CARPE DIEM

TOME IV

SIXIÈME ANNÉE


I

Mission suicide


Alors qu'une nouvelle année se profilait à l'horizon, le mois d'août connu des journées intenses, dans le monde sorcier.

Pansy Parkinson avait accepté l'invitation d'Hermione pour passer ses derniers jours de vacances chez elle, au beau milieu des moldus. Elle avait accepté pour plusieurs raisons: d'une, Draco n'était jamais loin de la princesse des Serpentard, de deux, le manoir des Parkinson était aussi accueillant qu'un mausolée hanté par des vampires, et de trois... elle ne souhaitait pas passer ses derniers instants «de liberté» toute seule, avec pour seule compagnie une mère aussi aimante que pouvait l'être Salazar Serpentard.

Dans son monde, une sang-pur de son âge devait parler plusieurs langues, exercer la magie à la perfection et avoir déjà un fiancé, de sang-pur, évidemment. Les mariages arrangés étaient monnaies courantes chez «l'élite» des sorciers et il était hors de question d'espérer choisir par soi-même, loin de l'approbation parentale. Sa mère avait subi le système, ainsi que toutes les sorcières qui avaient précédé. Et seule une famille de sang-pur avait offensé les traditions ancestrales, en faisant la sourde oreille aux convenances. La famille Weasley. D'où l'irritation de Pansy quand elle croisait la route d'un rouquin à Poudlard.

Est-ce que la haine animait son regard quand elle insultait Ginny Weasley ? Non, mais la jalousie prenait une telle place que Pansy confondait probablement les deux. Pansy jalousait cette famille «libre», joyeuse et aimante. La sienne était si froide que passer deux semaines de vacances chez des moldus ne l'avait pas rebutée. Au contraire, elle avait quitté le manoir familiale à la hâte, comme si elle fuyait la peste.

La jeune brune ne regrettait pas son choix. Voilà quatre jours qu'elle était arrivée chez les Granger, et ce matin, en lisant la presse du monde sorcier, son choix était devenu salutaire.

-Il y a encore eu une attaque, cette semaine, dit-elle d'un air morne en posant le journal sur la table de la cuisine d'un mouvement sec.

Draco but sa dernière gorgée de café avant de s'emparer de la gazette. Hermione erra derrière lui, inquiète.

-Le monde moldu a été attaqué par des mangemorts, lu le sorcier en fronçant les sourcils, pâlissant au fur et à mesure qu'il lisait la catastrophe. Le nombre de victimes reste inconnu. Le chemin de Traverse a aussi été leur cible... particulièrement... particulièrement la boutique d'Ollivander.

Hermione s'empara du papier pour lire la suite, tandis que Draco se leva pour faire quelques pas. Pansy les observa tour à tour, silencieuse, se faisant l'effet d'une enfant devant ses parents. Le couple se comportait exactement de cette manière.

-Les moldus pensent à un attentat, continua Hermione. La magie est préservée et...

Elle venait de feuilleter la gazette avant de s'arrêter brusquement, faisant réagir Draco. Ce dernier se rapprocha de la jeune fille et regarda le journal par-dessus son dos. Déjà pâle, il perdit plus encore de couleur, ayant l'air de vouloir vomir.

Pansy ignorait ce que le couple était en train de lire, mais il semblait s'agir d'une très, très mauvaise nouvelle. Heureusement pour la brune, elle pensait avoir tout vécu pour ne plus être déstabilisé de cette manière. À moins que l'avocat de sa famille lui annonce la mort de sa mère, ce qui soulagerait Pansy d'un gros poids. Un parmi tant d'autres, en tout cas.

-Quoi, Harry Potter a lui aussi été victime d'une attaque ? Demanda Pansy d'un air exaspéré, lassé d'attendre que le jeune couple reprenne vie. C'était qu'une question de temps.

Pour une fois, Hermione ignora le sarcasme de Pansy. Très bien.

Pansy se leva de table, furieuse d'être à ce point mis à l'écart, et préféra quitter la pièce avant de redevenir la garce qu'elle avait longtemps été, lâchant le venin qui lui montait à la gorge. Ce serait dommage de revenir en arrière, après tant d'effort du côté des deux jeunes filles.

