Oh Hello!

Comment allez-vous ? Bien j'espère!

Ais-je des choses à dire ? Oui! Je suis allée voir les animaux fantastiques 2 et hum...Tout mon amour va à Leta Lestrange AKA Zoé Kravitz déesse de mon coeur!

Voilà, c'est tout ce que j'avais à dire :D!

Je vous laisse avec ce chapitre corrigé par Titou Douh (obviously) et les reviews!

May: Je vois, je vois qu'en effet ça fait beaucoup de question. Mais je crois qu'il est inutile de douter du fait que les épreuves ne seront pas totalement les mêmes! Concernant le tableau et Lucius...C'est vraiment une autre histoire tout ça X). Merci beaucoup pour tes encouragements, j'espère que tu aimeras la suite! Koeur Koeur!

Aussidagility : Fortement flattée !

Et voilà les agneaux! Bonne lecture!

.

.

AMBITION

.

"Je vais percer avec ou sans eux

ça n'a rien à voir

Mais je rêve de faire des envieux"

Sur ma vie. L'Or du commun

.

.

Pour la première fois depuis un très long moment, Hermione se retrouva à paresser. Ce qu'elle ne faisait jamais. Elle avait écouté à travers les rideaux de lit l'effervescence qui avait secouée ses camarades de chambre. Leurs gloussements à propos du match organisé entre les élèves de Durmstrang et ceux de Gryffondor avaient fait beaucoup de bruit mais Hermione n'avait pas quitté sa chambre.

Si elle avait suivi le cours de sa journée habituelle, elle se serait levée tôt, aurais pris assez de livres pour faire passer le temps, elle se serait entraînée à divers sorts et se serait radicalement avancée sur ses cours. Non pas qu'elle n'avait pas déjà fait le tour du programme, mais c'était juste pour se rassurer.

En début d'année, lorsqu'elle avait mis le pied dans le Poudlard Express - après avoir serré ses parents dans ses bras en affichant le sourire le plus convaincant dont elle était capable - Hermione Granger avait pensé que ça serait une année comme les autres. Une année où elle serait transparente. Probablement moquée ou ignorée. Une année où sa seule satisfaction serait d'être la meilleure perpétuellement, dans toutes les matières. Une année de plus à se demander ce qu'elle avait mal fait. Une année de plus à tenter d'être indifférente à sa propre solitude.

Mais ça n'était pas une année comme les autres. Parce que quelqu'un l'avait remarquée. Quelqu'un qui ne savait pas à quel point elle pouvait être énervante, selon les autres. Quelqu'un qui avait pris le temps d'écouter tout le savoir dont elle dispensait sans se moquer d'elle ou de lui dire de se taire.

Et ce quelqu'un ce n'était pas n'importe qui.

Hermione essayait encore de comprendre la raison pour laquelle Harry Potter, le fils du joueur de Quidditch le plus adulé et de la médicomage la plus douée, s'était intéressé à elle. Elle n'était pas la plus jolie des filles, du moins elle n'était pas celle qui faisait le plus attention à son apparence. Elle n'était pas aussi enjouée que son autre amie Natasha. Elle n'avait pas non plus le charisme de Louve Lupin.

Elle savait qu'elle était intelligente mais ce n'était pas quelque chose qui se lisait sur le visage. Pourtant, elle se rendait bien compte des efforts qu'avait faits Harry pour essayer de lui parler souvent. Elle était consciente de son sourire dès qu'il croisait son chemin et de sa patience même quand elle se mettait à parler du plus inintéressant des sujets aux yeux de jeunes de son âge.

Alors pour la première fois depuis longtemps, elle se permettait de paresser. Elle n'aurait pas besoin de choisir méticuleusement ses livres pour ne pas voir les heures s'écouler parce qu'elle ferait l'effort d'aller voir un match de Quidditch. Non pas qu'elle n'en ait jamais vu mais elle n'était pas la plus enjouée des supportrices.

Elle attendit patiemment que le reste des filles de son dortoir disparaisse et une fois le silence retombé dans la chambre, elle se leva. Elle jeta un regard circulaire sur la pièce qu'elle partageait avec Lavande Brown, Parvati Patil et Lucy Evenly. C'était un bazar sans nom : des vêtements étaient au sol, éparpillés, des livres traînaient, grands ouverts, sous un amoncellement de parchemins.

Hermione n'avait jamais remarqué à quel point sa chambre pouvait être aussi mal entretenue. A chaque fois qu'elle revenait le soir, leurs lits étaient faits, le sol était propre, les livres étaient classés et rangés. Elle fronça légèrement les sourcils, se demandant si Rusard nettoyait le château de fond en comble.

Tout d'un coup, l'idée du match de Quidditch s'évapora de son esprit. Elle avait un nouveau mystère à résoudre. D'un coup de baguette, elle fit le lit de chacune des filles et réunit les livres et les parchemins de façon plus ordonnée, puis plia les vêtements. Ce n'était pas aussi propre que lorsqu'elle revenait et elle pouvait largement améliorer son sort de pliage mais au moins, elle voyait le sol.

En descendant vers la Grande Salle, elle continua à se poser la question. Les armures étaient rutilantes, le sol en pierre du château brillait aussi. Et elle se souvint alors que dans l'Histoire de Poudlard, il n'était nulle part fait mention de bonne à tout faire ou de château se nettoyant seul.

Lorsqu'elle arriva enfin dans la Grande Salle, les quatre tables étaient entourées de presque tous les élèves, de même que ceux de Beauxbâtons et Durmstrang. Ces derniers s'étaient éparpillés à travers toute la salle. Elle trouva une grande partie d'entre eux du coté des Poufsouffle et quelques un chez les vert et argent. Elle fut ravie de voir qu'Harry se trouvait à la table des Gryffondor. Elle voulut le rejoindre mais remarqua qu'il était en pleine discussion avec Ginerva et Neville. Hermione décida alors de s'asseoir en bout de table. Elle s'interrogea encore plus en regardant la pile de nourriture qui s'entassait devant elle. Elle réalisa qu'elle ne s'était jamais posé la question sur le personnel de Poudlard.

D'un geste machinal, elle s'empara d'une tasse et la remplit de thé fumant.

- Personne ne s'est jamais demandé d'où venait toute cette nourriture ? dit-elle à voix haute.

Les quelques personnes qui étaient à coté d'elle étaient des première année qui n'avaient pas l'air assez réveillés pour débattre avec elle.

- Des cuisines, pardi ! fit Lee Jordan qui venait juste de s'emparer d'un croissant.

Hermione fronça les sourcils.

- Je me doute bien qu'il y ait des cuisines mais qui prépare nos plats ? Des cuisiniers ?

Lee Jordan la regarda bizarrement et Hermione se rendit compte un peu trop tard que son ton avait sûrement été trop sec. Le garçon ne perdit pas de temps à lui répondre : il se dirigeait déjà vers les Serpentard rejoindre les jumeaux terribles. Hermione, dont le cerveau était en train de bouillir, savait qu'elle ne mangerait pas tant qu'elle ne saurait pas ce qu'il en est exactement. Elle se leva et sortit rapidement de la Grande Salle mais fut vite rattrapée.

- Salut !

- Bonjour, Harry. Tu es prêt ?

- Toujours, dit-il en souriant. Où vas-tu de si bon matin et avec tant d'empressement ?

Hermione s'arrêta pour le regarder. Il ne portait pas l'uniforme officiel rouge sang mais un pull léger de la même couleur et un pantalon noir. C'était la même chose pour le reste de ses camarades. Même le week-end, ils se devaient de porter les couleurs de leur école.

- Tu as trouvé cette phrase dans un livre ?

- Je me suis dit que tu aimerais.

Hermione rit.

- Comment se passe les repas à Durmstrang ? Vous mangez tous ensemble ?

Harry se gratta le front du bout des doigts.

- On mange par groupes, en effet.

- Qui s'occupe de la nourriture ?

- Des cuisiniers.

- Vous les avez vus ?

- On est un peu obligés quand on est de corvée de vaisselle...

Hermione écarquilla les yeux.

- Vous êtes de corvée de vaisselle ?

Harry haussa les épaules.

- Ce n'est pas la pire des corvées.

- Quoi d'autres !? s'empressa-t-elle de demander.

