Chapitre 37
Harry était dans le hall d'entrée, Peter et Scott venaient de le rejoindre alors que l'ensemble de la maison s'était réuni pour observer leur départ. Charles s'approcha il posa ses mains sur les épaules de Scott et de Peter, leur demandant mentalement d'être prudents. Les deux x-men acquiescèrent vivement. Puis Charles se tourna vers Harry qui l'observait d'un regard insondable.
- Soit prudent, recommanda le télépathe.
- Ne t'inquiète pas pour moi, ça va aller, fit doucement Harry.
Charles hésita un bref instant avant de se pencher pour poser ses lèvres sur celles d'Harry en un chaste baiser qui attira les murmures amusés ou ravis du reste de la maison. Puis, il recula, c'était l'heure, Harry lui adressa un dernier sourire, avant d'agripper ses deux équipiers et de se téléporter.
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Ils atterrirent pile au milieu du bureau ovale. Le président sursauta à la soudaine apparition et aussitôt une armée de gardes du corps entra, les braquant de leurs armes.
- Et maintenant ? demanda Peter.
- Tu peux les désarmer sans les blesser ? demanda Harry.
Le speeder eut un reniflement avant de disparaitre, courant trop vite pour être vu. Il réapparut aux côtés d'Harry, tenant son manteau comme un sac dans lequel il avait mis toutes les armes des gardes. Ces derniers observèrent les mutants avec effarement alors que le président essayait de reprendre contenance. Ronald Reagan observait les jeunes mutants devant lui.
- Et maintenant j'en fais quoi ? demanda Peter en soulevant son "sac".
Harry observa les gardes un instant avant de toucher le manteau transformant les armes à l'intérieur en du sable. Peter lâcha un juron dans un souffle avant de s'éloigner de ses deux camarades pour essayer de secouer le plus de sable possible. Harry, lui reporta son attention sur le président.
- Ils faut que nous parlions, monsieur le président, annonça Harry. Parce que votre gouvernement est en train de nous mettre dans une situation des plus inconfortables qui risque de rapidement dégénérer pour nous comme pour vous.
Reagan observa le jeune homme devant lui qui attendait patiemment une réponse, puis il fit signe a ses garde du corps de sortir. Ces derniers hésitèrent un instant avant d'obéir. Harry se détendit alors.
- Désolé d'avoir débarqué comme ça à l'improviste, monsieur le président, mais nous ne l'aurions pas fait si nous avions eu un autre choix, fit Harry.
- Bien sûr, répondit prudemment Reagan. De quoi voulez-vous me parler ?
- Des mutants. Et de ce que vous vous apprêtez à faire pour eux. Nous savons que des lois vont être passées pour restreindre nos mouvements dans le but de protéger l'Amérique et je peux comprendre que vous devez protéger vos citoyens, mais vous semblez avoir oublié que les mutants sont aussi des citoyens américains.
- Ce n'est pas moi qui décide des lois, remarqua le président.
- Non, mais vous avez le pouvoir d'imposer votre véto, remarqua Harry.
- Un véto qui peut facilement être brisé par le congrès, remarqua Reagan.
- Monsieur le président, soupira alors Harry, tout ce que nous demandons c'est d'être écouté, vous êtes apprécié par le peuple et croyez-moi cela vous donne plus de pouvoir que vous ne l'imaginez. Nous ne voulons qu'une chose, que vous nous écoutiez. Que nous puissions discuter et débattre sur les mutants.
Le président les observa un instant avant de prendre son téléphone et d'ordonner à la secrétaire de libérer sa journée, de toute façon, il n'avait rien de très urgent à faire aujourd'hui.
- Très bien jeune gens je vous écoute.
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La conversation durait depuis une bonne heure déjà et ils avaient débattu sur la loi d'Identification (pour laquelle le président était bien d'accord avec les mutants, surtout après un rapide rappel d'histoire) et ils étaient en train de débattre sur les mutants fous (là aussi le président eut droit à un petit rappel de qui avait vaincu le dernier). Jusqu'à ce qu'Harry ne se lève d'un bond en fixant la porte l'air furieux.
- Harry ? Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Scott.
- On a de la visite, répondit le jeune homme.
- Qui ?
- Striker.
Aussitôt les deux autres se levèrent pour faire face à la porte.
- Vous devriez vous écarter un peu, monsieur le président, remarqua Harry.
A ce moment-là, la porte s'ouvrit sur une escouade de militaires. Le président se releva avec un froncement de sourcil.
- Qu'est-ce que cela signifie ?
- Monsieur le président, Commandant Striker, nous sommes ici pour arrêter ces mutants.
- Pour quel motif ? demanda Reagan.
- Entrée par effraction dans le bureau ovale, refus de s'enregistrer et refus de se plier à l'autorité de l'état, annonça Striker. A ce que je vois, ce cher professeur a trop peur de sortir de son cher institut pour venir lui-même.