Sortant dehors, Pansy affronta la fournaise du mois d'août et le soleil qui brillait déjà fièrement dans le ciel, alors que dix heures n'avaient pas sonné. Le ciel bleu, les montagnes au loin, l'herbe brûlée par la chaleur lui rappelait amèrement qu'elle n'appartenait pas au monde de Granger... ni plus de Draco. Ce dernier avait déjà pratiquement tourné le dos à sa vie pour celle qu'il aimait. Pansy n'avait pas cette possibilité. Elle était seule... même ici.

La brune traîna des pieds sur le chemin de terre longeant le chalet, garni de fleurs fanées. Les mains dans les poches, elle shoota dans une pierre en grommelant, ses lunettes de soleil ne suffisant pas à la protéger des rayons. Elle marcha un moment, sans arrière-pensées, flânant jusqu'à la limite de la propriété, déboulant sur la route où quelques voitures étaient garées.

Pansy allait faire demi-tour pour revenir au chalet, espérant que ses «amis» se décident pour se lâcher, ne tenant pas à tenir la chandelle une fois de plus, quand un mouvement l'arrêta dans son élan. Tournant la tête, la jeune fille aperçut la silhouette d'un homme au loin, en train de l'observer, des lunettes d'aviateur cachant la moitié de son visage.

Un frisson la parcourut, et malgré son instinct qui lui criait de partir, Pansy ne le lâcha pas du regard, le défiant même d'approcher. Ce qu'il fit. Pansy porta sa main dans son dos, où sa baguette dépassait de son jean, et attendit calmement que l'inconnu s'approche.

...

Hermione reposa le journal sur la table dans un silence pesant, regardant Draco regarder droit devant lui comme si plus rien n'existait autour de lui. La nouvelle qu'il venait d'apprendre était suffisamment choquante pour prédire ce comportement.

-Dray, je sais ce que tu penses mais...

Elle s'arrêta, voyant Draco la fusiller du regard.

-Ce n'est pas à cause d'Harry, dit-elle d'un ton cassant, serrant les poings.

-À d'autres ! S'exclama le sorcier d'un ton méprisant. Il le savait depuis au moins le Tournoi, mais il a préféré le balancer maintenant, alors que...

-Je te rappelle qu'il a failli le tuer ! Harry ne pouvait pas se taire sur...

-Il se venge sur mon père, parce que Bella a tué Black, c'est tout ! Cracha Draco. C'est un simple règlement de comptes. Il ne va pas s'en tirer comme ça !

-Mais ton père est un mangemort !

-Moi aussi ! Cria Draco, faisant sursauter la jeune fille. Moi aussi, je suis un putain de mangemort, Hermione ! Ouvre les yeux, bon sang, ton cher Potter va bientôt me balancer.

-Dumbledore sait que tu n'as jamais voulu être partisan. Il ne laissera personne t'emmener à Azkaban. Je parlerai à Harry et...

-Non, cracha-t-il en la pointant du doigt. Mon père vient d'être emprisonné. Le maître va donc bientôt me demander auprès de lui. Ce n'est qu'une question de jours. Tu ne dois pas approcher Potter. C'est dangereux, beaucoup trop dangereux.

-Bon, alors on attend là que Voldemort te demande de...de tuer Harry, ou quelque chose du genre ?! S'emporta Hermione, furieuse contre le destin. Tu me dis que tu as l'épée de Damoclès au-dessus de ta tête, et tu vas rien faire ? Il faut aller voir Dumbledore. Lui seul pourra nous sortir de là. Il nous protégera. Tu ne serviras plus Voldemort.

Hermione était sincère; elle ne voulait plus que Draco s'approche du mage noir. Dieu seul savait ce qui allait lui demander, maintenant que Lucius Malfoy était envoyé à Azkaban. Et s'il devait bientôt participer aux attaques, qui commençait sérieusement à inquiéter le monde sorcier et moldu ? La jeune fille savait qu'elle ne le supporterait pas. Voir Draco prendre des vies lui était insupportable. Il ne méritait pas cette vie. Elle ne méritait pas ce fardeau.

-J'ai pas le choix, répondit le sorcier. Si je fuis... je sais que tu seras sa cible, pour m'atteindre.

-Tellement plus facile de se cacher derrière cette excuse, cracha-t-elle, tournant les talons pour fuir de la cuisine.

-Attends, Mione ! L'appela le jeune homme.

-Laisse-moi tranquille ! Cria-t-elle en claquant la porte de sa chambre.

Hermione ferma sa porte à clé et s'effondra sur son lit, enfouissant la tête dans l'oreiller, hurlant de rage.

