Bonsoir

Voilà un nouveau chapitre !

Je voulais vous dire que j'avais mis un OS en ligne. Maya et Willy. Donc si vous voulez aller y jeter un oeil...

Edward à jamais reçut autant de menaces et d'insultes ^^

Merci à toutes pour les reviews

Merci à Lily pour la correction.

Bonne lecture


J'ignore combien de temps je restai assise dans le bureau, complètement hébétée. J'étais épuisée, mon corps était raide, vidé. Je n'avais plus aucune énergie. Je n'arrivais même pas à penser, j'essayais juste de me ressaisir. J'avais des choses à faire, il allait certainement me dire, après m'avoir officiellement quittée, de récupérer toutes mes affaires et disparaître au plus vite de sa vie, refusant d'être encombré plus longtemps par mes problèmes. Il fallait que j'anticipe ce petit déménagement. Heureusement, je n'avais pas emmené grand-chose.

Une panique supplémentaire s'empara de moi. Il allait falloir que j'annonce à mes parents qu'Edward et moi c'était terminé et qu'en plus, je n'avais plus de travail. De plus, mon père allait me demander des explications sur mes cauchemars. Ça allait faire beaucoup d'informations. Et puis il allait falloir gérer la famille d'Edward, ils allaient être déçus. Et Laurel... la pauvre. J'espérais pouvoir l'emmener en balade demain quand même. Je commençais à me sentir bien dans ma nouvelle vie.

Je sursautai en entendant un bruit dans l'appartement. Peut-être était-ce Edward qui revenait. Comme si j'étais sur ressort, je me levai pour me précipiter dans le salon. Il ne s'agissait que de la femme de ménage. Carole. Elle me salua, je l'avais vue une fois ou deux, je lui rendis la politesse et elle commença son travail. Mollement, j'allai m'asseoir sur le canapé. Je voulais pleurer mais rien ne venait, même ça, je n'arrivais pas à le faire.

J'en voulais tellement au monde entier. À commencer par moi, qui n'avais pas su me taire et me contrôler. J'en voulais à Edward de lâcher prise si rapidement. Je lui avais dit que je n'étais pas facile, il savait que tout ne serait pas tout rose. J'avais vraiment cru qu'il serait plus fort et plus patient que ça. Au moindre petit problème, il partait. Puis j'en voulais à mon destin. Pourquoi le sort s'acharnait sur moi ? D'abord l'agression, ces séquelles psychologiques, le coma de Jacob puis sa mort.

Je commençais tout juste à reprendre ma vie en main, à entrevoir une vie heureuse et paisible et bham... C'était comme si j'étais tombée dans un trou après l'agression. Un trou noir, sans espoir de s'en sortir à première vue. Puis j'escaladais pour gagner la surface, j'y voyais la lumière, une porte de sortie, l'espoir revenait et là... je venais de trébucher et retomber vers le fond. La lumière était en train de disparaître.

Quelque part au fond de moi, je me disais qu'il y avait encore une chance, que tout n'était pas perdu. J'essayais de m'accrocher à cette idée, mais ma nature défaitiste avait toujours tendance à noyer tout espoir, quel qu'il soit. Je m'étais toujours conditionnée à endurer le pire dans n'importe quelle situation. Quand mon téléphone sonna, mon corps se réanima et je décrochai sans regarder.

- Edward ?!

- Euh... Non. Pardonnez-moi, Mademoiselle Swan, je suis Roger Miller. Le notaire de votre ex époux.

- Oh. Oui. Pardon.

- Je voulais m'assurer que vous n'aviez pas oublié notre rendez-vous.

Je regardai l'heure, il allait être 13h.

- Non, je n'ai pas oublié. Je me connecte.

- Très bien. À tout de suite.

- Oui.

Je raccrochai. Maintenant, j'allais devoir subir ça. Jacob et son mystérieux testament. J'établis alors la connexion et face à moi, se présenta Roger Miller, un notaire dans la 50aine, les cheveux grisonnants, un costume impeccable et une stature qui prouvait son professionnalisme.

- Mademoiselle Swan.

- Monsieur Miller.

J'étais face à Miller qui était assis au bout d'une table en bois verni, derrière lui, je voyais le ciel bleu de Floride grâce à de grandes baies vitrées. À sa droite, se trouvait Billy Black, mon ex beau-père. Il regardait droit devant lui pour ne pas avoir à me regarder. À gauche de Miller, se trouvait Rachel et sa sœur Rebecca, les sœurs jumelles aînées de Jacob. Ces dernières avaient la tête tournée vers l'écran qui reflétait mon image. Je devais être en grand sur une télé au bout de la table. Le regard des jumelles me transperçait le cœur, leur yeux étaient noirs, assassins, plein de haine et de rancœur. Je déglutis difficilement, la bouche sèche et mon cœur allait exploser tant il battait vite. Cependant, j'essayai de garder un air impassible et contrôlai ma voix.

