Nane : Merci beaucoup pour ta review ! (comme tu dis, ça fait plaisir aux auteurs, et je commençais à désespérer…) Au niveau de l'intrigue, j'ai eu du mal aussi et j'ai fait des synthèses pour pas trop m'y perdre. Mais c'est juste pour la drogue, donc maintenant : fini !

Pour la glauquerie… J'aime bien le sang. Enfin, si c'est trop hard, dis-le moi ; je préserverai les yaoiiques rêves de mes lecteurs.

Et pour finir, je vais quand même pas te dire ce que j'en fais du Sasuke… Lis ce chapitre, tu verras bien ;)


Chapter 37 : Souffler un bon coup

- Ah ! Voilà enfin quelqu'un !

- Oui. Excuse-moi, j'ai été pris ailleurs.

- Ouais… Mais quand même.

Genma soupira.

- Sakura est repartie chez elle. Je ne l'ai pas trop embêtée parce qu'elle était épuisée.

- Tu as bien fait.

Il sembla hésiter un instant.

- Et lui ? Qui est-il ?

- Le mort ?

Il fit la moue.

- Ouais.

- C'est l'homme à l'origine des massacres dans des villages isolés. Je ne sais pas si tu as eu vent de l'affaire ?

- J'en ai entendu parler.

Il ajouta après un petit instant :

- En vous voyant arriver, je n'ai pas eu l'impression que tout le monde était au meilleur de sa forme. Vous avez eu beaucoup de frais ?

- Plutôt.

Il poursuivit, les yeux au sol ; tandis qu'en l'entendant parler, ceux de Genma s'écarquillaient.

- Sasuke Uchiwa va peut-être y rester.

- Kuso… il était si fort que ça ? Enfin… Je veux dire, vaincre Sasuke n'est pas donné à tout le monde.

- Impressionnant. Des techniques dont je n'avais jamais entendu parler. Notamment une forme de genjutsu dont même le sharingan de Sasuke n'a pu se libérer

- Quand même !

- Enfin… Je te raconte ça, mais on aura bien le temps après pour en parler, non ? J'ai encore à faire.

Genma sourit.

- Pas faux. Ca commence à sentir. Je suppose que ça ne vient pas de toi !

Kakashi souleva le corps et le balança sans ménagement sur son épaule.

- Peut-être que si. Je n'ai pas eu l'occasion de me laver depuis que nous sommes arrivés. Et on ne s'est pas laissé de temps pour l'hygiène pendant la mission.

Il prit congé de Genma en s'amusant de sa grimace dégoûtée. C'était un chouette gars.

Direction : les salles de cryogénisation. Le ninja-copieur se doutait que l'hôpital n'avait pour l'heure pas le loisir d'autopsier l'homme, par trop affairé aux soins de Sasuke. C'était d'ailleurs pour le mieux.


En quittant le semblant de tribunal, où avaient dû intervenir les forces de l'ordre pour contenir Rock et le concierge, Naruto s'était un peu attardé avec Kakashi ; ils avaient expliqué l'un à l'autre ce qui leur semblait flou. Kakashi révéla ainsi à Naruto être à l'origine de la disparition de ses flacons d'huile, et avoir commencé à se douter de son erreur lors de la mission. Naruto lui avait dit qu'il s'agissait en effet de son huile aux crapauds ; il lui raconta par la même occasion comment fonctionnaient ses techniques ermite, au grand plaisir de Kakashi qui écoutait d'une oreille attentive le récit de son élève. Il acquiesçait vivement lorsque Naruto lui recommandait de ne jamais toucher à son huile, que ça serait dangereux – Kakashi se passa de lui apprendre que Sakura en avait déjà fait l'expérience.

Puis, Naruto retourna à son appartement. Il y rencontra ses chattes, qu'il choya éperdument en leur contant le plaisir d'être retourné chez soi. Elles répondirent par quelques miaulements affamés, et Naruto s'empressa de les nourrir.