...

Pansy put enfin parfaitement distinguer l'homme qui s'approchait. Aussi grand que Draco, la peau ailée, des boucles châtains clairs, un visage viril, des épaules larges, des bras puissants... sa bouche formait une fine ligne, signe évident que le jeune homme n'était pas venu la draguer. Tant mieux, elle détestait les mecs qui se croyaient plus beaux qu'Apollon, pensant qu'un simple battement de cils pouvait la faire rougir. Ils pouvaient courir !

-Je n'aime pas quand on me fixe à mon insu, dit-elle d'emblée à l'inconnu, peu impressionné par sa stature imposante. C'est plus que malpoli.

L'homme devant elle ne cilla pas, comme si la regarder sous ses lunettes était normal.

-Vous puez le flic à plein nez, dit-elle alors que le silence s'éternisait.

Ça faisait quatre jours que Pansy et Hermione se faisaient des films le soir. Des séries policières essentiellement. Elle savait donc à quoi ressemblait un flic. Et ce mec pouvait très bien sortir d'un de ces films. Ils n'étaient pas si différents des aurors.

-Vous êtes muet ou vous tentez une nouvelle approche de drague ? Continua-t-elle, irrité. Ce n'est pas très probant, en tout cas.

Le silence, encore le silence. La jeune fille plissa les yeux face à ce comportement inquiétant et le détailla de la tête aux pieds, délibérément.

Sa tenue classique – jean et t-shirt – ne laissait aucun indice quand au monde auquel il appartenait. Il pouvait s'agir d'un moldu ou d'un sorcier, elle ne pouvait pas le deviner en regardant simplement son visage. Seulement, la jeune fille se souvenait de l'inquiétude d'Hermione, quand à un sorcier qui rôdait près du lac, où le couple aimait se promener et bronzer. Il pouvait bien correspondre à la description, mais beaucoup d'hommes collaient au profil. Il n'avait rien d'original. Facile, pour se fondre dans la masse. Et l'homme devant elle ressemblait à un mec qui voulait se faire oublier.

Pansy gardait toujours sa baguette dans son dos, nerveuse par l'immobilité de l'inconnu. Il se contentait de la fixer, même si son regard tombait souvent sur son bras gauche. Pansy serra sa baguette plus fort, sur ses gardes.

-Vous êtes un sorcier, comprit-elle sans hésitation. C'est vous qui suivez mes amis depuis quelque temps. Qu'est-ce que vous voulez ? Et je vous préviens, vous avez intérêt à parler.

L'homme étira un rictus amusé avant de relever ses lunettes d'aviateur sur sa tête. Un regard noir la fixa, la crispant plus encore. Ce type n'était pas net.

-Je croyais que tu serais plus facile à approcher, parla l'inconnu d'une voix rauque. Visiblement, je me suis trompé.

Pansy croisa les bras sur sa poitrine, sa baguette en évidence, et arqua un sourcil, peu impressionnée.

-Visiblement, répéta-t-elle, presque amusé.

-Draco Malfoy a reçu la bonne nouvelle, au sujet de son père ?

Pansy perdit son sourire moqueur, fronçant les sourcils.

-Oh, je vois, rit-il. Eh bien, saches que plusieurs partisans de Tu-sais-qui ont été arrêté, et le très cher Lucius Malfoy fait partie des heureux élus. Ce n'est plus qu'une question de temps avant que d'autres familles connaissent le même sort. Et pour ce qui est des enfants que Tu-sais-qui a embrigadés... je ne crois pas qu'il existe un traitement de faveur.

Il haussa des épaules, comme si ce détail importait peu. Pansy fulmina devant lui, exaspéré par tant de condescendance.

-Qui es-tu ? Cracha-t-elle en faisant un pas en avant, le regard noir.

Elle leva sa baguette, se fichant d'être dans une rue où des moldus pouvaient les voir, ou qu'elle n'ait pas l'âge requis pour utiliser la magie comme bon lui semblait. Tout ce qu'elle voulait, c'est effacer le sourire de l'inconnu.

-Ça sera difficile à croire, mais je suis du bon côté.

-Effectivement, j'en crois rien. Et comme tu sembles en savoir beaucoup, je te signale que «le bon côté» est notre ennemi.

-Je sais qu'aucun de vous n'est réellement du mauvais côté.