- Rachel, Rebecca... Billy. Bonjour.

- Va te faire foutre, sale pute !

- Mademoiselle Black, s'il vous plaît.

Rachel, la plus teigneuse des deux, aurait pu me sauter dessus si j'avais été devant elle. Dire qu'elles avaient été mes demoiselles d'honneur et qu'elles m'avaient acceptée « Comme leur sœur » Je les avais toujours bien aimées. Miller poursuivit.

- Nous ne sommes pas ici pour régler des comptes mais pour lire les dernières volontés de Monsieur Jacob Black. Je vais vous lire, en intégralité bien entendu, le testament que lui et moi avons établi lors de notre rencontre. Sachez que ce testament sera exécutif une fois sa lecture finie et qu'il n'est en aucun cas contestable, il devra donc être appliqué à la lettre par vous tous. Aucun refus, aucune modification n'est possible. Suis-je bien clair ?

Je hochai la tête doucement, retenant mon souffle. La famille Black approuva elle aussi les conditions et le notaire ouvrit un dossier d'où il sortit une simple feuille. Il lança un regard circulaire pour s'assurer qu'il avait l'attention de tout le monde puis débuta sa lecture.

- Ceci est mon testament.
Je soussigné monsieur Jacob William Richard Black,

Né le 12 avril 1988 à Tampa dans l'état de Floride

Domicilié au 273 4th avenue N Jacksonville Beach. FL 32250

Lègue :

À Monsieur William George Harry Black

né le 20 octobre 1958 à Orlando dans l'état de Floride

Mon père

Domicilié au 12678 Ash Harbor Dr Jacksonville FL 32224

Ma voiture, une Cadillac Deville convertible de 1967 ainsi que ma moto, une Harley Davidson de 1970.

Je lui demande de poursuivre et terminer les restaurations que j'ai entreprises sur ces deux véhicules, qui sont toujours en cours à ce jour. Je sais qu'il sera prendre soin de mes deux machines.

Billy qui fixait toujours un point droit devant lui eut un petit sourire. Je détestais ces vieilles machines, Jacob les adorait. Dès qu'il pouvait, il achetait des pièces et passait des heures à retaper la Cadillac ou la Moto. Il avait promis qu'un jour, nous irions faire un tour avec la voiture. Je suppose que si un jour elle roule, ce n'est pas Billy qui m'emmènerait en balade.

Miller laissa quelques secondes à Billy pour prendre connaissance de son lègue avant de poursuivre.

- Lègue ;

À Mademoiselle Rachel Constance Marie Black

Née le 29 aout 1985 à Tampa dans l'état de Floride

Ainsi qu'à

Mademoiselle Rebecca Marie Constance Black

Née le 29 aout 1985 à Tampa dans l'état de Floride

Mes sœurs

Domiciliée au 18768 David Street Jacksonville FL 32224

Et

7342 Victioria Road Jacksonville FL 32224

La totalité de mes biens matériels et personnels restants.

Les deux sœurs se regardèrent, déçues je pense de ne récolter que des photos, des dvd, des jeux vidéo ou vêtements et autres babioles sans importance. Miller prit une discrète bouffée d'air avant de poursuivre, comme s'il savait que la suite s'annonçait délicate. Vu l'accueil de mon ex belle-sœur, il avait dû comprendre que l'entente n'était pas au beau fixe.

- À Mademoiselle Isabella Marie Swan...

Mademoiselle ? Nous étions déjà divorcés quand il a fait ça ? Je ne comprenais pas, le soir même de l'officialisation de notre divorce, il était tombé dans le coma. Je n'écoutais plus Miller, je réfléchissais. Quand avait-il eu le temps de faire un testament ? Nous étions passés au tribunal à 11h... Ah si ! Il m'avait demandé de le retrouver au bar, il devait m'y rejoindre car il avait quelque chose à faire. Je ne lui avais pas demandé quoi. Était-ce ça ? Je revins à la réalité.

-... Lègue :

Une lettre qu'elle sera la première et la seule à lire dans un premier temps. Elle sera libre d'en faire ce qu'elle désire après sa première lecture.

Miller s'arrêta. Une lettre ? J'héritais d'une lettre ?

- Cette lettre, mademoiselle Swan, sera envoyée dans l'heure qui suit notre entretien. Elle est cachetée et comme le souhaitait monsieur Black, personne ne l'a lue à part lui.

