Traduction de la fiction d'AddriannaDestiny.Merci à Béné pour son aide.

Merci également à yaya (Le pire est à venir, mouhahaha !), noominaome (Trop contente de te retrouver ! Alors, le retard est rattrapé ? En même temps, du coup, si tu lis ça…), Taraimperatrice (Perso, Marcel, il me fait de la peine… Même dans la série, quand Davina est morte pour la moisson… Et quand Klaus l'a pris dans ses bras pour le consoler… Ah, je suis trop sentimentale !) et Odessa (Si tu aimes le suspens, tu vas être servie…).


Ce n'était pas sa meilleure peinture mais il n'y avait pas non plus mis plus de bonne volonté que ça. Avec quelques coups de pinceau indifférents, il finit les dernières touches et ajouta une nuance de roux un peu plus foncé à ses cheveux. Ce fut à peu près à ce moment qu'elle se réveilla enfin sur le canapé.

Elle s'approcha de lui en passant une chemise ample par la tête. Son épaule couleur ivoire fut exposée lorsque la chemise tomba naturellement sur le côté et elle fit de son mieux pour lui adresser un sourire séducteur.

- J'ai dormi trop longtemps, je crois que ça veut dire que tu m'as laissée épuisée cette nuit.

- Le sexe est moyen mais tolérable, lâcha-t-il simplement.

Geneviève essaya de garder son sourire intact et se concentra sur la peinture.

- Tu as fait ça pour moi ? J'ai l'air si belle… dit-elle en lui faisant à présent face. Je suis si touchée, Nik, par cette tendre attention.

Il s'écarta à la seconde où elle tendit la main pour lui caresser la joue et alla s'essuyer les mains.

- C'est à toi si tu veux l'emmener chez toi… fit-il en lâchant le chiffon avec un sourire sournois. Mais d'abord, fais quelque chose pour moi.

- Exactement ce que tu as dit hier soir, rappela-t-elle en perdant finalement son sourire.

Le sourire effronté de Klaus s'agrandit.

- J'ai besoin d'une sorcière, Geneviève. C'est toi qui voulais gémir mon nom. Je m'exécute quand je m'ennuie ou sans aucune autre option.

Elle remit sa chemise comme si elle ne voulait plus exposer une once de sa peau à ses yeux ou peut-être juste pour regagner un peu de la fierté dont elle manquait.

- Mens-toi à toi-même autant que tu veux, Nik, mais je sais que tu m'apprécies.

- Je t'enverrai chercher quand j'aurai de nouveau besoin de tes services exquis, dit-il froidement.

Elle prit une grande inspiration pour se calmer et l'arrêta avec détermination quand il essaya de sortir du studio.

- Reconsidère tes paroles… judicieusement, ajouta-t-elle d'un ton acerbe en prenant son visage entre ses mains.

Klaus cligna lentement des yeux, comme s'il se débattait avec quelque chose, et l'expression de Geneviève changea résolument. Après quelques secondes, il lui sourit sans aucun souvenir de ce qu'il venait de dire.

- Bonjour, Nik, dit-elle tendrement.

- Elijah semble être en train de démolir la maison… fit-il en paraissant encore un peu désorienté.

- On vérifiera ça dans un petit moment, répondit-elle en se penchant pour obtenir un baiser qu'il esquiva en marchant vers la peinture.

- As-tu vu ce que j'ai fait pour toi ?

Geneviève soupira.

- Oui, c'est très beau, déclara-t-elle en se forçant à sourire simplement parce qu'il était en train de sourire.

Mais elle perdit totalement son sourire lorsqu'il lui tourna le dos et se dirigea vers l'escalier.

- Tu vas réveiller les morts avec tout ce bruit, lança Klaus avec un sourire dès qu'il vit son frère aîné.

Pourtant Elijah ne l'accueillit pas aussi chaleureusement que ce à quoi il s'attendait.

