Chapitre 37 : Si l'un survit, l'autre disparaîtra

Durant toute la semaine qui suivit, Aurore prit plaisir à apporter leur petit déjeuner à James et Remus. Ils prenaient aussi leurs repas dans la salle mais disparaissaient mystérieusement tout le reste de la journée. Aurore avait cru comprendre qu'ils patrouillaient dans Pré-au-lard ainsi que tout autour du château. Elle les voyait souvent passer et repasser devant le pub au fil de leurs rondes. "Dumbledore doit vraiment être inquiet depuis l'enlèvement de Véga. Il sait que Voldemort peut avoir récupéré le sablier. Si c'est le cas... le pire est à craindre" pensa-t-elle assise sur son lit, la petite boite à musique entre ses mains.

Aurore y avait beaucoup réfléchi. Cette chambre... cette boite à musique... et ce nom : Anna. Une petite fille avait vécu dans cette chambre. Il y avait assez longtemps manifestement. Mais... était-elle l'une des morts qui pesaient sur la conscience d'Abelforth ? "Est-ce que c'était... sa fille ?"

Soudain, Aurore sursauta lorsqu'elle entendit frapper à sa porte. Sachant qu'Abelforth venait lui ordonner de se mettre au travail, elle dit machinalement :

- J'arrive. "Pour une fois je me suis levée de bonne heure".

- J'ai une course à faire, annonça son patron. Occupe-toi des clients et du bar. Tu feras le ménage plus tard. Mais sors quand même les poubelles !

- D'accord, dit-elle en posant la boite à musique sur la commode.

- Et n'oublie pas de récupérer l'argent de Potter et Lupin. Ils partent ce matin.

- Déjà ? Soupira-t-elle.

Aurore sortit de sa chambre. Abelforth était partit. Et elle descendit préparer les petits-déjeuners, ce qui lui prit plus de temps que d'habitude. Cette semaine, quatre autres clients s'étaient installés dans les chambres du premier étage. Finalement, la Tête de Sanglier n'était pas un pub si miteux que ça. "Surtout depuis que je suis arrivée. Je devrais demander une augmentation. Tout ce que je fais ça vaut bien plus que le prix de la chambre" pensa-t-elle en prenant deux plateaux dans ses mains.

- Salut ! Dit soudainement James en apparaissant dans la salle suivit de Remus. On peut t'aider ?

- Oh ce n'est pas la peine je...

- T'en fais pas, dit James en lui faisant un clin d'oeil. Ab ne le saura pas.

- Merci, sourit-elle.

- On prendra notre petit-déjeuner ici, dit Remus en se saisissant d'un plateau tout comme James. Et je peux te dire que nos chambres sont impeccables.

- Je l'espère pour vous, rit-elle en montant les marches.

- Au fait, dit James. C'était sympa de ta part d'aider Gideon et Fabian à récupérer leurs valises en douce.

- Je me suis pris un savon... marmonna-t-elle. J'ai cru que le patron allait me virer.

- Il est spécial, dit Remus amusé.

- Il est cinglé, rectifia-t-elle.

- Je crois que tu sous-estimes la négligence de Fabian, rit James. Personne ne peut imaginer l'état dans lequel devait être sa chambre.

- J'aurais bien aimé voir, rit-elle en frappant à la porte d'un de ses nouveaux clients.

Une fois la distribution terminée, ils redescendirent tous dans la salle.

- Toujours vide, soupira-t-elle en observant le lieu. Les gens ne sont pas du matin par ici.

- Ce n'est pas ça, dit James en s'asseyant à table avec Remus. Ils doivent tous être à la poste.

- À la poste ? Dit-elle en levant les sourcils.

- La poste du Chemin de Traverse. Celle des McKinnon. Tu n'es pas au courant ?

- Au courant de quoi ? Demanda-t-elle curieuse en se rappelant que les parents de Marlene étaient postiers.

- Ils ont ouvert un petit espace dans leur hall, expliqua Remus. Le matin on peut aller y prendre son café et lire gratuitement la Gazette du Sorcier. Ça marche vraiment bien et la plupart des pubs sont désertés en début de matinée au profit des McKinnon.

- C'est sûr, ils savent y faire, sourit James. Et ça permet d'écouter pas mal de conversa...

James grimaça lorsque Remus lui donna un coup de pied. Puis le lycanthrope murmura tout bas :

- Ne te transforme pas en Fabian.

- Désolé, dit James en jetant un regard inquiet à Aurore qui faisait mine de retourner les chaises posées sur les tables. Je ne sais pas pourquoi mais je n'arrive pas à me méfier d'elle.

- Fais un effort. Au final, on ne la connaît pas.

Aurore entendait à peine ce qu'ils disaient. Mais elle avait compris l'essentiel. "Je leur intime naturellement confiance" pensa-t-elle amusée. "Mais je me demande si les parents de Marlene reçoivent des nouvelles de leur fille..."

- En tout cas, dit James en remontant le ton, tu devrais t'estimer heureuse de ne pas avoir trop de clients Vicky. Vu qu'Ab n'est pas là, il aurait forcément trouvé quelque chose à te reprocher en rentrant.

- Il va plutôt me reprocher le manque de clients oui, marmonna-t-elle.

Les garçons éclatèrent de rire et finirent leur petit-déjeuner. Puis ils payèrent leur semaine et Aurore les accompagna jusqu'à la porte.

- On a passé une très bonne semaine en ta compagnie, dit James en lui serrant la main. J'espère que tu sauras supporter Ab. On repassera sûrement dans quelques semaines.

- À bientôt alors, sourit-elle en serrant ensuite la main de Remus.

- Bonne journée Vicky, dit-il avant de s'éloigner avec James.

Aurore les regardait partir quand deux personnes arrivant en sens inverse saluèrent les garçons avant de s'avancer vers elle.

- Bonjour Miss, lui dit un homme plutôt âgé. Auriez-vous deux chambres libres ?

- Bien sûr, répondit Aurore. Puis-je avoir vos noms ?

- Emmeline Vance, répondit aimablement la femme à ses côtés. Et Elphias Doge.

- Ravie de vous rencontrer, sourit Aurore qui savait parfaitement à qui elle avait affaire. Veuillez me suivre, les chambres 1 et 2 sont libres.

Aurore avait parfaitement compris que les membres de l'Ordre se relayaient toutes les semaines pour surveiller et protéger Poudlard. Elle aurait donc l'occasion de rencontrer deux nouveaux membres chaque semaine. Pour elle, c'était comme un rêve qui se réalisait. Comme si les personnes apparaissant sur la photo qu'elle gardait précieusement dans sa bourse magique se matérialisaient devant elle. Même lorsqu'elle avait remonté le temps la première fois, jamais elle n'aurait pensé pouvoir tous les rencontrer. Mais grâce à la Tête de Sanglier, cela devenait possible. Et elle s'en réjouissait d'avance.