-Et comment tu le sais ? Répliqua Pansy, suspicieuse. Apparemment, tu as mal réagi en découvrant la Marque des Ténèbres sur le bras de Draco. Comment croire que tu n'es pas l'ennemi, après ça !

-Tout le monde sait que les Malfoy baptisent avec Tu-sais-qui, dans le monde entier. J'ai été surpris, c'est tout.

-Et ensuite ? Pourquoi les avoir suivi ?

-Chez vous, le danger est plus grand que dans les autres pays. Ici, c'est plutôt calme, généralement. Mais parfois... des mangemorts survolent Beauxbâtons. C'est arrivé il y a quelque temps. Ont a été attaqué alors qu'on célébrait Noël. Il y a eu plusieurs décès. Dont mon meilleur ami. Je te laisse deviner qui était l'auteur du meurtre.

L'inconnu parlait d'un ton calme, presque neutre. Sa réserve et sa façon d'annoncer une tragédie cachaient en vérité une haine pure. Pansy comprit très vite pourquoi cet homme suivait ses amis. Il suivait Draco, parce que Lucius avait tué un élève proche de l'homme. Elle comprenait pourquoi l'emprisonnement du père de Draco le faisait sourire.

-Même si ça te regarde pas, saches que Draco est loin de ressembler à son père.

-Pour le moment...

-La Marque ne veut rien dire ! On n'a pas toujours le choix.

-Ça se révélera vrai pour Malfoy. Très bientôt.

-Qui es-tu ? Répéta Pansy, venimeuse.

-Je ne peux rien dire. Juste que je ne suis pas l'ennemi. Vous ne craigniez rien avec moi. Mais si tu insistes, appelle-moi juste Gabriel.

...

Draco se retrouvait seul dans la cuisine, la gazette des sorciers roulé en boule et enfoui au fond de la poubelle. Il avait voulu courir après Hermione, détestant quand ils se disputaient, mais son hibou grand-duc était entrée en scène à ce moment-là, atterrissant sans prévenir sur la table lourdement, glissant sur le bois. Draco était encore sous le choc, après avoir appris la détention de son père par la gazette, et non par sa mère. Il défit quand même le message accroché à la patte de l'animal, craignant que les mauvaises nouvelles s'accumulent encore.

«Draco,

J'ai essayé de t'éloigner du cauchemar que je vis autant que je le pouvais. Mais tu dois certainement savoir qu'à l'heure où je te parle, nous sommes plus seuls que jamais. Ton père ne peut plus nous protéger. Je ne peux plus te protéger.

Tu dois rentrer à la maison sans tarder. Ton parrain souhaite te parler. Et veille à ce que Hermione et Pansy ne sachent rien de nos problèmes. Dis-lui simplement que j'ai besoin de toi auprès de moi. Éloigne Hermione le plus possible. J'ai peur que seul toi puisse désormais veiller sur elle et moi.

Cissy»

Draco sentit son sang se figer dans ses veines, son cœur tambouriner, son souffle se couper. Sa mère parlait peu dans sa lettre, mais le jeune homme comprenait ce qu'elle avait écrit entre les lignes; le maître l'avait enfin appelé. Sa liberté venait de prendre fin.

...

Hermione était toujours accrochée à son oreiller, regardant par la fenêtre un nuage en forme de crâne. À moins qu'il s'agisse d'une tête d'animal.

Cela faisait au moins une demi-heure qu'elle était couchée sur le lit, déchirée entre sa colère et sa raison, sa peur et son amour pour Draco.

Maintenant que Lucius était à Azkaban, Draco était enfin libre, loin de cet homme froid qui n'hésitait pas à détruire la vie de son fils unique. Seulement, cette liberté avait un revers que Hermione craignait; sans Lucius, Voldemort chercherait un nouveau fidèle. Et quoi de plus cruel que d'utiliser le fils, le menaçant certainement d'obéir sous peine de voir ses parents mourir.

Hermione avait longtemps écarté cette menace, croyant naïvement que jamais le mage noir utiliserait vraiment des enfants. Et s'il changeait d'avis ? Que ferait Hermione, pour protéger Draco ? Que pourrait-elle faire pour le persuadé de fuir, au lieu de se jeter dans la gueule du loup ?

Un coup porté à la porte lui fit tourner la tête. Ayant utiliser un sort, personne ne pouvait entrer.

-Mione, souffla son petit ami derrière la porte, sa voix la faisant frisonner, comme toujours. S'il te plaît... je déteste quand tu es fâché. Ouvre-moi, chérie.