Puis, il prit son courage à deux mains et fit face à la dure réalité de son salon. Outre les nombreuses bières qui traînaient ça et là, surtout là, partout, leur liquide brunâtre renversé dans toute la pièce répandaient leurs relents vieillis dans l'appartement entier. L'on avait débarrassé le sol des deux lampes que le combat avait brisées, mais nombreux étaient encore les éclats de verre et les morceaux de plâtres qui traînaient au sol. Personne n'avait passé le balai depuis la veille. Les policiers avaient peut-être voulu confisquer ce qui pouvait servir d'armes, fermé l'appartement à clef, et étaient partis en le laissant en l'état.

Heureusement qu'il faisait encore jour ! A part sa télévision, Naruto n'avait plus rien pour lui donner de la lumière dans la pièce. Et ce n'étaient pas les lampes de la cuisine et de la chambre, contiguës au salon, qui donnerait un éclairage suffisant. Mais tant qu'il y avait du soleil qui s'infiltrait par les fenêtres, ça pouvait aller.

Au moins, se dit Naruto en faisant un tas de tous les débris, on ne distinguait plus les souillures de son plaisir avec Sasuke. Parmi les poussières blanches qui décoloraient la moquette en une coupe poivre et sel, la tache blanche ne s'exhibait plus. Il y avait tout de même un peu de bonheur dans le malheur de Naruto.

Enfin… Si ce n'est que ce souvenir risquait de devenir sous peu la dernière trace restante de Sasuke s'il venait à le quitter…

Naruto soupira et s'adossa contre un mur en fermant les yeux. Comment se pouvait-il qu'un ninja du niveau de Sasuke risquât la mort ? C'était injuste ! Il avait encore tant de chose à découvrir, à vivre, à apprendre ! Un foyer à fonder !

Ah, non, ça, ça ne risquait pas. Mais quand même, ce n'est pas une raison ! Il avait encore une vie entière devant lui, rien ne dirait qu'il resterait entiché de Naruto jusqu'à la fin de ses jours.

Quoique… Si cette fin devait arriver maintenant, c'aura été le cas.

Naruto laissa retomber le balai au sol, ne prêtant aucune attention à sa chute, et se dirigea dans sa chambre. Il se déshabilla, jetant en vrac les vêtements sales qu'il portait, et se dirigea dans la salle de bain pour prendre une douche. Tâchant de garder les bandages hors de l'eau, il en baissa au maximum la température, grimaçant sous le froid mordant qui l'accablait ; mais ainsi, il ressortirait plus frais et lavé de l'intérieur.

Une fois que le froid devint insupportable, il considéra être bien nettoyé et sortit en vitesse de la douche. Il se rhabilla avec les quelques vêtements propres qu'il parvint à dénicher dans sa chambre, enfila le manteau orange nonchalamment jeté sur la table de la cuisine, y engouffra son portefeuille en attente d'une paye, s'échappa de l'appartement qu'il ferma à clef et sortit de l'immeuble.

Direction la foire, où, l'espérait-il, il pourrait se changer les idées. Et essayer cette attraction qu'il avait vu montée, avant de partir en mission ! Tout n'était pas sombre.


Arrivé à la foire, Naruto eut l'immense surprise de constater que de nombreux décors avaient été mis en place. Une longue banderole colorée flottait à quelques mètres au-dessus du sol, soutenue à quelques endroits par des poteaux branlants qui se retenaient mutuellement de tomber par des jeux de tension dans le tissu. De là où était le blond, il lui semblait qu'elle parcourait toute la surface couverte par la foire ; il put distinguer des enseignes d'attraction dont il devinait par moment les bras d'acier ou un relent alléchant. Cela n'avait jamais été fait les années précédentes, et c'était plutôt une bonne idée vu l'étendue de la foire. Ca aiderait les gens et même le personnel à se retrouver.

Des lampes avaient également été disposées un peu partout. Certaines même étaient plantées dans le sol, en plein milieu du chemin de la foule. Si elles n'attendaient que le soir pour être allumées, leur pouvoir festif n'était pas moins attractif pour autant.

Il y avait enfin quelques figurants qui se promenaient par ci et par là pour faire de la promotion, distribuant des bonbons aux enfants en leur ébouriffant la tignasse ou sifflant les couples par trop démonstratifs qui se bécotaient dans la foule en fête.

