Décembre 1992


- Qu'il fait chier ce gosse à toujours nous pomper notre fric. Quand il était petit on avait juste à faire des lumières avec notre baguette et hop il était heureux. Maintenant à chaque Noël c'est pareil, il vient pleurer dans nos jupes et nous racketter. Un nimbus 2001 ? Mais il a vu la vierge africaine ou quoi ? Petit con va. Pour la peine, je lui offrirais une ficelle et un tabouret. S'il s'ennuie, il aura qu'à se pendre avec, ça nous fera des économies.

- C'est de mon fils que tu parles, là.

- Et tu fais bien de le préciser, parce que ça montre bien que de nous deux c'est moi la plus objective. Donc bon, je reprends devant son silence, restriction budgétaire oblige, on achète rien et on lui fait croire qu'on s'est fait voler par un nain qui courait dans la rue.

- Pourquoi un nain, tout de suite ?

- Mais qu'est-ce que j'en sais moi ? On s'en fout ! Un nain, voilà tout ! Tout ce qui compte, c'est qu'après, avec l'argent qui reste, on s'achète des bonbons et on les garde que pour nous ! Alors, ça te parle ?

- ... Je suis trop vieux pour tes conneries.

Ah, mais qu'est-ce qu'il est pas marrant !

Pourquoi je me case toujours avec des chieurs ? C'est dingue ça !

Quelque part dès fois, je me dis que j'aurais été bien plus heureuse en tombant amoureuse de Flint.

- T'as trente cinq ans, je rétorque donc.

- Justement. Je te ferais remarquer que t'en es pas trop loin. 'Serait peut-être temps pour toi de revoir tes perspectives d'avenir et de grandir un peu, tu ne crois pas ?

Il me regarde l'air de croire que ça va me convaincre mais je me contente de lui lancer un regard noir et de lui balancer un coup de pied dans les jambes.

- Je ne crois pas, non, je fais donc finalement en réponse à son commentaire. Et pour la peine, je te quitte !

- Tu me quittes, c'est-à-dire, comme l'année dernière et celle d'encore avant ? Il rigole.

- Attention, me cherche pas !

- Pourquoi, tu prévois une grève de sexe ?

- Peut-être bien ouais ! Je fais triomphante en levant mon bras.

Mais le bougre n'essaie même pas de me rattraper. Au contraire, il me souhaite la bonne journée et se barre en sens inverse, me laissant seule dans l'Allée.

...

Bon débarras, que j'ai envie de dire.

...

...

Ah, mais voilà ! Je me fais chier maintenant !

Je grince des dents, me mets à déambuler au milieu des étales du chemin de Traverse, les yeux collés aux vitrines.

Je finis par apercevoir un éclat brillant du côté du chaudronnier...

Et alors là, attention, pas n'importe quel éclat !

- ROGUIGOU ! Je babille joyeusement en apercevant son teint de pêche et sa silhouette grande et élancée.

Je pose mes paquets par terre - que l'autre aille se faire, c'est certainement pas moi qui vais les porter ! - et m'empresse de courir à la suite de mon ancien camarade. Je le vois qui relève la tête dans ma direction. Il semble me reconnaître car aussitôt son visage perd le peu de couleur qu'il avait déjà et il s'empresse de quitter le magasin comme poursuivi par un cannibale.

- Roguigou ! Je t'ai vu ! Attends-moi !

Il accélère le pas, tente de me semer. C'est sans compter mon endurance d'antan et ses cheveux qui brillent comme un gyrophare ambulant. Je le rattrape rapidement et me campe devant lui, les bras écartés, prête à lui faire un câlin.

- Va voir ailleurs, qu'il me fait en bifurquant soudain sur la droite.

Je pousse un cri déçu en le sentant échapper à ma poigne mais continue néanmoins à essayer de trottiner derrière lui.

- T'es tout pâlichon, je lui fais, t'as avalé quelque chose de pas bon ?

- C'est la vue de ton sourire niais et débile qui me donne envie de vomir mon repas.

Il dit n'importe quoi, c'est l'émotion !

Ah ! Je savais que j'aurais dû venir lui rendre visite à Poudlard ! Depuis le temps, il doit se sentir bien seul !

Moi qui dois être sa plus vieille amie !

Pour quoi je passe après, hein ?

Ahla, j'ai honte !

- Dis moi, dis moi, il paraît que le fils Mille-Feuille a obtenu le poste d'attrapeur de Serpentard, hein ? Et aussi qu'on a perdu le premier match de la saison, je babille toute essoufflée.

Marche vite ce Rogue. Est-ce qu'il fait de l'aérobic pour se tenir en forme ?

De la danse classique ?

Ça fait fureur chez les femmes au foyer en ce moment.

- Le fils de Lucius a fait de son mieux.