- Très bien.

- Je poursuis.

Ce n'était donc pas fini. Il me lança un regard avant de reprendre.

- Je lègue également à Mademoiselle Swan l'intégralité de mon compte bancaire ainsi que l'assurance vie que j'ai contractée il y a de ça un mois, sans concertation avec autrui. Le montant des deux cumulés s'élève, à ce jour, aux environs de 100 mille dollars.

Je veux et lui demande de se servir de cet argent pour rembourser ses frais universitaires qui, je le sais, ne sont pas finis d'être payés à ce jour.

Oh mon Dieu ! 100 mille dollars ? Une assurance vie ? Jacob ! J'étais sous le choc. 100 mille dollars ? Mais il avait perdu l'esprit ? 100 mille putain de dollars ! Miller termina sa lecture. J'étais ahurie. Ma bouche formait un « O » et mes yeux étaient certainement écarquillés. Les Black ne cessaient de se regarder tour à tour. Eux aussi étaient sous le choc. Miller demanda mon attention.

- Mademoiselle Swan, suite à une vérification de la part de mon cabinet, Monsieur Black ne contractait aucun prêt, crédit et n'avait aucune dette. Le montant de votre lègue s'élève donc à la somme exacte de 112 324, 78 dollars.

Putain de bordel de merde ! J'étais incapable de réagir, de répondre, ni même de hocher la tête. 112 324,78 dollars. C'est Billy qui réagit le premier.

- C'est insensé ! Inacceptable ! Cette personne n'a plus aucun lien avec mon fils ! Il était divorcé. Elle ne peut rien avoir ! Surtout pas cet argent qu'elle ne mérite pas ! Il est mort par sa faute !

- Monsieur Black. Votre fils était conscient de tout ce qu'il a couché sur papier et dans l'entièreté de ses droits. Mademoiselle Swan peut et recevra ce qui lui est dû.

- De quand est daté ce pamphlet ?

- Ce testament est daté du 28 décembre 2014. J'ai reçu Monsieur Jacob Black pour l'écriture de ce document légal et applicable dans l'après-midi de ce jour.

- Il est hors de question que cette personne touche un seul centime de l'argent de mon fils !

Billy se tourna vers moi, fou de rage. Moi, je n'avais toujours pas bougé.

- C'est toi qui l'a poussé à contracter cette assurance vie ! C'est toi qui a tout manigancé ! C'est un assassinat tout simplement ! Tu avais planifié la mort de mon fils pour son argent ! Tu l'as poussé à faire ce testament ! Et comme par hasard, il est tombé dans le coma le soir même ! Tu es responsable de tout ça ! Tu as délibérément, volontairement, assassiné mon fils !

- Non ! Je n'ai jamais voulu qu'il arrive quelque chose à Jacob ! C'est vous qui l'avez débranché !

- Je continuerai à te traîner en justice ! Il est hors de question que ton plan pour récupérer l'argent de mon fils réussisse !

- Je ne veux pas de cet argent ! Je veux Jacob... je veux juste Jacob...

J'avais avoué ces derniers mots dans un murmure. Je réalisai qu'il me manquait atrocement, surtout aujourd'hui. J'aurais tant besoin de quelqu'un qui m'écoute tout en me connaissant. Jacob m'avait connue mieux que personne. Il savait tout, absolument tout de moi. Je ne voulais pas de son argent, je ne voulais pas des problèmes qui allaient s'en suivre. Je voulais juste qu'on me laisse tranquille.

- Jacob est mort par ta faute ! Tout devient clair maintenant !

- C'était un accident ! On m'a agressée sexuellement ! Jacob m'a défendue !

- Tout était prémédité !

- Comment osez-vous ?! J'ai vécu 9 ans avec lui. Je l'aimais, je l'aimais de tout mon cœur. C'était mon meilleur ami, mon mari, mon frère, tout ! Il n'y avait que lui dans mon monde ! Jamais, jamais je n'aurais pu lui faire le moindre mal !

- Tu ne me mèneras pas en bateau !

- J'ignorais qu'il avait une assurance vie ! J'ignorais qu'il avait pris rendez-vous avec un notaire ! J'ignorais qu'il avait autant d'argent ! Monsieur Miller, je vous en supplie, je ne veux pas de cet argent... J'ai déjà assez de problèmes comme ça...

Je pleurais, les larmes coulaient toutes seules sur mes joues, mon corps entier me faisait mal. Je ne voulais plus être ici, je ne voulais plus souffrir, je voulais juste disparaître et qu'on me laisse en paix. Je voudrais tellement être à la place de Jacob. Je voudrais tellement pouvoir échanger sa vie contre la mienne.