Il t'entait de l'amadouer à coup de «chérie» alors qu'il ne l'appelait jamais comme ça. Hermione resta prostrée, enfouissant sa tête sous l'oreiller, comme pour se cacher.

Elle entendit vaguement la serrure craquer avant que Draco entre dans la chambre, silencieux. Il referma derrière lui puis Hermione n'entendit plus rien, sauf son propre souffle hiératique. Après une attente interminable, elle sortit de sa cachette, l'électricité statique formant un halo fou avec ses cheveux.

-Tu n'as pas le droit d'entrée ! Fulmina-t-elle en le pointant du doigt, assise en lotus sur son matelas. Sort d'ici !

-Je ne partirais pas tant que tu seras fâché contre moi, tonna Draco, implacable.

-Très bien, alors c'est moi qui pars, cria-t-elle.

Draco lui bloqua le passage, la mine impassible. Son regard la dissuada de s'opposer à lui, alors elle recula d'un pas, fulminant.

-Sort de cette chambre, Draco. Tout de suite !

-Non, répondit le sorcier. Cette fois, c'est toi qui essayes de fuir, pas moi.

-Parce que tu es qu'un con ! Cracha-t-elle. Tu préfères attendre sagement les bras croisés plutôt que fuir et te cacher.

-Je ne suis pas lâche ! Pesta-t-il en serrant les poings.

-Contrairement à moi, c'est ça ?! Va te faire voir ! Désolée si j'ai pas envie de me retrouver à Azkaban.

-Hermione, l'averti Draco, impatient.

-J'ai plus rien à dire.

-Alors tu vas m'écouter. Si je fuis, tu es morte, c'est clair ! Moi aussi, désolé si j'ai pas envie de te voir six pieds sous terre. Par salazar, tu as un caractère de gamine ! Si tu crois faire mieux que moi pour nous protéger, je t'en prie, expose-moi ton plan ! Dans le cas contraire, arrête de jouer à l'idiote et soutien-moi, au lieu de me chercher.

Hermione le regarda, scandalisé. Jamais il l'avait remis à sa place comme il venait de le faire. Et en la traitant d'idiote, il venait de lui dire qu'elle n'était bonne à rien, pour ce qui est de leur protection. S'en était trop pour elle.

-C'est bon, tu as tout dit ? Aboya-t-elle, furieuse.

Draco allait dire quelque chose, quelque chose d'important, semblait-il, mais il hésita un moment avant de secouer la tête, posant la main sur la poignée de la porte, l'ouvrant en grand.

-Tous les actes que tu me verras accomplir seront pour te protéger, dit-il simplement en la regardant étrangement, tournant ensuite les talons pour sortir.

Hermione resta hébétée, troublée par le regard que venait de lui lancer le jeune homme. Son air triste, presque fataliste l'alarma, et la sorcière couru hors de sa chambre pour rattraper son petit ami. Elle avait un mauvais pressentiment.

Quand elle rejoignit le salon, où elle pensait retrouver Draco, la jeune fille se heurta à Pansy, et toutes deux sursautèrent violemment, lâchant des cris surpris.

-Par salazar ! Pesta Hermione contre la brune. Tu m'as fait peur...

-Le sorcier du lac rôde devant la maison ! La coupa Pansy, paniquée, les yeux écarquillés.

...

Pansy emmena Hermione là où le sorcier de Beauxbâtons s'était trouvé avant qu'elle courre prévenir Draco et Hermione. Évidemment, l'homme avait disparu aussi vite qu'il était apparu. Un transplanage, sans doute. La brune raconta à Hermione ce que lui avait dit l'homme, et pourquoi semblait-il les surveiller de loin. Elles se demandèrent ensuite où était passé Draco.

-Juste son nom ? Il n'a rien dit d'autre ?

-Il jouait la carte mystère, expliqua Pansy. Il prétend simplement être de notre côté, mais honnêtement, je ne sais pas ce que ça veut dire. Du côté des mangemorts ou de l'ordre du Phénix ?

-Considérons qu'il soit l'ennemi, répondit Hermione, regardant tout autour d'elle. Il faut prévenir Draco que nous sommes en danger.

-Je vous ai cherché dans la maison avant que tu entres dans le salon. Il n'était nul par.

-C'est pas possible, je venais de lui parler.

-Le transplanage ? Hésita Pansy, troublée.