- Tous les élèves s'occupent de leurs propres tâches ménagères, dit-il, sauf du linge. Comme il n'y a pas d'…

Le brun s'arrêta en pleine phrase.

- Quoi ? Il n'y a pas de quoi ?

- Tu sais que je ne suis pas sensé dire quoique ce soit sur Durmstrang.

- On parle juste de taches ménagères !

- Je ne vois pas pourquoi tu t'inquiètes de ça.

- Harry ! Durmstrang doit être au moins deux fois plus grand que Poudlard, comment vous pouvez venir à bout de vos taches ?

- On devient bon en sorts de nettoyage. Et non, Durmstrang n'est pas plus grand que Poudlard. Dis-moi plutôt si tu as changé d'avis. Est-ce que tu vas venir voir le match ?

Hermione tourna la tête de tous les cotés.

- Je ne sais pas, je dois trouver les cuisines.

Harry la regarda comme si elle avait parlé de tuer un dragon.

- Les cuisines…

- Oui, je dois savoir qui range nos chambres, prépare nos repas, lave le sol du château.

- Pourquoi maintenant ? s'alarma-t-il.

Parce que je me suis levé tard et que c'est de ta faute, voulut-elle dire. Mais ça n'avait pas de sens. Elle pouvait aussi très bien oublier cette histoire. Laisse le mystère être un mystère et passer la matinée avec Harry, qui était de bonne compagnie.

- Tu as raison, finit-elle par dire. Oui, je vais venir voir ton match.

Harry continua de l'observer bizarrement.

- D'accord… C'est chouette. A plus tard, alors !

- C'est ça !

Hermione secoua doucement la main pour le saluer.

OoooooooooooooooooOoooooooooooooooooO

Le manche doré du Feutenfer était sûrement le bois le plus admirablement poli et Harry n'avait du le cirer que deux fois depuis qu'il l'avait retrouvé. Pourtant, il continuait à frotter le balai sans vraiment s'en rendre compte. Il avait en mémoire sa discussion avec Hermione à propos des cuisines. Immanquablement, tous les souvenirs de sa propre quatrième année revinrent. A chaque fois qu'il voyait Hermione lui sourire, il n'arrivait pas à détacher son regard de ses dents. Si ce n'était pas Pomfresh qui avait amélioré sa dentition peut-être, l'avait-elle fait elle-même. Harry trouvait que c'était le genre de chose qu'Hermione pourrait faire, de même que partir en croisade dans les cuisines de Poudlard pour y découvrir des elfes…

Et ouvrir le Front de Libération des Elfes de Maison.

Cette idée l'angoissait déjà. Il imaginait Hermione faire les cent pas devant lui et s'insurger du traitement ignoble que subissaient ces pauvres créatures. Il pouvait écouter Hermione parler de Coupe de Feu, d'épreuves assassines, de la manière dont il fallait jeter un sort, mais il se voyait mal revivre son combat pour des elfes libres.

Cette prise de confiance tardive lui donnait malgré tout du baume au cœur. Il avait parfaitement conscience de ne pas avoir libéré Dobby et que Winky travaillait sûrement encore pour Croupton. De plus, Hermione avait peu de contacts avec les Weasley, ce qui signifiait que personne ne lui avait parlé des elfes de Poudlard. Mais il était sûr qu'elle finirait par trouver, cela dit.

Au final, Hermione Granger restait Hermione Granger et c'était bon. De la même façon qu'il n'avait trouvé aucune différence chez Ginny, Neville et Luna. Ni même chez Dean et Seamus. Il pouvait entamer la discussion avec eux de façon naturelle et ça le rendait nostalgique.

Les seules personnes avec qui Harry ne savait sur quel pied danser étaient Ron et Draco Malfoy. Pour le premier, il imaginait déjà une nouvelle entente cordiale après le match. Ron et lui étaient bons joueurs ; même quand ils s'affrontaient au Terrier, c'était toujours dans la bonne humeur. Même si l'idée d'un match amicale avait été expéditive, il voyait la chose avec plaisir. C'était le meilleur moyen pour détendre l'atmosphère. Surtout avec les Gryffondor.

En revanche, concernant Malfoy... Harry ne savait pas où donner de la tête. Il avait décidé que puisque le garçon ne lui causait pas d'ennui, il n'allait pas s'approcher de lui plus que ça. Mais c'était faire beaucoup d'efforts en faisant taire sa curiosité maladive à propos du blond.

Il pouvait dire « maladive ». Il avait essayé durant toute la nuit de comprendre le comportement de Malfoy. Il revoyait son sourire satisfait après avoir été appelé par Skeeter et à chaque fois, Harry sentait poindre l'énervement. Il avait passé la journée du lendemain à observer le garçon, de la même façon qu'il l'avait fait en sixième année, mais là il n'avait pas de carte pour l'épier. Pourtant, rien dans son comportement ne laissait transparaître l'air suffisant et narquois qu'il avait longtemps affichés. Malfoy n'avait aucune interaction avec Crabbe et Goyle. De temps en temps, Harry avait vu Zabini se pencher vers lui pour lui murmurer quelques mots et le Serpentard donnait l'impression de répondre pour la forme. Le seul moment où il montrait un regain d'intérêt était en présence des jumeaux et quand il captait le regard d'Harry.

Il ne savait pas quoi penser du tout. De sa discussion lors de la Coupe du Monde, qui à présent semblait être à des années lumières, à leur bref échange avant le test des baguettes, à chaque fois Malfoy avait été tout sauf désobligeant à son égard. Harry avait compris que sa soudaine passion était du au fait qu'il n'avait jamais eu à faire un Malfoy qui pouvait être plaisant et amicale. Ce Malfoy là était diffèrent sans l'être. Et c'était beaucoup trop troublant.

- La Terre appelle la Lune !

Harry cligna des yeux et leva la tête vers Natasha. Elle se tenait debout devant lui, sa tenue officielle de joueuse sur le dos, son balai sans marque entre les mains, cadeau de James Potter pour son douzième anniversaire, le même que Louve Lupin.

- Tu n'es pas prêt, Harry ?

- Ce n'est pas encore l'heure.

- Si ! Et tu as assez poli ce balai, tu n'arriveras jamais à t'asseoir dessus !

Harry se leva à son tour et fouilla dans ses affaires pour trouver son équipement : un haut noir à manches longues près du corps et un pantalon tout aussi près du corps bordeaux. Il ajusta rapidement ses bottes de la même couleur que son haut et attrapa son balai.

Sur le pont, tous ses camarades étaient déjà réunis. Andreï, Mirja, Anna, Pietro et Sonja portaient eux aussi les vêtements de sport et tenaient fermement leurs balais. Mais ce qui surprit le plus Harry fut de voir la directrice représenter tout ce petit monde.

- Madame ?

- Je vais assister à ce match et j'espère sincèrement que vous ferez honneur à notre école.

Sans une parole de plus, ils se dirigèrent tous vers le terrain de Quidditch de Poudlard. Dimitri marchait en silence à coté de lui.

- Tu es inquiet ?

- Pas pour toi, non, répliqua son ami. J'ai pensé à ton petit plan sur la comète concernant Verpey. Ça serait plus simple si on le dénonçait.

- Même si on le fait, ceux qui ont parié avec lui ne récupérerons jamais leur argent.

- Je comprends que tu veuilles aider les jumeaux mais là, ça va au-delà de mes capacités de simple élève...

- Tu as rédigé un contrat magique ?

- Oui.

- Et il est parfait ?

- Normalement…

- Donc aucune raison de s'inquiéter.

Dimitri grogna mais ne répondit rien.

OooooooooooooooooooOoooooooooooooooooooO

Ça ne devait pas être quelque chose de sérieux. C'était parti d'une petite plaisanterie, mais il fallait croire que l'esprit de tous les élèves était compétiteur aujourd'hui.

En entrant sur le terrain de Quidditch, Harry comprit que ça ne serait pas juste une partie pour le fun. C'était du sérieux. Les gradins étaient quasiment tous pleins et Harry vit même le carré des professeurs rempli. McGonagall et Madame Maxime étaient assises l'une à coté de l'autre et Harry supposa qu'il y trouverait bientôt Antera.

Au milieu du terrain, la nouvelle équipe de Gryffondor était déjà équipée et les attendait, balais en main.