- Le professeur est un télépathe, répondit Harry, il n'est pas venu par crainte que l'on pense qu'il s'est servi de ses pouvoirs sur le président.
- Un lâche qui se terre comme un rat, renifla le commandant.
Peter fut le seul à percevoir le mouvement d'Harry. Ce fut pourquoi Striker fut surpris de se retrouver plaquer violemment contre le mur derrière lui alors qu'Harry, furieux, lâcha un rugissement de rage.
- Le professeur a plus de courage que vous n'en aurez jamais, gronda le jeune homme.
Les autres militaires reprirent leur esprit rapidement et aussitôt braquèrent leurs armes sur Harry avant de s'apercevoir que ces dernières avaient disparu.
- Harry ? demanda Scott avec hésitation en observant avec attention les autres autour d'eux alors que Peter s'arrêtait près de lui.
Mais le jeune métamorphe ne l'écoutait pas, continuant de gronder doucement à Striker alors que l'autre continuait à insulter le professeur. Harry entendit alors la voix du professeur.
- Met ton esprit en paix, Harry.
- Il t'insulte, répliqua le jeune homme.
- Oui, mais ça n'est pas le premier et ça ne sera pas le dernier à le faire. Relâche-le.
Avec un rugissement de rage, Harry replaqua violemment Striker contre le mur avant de le lâcher et de reculer. Le commandant observa le mutant avec un sourire victorieux.
- Bien, tu as enfin compris, les monstres dans ton genre doivent se soumettre.
- Je n'obéis aux ordres que d'un seul homme, répondit Harry, et vous n'arrivez même pas à la cheville de celui-ci.
Striker s'apprêtait à répliquer, lorsqu'il fut interrompu.
- C'est assez, Commandant Striker ! s'exclama Reagan. Vous venez ici pour nous interrompre, puis vous menacez et insultez mes invités ! Où vous croyez vous ? Sécurité !
Des gardes du corps entrèrent dans la pièce et portèrent aussitôt leur attention sur les mutants, d'autant que celui du milieu, avec les cheveux noirs, avait un air de prédateur prêt à tuer sa proie.
- Raccompagnez le Commandant Striker et ses hommes hors de mon bureau.
- Monsieur le présidant, commença le commandant.
- Dehors ! ordonna Reagan.
Les gardes ne se le firent pas dire deux fois et agrippèrent les militaires pour les forcer à sortir. Une fois la porte refermée, le président lâcha un soupir avant de se rasseoir.
- Désolé pour ça les garçons. Bien que je sois curieux, vous semblez connaitre le commandant Striker.
- Pendant la débâcle avec Apocalypse, l'institut a été attaqué et détruit, raconta Scott, puis Striker est arrivé, il a assommé tous nos amis avec un drôle de fusil et il en a enlevé certains. Il nous a attaqués, il a attaqué notre famille. Et maintenant, il veut recommencer.
- Pas comme s'il pouvait s'attaquer à notre famille maintenant, nota Harry. La dernière fois, il a pu parce que le professeur n'était pas à la maison.
Scott acquiesça avant de se rasseoir, vite imité par les autres et rapidement la discussion reprit. Il était tard lorsque finalement, on vint frapper à la porte. Une secrétaire entra dans la pièce, demandant au président, s'il souhaitait dîner ici. Reagan jeta un regard vers la fenêtre pour s'apercevoir que la nuit était tombée. Puis il reporta son attention sur les jeunes mutants qui étaient venus le voir, Peter semblait s'être endormi et Scott se frottait de plus en plus les yeux, le seul qui était toujours aussi vif était Harry.
- Je pense que l'on a fini, remarqua doucement le président. J'ai au moins les grandes lignes de mon prochain discours, s'amusa-t-il.
- On va vous laisser dans ce cas, annonça Harry en se relevant. On doit nous aussi rentrer ou le professeur va s'inquiéter.
- Il a l'air d'être un homme bien, remarqua doucement Reagan.
- Le meilleur des hommes, assura Harry avec un sourire.
Le jeune homme donna ensuite un léger coup sur le genou de Quicksilver, pendant que Scott s'étirait.
- J'aimerais le rencontrer, remarqua le président d'un air pensif.
Les trois mutants échangèrent un regard et Harry sortit son portefeuille de sa poche pour une prendre une carte de visite et la tendre au président.
- Si vous voulez le voir passez un coup de téléphone, je suis sûr qu'il sera ravi de votre visite.
Le président acquiesça en prenant la carte et il observa les trois jeunes disparaitre devant ses yeux. La discussion qu'il avait eu avec eux avait été des plus éclairante et tout trois semblaient être de jeunes hommes très bien avec des principes moraux bien ancrés. Des jeunes gens remarquables. Des jeune gens qui étaient des mutants et qui allaient subir les assauts de tous à cause de leur différence si quelque chose n'était pas fait rapidement. Le président appela alors sa secrétaire et lui demanda d'organiser une conférence de presse au plus vite.