- C'est ce qu'on dit ! Je m'exclame avec de grands moulinets. En attendant le mien s'est fait virer de son poste et a passé toute sa rentrée à chialer. Et qui a du payer les pots cassés, hein ? Bon, pas moi, je fais devant son silence, mais là n'est pas la question. Parce que oui mon petit Rogui, ce qui m'a déçue dans cette histoire, c'est de savoir que tu en étais à l'origine. Alors, alors, parce qu'on a les boules de perdre face à la McGo, on se laisse corrompre et on fait rentrer des maternelles dans l'équipe ? C'est ça ? Ah, bah bravo ! Belle mentalité ! Je sais que t'es nul au Quidditch mais tout de même, quand on a le choix entre un garçon bien bâti et une crevette en slip, on ne s'y prend pas à deux fois ! Mais quoi, parce qu'on t'offre un kit de ménagère, tout à coup le reste n'a plus d'importance ? Je vais te le dire moi, avec ou sans nimbus, de mon temps on a jamais eu de mal à faire se rétamer les glands d'en face. Et pourquoi ? Parce qu'on savait viser, nous ! Parce qu'on savait s'y prendre pour saboter leur balais et leur péter les phalanges ! Parce que oui, mon petit Sev, la triche, c'est tout un art, ça se cultive ! Et c'est certainement pas cet amateur de Mille-Feuille qui va changer les choses !

- ...

- Voili voilà.

...

- Tu dis rien, la conversation t'ennuie ? Il est vrai que je ne t'ai toujours pas demandé comment se portait ta vie sexuelle. Moi et la politesse, tu sais combien ça fait ! Alors, toi et Minnie, comment ça se passe ?

- Je te demande pardon ?

- Bah oui ! La vieille et toi ! Toi et la vieille ! ... 'S'est bien passé quelque chose quoi ! ... Non ? Allez ? T'as bien dû voir sa chambre quand même ? Non ? Bon bah alors tu te tapes qui ? La vie sexuelle des profs, tu sais comment ça m'intéresse ! Alors ? Chouraves ? Ahah !

- ...

- Ah, elle non plus ? Je fais, déçue. Bordel, mais tu dois bien te faire quelqu'un ! Quoi, même pas un élève ? On est entre nous hein, tu sais que tu peux tout me dire.

J'attends, mais il ne dit rien.

... Et je le comprends, on a tous nos petits secrets.

Moi-même dès fois il m'arrive de regarder Terence et de me dire que.

Bon.

Voilà.

...

Mais je ne suis pas pédophile pour autant hein !

- Bon bah euh... et Chantal, alors ?

- Qui ça ?

- Chantal. Le travesti qu'on t'a envoyé par la poste à Noël dernier avec Flint.

- C'ÉTAIT VOUS ?

- Bah oui on allait pas te laisser seul pour Noël quand même.

- ...

- Donc, j'en déduis que tu n'as pas passé beaucoup de temps avec Chantal ? C'est dommage, c'est un brave type. Avec l'esprit très ouvert. Très souple aussi. Je veux dire, physiquement très souple.

Ahahaha, je me souviens encore de la démo qu'il nous a fait avec Flint quand on a décidé de l'engager ! Un acrobate né ! Pour peu qu'on lui en donne l'occasion il en aurait fait bander un paraplégique !

... Mais passons.

... Enfin au passage je tiens tout de même à préciser que Flint et moi on a pas pour habitude de faire nos courses ensemble, hein ! On a juste partagé fût un soir la même cellule tous les trois et on s'est dit que. Voilà.

- Ça te dit pas de venir faire le réveillon chez moi ? Je relance Rogue en me collant à lui.

Bon, pas trop non plus, qu'il aille pas croire que je suis intéressée.

...

A part par son porte-monnaie, à la limite.

- Non.

J'espère qu'il a les bourses bien remplies.

- Ah. Tu fais quelque chose de spécial ?

Dans quelle poche est-ce qu'il les met ?

- Oui.

La droite ?

- C'est-à-dire ?

Non pas la droite.

- Rester chez moi.

La gauche alors !

- On peut savoir en quoi ça change de d'habitude ?

- Je ne suis pas obligé de me coltiner des abrutis dans ton genre.

Ah merde, peut-être dans ses chaussettes ?

Je fais semblant de trébucher sur mes lacets pour lui fouiller mine de rien les pieds mais il ne prend même pas la peine de m'attendre. Je m'empresse de me relever, le regard noir.

- Attention ! Je lui crie donc tandis qu'il s'éloigne. Si tu viens pas, c'est moi qui m'incruste !

- Tu sais même pas où j'habite, il me réplique sans se retourner et l'air de s'en foutre royal.

- Détrompe toi. Je connais quelqu'un qui connaît quelqu'un qui connaît quelqu'un QUI te connaît très bien !

- ...

- Médite là dessus ! Je termine en le voyant se retourner, le visage vert et l'air effrayé.

Et foi de Jamie Moonheart, il n'est pas dit que je ne lui ferais pas les poches à ce paltoquet !


- MOONHEART !

- C'est pas moi.

- Je sais, me répond Kevin d'une voix calme.

Trop calme.

Il s'approche de moi, enveloppé dans sa robe à moumoute, son carnet de toujours dans les mains.

Et tiens, voilà qu'il se prend pour un esquimau. Bientôt il va se ramener dans mon jardin et disséquer des caribous sur mon gazon.

Taré va.

Qu'il essaye donc, et je l'encastre dans un igloo.