Miller, qui devait être habitué à des scènes de ce genre, tenta de calmer les choses. Il réussit à convaincre les Black d'arrêter de m'insulter, de crier et de s'asseoir. La calme revenu, il sortit une feuille du dossier devant lui et il parla d'un ton autoritaire tout en gardant son sang froid.

- J'ai ici l'historique des prises de contact avec monsieur Jacob Black. Il m'a contacté dans un premier temps, le vendredi 17 octobre pour un rendez-vous à titre d'information. Nous nous sommes rencontrés pour discuter de son désir d'écrire un testament. Il m'a ensuite rappelé dans la journée du 30 novembre afin de prendre rendez-vous le 28 décembre dans l'après-midi. Je l'ai reçu ici même, à la date convenue, en fin d'après-midi. Monsieur Black était parfaitement conscient de ses actes.

- Mon fils n'aurait jamais fait ça sans l'esprit avilissant de cette meurtrière ! De toute façon, elle ne vit plus en Floride. Son adresse est inexacte ce qui rend le lègue caduc !

- Non monsieur. L'adresse indiquée est l'adresse valide au moment des faits. Mademoiselle Swan, au jour du 28 décembre, étiez-vous domiciliée au 273 4th avenue N Jacksonville Beach. FL 32250 ?

- Oui...

- Votre changement d'adresse n'est pas un obstacle majeur. Cela n'annule en rien les volontés de votre ex-époux.

- Je n'en veux pas... je suis fatiguée... j'ai vécu l'enfer à cause de tout ça. Les avocats... l'interdiction de le voir à l'hôpital ou même d'assister aux funérailles. Vous vous rendez compte de ce que vous m'avez fait endurer ? Je ne veux pas que ça recommence...

- Mademoiselle Swan, il s'agit là de la volonté claire et précise de votre ex compagnon. Cet argent vous revient de droit, personne ne peut et ne doit vous empêcher de l'avoir. C'est ce qu'il désirait. Ce document, ce testament est juridiquement valable et applicable. Tout est fait dans le cadre de la loi. Vous êtes en quelque sorte intouchable. C'est 112 mille dollars seront prochainement à vous. Je pense que sa venue ici et son accident ne sont qu'une regrettable coïncidence.

Rebecca essaya de prendre la parole mais le notaire la coupa avant même qu'elle ne commence.

- Je compatis à votre perte et votre douleur mais ne souillez pas les volontés, les désirs d'un homme que vous aimiez tous. Mademoiselle Swan, je prendrai contact avec vous lundi pour les formalités à venir. Comme je vous l'ai déjà précisé plus tôt, la lettre qui vous est destinée sera envoyée en recommandé avec la dernière relève du soir.

Je ne savais pas quoi dire. Alors je hochai simplement la tête pendant que les jumelles et Billy fulminaient. Miller poursuivit.

- Je vous souhaite bon courage mademoiselle Swan. À lundi.

- Au revoir. Merci...

Je ne pris pas la peine de saluer Rachel, Rebecca et Billy. Miller coupa notre connexion et je me retrouvai de nouveau seule, vide, malheureuse, choquée. Je n'arrivais pas à bouger un muscle de mon corps, seules mes larmes continuaient de couler en silence, même mes sanglots ne sortaient pas. J'étais tétanisée. 100 mille dollars... Comment avait-il accumuler tout cet argent ? Pourquoi ne m'avait-il jamais parlé de cette assurance vie ? J'avais déjà été extrêmement surprise d'apprendre qu'il avait un testament, mais alors une assurance vie... ça dépassait tout !

Et cette lettre ? Que contenait-elle ? Expliquerait-il tous ses mystères ? Pourquoi était-elle si secrète ? J'avais mal, terriblement mal. Physiquement, je me sentait ankylosée, sans force, je n'arrivais pas à respirer, je devais vraiment faire un effort pour remplir mes poumons d'air. Je tremblais, j'avais froid, affreusement froid. Mentalement, c'était le chaos. Je ne savais plus quoi penser, Edward... Jacob... c'était tellement confus.

Pourquoi le sort s'acharnait sur moi ? Etait-ce vraiment pour me punir d'avoir plongé involontairement Jacob dans le comas ? Et Billy ? Allait-il vraiment me remettre en procès ? Il en était capable, je le savais bien. Est-ce que toute cette horreur allait se répéter ? J'étais seule, démunie contre eux tous. Pourquoi ? Comment peut-il croire que j'ai pu planifier une chose aussi horrible qu'un assassinat contre Jacob ? Etait-ce réellement l'image que l'on avait de moi ? Tout ça était si méchant, blessant et terrifiant. Je était certaine que Billy rêvait de me voir allongée sur une table, dans l'attente de recevoir une injection létale.