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Harry, Scott et Peter atterrirent au beau milieu du hall. Le manoir était plutôt calme, ce qui n'était pas étonnant étant donné l'heure qu'il était. Le jeune métamorphe se dirigea ensuite vers le bureau de Charles, suivit par ses deux amis. Il frappa à la porte et entra lorsque la voix du professeur l'y invita. A l'intérieur de la pièce, Charles et Erik étaient devant le plateau d'échec, alors que Hank, Raven et Marya étaient installés dans l'un des canapés, l'autre étant occupé par Jean, Ororo et Kurt.
- Alors ? demanda Erik.
- Il nous a écoutés, répondit Harry, et je pense qu'il a compris notre point de vue. Maintenant, il ne nous reste plus qu'à attendre et voir.
- Vous avez rencontré des ennuis ? demanda Raven.
Harry s'avança pour s'installer sur l'accoudoir du fauteuil de Charles alors que Scott se laissait tomber entre Jean et Kurt et que Peter s'installait près de sa mère.
- Et bien, on a du s'occuper des gardes de la sécurité et on a aussi eu la visite de Striker. A part ça, tout va bien.
- Qu'est-ce qu'il voulait ? demanda Raven avec un froncement de sourcils.
- Les conneries habituelles, répondit Harry dans un soupir.
- Langage, répliqua aussitôt Charles.
- Mais le président l'a foutu dehors, compléta Scott.
- J'adore notre président, grommela Peter en s'installant plus confortablement.
Tous eurent un léger rire à cette remarque.
- En tout cas, je suis fier de vous trois, peu importe la suite des évènements ce que vous avez fait ce soir était remarquable.
- J'ai laissé ta carte au président, remarqua Harry, il aimerait te rencontrer.
- Vraiment ?
Harry acquiesça avec un large sourire.
- Et bien, voilà une bonne nouvelle, sourit Hank.
- Il ne faut pas crier victoire trop vite, remarqua platement Erik.
- Tu as raison, approuva doucement Charles, mais cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas nous réjouir de chaque pas que nous faisons dans la bonne direction. Bien ! J'aimerais pouvoir fêter ça toute la nuit, mais il se fait tard et la journée a été suffisamment riche en émotions comme cela. Allez-vous coucher.
Les élèves obéirent aussitôt, se levant des canapés pour rejoindre leur chambre, Hank et Raven quittant la pièce ensuite, ne laissant plus qu'Erik, Charles et Harry.
- J'ai jeté un œil dans l'esprit du président, annonça finalement Charles, et il désapprouve le traitement que l'on inflige aux mutants. Malheureusement, ce n'est pas lui qui décide des lois de ce pays, mais j'imagine que d'avoir un président de notre côté ne peut pas faire de mal. Après votre départ, il a demandé à ce qu'une conférence de presse soit organisée rapidement.
- Tu penses que ça va changer quelque chose ? demanda Erik.
- Reagan est un président apprécié, il n'a peut-être pas autant de pouvoir qu'on pourrait le croire mais cela ne veut pas dire qu'il n'est pas influent et s'il arrive à changer l'esprit des gens et leur manière de voir les mutants alors le gouvernement n'aura pas d'autre choix que de suivre la tendance ou être lynché.
Erik attrapa son verre de bourbon et le finit d'une traite.
- Nous verrons bien, lâcha-t-il avant de se lever et de quitter la pièce.
Harry verrouilla alors mentalement la porte avant de se laisser glisser sur les genoux de Charles. Il se pencha vers lui pour embrasser ses lèvres tentatrices qui esquissaient un petit sourire. Et Charles lui rendit son baiser avec bonheur, les mains posées sur les hanches de son compagnon.
- J'ai eu peur, avoua le télépathe.
- Je sais me défendre, répondit Harry en mordillant doucement le lobe de l'oreille de Charles.
- On ne peut pas toujours tout prévoir.
Un gémissement s'échappa du télépathe alors qu'Harry mordait et suçait son cou pour y laisser sa marque. Charles repoussa alors doucement Harry pour pouvoir s'attaquer aux vêtements de ce dernier. Mais le jeune homme, impatient, les fit disparaitre d'une impulsion magique, arrachant un gémissement aux deux amants lorsque leurs corps entrèrent en contact direct. Puis, Charles attrapa les fesses de son compagnon et se leva, tenant Harry dans ses bras, pour ensuite le poser brusquement sur le bureau.
La suite ne fut plus que suppliques et gémissements, jusqu'à ce qu'un râle de plaisir ne raisonne dans la pièce. Charles, épuisé s'effondra sur Harry qui l'accueillit à bras ouverts, lui murmurant des mots doux en lui caressant les cheveux le temps que son compagnon reprenne ses esprits. Puis Charles le porta sur le canapé où ils passèrent le reste de la nuit entre caresses amoureuses et étreintes fougueuses.