Il y avait Angelina Johnson, Alicia Spinnet et Katie Belle. S'ajoutaient aux trois anciennes joueuses Ron Weasley, Jordan Lee, Dean Thomas et Ginny Weasley. Harry ouvrit la bouche. Il ne s'était pas attendu à voir Ginny participer mais il fallait aussi avouer qu'il ne savait pas ce que donnerait cette équipe.

Dimitri le tira par le bras.

- Alors ?

- Toujours gagnant.

- Harry…

- Toujours gagnant !

Dimitri se rétracta en soupirant.

- Bonne chance, dit-il à son équipe.

- Pas besoin de chance quand on est doué, rétorqua Natasha.

Ce qui fit rire toute l'équipe de Durmstrang.

Enfin, au milieu du terrain, Harry remarqua que Madame Bibine se tenait devant la caisse qui contenait les balles.

- Même si c'est un match amicale, j'attends de vous du sérieux et beaucoup de fair-play. Quelle meilleure façon de débuter un tournoi qu'avec un match d'ouverture !

Elle exultait et Harry se sentit envahi du même sentiment d'empressement. Il avait envie de monter sur son balai. Il avait envie de jouer. De rire.

- Durmstrang, quelle est votre formation ?

- On peut en discuter ? demanda Natasha.

- Faites donc !

Ils se regroupèrent en cercle.

- Bon... Je suppose que Natasha est notre capitaine ? demanda Andreï.

- Exactement. Andreï, tu seras notre gardien. Mirja, Anna et Harry vous serez poursuiveuses et poursuiveur, Pietro et Sonja seront batteurs et je serai attrapeuse.

- Quoi ? Harry devrait être attrapeur ! C'est lui le meilleur !

Natasha fronça les sourcils. Harry ne lui avait jamais vu cette expression. A présent qu'on était sur son terrain et qu'elle maîtrisait le sujet, ce n'était plus la même personne.

- Tout le monde s'attend à ce qu'Harry soit aussi bon que son père. Ils seront tous fixés sur lui : les batteurs, le gardien et même les poursuiveurs. Personne ne fera attention à moi.

- C'est une formation de diversion ? demanda Sonja.

- Précisément. Je mise sur leurs préjugés et si ça ne marche pas en premier lieu, on avisera, mais ça devrait nous faire gagner quelques points.

Natasha expliqua brièvement le plan qu'elle avait en tête puis ils se redressèrent et firent de nouveau face à l'arbitre mais Harry attrapa le bras de Natasha.

- Tu comptes attraper le vif rapidement ?

Son amie lui fit un sourire éclatant.

- J'aime quand tu ne doutes pas de moi. Tu veux que je te laisse des points d'écart ?

- Elle ne te laissera pas tourner en rond.

- Je te laisse ton handicap alors laisse moi jouer à ma façon. Ne discute pas les ordres de ton capitaine, Potter !

Harry rit.

OoooooooooooooooooOoooooooooooooooooO

Draco s'assit à coté des jumeaux mais les deux garçons ne fixaient pas le terrain. Ils avaient les yeux rivés sur Ludo Verpey qui se tenait en bas des gradins et discutait avec Dimitri Aristov, l'ami d'Harry Potter.

- Encore un qui va se faire avoir…

Draco se pencha un peu pour comprendre ce qui se passait. Le brun affichait un sourire trop mielleux pour être vrai et cela lui mit la puce à l'oreille. Il vit le garçon jeter des coups d'œil discrets avant de sortir une bourse de sa poche et un papier.

- Qu'est ce qu'il fait ?

- Il parie, c'est évident…

Le blond secoua la tête en voyant Verpey regarder au fond de la bourse et signer le papier sans trop regarder.

- Combien doit-il y avoir là dedans pour qu'il ne lise rien du tout ? grinça Draco.

- J'aimerais plutôt savoir quels sont les enjeux du pari, fulmina l'un des jumeaux.

- Vous n'avez pas l'intention de parier de nouveau ?

- Sûrement pas. Mais tu as forcement un avis sur la question, Malfoy ?

Draco leva le nez vers les joueurs. Les deux équipes se faisaient face et Potter serrait la main de Spinnet. Il ne savait pas vraiment qui soutenir. L'équipe de Gryffondor était forte. Même si Weasley changeait de poste pour devenir gardien, il savait qu'il vaudrait le coup. Ce n'était pas son problème à lui : en tant qu'attrapeur, il se souciait juste d'éviter les cognards et d'attraper le vif rapidement. S'il écoutait les jumeaux parler de leurs matchs improvisés en famille, il connaissait le niveau des Weasley.

- Aucun, répondit-il laconiquement. Et vous ?

- Le premier match de Ginny… J'ai vraiment envie de la voir gagner, fit l'un des rouquins.

Draco s'assit plus confortablement et détourna son regard du terrain pour le braquer sur l'espace réservé aux professeurs. Les professeurs Black, Rogue et le ministre Corgan donnaient l'impression d'être des fans incontestés. Il n'en revenait pas qu'un petit défi entre élèves ait pris une telle tournure pour lui donner une image plus officielle.

Mais il sentait la ferveur le gagner avec la même force que lorsqu'il avait assisté aux matchs de la Coupe du Monde. Il avait beau essayé de regarder partout ailleurs, ses yeux cherchaient tout de même Harry Potter.

La silhouette du brun lui paraissait plus élancée dans le haut noir moulant. La tenue de Durmstrang se rapprochait plus d'une tenue de motard et il n'avait presque rien sur le dos. A coté, les élèves de Poudlard avaient l'air d'être engoncés dans trop de vêtements.

- Bonjour à tous !

La voix de Ludo Verpey résonna dans les tribunes et Draco grogna.

- Aujourd'hui, on me fait l'honneur de présenter le match amical entre la délégation de Durmstrang et l'équipe de Gryffondor, tenante en titre de la dernière coupe de Quidditch de l'école. Et c'est évidement un honneur pour moi. Dès que les joueurs seront prêts, Madame Bibine pourra siffler le début du match !

Sans plus de cérémonie chaque joueur enjamba son balai et s'envola délicatement à deux mètres au dessus du sol. Potter était assis et ses mains pendaient dans le vide, signe qu'il avait parfaitement confiance en son balai et en ses capacités. Draco commença alors à se dire qu'il était sûrement aussi doué que ce qu'il disait.

- PRENEZ VOS POSITIONS ! hurla l'arbitre.

Weasley et l'armoire à glace Russe volèrent chacun en direction des anneaux de leur équipe. Les batteurs s'éloignèrent un peu, ne restèrent que les poursuiveurs pour se faire face. Draco suivit rapidement des yeux Aristov qui avait pris un peu plus d'altitude que le reste des joueurs, avant de reporter son attention sur Potter. Il n'était pas le joueur qui engagerait le souaffle mais il vit tout de même le regard que lui lançaient les trois joueuses de Gryffondor.

Bibine ouvrit la caisse, détacha les sangles qui tenaient les cognards puis s'empara du souaffle et siffla avec force dans son sifflet.

Tout alla trop vite. Dès que le souaffle fut lancé, l'une des joueuses russes tourna sur elle-même et frappa la balle avec la queue de son balai.

Potter et Johnson furent les premiers à foncer droit sur lui. La jeune fille était un poil plus rapide mais Draco comprit que c'était une feinte quand le cognard frôla les doigts de la jeune fille. Potter venait d'attraper le souaffle et s'envola comme une flèche vers les cerceaux.

Il n'eut pas une seule seconde d'hésitation et le lança de toutes ses forces pour rater le premier but, et de loin

Ça avait été tellement rapide que le public fut incapable de réagir.

Le reste du début du match fut un calvaire à regarder. Potter manquait tous ses buts mais son équipe s'évertuait à lui passer le souaffle. Peu importait comment le match se passait, ils finissaient par envoyer la balle à Potter et ce dernier s'empressait de la jeter à travers les cerceaux en manquant sa cible. Encore et encore.

- Oh, bon sang, il est nul…

OoooooooooooooooooOooooooooooooooooooO

Harry revint en arrière sans quitter Ron Weasley des yeux. Le roux affichait un sourire goguenard et glorieux à chaque fois qu'il manquait sa cible.

- Encore cinq comme ça, lui dit Natasha.