- Bah alors ? Je lui fais en refermant la porte derrière moi.

- Ton fils a uriné sur mon sapin.

- Bah c'est bien, ça le fera grandir.

Le sapin, pas mon fils hein.

Si on prenait des centimètres à chaque fois qu'on allait pisser sur un arbre pensez bien qu'il y a belle lurette que j'aurais déserté mes toilettes.

J'aime pas être petite.

Les gens te traitent comme si t'avais dix ans et te passent devant quand tu vas à la boulangerie.

Bande de connards, que j'ai envie de dire. Allez tous crever !

- C'est tout ce que ça te fait ? S'énerve Kevin devant mon manque de réaction.

- Bah, c'est pas mon fils, je lui fais telle une évidence.

- Bien sûr que si, c'est ton fils ! Il pépie.

- Non, c'est pas mon fils. Du moins... Pas génétiquement.

- Ah, mais commence pas avec les détails ! Il s'exclame le visage tout rouge. Il vit chez toi, donc c'est ton fils !

- Et voilà, encore ce raisonnement bidon ! Mais combien de fois faudra te le dire ? C'est pas parce que quelque chose vit chez moi que ça sort forcément de mon vagin ! Regarde mon elfe de maison ! Il dort dans la cave ! Bon, bah alors ? Tu crois que je le surveille chaque fois qu'il va pisser quelque part ?

- OUI ! EXACTEMENT ! ENTRE VOISINS C'EST INTOLÉRABLE !

- On est pas voisins !

- Bien sûr que si, on est voisins !

- Non, on est pas voisins tant qu'il n'y a pas de reconnaissance de voisinage !

- Mais puisque je suis ton voisin et que je me considère comme tel on est forcément voisins !

- Non ! Les voisins ça s'échange de la farine pour faire des crêpes et ça se prête son elfe ! Toi, t'as jamais de farine et ton elfe sert à rien !

- Qu'est-ce t'en sais que j'ai jamais de farine ? Il me rétorque. Tu m'en demandes jamais !

- Parce que je sais que t'en as pas !

- Et comment tu sais ça, hein ? T'as fouillé dans mes placards ?

- Pourquoi cette question ? Tu me traites de voleuse ?

- Je te traite pas de voleuse, je pose juste une question !

- Et quelle question ! Compte pas sur moi pour répondre à de telles accusations ! Espèce de parasite !

- Comment ça, parasite ?

- Un parasite parfaitement ! Je sais très bien pourquoi tu t'es installé à côté de chez moi !

- Tiens donc ! Madame sait tout ! Et on peut savoir ce qui m'a amené ici, selon toi ?

- L'ENVIE DE FAIRE CHIER LE MONDE, VOILA ! PARCE QUE Y'A QUE TOI POUR VENIR T'INSTALLER EN PLEINE CAMPAGNE, JUSTE A COTE DE CHEZ MOI !

- C'EST TOI QUI FAIT CHIER LE MONDE, OUI ! Il me réplique en hurlant. ESPÈCE DE VIEILLE PUTTERELLE !

- VIEILLE PUTTERELLE, MOI ? AH ! ET BAH VAS-Y ! CASSE-TOI SI T'ES PAS CONTENT ! VA VIVRE DANS UN ÉTANG ! Y'AURA DES CAFARDS ET DES MORUES ! T'AURAS DE QUOI T'ACCOUPLER !

- BAH VOYONS ! TU T'ES VU TOI, AVEC TON GROS CUL DE DINDON ? LAISSE TOMBER, JE ME CASSERAIS PAS LE PREMIER !

- C'EST UN DÉFI ?

- UNE PROMESSE ! JE VAIS TELLEMENT T'ENVAHIR QUE MÊME EN TENANT UN SIÈGE TU POURRAS PAS M'ÉVITER !

- AHAH ! CAUSE TOUJOURS ! PARCE QUE MOI, JE VAIS TELLEMENT T'EMMERDER, QUE MÊME AVEC UN RECURVITE TU POURRAS PAS RÉPARER LES DÉGÂTS !

- PARFAIT ALORS !

- OUAIS ! PARFAIT !

- PARFAIT !

- PARFAIT !

Et il n'en dit pas plus parce que je lui claque la porte au nez.


- Mon petit Roguigou ! Je m'exclame joyeusement en découvrant son visage. T'es venu !

Je lui ouvre grand ma porte, lui entre d'un air méfiant, la démarche raide, comme si j'avais foutu des mines sous mon paillasson.

J'aurais pu, évidemment, mais je les réserve pour Kevin et son administration.

- Pas de mon plein gré, il marmonne donc dans sa barbe tandis que je le laisse entrer à l'intérieur mais je fais mine de ne pas l'écouter et commence à lui présenter nos invités.

- J'espère que ça ne va pas te déranger mais on a du monde ce soir, je lui annonce sans préambule en le forçant à s'asseoir sur une chaise. Comme tu peux le voir Ryan est présent, ainsi que Philo. Ah, tu connais déjà Freddie, mon conjoint. Terence a voulu inviter une de ses amies, Aryette Puceau où je ne sais plus trop quoi...

- Adrian Pucey, me corrige Rogue. C'est un homme.