Emmeline et Elphias récupérèrent seulement les clés de leurs chambres avant de ressortir faire leur première ronde. Leur arrivée sembla donner le coup de signal aux autres clients pour entrer boire un verre ou descendre de leurs chambres dans le but de lui adresser plaintes et demandes de services. Aurore eut tant à faire qu'elle ne vit pas le temps passer, ni même son patron entrer dans le pub les bras chargés de paquets.

- Vicky ! Grogna-t-il immédiatement. Viens m'aider !

- Tout de suite, dit-elle en zigzagant entre les tables tout en déposant les boissons commandées devant les clients.

- Tiens-moi ça, dit Abelforth en lui mettant un lourd paquet dans les mains.

- Oh ! Souffla-t-elle en manquant perdre l'équilibre. Vous avez acheté des briques ?

- Arrête de te plaindre et range les bouteilles sous le bar.

Abelforth avait fait le plein de bièraubeurres. Ainsi que d'une quantité d'autres choses apparemment. Mais il posa tous les paquets sur le bar à l'exception d'un seul avant de monter l'escalier.

- Patron, j'ai besoin de vous là, dit Aurore en rangeant les courses le plus vite possible alors que déjà un client réclamait sa boisson.

- J'en ai pour deux secondes, tu t'en es bien sortie seule jusque là.

- On se demande comment... marmonna-t-elle. J'arrive monsieur !

Aurore n'aurait jamais pu croire que la Tête de Sanglier pouvait être aussi animée. D'après Harry, personne n'entrait jamais dans ce pub. Ou du moins, seulement les personnes louches. Mais visiblement, ce n'était pas toujours le cas.

- C'est pas possible, souffla-t-elle en arpentant la salle de long en large. Les Trois Balais ont fermé ou quoi ?

- Rosemerta est partie en congé, dit Abelforth enfin revenu pour l'aider. Ça arrange mes affaires.

- ça n'arrange pas la serveuse, bougonna-t-elle. J'arrive madame !

- Vicky ! S'exclama soudainement son patron l'air furieux. Tu as oublié de sortir les poubelles !

- Pardonnez-moi, j'étais légèrement occupée, dit-elle ironiquement. Mais je vais le faire ne vous en faites pas.

- Avant ce soir si possible, râla-t-il.

- Heu... excusez-moi ? Demanda une petite voix.

- Oui madame ? répondit-il. Qu'est-ce que je vous sers ?

- Eh bien... si vous aviez un peu de Xérès, ce ne serait pas de refus. Mais j'aimerais aussi prendre une chambre.

- Votre nom ?

- Trelawney. Sibylle Trelawney.

Aurore renversa un verre d'hydromel sur un petit homme replet qui se mit aussitôt à geindre. Et sans lui prêter la moindre attention, elle se retourna vers la femme qui venait de s'installer au bar. Sibylle Trelawney. Aurore guettait l'arrivée de cette femme depuis une semaine. Enfin elle était là. Celle qui devait prononcer la prophétie. Ou du moins... Aurore espérait qu'elle ne la prononcerait pas. Que James et Lily ne seraient pas obligés de mourir en protégeant leur fils. Qu'Harry pourrait avoir une enfance relativement heureuse. Si c'était le cas, Aurore avait décidé d'aller voir Dumbledore pour lui parler des Horcruxes. Afin que, tous ensemble, ils puissent mettre un terme à la suprématie de Voldemort. Aurore voulait offrir au monde Sorcier bien plus que 13 années de paix. Elle devait les libérer de Voldemort le plus tôt possible. Tout se jouait sur Sibylle Trelawney. Peut-être même ce soir...

"Si jamais je vois Dumbledore débarquer..." pensa-t-elle en jetant un coup d'oeil à la porte d'entrée.

- VICKY ! Rugit Abelforth.

Aurore sursauta et se rendit compte que l'homme sur lequel elle avait renversé le verre était devenu littéralement rouge de colère.

- Oh excusez-moi monsieur, dit-elle en lui tendant une serviette.

- C'est inadmissible ! Se plaignit-il.

- Va montrer sa chambre à la dame pendant que je répare tes bêtises, dit Abelforth en la poussant vers les escaliers. C'est la n°7.

- Désolée, s'excusa-t-elle à nouveau.

- Et tu sortiras les poubelles une fois redescendue !

- Oui, dit-elle exaspérée. Venez madame.

Sibylle avala sa dernière gorgée de Xérès avant de la suivre. Aurore ne put s'empêcher de sourire en observant la tenue de cette femme. Très bizarre, comme l'avait décrit Harry. "Ses lunettes lui donnent l'air encore plus folle" pensa-t-elle en se retenant de rire.

- Vous m'avez bien donné la chambre n°7 ? S'enquit Sibylle alors qu'elles marchaient dans le couloir.

- Oui madame.

- Parfait. Je n'aurais pas pu trouver le sommeil dans une autre chambre. Saviez-vous que le chiffre 7 est de loin le plus puissant de tous ?

- Ha... j'en ai entendu parler.

- Vous, je sens que la divination vous intéresse, dit-elle joyeusement. J'espère bien l'enseigner à Poudlard vous savez ? Dommage pour vous, vous ne m'aurez jamais comme professeur.

- Oui, c'est bien dommage, dit Aurore en faisant de son mieux pour ne pas éclater de rire.

- Figurez-vous que j'ai rendez-vous avec le professeur Dumbledore ce soir même. Nul doute qu'il m'embauchera. Je suis tout de même l'arrière-arrière-petite-fille de la très célèbre Cassandra Trelawney, se vanta-t-elle.

"Alors c'est bien ce soir !" pensa Aurore morte d'impatience.

- Impressionnant n'est-ce pas ? Demanda Sibylle vexée de ne pas voir d'admiration sur le visage d'Aurore.

- Absolument ! Se reprit la jeune fille. Dumbledore ferait une erreur s'il ne vous embauchait pas.

- En effet, dit-elle fièrement. Peut-être voulez-vous que je vous fasse une petite prédiction ?

"Si c'est pour vous entendre me dire que je vais bientôt mourir..."

- Je ne voudrais pas vous fatiguer avant votre entretient, donna-t-elle comme excuse.

- Oh je vous assure, cela ne me coûte rien, dit Sibylle en lui prenant de force la main gauche.

Aurore se retint de pousser un soupir et attendit son verdict morbide. "Est-ce que je fais me faire tuer par un Ronflack Cornu ?" pensa-t-elle en retenant un sourire.

- Hum... dit Sibylle en réfléchissant. Une assez grande ligne de chance, vous vous en sortez bien. Mais votre ligne de coeur est plutôt fragmentée. Séparée en trois fois. Mais pour le même homme, ça je peux vous l'assurer.

"Il n'y aura jamais que Sirius dans mon coeur. Mais merci de me rappeler que ma vie amoureuse est un vrai fiasco..."

- Quant à votre ligne de vie...

