Note : Je crois que ce chapitre n'a encore jamais été republié depuis la fermeture de twwo, où étaient postés tous les chapitres.
A partir de ce chapitre j'ai dû les recouper moi-même car il n'y avait pas d'indications sur quand les chapitres s'arrêtaient dans le dossier que m'a envoyé Jemina (l'auteur de cette fic). Donc, si vous voyez que le coupure est mal faite, prévenez-moi :)
Chapitre 36 : Quand Lena rencontre Black
« Lena ? »
La serveuse du grand Triton se trouve devant moi, elle a l'air assez gênée.
« Qu'est-ce que tu fais là ? Comment t'as eu l'adresse ?
- L'adresse ? Reprend-elle apparemment ravie de répondre à cette question. J'ai fouillé dans les cahiers du bar, tu m'as dit hier soir que tu avais bossé au grand triton, donc ton adresse était forcément répertoriée.
- Mais pourquoi ?
- Je viens voir Steve, répond-elle en évitant mon regard.
- Pourquoi ? Il a pas payé sa consommation hier soir ? Il a cassé quelque chose et il doit rembourser ?
- Non c'est pas ça… je voudrais juste le voir », répond-elle en baissant la tête.
Je rêve ou elle rougit ? Une fille peut venir voir Steve de son plein gré et rougir en parlant de lui ?
« Tu veux le voir ? Pourquoi ?
- Pour lui parler… répond-elle dans le vague.
- Il t'intéresse pas quand même ? Dis-je, écoeurée.
- Il est marrant, dit-elle sur la défensive.
- Il est marrant quand il est bourré, mais quand il est à jeun il est horriblement chiant ! Tu l'as bien vu à jeun ! Dis-je.
- Ouais, mais j'ai quand même envie de le voir, répond-elle.
- Mais pourquoi ? Il est pas beau, pas sympa, pas riche, pas drôle, qu'est-ce que tu peux bien lui trouver ? »
Elle hausse les épaules.
Si je n'avais pas été là pour le voir je l'aurais pas cru : une très jolie fille apparemment normale et sympathique qui craque sur un thon ringard et coincé comme Steve Trenton.
Ça pourrait être une bonne occasion de rendre Steve humain… mais le problème c'est que je n'ai pas Steve.
« Ecoute, Lena, Steve n'est pas là, dis-je. Et il ne se souvient pas de la soirée d'hier soir, et ça ne m'arrangerait pas vraiment qu'il s'en souvienne. S'il se rappelle que je l'ai traîné dans une boîte de nuit il va tout raconter à ses parents et je vais me faire écharper.
- Qu'est-ce que tu racontes, Tany chérie ? Demande une voix derrière moi. Comment j'aurais pu oublier une aussi jolie fille ? Et je n'irai rien raconter aux parents, tu m'as permis de rencontrer cet ange, alors pour cette fois je passe l'éponge.
- Excuse-nous une seconde, Lena », dis-je en prenant le faux Steve par le col et en l'entraînant à part.
Lena ne comprend plus rien mais elle reste quand même dans la maison alors qu'une autre personne aurait déjà fui en courant.
J'entraîne Black jusque dans la cuisine puis je lui donne une gifle.
« Mais qu'est-ce qui te prends ?
- C'est quoi le problème, Jones ? Demande-t-il.
- Cette fille peut tout faire foirer ! Dis-je.
- Je vois pas comment, elle a pas de contacts avec ta famille, dit Black.
- Elle est témoin de ce qui s'est en partie passé hier soir ! Dis-je. Si jamais elle raconte ça à ma famille on est morts !
- Elle ne rencontrera pas ta famille de toute façon, et puis je lui dirai de garder le secret, dit Black.
- Tu ne lui diras rien du tout ! Dis-je. Cette fille veut voir Steve, pas toi.
- Je te rappelle que je suis Steve, répond Black.
- Non, tu es un usurpateur qui se fait passer pour Steve, mais ton numéro de drague minable tout à l'heure ça ne lui ressemblait pas du tout, dis-je.
- Eh bien je ferai plus attention maintenant, répond-il.
- Tu n'es pas Steve ! Cette fille veut voir Steve Trenton, pas Sirius Black ! Dis-je.
