La soirée au Bar avait été réussie. Nous venions de recevoir un rapport de Pam qui nous assurait des recettes nettement supérieures à la semaine qui venait de s'écouler. Demain soir, nous irons au Croquemitaine ensemble. Mais pour le moment nous profitions de la présence de l'autre.

« Ils sont magnifiques n'est ce pas ? » dit-il en parlant de nos enfants.

« Oui. Regarde les avec leurs petites tétines. » Ils tétouillaient avec acharnement, en nous fixant du regard. Souvent, Adam s'endormait le premier la nuit, mais pas cette fois.

« Coucou mon ptit gars. Tu fais un sourire à papa ? » Il s'arrêta de tirer sur sa tétine, comme s'il avait compris le sens de ses mots. Aussitôt, elle tomba. Nous en profitions pour le regarder, ses petites lèvres formant un o tout mignon. Je tendis le bras pour lui remettre et éviter qu'il ne pleure, mais la tétine vola d'elle même jusqu'à sa bouche.

Nous en restâmes stupéfaits. Je regardais tour à tour Éric et Adam. Mon mari prit ma main et m'emmena dans la cuisine. Il s'assurait toujours que je buvais suffisamment et en profita pour me glisser une petite bouteille de sang chaud avant de s'en décapsuler une à son tour.

« Tu vas bien ma belle amante ? » s'enquit-il avec sérieux.

« Oui, je suis juste surprise. C'est ... ouah ! Je n'ai plus de mots. Je ... Enfin tu vois ... »

« Tu sais ma belle, les mille dernières années j'ai eu un contrôle parfait sur ma vie. Depuis que je t'ai rencontrée je n'arrête pas d'être pris au dépourvu. Alors que nos enfants nous surprennent ne me surprends même pas. Cela me rend juste fier d'être leur père et d'avoir une femme aussi merveilleuse à mes côtés pour les élever. » Je le regardais, un immense sourire au bord des lèvres. J'étais tellement surprise par ses mots. Il avait réussi à me toucher. Et j'avais les larmes aux yeux.

« Heureusement que tu ne pleures pas du sang comme nous ma chérie. » dit-il en essuyant une unique larme de joie qui dévalait l'une de mes joues. Je l'embrassais pour le faire taire. Et ce fut le début de jeux amoureux pour nous, dont nous profitâmes au maximum, avant le réveil de nos deux adorables bébés.

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« Alors Sam, comment ça va au bar ? » La présence de mon ami me faisait du bien, mais après les banalités d'usage, je voulais vérifier si tout se passait bien pour lui. Je l'avais vraiment négligé ces dernières semaines.

« Bien mieux. Andy Bellefleur, parmi d'autres, a manifesté son soutien envers moi, disant que j'étais un brave patriote que mon cœur battait comme tous les autres et qu'il fallait faire en sorte que chacun puisse nourrir sa famille. Au début, les gens ont été un peu hésitants mais finalement tout est revenu à la normale. Sarah, ma petite amie est comme moi mais son animal favori est le chat. Elle est médecin à domicile. Elle exerçait autour de la Nouvelle Orléans mais est revenue par ici. Calvin Norris fait appelle à elle pour soigner les gens de sa meute. Elle se constitue une clientèle auprès de toutes les personnes de Bon Temps qui ne peuvent se déplacer, et même les autres y prennent goût. Elle est vraiment compétente. » Sa voit brillait de sincérité et je ne remis aucune de ses paroles en doute. J'étais heureuse que ses affaires marchent correctement. Et cette fille semblait géniale et parfaite pour lui.

« Et toi Sookie, tu n'as pas de problèmes ? »

« Et bien non, aussi étonnant que cela puisse paraître, tout se passe parfaitement bien pour moi. Personne de malveillant n'a découvert l'existence de mes enfants, Éric est un super papa, Pam et Claude ne se sont pas entretués. Enfin bref, tout va bien. »

Et nous nous sourîmes, heureux que nos vies respectives se déroulent si bien, même si nous nous voyions moins souvent qu'avant.

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« Cousine, es-tu prête ? » Comme Claude étant moins fort que moi, je me battais à mains nues et lui était armé. Après deux heures de bâtons, sabres et épées, il venait de sortir une arme à feu. Un petit pistolet. Il avait remplacé les munitions par des balles en caoutchouc mais à la vitesse où elles étaient expulsées du chargeur, je savais que je me ferais très mal si l'une d'entre elles me heurtait.