Sibylle était devenue silencieuse. Et Aurore n'appréciait pas son petit suspense. Ça ne l'amusait plus du tout. "Qu'elle me sorte le sinistros ou le spectre de la mort et qu'on en finisse" pensa-t-elle exaspérée.

- Je... je n'ai jamais vu une chose pareille, murmura enfin Sibylle.

- Vraiment ? Dit Aurore d'un ton acide. Vous pensez que je vais vivre jusqu'à 100 ans ?

- Votre... votre ligne de vie... balbutia la voyante. Elle a... disparu.

- Pardon ? Demanda Aurore en levant les sourcils.

- Oui elle... je l'ai vue j'en suis sûre et... elle a disparu. Elle n'est plus là.

- Bon, je crois qu'on en a fini avec les prédictions, dit-elle en retirant sa main.

- Mais...

- Votre chambre est ici. Bonne journée.

- Attendez Miss !

Mais Aurore s'était retournée et elle descendait déjà les escaliers. "Pff ! Comme si une ligne de la main pouvait apparaître et disparaître. Elle a vraiment un grain. Mais si elle ne prononce pas la prophétie, Dumbledore ne l'embauchera pas. J'aurai alors évité à pas mal d'élèves de Poudlard de longues heures d'ennui".

La jeune fille travailla tout le reste de la journée sans espérer pouvoir faire la moindre pause. Et elle vit à plusieurs reprises Sibylle, redescendue vider une de ses chères bouteilles de Xérès, essayer de lui parler. Mais Aurore faisait mine de ne rien remarquer. Et le futur professeur de divination dut abandonner quand vint le soir et l'heure pour elle de se retirer dans sa chambre pour y attendre Dumbledore.

- Vicky tu n'as toujours pas sorti les poubelles ! S'exclama Abelforth furieux. Est-ce que je vais devoir le faire moi-même ?

- Je vais y aller, soupira-t-elle en servant son dernier client. Je monte juste deux secondes me passer un coup d'eau sur le visage.

- Fais vite !

Aurore monta les marches quatre à quatre et elle passa rapidement devant la porte n°7 avant de monter au deuxième étage. Une fois dans sa chambre, elle alla directement ouvrir la fenêtre pour faire entrer l'air frais et Aurore remplit d'eau avec une cruche la petite vasque posée sur le bureau. Une fois la transpiration sur son visage disparue, elle s'assit lourdement sur son lit en soupirant. Et la jeune fille eut la surprise de sentir quelque chose rebondir sur le matelas. Un paquet. Celui qu'Abelforth avait emporté avec lui après lui avoir laissé les courses à ranger. "Il m'a acheté quelque chose ?" pensa-t-elle à la fois surprise et curieuse. Aurore ouvrit rapidement le mystérieux paquet et elle écarquilla les yeux en découvrant à l'intérieur une robe bleu pâle. De petits papillons d'un bleu plus foncé étaient brodés sur le col.

- Vicky tu te dépêches ? Râla soudainement Abelforth en frappant à sa porte. On met pas deux heures pour se passer un coup d'eau sur le visage.

Aurore se leva d'un bond pour aller ouvrir avant qu'il ne redescende. Et elle se retrouva face à son patron. La première chose qu'Abelforth remarqua, ce fut la robe qu'elle tenait toujours dans sa main.

- Vous... dit Aurore. Vous m'avez acheté ça ?

- À ton avis ? C'est pas le père noël, marmonna-t-il l'air tout de même gêné.

- Mais pourquoi ?

- ça fais une semaine que tu es là et je n'ai toujours pas vu ta valise arriver. C'est tout.

- Oh, dit-elle en souriant. C'est gentil de vous être inquiété.

- Je m'inquiète pas, bougonna-t-il.

- Mais vous n'auriez pas dû je...

- Je peux la reprendre si t'en veux pas, s'énerva-t-il en tendant la main vers la robe.

- Non ! Dit-elle en la cachant derrière son dos. Elle est très jolie. Merci.

- Hum, marmonna-t-il en s'éloignant. Dépêche-toi d'aller sortir ces fichues poubelles.

- Tout de suite, sourit-elle en allant poser sa nouvelle robe sur son lit.

Elle entendit la porte de la chambre d'Abelforth se refermer derrière lui et Aurore redescendit rapidement dans la salle. Il n'y avait presque plus personne. Après tout, il était déjà tard.

"Finalement Ab a aussi son côté sympa" pensa Aurore amusée en passant derrière le bar pour prendre les poubelles. "Je me demande si il a mis du temps à choisir la robe et la taille. Ça fait bizarre de l'imaginer dans une boutique pour femme". La jeune fille aurait pu éclater de rire si un homme à la longue barbe argentée et au nez aquilin ne venait pas d'entrer dans le pub. Médusée, elle le vit lui adresser un sourire en passant devant le bar.

- Bonsoir, dit-il aimablement. J'ai rendez-vous avec Miss Sibylle Trelawney.

- Chambre 7, répondit-elle machinalement.

- Merci, dit-il avant de monter l'escalier.

Aurore mit quelques secondes avant de reprendre ses esprits. Et elle laissa soudainement tomber les sacs poubelle avant de se ruer vers la porte d'entrée. "C'est le moment !" pensa-t-elle en faisant le tour du pub une fois dans la rue déserte.

Si Aurore avait fait plus attention, elle aurait remarqué la silhouette sombre adossée contre la vitrine. Et elle aurait vu cet homme vêtu d'une cape noire entrer discrètement dans le pub.

Mais l'esprit d'Aurore était trop occupé par l'envie de s'assurer que la prophétie ne serait pas prononcée. Elle allait enfin être fixée. L'éloignement de Peter avait-il servi à quelque chose ? "Je vais vite le savoir" pensa-t-elle en se transformant en chat lorsqu'elle fut dans la ruelle juste derrière le pub. Aurore grimpa sur le vide ordure afin d'atteindre la toiture du premier étage. À pas feutrés, elle s'approcha de la fenêtre de la chambre n°7. Et elle colla son museau contre la vitre. Dumbledore était déjà à l'intérieur. Assis sur une chaise en face de Sibylle, il tournait le dos à Aurore.

- Vous êtes Miss Sibylle Patricia Trelawney, c'est bien cela ?

- En effet, répondit-elle. L'arrière-arrière-petite-fille de...

- Je sais cela, la coupa Albus. Mais vous me pardonnerez si j'évalue moi-même vos capacités.

Vexée d'avoir été interrompue dans sa vantardise, Sibylle dit d'un ton sec :

- Faites donc. J'ai toute confiance en mon 3e oeil.

- Bien sûr. Depuis quand exercez-vous la divination ?

- Depuis toujours, dit-elle d'un ton hautain. Je suis née avec mon don.

- Je vois. Mais vous lisez dans les boules de cristal ? Les feuilles de thé ?

- Tout cela oui. Et aussi dans les lignes de la main bien sûr. D'ailleurs, j'ai fait une prédiction il y a quelques heures qui m'a complètement chamboulée.