Perdant son regard dans les banderoles et suivant des yeux leur enchevêtrement complexe, Naruto vit une zone où les couleurs gaies s'effilochaient, où le tissu lacéré n'avait rien à envier à la teinte saumâtre du toit du bâtiment derrière eux.

La maison hantée. Là où Naruto aurait rêver d'aller si ce n'était pas un oxymore. Elle était indiquée ; et la girouette qui surpassait en noirceur toute autre attraction permettait de la retrouver où que l'on soit. Ca ferait un excellent lieu de rendez-vous pour un groupe d'amis… encore fallait-il en amener. Facile à repérer.

Une fois rendu sur les lieux de son impatience, l'immensité de la file ne fit qu'embraser le cœur de Naruto ; plutôt que de se dégonfler devant l'attendre qu'il devait subir, il ne fit que s'enthousiasmer encore de ce qui allait lui arriver. Quelquefois, des hurlements de frayeurs lui glaçaient les sangs, et il tâchait de distinguer les cris des comédiens à ceux, plus stridents, des clients. Chacun, après que Naruto se fut remis de ses frissons, étaient accompagnés de glapissements exultés de sa propre bouche. Oubliés, Sasuke et la mission, la douleur cuisante à son portefeuille.

Bon, il ne pensait pas à cela pour le moment ; mais il était tout de même soulagé que ce soit au concierge et à la bande de Rock de repayer les dommages faits dans son appartement. Il ne restait plus qu'à ce qu'un nouveau concierge prenne la place de l'ancien, faute de quoi l'immeuble serait désaffecté et Naruto forcé de se reloger – pour peut-être un loyer plus élevé.

Le temps passait ; et, bien que chaque manifestation sonore des frayeurs qui l'attendaient lui redonnât espoir, il voyait bien qu'il n'était pas encore rendu à la moitié de la fille.

- Excusez-moi… Je reviens dans cinq minutes, vous pouvez garder ma place ?

Sans attendre de réponse du vieil homme derrière lui, il s'en alla au galop chercher à manger à quelques dizaines de mètres de là, attiré tant par les odeurs enivrantes qui lui faisaient tourner l'esprit depuis quelques temps déjà que par la vendeuse aussi alléchante que ses produits.

- Bonjour ! Euh… Je voudrais… Deux tortillas, s'il vous plaît.

- Quelle sauce ?

- Euh…

Séparant son regard du visage de la vendeuse, il le posa sur les courbes avantageuses des marmites bouillonnantes.

- Vous avez quoi ?

Désignant tour à tour une sauce rouge, une blanche et un liquide dans lequel flottaient des morceaux de trucs, elle énuméra des ingrédients exotiques dont, malgré ses qualités de cordon-bleu, Naruto n'avait jamais entendu parler.

- Euh… Le troisième, ça a l'air bon.

- Sur les deux ?

Il se gratta la nuque, laissant ses babines réfléchir pour lui. Il leur faisait pleinement confiance dans le choix de ce qu'elles lui faisaient manger ; d'autant plus que son estomac gourmand les conseillait judicieusement.

- Non, l'autre avec la sauce rouge, je veux bien.

- Au cubèbe.

Il ne répondit rien, de crainte de passer pour un attardé incapable de reconnaître des épices importées de l'autre bout du continent.

- Si vous en prenez un troisième, vous avez droit à une boisson gratuite.

- Euh…

- Ca pique.

- Tant mieux ! Mais…

Il fronça les sourcils, puis secoua négativement la tête.

- Vous êtes sûr ?

- Oui ! Je suis seul à manger tout ça ! Pourquoi je ne serais pas sûr ?

- Euh… je ne sais pas.

Avec un clin d'œil moqueur, elle lui tendit l'un des tortillas, attendant qu'il paye pour lui donner l'autre. Naruto la surprit en redressant soudainement la tête de son portefeuille. - J'y pense ! J'ai le bracelet !

Alors, grimaçant à cause des frottements douloureux que ses bandages infligeaient à ses bras, il en retroussa un ; devant son sourire illuminé, le tissu coloré aux armoiries des forains apparut sous ses pansements.