-On ne peut pas encore le faire tout seul. Mais pourquoi diable Draco aurait appelé son elfe ?! Pour aller où ?

-J'ai pas d'idée, désolée.

Hermione se dirigea vers la cuisine, et quand Pansy entra à son tour, elle vit le hibou grand-duc du sorcier, posé à la fenêtre sagement.

-Oh non ! Souffla-t-elle.

Hermione tourna brusquement la tête vers elle.

-Tu crois que...

-Il ne m'a rien dit ! Cria Hermione.

-C'est peut-être sa mère, qui l'envoie.

-Qu'est-ce que ça change ! Draco est parti et son hibou est ici. Le même jour que l'emprisonnement de Lucius à Azkaban.

Pansy blêmit, comprenant où voulait en venir Hermione.

-Le maître..., balbutia la brune, sentant ses jambes trembler violemment, molles.

Si Draco venait d'être appelé... sans doute qu'elle recevrait le même message dans la journée...? Pansy allait se mettre à paniquer mais Hermione et elle crièrent quand un elfe de maison apparu au beau milieu de la cuisine, instantanément. La créature tenait dans ses mains un bout de parchemin.

-Bonjour, maîtresses, salua la créature en se courbant presque jusqu'au sol. C'est mon maître, le jeune Malfoy, qui m'envoie. Il me charge d'un message.

-Non mais quel culot ! S'écria Hermione, faisant sursauter la créature, qui se recroquevilla. Partir sans prévenir et ordonner à un elfe de parler à sa place ! Je vais le tuer !

-Je suis désolé, maîtresses, murmura la créature.

-Quel est le message ? demanda Pansy gentiment.

C'était la première fois que Pansy ressentait de l'empathie pour un elfe de maison. Chez elle, il y en avait quatre, et ils n'étaient pas très compétents. Pansy les connaissait depuis enfant et avait toujours vu les adultes mal se comporter avec les elfes. Logiquement, elle avait suivi le mouvement, bien qu'en grandissant, elle s'était pris d'affection pour Fhurie, un elfe de maison un peu rebelle qui travaillait en cuisine. Il était excellent cuisinier mais ne faisait jamais ce que commandait la mère de Pansy. Cet affront avait toujours amusé Pansy, car l'elfe lui faisait des gâteaux plutôt que des mélasses immangeables.

Pansy lui avait offert un gant en soi il y a maintenant deux ans. Il lui manquait un peu, mais elle était contente de lui avoir offert la liberté.

-Le jeune Malfoy devait rentrer chez lui de toute urgence, et il s'excuse de ne pas avoir eu le temps de vous prévenir. Il dit que vous devez rester toujours toutes les deux et que vous ne devez pas chercher à le rejoindre. Il ne faut pas s'inquiéter pour lui, maîtresses.

-Quel crétin ! Cracha Hermione.

-Merci pour être venue, répondit Pansy à l'elfe de maison. Dit à Draco que nous ne viendrons pas le déranger.

L'elfe de maison se courba à nouveau avant de disparaître, semblant heureux par la gentillesse de Pansy à son égard.

-Il a donc bien été appelé.

-C'était à prévoir, répondit Pansy.

-Je l'avais prévenu, pourtant. Il fallait fuir.

-On n'aurait pas eu le temps. Fais-lui confiance, Granger, il sait certainement ce qu'il fait.

Pansy ignorait si elle avait raison, mais ce qui était sûr, c'est qu'un terrible fardeau venait de s'abattre sur Draco, et que seuls Hermione et Pansy pourraient l'aider... ou pas.


Bien le bonjour !

Un nouveau personnage apparaît: Gabriel, le mystérieux sorcier de Beauxbâtons. Ami ou ennemi ? A vous de voir...

Pansy est apprécié, alors j'ai décidé de l'exploiter en profondeur. Vous allez peu à peu découvrir son histoire.

Draco et Hermione se disputent ! Vous allez me tuer ? ^^ ça ne peut pas être idyllique tous les jours. Prêt pour la suite avec la mission de Draco ?

Je vous remercie encore et toujours pour me lire. Des nouveaux lecteurs sont arrivés, et donc merci pour vos messages ^^

Profitez du soleil, moi je viens de terminer d'écrire ce chapitre sur la terrasse, avec le soleil qui me brûle les mains ^^

à bientôt pour la suite et n'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de l'histoire, ça m'aide beaucoup !