- Ah oui ?

- C'est au sujet de la serveuse, dit-elle sur le ton de la confidence. Elle a perdu sa ligne de vie.

- Que voulez-vous dire par "perdu" ?

- La ligne était bien là. Et la seconde d'après, elle n'y était plus. Pouf ! Envolée.

- Pouf... répéta-t-il sur un ton dubitatif. Et qu'est-ce que cela signifie d'après vous ?

- Je dois dire que c'est la première fois que je vois une chose pareille. Alors l'interprétation est assez complexe.

- Evidemment.

Le ton de Dumbledore laissait entendre qu'il avait du mal à la prendre au sérieux. "Pas étonnant. Elle raconte n'importe quoi et elle trouve une excuse pour ne pas s'expliquer". Sibylle dut sentir la perplexité de Dumbledore car elle proposa aussitôt :

- Mais si vous voulez, je peux lire vos lignes de main.

- Volontier, dit-il en tendant sa main gauche.

Comme pour Aurore, Sibylle mit quelques secondes avant de se prononcer.

- Tout cela me semble très mauvais. Une ligne de coeur déplorable. Quasi inexistante. Heureusement votre ligne de chance rattrape cela. Ne perdez pas espoir. Par contre votre ligne de vie s'arrête net à vos 97 ans. Méfiez-vous.

- Je vais fêter mes 100 ans dans quelques mois, dit-il poliment en retirant sa main.

- Ah, dit-elle gênée. Méfiez-vous quand même.

- Bien Miss Trelawney, je pense que notre entrevue touche à son terme.

- Mais... mais je... dit-elle alors qu'il se levait pour partir.

- Merci de vous être proposée pour le poste.

Dumbledore s'éloignait et Sibylle semblait être sur le point de pleurer. En tout cas elle avait l'air loin d'être prête à sortir une prophétie. "J'ai l'impression que j'ai réussi !" pensa Aurore folle de joie. "Maintenant je dois aller parler à Dumbledore des Horcruxes". Elle s'était retournée pour descendre du toit et le rejoindre dans la salle. Mais au moment où elle allait sauter par terre, une voix caverneuse retentit derrière elle.

Celui qui a le pouvoir de vaincre le seigneur des ténèbres approche...

Aurore se retourna d'un bond. Et elle vit que Dumbledore en avait fait de même. Une main toujours posée sur la poignée, il fixait avec de grands yeux la femme dont le corps semblait être pris par de légers spasmes. Les yeux de Sibylle roulaient dans leurs orbites alors qu'elle répétait :

Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche... il naitra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois...

Aurore retint son souffle. La prophétie ! À nouveau Sibylle désignait Harry comme étant l'élu... Mais la jeune fille n'était pas au bout de ses surprises. Car elle fut sidérée en entendant la suite :

Et le chat de Van figera la roue du temps pour veiller sur lui, engendrant fleur et lumière qui serviront l'élu... mais bien qu'ayant les mêmes buts, les destins de l'élu et du chat s'opposent... car si l'un survit l'autre disparaîtra... en même temps que le Seigneur des Ténèbres...

"... Quoi ?" pensa Aurore sans arriver à croire ce qu'elle venait d'entendre. La prophétie était bien là... mais elle s'était modifiée ! "Pire encore, elle m'implique moi ! Le chat de Van..." Soudain Aurore sursauta quand des tintements retentirent dans la ruelle. Abelforth venait d'apparaître, trainant derrière lui les sacs poubelle qu'elle avait abandonné dans la salle et râlant tout seul contre la jeune fille.

- Combien de fois je lui ai répété ? Hein ? Sortir les poubelles c'est pas compliqué. Faut tout faire soi-même.

Mais Aurore n'eut même pas le loisir de se vexer. Son cerveau fonctionnait à vive allure. Si Abelforth était dehors... La jeune fille tourna les yeux vers la porte de la chambre 7. Personne ne venait interrompre l'entrevue ! "Rogue !" pensa-t-elle brusquement en sautant du toit. Elle atterrit lourdement sur le couvercle du vide ordure, causant une frayeur à Abelforth qui s'exclama :

- Oh là !

Mais le chat détala pour rejoindre l'entrée du pub, l'aubergiste pestant toujours dans la ruelle :

- Salaté de chat !

Aurore arriva devant la vitrine juste au moment où Severus sortait en courant. Et comme pour Peter, elle se jeta sur lui. Trébuchant, Rogue n'eut pas le temps de transplaner et il s'écrasa au sol.

- Qu'est-ce que c'est ?! S'exclama-t-il en se débattant.

Reprenant forme humaine, Aurore le maintint plaqué au sol en criant :

- Je t'interdis d'aller lui répéter ce que tu viens d'entendre !

Étonné, elle le vit prendre une seconde pour observer son étrange apparence de Vélane avant de se débattre de nouveau.

- Quoi ? Lâche-moi ! Je ne te connais pas !

- Moi je te connais Severus Rogue. Et tu n'as pas intérêt à répéter la prophétie à Voldemort !

Severus ouvrit de grand yeux avant de demander :

- Bon sang, mais qui tu es toi ?

- Peu importe qui je suis. Je peux t'assurer que tu le regretteras si jamais tu lui en parles.

- Lâche-moi !

- Si tu lui parles de la prophétie tu condamnes Lily !

Severus se figea. Aurore savait qu'elle venait de prononcer la phrase magique. Celle qui le forcerait à s'arrêter. Mais son excès de confiance empêcha Aurore de se prémunir du coup de poing que Severus lui décrocha dans la mâchoire. Et poussant un gémissement, elle roula sur le côté.

- Ne dis pas de conneries, dit Severus en se relevant. Jamais je ne ferais de mal à Lily.

- SEVERUS ! Hurla-t-elle en tendant la main.

Trop tard. Il avait transplané. Et la main toujours tendue vers le vide, Aurore se mit à pleurer. Pas parce que sa mâchoire lui faisait souffrir le martyre. Mais parce qu'elle avait changé le cours des choses... à un point où il était impossible de prévoir les conséquences. Elle n'avait réussi à sauver personne. Pire que cela, elle avait rendu les choses encore plus difficiles pour l'Ordre. Tout était de sa faute. Si elle n'avait pas été là, Abelforth aurait sortit les poubelles dès le matin. Il aurait pu trouver Rogue devant la chambre de Sibylle. Et le mangemort n'aurait pas entendu l'intégralité de la prophétie. Maintenant Severus allait tout répéter à Voldemort. Tout. Le mage noir allait pouvoir se préparer. Il allait se ruer chez les Potter afin de les tuer. Tous. Même Harry. Car cette nouvelle prophétie ne faisait pas mention du fait que Voldemort allait marquer le fils Potter. Ni même d'un pouvoir qu'il ignorerait. "Tout va peut-être se passer d'une façon complètement différente de ce qui était prévu. Et si Lily n'avait pas le temps de se sacrifier pour son fils ? Si Harry est laissé sans protection... si il meurt sans être marqué... il mourra alors que moi... je survirai ! Je les ai peut-être tous condamnés..." pensa-t-elle désespérée. "Et je devrai vivre avec ça sur la conscience ! Pourquoi je n'ai pas réussi à arrêter Severus ? Pourquoi... pourquoi suis-je venue ici ?"

