattrapa-t-il.

-Non, au contraire, réalisai-je. J'ai très bien compris.

Je me blottis dans ses bras.

-Moi aussi, je me sens plus proche de toi.


POV EMBRY CALL

J'avais l'impression d'être allongé depuis une éternité. J'étais réveillé depuis quelques minutes mais gardai les yeux fermés. J'avais mal au crâne, j'étais engourdi. J'avais des sensations de picotements dans mes jambes mais était-ce réel ou une simple invention de mon cerveau ? Je ne savais pas encore combien de temps je pourrais supporter cet état végétatif. Quand j'avais repris connaissance hier soir, les lumières m'avaient aveuglé, il m'avait fallu un moment pour retrouver mes esprits et comprendre où je me trouvais. Jake et le Dr vampire était en train d'examiner des radios. Les miennes vraisemblablement. J'avais compris que c'était grave parce que je n'avais pas pu bouger le bas de mon corps, je ne sentais plus mes jambes. Et le haut était douloureux. Pris de panique, j'avais voulu des réponses. Les nouvelles étaient mauvaises. J'étais paralysé à partir du bassin, ma colonne s'était cassée en plusieurs endroits et s'était mal ré-emboitée. Il y avait terminaisons nerveuses qui ne s'étaient pas reliées entre elles. J'avais fermé les yeux, en proie à une vive émotion.

-Je ne peux pas rester comme ça.

-Tu peux bouger tes bras ? Tes mains ? Ton cou ? M'avait questionné Jake.

Je m'étais exécuté. C'était douloureux mais faisable.

-Bon tu vois, ce n'est pas dramatique.

-Pas dramatique ! Avais-je crié.

-Tu aurais dû être mort, avait murmuré Jake, tes cervicales ont été brisées.

Choc.

-Il y a une solution, m'avait révélé le Dr vampire.

-C'est risqué, avait ajouté Jake.

-Faites ce que vous avez à faire.

Ils avaient parlementé encore un instant. J'avais perdu patience. Ils s'étaient décidés et je m'étais retrouvé sur le côté non sans mal, ils m'avaient agrippé chacun d'un côté…

Je ne préférai pas me rappeler de la suite. Je me rappelai avoir dormi. Avoir rêvé. Rêvé qu'on pleurait pour moi, que quelqu'un souhaitait que je m'en sorte. C'était Bella, ou du moins c'est ce que j'avais voulu croire. Son image s'était brouillée et avait disparu.

Je me sentais seul, malgré la présence persistante du docteur C. Je ne pouvais me résigner à le nommer. Je ne voulais pas l'humaniser. Mais sa sollicitude parfois était dérangeante, faisant vaciller mes convictions.

Jake franchit le seuil à l'aube, soucieux, éreinté. En me voyant réveillé il accourut tout comme le docteur C. qui venait aussi de s'en rendre compte de mon réveil.

-Alors comment tu te sens ?

-Engourdi. Je n'ai plus mal en tout cas.

Ils se regardèrent d'une façon qui me déplut.

-Quoi ?

-Si tu n'as plus mal, c'est que tu as perdu la sensibilité de la partie supérieure. Ce n'est pas bon du tout.

-Mais il en a acquis dans la partie inférieure, et c'est bon signe, relativisa le docteur C.

-On va refaire des radios, s'enflamma Jake.

J'étais conscient qu'il donnait le meilleur de lui-même mais j'étais trop mal pour apprécier.

-Je vais d'abord enlever la sonde, annonça le docteur C.

Une sonde…

Je les laissai faire, tentant vainement de maintenir une fréquence cardiaque raisonnable. J'avais peur. Le temps s'éternisa me plongeant dans une profonde détresse. Je les écoutai échanger des points de vue incompréhensibles pour un non-initié.

-Jake ? M'impatientai-je.

-Tout est en place.

-Tu es sûr ?

-Oui.

-Alors pourquoi ces messes basses ?

-Ce qui nous inquiète ce sont les connexions des nerfs entre eux. On ne sait pas si elles vont bien se faire et combien de temps cela va prendre. On est aveugle.

-Autrement dit ?

-Il faut attendre et tu auras besoin de rééducation.

J'entendis soudainement Bella derrière la porte.