Puis elle s'envola loin de lui. Harry était encore en train de digérer ces cibles manquées mais savourait la sensation d'être à un autre poste que celui d'attrapeur. C'était comme si son corps se souvenait de ce qu'il devait faire. De la manière d'attraper le souaffle, de le jeter, de se déplacer. Il n'était pas familier avec ça mais retrouvait ses marques. Il savait que c'était son jeu sans vraiment l'être. Mais il savait aussi qu'il n'était pas encore dans le vrai match. Pourtant, aujourd'hui, il se sentait comme un adolescent normal.

La balle fut remise en jeu entre les mains d'Alicia Spinnet. Harry se souvenait de ses mouvements brusques. Il n'avait pas fait part à Natasha des tactiques de jeu d'Angelina mais il n'était pas difficile de voir qu'elle savait éviter les cognards. Elle parvint comme une danseuse au pied léger à s'approcher sans encombre des buts et jeta le souaffle. Andreï l'attrapa avec force et le lança presque aussitôt en direction d'Harry. Même si elle n'avait pas marqué, il soufflait à chaque fois qu'Andreï parait une balle. Natasha lui avait dit qu'Andreï n'était pas le meilleur gardien mais il faisait peur et donnait l'impression de prendre tout l'espace. Elle savait qu'elle ne pouvait pas compter sur lui pour tout arrêter, elle savait que tout le monde s'était attendu à ce qu'il soit bon joueur. Elle savait que bientôt l'équipe de Gryffondor baisserait sa garde. Natasha était une tacticienne. Et Harry avait l'impression de voir Ron jouer aux échecs.

- Maintenant !

Le souaffle en main, il vit la position des autres joueurs changer. Il ne s'en préoccupa pas. Pietro et Sonja devaient surveiller ses arrières et ils le firent avec brio. Il se retrouva encore une fois devant les cercles d'or et jeta le souaffle avec aisance. Mais Ron l'intercepta du coude et lança un regard furieux à Harry.

Durant un bref instant, il se demanda alors si ça valait quelque chose. S'il ne ferait pas mieux de laisser Ron intercepter toutes ses balles pour que ce regard furieux se transforme en un air moins renfrogné. Pour qu'à la fin du match, il lui serre la main et lui dise qu'il avait bien joué.

Mais une autre voix plus éprouvée lui rappela que Ron n'avait plus besoin d'être brossé dans le sens du poil. Il avait été choisi comme gardien sans Felix Felicis, il tenait tête à Harry par pur esprit de compétition et non pas parce qu'il était jaloux.

Ron Weasley était un élève comme les autres.

OooooooooooooooooOooooooooooooooooO

Jamais un match ne lui avait pris tant d'énergie. Potter revenait à la charge sans lui laisser une minute de répit. Il évitait les cognard avec aisance ou ses coéquipiers les repoussaient avec force. Mais Potter finissait toujours par se retrouver en face de lui. Même s'il ratait, il s'entêtait.

Cependant, Ron n'avait pas cru un seul instant qu'il se retrouverait face à un joueur aussi médiocre. Potter faisait preuve de bonne volonté mais il visait mal en permanence. Il ne comprenait pas pourquoi son équipe se bornait à lui passer le souaffle.

Il avait presque de la peine pour lui. Il se demanda alors si Potter n'était pas le genre d'enfant qui avait voulu plaire à son père coûte que coûte. A tenter de sortir de son ombre ou de le rendre fier. Il avait bien vu au fil des jours que la célébrité de James Potter collait le fils comme un sort de glu permanente. Même lui avait fait le même commentaire.

Il s'était attendu à ce que Potter soit bon. Très bon. Il s'était attendu à ce qu'en étant élevé par un joueur de renom, il soit un ténor du balai.

Ron aurait pu le comprendre, lui qui voulait aller plus loin que le reste de ses frères. Qui voulait faire honneur à sa famille. Qui voulait exceller. Il se savait doué, il avait travaillé pour l'être. Son père n'était peut-être pas un joueur hors pair mais ses frères étaient excellents. Charlie aurait même pu faire carrière... Alors il pouvait rivaliser.

Si Harry avait pu savoir ce qu'il y avait dans la tête de Ron Weasley à ce moment, peut-être n'aurait-il pas suivi le plan de Natasha. S'il avait su que le fait de ne pas être l'enfant prodige le rendait sympathique aux yeux de Ron, il aurait sûrement fait trembler sa main.

Mais si Harry l'avait su... Il se serait demandé si l'amitié de Ron valait des mensonges sur ses capacités. Il se serait demandé s'il aurait aimé que Ron l'apprécie de cette façon. Parce qu'alors, ça n'aurait jamais été comme avant.

Mais rien de tout ça ne traversa l'esprit d'Harry au moment où il jeta le souaffle avec une exécution parfaite : tout son corps avait été préparé pour ça. Il avait ça dans le sang. Il était doué. Avec ou sans son père.

Il aurait pu être poursuiveur en rattrapant le Rapeltout de Neville. Il aurait pu être batteur. Il aurait pu être gardien. Mais le sort avait voulu que seule la place d'attrapeur soit libre.

Pas à Durmstrang. Là-bas, il pouvait choisir. Et il était aimé pour ça.

OoooooooooooooOooooooooooooO

Ça frappa Harry plus fort qu'un cognard quand il vit le visage de Ron Weasley devenir livide.

Ron avait été sa famille. Ron avait été son frère. Ron avait été là pour lui. Mais Ron avait aussi ses faiblesses. Ron aussi aurait aimé être soutenu.

Seulement, à présent, Harry avait une famille. Harry avait un frère. Harry avait des amis qui étaient là pour lui. Dimitri et Natasha étaient ce qu'il avait eu dans une autre vie. Ce n'était pas pire, ni mieux. C'était diffèrent.

Et il devait accepter cette différence. Même si cela voulait dire faire une croix sur celui qui avait été son premier ami. Même si ça voulait dire le regarder s'épanouir de loin et prendre le risque de ne pas faire partie de sa vie.

Harry lui devait bien ça.

OoooooooooooooooooooOooooooooooooooooooooO

Le but marqué par Harry Potter fut le premier d'une longue liste d'autres points.

Draco était tendu à l'extrême. Fred et George s'étaient aussi levés. La surprise du premier point marqué, le reste dessina sur leur visage une totale admiration.

- C'était de la comédie…

Draco le comprenait. Tout le monde s'attendait à ce que Potter soit excellent. Et il était excellent. Excellent au point de savoir faire semblant de mal jouer pour ensuite aligner les scores sans répit.

Weasley parait un coup sur trois. Et sa colère le rendait de moins en moins précis dans ses gestes.

Puis Johnson demanda un temps mort. Un sifflement retentit et les équipes se regroupèrent pour revoir leur stratégie. Seul les Gryffondor le firent, du moins. Les élèves de Durmstrang se félicitaient juste en se donnant des accolades.

Enfin, le match reprit. Durmstrang menait largement et il fallait absolument que le vif d'or apparaisse si Gryffondor voulait gagner.

- Potter ne va plus pouvoir aller bien loin, commenta l'un des jumeaux.

Draco remarqua qu'en effet, il était bloqué par les batteurs rouge et or. Jordan et Thomas avait bloqué Harry de manière à lui couper toute visibilité. Le brun lâcha le souaffle et ce fut Johnson qui le récupéra pour marquer juste ensuite.

A présent, à chaque fois que Potter visait le souaffle, il devait éviter les cognards et la garde rapprochée de Gryffondor.

Contre toute attente, Durmstrang marqua une nouvelle fois. Mais pas de la main de Potter.

OooooooooooooooooooOooooooooooooooooooO

Harry sentit le coup d'envoi de la fin du match. Ses yeux regardaient partout mais suivaient surtout Ginny Weasley.

Il attrapa le souaffle et fonça à droite des cerceaux, attirant dans son sillon Dean et Lee. Quand l'un des cognards frôla son visage, il laissa le souaffle tomber. Mirja, qui jouait sa suiveuse, s'en empara rapidement et fonça vers Ron. Harry vola à l'opposé du terrain et comme si tout s'emboîtait parfaitement, il vit toutes les têtes se tourner vers lui.

Mirja lança alors la balle mais au lieu de la passer à Harry, elle la jeta en hauteur et Anna donna un violent coup de pied dedans, marquant une nouvelle fois.