Qu'est-ce qu'il faisait froid ici... j'avais mal à la tête... j'étais si fatiguée.

- Isabella ?! Dans mon bureau, maintenant !

Edward était là. Il venait de rentrer. Mais sa présence ne me réconfortait pas, au contraire, elle me terrifiait encore plus. Lui aussi allait me quitter. J'allais encore avoir des ennuis. Je savais que je devais me lever pour le suivre et affronter sa colère mais j'en étais incapable. Et ce froid qui me saisissait dans la moindre partie de mon corps. Mes tremblements redoublèrent, mes dents claquaient... je n'arrivais même pas à lever les bras pour m'envelopper moi-même et tenter de me réchauffer. Je restais droite, pleurant silencieusement, en plus de trembler de tout mon être.

- Isabella ?

Edward était près de moi, mais sa voix me paraissait être à des années lumières de moi. Du coin de l'œil et ma vue brouillée à cause des larmes, je le vis s'approcher de moi.

- Bella ? Merde Bella ! Qu'est-ce qui se passe ? Tu es gelée, tu pleures... Bella réponds-moi ! PAUL !

Quand il était rentré, il avait parlé avec sécheresse et autorité, puis plus calmement la seconde fois et là, il était paniqué. Je le distinguais à peine et ses mains ne réchauffaient pas les miennes. Je compris que Paul était arrivé lui aussi près de moi.

- Trouvez-moi une couverture, elle est gelée ! Si Carole est là, dites-lui de préparer un thé et de venir ici !

Il était de nouveau autoritaire. Je voulais parler mais rien ne sortit, je suffoquais, comme si ma poitrine était écrasée par d'un poids extrêmement lourd. J'avais l'impression d'être un poisson hors de l'eau, je paniquais en cherchant mon air. Edward prit mon visage entre ses mains, essuya rapidement mes yeux avec ses pouces et m'ordonna de le regarder.

- Bella ! Calme-toi ! Dis-moi ce qui se passe ? Bon Dieu réponds-moi. Respire... respire, ça va aller ! Respire. Doucement... voilà comme ça.

Peu à peu, je recouvris une respiration régulière et ma panique se dissipa légèrement. Je sentis qu'on me posait quelque chose sur le dos. Edward tendit les bras et m'enveloppa de la couverture que Paul venait de ramener. Je tremblais toujours.

- Monsieur, je crois qu'elle est en état de choc.

- En état de choc ? Mais pourquoi ?

- Euh... Eh bien...

- Paul, parlez !

- Vous vous êtes disputés. Avez-vous dit quelque chose qui aurait pu la mettre dans cet état ?

- Non. Elle allait très bien quand je suis sorti déjeuner. On s'est à peine vu ce matin. Je ne peux pas croire que notre dispute ait provoqué ça. Merde ! Bella réponds !

- Ne criez pas monsieur, ça pourrait être pire.

Leur voix raisonnaient dans ma tête, j'avais mal. Edward s'assit alors sur le canapé et me hissa en travers de ses genoux, il me tenait comme une enfant contre sa poitrine, il me berçait.

- Monsieur...

C'était la voix de la femme de ménage, Carole. Elle déposa un plateau sur la petite table et Edward la questionna.

- Que s'est-il passé ? Pourquoi je retrouve ma compagne dans cet état ! Bon sang, mais que faisiez-vous ? Qu'est-ce qui se passe dans ce putain d'appartement !

- Je... je travaillais monsieur. Il n'y a eu aucune visite. Je n'ai rien entendu, j'étais à l'autre bout de l'appartement.

- Un coup de téléphone ? Sa tablette est branchée, elle a eu quelqu'un en visio ?

- Je... je l'ignore. En fait, elle parlait, oui. Mais je n'entendais pas bien.

- Faites un effort !

- Il... il me semble avoir entendu des insultes qui lui étaient destinées.

- Jane ?

- Non. Non ! Je suis certaine que ce n'était pas cette sorcière... pardon. C'était un homme.

Je voulais lui dire de ne pas s'en prendre à Carole. Je sentis Edward se tendre sous moi. Mon corps commençait à se réchauffer tout doucement.

- Merde de merde ! Putain, quel con ! Bella, bébé, je suis désolé... j'ai oublié. C'est à propos de Jacob, n'est-ce pas ? Son testament ?