« Oui, vas-y » lui lançais-je un peu inquiète tout de même.

« Trois balles à éviter », annonça-t-il. En même temps il commença à tirer. A ma droite, à ma gauche et un peu en bas. Je réussis à n'éviter que celle de gauche et grimaçais de douleur quand es deux autres entrèrent en contact avec mon bras et ma jambe.J'avais déjà de nombreuses autres contusions sur tout le corps, mais les plus bénignes disparaissaient déjà.

« Trois balles de nouveau » annonça-t-il encore sans me laisser le temps de me reprendre. Il continua ainsi, une bonne dizaine de fois avant que je ne réussisse à en éviter deux. Une dizaine de bleus plus tard, je réussissais à éviter les trois. Je ne réfléchissais plus, m'abandonnant à mon instinct. Il le vit et commença à tirer sans interruption. J'évitais chacun des projectiles avec souplesse, et dès qu'il dut s'arrêter pour recharger son arme, j'en profitais et me mis à courir vers lui. Il n'eut pas le temps de réagir, et mon corps le mit face contre terre en quelques dixièmes de secondes. Puis je m'écroulais à ses cotés, vidée de toute énergie.

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Lorsque j'arrivais à la maison, dix minutes plus tard, Éric était debout dans sa chambre, en train de nourrir Adam. Je le regardais surprise. Mai dès qu'il m'aperçus, je sentis ses pensées bouillonner avec ferveur dans sa tête.

Non mais dans quel état es-tu ? Si notre fils n'était pas dans mes bras j'irais réduire en miette ton cousin. Enfin dès que la nuit tombera. Voyons Sookie, tu es toute bleue. Va manger, les vampires boivent du sang pour guérir mais je suppose que comme il ne fait pas encore nuit, cela ne te suffira pas. Et ne réplique pas, s'il te plait, je ne veux pas entendre tes pensées, Adam s'est réveillé, très mal et j'étais très inquiet pour toi.

Soudain, notre fils s'agita contre son père, commençant même à pleurer. Je me sentis avancer jusqu'à lui, ou plutôt planer. Éric le déposa dans mes bras et il se tut aussitôt. Lorsqu'il le lâcha, mon mari chancela, le jour le rattrapant peu à peu. Je le pris d'un bras, masquant une grimace de douleur, et le recouchais.

« Je suis désolée Éric de t'avoir causé tant de soucis. Cela n'arrivera plus, je ferais plus attention. Rendors toi. » Je l'embrassais sur le front, comme je faisais avec Adam et Lisa. D'habitude, les petits n'avaient pas besoin d'un contact direct pour maintenir les vampires éveillés. Mais si cela faisait un moment que mon mari était debout, ils devaient être épuisés. Mon fils se rendormait à son tour. Je le ramenais dans la nurserie, qu'il laisse à mon mari ses deux dernières heures de sommeil. Je devais nourrir ma fille avant de la recoucher à son tour.

Je pris ensuite un bon repas, et commençais à tirer mon lait, tout en grignotant, pour la nuit à venir. Nous repasserions le matin de très bonne heure, pour rassurer les bébés. Une absence prolongée faisait qu'ils se sentaient mal. Mais Claude les recouchera près de mon mari pendant la journée, une ou deux fois et tout irait bien. Je voulais passer la journée à Bon Temps pour remettre la maison familiale en ordre. Quand à cette nuit, nous avons prévu d'aller au bar toute la nuit, pour remettre de l'ordre, repérer d'éventuels espions, remettre les comptes à jour. Travailler quoi.

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Deux jours plus tard

Nous étions lundi après midi et je venais de finir les commandes pour la soirée de mercredi. Tous les vampires avaient répondu présent. Ils devaient apporter leur humain mais j'avais une liste de donneurs à prévenir au cas où. Claude était d'accord pour garder les jumeaux. Pam avait acheté deux tenues toutes neuves pour nous deux et elle les avait laissé au Croquemitaine.