- Ah, tiens ? FREDDIE, T'ENTENDS ÇA ? TON FILS EST GAY !

- Mais je suis pas g-

- Ahaha, qui l'aurait cru ! Je fais en ignorant Terence. Mais bon, je m'égare... Adrienne Lapuce, donc, et ben tiens toi bien, sa mère m'a appris qu'il avait attrapé la Syphonette. Il a les couilles comme deux petits poids, il paraît que ça le gratte !

Et voilà ce qui arrive quand on laisse les jeunes faire n'importe quoi !

Ah, quelle décadence !

Quand je pense à tous ces espoirs que les mères de famille mettent en Rogue, je me dis : ben voyons ! Il est tout juste bon à empêcher des mouches de se tenir par la patte, c'est vous dire.

- Mais bon, je reprends, du coup j'ai voulu lui rendre visite à sainte Mangouste et devine qui j'ai croisé en train de chahuter dans les couloirs ? La vieille Prudence Malfoy ! Tu penses bien que quand je l'ai vu, seule le jour du réveillon, je me suis tout de suite dit, allez, faut l'embarquer ! Et voilà le travail !

Je lui désigne la vieille en train de s'engueuler avec Felix Pelouse-Verte.

Parce que oui, Pelouse Verte s'est ramené, avec toute sa famille ! Carrie-La-Moche, Asterix et l'autre là, j'oublie toujours son nom. Acnée quelque chose...

- Daphnée, me corrige de nouveau Rogue tandis que je lui en fais la remarque mais je ne l'écoute déjà plus.

- Je sais même pas ce qu'ils font là pour te dire ! A tous les coups, ils ont plus d'argent et on les a jarté de leur maison, alors ils viennent s'incruster dans celles des autres... Typique des pauvres... Ah ! Mais quand je pense que je me tue à la tâche et que c'est cette glandeuse de Flint qui profite des allocs, j'ai bien envie de dire : mais quel foutage de gueule ! Et tiens, parlons-en du foutage de gueule ! Tu sais que j'ai voulu inviter McGo ? Mais cette connasse, elle n'a pas voulu venir... Soit disant qu'elle était trop occupée... Mais hé, on sait tous à quoi elle s'occupe pendant les vacances celle-là. Elle s'amuse avec le slip de Dumby pour en faire des confettis, et c'est bien sûr !

- ...

- Bon, tu veux de la dinde ? T'arrives juste pour le dîner t'as de la chance !

Rogue se prend la tête entre les mains et hoche fébrilement la tête. Philo le fixe d'un air dégoûté tout en lui tendant une assiette. J'y verse une généreuse part de dinde et avant même qu'il ne saisisse sa fourchette, Flint surgit de nulle part et lui abat le dos de la sienne sur la main, le regard noir.

- Avant de manger, on fait le bénédicité, elle grince.

- Tout à fait chère amie, je confirme en hochant la tête tandis que Rogue blêmit sous le contact du couvert de Flint.

Parce que oui, le pauvre, depuis l'attaque surprise de Black en septième année, il se sent mal à l'aise quand il est entouré de fourchettes !

Vous me direz, moi c'est pareil avec les sécateurs depuis... l'accident.

Je laisse à mon elfe le soin de tailler mes haies.

- Allez allez camarade on se donne la main c'est l'heure de la prière !

- Ah non pas encore ! Râle Pelouse-Verte. C'est chiant ce truc, j'ai faim moi !

- Tou lé fais ou yé té cope lé glann'de avec mon foulchette et yé té folce à lé ma'ger, menace mon elfe d'une voix doucereuse.

...

Pelouse-verte le regarde, choqué.

- Alors, plaisante Freddie, on a pas l'habitude de se faire chahuter par un elfe ? Excuse-le donc, Jamie l'a ramené de son voyage au Pérou l'an dernier et les cultures de chez eux ne sont pas vraiment les mêmes. Faut lui laisser le temps de s'habituer.

- Tu parles ouais. Je lui laisse deux minutes pour courir avant que je ne lui arrache la tête pour l'accrocher dans mon salon, menace Greengrass.

- Ah, mais non hein ! Proteste Flint. Ça fait moche sur la tapisserie après !

- Oui bah c'est pas un elfe et encore moins ma femme qui vont me dire ce que je dois faire !

- Et quel sexisme ! Et quel sexisme ! Babille Prudence.

- Vous la vieille on vous a pas sonné ! S'exclame Pelouse-Verte. Allez-donc vous étouffer avec votre compote !

- Ah non ! Y'a pas de compote ce soir ! Croit bon de préciser Ryan.

- On s'en fout.

- Quand même, un elfe sur le mur, moi je me sentirais pas tranquille pour aller dormir...

- Non on s'en fout pas ! Écoutez, moi je suis à l'allergique aux pollens de bouleau et j'estime...

- Ah ! Mais qu'est-ce que tu viens nous gratter avec ton pollen de bouleau ! Le coupe Philo. Ça n'a même pas de rapport !

- Si parce que-

- Qui veut des moules ? Qui veut des moules ? Severus, tu veux des moules ? Questionne Freddie en lui passant le plat sous de nez.

