Dragonna : C'est vrai, paf dans les dents pour les méchants villageois. Mais si Shiryu ramène Shunrei avec lui, est-ce que tu crois pas que tout les autres chevaliers parsemés au quatre coins de la terre (genre Camus, Milo, Aphrodite, Shaka, Mu, Saga, DM et Ikki (oups, il est pas sur terre lui)) eh ben, s'ils avaient tous la même idée. Je dis bien si hein! On le note, ça veut pas dire que ça arriver. Mais si un bon tas de chevalier revenait défendre Athéna avec une bague au doigt et une fille dans les bras, le sanctuaire va tomber loin du sérieux habituelle. Genre, on se lance dans la partouse, les jalousies, les chicanes de ménage et … La galère. Puis en plus, si Shunrei vient avec Shiryu, qu'est-ce qu'elle fera au sanctuaire quand il sera pas là? Y'a pas de rizière en grèce, et… bah, remarque, je dis juste ça parce que tu m'as piqué mon punch. (Non franchement, j,en ai quand même qui sont mieux que ça) Bon assez parler. Dis, tu aimes DM? J'en parle enfin, ça t'intéresse?
Deathmask I
Une musique le tira du sommeil, de son rythme magnétique plein de rebondissement. Le groupe se faisait appelé « Styx », c'était la chanson 13 du disque qui lui résonnait dans les oreilles. Le solo de guitare électrique le réveilla complètement. Ses cheveux bleus marins, coupés courts étaient dressés sur sa tête et ses yeux plus durs que du silex. Mais il aurait pu marquer la mesure des doigts si son bras droit ne lui avait pas fait si mal. Il fronça les sourcils quand la musique se termina par des bruits rappelant des sonneries de cadran réveil.
L'air rock qui enchaîna le força à se redresser dans son lit, pour voir d'où venait ce son terrible. Il avait mal à la tête et aurait volontiers éteint la radio qui jouait en ce moment. Normalement, il aurait apprécié, mais à cette heure, un son pareil était surtout susceptible de lui écorcher les oreilles. Le jeune adulte découvrit la cause de tout ce bruit et fut passablement surpris. Une jeune fille aux cheveux verts écoutait avec délectation le mélange techno et rock que son système stéréo lui offrait à plein décibel.
Appuyée contre un des murs de la chambre, jambes croisées, yeux fermés, elle tapait la cadence dans les airs avec sa main valide. L'autre était dans un plâtre. Elle avait une peau pâle, était habillée à la plus pure mode des punks, toute en noir, dans un ensemble t-shirt, pantalon qui découpait avec délicatesse sa silhouette. Sans même regarder son système radio, elle changea les pistes musicales jusqu'à obtenir la huitième, elle monta l e volume avec un sourire qui n'échappa pas au guerrier.
Après un départ encourageant et un air plutôt calme, la chanson prit de nouveau une tournure plus « heavy ». L'homme grimaça sous le choc crânien que ce rythme de fou lui causait, avant de se demander ce qu'il fichait là. Aux dernières nouvelles, il était mort. Enfin, c'était ce qu'il lui semblait. Ensuite, il remarqua que les vêtements qu'il portait se réduisaient à bien peu. Un boxer et une salopette noire, couverte de fermetures éclairs et de poches et de sortes de poignées en tissu qui ne devait pas servir à grand chose.
Il avait un bras en écharpe et se sentait tout ankylosé. Son cou présentait tout les signes avant-coureur d'un torticolis. Comme sa colocataire ne lui prêtait aucune attention, il inspecta la pièce du regard. Les murs étaient tâchés de différentes couleurs, ornés ici et là de dessins faits au fusain ou de posters de groupes de musique. À côté du lit, il y avait un bureau surmonté d'une photo de famille. Une bibliothèque encombrée de livres et de disques couvrait tout un pan de mur.
La radio de la jeune fille était posée à même le sol, à coté d'une pile de coussins, sur lesquels elle avait pris place. Le chevalier d,Athéna cherchait encore à comprendre quand il s'éclaircit la gorge.
-Dans quel foutoir est-ce que je suis tombé pour qu'on me réveille comme ça, tu peux me le dire toi! S'exclama t'il.
L'adolescent sourit et baissa un peu le son de sa radio, qui en était à la piste 10, l'une de ses préférés, « Don't let it end ».