- Ouf ! Qu'est-ce qui est arrivé à vous bras ? Vous avez dû avoir mal !

Son visage brusquement réjouit qu'on se soucie de lui, il prit une pose virile et sexy pour répondre.

- Vous savez, je suis un ninja… Alors des bobos comme ça, ça arrive souvent.

Devant son air inquiet, il s'empressa d'ajouter :

- Mais c'est rien, j'ai déjà eu bien pire ! C'est pas n'importe qui qui viendra à bout de moi !

Elle éclata d'un rire qui lui réchauffa le cœur, lui tandit son manger tandis qu'il payait, et le salua en le voyant repartir d'un pas encore plus léger qu'en arrivant.

Il sentit son regard le suivre jusque dans la file de la maison hantée, où le vieil homme le laissa reprendre sa place sans broncher ; puis un client attira l'attention de la charmeuse, et il fut tout aussitôt oublié.


Tsunade renonça.

Depuis qu'on l'avait avertie de l'état de santé de Sasuke, elle était occupée à le soigner ; elle ne s'était pas autorisé la moindre pause, craignant qu'il n'y passât. Elle avait rapidement perdu le compte des pilules énergétiques qu'elle avait englouties, et leur mauvais goût n'avait même pas eu l'occasion de la déconcentrer tant sa tâche était ardue. Les médecins autour d'elle se succédaient, tous plus habiles les uns que les autres, mais il lui semblait que rien n'avait progressé en en voyant un partir après être arrivé. Il y avait tant à faire !

Deux, à trop se surmener, avaient perdu connaissance ; et ce serait probablement le cas de Sakura, qui venait d'arriver mais qui s'épuisait déjà immoralement.

Il n'y avait rien à faire pour lui.

Neji avait coûté trop cher, en temps, en argent, en soins ; Sasuke était bien moins enviable. Il valait mieux passer à autre chose.

Tsunade rompit le lien de chakra qui la reliait à la toile salvatrice, ferma les yeux en soupirant profondément. Sakura ne l'accepterait pas, de même que beaucoup de médecins. Ils avaient du mal à accepter de perdre un patient. Mais parfois, une mort non douloureuse était la meilleure chose à faire, la plus douce, la plus belle. De toutes façons, quelles opportunités resterait-il à Sasuke une fois remis sur pied, si l'hôpital devait y arriver ? Son corps aura subi trop de dommages, son chakra perturbé profondément. Il ne pourrait probablement plus exercer ses talents de ninja, ou à un prix très élevé. Ce serait une forme de handicap interne, ses membres se porteraient bien, pas son âme : il n'appartiendrait plus à lui-même. L'Hokage n'était même pas sûre qu'il garderait une forme de conscience après les dégâts causés à son être.

Non, le mieux était de le laisser partir, qu'il se repose. Il avait vécu trop de choses pour son jeune âge, trop souffert déjà. Elle qui avait participé à la guerre, où les cadavres tombaient de ses mains guérisseuses, n'avait jamais vu une telle boucherie. Un corps si dénaturé. Du temps de sa jeunesse, elle eût juré sa mort l'instant après que la technique de son ennemi l'ait atteint.

Elle se leva, contemplant le visage déformé par la douleur inconsciente du brun ténébreux, son torse vigoureux à l'intérieur duquel on devinait parfois le mouvement de ses organes. Son corps entier, pudiquement recouvert d'un drap léger, si beau pour un qui aurait pu être son fils ; de ses muscles fins semblait s'échapper le chant de l'espoir de ceux qui veillaient. Plus que d'être un ninja hors pair, un combattant d'une intelligence et d'un talent exceptionnel, ils perdaient le père magnifique d'enfants fabuleux.

- On arrête. On n'arrivera à rien.

Pas un mot ne sortit de la bouche de Sakura et des deux médecins à ses côtés ; ils poursuivirent leurs soins sans broncher. Quelques minutes. Puis, l'un arrêta, suivit d'une autre. Sakura tint bon une minute encore, puis rompit tendrement le flot de soins qui émanait de son sceau, le laissa rejoindre le corps soubresautant de Sasuke.