Harry n'arrivait pas à croire que la technique de Natasha fonctionnait si bien. C'était loin du jeu auquel il était habitué. Son amie avait misé sur trois diversions différentes. D'abord, faire croire qu'Harry jouait mal pour faire baisser la garde de l'équipe adverse, puis montrer son véritable jeu pour qu'ils se concentrent sur lui et enfin, confier le reste de la partie à ses deux coéquipières. Le temps que les Gryffondor comprennent ce qu'il en était, Harry avait déjà repéré sa proie.

Il s'envola en direction d'Anna et lui fit un léger signe de la tête. Natasha leur avait parlé de cette position la veille, si tout son plan se passait bien. Et il avait l'air de bien se passer.

Harry s'empara du souaffle qui était de nouveau dans les airs, Pietro et Sonja se mirent immédiatement derrière lui.

Au même moment, Natasha, qui survolait la même direction, se mit à foncer brusquement vers Harry. Quand Ginny Weasley braqua brusquement pour suivre le mouvement de Natasha, Harry jeta le souaffle dans la direction de la rouquine, déstabilisant tout le monde. Ginny évita le souaffle en tournant sur elle-même et Alicia le récupéra, mais elle fut surprise par un cognard qui frappa son épaule. Harry, qui n'était suivi par personne, reprit de la hauteur à une vitesse folle, suivi de Natasha.

Au moment où l'attrapeuse de Gryffondor comprit ce qui venait de se passer, Natasha avait le poing levé et l'on sifflait la fin du match.

OooooooooooooooooOooooooooooooooooO

- Vous m'avez piégée…

Ginny Weasley regardait Natasha et Harry comme s'ils étaient les pires traîtres.

- Personne ne t'a demandé de me suivre, s'amusa Natasha.

- Mais je croyais que tu l'avais vu et… Pas une seule fois tu n'as cherché le vif d'or, réalisa-t-elle.

Natasha lui souriait, fière d'elle, et Ginny se mit à rire.

- Je n'y crois pas ! C'est quel niveau ?!

- Je ne suis pas la meilleure attrapeuse, je suis bien meilleure gardienne, fit Natasha. Mais je n'aurais servi à rien. Harry est meilleur attrapeur. Lorsqu'il est revenu dans le jeu, marquer des points n'aurait pas duré longtemps. Seulement, vous avez sous-estimé l'équipe entière.

- Je n'en reviens pas ! râla Angelina. Comment c'est possible d'avoir un tel niveau !?

- En fait, vous auriez pu gagner. Si je compare mon gardien au vôtre, il a arrêté bien moins de balles que Weasley. Si vous n'étiez pas autant focalisés sur Harry, vous auriez pu marquer bien plus de points.

L'équipe de Gryffondor regarda Natasha avec des yeux ronds.

- Tu es un monstre.

- Laissez tomber, Vassili veut être joueuse professionnelle depuis qu'elle est capable de dire « balai », plaisanta Mirja.

Après le match, les deux équipes furent invitées à rejoindre les vestiaires. Harry se changea lentement. Il ne cessait de regarder Ron qui affichait un visage sombre. Quand le vestiaire fut vide, il ne restait plus qu'eux.

Harry se redressa et Ron fit pareil. Ils se toisèrent du regard tous les deux et Harry décida de prendre la parole.

- Tu es bon.

- Tu es meilleur.

- Pas en tant que gardien.

- Ne fanfaronne pas trop, Potter. Ça ne sera pas aussi facile lors du Tournoi.

Ron n'attendit pas de réponse et quitta le vestiaire. Harry resta encore un petit moment en fixant la porte avant de sortir à son tour.

Le match avait duré un peu plus de deux heures mais le soleil colorait déjà le ciel d'un rouge feu. Balai en main, Harry revint sur le terrain de Quidditch qui était vide. Tous les élèves étaient rentrés au château. Il vit cependant quatre personnes encore présentes.

Sirius Black, Severus Rogue, Dimitri et Hermione Granger. Harry s'empressa de les rejoindre.

- Tu as était incroyable ! s'extasia Hermione.

Harry lui fit un grand sourire puis se tourna vers Dimitri.

- Alors ?

- Il va avoir encore plus de problèmes.

- Peut-on connaître le sujet de ces messes-basses ?

Harry leva les yeux au ciel mais se retint de tout commentaire en voyant le regard inquisiteur d'Hermione.

- Je te raccompagne au château, fit Dimitri à la jeune fille.

- Mais Harry ?

- J'arrive, dit-il.

Il regarda ses deux amis s'éloigner.

- Quelle belle façon de montrer à quel point tu es le meilleur !

- Natasha a fait tout le travail.

- C'est cela, grinça Severus Rogue.

Harry croisa les bras.

- Je ne devrais pas être en train de vous parler.

- Tu vas faire une exception, lui fit Sirius. Viens !

Harry suivit son parrain et Severus dans les gradins. Jusqu'à deux silhouettes de dos, aux visages couverts. Quand elles se tournèrent, le cœur d'Harry s'envola.

- Papa ! Maman !

Harry plongea dans les bras de sa mère.

- Qu'est ce que vous faites ici ?!

- Nous n'allions pas rater le premier match de Quidditch de notre fils !

James Potter avait un sourire jusqu'aux oreilles.

- Dès que Sirius nous a dit ce qui se tramait, ton père est devenu intenable. Comment vas-tu, mon ange ?

- Bien, extrêmement bien ! Où est Charles ?

- Il n'a pas voulu quitter Tabitah. Il s'amusait beaucoup trop, on l'a laissé chez Tunie.

- Très fraternel, tout ça, fit Harry déçu.

James lui ébouriffa les cheveux.

- Ne fais pas cette tête. Tu le verras lors de la première épreuve du Tournoi.

Harry écarquilla les yeux et se souvint que les familles pouvaient être présentes lors du Tournoi.

- Vous allez venir me voir ?

- Si tes parents pouvaient s'installer dans le château, ils le feraient, soupira Severus.

Sa mère entoura ses épaules d'un bras protecteur et l'attira un peu plus loin.

- Harry, je sais que les règles du Tournoi sont strictes mais tu es sûr de ce que tu fais ?

- Non, je ne suis pas sûr de ce que je fais. Mais je veux savoir.

Harry prit la main de sa mère qui était sur son épaule.

- Ne t'en fais pas, maman. Ça va bien se passer. Et puis tout le monde n'arrête pas de dire que c'est le Tournoi le plus protégé.

Elle leva les yeux au ciel.

- Bien sûr que ça l'est. William sera là aussi.

- L'auror Chester ?

- Oui.

Harry regarda sa mère dans les yeux. Il pouvait voir de l'inquiétude mais elle lui souriait avec tellement de bonheur que la seule chose dont il fut capable fut de la prendre une nouvelle fois dans ses bras.

- Si tu as des questions sur les épreuves, n'hésite pas à nous le demander. Sirius meure d'envie de t'aider mais ne le laisse pas faire.

- C'est compris. En parlant de ça… Rita Skeeter a une dent contre toi ?

Son père grogna.

- Je lui ai accordé une seule interview, c'était la pire erreur de ma vie. Cassie m'a dit qu'elle voulait prendre des photos de toi. J'ai oublié de te dire que ça ne pouvait pas arriver et même si elle fait cela à ton insu, l'image serait inutilisable. Ne t'en fais pas pour ça.

- En fait, ça m'enlève une énorme épine du pied. Tu savais que c'était une animagus non enregistrée ?

Son père échangea un regard amusé avec sa mère.

- Je te l'avais dit !

- Oh, ça va ! Ce n'est pas parce que vous le faites que tout le monde s'active à agir contre la loi ! Et ça va autant pour toi, jeune homme !

Les deux Potter eurent le bon sens d'avoir l'air coupable.

Harry salua ses parents entre beaucoup d'embrassades et de promesses de faire attention à lui. Son père avait commenté ses prouesses avec tellement de joie qu'Harry avait eu du mal à effacer son sourire idiot. La tristesse de ne pas être capable de récupérer Ron s'estompait, remplacée par la joie d'avoir ses parents avec lui.

Lorsqu'il retourna au château, il fut accueilli par les applaudissements de son groupe et le repas se passa dans une si bonne humeur qu'Harry aurait voulu que cette journée ne prenne jamais fin. Même Nolan était de bonne humeur.