-Ne crie pas comme ça, tu vas réveiller quelqu'un. Je suis Gabrielle. Tu es tombé de je ne sais où, tu m'as sauvé d'une bande de mécréants ce qui t'as valu de te retrouver avec un bras en écharpe et de te faire accueillir dans mon appartement durant les trois derniers jours. Je suis désoler si je t'empêche de dormir, mais j'ai bien le droit de vivre chez-moi, visiteur dans mon lit ou pas, expliqua-t-elle.
C'était certainement trop d'informations pour lui d'un seul coup. Il resta bête deux minutes, le temps que la onzième chanson joue et que la douzième embarque, puis se tira des chaudes couvertures du lit pour poursuivre la discussion avec en sourdine un musique un peu plus douce cette fois.
-Tu peux me répéter ça plus clairement?
-Wouah, c'est qu'ils t'avaient cogné fort ses mecs, se moqua-t-elle. C'est quoi ton petit nom?
-J'ai pas de nom, répondit-il rudement.
-Tout le monde a un nom.
-Je ne suis pas tout le monde.
-Bon, ben, monsieur personne, sachez que ma mère va nous piquer une de ses crises en apprenant que sa gamine de 15 ans s'est enquiquiné d'un bâtard d'adulte qui n'est même pas fichu d'avoir un nom. Et qu'elle risque de vous fichez hors de mon appart, le nargua-t-elle.
-Qu'est-ce que ta mère peut te faire si ici, c'est ton appart? Fit-il remarquer de son ton bourru.
Gabrielle haussa les sourcils, toute souriante. De son côté, le chevalier essayait de se souvenir de tout ce qui lui était arrivé avant qu'il n'atterrisse là. Mais il n'y arrivait pas. En fait, s'il ne répondait pas à la question de l'adolescente, c'était parce qu'il ne se rappelait plus de son nom et qu'il n'osait pas l'admettre.
-Alors? Je parlais de ma mère uniquement parce que je me suis dit que d'aussi rutilants pectoraux devaient bien traîner un nom dans leur sillage, aussi quelconque soit-il.
-C'est que, je n'ai pas vraiment de nom.
-Quoi, qu'est-ce que tu veux dire?
Il se leva, des fourmis dans les jambes et son cœur d'habitude si dur complètement paniqué. Pourquoi est-ce qu'il ne se souvenait de rien?
-C'est surtout que c'est un surnom que je veux dire.
Il était nerveux, les souvenirs lui revenaient tout d'un coup, par flash, comme si son cerveau ne parvenait pas à les gérer autrement que par à coups. D'abord c'était le noir. Le noir universel et éternel, puis les têtes de morts, ensanglantées, les crânes alignés en rangs parfaits, d'une perfection dérangeante. Les dents brisées, les os éparpillés qui l'encerclaient. Oh ce que l'enfer avait pu l'énerver! C'était pire que son temple. En y pensant, il aviat le goût de la mort qui lui remontait en travers de la gorge.
-Ben alors, t'as seulement un surnom, pas de nom, sourit encore la jeune fille en arrêtant la musique de son disque. La radio fm s'y mit, sur un air de rap au rythme qui tapait sur les nerfs. Elle éteignit son stéréo d'un geste presque indécelable. Habituée.
-C'est à peu près ça, admit-il en se rasseyant sur le lit, comprenant que son mal de tête allait augmenter d'intensité. Il devait gérer et ses souvenirs déboussolés et sa conversation avec Gabrielle. Sans même savoir ce qu'il faisait dans sa chambre.
-Alors dis-moi quel est ton surnom? Suggéra-t-elle.
Le chevalier se renfrogna. Quelque chose lui disait qu'il ferait mieux de ne pas lui donner le seul nom qu'on lui connaisse. Il ne savait pas pourquoi, mais son impression semblait assez fiable. Qui prendrait au sérieux un type qui s'appelle Deathmask? Qu'il soit chevalier d'or du cancer ou pas. Des enfers nébuleuses de sa mémoire, revint la morsure d'un cri qui résonna si fort dans ses oreilles de l'homme, qu'il craignit que sa colocataire ne l'ait entendu. Ce cri était si lointain, si proche en même temps. Il faisait mal, il faisait peur. Quelqu'un de normal n'y aurait vu qu'un hurlement sortit des films d'horreurs, mais le cancer lui, traînait ce souvenir douloureux depuis si longtemps derrière lui qu'il ne pouvait pas ne pas revoir la personne qui le poussait. Ses yeux durs pâlirent sous le coup de l'émotion. Son cœur tressaillit quand le cri se répéta, une fois, deux fois, puis trois, quatre, cinq, jusqu'à…. Jusqu'à ce qui semblait être l'éternité la plus discordante et effrayante possible. C'était exactement comme lorsqu'il était mort.