- Non, non, ça ira...

- Si si, prends-en, c'est plein d'oligoéléments tu vas voir !

- Ah tiens ! En parlant de moule, je m'exclame en tapant dans mes mains, vous saviez, vous, que la moule adulte pouvait se déplacer ? Très lentement certes, mais grâce à son pied ! Il va en effet sécréter un liquide, le byssus, une sorte de colle biologique-

- Et blablabla, ouais ouais, qu'elle ferme sa gueule celle-là !

- Non mais comment tu parles à ma femme toi !

- Ta femme, je lui parle comme je veux !

- Ah ouais ?

- Ouais !

- ... Et d'ailleurs, ce qu'il est intéressant de noter c'est que l'anus de la moule est situé tout au dessus du muscle adducteur postérieur-

- En arabe ou en chinois, et dans tous les cas, même si je lui parlais en anglais elle est tellement illettrée qu'elle comprendrait pas non plus !

- Et donc, pour en revenir à mon allergie au pollen-

- Et attendez, c'est pas finit ! Parce que la moule, contrairement à la coquille Saint-Jacques, ne possède pas d'yeux, ce qui ne l'empêche pourtant pas d'être sensible à la lumière ! Comme quoi, entre un aveugle et une moule, la différence n'est pas loin ! Ahaha !

- Maman, maman ! Astoria fait que me tirer les cheveux !

- C'est bien, c'est bien, continuez comme ça les enfants...

- Mais maman...

- Comment ça illettrée ?

- ... Et d'ailleurs, et attention là Rogue, ça te concerne, la maturité sexuelle chez la moule est acquise au bout de seulement un an ! Ahah ! Et oui, parce que les gonades, au nombre de deux, sont situées dans la « bosse de Polichinelle ». Qu'est-ce que ça veut dire ? Et bien tout simplement que chez la moule il y a gonochorisme : les gonades sont blanchâtres chez les mâles et jaune orangé chez les femelles...

- Euh, papa-

- Quoi Terence ? Tu vois pas que je suis en train de parler à l'autre con ?

- Pardon ? L'autre con ?

- Papa, y'a la vieille Malfoy qui fait que de me fixer-

- Ahaha ! en voilà une qui veut qu'on lui lèche sa moule ! Je m'interromps moi-même avant de reprendre, imperturbable. Et les moules mâtures donc, étant incapables de se déplacer, ne peuvent pas s'accoupler...

- Papa, elle me fait flipper !

- Oui bah arrête d'allumer tout ce qui bouge aussi !

- Mais je l'allume pas !

- Comment ça l'autre con ?

- ... ce qui explique que la réussite de la reproduction dépend en fait essentiellement de la rencontre dans l'eau des gamètes mâles et femelles. La larve, de type véligère, est zoo-planctonique, puis se fixe pour donner l'individu adulte qui, dans la nature, restera fixé jusqu'à sa mort !

- Je vais te niquer la gueule !

- Alors, c'est-y pas beau la vie ? Je m'exclame joyeusement en contemplant ma tablée.

- BORDEL ! JE SUIS ALLERGIQUE AUX POMMES VOUS ALLEZ M'ÉCOUTER A LA FIN !

Ryan fait claquer son verre sur la table, la respiration sifflante, le visage tout rouge.

...

...

- Charmant le repas, commente Rogue.

Et c'est à ce moment là que je me rends compte que Ryan a changé, ces dernières années. Il est pas rasé, complètement défroqué, avec les joues creusés et les yeux fatigués.

Son histoire avec l'obèse, ça l'a complètement bousillé.

Tu m'étonnes qu'il vive dans la cabane au fond du jardin, maintenant.


- ALELTE LOUGE ! ALELTE LOUUGE !

- Quoi, quoi, quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? On est envahi ? Je m'écrie en sautant de ma chaise et en me servant de Terence comme bouclier.

Il me fixe une lueur incendiaire dans le regard et vu le silence j'en déduis que non. Je me relève donc comme si de rien et jette un regard sévère à mon elfe pour me donner une contenance.

- Merci la frayeur. Tu pouvais pas préciser plus tôt ? Non ? Bon, alors ? C'est quoi le problème ?

- Lé desselt a bloulé !

- Le dessert ? Répète Flint en se relevant le visage tout rouge. Tu veux dire, mon dessert, celui que j'ai apporté pour l'occasion ? Que je me suis fait chier à faire pour la forme ?

- Oui, enfin, pour la forme... N'exagérons pas, s'exclame Pelouse-Verte. Tes gâteaux on dirait tellement de la brique qu'on pourrait reboucher les murs avec-

- Ta gueule toi ! Rétorque Flint en lui flanquant un coup de corbeille à pain sur la tête.

Pelouse-Verte se tait.

A côté moi et mon elfe échangeons un regard gêné.

...

Enfin, non. Je rigole. Pas de quoi être gêné quand ça concerne l'autre moche.

- On l'a foutu à la poubelle ton gâteau. Tu comprendras, on voulait pas chopper quelque chose de pas net.

- Que... !

- Oui oui, c'est ça, nous sommes des connards, mais en attendant... ON A PLUS DE GÂTEAU PUTAIN !