À ces mots, j'explosai en sanglots. Enfin, ça sortait et mon corps se libéra. Je me recroquevillai contre lui, m'accrochant à lui. Il resserra son étreinte en congédiant Paul et Carole, puis caressa mes cheveux tout en embrassant mon visage.

- Bella, je suis désolé. Reviens-moi... Parle, explique-moi. Je suis là... je reste là. Chérie, je t'en prie. Je t'en supplie.

Je n'y arrivais pas, il fallait que ça sorte, je devais me libérer de tout ça. J'ignore combien de temps je passai ainsi lovée contre l'homme qui risquait de me quitter, à pleurer pour celui qui était réellement parti pour toujours. Cependant, je finis par ne plus avoir la moindre force. Je ne tremblais plus, je n'avais plus froid, mais j'étais courbaturée de partout, endolorie par mes violents sanglots. Je levai les yeux vers Edward. Il me regarda, peiné et perdu. Il semblait torturé et réellement inquiet.

- Ne me quitte pas Edward...

- Oh, Bella. Non. Je ne te quitterai pas. J'étais fâché, oui. J'ai passé une sale nuit, tu m'as mis hors de moi mais ce n'est pas assez pour que je te quitte. Je t'aime bien trop pour ça.

- C'est vrai ? Même avec mes problèmes ?

- Je m'ennuierais sans ça. Je ne partirai pas et je ne te laisserai pas partir. Quitte à te poursuivre à travers le monde.

Un immense soulagement se propagea en moi. Il ne me quitterait pas. J'avais du mal à croire que la petite partie de moi qui avait dit que je me faisais des idées avait raison. Mais je ne voulais pas débattre sur ce sujet avec moi-même maintenant. Je me redressai pour m'installer face à lui, toujours sur ses genoux.

- Je suis désolée d'être partie comme ça hier mais tu...

- Je sais Bella. Mais c'est comme ça. Paul est là pour ça, c'est son boulot. On aurait pu trouver un arrangement mais nous nous sommes emportés tous les deux. Et tu avais oublié ton téléphone et ta tablette. J'étais fou de rage ! J'en ai pas dormi de la nuit.

- Je ne suis pas habituée. Et ce matin tu étais si... distant et froid.

- Je voulais te... punir. J'ai vécu une nuit d'enfer, je voulais que tu en vives une aussi.

- Et pourquoi tu voulais me voir dans ton bureau après le déjeuner.

- Pour parler calmement. Faire une trêve. Je pensais qu'une matinée suffirait pour que tu comprennes.

Alors c'était juste être méchant pour être méchant ? Une punition ? Un avertissement ? Je trouvais ça réellement tordu comme manière de faire.

- Tu ne peux pas faire ça Edward. C'est cruel.

- Mon côté sombre. Écoute, le téléphone hier, c'était une petite blague, débile ok. J'aurais dû me douter que tu n'aimerais pas que je touche à ça. Mais sur le coup, ça m'a paru innocent. Ce qui m'a mis en colère, c'est que tu me donnes des leçons devant mes parents... c'était... humiliant.

- Je me suis excusée.

- Je sais et j'ai aimé notre réconciliation... peut-être trop rapide. Bref. Ensuite notre week-end à L.A s'est vu être annulé, ce qui m'a terriblement contrarié, ça me rend dingue. J'en avais très envie, surtout après la matinée que nous avions passée. De plus, j'aurais pu tuer ce salopard d'avocat d'avoir parlé de toi au tribunal. Et après, on m'a emmerdé sur un dossier, j'étais en colère contre la terre entière. Puis tu as refusé que Paul s'occupe de tes trajets, sans même chercher à en discuter. Tu as changé nos plans et tu es partie comme une voleuse avec ton chat sous le bras !

J'avoue que ma fuite avec Brad Pitt pouvait paraître irréfléchie, mais sur le coup, j'avais trouvé ça nécessaire. Je posai mes mains à plat sur son torse et les remontai jusqu'à ses épaules.

- J'ai fait un cauchemar affreux. Les agresseurs me tenaient, je t'appelais. Tu es venu et tu m'as dit que tu ne voulais pas de moi. Que j'avais trop de problèmes...

Les images très nettes de ce cauchemar apparurent dans mon esprit et de nouveau, la panique me gagna. Edward fronça les sourcils et caressa mes cuisses pour me réconforter et m'encourager à poursuivre.

- Tu... as dit que tu aurais pu m'aimer de tout ton cœur et que j'aurais été une femme heureuse mais... que je te défiais trop et que c'était trop pour toi, que tu ne supportais plus tout ça. Alors tu... tu as dit aux agresseurs de faire de moi ce qu'ils voulaient. Que je ne comptais plus pour toi. Je t'appelais, je criais, je te suppliais mais tu es parti sans te retourner.