Ils se levèrent et quittèrent la pièce sans mot. Tsunade s'assura qu'un service soit mis en place pour que le blessé fût drogué et n'ait plus à souffrir.

Deux autres médecins se chargèrent de ramener Sasuke dans une chambre isolée où il pourrait mourir en paix.


Petit à petit, la file avançait. Plus que trois ou quatre départs, et ce serait – enfin ! – au tour de Naruto de s'effrayer. C'était dûment mérité. Même le vieux couple, derrière lui, avait fini par se lasser. Pourtant, ils devaient en avoir, du temps, la fougue de la jeunesse était partie ; alors pourquoi se lasser d'attendre ? Ils devaient sûrement être partis s'asseoir à un banc, à quelque endroit assez isolé, et discuter ensemble ou se permettre une sieste à l'ombre éphémère d'un nuage ; en prenant le temps de respirer, de vivre, d'écouter les oiseaux chanter. Quitte à ne rien faire… Malgré tout, Naruto ne concevait pas qu'un couple traversant les saisons pût se lasser d'attendre.

Mais bientôt, la fougue de la jeunesse revint. Sous la forme d'un jeune ninja tout vêtu de vert hideux.

- Naruto !

Lee s'inséra dans la foule pour discuter avec le blond ; les gens derrière eux le regardèrent faire en silence, le regard lourd de reproches.

- J'ai pas arrêté de vous chercher depuis que je suis rentré. Vous revenez de mission ?

- Oui. On est partis mardi. On vient juste de rentrer… Hier soir

- C'a été ?

Le soupir prolongé de Naruto répondit pour lui ; il n'eut plus qu'à compléter.

- Sasuke est à l'hôpital.

Lee fit la moue, ennuyé ; soudain inquiet, également.

- Pour combien de temps ?

Naruto secoua la tête.

- Ca…

Lee comprit « s'il revient » de cette réponse implicite.

- Euh…

Il n'avait plus vraiment envie de parler, après avoir appris cela.

- Sinon, il allait bien pendant la mission ? Enfin… Avant que…

Naruto lui jeta un regard trouble.

- Mouais. Depuis quelques jours, il était quand même pas au meilleur de sa forme.

- C'est pour ça que je voulais le voir. Il t'a dit pourquoi ?

Naruto fronça des sourcils blonds.

- Tu le sais ?

- Je peux pas te dire s'il te l'a pas dit.

Naruto sourit tristement.

- Pareil.

- Ouais, mais moi ça me regarde pas.

- Pare…

Il réfléchit un bref instant.

- Ah, moi si.

Son visage s'illumina.

- Donc il t'avait dit qu'il était…

Lee lui fit signe de se taire en regardant autour de lui.

- C'est pas une raison pour le raconter à tout le monde.

- Ouais, s'cuse moi. Il te l'a dit quand ?

- Avant de t'en parler…

Avec un vague sourire en se souvenant des péripéties de leur nuit dans la même pièce, il ajouta :

- J'pense que ça l'a pas mal soulagé.

- Pas tant que ça. Quand je l'ai engueulé, ça l'a complètement détruit.

Lee fit des yeux ronds.

- Pourquoi tu l'as engueulé ?

Naruto se gifla intérieurement d'avoir lui-même amené cet épisode peu glorieux sur la table, mais se dit ensuite qu'il pouvait bien l'expliquer à Lee. Ce qu'il fit aussitôt ; il lui compta leur histoire, à Sasuke et lui, en sous-entendant tous les détails compromettant sur ce qu'il jugeait trop personnel et que seul Lee serait apte à comprendre. Il lui parla également de Sakura, comment Sasuke était allé se réfugier chez elle, comment elle avait pris sa défense pour ensuite se retourner distraitement contre lui.

Il lui raconta aussi la mission d'avant, à partir de laquelle tout avait commencé, et du genjutsu dont semblait avoir été victime Sasuke*.

Lee apprit des détails sur l'affaire des massacres dont l'Hokage n'avait elle-même jamais entendu parlé, trop affairée aux soins de Sasuke.

- Mais je pensais que c'était une troupe entière qui avait attaqué le village ?