Je me laissais retomber sur le dossier du confortable fauteuil en cuir, savourant le fait d'avoir finit la comptabilité si ennuyante. Mais le téléphone sonna, me coupant dans mon action.

« Sookie » La voix affolée de Sandra me paniqua immédiatement.

« C'est moi, parlez. »

« Êtes vous allée chercher Hunter ? » sa question me surprit et je sus que quelque chose clochait.

« Bien sur que non, je vous aurais prévenu. »

« Et bien il s'est enfui. Il a dit à la responsable qu'il m'avait vu et il a pu sortir. Oh mince, ce pauvre petit. » Je devais parti à sa recherche. Mais les cours de gestion de mon mari prirent le dessus et je planifiais au lieu de me jeter dans la mêlée.

« Ne paniquez surtout pas, je vais essayer de le rechercher par la pensée. L'école est bien à Shreveport ? »

« Non juste à côté. Mais on peut être à Shreveport en deux minutes à pieds. »

Je me tus et déployait mes antennes mentales, appelant très fort Hunter, me concentrant sur sa signature mentale. Mais je ne la reconnaissais nulle part. De plus en plus paniquée, je recherchais avec acharnement mais je ne la voyais nulle part.

« Nous ne pouvons pas prévenir la police mais je ne peux pas le trouver. Soit il ne le veut pas, soit il dort ... » ou il est gravement blessé continuais-je pour moi même. Mais je me ressaisis très vite, je ne devais pas envisager cette éventualité. « Écoutez Sandra, je vais appeler du renfort de confiance. Allez dans les endroit qu'il aime. J'envoie mes propres hommes. »

J'appelais aussitôt Claude.

« Hunter a disparu quelque part sans Shreveport. » Il raccrocha immédiatement. Il devait déjà être partit à sa recherche. J'appelais ensuite Lèn.

« Allo »

« Je suis désolée de te déranger mais mon neveu s'est enfui. On ne peut pas avertir la police, j'ai besoin de toi, il t'aime bien il te fera confiance. »

« Pas de problèmes Sookie. Je me mets à sa recherche. Ne t'en fais pas. » Il raccrocha à son tour. Je laissais un message à Pam. Je courrais à la nurserie, déposais les jumeaux avec mon mari et lui laissais une une note:

Hunter a disparu, je fais au plus vite, ne t'inquiète pas.

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Quelques minutes plus tard :

Je courrais dans les rues de Shreveport, luttant pour garder un rythme humain aux yeux des humains. Mon esprit scannait les pensées de tous les passants, cherchant un petit garçon, je devais passer pour une folle mais tant pis. Je fonctionnait très rapidement : comme à l'entrainement, j'étais passée en mode automatique. Plus que 10 minutes avant la nuit. Je regardai partout à la fois, c'était si dur. Soudain un coup de fil de Lèn :

« Je l'ai. Il s'est fait heurté par une voiture, il est conscient mais a besoin de soins. Je peux l'amener à l'hôpital ? » Il ne me fallu que quelques instants de réflexion.

« Vas-y »

« Ok. Et Sookie, il s'est enfui pour retrouver son père. Tu dois le faire pour lui. Ce ptit gars ne va pas si bien qu'il n'a l'air d'aller. »

« Merci Lèn. Je vais l'aider ne t'inquiète pas. »

« Je reste avec lui, ne t'en fait pas. »

« J'avertis mon mari et j'arrive. » Il raccrocha en acquiesçant.

Je mis un message à Éric, Claude et Pam. Puis un autre à Bill. Avant de me mettre en direction de l'hôpital de Shreveport, j'appelais Sandra pour la prévenir et lui demander d'apporter le carnet de santé du petit.

Avais-je manqué quelque chose avec mon petit cousin ? De toute évidence, il n'était pas si heureux que cela chez Sandra. Après tout son père s'était bien occupé de lui ces dernières années. Et je ne l'avais même pas rappelé pour prendre de ses nouvelles. Être privé de son fils ne devait pas l'aider. Je ne savais plus quoi faire. J'avais l'impression d'avoir traité cette affaire à la va-vite. Mais cette fois, je prendrais mon temps.

« Bonjour, Sookie Stackhouse, je suis la tante du petit Hunter qui viens d'être admis ici. » me présentais-je.