- Hayley ne vivra pas plus longtemps dans le Bayou. Je vais la ramener à la maison mais pas sans changer quelques petites choses autour d'elle.

Klaus s'arrêta dans les escaliers avec la nette impression que quelques faits lui échappaient et qu'Elijah était en colère à la façon dont il sous-entendait d'autres changements dans les parages.

- Où est Rebekah ? demanda-t-il en plissant les yeux, l'allusion à la paysanne le dirigeant droit vers une référence royale.

Elijah le prit de haut en soupirant ouvertement.

- Tu en es encore là, Niklaus ? Il faut que tu te calmes sur le Bourbon… Notre sœur est partie depuis des mois maintenant, il faut que tu passes à autre chose… Tu te souviens de comment tu l'as libérée après avoir pratiquement essayé de la tuer ? C'est une bonne chose que ce stupide procès ait bien tourné et qu'elle vive maintenant sa vie pour une fois loin d'ici.

Klaus remua la tête : quelque chose clochait. Il regarda la main lui touchant le bras.

- Laisse Elijah s'occuper des ouvriers, on devrait rester hors de son chemin. D'ailleurs c'est une magnifique journée et on pourrait s'amuser un peu tout seuls, dit Geneviève en souriant en tirant Klaus par le bras, l'incitant à la suivre.

Il partit avec elle à contrecœur mais regarda en arrière Elijah qui était complètement concentré sur les travaux de reconstruction, ignorant la façon dont le regard fixe de Klaus l'appelait au secours : quelque chose ne tournait vraiment pas rond et Klaus continua de regarder en arrière vers son frère, souhaitant que celui-ci le remarque.

Geneviève le toucha une nouvelle fois. Elle lui caressa tendrement la joue tandis qu'ils traversaient le couloir qui les menait vers sa chambre mais Klaus retira doucement la main de Geneviève de son visage : au lieu de l'apaiser, son toucher était en quelque sorte perturbant.

Elle prit conscience de son expression et ne fut pas contente qu'il mette immédiatement de la distance entre eux. Klaus ouvrit les portes du balcon et mit un pied à l'extérieur vers la journée ensoleillée, à la recherche d'un peu de clarté : son esprit était agité et il sursauta quand Geneviève le toucha encore.

- Tu sembles troublé… Peut-être puis-je apaiser un peu de cette tension… murmura-t-elle en l'attirant à elle.

Poussé par quelque chose qu'il ne pouvait comprendre, Klaus la plaqua contre le mur. Il voulut se détacher d'elle mais quand elle fit courir sa main dans ses cheveux, il fut contraint de se rapprocher et sans être aux commandes, il l'embrassa dans le cou.

Elle gémit, satisfaite, mais lui ne l'était pas. Il cligna des yeux et ce ne furent pas ses gémissements bas de gamme qu'il entendit : ce fut le plus doux des rires pétillants qui l'enveloppa, et Klaus regarda Geneviève, abasourdi.

Il ne s'attendait pas à voir ses cheveux roux, ni cette sorte de bleu qu'il espérait voir lorsqu'il plongea son regard dans ses yeux. Avant qu'elle ne touche une nouvelle fois son visage, Klaus lui attrapa brutalement la main.

- Qu'est-ce qui m'arrive ? exigea-t-il de savoir sur le champ.

- Tu es juste fatigué : ça ne s'est jamais arrêté ces derniers temps avec le combat continu entre les factions et le bébé sur le point d'arriver…

Les doigts de Klaus serrèrent le poignet de Geneviève avec encore plus de force.

- Ce n'est pas réel…

Geneviève haleta.

- Là, je suis vraiment impressionnée…

Klaus relâcha son poignet et retourna dans la chambre principale. Il fit les cent pas en luttant avec sa mémoire qui voulait ramper hors de son esprit ensorcelé.