- Ça revient au même, dit-il. J'ai bossé pour ressembler à ton pote, maintenant faut voir si ça marchera.
- Tu vas ruiner la seule chance de vie sentimentale qu'il aura jamais, dis-je. Et au fait, tu te souviens que t'as une copine ?
- J'ai une copine, pas Steve, répond-il. Et depuis quand le bonheur d'un boulet coincé et de Kate te préoccupent ?
- Depuis que mon boulet coincé à une chance de devenir humain, dis-je. Ta copine j'en ai rien à foutre personnellement.
- Ton boulet fera fuir cette fille, au contraire grâce à moi elle va tomber sous le charme, répond-il.
- Elle est sous le charme du mec qu'elle a vu hier soir, pas de toi, dis-je.
- On verra », répond-il très sûr de lui.
On sort de la cuisine et on rejoint Lena qui attend toujours dans le couloir.
Je prends son blouson et Black l'emmène au salon.
Je le sens pas ce coup-là, je le sens vraiment pas.
Je mets le blouson sur le portemanteau et je rejoins le faux Steve et la serveuse au salon.
Elle a l'air intrigué par Black, c'est normal d'être intriguée par un mec qui triture ses montures de lunettes.
Je sors de la cachette secrète de ma mère une bouteille de whisky.
Ma mère ne veut pas que je sache qu'elle boit, elle n'est pas alcoolique mais elle pense que si sa fille sait qu'elle boit, elle risque de faire pareil.
C'est débile, je connais l'existence de sa cachette depuis mes 6 ans et c'est pas pour autant que je suis devenue une pochtronne… nan je suis juste une fêtarde.
« Tany chérie, dit Black. Tu sais bien ce que je pense de l'alcool, ne sors pas ça.
- Pourquoi tu l'appelles tout le temps « Tany chérie » ? Demande Lena, intriguée.
- Euh… cherche Black.
- Parce que c'est le surnom débile que mes parents m'ont donné et qu'il sait que je le déteste, dis-je. Un verre ?
- Non, je ne bois jamais, répond Lena.
- Tu es contre l'alcool ? Mais c'est fantastique ! S'exclame Black.
- Tu crois que si j'étais contre l'alcool je bosserai dans une boîte de nuit ? Demande Lena.
- Euh… ça serait une preuve de courage, répond bêtement Black.
- Je ne bois pas parce que j'aime pas le goût de l'alcool, dit Lena. Mais j'ai rien contre l'alcool.
- Tu as bien raison, dit Black. Nous devons apprendre la tolérance.
- C'est pas ce que tu disais hier soir, remarque Lena.
- Euh… je me range à ton avis, tente Black.
- Je sais exactement quel genre de mec tu es, dit-elle. Tu joues le mec intègre, qui se bat pour ses idées et ses valeurs, et en cachette tu les transgresses. Tu n'as aucune volonté mais tu fais comme si tu en avais à revendre, et ça je dois avouer que ça me fait rire. »
Black et moi on reste abasourdis par son petit discours. Lena se met à rire en voyant nos têtes, elle est pas humaine cette fille.
« Faites pas cette tête-là, dit-elle. J'aime bien les mecs qui sont imparfaits, et toi tu en es l'exemple type. Sans vouloir te vexer.
- Non, tu ne me vexes pas… marmonne Black encore sous le choc.
- Tu as du coca ? Me demande Lena sans me regarder et en s'approchant dangereusement de Black.
- Nan, ma mère est contre, dis-je.
- Va en chercher à l'épicerie du coin, dit la serveuse en dévorant le faux Steve des yeux.
- Tu me foutras pas dehors de chez moi, dis-je.
- Tany chérie, on t'as jamais appris à être poli avec tes invités ? Demande Black sans détacher son regard des yeux de Lena.
- Non.
- Il est jamais trop tard, Jones, dit Black.
- Jones ? Demande Lena intriguée.
- On m'appelle aussi comme ça, dis-je. Je ne partirai pas de chez moi, mais si vous voulez absolument votre coca, allez le chercher.
- Tu veux vraiment pas nous laisser, dit Lena toujours en regardant Black. Qu'est-ce que t'as, t'es jalouse ? »
Je m'apprête à répliquer quand un hibou apparaît à la fenêtre, il porte un petit paquet et gratte au carreau.