En proie à son chagrin, Aurore dut faire un effort pour se reprendre et changer d'apparence. Des bruits de pas se rapprochaient des deux côtés de la rue. Et ce fut sous les traits de Vicky qu'elle vit Abelforth accourir l'air inquiet.

- Vicky ? Dit-il en s'arrêtant près d'elle. Je t'ai entendue crier.

- Tout va bien ? Demanda Emmeline qui venait aussi d'arriver derrière Aurore en compagnie d'Elphias.

- Je... renifla la jeune fille en s'essuyant les yeux.

- Ta lèvre saigne, remarqua son patron. On t'a frappée ?

Il jeta des coups d'oeil tout autour d'eux pour essayer de trouver le coupable. Mais il n'y avait personne.

- Bon sang... par où il est parti Vicky ?

- Tran... transplané, sanglota-t-elle.

- Qui vous a attaquée ? Demanda Elphias.

- C'était... Severus Rogue, lâcha-t-elle juste au moment où la porte du pub s'ouvrait.

Ils tournèrent tous la tête pour voir Dumbledore dans l'embrasure.

- Qu'avez-vous dit ? Demanda-t-il à Aurore.

- Albus, dit Emmeline. Cette jeune fille vient d'être attaquée.

- Vous avez dit Severus Rogue ? Insista le directeur auprès d'Aurore.

- Oui... murmura-t-elle. Il... il écoutait à la porte de la chambre 7.

Dumbledore devait le savoir. Connaître l'erreur qu'elle avait commis. Il devait protéger les Potter avec le Fidelitas. "Protégez-les... je vous en prie".

- Venez avec moi, dit le directeur en lui tendant la main.

- Non ! Intervint Abelforth en lui poussant le bras. Toi retourne dans ton maudit château. Ce qui vient d'arriver c'est encore de ta faute. Je parie que Rogue t'a suivi jusqu'ici. La prochaine fois tu feras tes entretiens d'embauche ailleurs que dans mon pub !

- Ab...

- La ferme ! Si t'avais pas été là il ne s'en serait pas pris à elle. Mais tu es tellement confiant ! Au point que tu ne te rends même pas compte que tu mets les gens autour de toi en danger. Il y a des mangemorts qui rodent partout ici et toi tu sors tranquillement. Essaye un peu de te souvenir pourquoi tu as mis en place des patrouilles à Pré-au-lard, imbécile.

- Abelforth vous ne devriez pas... commença Elphias l'air outré.

- Barrez-vous ! Tous autant que vous êtes. Viens Vicky.

Abelforth aida Aurore à se relever, et passant un bras autour de ses épaules pour la soutenir, il la fit rentrer à l'intérieur.

- Que faisons-nous Albus ? Demanda Emmeline alors que l'aubergiste venait de leur claquer la porte au nez.

- Laissons Abelforth s'occuper de cette jeune fille. Il n'avait pas tout à fait tort.

- Tu n'es en rien responsable Albus, intervint Elphias. C'est nous qui étions de garde.

- Toujours est-il qu'un évènement important vient de se produire. Je dois en parler à l'Ordre au complet. Le plus vite possible.

- Je vais de ce pas chez les McKinnon, dit Emmeline. Tous les membres seront prévenus demain à la première heure.

- Merci.

- Devons-nous aussi prévenir Abelforth ? marmonna Elphias.

- J'ai peur que mon frère soit trop fâché contre moi pour répondre à mon invitation. Il semble s'être attaché à sa petite protégée.

À l'intérieur, Abelforth avait mené Aurore jusqu'à l'arrière salle. Rien de plus qu'une salle à manger en fait. C'était la première fois que la jeune fille entrait ici. Et après qu'il l'ait placée sur l'une des chaises, Aurore observa la tableau fixé au dessus de la cheminée. Ariana Dumbledore.

- Montre-moi ça, dit l'aubergiste en posant une boite à pharmacie sur la table.

Aurore leva la tête et il examina sa lèvre.

- Hum. Il t'a pas ratée.

Abelforth l'aida à soigner sa plaie et Aurore le remercia.

- Je me suis demandé où tu étais passée, dit-il en rangeant la boite. D'ailleurs tu as...

- Encore oublié de sortir les poubelles. Je sais... dit-elle d'un air las.

- Mouais, dit-il en s'asseyant face à elle. Mais raconte. Qu'est-ce qui s'est passé exactement ?

- Il m'a donné un coup de poing, c'est tout.

- ça s'est passé dehors. Mais tu as dis l'avoir vu écouter à la porte n°7.

- Je... je l'ai pris sur le fait et il s'est enfui. Quand je l'ai rattrapé il m'a frappée.

-...

- Puis il a transplané.

Aurore espérait vraiment qu'Abelforth se satisferait de cette explication. Parce qu'elle n'était pas d'humeur à faire mieux.

- Hum... marmonna-t-il. La prochaine fois laisse-le juste filer. Je ne t'ai pas engagée pour te charger de la sécurité du pub. Compris ?

La jeune fille sut qu'en disant cela il souhaitait lui éviter tout nouveau problème. Et elle acquiesça, reconnaissante pour sa prévenance.

- Est-ce que je peux aller me coucher ? Demanda-t-elle.

- Oui. Et demain, repos. Je ne veux pas te voir sortir de ta chambre.

- Vous me faites une faveur ou vous me punissez ? Demanda-t-elle légèrement amusée.

- Va te coucher.

- Bonne nuit. Et encore merci.

Aurore monta directement dans sa chambre. Après s'être enfermée, elle tomba allongée sur son lit. "Qu'est-ce que j'ai fait ? Je vous en prie... faites que tout puisse s'arranger". La jeune fille mit beaucoup de temps à s'endormir. Elle ne pouvait s'empêcher de tourner dans tous les sens dans sa tête la nouvelle prophétie pour essayer de la comprendre. Trouver un espoir. Et peut-être y en avait-il un. Car après tout, Harry restait toujours : Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres. Et le chat de Van devait veiller sur lui. "Et c'est ce que je ferai. Je le jure... je ne laisserai aucun malheur leur arriver". Mais une inquiétude subsistait. La fin de la prophétie : mais bien qu'ayant les mêmes buts, les destins de l'élu et du chat s'opposent... car si l'un survit, l'autre disparaîtra... en même temps que le Seigneur des Ténèbres...