Il s'arrêta devant le miroir et même s'il était en train de se regarder, ce n'était pas son propre reflet qu'il cherchait. Ses yeux se posèrent sur le coin inférieur du miroir et il le toucha comme s'il était certain que quelque chose y manquait.

Geneviève se massa le poignet en l'observant attentivement.

- Il y avait une photo ici… marmonna-t-il en se fixant sur cette faible image qu'il avait d'une blonde avec un chien. Qu'est-ce que tu en as fait ? demanda-t-il en se retournant pour faire face à la sorcière.

Elle s'approcha de lui en quelques pas et lui toucha le torse.


Klaus hurla en ouvrant les yeux lorsqu'il se réveilla sur une vieille table d'opération avec des chaînes lui retenant les poignets et les jambes. Il se débattit avec les entraves mais il y avait un couteau qui le blessait cruellement près du cœur et il inclina la tête pour regarder la sorcière aux commandes de sa torture.

- Je t'ai donné un aperçu de ce que ta vie pourrait être sans certaines des personnes qui t'entourent dans ta vie actuelle. Je me sens presque timide d'admettre que j'ai apprécié de savoir que je ferais partie d'un autre futur possible pour toi.

- Tu as implanté des souvenirs empoisonnés dans mon esprit : je ne te regarderais même pas deux fois. Pas même quand je te tuerais par ennui.

- Non, Klaus. J'ai seulement jeté le sort pour découvrir comment ton destin se dénouerait sans ton cœur… rétorqua-t-elle en serrant les dents. Même si je te trouve effectivement pathétique de considérer cette vampire blonde comme ton cœur. Tu es Niklaus Mikaelson… ajouta-t-elle en se penchant pour lui murmurer à l'oreille. Tu n'as pas besoin d'un cœur.

À cet instant, il prit conscience qu'ils n'étaient pas seuls : une psalmodie régulière résonna derrière la rousse et il commença à comprendre pourquoi elle contrôlait si facilement ses tentatives pour contrer le sort.

Il serra les dents, essayant encore de combattre les chaînes autour de lui et sa volonté actuelle de succomber à un sommeil vicieux qui prenait le dessus sur sa suprématie. Il essaya mais il ne mit pas longtemps à glisser vers une autre perte de connaissance tandis qu'elle déclenchait une autre étape du sort.


Klaus se retrouva debout au milieu d'un hall inconnu. Il n'avait aucun souvenir d'avoir jamais été là et il ne pouvait reconnaître aucun des visages qui passaient près de lui jusqu'à ce que ce rire unique rattrape tous ses sens.

- Caroline ! s'exclama-t-il, surexcité, lorsqu'il se retourna pour la trouver au milieu d'un groupe de filles.

- Oh mon Dieu… murmura-t-elle, abasourdie de le voir.

Il affichait cet énorme sourire de soulagement en marchant vers elle, ignorant tous les regards en pamoison que les étudiantes lui adressaient.

- Qu'est-ce que tu fais à Whitmore ? lui demanda-t-elle d'une voix tremblante.

- Je dois te parler de toute urgence, dit-il tout contre son visage.

Il était tellement habitué à lui parler sans espace entre eux qu'il ne se rendit absolument pas compte qu'elle était mal à l'aise ou que les autres filles les avaient laissés seuls, supposant qu'ils étaient intimes, et il était sur le point de tendre la main pour lui toucher le visage quand elle réagit et se tourna vers une porte.

- On devrait quitter le couloir avant que quelqu'un appelle Elena et lui dise que tu es là, déclara-t-elle en ouvrant la porte de sa chambre. Non pas que je m'attende à ce que quiconque saute dans le prochain avion et vienne à la rescousse de toute façon, ajouta-t-elle en marmonnant.

- Mon ange, j'ai besoin que tu te concentres sur ce que je suis sur le point de dire, fit-il en essayant rapidement d'établir les méandres que suivait le sort. Rien de tout ceci est réel, je suis retenu prisonnier d'un sortilège qui livre une version alternative de nos vies.