« C'est quoi ? Demande Lena en regardant l'oiseau, surprise.
- C'est un hibou, dis-je.
- Qu'est-ce qu'un hibou vient faire là ? Demande-t-elle toujours surprise.
- Ça se voit pas ? Il vient porter du courrier, dis-je en ouvrant la fenêtre.
- Mais qui est assez fou pour envoyer du courrier par hibou ? Demande-t-elle.
- J'ai des amis assez spéciaux, dis-je. Ils ont rien de mieux à foutre que de dresser leur hibou à envoyer du courrier.
- C'est quand même un sacré tour, dit-elle impressionnée.
- Va lire ton courrier ailleurs, Tany chérie », me dit Black.
Je sors sans protester, il a raison je peux pas le lire devant elle, si jamais on m'envoyait un truc magique ?
J'entre dans ma chambre, autant les laisser seuls, je crois que je pourrai pas les séparer.
J'ouvre le petit paquet, une brosse à cheveux.
Qui peut bien m'envoyer une brosse à cheveux ? La réponse est tellement évidente que je ne m'étonne pas de voir que la lettre qui accompagne la brosse n'est pas signée.
Si on peut appeler ça une lettre. C'est juste un mot écrit en grand à la va-vite.
HELP !
Rogue implore l'aide d'une sang-de-bourbe ? Ca devient grave, la situation doit être désespérée chez Gwen…
Je sais qu'en bonne « amie » je devrais aller l'aider, je devrais vraiment….
Mais j'ai pas que ça à foutre, je peux le mettre sur ma liste de choses à faire, après ranger ma chambre.
Je m'apprête à balancer la lettre sur la pile informe de trucs en tous genre qui traînent sur mon bureau, pas question d'aller aider Rogue, qu'il souffre c'est bien fait pour sa gueule, quand la lettre se met à brûler toute seule.
Je reste à regarder sans comprendre le morceau de parchemin cramer dans ma main jusqu'à ce qu'il me brûle la paume.
Je balance le parchemin sur la moquette en hurlant de douleur, mauvaise idée.
Le feu commence à prendre, sur ma moquette et se propage rapidement. Je piétine le début d'incendie pour l'éteindre, sans succès. Je commence à paniquer et je m'apprête à appeler Steve à l'aide quand je me souviens que Steve est dans le coma à cause d'un sort.
Je me souviens par la même occasion que je suis une sorcière, et que les sorcières ont la faculté d'éteindre les incendies.
Je suis vraiment bonne à piquer, je sais pas ce qui cloche avec moi aujourd'hui. Le manque de sommeil j'imagine.
N'empêche que le gentil petit mot de Rogue a bien failli me tuer, il est complètement malade !
Je sais bien pourquoi il a fait ça, je trouvais ça étonnant aussi qu'il laisse une trace écrite d'un appel à l'aide à une sang de bourbe ! Il veut pas de témoins, pas de traces, il veut pas qu'on sache qu'il m'a écrit. C'est bien une mentalité de meurtrier, il fera un bon mangemort.
Je sors ma baguette et j'éteins le feu, je me précipite ensuite à la salle de bains pour me passer la main sous l'eau froide.
Je vais pas laisser passer ça, hors de question.
Mon père est photographe amateur, je pourrais faire mine d'aller sauver Rogue et le prendre en photo chez cette folle, ensuite j'afficherai les photos à Poudlard.
Ou alors je pourrais aller donner quelques conseils à Gwen…
La première solution me paraît la meilleure, j'éteins le lavabo, je lance un sort sur ma main et un bandage apparaît instantanément.
Je sors de la salle de bains pour aller piquer un appareil à mon père, j'entends du rock provenir d'en bas.
Black a quand même pas osé mettre du rock pour séduire la serveuse ? Il agit vraiment pas comme Steve, je suis sûre qu'il va tout faire foirer. Au début ça allait, mais Steve aurait jamais pu la regarder aussi vite dans les yeux, et puis Steve déteste le rock.
Je peux pas partir et les laisser seuls. Je sais bien que Steve est un pauvre naze, mais c'est pas pour autant que je dois laisser Black tout faire foirer avec la seule fille qui voudra peut-être jamais de lui.