-Je ne veux pas la voir.

-Elle s'inquiète, me reprocha Jake.

Je me répétai. Le docteur C. alla ouvrir et la fit sortir, cela ne m'empêcha pas de croiser son regard, un regard plein de quoi ? Je ne voulais pas le savoir, je me détournai. Je ne pouvais supporter qu'elle me voie ainsi. Jake ne dit mot, je lui en fus reconnaissant. J'entendis sonner.

Sylvia…

Jake se redressa, m'interrogea du regard. Je me rappelai de sa présence hier soir lors de l'affrontement. Pétrifié, ma gorge se fit sèche.

-Je vais aller lui parler, déclara-t-il.

-Non ! Je vais le faire, dis-lui de venir.

J'appréhendai sa réaction mais je devais savoir ce qu'elle savait et m'assurer qu'elle n'en parle pas. Bella s'excitait croyant devoir me protéger de Sylvia. Cela aurait pu me faire plaisir si la situation n'était pas si critique. Jake sortit les rejoindre.

-Non mais quelle emmerdeuse celle-là, entendis-je.

Cela me fit sourire. Elle frappa et entra sans attendre. Elle se figea, me voyant allongé, torse nu sur cette table d'examen si peu confortable. L'atmosphère s'alourdit.

-Je ne veux pas de mots comme ça dans ta bouche, dis-je pour diminuer cette lourdeur, ça ne te va pas. Mais bon, je peux comprendre, tu avais tellement envie de me voir.

Elle sourit et se détendit instantanément.

-J'étais si inquiète.

Elle s'approcha, le bruit de ses talons claquant sur le carrelage venait casser le silence. Une fois à ma hauteur, elle se pencha légèrement vers moi. Elle avait beau s'être maquillée avec soin, je voyais bien qu'elle était fatiguée.

-Tu n'as pas dû beaucoup dormir avec ce qui s'est passé hier soir, constatai-je.

Je fus troublé par l'intensité de ses yeux gris qui sondait mon âme sans se cacher.

-Je n'ai pas beaucoup dormi c'est vrai. Je redoutais que tu ne t'en remettes pas.

Mon trouble redoubla, je n'aurais su dire pourquoi.

-Comment tu as su où me trouver ?

-La question est plutôt pourquoi ici et non à l'hôpital ?

-Tu le sais déjà.

-J'ai tant de questions mais je me dis que moins j'en sais mieux je me porte.

-Il faut que je sache…

Elle posa sa main sur ma joue comme pour me rassurer.

-Je ne dirai rien, je te le promets. Mais moi aussi il faut que je sache…

-Que tu saches quoi ?

-Est-ce que ça remet notre petit arrangement en question ?

-Je suis cloué sur cette table, j'ai perdu toutes mes capacités, comment veux-tu… ?

Je m'interrompis tellement elle avait blêmi.

-Tu ne peux plus bouger ? Tu es paralysé ?

-C'est compliqué…

-Tu l'es ou tu ne l'es pas ?

-Disons que je sens des choses mais que je suis comme engourdi.

Elle expira de soulagement.

-Ça va revenir.

-Je n'en suis pas si sûr.

-Dis-moi si tu veux que je m'en aille, s'énerva-t-elle brusquement.

Elle était en colère même si elle tentait de le cacher. Je ne saisissais pas sa réaction.

-Non, je ne le souhaite pas.

C'était vrai, j'avais envie qu'elle reste. Elle me dévisageait toujours colérique.

-Je me demande juste… pourquoi toi tu resterais avec moi. Tu as vu ce que je peux devenir, tu as vu que ma vie était dangereuse, et surtout je ne vois pas pourquoi tu t'enquiquinerais avec un estropié.

-Je n'aime pas quand tu t'apitoies.

-Je te dis ce qu'il en est c'est tout, répondis-je vexé.

Elle avait recouvré son calme.

-Il a bien des manières de se divertir même si on a un handicap, m'expliqua-t-elle d'un ton explicite.

Elle déposa sa pochette et entreprit de dénuder ses épaules.

-Qu'est-ce que tu fais ?

Elle ôta ses chaussures et s'allongea sur moi avec agilité. Elle était comme une plume, c'était agréable cette proximité.