Caroline le fixa du regard, le visage vide de toute expression, avant de jeter son sac et ses livres sur le lit.

- L'alcool de la Nouvelle-Orléans est clairement fort, fit-elle en écarquillant les yeux.

Klaus lui prit le bras et la tourna face à lui.

- Mon cœur…

Aussitôt, Caroline tira son bras loin de sa main et avec une détermination féroce, elle plaça une main entre eux.

- Reste juste de ce côté de ton espace vital. Je ne sais pas ce qui ne va pas avec toi mais tu ne peux pas venir dans ma fac et tout perturber. Tu m'as promis, Klaus !

- Qu'est-ce que je t'ai promis ? demanda-t-il, craignant de tout son être la réponse qui allait arriver.

- Sérieusement ? fit Caroline en lui offrant un grand ricanement qui se transforma en rire. Tu es incorrigible, je vois que ça n'a pas changé, sauf pour le regard légèrement cinglé… dit-elle en essayant de ne pas s'attarder trop longtemps sur ses yeux bleus envoutants.

- Mon ange, il faut que tu me croies, rien de tout ça n'est réel. Nous avons une autre vie ensemble à la Nouvelle-Orléans et rien de tout ça n'est jamais arrivé, la supplia-t-il avec un désespoir qui jaillit avec violence quand il fit un autre pas vers elle. Tu dois me croire, insista-t-il en lui prenant les armes avec force face à son regard interrogatif.

Caroline chancela en le regardant, l'air un peu effrayée.

- Je ne sais vraiment pas ce qui cloche chez toi, Klaus, mais ça c'est réel... Ma vie est ici et tu es à la Nouvelle-Orléans, sur le point d'être père.

La façon dont ces derniers mots semblèrent lui échapper si à contrecœur le fit sourire.

- Ce n'est pas mon enfant, Caroline. On l'a découvert peu de temps après avoir commencé notre vie ensemble.

- Tu n'arrêtes pas de dire ça… murmura-t-elle en essayant de se libérer de son étreinte.

Rien ne le blessa plus que la façon dont elle montrait si brutalement que sa proximité n'était pas désirée et il ouvrit les mains, la relâchant.

- Parce que c'est ce que nous avons… murmura-t-il en s'asseyant sur son lit, abattu.

Il ne faisait pas du tout froid et elle tremblait, malgré le fait qu'elle ne pouvait pas ressentir le froid. En réalité, Caroline savait que c'était entièrement parce qu'elle était dans une chambre seule avec lui.

Elle l'observa avec un peu plus d'attention à présent. Il avait les épaules affaissées et sa tête était totalement baissée. Il avait l'air fatigué et d'une certaine manière cette force séductrice qui émanait toujours de lui avait disparu. Ce Klaus était pâle en comparaison de ce qu'elle connaissait de lui et dont elle se rappelait de façon exaspérante durant ces très longues nuits à Whitmore.

- Qu'est-il advenu de nous ? demanda-t-il en levant la tête pour lui faire face.

Caroline était touchée par son expression honnête et sombre et elle décida de croire qu'il souffrait d'amnésie, même s'il avait fait toute la route jusque-là.

- Eh bien… Tu es revenu en ville quand Katherine était mourante et on s'est rencontrés dans la forêt. Ensuite tu m'as mise face à mes sentiments et tu as promis de partir et de ne jamais revenir si j'admettais ce que je ressentais pour toi. Je t'ai embrassé, tu m'as embrassée en retour et on a couché ensemble pendant des heures et c'était époustouflant. Ensuite tu es parti et je n'ai plus jamais eu de tes nouvelles, Klaus, jusqu'à aujourd'hui quand tu es apparu avec un étrange cas de La Mémoire dans la peau.

Klaus bondit du lit avec un regain d'énergie.

- Crois-tu un seul instant que j'aurais couché avec toi pour simplement partir sans t'emmener avec moi, même par la force s'il l'avait fallu ?