"ça veut dire que cette fois, la question de savoir qui devra vivre ou mourir ne se pose pas entre Harry et Voldemort. Mais entre Harry et moi... Si l'un survit, l'autre disparaitra". Mais au moins, Aurore était sûre d'avoir un rôle à jouer. Les choses ne pouvaient pas être immuables. Elle devait pouvoir faire quelque chose pour les sauver tous. "Je jure que j'y arriverai. Je sauverai les Potter. Je les sauverai tous..."

oOo

Rassemblés dans un grand salon, les membres de l'Ordre du Phénix gardaient le silence. Dumbledore venait de leur énoncer la prophétie que lui avait prédit Sibylle Trelawney.

- Vous êtes sûr de vous Albus ? Demanda finalement Minerva.

- Oui, parce que... approuva Elphias. J'ai déjà entendu parler de cette femme et... son "art" de la divination s'assimile plutôt au charlatanisme d'après ce qu'on dit.

- Elle est véritablement entrée en transe, répondit Dumbledore. Aucun doute pour moi, c'était une prophétie. Et elle doit être prise au sérieux.

- Si c'est vrai, cela nous apporte un réel espoir de vaincre un jour Voldemort, dit Gideon. Bien que la tâche ne s'annonce pas facile.

- Vous avez parlé d'un chat ? Demanda soudainement Sirius.

Tout le monde se tourna vers lui l'air surpris. La mention du chat n'était pas ce qui avait d'abord retenu leur attention. Plutôt l'élu qui les sauverait tous. Mais Sirius s'intéressait en premier lieu au chat ?

- Un chat de Van, acquiesça Albus tout en fixant intensément le jeune homme.

Minerva prit un air pincé. Elle savait parfaitement à qui la prophétie faisait mention. Elle et Dumbledore étaient les seuls à savoir que derrière le "chat de Van" se cachait le prénom "Aurore". Sirius, lui, y associait "Dora".

"Le chat de Van" pensa-t-il. "Devan. Ça ne peut pas être une coïncidence. Elle est restée. Dora aura donc un rôle à jouer dans notre combat ? Mais où est-elle passée ?"

- Pourquoi le chat t'intéresse ? Demanda James à son meilleur ami.

- ça me parait bizarre. C'est tout.

- Il n'a pas tort, approuva Fabian. Un chat ? Pour aider l'élu ?

- ça cache forcément autre chose, dit Maugrey. Mais on devra s'arranger pour que ce soit ce chat qui disparaisse plutôt que l'élu.

- Alastor, dit Albus sur un ton de réprimande.

- Quoi ? On veut détruire Voldemort, oui ou non ? Le chat doit mourir.

- Cette conversation est complètement grotesque. "Le chat doit mourir" ? Dit Elphias en poussant un soupir sidéré. Ce n'est qu'un animal et je ne vois pas comment il pourrait conduire à la perte de Voldemort. Sacrifice ou pas.

- Je répète : ça cache autre chose, grommela Maugrey. Animagus je dirais.

Cette fois, ils tournèrent tous les yeux vers Minerva. Et celle-ci dit d'un air exaspéré :

- Je ne me transforme pas en chat de Van !

- Je ne pense pas que la prophétie fasse référence à Minerva, dit Dumbledore.

- Alors à qui ? Demanda Hagrid.

- Si on en discute depuis une heure c'est qu'on en sait rien, lui fit remarquer Alastor.

- Taisez-vous, dit Minerva. Il y a un point bien plus inquiétant que vos histoires de chat.

- C'est vrai... murmura Lily.

La jeune femme caressait doucement son ventre. Et elle leva finalement les yeux vers Dumbledore pour dire d'un air désespéré :

- Lorsque mourra le septième mois ?

- Oui, confirma-t-il. Et sachant que vous avez défié Voldemort 3 fois de façon directe... Il y a de fortes chances pour que...

- Pour que ce soit notre enfant ! S'exclama James en serrant les poings. Cet élu... celui qui devra affronter Voldemort.

- Il aura le pouvoir de le vaincre.

- Avoir la capacité de faire une chose ne garantie pas qu'on puisse l'accomplir. Qu'on ait toutes ses chances de réussite. Vous voulez envoyer notre enfant combattre ce mage noir ? Il a faillit tous nous tuer à plusieurs reprises !

- Je ne fais que vous rapporter la prophétie. Ne croyez pas que je compte vous demander de placer votre enfant face à Voldemort dès sa naissance.

- Alors quand ? Est-ce qu'on devra attendre au moins 20 ans avant de pouvoir le vaincre ? On ne peut pas le laisser agir et je ne permettrai pas que notre enfant l'affronte plus tôt que ça !

- Je ne permettrai pas qu'il l'affronte tout court ! S'insurgea Lily.

- Calmez-vous, je vous en prie, leur demanda Dumbledore. Nous ne faisons que supposer qu'il s'agit de votre enfant. Nous ne pourrons en être sûr que lorsqu'il sera né.

Puis il se tourna vers les Londubat et dit :

- Alice, Frank. Je vous demande aussi d'être prudents. La naissance de votre enfant est tout aussi proche.

- C'est prévu pour août, dit Frank.

- Restez en alerte. Vous l'avez aussi défié 3 fois. Et le miracle de la vie est ce qu'il y a de plus imprévisible. Il est déjà heureux que vos deux adresses lui soient encore inconnues.

- Je ne laisserai pas mon enfant naître fin juillet, dit obstinément Lily. Je ne le laisserai pas devenir l'élu.

- Vous êtes membre de l'Ordre du phénix Lily. Vous connaissez les enjeux. Vous avez pris des risques pour aider le monde sorcier.

- Je ne laisserai pas mon enfant prendre de tels risques justement. Il ne combattra pas Voldemort.

- Je pourrais dire que vous ne pourrez rien y faire si tel est son destin. Que ce n'est pas un hasard si cette prophétie m'a été énoncée. Que les coïncidences entre ce qu'elle dit et les faits ne peuvent être ignorées. Mais ma chère Lily... je pense que chacun est maître de son destin. Arrivera ce qui devra arriver. Cependant... Voldemort a aussi connaissance de cette prophétie. Et il fera tout pour la contrer. Si il pense que votre enfant est l'élu, nous ne pourrons rien y faire. Nous ne pourrons pas l'empêcher d'essayer de tuer cet enfant. Mais nous ferons tout pour qu'il n'y parvienne pas. Potter et Londubat, vous avez ma parole.

- Vous avez notre parole à tous, dit Remus. Vos enfants sont les enfants de l'Ordre.

- Bien dit, approuva Sirius en posant une main sur son épaule.

- Tout cela est bien beau, mais j'ai une question à poser, intervint Maugrey.

Dumbledore tourna la tête vers lui en silence, attendant une question qu'il redoutait.

- Qui nous a tous mis en danger en rapportant la prophétie à Voldemort ?

Elphias et Emmeline échangèrent un regard. Eux savaient. Mais Dumbledore ne voulait pas qu'ils en parlent. Ils se demandaient toujours pourquoi.

- ça a peu d'importance, répondit Dumbledore.

- ça a toute son importance Albus ! Quel mangemort ?