-Je crois pas que cette table soit faite pour deux, soufflai-je

Mon corps tentait de réagir, j'avais des picotements plus prononcés partout. Elle m'embrassa avec douceur, lentement, j'avais envie de plus, je voulais la serrer dans les bras. J'eus comme de petites décharges, mes doigts bougèrent comme pris de spasmes. C'était pareil pour mes doigts de pied. Elle s'en rendit compte et se redressa tout sourire. Je le lui rendis. Elle se mit assise à califourchon, me faisant toujours face, prit ma main qu'elle souleva, pas évident, c'était douloureux. Elle prit ses deux mains et parvint à poser la mienne sur sa gorge. J'avais des sensations, bouleversé, je la laissai faire tandis qu'elle faisait glisser ma main dans son bustier, déclenchant une effervescence dans une zone que je croyais inactive…j'avais tord…

Je fermai les yeux, percevant les battements désordonné de son propre cœur.

Il y avait de l'agitation à l'extérieur, des pas se rapprochaient. Mon cœur martelait dans ma tête, je ne pouvais émettre aucun son. Je voulais pourtant la prévenir. Elle sursauta quand la porte s'ouvrit à la volée.

-Mais, bon sang vous êtes inconscients tous les deux ! S'écria Jake. Je vous prie de descendre Sylvia. Vous risquez d'aggraver son état.

Elle s'exécuta, nullement gênée. Elle réajusta ses habits, remit ses chaussures sous mon œil contrit tandis que Jake lui lançait des regards sévères.

-Elle essayait de m'aider.

-Je ne vois pas en quoi.

-J'ai réussi à bouger mes doigts et aussi mes orteils.

-Carlisle !

Celui-ci arriva dans la seconde.

-Les nouvelles sont bonnes.

Ils m'examinèrent de nouveau de la tête au pied, je les laissai faire trop occupé à contempler Sylvia. Sa silhouette fine se mua doucement vers la porte-fenêtre, elle tira les doubles rideaux, elle avait de nouveau ce visage impassible et froid qui la caractérisait. Cela me déplut. Mon bien-être s'était envolé.

-Vous avez un fauteuil qui traine ?

Je fixai le docteur C.

-Evidemment.

Je ne relevai pas, plus rien ne pouvait me surprendre de sa part.

-J'en aurai besoin, je veux m'asseoir.

-Embry, soupira Jake.

-Je veux m'asseoir.

-J'arrive.

Dix seconde plus tard il était là. Ils me redressèrent sans difficulté. Je sentais leurs doigts, leurs mains, c'était bon signe. Installé dans le fauteuil, je me sentis moins diminué. Plus à l'aise.

-Appelle mon travail, Jake. J'ai besoin d'une semaine pour récupérer. Raconte-leur ce que tu veux.

-Une semaine ! Tu es optimiste.

-Une semaine, décrétai-je d'un ton qui ne tolérait aucune contestation. Sylvia ?

Elle se tourna vers moi.

-Et si nous allions faire un tour ?

-Volontiers.

Elle se posta derrière moi sous les yeux contrariés de Jake.

-C'est un fauteuil électrique. Il y a une télécommande, m'expliqua le docteur C.

Il me montra le fonctionnement. Sylvia partit ouvrir en grand la porte fenêtre et je la suivis dès que j'étais opérationnel, heureux de sentir de nouveau l'air sur mon visage.

-Je te donne cinq minutes, m'avertit Jake. Après je pars travailler.

-Vas-y, je te vois plus tard.

Il grogna. Je fis demi-tour.

-Vas-y, insistai-je, je suis entre de bonnes mains, ne t'en fait pas, je ne vais pas me laisser abattre, tu me connais.

-Je te connais oui, tu t'énerveras si les choses ne vont pas comme tu veux. Tu ne supportes pas de dépendre de qui que ce soit.

-Je vais faire une exception, au moins pour aujourd'hui.

Je me tournai vers Sylvia. Quand je fus à sa hauteur, elle posa sa main sur ma nuque avec une affection nouvelle. C'était ce dont j'avais besoin en cet instant : d'affection.

-Je te suis, déclara-t-elle.


J'ai découvert une appli Android pour lire des fanfics sur mon portable. C'est cool !^^