« Je suis désolée Madame, mais il est avec son père et il ne peut voir personne avant d'avoir passé les examens d'usage. » Je scannais rapidement son esprit et la remerciais. En prétextant une envie pressante, je m'éclipsais par un couloir en direction du centre de l'hôpital.

Bien sur, pour éviter les problèmes, Léonard s'était fait passé pour son père. Mais j'avais trouvé la chambre et fermer les yeux quelques secondes me permit de situer Lèn et par conséquent, le bouclier que Hunter luttait pour garder debout.

Je me dépêchais d''arriver à ses côtés mais détectait la présence d'un médecin dans la pièce. J'englobais alors son esprit de mon propre mur et je le sentis se relâcher quand toutes les pensées de cet hôpital arrêtèrent de le harceler. J'entendis le médecin parler d'une petite fracture à la cheville qui ne nécessiterait qu'un plâtre. Je soupirais de soulagement et m'autorisais enfin à souffler. Cette quête avait entrainé une fatigue que mon corps remplaçait peu à peu par la faim. Enfin la soif vu qu'il faisait nuit. C'est à ce moment que le téléphone se mit à sonner.

« C'est Bill. Il a réintégré sa maison il y a deux semaines après quelques mois de cure psychiatrique. »

« Merci Bill. »

« De rien, à mercredi et bon courage pour tes recherches. »

Le médecin venait de finir de poser le plâtre et de demander à Hunter de rester ici pour la nuit, et que son papa pouvait dormir à côté de lui. Il sortit et j'attendis quelque instants qu'il disparaisse au bout du couloir avant d'en profiter pour entrer à mon tour.

« Le médecin vient de lui injecter un antidouleur et un somnifère. Je vais rester avec lui cette nuit. Profites-en pour régler la situation rapidement, d'accord ? » Il débita cela d'une traite et à voix basse. Mon petit cousin dormait déjà et il ne voulait pas le déranger. Et plus nous discuterions, plus nous le dérangerions.

« Promis. Je suis désolée, mais j'ai soif, et je suis épuisée. » Il ne releva pas le j'ai soif, pensant surement que je parlais d'eau. Ou alors il était au courant. Mais j'avais plein d'autres choses à traiter et je ne m'attardais pas sur mon lapsus.

« Je comprends. Mais aide ce petit, il a confiance en toi et a vraiment besoin de son papa. »

« Je ferais le nécessaire. Merci de veiller sur lui. »

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« Mon épouse, tu es enfin là. Je n'osais pas partir à ta recherche et Pam est au bar. »

« J'ai soif Éric. » le coupais-je, sans prêter attention à ses paroles.

« Va t'allonger, je t'apporterais les enfants pour qu'ils boivent ainsi que plein de bouteilles de sang. »

« Je peux avoir quelques gouttes de ton sang s'il te plait. »

« Tu n'as pas besoin de demander voyons », il me prit dans ses bras pour que je puisse atteindre sa carotide plus facilement. Mes crocs trouvèrent très vite le liquide vital et en deux gorgées, j'allais vraiment mieux. « Je te ferais bien l'amour après cet échange des plus plaisant, mais nos enfants te réclament et il n'y a plus de ton lait au frigo. Et puis tu as plein de choses à me raconter. »

« J'y vais. »

« Je te rejoins. »

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Mes enfants étaient repus et moi aussi. Je fermais les yeux pour me reprendre quelques instants, tout en racontant tout à Éric.

« Je vais m'occuper de cette histoire pour le moment. Mais je te laisserais décider, ne t'inquiète pas. Je t'apporterais juste tous les éléments. Tu vas rester ici d'accord ? Ne bouge pas d'ici, tu dois dormir! La panique t'a vidée. Tu dois récupérer. Et j'aimerais que tu sois avec les enfants, ça vous fera du bien. C'est de la magie fée. » Je souriais à l'idée que mon mari vampire est pris du temps pour se renseigner sur la magie fée de nos enfants. Mais il avait raison, j'étais épuisée et en quelques secondes, je sombrais.


Merci à toutes pour vos reviews, je me suis dépêchée de vous laisser ce chapitre ! Le prochain sera peut être un peu plus long à venir à cause de la reprise mais j'essaierais.

A très bientôt, et laissez moi vos avis et vos hypothèses pour la suite.

Lucie