Naruto fit une tête étrange ; puis de grands yeux horrifiés vinrent parsemer ses joues.

- Kus…

Lee fronça les sourcils.

- Bein quoi ?

Le blond le regarda intensément, scrutant dans le visage de Lee les premières lueurs de compréhension qui l'animeraient.

- T'as vu le mal qu'on a eu pour un seul… Mais ils sont vingt !

Il se mordit âprement la lèvre inférieure.

- C'est pas possible… On saura jamais les arrêter…

Lee fronça les sourcils, ennuyé. Mais, rapidement, son sourire étincelant refit surface.

- Ce n'est qu'une occasion de se surpasser, Naruto ! N'y vois pas un problème, mais un défi ! Profite de ce qu'on peut encore apprendre et progresser !

Le regard noir que Naruto lui jeta le fit taire, et il repensa alors à Sasuke qui gisait dans un lit d'hôpital. Il avisa les bras de Naruto, couverts de bandages :

- Et ça, ça vient aussi de la mission ?

- Oui. Ma technique la plus puissante… ce type y a survécu.

Naruto avait perdu l'humeur joyeuse qui l'avait habité quelques instants plus tôt. Il était à présent replongé dans tous les problèmes du quotidien d'un ninja : un ami qui mourrait, un pays à protéger quitte à y perdre la vie, et des problèmes financiers puisque c'est la crise pour tout le monde. Et la douleur lancinante à ses bras meurtris.

Et un goût horriblement piquant dans la bouche.

- Ah ! C'est quoi ce truc !

Lee redressa la tête.

- Ca piiique !

Naruto se mit à danser en rond, pieds et poings presque liés tant leurs mouvements étaient grands ; plusieurs passants durent dévier leur trajectoire pour ne pas risquer de se faire embarquer dans la folle ronde du blond.

- Ouh-ouh-ouh…

Petit à petit, le calme revint ; il revint d'autant plus vite que la file avançait et qu'il ne faudrait plus énormément de temps avant que Naruto ne pût grimper dans l'engin diabolique. Le ninja rejoignit Lee, qui n'avait pas changé de place, toujours calé entre les mêmes gens, dans la queue.

Des larmes reflétant les doux yeux azur de Naruto se mirent à couler aux pieds amusés de Lee, tandis qu'une voix tremblotante s'en prenait à ses oreilles insensibles, et qu'une main chargée d'un tortilla le pointait impoliment :

- Tu veux pas en prendre un ? Je saurai pas manger tout ça…

Lee lui fit un sourire éclatant.

- Evidemment ! Tu me poses un défi, comment pourrais-je le refuser ?

Il s'empara avidement du tortilla et enfourna tout aussi rapidement une impressionnante bouchée.

- Le premier à l'avoir fini a gagné ! Et tu as l'avantage, tu as commencé bien avant moi !

Il se mit à manger le plus vite possible… mais ce fut de courte durée. Alors, ensemble puisque Naruto s'était prêté au jeu, ils se mirent à cracher des poumons en flamme, à s'arracher les gorges déployées en gesticulant. Surpris par l'hardiesse de la sauce ? Sans doute un peu…

Naruto sentit quelques regards amusés dans son dos : la vendeuse semblait ne pas l'avoir perdu de vue. Un élan de fierté masculine le fit gonfler la poitrine, mais elle se vida bien vite pour refroidir le système de déglutition.

Lee se chargea d'acheter deux bouteilles d'eau, qu'ils burent à toute allure en tâchant toujours de terminer leur portion en premier. Sans grande surprise, Naruto gagna. Lee grogna. Puis vint son tour de terminer.

- Bon… C'est pas tout ça, mais je vais y aller, moi… J'ai pas que ça à faire !

Il jeta le papier dans la poubelle à côté de la cabine du vendeur de places à la maison hantée, contemplant au passage l'horreur de son accoutrement, puis se tourna vers Naruto, lui fit signe de la main et s'en alla.


*Il n'y a encore que Sasuke qui sait que c'était une illusion, puisqu'il n'a pas vraiment eut l'occasion de le dire aux autres depuis le combat…