- Tout ce qui compte, c'est que Voldemort est au courant. Et si l'un de ces deux enfants nait à la fin du mois de juillet... nous devrons le protéger. Car Voldemort n'aura de cesse d'essayer de s'en débarrasser avant qu'il ne puisse grandir.

- Pourquoi refuser de nous donner un nom ? Insista Alastor. Je suis Auror ! Mon boulot c'est de capturer les mangemorts et je compte bien placer celui qui nous a tous mis dans la merde tout en haut de ma liste !

- Inutile d'insister Alastor.

- Vous deux ! S'exclama l'Auror en direction d'Elphias et Emmeline. Vous étiez sur place. Crachez le morceau.

- Ils ne peuvent pas cracher le morceau, dit Albus exaspéré.

- Vous avez lié leurs langues ? S'étonna Minerva. Pourquoi aller aussi loin Albus ? Pour un mangemort.

- J'ai mes raisons. Je pensais que cela vous suffirait.

- Vous pensiez mal, grogna Alastor. Vous ne pouvez pas cacher une telle information. Pour je ne sais quel motif qui est sûrement aberrant ! Peu importe je finirai par savoir. Abelforth n'est pas là mais il est sûrement au courant. Et il ne s'est sûrement pas laissé ensorcelé.

- Je doute qu'Abelforth vous dise quoi que ce soit. Et je n'aurai pas besoin de lui lier la langue ni même de lui demander de se taire.

- Et Vicky ? Demanda Remus. Elle sait quelque chose ?

- Veuillez laisser cette demoiselle en dehors de nos affaires.

- Ouais, c'est une brave fille, approuva Fabian. Ne va pas aller l'emmerder Fol'Oeil.

- Une brave fille ? Dit narquoisement l'Auror. Parce qu'elle t'a fait passer ta valise ? Pour ce qu'on en sait, ce pourrait bien être elle... la mangemort.

- Absolument pas ! S'exclama Gideon. C'est une jeune fille honnête. Et je ne doute pas d'elle.

- Moi non plus, approuva Remus.

- Ni moi, dit James. Elle fait le meilleur chocolat chaud de grande-bretagne.

La plupart ne purent s'empêcher de sourire. Mais Alastor n'était pas convaincu. Loin de là.

- On parle de choses sérieuses ici, lui fit-il remarquer.

- J'étais sérieux.

- C'en est assez, intervint Albus. La réunion est terminée. Soyez tous prudents et vigilants. Minerva.

Dumbledore sortit du salon, le professeur de métamorphose sur ses talons. Et s'enfermant avec elle dans la cuisine, Albus insonorisa la pièce avant de dire :

- Je vous écoute.

- Le chat de Van Albus ! S'exclama-t-elle aussitôt. Par Merlin, ne me dites pas qu'il s'agit de ce à quoi je pense.

- Comme pour vous ça me semble une évidence. Aurore est réapparue.

- Comment cela se peut-il ? Je pensais qu'elle était rentrée à son époque.

- C'était apparemment au-dessus de ses forces.

- Savez-vous où elle se trouve ? À quelle date est-elle réapparue ?

- La nuit du 30 juin dernier.

- Il y a une semaine ? Et vous le saviez ?!

- Rassurez-vous, elle va bien. Aurore se trouve chez une personne de confiance.

- Qui donc ?

- Je garderai le secret là dessus Minerva.

- Oh Albus, soupira-t-elle. Je vous en prie, ne me laissez pas dans l'ignorance. Vous savez que je suis son maître. Et je ne peux imaginer la laisser agir seule...

- Miss Lupin a fait un choix en revenant parmi nous. Elle a abandonné sa famille. Et il ne fait aucun doute qu'elle compte faire de son mieux pour que les choses se passent bien. C'est d'ailleurs ce que prédit la prophétie. Elle doit veiller sur l'élu. Seule. Nous devons la laisser faire. Le futur est en marche et nous n'y pouvons rien. Ce sont les choix d'Aurore qui détermineront le dénouement. Heureusement, elle a une longueur d'avance sur le futur.

- Les choses peuvent très mal tourner si elle fait de mauvais choix. Connaitre les évènements à l'avance n'est pas forcément un avantage. Elle n'est pas impartiale. Et... elle est si jeune. Elle n'a pas la sagesse requise pour...

- Et elle ne fait qu'attirer les ennuis, vous pouvez le dire, ajouta-t-il l'air légèrement amusé.

- C'est une affaire grave Albus ! N'êtes-vous pas inquiet pour elle ? La fin de la prophétie...

- Bien sûr que je suis inquiet. J'étais même sur le point de la ramener avec moi au château hier mais... on m'a fait remarquer que personne n'est en sécurité auprès de moi.

- C'est la chose la plus stupide que j'ai jamais entendue.

- Il sera ravi de l'apprendre.

- Il ?

- Ah, Minerva. Ne jouez pas à ce jeu. J'ai déjà assez à faire avec Alastor.

- Fort bien. Mais je suis tout de même inquiète. Si l'un survit...

- L'autre disparaitra. Je sais.

- On ne peut pas laisser faire ça. On ne peut pas sacrifier Miss Lupin pour l'élu.

- Nous ne savons pas exactement de quoi il en retourne. Disparaitre veut peut-être tout simplement dire... retourner chez elle.

- Dites-moi que vous en êtes convaincu. Et je cesserai de m'inquiéter.

- Je n'en suis pas convaincu. Mais c'est une possibilité à laquelle nous devons nous raccrocher.

Minerva soupira. Elle regrettait de ne pas avoir pris Aurore sous son aile lorsqu'elle était à Poudlard. De ne pas lui avoir appris la prudence et le discernement. "À moins que je ne l'ai fait... dans le futur. Mais pour ce que j'en ai vu, Miss Lupin devait être très mauvaise élève. Ou moi très mauvais maître". Quant à Dumbledore, il était encore plus inquiet qu'il n'y paraissait. Ce que Sibylle lui avait dit avant de prononcer la prophétie... il ne l'avait d'abord pas prise au sérieux. Mais maintenant... "Elle a vu la ligne de vie d'Aurore disparaître. Sa ligne de vie... un simple retour chez elle serait trop simple".

- Mais d'autres choses m'inquiètent, ajouta Albus. Les mentions de la fleur et de la lumière me sont encore obscures. Et je ne vois pas comment elle pourrait "figer" la roue du temps. Qu'est-ce que cela veut dire...? réfléchit-il.

- Un rapport avec son sablier ?

- À l'évidence. Mais personne ne fige le temps. Et dans quel but de toute façon ? Je doute qu'il se complaise dans l'immobilisme.

- Encore un "il" ?

- Vous êtes d'humeur curieuse aujourd'hui.

- Et vous toujours aussi mystérieux. Ne vous lassez-vous jamais de vos cachoteries ?

- Pas quand elles sont nécessaires. Ce qui est le cas la plupart du temps.