Je me mets à secouer mon elfe comme un prunier en l'agrippant par le col de son torchon et finit par le jeter au pied de ma table.

- Ahlalala, qu'est-ce qu'on va faire ! Je me mets à pleurer. Le dessert, le seul bon truc du repas !

J'entreprends les cents pas dans mon salon, hystérique.

- Un Noël sans dessert c'est comme Dumby sans sa barbe ! McGo sans ses lunettes ! Ah ! Severus ! Qu'est-ce qu'on va faire ! Je répète encore une fois en m'agrippant à sa robe, les yeux larmoyants.

Il se trémousse sur sa chaise, mal à l'aise, et me regarde faire d'un air dégoûté.

- J'en sais rien, je suis pas chef pâtissier.

...

Certes.

- A la limite, propose Terence, on peut peut-être s'en racheter un...

- S'en racheter un ? MAIS C'EST NOËL DUCON ! TOUT EST FERMÉ ! ET LES RESTRICTIONS BUDGÉTAIRES, T'Y PENSES ? QUI C'EST QUI PAYE APRÈS ?!

Je suis tellement énervée que je balance mon assiette vide dans la vitre.

...

Qui se casse.

...

Nous offrant au passage une belle vue sur la maison de Kevin.

...

...

Et ah !

Oh !

...

Ah !


- Peeeee-tit papa No-eeeeel !

Tsouing !

- Quand tu des-cen-dras du cieeeeeeeeeel !

Tsouing !

- Aaa-veeeeeeeec, des jouuu-eeets paaaar millieeeeeeers !

Tsouing !

- N'oublie paaaaas, mon peeee-tiiiiiiiiit souuuuu-lieeeeeeeeer !

Tsouing !

- Maaaais-

- MOONHEART ! QU'EST-CE TU VIENS ENCORE M'ENGUIRLANDER ! T'AS PAS BIENTÔT FINI ?

Tsouing !

- O'MAHEL ! TOI AUSSI ?

- Salut salut Hidleton ! Comment ça va ? Babille joyeusement Ryan en lui faisant signe avec son triangle.

- Salut ? Y'a pas de salut ! FOUTEZ LE CAMP DE MA PROPRIÉTÉ ! Y'a des gens qui fêtent Noël ici !

Des gens, des gens...

Tout est relatif.

Le pauvre, il n'a pas d'ami et ses parents sont morts.

Depuis qu'il vit dans la maison d'à côté je ne crois même pas l'avoir déjà vu ramener des invités !

Alors bon. Voilà.

...

A la limite, des gens imaginaires, peut-être !

On ne peut pas savoir.

- Justement ! Je m'exclame donc en montant sur son pallier, Ryan a ma suite. Comme c'est Noël, je me suis dit, bon, allez, faisons une petite trêve ! Alors quoi, voilà ! Bon. Je me suis dit : quoi de mieux que la musique et l'avènement de l'enfant Jésus pour parler en toute amitié ?

- L'enfant qui ? Il me fait avant de s'interrompre lui-même et de me fixer d'un regard noir.

Il semble mécontent de m'avoir lancé sur le sujet et s'apprête à refermer sa porte sur moi mais je l'en empêche en calant mon pied dans l'interstice.

- Fous le camp de mon palier, il me fait alors.

- Pourquoi donc ? Ça te dérange pas de le faire, toi, quand tu t'incrustes sur le mien.

- Là n'est pas la même chose ! Attention hein, je peux aller porter plainte !

- Mais oui, mais oui, fais donc. En attendant...

Il y a un bruit de casse à l'arrière de la maison et Kevin me regarde d'un air suspect.

- Ah non ! Je fais donc en levant les mains devant moi. C'est pas moi !

- ...

- Probablement le père Noël d'ailleurs, si tu veux mon avis, je lui fais d'un air concerné.

- Qui entre chez moi en cassant une vitre ?

- Ah ! tu sais, les mœurs et les cultures...

Il renifle, s'apprête à partir voir ce qu'il se passe à l'arrière de sa maison mais je force le passage sur sa porte et me jette sur sa jambe, m'y agrippant tel un koala en manque. Derrière lui, j'aperçois un bout de son salon et Terence qui essaie discrètement de piquer le repas de Kevin, aidé par les deux petites Pelouse-Verte qui trottinent derrière lui comme s'il était un dieu vivant.

- Mais tu vas me lâcher oui ! S'exclame Kéké en agitant sa jambe. Nan mais oh ! Hein ? LÂCHE-MOI !

- Non ! J'ai pas encore pu te parler de la tradition de Noël ! Tu sais d'où ça vient ?

- Non ! Et je m'en fous ! Casse-toi !

- Alors c'est simple-

- JE M'EN FOUS JE TE DIS ! LÂCHE-MOI LA JAMBE OU JE DIS A MON ELFE D'ALERTER LES AURORS POUR AGRESSION PHYSIQUE !