OoooooooooooooooOoooooooooooooooO

L'article était paru et Harry, qui s'était promis de ne pas poser les yeux dessus, eut beaucoup de mal à tenir cette promesse. Et ce n'était pas totalement sa faute.

- Est-ce que c'est vrai ?

Harry cessa toute contemplation de sa bièraubeurre pour poser ses yeux sur la une de la Gazette : une photo ridicule d'un portrait noir avec un point d'interrogation en plein milieu, à coté de celle de Draco Malfoy au sourire suffisant.

- Quoi donc ? Qu'Harry à la tête plus grosse que la plus grosse des pastèques ?

- Que chaque soir, il nettoie les trophées remportés de ses matchs de Quidditch et adore admirer son reflet sur le métal poli ?

- Qu'il est aussi méprisant que James Potter, aussi suffisant et égocentrique ?

- Qu'il adore attirer l'attention sur lui-même et que son talent, il ne le doit qu'à la renommée de son père ?

Hermione baissa la feuille qu'elle était en train de lire pour tomber sur les visages furieux de Dimitri et Natasha.

- Je ne voulais pas dire ça, protesta Hermione.

Mais elle mentirait si elle devait dire qu'elle n'avait pas attendu cet article. Le portrait que Rita Skeeter peignait était cependant à milles lieux de la réalité, au point qu'elle se demandait si Harry n'avait pas fait exprès de passer pour quelqu'un d'autre.

Elle l'observa pousser doucement sa boisson et se lécher les lèvres. Pas une seule fois il n'avait voulu lire quoi que ce soit à propos du Tournoi.

- Tu savais qu'elle ne serait pas tendre avec toi ?

- Je crois qu'elle à une dent contre ma famille. Ses questions, c'étaient : « Tu marches dans les pas de ton père, penses-tu un jour surpasser sa notoriété ? Et ta mère est si brillante, ça doit peser lourd sur tes frêles épaules ? »

Harry avait imité la voix criarde de Skeeter, ce qui fit pouffer de rire les trois personnes à coté de lui.

- Elle peut bien dire ce qu'elle veut, reprit-il, ça ne me fait ni chaud ni froid. Et s'il y a des gens assez bêtes pour y croire et bien, grand bien leur fasse ! Maintenant, Hermione, tu pourrais poser ce journal et discuter de chose plus intéressante ? Comme… La météo, par exemple ?

Mais Hermione ne l'écouta pas et Harry, plutôt que d'être vexé, s'en amusa. Il se souvenait de l'Hermione qui lui avait intimé d'ignorer les mensonges de Skeeter et aujourd'hui, il avait une Hermione qui ne voulait pas lâcher le morceau. Malgré tout, il ressentait chez elle la même colère et le même sentiment de dégoût.

- Elle n'a pas été sympathique avec toi mais elle n'a même pas mentionné Natasha ou les filles de Beauxbâtons ! Elle brosse Weasley dans le sens du poil mais uniquement parce que beaucoup de personnes ont de la sympathie pour Arthur !

Harry se retint de grimacer en entendant Hermione prononcer le nom « Weasley » comme si c'était de la bagatelle. Il avait compris ces derniers jours que l'entente entre ses deux anciens amis était simplement inexistante. Ron lançait des regards furieux à Hermione et lui et Harry savait pertinemment ce qui traversait l'esprit du rouquin.

« Tu pactises avec l'ennemi. », avait-il dit à Hermione en apprenant qu'elle allait au bal avec Krum. Aujourd'hui, ce n'était pas différent mais la jeune fille était extrêmement douée pour l'ignorer de la même façon qu'elle avait ignoré les moqueries des Serpentard à son époque.

Harry se sentait désœuvré de voir que Ron était considéré par Hermione comme de la nuisance. Il avait tenté d'en savoir plus mais son amie avait coupé court en lui disant de ne pas trop se soucier de lui.

- Il est peut-être intelligent et drôle mais il a été si horrible avec moi qu'il faudrait des années avant que je pardonne un tel comportement, lui avait-elle dit.

Mais elle avait aussi avoué à demi-mot qu'elle s'était sans doute montrée trop condescendante. Pourtant, Harry avait très bien compris qu'Hermione ne reviendrait pas sur sa parole. Il avait beau essayer de se dire que c'était un autre monde, une autre vie... Ça le mortifiait terriblement.

La voix d'Hermione le sortit de nouveau de ses pensées.

- En revanche, Malfoy n'est pas épargné du tout.

Harry haussa un sourcil.

- Ah bon ? Je pensais qu'il s'entendait bien avec les sorciers au nez crochu ?

Hermione le regarda bizarrement et Harry se dit qu'il fallait qu'il arrête d'être sur la défensive quand ça concernait Malfoy.

- De ce que j'en sais… Les Malfoy ont toujours pris soin de ne pas étaler leur vie dans les journaux.

- Pourquoi ça ? demanda faussement Dimitri.

- A cause de la guerre. Celle qui a impliqué les parents d'Harry !

Natasha adressa un sourire discret au brun, celui qui disait : « Et la voilà, miss-je-sais-tout. »

Harry se contenta de lever les yeux au ciel mais personne ne se risqua à interrompre Hermione Granger.

- Ecoutez-ça : la famille Malfoy s'est longtemps targuée d'avoir une réputation de sang-pur propre sur elle. Mais il est aussi de notoriété publique que son désamour pour les moldus et les sang-mêlés lui a valu bien des déboires. Le mystère plane encore sur la prétendue innocence de Lucius Malfoy concernant les terribles événements de la Grande Guerre, quand beaucoup de membres de famille aussi émérites que celle des Malfoy sont en ce moment même enfermés à Azkaban. Il est regrettable de rappeler qu'Abraxas Malfoy – véritable défendeur des droits sorciers et criminel à ses heures perdues – se trouve toujours en liberté.

A présent, Harry, Dimitri et Natasha étaient pendus aux lèvres d'Hermione. Cette dernière, voyant très bien qu'elle avait capté l'attention de son public, ne se gêna pas pour lire le reste.

- Mais il est encore plus surprenant de voir que Drogo Malfoy, fils unique de Lucius et Narcissa Malfoy, décide aujourd'hui de sortir de l'ombre pour étaler au grand jour une soif de reconnaissance si propre aux grandes familles. L'héritier ne se prive pas de clamer qu'il est diffèrent de son père et qu'il réussira, peu importe les avis sur sa famille. Mais pouvons nous croire une telle chose ? Le même regard perçant, la même chevelure, le même ton sec et traînant... Drogo Malfoy possède déjà le physique magnétique des Malfoy et il sera probablement capable de charmer son monde. Je vous assure, chers lecteurs, que ce Tournoi promet d'être électrique lorsque l'on sait que les familles Potter et Malfoy étaient durant la guerre… Les pires ennemis.

- Qu'est ce que c'est que ce ramassis de…

Harry garda son dernier mot pour lui.

- Je suis d'accord avec toi. Rien dans le comportement de Malfoy ne laisse penser qu'il a des idées préconçues sur les nés-moldus. Je l'ai vu emprunter bien trop de contes moldus pour croire qu'il tient de son grand-père.

Le brun resta interloqué devant l'aveu d'Hermione concernant les lectures de Malfoy. Il essaya d'imaginer le blond lire la Belle aux Bois Dormant et l'image lui tira un sourire en coin.

- Peut-être qu'il le cache bien, son coté extrémiste ? tenta Dimitri.

Hermione secoua la tête.

- Le reste de l'article fait de toi, Harry, son ennemi juré. C'est triste pour Malfoy.

Le monde tournait à l'envers, pensa Harry. Il se trouvait à Pré-au-Lard, aux Trois Balais à boire une bièraubeurre avec trois de ses meilleures amis et celle qui avait compté comme sa sœur avait pitié de Malfoy et détesté Ron.

- Triste ?

Hermione referma le journal et fixa Harry sérieusement.