- Avouez que vous aimez être le seul à toujours tout savoir.

- Si je savais tout Minerva... nous ne serions pas en train de nous inquiéter pour Miss Lupin. Et Voldemort serait détruit depuis longtemps. Il n'aurait peut-être même jamais existé. Si j'avais su...

- Albus, dit-elle d'un ton compatissant. Nous sommes professeurs. Notre devoir est d'enseigner. C'est aux élèves de décider de l'usage qu'ils feront de ces connaissances. Vous ne pouviez pas savoir quel monstre il deviendrait lorsque vous l'avez amené à Poudlard.

- Vous voyez ? Je ne pouvais pas savoir. Et encore aujourd'hui... je voudrais savoir. Savoir ce que l'avenir nous réserve. À tous. Que ce soit le monde sorcier... ou Miss Aurore Lupin.

Soudain, on frappa à la porte. C'était Sirius.

- Vous comptez squatter les lieux combien de temps encore ?

- Ah, je crois qu'il est temps pour nous de rentrer à Poudlard, dit Albus. Nos chers élèves nous attendent.

Ils se dirigeaient vers la porte lorsque Minerva demanda :

- Nous avons tous remarqué l'absence d'Abelforth et de Mr Pettigrow.

- Vous connaissez Ab. Quant à Peter... je ne suis pas sûr. Emmeline l'a pourtant prévenu par hibou.

- Doit-on envoyer quelqu'un vérifier si il va bien ?

- Je m'en occuperai moi-même.


oh ! ça se complique. (je fais jamais dans le simple mdr)

Je vous remets la nouvelle prophétie ici :

Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche... il naitra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois... Et le chat de Van figera la roue du temps pour veiller sur lui, engendrant fleur et lumière qui serviront l'élu... mais bien qu'ayant les mêmes buts, les destins de l'élu et du chat s'opposent... car si l'un survit l'autre disparaîtra... en même temps que le Seigneur des Ténèbres...

Alors ? qu'est-ce que vous en pensez ? Avez-vous deviné ce qui allait se passer ? ^^

Reponses aux reviews :

Takinza : et oui, je ne peux pas m'en empêcher lol. Désolée de vous faire mariner comme ça. bisous !

Marie : tant pis, je ne peux pas convaincre tout le monde. d'un côté je comprends ton malaise. J'ai apporté un grand changement à la fic. en fait le problème vient du fait qu'Aurore est le personnage principal. Sirius aussi bien sûr mais juste derrière elle. alors maintenant qu'elle est séparée de lui vous le voyez moins et ça vous peine. Mais je suis obligée de faire comme ça pour ménager mes petits secrets ^^ si je décrivais tout du côté de sirius, je trouverais ça moins drôle parce que vous découvririez tout ce qui s'est passé pendant ces 3 ans qu'Aurore a sauté. Et il y a beaucoup trop d'évènement importants auquels Aurore doit participer pour que je la mette de côté. Après tout elle est notre chat de Van ^^ Pour ce qui est de la prophétie je trouvais celle de JK super bien et j'ai essayé d'être à la hauteur. Peut-être que k'en ai trop fais mdr. Bisous !

Bazilea : tant mieux si tu n'as rien compris. ça m'arrange, tu ne devineras pas tout et je garderai un peu de suspense mdr. bisous !

Nayla-HP : merci ! ;) Malheureusement, Severus ne se doute pas que la prophétie désigne le fils de Lily. Il a déjà tout révélé à Voldy, désolée ^^

a-little-piece-of-sky : fou, c'est le mot lol. j'essaye de faire intervenir tous les membres de l'Ordre même si c'est difficile ^^ Je me suis vraiment creusé la tête pour la prophétie xD j'ai tourné les phrases dans tous les sens jusqu'à satisfaction. Et j'imaginais Sibulle dire tout ça avec sa voix d'illuminée mdr. Mais oui, Sirius refais petit à petit son retour. J'ai besoin d'une phase de transition. J'adore les petites parenthèses des lecteurs, n'hésite pas ;) En plus maintenant c'est toi qui me donne envie de revoir tous les films ! Où ai-je rangé mes DVD ?! Ah oui, dans mon coffre fort avec mes DVD de Stargate ! xD allez, je te laisse. (moi aussi je pleure encore pour Doby) Bisous !

Git : c'est vrai que les enjeux sont lourds et que beaucoup de choses reposent sur les épaules d'Aurore. Et il faut être réaliste, tout ne se passera pas comme elle l'espère. je n'en dis pas plus ^^ mais elle fera de son mieux pour réparer ses erreurs. merci beaucoup Git ;) bisous

ah oui, je vous l'annonce tout de suite, la prophétie se réalisera. Comment ? vous verrez ! ^^

laloudu77 : pleins de bébés ? mdr. on verra ça. Mais ce qu'annonce la prophétie semble immuable ^^ biz

Yaga-Poplar : ça ne pouvait pas être si simple, écarter Peter ne suffit pas. les persos manquants arriveront en temps voulu. Ab a bon coeur ^^ Gros bisous !

maoren : James a toujours le coeur à plaisanter même dans les situations critiques lol. à bientôt ;)

nhymphe : des questions toujours des questions ;) c'est bien de te creuser les tête sur la lumière et la fleur. (si j'ai précisément mis le mot "engendrer"... ce n'est pas pour rien ;) sens premier donc. Par contre je garde le mystère sur "disparaître" lol) Ab et Alex ont un point commun : caractère de cochon ! mdr. Bisous

Gab92 : je ne sais pas du tout combien il y aura de chapitre. Encore pas mal en tout cas ^^ la rencontre entre eux finira bien par avoir lieu. Je ne dis pas quand ;) bisous

Hermione 1888 : merci beaucoup ^^ à bientôt !

copa cabana : ça me fait rire (et plaisir) quand j'imagine les gens lire mes chapitres sur leur portable dans toutes sortes d'endroits. La fleur et la lumière apporteront un peu d'aide à Harry au milieu de tous les changements provoqués par Aurore lol. à bientôt ;)

Paracelse : allo quoi mdr. c'est vrai que je fais des choses inquiétantes dans cette fic. j'ai même peur de pas être à la hauteur. mais courage, je sais que je peux y arriver sans incohérences (pitié ! faites que j'y arrive !). enfin bon, on sait jamais alors si vous voyez quelque chose qui ne va pas du tout, n'hésitez pas à me le faire remarquer. mais merci de me faire confiance ! ^^ bisous

Elsie.S : à toi aussi je t'ai retourné le cerveau avec cette nouvelle prophétie ? lol. (à se demander si mon propre cerveau est dans le bon sens xD) Tu as raison, c'est un tout nouveau départ que prend la fic ^^ on se revoit vite ;) bisous

brilou : Aurore prends de gros risques en revenant. Severus a raconté toute la prophétie à Voldemort... mais il ne lui a peut être pas parlé de la fille qui a essayé de l'arrêter ^^ merci, bisous