-Ça va pas? S'inquiéta Gabrielle à le voir muet si longtemps.
-T'as qu'à m'appeler DM, coupa-t-il en se relevant, un bras crispé sur son torse, le poignet douloureux. La frayeur ne voulait pas passer, il allait devoir la forcer à disparaître.
-DM pour Damien?
-Je suis Italien, rappliqua l'adulte avec un regard noir pour l'adolescente. Le nom de Damien lui paraissait bien trop petit garçon à sa mère chérie pour être le sien. Il était Deathmask, pas Aphrodite.
-Alors, c'est pour don Miguel?
Il fronça les sourcils, dépité par tant d'insistance. Il avait fait quelque chose pour mériter ça juste après sa résurrection peut-être? Non, il ne laisserait pas cette jolie jeune fille lui gâcher la vie et lui donner mal à la tête avec sa musique.
-Écoutes Gab, tu m'appelles DM, sans chercher plus loin, c'est compris? Ça fini là pour l'instant. Parce que j'ai mal de bloc, que ce surnom est inutile et…
-Et que tu es beau comme un dieu grec, l'interrompit-elle.
-Pour ça, t'es la première qui me le dit.
Cette fois, quand il reçut son éternel sourire magnifique, une corde en lui vibra d'espoir et de surprise. Sa mémoire lui revint. Après l'enfer…
Il était tombé de très haut, de terriblement haut, mais fort heureusement, dans un lac. Le cancer en était ressorti à demi conscient, trempé et prêt à fracasser le crâne de l'imbécile qui l'avait lancé là. Mais ce qu'il découvrit en émergeant de l'eau, c'était Gabrielle qui se faisait malmener par deux types. Plus tard il apprendrait que ces garçons étaient son frère et son ex-petit ami. Le principe des chevaliers de ne jamais s'attaquer à une femme lui était remonté à l'esprit à ce moment.
Deathmask s'était dit et pourquoi je ne défendrais pas cette jolie fille aux cheveux verts et ne me dérouillerais pas les muscles sur ses espèces de fausses brutes? Il s'était extirpé de son lac et, pestant contre l'eau lui dégoulinant sur le corps, avait attiré l'attention des 3 jeunes gens. Ensuite, il s'était battu avec les 2 garçons, malgré les signes que lui faisait l'adolescente pour qu'il les laisse en paix. Il voulait seulement un prétexte pour frapper sur quelqu'un.
Après, comme il se plaignait d'une faim dévorante, elle l'avait emmené chez elle. Même si c'était imprudent et qu'elle ne le connaissait pas, parce qu'elle n'aimait pas la prudence et qu'en se fiant à son intuition, elle avait confiance. Quand il s'était endormi, épuisé, comme si de rien n'était, à côté de son repas à demi entamé, elle avait eu l'audace de le sécher et de le faire changer de vêtements, pour une tenue qui lui semblait plus approprié. Soit la salopette qu'il portait à l'instant.
-Tu es le chevalier d'or du cancer, surnommé Deathmask, tu sers la cause d'Athéna à ta manière et viens tout juste de ressusciter. Mais par-dessous, tu as de la peine et tu souffres, déclara-t-elle.
Il en resta coi tout en se remémorant un fait réconfortant. Gabrielle s'était occupé de lui comme une mère l'aurait fait pendant qu'il dormait. De tendres caresses et des paroles calmantes avaient bercés son sommeil. Comme si elle avait pu entendre le cri terrible et l'histoire qui le suivait depuis tant d'années. Le cancer secoua la tête pour oublier tout ça.
-Je n'ai pas besoin de ta pitié.
-Au moins, ça remplace toute celle que tu n'as pas, fit-elle en cessant de sourire.
-Parce que maintenant tu veux te la jouer dur?
-Mais est-ce que ce n'est pas ce que tu fais toi-même? Lui reprocha l'adolescente avant de se lever et de quitter la pièce.
Le guerrier en fut soufflé. Il ne s'attendait vraiment pas à ça.
C'est drôle, moi oui, je m'y attendais un peu.