- Ronald Weasley est intouchable. Son père est responsable du département de l'artisanat moldu et s'il n'aimait pas autant son métier, il serait probablement Ministre de la Justice. Ses connaissances et ses inventions en ont fait un homme riche et comme il est sympathique, la famille Weasley est sûrement l'une des familles les plus aimées d'Angleterre. Quant à toi, ta famille a une histoire qui fait jaser beaucoup trop de monde. Tout le mystère qui entoure tes parents… Je suis sûre que ça fera de toi un grand favori mais Malfoy… Malfoy n'a rien ni personne. Il n'est pas soutenu par les grandes familles, les Serpentard doivent le penser privilégié ou le considérer comme un traître. Peut-être que si Abraxas était sous les barreaux, ce serait plus simple pour lui...

Harry n'en revenait pas. Il n'avait même pas essayé de comprendre ce qui était arrivé aux Malfoy. Il avait beau sortir des phrases comme « aux secondes chances », il n'en restait pas moins suspicieux à l'encontre de Malfoy et n'avait même pas fait l'effort de voir plus loin que le bout de son nez.

Pourtant, depuis qu'il était ici, Malfoy n'avait pas un seul instant été détestable à son encontre. Il avait même tenté d'engager la conversation et lui s'était contenté de répondre sans rendre la pareille. Tout ça était si irréel... Il devait juste se faire à l'idée que Malfoy pouvait être autre chose qu'une teigne butée et arrogante.

Et puis, si Severus Rogue pouvait changer sans perdre de son mordant, pourquoi pas Malfoy ?

Même personne, monde différent, pensa Harry.

- Fais-moi voir ça.

Harry attrapa le journal et l'ouvrit. Il survola les récriminations de Skeeter à propos de son anonymat pour parcourir l'article concernant Draco Malfoy.

« J'ai bien l'intention de redorer le blason de ma famille. Mon grand-père a fait des erreurs, il en paiera le prix tôt ou tard. En attendant, je ne vois pas ce qui m'empêche de montrer que je suis aussi capable que n'importe quel sorcier de gagner cette coupe. Un Malfoy perd rarement. »

Drogo Malfoy ne semble pas condamner les affres de sa famille. Plutôt que parler d'eux, il préfère se concentrer sur sa propre personne…

Harry cessa de lire quand Skeeter qualifia Lucius Malfoy de l'homme qui a tiré sa famille vers le bas et qu'il devait compter sur propre fils pour les faire briller de nouveau.

Il essaya d'imaginer la réaction de Draco face à ce torchon et pour la première fois, il eut soudain très envie de lui parler. Parce qu'il avait traversé la même chose et qu'il aurait aimé que des gens soient là pour le soutenir.

Il savait que les parents de Draco comptaient plus que tout pour ce dernier, son nez s'en souvenait encore. Il était sûr que ce n'était pas diffèrent dans cette réalité. Son empressement pris encore plus d'ampleur quand il constata que lors du repas du soir, Malfoy n'était pas là.

OooooooooooooooooOooooooooooooooooO

- Est-ce que tu as la carte ? chuchota Harry.

Louve plissa les yeux mais Harry n'y fit pas attention : il était plutôt subjugué par la couleur jaune poussin de sa chevelure.

- Pour quelle sombre raison en as-tu besoin ?

- Je suis curieux. Je te rappelle que je n'ai pas eu la chance d'observer le travail d'orfèvre de nos pères.

- Trop de précieux mots sortent de ta bouche, petit frère. Et arrête d'essayer de m'éviter.

- Je ne t'évite pas.

Louve fronça les sourcils.

- Tu passes un temps fou avec Granger. D'abord Nolan, maintenant toi, c'est quoi son secret ?

Harry haussa les épaules. Nolan n'avait pas fait un seul commentaire à propos d'Hermione, il se doutait vaguement que son cousin devait faire part de son malaise à Louve. Mais Harry ne pouvait pas se détacher d'Hermione, pas maintenant du moins.

- Tu aurais du donner des cours à Nolan pour qu'il apprenne à parler aux filles.

- Ce n'est pas gentil, Harry, Nolan ne parle pas parce qu'il a peur d'être maladroit.

- Pourtant, ça ne le dérange pas de l'être avec moi.

- Tu es épouvantable !

Harry sourit.

- Bon… Soit.

Elle fouilla dans sa robe et regarda discrètement autour d'elle. Le repas était bruyant et personne ne faisait vraiment attention à eux. Puis elle sortit la Carte du Maraudeur. Une bouffée de joie éclata dans le cœur d'Harry à la vue du parchemin.

- Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises, murmura Louve en pointant sa baguette sur le parchemin avant de le tendre à Harry.

Le brun s'en empara et fit vagabonder rapidement ses yeux sur le parchemin jauni par le temps. Des tas de noms s'entrelaçaient dans la Grande Salle. Harry fit voyager la carte sur le donjon et, n'y voyant personne, fit défiler le plan vers le septième étage. Le nom qu'il cherchait se trouvait dans la volière.

- Incroyable, souffla-t-il.

Puis il rendit la carte à Louve.

- Satisfait ?

- Pas suffisamment. Tu me la prêteras plus ?

- Absolument pas. C'est un privilège d'élève de Poudlard !

- C'est toi qui es épouvantable.

Mais Harry avait l'information dont il avait besoin.

- Je vais voir Mugin, dit-il. La volière, c'est bien l'escalier au bout de la tour avec le tableau de Gontran quelque chose ?

- Non, Harry : c'est la seconde tour après celle des Gryffondor.

- Je t'enverrai une lettre pour te dire si j'ai trouvé.

- Surtout pas. Je ne veux pas voir ton monstre d'oiseau tomber dans mon assiette.

- Très drôle, rétorqua intelligemment Harry.

Louve agita la main avec un grand sourire.

OooooooooooooooOooooooooooooooooO

Quand il ouvrit la porte de la volière, Harry se rendit compte qu'il avait oublié quelque chose d'important. Mais ça lui sauta aux yeux dès qu'il entra.

- Edwige…

Draco Malfoy se tourna vers lui. La chouette était accrochée à son perchoir et le blond y avait attaché une lettre.

- Tu espionnes ma chouette ?

- Pardon ? fit Harry perdu.

- Comment est-ce que tu connais son nom ?

Harry battit des paupières en signe d'incompréhension.

- Tu l'as appelée Edwige ?

- Tu viens de prononcer son nom.

Le brun était perdu. Combien de chance y avait-il pour que Draco Malfoy hérite de la même chouette Harfang ? Combien de chance pour qui l'appelle de la même façon ?

- J'ai lu l'article, fit Harry.

C'était lâche de changer de sujet mais le regard de Malfoy se rétrécit un bref instant puis apparut de nouveau son visage moqueur.

- Moi aussi. Très joli portrait, Potter, elle a su capturer l'essence de ta personnalité. J'aurais pu croire qu'elle se trompait sur toute la ligne mais quand je t'ai vu jouer, je me suis dit que tu étais probablement aussi poseur que ton père.

Harry sentit la colère poindre son nez.

- Alors on est deux à essayer de sortir de l'ombre de personnes trop imposantes ? Si on suit ce ramassis de conneries, tu es censé être mon pire ennemi.

Draco lâcha la chouette pour lui faire face. Il croisa les bras mais son petit sourire prétentieux ne quitta pas ses lèvres et Harry se souvint alors de tout ce qu'il détestait chez Malfoy.

- Quel privilège. C'est une chance que mon nom soit sorti ou est-ce un complot du ministère pour réunir deux familles aux passés étrangement entrelacés ? Tu as peur, Potter ?

- Tu rêves.

L'air amusé de Malfoy fut remplacé par autre chose. Malfoy le fusilla du regard et Harry sut qu'il était en colère.

- Libre à toi de croire que c'est une vendetta personnelle. Tu fais bien trop de mystère, Potter. Pourquoi étais-tu seul sur le Chemin de Traverse ? Comment connaissais-tu mon nom ? Pourquoi changes-tu de comportement avec moi ? Si c'est pour me jeter l'article à la figure, je préfère largement que tu passes ton chemin et que tu m'oublies !

Harry en resta bouche bée puis comprit que c'était dangereux. Dangereux d'être proche de Malfoy. C'était le moment d'exécuter les souhaits du blond. Il allait faire demi-tour. Il allait surveiller le garçon de loin, s'assurer qu'il ne se fasse pas bêtement tuer et mettre fin à toute cette mascarade.