- Seigneur, Bella !

Il prit mon visage en coupe et m'embrassa avec une passion que je ne connaissais pas encore chez lui. Je crois qu'il cherchait à me prouver que j'étais importante pour lui, qu'il m'aimait et qu'il était là pour moi. Je lui répondis avec autant de ferveur dans mon baiser. Il était devenu mon univers. Je mourrais sans lui. Il finit par s'éloigner et planta son regard gris foncé dans le mien. Sa voix était sifflante et sans appel.

- Jamais Isabella ! C'est compris ? Jamais, je ne ferais une chose pareille ! Tu es à moi, tu m'appartiens ! Je suis à toi, je t'appartiens ! Pour toujours ! Est-ce que c'est clair ?

Je hochai la tête, il m'embrassa à nouveau, plus tendrement et nicha sa tête dans mon cou où il sema une infinie quantité de baisers.

- Il faut que tu manges Bella. Je suis certain que tu n'as rien mangé.

- Je n'ai pas faim.

- Prends au moins un peu de thé. S'il te plaît.

Bon, je suppose que je pouvais faire ça. Je me levai pour m'asseoir correctement sur le canapé. Je me servis une tasse et la portai à mes lèvres pour prendre une gorgée. Je grimaçai en reposant la tasse.

- Quoi ?

- Il est froid.

- Ah. Bha, c'est de l'ice tea.

Je fis la moue et il sourit en caressant ma joue.

- Je reviens.

Il se leva pour gagner son bureau et s'y enfermer. Je me pelotonnai alors dans le fond du canapé en remettant la couverture sur moi. Bon... la situation avec Edward était rectifiée. J'avoue m'être emballée mais sa manière de faire n'avait pas été très correcte. L'important était qu'il ne me quittait pas. Bien entendu, j'étais très soulagée. Il m'aimait toujours. Je me sentais stupide désormais d'avoir eu si peur et si peu confiance en lui, en nous. Cependant, l'autre problème n'était pas réglé. Jacob, ses 100 mille dollars de lègue et l'accusation d'assassinat qui planait au-dessus de ma tête.

- Mademoiselle Swan ? Puis-je me permettre de vous demander si vous allez bien ?

Paul était sorti de nulle part et je crois bien qu'il venait de faire une entorse au règlement et qu'il profitait de l'absence d'Edward.

- Oh euh oui. Merci Paul. Je suis désolée.

- Je voulais m'en assurer. Je vous laisse.

Et il disparut. Il pourrait concurrencer le grand Houdini s'il continuait. Quelques instants plus tard, Edward revint dans le salon. Il s'approcha de moi et tendit sa main. Je le regardai, surprise, avant de m'en saisir.

- J'ai annulé mon après-midi. Viens t'allonger avec moi, on va continuer à parler.

Je me levai et le suivis jusqu'à sa chambre. Il s'arrêta au pied du lit et se déshabilla. Allions-nous vraiment parler ? Il dut voir mon trouble et entreprit de me déshabiller, ne me laissant que mes sous-vêtements. Lui aussi ne portait que son boxer. Il reprit ma main et me fit monter dans le lit puis se coucha près de moi, nous calant en cuillère.

- On va juste parler. Raconte-moi ton rendez-vous... J'avais oublié, je regrette.

- Ce n'est rien.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Jacob... il lègue sa voiture et sa moto à son père... elles ne roulent même pas. Il donne à ses sœurs toutes ses affaires.

- Et à toi ?

- Une lettre. Que je vais recevoir en recommandé.

- Une... Lettre ?

- Oui et... 112 mille dollars et des poussières.

Edward resta silencieux. Dire cette somme à haute voix me perturbait. C'était encore plus ahurissant de le dire que de l'entendre ou le penser. Je finis par me retourner vers lui. Il était évidement qu'il était surpris alors je lui racontais tout, l'assurance vie, les rendez-vous qu'il avait pris, les dates, le déroulement des événements.

- C'est une très grosse somme Bella.

- Je sais. Je voudrais ne pas le prendre cet argent. Je ne veux plus de problèmes avec ça famille.

- Jacob voulait qu'il soit à toi. Sa famille ne peut pas le contester. Ça couvrirait tes emprunts ?

- Oui. Pour la fac et pour les frais d'avocat que j'ai eus à cause d'eux et pour le divorce. Il me restera même de l'argent.

- Il devait t'aimer comme un fou. Je le comprends, je ferais la même chose. Je te donnerais tout.