- Ça date en fait de la préhistoire ! A l'époque, à chaque solstice d'hiver, les hommes de Cromagnon s'offraient entre eux du gibier de cochon pour célébrer la nouvelle année. Chaque tribut avait un chef qui offrait à ses subalternes des bons d'achat pour du rôti de sanglier chez le charcutier du coin et souvent, ce chef était vieux, et avait pour habitude de ne pas se couper la barbe - c'était chez eux un symbole de puissance et de vérité tu comprends, et c'est ce qui explique le fait que peu à peu l'image du Père Noël se soit subtilisé à la leur ! Mais attention, ce n'est pas tout, parce qu'en la nuit du vingt-cinq décembre de l'an zéro, la reine Geneviève, qui s'était faite kidnapper - avec er à la fin du verbe parce qu'on peut dire qu'elle s'était faite prendre - et attend là ça prend tout son sens puisqu'elle s'était fait prendre - pardon, kidnapper ! par Lancelot de l'Étang... Et donc, attends, je disais quoi déjà ? Ah oui ! Elle a pris un navire pour l'Irak - pourquoi l'Irak ? Je ne sais pas, elle en avait peut-être marre de toujours manger des côtes de porcs d'autant plus que le saucisson ça fait grossir -, en Irak donc - ou attend ! Peut-être même qu'elle voulait offrir un djellaba à Lancelot, il paraît que ça tient chaud ! - mais je m'égare, donc je reprends. L'Irak, donc, où elle a donné naissance à Jésus, Jésus oui ! Qui contrairement à ce que dit la rumeur n'est autre que le fruit de ses rapports sexuelle avec le Grand Merlin - Oui ! Merlin ! Celui-là même qui faisait ses potions au Roi Arthur ! Et ben voilà, il a violé sa femme - celle du roi, hein, pas la sienne, de toute façon il en avait pas - bon il était bien amoureux de l'autre là, celle qui l'a enfermé dans une cage mais euh... Bon là n'est pas la question de toute façon ! Ce que je veux dire, c'est que... C'est bonbon hein ? Mais du coup lorsque le Ministre Anglais s'est fait kidnapper par des anarchistes druidiques en 1675 - tout le monde se fait kidnapper dans cette histoire, c'est dingue ! - et bien il a été tenu de lier les deux dates parce que les druides ne voulaient pas qu'on change leur tradition, et d'ailleurs c'est pour ça qu'en 1660 ils ont lancé une manif écolo pour protéger les chênes bicentenaires de la forêt de Brocéliande, parce que tu comprends, le roi avait besoin d'espace pour sa chasse au lapin, et d'ailleurs il disait toujours à ses bûcherons 'Oui, oui, euh... Coupez moi tout ça, on va installer une véranda !", je parle du roi hein, pas de Merlin, lui on s'en fout il était mort depuis belle lurette ! Mais attention, suis-moi bien, parce que c'est là qu'intervient de nouveau notre ministre de la Magie qui comme nous l'a toujours dit Binns, était un grand réformateur qui voulait changer les choses et abolir le communisme chez les sorciers polyglottes de Terre Sainte - je me comprends ! Et donc euh, voili voilà qui explique notre fête nationale...

- Et tiens, pour la petite anecdote, ajoute Ryan, l'expression "Par les chaussettes de Merlin" prend en fait tous son sens dans cette histoire puisqu'en effet il avait l'habitude d'oublier fréquemment ces affaires sur le feu et c'est d'ailleurs ce qui explique le fait que chaque année à Noël on accroche les nôtres sur la cheminée.

- ...

- Voilà voilà !

Une fusée passe tout à coup dans le ciel et en me retournant, j'aperçois Flint en train d'agiter la main du haut de mon toit, mon stock de pétard sous le bras.

...

La fusée ne tarde pas à s'écraser dans le verger de Kevin.

...

Qui prend feu.

...

Au même moment, des grincements de roues commencent à se faire entendre, tandis que mémé Prudence, à cheval sur son fauteuil roulant, entreprend de dévaler la colline séparant ma maison de celle de Kevin. Elle nous dépasse l'air de rien, disparaît derrière un coin du mur...

- Belle journée pour pêcher la crevette, vous ne trouvez pas ? Babille t-elle finalement d'un air niais en réapparaissant quelques secondes plus tard, le gâteau dans les mains, Terence et les deux Pelouse-verte poussant l'air de rien son fauteuil en avant.

Il y a un silence.

Puis.

- Bon bah salut hein !

Et Ryan et moi nous nous empressons de nous carapater.

Quand à Kevin, son cri de rage continue encore de résonner chaque soir de Noël dans toute l'Angleterre.


- J'ai besoin de me repoudrer, nous informe mamie Prudence le dessert terminé, ses yeux posés avec insistance sur Terence.

Divine cette bûche.

Je ne sais pas qui de Kevin ou de son elfe l'a fait mais.

Voilà.

Divine.

J'irais presque bien la lui rapporter pour la lui faire goûter !

- Vous repoudrer ? Répète Flint. Pourquoi faire ? Maquillée ou pas c'est pas à votre âge que vous allez sauter quelqu'un.

- Qu'est-ce que vous dites ? Reprend Prudence.

Elle crie tellement fort que j'en ai les cheveux qui se dressent sur la tête.