Et puis Black a une copine, et la moindre des choses c'est de lui témoigner un peu de respect en ne la trompant pas avec la première serveuse qui craque sur les boulets coincés venue !
Je dois les surveiller.
Pourquoi ? Je sais même pas.
Pour Foster ?
Pour Steve ?
Pour sauver ma peau ?
Je déteste Foster, je me fiche pas mal de savoir si elle se fait tromper par Black ou si elle est apprenti harpie, elle peut crever dans le caniveau ou devenir pute de luxe, ça me fera toujours ni chaud ni froid.
Je vois Steve une fois par an, et c'est déjà trop. Je déteste ce mec depuis toujours, je vois pas pourquoi aujourd'hui je me plierais en 4 pour lui. Même si cette fille peut le rendre humain, il vient à Londres que très rarement alors ça pourrait pas marcher entre eux.
Pour sauver ma peau ? Elle est pas vraiment en danger, cette fille connaît pas vraiment Steve, et elle n'a aucun contact avec ma famille ou la sienne. Evidemment, si jamais elle revient vers le vrai Steve, il la présentera à sa famille et elle risque de gaffer. Mais si Black réussit à la convaincre de fermer sa gueule il devrait pas y avoir de problèmes.
Alors pourquoi je fais ça ? Pourquoi je suis énervée ? Pourquoi je veux absolument les surveiller ?
A cause d'eux, je vais pas pouvoir faire payer Rogue ! Ils m'énervent….
Quoique… je peux essayer de me venger à distance, lui faire ce qu'il m'a fait.
Je retourne dans la salle de bains, sur le rebord de la baignoire se trouve une bouteille de shampooing spécial cheveux ultra gras. Mon père est très préoccupé par ses cheveux, il faut dire qu'il ne lui en reste plus beaucoup.
Je prends le petit flacon au trois quart plein et je retourne dans ma chambre.
Pour plus de précaution, je ferme la porte à clef, je pense pas que Potter apprécierait d'avoir une nouvelle victime du sortilège d'amnésie comme pensionnaire.
Je fouille dans un de mes livres de magie à la recherche d'un sort.
J'en trouve un très intéressant, un sort de vision.
C'est un peu le principe de la caméra version sorcier, il me faut un objet à ensorceler chez moi pour pouvoir suivre le cours des évènements.
Je jette le sort sur la bouteille et sur l'écran de la télé.
Personne ne touche à cette télé à par moi, Steve est contre la télévision et mes parents n'entrent dans ma chambre que pour faire le ménage, c'est une tâche bien assez éprouvante, ils n'ont pas le temps de penser à jeter un coup d'œil à la télé.
Je prends un morceau de papier moldu, le parchemin ça l'énervera moins.
J'écris deux mots en très grand à la va-vite : DEMERDE-TOI.
Je mets la bouteille dans la boîte qui emballait la brosse à cheveux et j'accroche la lettre au paquet.
Je fixe le tout à l'oiseau en lui disant d'envoyer ça à Rogue, l'oiseau s'envole, mission accomplie.
Enfin presque… combien de temps je suis restée cloîtrée dans ma chambre à chercher un sort pour Rogue ?
Peut-être bien une heure… j'ai complètement oublié les deux crétins en rut en bas !
Il a eu largement le temps de la dégoûter de Steve… il a eu aussi largement le temps de la séduire.
Merde ! Pauvre Steve ! Quoi que Black ait fait, Steve a perdu la partie.
Quel crétin, ça se fait pas de piquer la copine d'un autre ! Surtout quand on a déjà une copine !
Il n'est peut-être pas trop tard pour rattraper le coup…
Je fonce au salon comme une folle sortie d'une boîte à ressorts.
J'entre brusquement dans le salon, Lena essaye, avec des petits coups de poings sur le dos, de repousser Black qui apparemment tente de l'embrasser.
Elle salue mon arrivée par un regard suppliant.
« Steve, je sais que tu l'aimes beaucoup, mais quand une fille te donne des coups de poings ça veut dire qu'elle est pas d'accord avec ce que tu fais, dis-je.
- Jones ! Enfin, je veux dire Tany chérie ! S'écrie-t-il en redressant ses lunettes. Tu as déjà fini de répondre à ton courrier ?
- Ouais, dis-je.
- C'était une longue lettre ! S'exclame Lena avec un regard de reproche.