Je souris et caressais sa joue.

- Tu me donnes déjà tout.

Il prit ma main et embrassa mes doigts.

- Qu'est-ce qui t'a mis en état de choc comme ça ? Je crois que c'était pire que lorsque tu fais un cauchemar.

Un frisson me parcourut, je fermai les yeux, sentant les larmes venir. Edward me resserra contre lui, me collant au plus près de son corps. Un de ses bras passa autour de moi, l'une de ses jambes s'immisça entre les miennes.

- Le père de Jacob m'accuse d'avoir tout planifié. Il dit que j'ai poussé Jacob à prendre une assurance vie, que je l'ai incité à aller voir un notaire et que sitôt le divorce prononcé, l'agression était un piège mortel. En fait, il m'accuse d'avoir assassiné Jacob.

- Connard de Fils de pute !

- Edward...

- Non ! J'ai raison ! Comment peut-il dire ça ? C'est monstrueux ! Il n'a aucune estime pour son fils ?

- Je l'ignore. Ça me fait tellement de mal qu'on puisse penser ça de moi. Jacob me manque affreusement... je l'aimais. Jamais... jamais je n'aurais eu une idée aussi macabre.

- Je sais... je le sais chérie.

- Il m'a menacée d'engager de nouvelles poursuites contre moi. Je ne veux pas de tout ça. Je veux juste que ça s'arrête... Je suis fatiguée de tout ça.

- Je sais... Chut... ne pleure plus. Ça me brise le cœur.

C'était plus fort que moi, je pleurais encore. Je passais pour une pleurnicheuse !

- Je... j'aurais voulu qu'il ne vienne pas. J'aurais voulu qu'ils me violent... Jacob ne serait pas mort et je n'aurais pas tout ses ennuis.

- Je t'interdis de dire ça Bella !

- Mais c'est vrai...

- Non ! Tu aurais eu d'autres problèmes ! Jacob serait en vie certes, mais toi ? Les conséquences auraient été affreuses pour toi. Plus que ça ne l'ait déjà. On ne peut rien changer aux faits. Ne souhaite pas une chose aussi affreuse. Je t'en supplie. Tu es en train de donner à ce connard exactement qu'il veut de toi. Il cherche à te culpabiliser et te pourrir la vie.

- Mais...

- Non ! Tu es une belle personne ! Une bonne personne ! Tu es incapable de faire volontairement du mal à quelqu'un.

- Je suis si perdue Edward. Toi, nous, notre avenir... et mon passé qui ne cesse de réapparaître...

- Nous en avons déjà parlé. Tu as besoin d'aide.

- Je n'ai pas eu le temps de regarder.

- Moi si.

Je relevai la tête en reniflant avec le moins d'élégance possible. Je m'en fichais.

- Quoi ?

- Je me suis renseigné sur le meilleur psy de la ville. C'est une femme. Elle est très réputée.

- Mais elle doit être très occupée et très chère.

- Je payerai s'il le faut. Nous en avons déjà parlé. Et je peux t'obtenir un rendez-vous... en réalité, j'en ai déjà un pour mercredi soir. 18h.

- Vraiment ?

- Si tu ne veux pas, on annule. Mais je pense que ça serait une bonne chose. Tu le sais aussi bien que moi.

Alors ça y était ? J'allais voir un psy, un bon. Etait-ce le début de quelque chose ? Pour de vrai ? Je savais déjà une chose, je ne pouvais pas, je ne pouvais plus vivre comme ça.

- Alors ?

- Oui, d'accord. Je veux bien essayer.

- Super. J'en suis heureux.

- On va y arriver ?

- On va y arriver !

Il embrassa mon front et caressa tendrement mon dos. J'avais sommeil.

- Edward...?

- Hum.

- Tu es toujours fâché contre moi ?

- Un peu oui. Mais... j'ai tendance à être colérique.

- Je sais... c'est écrit sur ta page wikipédia.

Il rit doucement et remonta les draps sur nous.

- On verra plus tard. Dors, on est épuisés.

- Il y a mes parents ce soir...

- Je sais. Dors Isabella.

Je souris et fermai les yeux, je me calai sur la respiration de mon compagnon, je m'apaisais pour la première fois depuis hier. Tout n'était pas réglé, au contraire, j'héritais toujours de 100 mille dollars, j'étais toujours accusée d'assassinat et Edward était encore fâché, mais il m'aimait et était là pour moi. Peu à peu, je sentis mon esprit partir loin, toutes pensées me quittaient et je me laissais aller dans un sommeil réparateur.


Bon voilà...

Alors ?

A la semaine prochaine !

Bises.

Lexi.