- Rien, vous occupez pas, fait Flint d'une voix ennuyée en jouant avec la nappe.

Quand on est débile on trouve facilement de quoi se distraire, comprenez ?

- Comment ça, mon cul est plat ? Répète la vieille.

- ...

- Comprend vraiment rien, celle-là, marmonne Pelouse-Verte en se frappant le front tandis que mamie Prudence brandit sa fourchette en l'air, furibonde.

- Vous n'avez pas honte ! Elle braille à Flint de sa voix chevrotante. Insultez les vieilles dames, comme ça, alors qu'elles ne vous ont rien fait ! Espèce d'impolie ! Elle s'exclame de plus belle en commençant cette fois-ci à lui jeter le contenu de son verre à la gueule.

- Mais ! S'insurge Flint. Mais vous êtes pas bien, vous ! Arrêtez ! Qu'est-ce que je vous ai fait ?

- Laisse tomber, je fais. Depuis que t'as balancé mes pétards, elle est sourde comme un pot.

- Comment ça, trop tard pour payer mes impôts ? S'écrie Prudence après avoir suivit d'un mauvais œil la remarque. Mais je paye mes impôts, moi, ma petite Jamie ! Ça fait cent-dix ans que je les paye ! Je suis une bonne citoyenne moi ! Vous n'aurez rien ! Allez vous en !

- ... Là, je fais. Tu vois ? Complètement siphonnée. Allez, ma petite Prudence, allez donc vous repoudrer, je lui dis en lui tapotant la main et en reprenant sa fourchette. Vous dérangez tout le monde à gueuler comme un goret.

- Un Gorille ? Comment ça un gorille ? Non non, je ne suis pas poilue ! Cessez de m'asticoter avec ça ! ... J'ai plus l'âge de m'épiler...

Elle s'éloigne, continue de tempérer.

- Bon allez, va l'accompagner pisser, Terence ! S'exclame finalement Philo dans le silence.

- Hein ? Il proteste en relevant les yeux de son assiette. Mais pourquoi ? Elle va pas se remaquiller ?

- C'est une manière distingué de dire qu'elle a besoin d'aller aux toilettes, monsieur Higgs, le sonne Rogue d'un air pince sans-rire.

- De quoi ?

- Ah...

Rogue lève les yeux au ciel, l'air de regretter d'avoir pris la parole alors qu'il a passé toute la soirée à se goinfrer tout seul dans son coin tout en fixant l'horloge.

- Par Merlin, il finit par murmurer, n'allez pas me dire que vous êtes encore plus stupide que cet empoté de Neville Londubat !

- Non, non, attendez, y'a un malentendu là, rétorque Terence. Pourquoi ce serait à moi d'y aller ? J'ai rien fait ! Je-

- QUELQU'UN POURRAIT M'AIDER A M'INSTALLER ? Hurle la voix de Prudence depuis les toilettes, coupant court à ses protestations.

Terence blanchit.

- Un vieux se sent toujours plus en confiance quand c'est un jeune qui lui change la couche, je lui explique alors d'une voix tranquille.

- Arrêtez, il va tourner de l'œil !


Joyeux Noël Black !-

Héhéhé, belle entrée en matière

Ahaha, aussi pourrie soit ta vie,-

Sait-on jamais dès fois qu'il l'ait oublié

j'estime que chacun a le droit à sa petite carte de Noël-

Même toi alors que pourtant les tampons ont encore augmenté

alors comme l'année dernière et l'année d'avant, tu noteras que je ne t'ai pas oublié. Toi en revanche, c'est silence radio depuis que t'as été emprisonné. Est-ce que seulement tu penses à tes vieux copains de temps en temps ? Ou est-ce que t'es devenu trop con pour répondre ? Dans les deux cas, t'en fais pas, je serais compréhensive. Mais plus sérieusement, comment ça va ? T'as pas trop froid à Azkaban ? Tu manges bien ? Tu t'ennuies pas trop ? Parce que bon, la solitude, ça pèse, et t'arrives à un âge où il est mauvais de rester inactif trop longtemps-

Je suis sûre que t'en profites bien pour te masturber gros taré

Moi même, si j'avais pas mon commerce à tenir et Freddie pour me casser les pieds-

Euh non on va peut-être pas garder ça, pas assez précis

POUR ME LÉCHER RÉGULIÈREMENT L'HUÎTRE !-

Plus précis c'est mieux

je peux te dire que je décrépirais comme une merde. Je regarde les enfants grandir, et tous les jours je me dis, mais qu'est-ce que j'ai fait de ma vie ?-

Marre de vieillir marre de vieillir marre de vieillir aaaah rendez-moi ma jeunesse c'est chiant d'être vieux je veux pas ressembler à ma mèèère

Enfin bon. Je veux pas t'emmerder avec mes petits problèmes, alors je m'arrête là. J'espère que tu vas bien-

Ou plutôt non, choppe une bonne pneumonie ça fera un loyer de moins pour l'État !

... et qu'il fait beau là où tu es.

Et blablabla et blablabla

Bisous.

Jamie.

PS : Je t'ai envoyé du porno gay pour t'occuper les mains. J'espère qu'on ne te les confisquera pas.