Draco était le fils de Lucius Malfoy et Lucius Malfoy n'avait rien oublié de lui. Tôt ou tard, si les choses empiraient, Draco finirait par en savoir plus. Et c'était dans l'intérêt de tout le monde que personne ne sache. Des erreurs comme il venait d'en faire avec Edwige recommenceraient et il serait le propre instrument de sa perte. Et ensuite quoi ? Si Malfoy, par un hasard impossible, découvrait qu'il avait été l'ami de Lucius Malfoy, comment réagirait-il ? Mal. C'était certain.

Il essayait de se convaincre que se rapprocher de Malfoy était la pire erreur de sa vie mais il n'arrivait pas à cesser de penser à Lucius, Severus, à Regulus. Ils avaient été seuls et ils étaient morts seuls.

Il n'avait pas abandonné Draco Malfoy dans la Salle sur Demande.

Mais toutes ses pensées rationnelles étaient aussi balayées par un besoin impérieux : il avait envie de rencontrer Draco Malfoy. Il avait envie de savoir qui était ce garçon.

OoooooooooooooooooooooOooooooooooooooooooooooO

Draco Malfoy venait à l'instant de faire un serment.

Si Harry Potter faisait demi-tour maintenant, il lui parlerait du tableau. Il exigerait des réponses. Quitte à appuyer là ou ça faisait mal. Parce qu'il était énervé.

Énervé que Potter l'ignore royalement pour n'apparaître que lorsque l'on sortait un article peu élogieux sur sa personne. Il avait cru que parce que James Potter lui avait envoyé une lettre, le reste du monde ne saurait pas que sa famille avait eu des idées qui ne lui traversaient pas l'esprit.

Les Serpentard étaient jaloux de lui. Jaloux que sa famille n'ait pas été inquiétée par cette guerre. Même lui ne savait rien de ce qui avait permis à ses parents de passer entre les mailles du filet. Il avait eu vaguement connaissance d'un procès. Il se souvenait encore d'un commentaire de Pansy à ce propos, une vague plaisanterie ou seul le membre le plus extrémiste était en fuite.

Draco n'y pouvait rien, concernant Abraxas. Ce n'était pas de sa faute si l'homme avait été plus malin. Il y avait de toute façon bien trop de secrets pour qu'il ne sache réellement par quel bout commencer. Mais il s'était imaginé que les choses pouvaient être différentes, avec Potter.

Parce que le garçon était entouré d'autant de mystères.

En dehors de tout ça, il avait espéré autre chose... Il avait espéré un ami. Quelqu'un qui ne jugerait pas sa famille comme les autres la jugeaient. Alors il se promit que si Potter faisait comme les autres, il n'y avait aucune raison qu'il le préserve d'un secret de famille qui pouvait impacter sa vie.

Mais Potter ne lui tourna pas le dos.

- Tu n'as pas les yeux de ton père.

Draco sentit ses lèvres tressaillir.

- A peine arrivé et déjà charmé par mon regard perçant...

Draco avait tenté de garder tout le calme dont il pouvait faire preuve mais le sourire que lui offrit Harry brisa toutes ses barrières.

- Il se pourrait bien. Il paraît que j'ai un faible pour les Black...

Le blond cligna bêtement des yeux avant de se souvenir qu'en effet, Harry connaissait Regulus.

- Les Blacks ?

- Sirius est mon parrain.

Le visage du Serpentard se décomposa.

- C'est une plaisanterie !?

Harry fit « non » de la tête.

- Tu as… Tu as acheté ta place dans ce Tournoi !

A sa plus grande surprise, Harry éclata de rire et ça le rassura plus que tout.

- En fait, finit-il par dire, c'est…

Potter cessa de parler et se mit à regarder tout autour de lui.

- Potter.

Le brun lui fit signe de se taire. Il se déplaça sur le côté et marcha droit vers une des poutres de la volière. Draco le vit tendre les mains dans l'obscurité et entendit un claquement.

- Qu'est ce que…

Le brun écarta les mains et Draco découvrit un scarabée à l'aspect luisant. Il eut un léger mouvement de recul : il avait les insectes en horreur.

- A force de côtoyer les oiseaux, tu en deviens un ?

Potter l'ignora et teint l'insecte par une de ses pattes.

- Je ne suis pas un idiot et si vous n'êtes pas une idiote, vous n'allez pas faire mention de cette petite discussion. Je n'aimerais pas être obligé de vous garder enfermée dans une jarre jusqu'à la fin de l'année. Fichez le camp.

Le garçon se dirigea vers la fenêtre et lâcha le scarabée qui s'envola bien vite.

- Tu viens de parler à un insecte… Tu es sérieusement atteint.

- Je viens de parler à Skeeter. Qui sait maintenant que mon parrain est Sirius Black et va passer une affreuse nuit à réfléchir si elle doit divulguer cette information au risque de ne plus rien dévoiler du tout dans les prochaines années.

- Potter, j'ai lu le registre des… Cette garce n'est pas enregistrée.

Il capta le regard choqué d'Harry.

- Quoi ? J'ai un délicieux éventail d'insultes et je ne vois pas pourquoi je me priverais d'en user.

- Je n'ai rien dit.

Draco renifla avec dédain.

- Si c'était bien elle, tu as été vraiment tendre. Si j'avais su ce qu'elle était, j'aurais arraché chacune de ses pattes avec lenteur.

- Écoute… Malfoy. Pour l'article, je ne venais pas t'accuser de quoi que ce soit. Mon père m'avait averti que c'était une… Bref. Je sais qu'il t'a offert un balai, il n'aurait pas fait ça si nos familles étaient vraiment ennemies.

- C'est adorable de ta part de…

Draco s'arrêta en pleine tirade.

- Tu n'es pas en train de me dire que tu es venu parce que tu pensais que je pleurais toutes les larmes de mon corps ?

L'air coupable de Potter l'horrifia. Draco s'approcha vivement de lui et pointa un doigt accusateur sur le brun.

- Je ne suis pas en sucre et je ne suis pas né de la dernière pluie, Potter ! Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, j'ai des yeux et des oreilles. Je n'ai pas honte du travail de mon père ! J'aime ce qu'il fait et je ne suis pas un foutu nazi sorcier ! Et je ne crois pas que mon père le soit ! Je me fiche de ce que dit l'article, je me fiche de ce que peuvent penser les gens ! Je sais ce que je vaux et mon père m'a toujours encouragé à en savoir plus sur le reste du monde plutôt que de rester enfermé dans une vision puérile et ridée du monde sorcier ! Je n'ai pas besoin qu'on surveille mes arrières !

Potter n'avait même pas l'air déstabilisé par son discours : au contraire, il avait l'air agréablement surpris.

- Bon. J'avais peur d'avoir un adversaire de moins d'entrée de jeu. Ravi de voir que rien ne t'atteint. Je ferai mieux de te laisser, dans ce cas.

Draco le vit reculer et sa colère inexplicable s'envola aussi vite qu'elle était venue. Il réalisait à peine que Potter avait quitté le repas pour le rejoindre dans la volière. Il réalisait à peine que d'une manière détournée et stupide, Potter était venu voir s'il allait bien.

- Elle m'a appelé Drogo, souffla-t-il.

- Quoi ?

- Mon prénom. Elle a été incapable de bien l'écrire une seule fois.

- Tu devrais être ravi qu'elle t'ait confondu avec ton frère jumeau diabolique. Au moins, si Drogo Malfoy perd le Tournoi, tu pourras toujours marcher la tête haute.

La remarque du brun fut si naturelle que Draco en resta interdit quelques secondes... Avant d'éclater de rire. Il rit tellement qu'il dut se plier en deux pour se calmer. Jamais en une soirée, il n'était passé par autant d'émotions.

Il essaya tant bien que mal de reprendre contenance mais son corps subissait encore les assauts de quelques hoquets. En face de lui, Harry Potter avait le sourire le plus idiot qu'un garçon puisse avoir.

Alors Draco Malfoy se fit un serment : il savourerait cette année comme personne. Il profiterait de chaque jour et si, avec un peu de chance, il arrivait à se rapprocher d'Harry Potter, il tenterait de découvrir le secret du tableau pour lui en parler sereinement.

.

.

Et voilà pour aujourd'hui! J'espère que ça vous a plu, n'hésitez pas à laisser un piti message, ça fait toujours plaisir! Koeur sur vous!