- Je devais pas vous laisser seuls ? C'était soit la lettre soit le coca en plein hiver, dis-je.
- C'est bien Tany, tu as compris, alors maintenant vas nous chercher du coca, dit Black.
- Tu as soif ? Dis-je.
- Non pas vraiment, répond-il en rejetant une mèche de cheveux qui lui barre la vue.
- Moi je crois que tu devrais boire, tout de suite », dis-je avec un regard plein de sous-entendus.
Il comprend et prend une gorgée de potion de sa gourde. Ses cheveux redeviennent courts.
Lena se lève, prend son blouson et nous dit.
« C'était sympa de m'accueillir, mais je crois qu'il vaut mieux pas qu'on se revoie.
- Quoi ? S'étonne Black choqué.
- Ecoute, Steve, j'ai fait une erreur de jugement, répond-elle visiblement ennuyée. Hier j'ai pensé que les choses pourraient coller entre nous, hier tu me semblais …différent. »
Le visage de Steve se décompose à vue d'œil, c'est un spectacle délicieux qui le serait encore plus si c'était le visage de Black.
J'avais raison, il avait tord, une fille sympathique et compatissante n'insisterais pas là-dessus, mais je ne suis pas une fille sympathique et compatissante.
Il a pas fini d'en entendre parler….
« Mais… mais… bafouille Black.
- Hier tu me semblais plus réservé, plus intègre, plus comique en fait. J'aime les caricatures tu comprends ? J'aime les mecs qui sont des parfaits clichés, parce que j'aime rire et j'aime avoir un mec qui me fait rire rien qu'en existant. Toi tu n'as rien d'un cliché en fait, tu es même très normal et j'aime pas ça, dit-elle. Désolée.
- Non… c'est pas grave… je comprends, marmonne Black complètement largué.
- Bon, c'est inutile que je reste, désolée du dérangement, Jonesy, me dit-elle.
- Je m'appelle Jones, pas Jonesy ni Tany chérie, et je te raccompagne, dis-je.
- C'est pas nécessaire, répond-elle.
- J'insiste. »
On sort du salon, en laissant Black assimiler les paroles de Lena.
Sur le pas de la porte, je tente ma chance et je me lance dans un discours en faveur de Steve.
« Ecoute, Lena, dis-je.
- Appelle-moi Helena, Lena c'est pour mes amis, me coupe-t-elle.
- OK, Lena, dis-je sur un ton de défi. Steve n'est pas dans son assiette depuis hier soir, ce mec est un cliché total, un vrai stéréotype vivant ! Mais là, il ne s'est toujours pas remis de sa cuite. Il n'a jamais touché à l'alcool, tu imagines le chamboulement dans sa vie de NERD coincé ? Il va mettre quelques temps à s'en remettre mais il s'en remettra crois-moi, et j'aimerais que tu ne le lui rappelles pas, au cas où il rechuterait. Il redeviendra le mec que tu as vu hier au grand triton, ne t'inquiète pas. Mais ça va pas se faire instantanément.
- Il va vraiment redevenir comme hier soir ? Demande-t-elle.
- Ouais, t'inquiète, dis-je. Quitte à le faire boire pour oublier. Quand il sera redevenu comme avant, je te le ramènerai, après c'est à toi de juger.
- Merci, Jones, répond-elle. Mais tu devrais faire plus attention à lui en ce moment, il a l'air complètement détraqué.
- Il l'est, mais ça durera pas », dis-je.
La serveuse sort, rassurée.
La partie n'est peut-être pas perdue pour le vrai Steve…
Je vais voir Black, qui n'a pas bougé de son siège.
Pour un demi-dieu ça doit être dur de se faire jeter comme un pauvre mortel.
Pour un pauvre mortel, c'est incroyablement plaisant de voir un demi-dieu se faire jeter.
« Elle est folle, articule-t-il.
- Non, je dirais qu'elle est plus saine que les ¾ des filles que je connais, dis-je. La preuve, elle te courre pas après.
- Elle a pas voulu de moi, dit-il.
- Je sais, c'est pour ça que je la trouve tout à fait normale, dis-je.
- Elle me fait penser à cette fille complètement dingue qui a donné un coup de poing à Remus, marmonne-t-il.
- Gwen ? Gwen est folle, Lena ne l'est pas, dis-je. Elles ne se ressemblent pas du tout. »
Je sais pas pourquoi j'apprécie pas qu'il dise qu'elles se ressemblent. Gwen vit dans son monde, elle est complètement jetée alors que Lena est tout à fait normal à part qu'elle a des tendances un peu castratrice, vouloir sortir avec un mec duquel elle se moquerait tout le temps c'est vrai que c'est pas très sain… quoique…
« Les deux sont folles, répond-il. Si elles peuvent t'apprécier c'est que quelque chose ne tourne pas rond dans leur tête.
- Remus m'apprécie, dis-je. Pourtant tu ne le trouves pas fou.
- Il doit sûrement avoir pitié de toi, répond Black.
- Peut-être que c'est de toi qu'il a pitié, dis-je. C'est pas moi qui me suis fait jeter comme une merde par une fille.
- On est amis depuis la première année, dit-il comme si ça voulait tout dire.
- Les relations ça évoluent, dis-je. Dans le bon ou le mauvais sens. En tout cas, tu as tout foiré.
- Comment ça ? Demande-t-il.
- Cette fille était venue voir Steve et elle qui ne le connaît pas, elle a pu remarquer que tu n'étais pas lui, dis-je.
- J'ai abandonné le personnage pour la séduire, répond-il. Mon rôle est parfaitement au point.
- Si ton rôle avait été parfaitement au point, tu ne l'aurais pas abandonné, dis-je. Et puis qu'est-ce qui t'as pris de m'appeler Jones ? Ca peut passer devant elle mais pas devant mes parents ni ceux de Steve !
- Tu préfères Tany chérie ? Demande-t-il avec un sourire moqueur.
- Non, tu m'appelles encore une fois comme ça et je te casse les dents.
- Tania alors ?
- Non plus, t'as pas le droit de m'appeler par mon prénom, tu vas le salir.
- Alors je dois t'appeler comment ? S'énerve-t-il.
- Tu ne m'appelles pas et tout se passera très bien entre nous, dis-je.
- Ça ne colle pas à mon rôle, répond-il.
- Rien à foutre, dis-je. On doit encore répéter avant le retour des parents, visiblement t'es pas prêt. »
Il commence à faire nuit quand les parents rentrent, il fait toujours nuit très tôt en hiver.
On a passé l'après-midi à répéter, Black a tenté deux fois de m'étrangler, mais c'est pas avec son corps de poulet qu'il arrivera à me faire du mal.
Ma mère nous prépare amoureusement le dîner alors qu'elle ferait bien mieux de commander quelque chose vu qu'elle a l'air complètement épuisé.
Michelle et Jack s'inquiètent de la santé de leur fils et mon père râle après les embouteillages qu'ils ont dû supporter pour arriver jusque la Gallery.
OoOoOoO
On passe à table, ma mère nous fait le récit détaillé de leur journée, appuyée par Michelle aussi enjouée qu'elle.
« Il y avait un magnifique tableau de Sickert, dit ma mère. Le genre qui n'est pas bon à montrer à des jeunes filles bien élevées.
- Génial, j'irai voir alors, dis-je.
- Très drôle chérie, mais je t'assure que cette exposition était très enrichissante, vous auriez dû venir, répond ma mère.
- Steve était pas bien, dis-je. On allait pas traîner un malade dans un musée en plein hiver.
- C'est vrai, dit Michelle. Est-ce que tu vas mieux mon chéri ?
- Oui maman, dit Black. Je vais mieux ne t'inquiète pas.
- Je t'avais bien dit qu'il serait en pleine forme pour la partie de ce soir, dis-je à ma mère.
- La partie ? Quelle partie ? Demande Black.
- Enfin mon chéri ! Tu sais bien qu'on avait prévu une partie de scrabble ce soir ! Dit Michelle en touchant le front de Black.
- Ah euh… commence Black.
- Steve, on sait tous que tu es très impatient de commencer la partie, d'ailleurs si tu ne l'étais pas ça serait vraiment étrange de ta part, dis-je avec un regard appuyé.
- Je suis très impatient, qu'est-ce que tu crois ? Demande Black.
- On va bien s'amuser ! » S'exclame Michelle.
Ça oui, on va bien se marrer.