Elle répondit à sa voix consternée avec une faible affirmation.

- Le sexe n'était pas planifié, Klaus : on s'est embrassés et c'était vraiment génial de t'embrasser mais je ne sais pas comment j'en suis venue à frémir sous toi, résuma Caroline en levant les mains. D'ailleurs, tu as promis que tu t'éloignerais et ne reviendrais jamais. Je suis désolée de t'avoir cru…

- Je ne me conformerais jamais à cette promesse, jamais, cria-t-il.

Caroline reçut le cri en haletant puis elle serra les lèvres avec colère.

- Pourquoi est-ce tellement un choc ? Tu m'as pourchassée pendant deux années entières. Quand j'ai finalement cédé, tu as pris ce que tu voulais et tu as repris ta petite vie, lança-t-elle avant de se forcer à se taire avant de dire comme tous les autres avant toi.

Les muscles du visage de Klaus se contractèrent de colère : il fit un pas si rapidement que Caroline recula instinctivement d'un pas avec peur, mais il lui attrapa quand même brutalement les bras.

- Oserais-tu supposer que tout ce que je voulais de toi durant tout ce temps était du banal sexe ?

- Je… bafouilla Caroline. Tu ne m'as pas entendu dire que c'était époustouflant ?

Klaus pencha un peu la tête sur le côté comme il le faisait quand il se débattait profondément avec des sentiments dont il ne voulait pas. Caroline se passa la langue sur les lèvres, anxieuse, mais elle se figea quand il mit sa main sur sa joue.

- Aucune de ces absurdités n'est arrivée. Ce qui s'est vraiment passé, c'est que quand j'ai déménagé à la Nouvelle-Orléans, je ne t'ai pas du tout oubliée. On a parlé pendant l'été et quand tu as tout découvert à propos d'Hayley tu es venue me voir. On ne s'est pas quittés en bons termes mais ensuite Silas a essayé de te tuer et Tyler t'a amenée à moi, donc après avoir été soignée tu t'es fait transférer à l'Université de la Nouvelle-Orléans et on est parvenus à combiner nos vies à partir de là. Notre amour s'est développé et le fait que je sois en train de cracher tant de mots que je ne prononce habituellement pas montre suffisamment que tu t'es insinuée sous ma peau, déclara-t-il avant de serrer les lèvres. Nous sommes heureux, perçois-tu ça, Caroline ?

Il y avait tant de fragilité en lui que ça perturba Caroline.

- C'est insensé, Klaus… dit-elle en secouant la tête. Tu es en train de me donner cette version de ma vie digne de Fringe alors que tout ce que je sais c'est que… D'accord, on a partagé un moment particulier ce jour-là. J'ai bien senti une connexion avec toi pour la première fois, une connexion honnête et pure, mais ensuite tu es parti et les autres m'ont tellement fait me sentir comme une traînée quand ils l'ont découvert, Tyler a même essayé de me mordre. Alors tu vois, Klaus, j'en suis là, à vivre la grande aventure de la fac seule parce qu'Elena vient rarement en cours et si Bonnie était en vie elles me cacheraient des secrets d'amies… raconta-t-elle avant de serrer les lèvres pour empêcher les larmes lui arrivant aux yeux de couler. Et j'aimerais vraiment pouvoir croire ton histoire de dingues… parce que la première semaine après notre délirant déchaînement contre les arbres, tout ce que je pouvais faire, c'était sourire.

Klaus sécurisa ses douces joues entre ses paumes.

- On a ramené mon frère Kol à la vie et Bonnie aussi, et tu as cette petite cour qui semble ne faire que s'agrandir avec le temps. Il y a Rebekah, Bonnie et cette fille, Camille : ce sont des amies proches et loyales pour toi, et il n'y a pas un seul secret entre toi et moi. Ma maison est toujours pleine d'évènements trépidants et de mouvement et ma famille est réunie grâce à toi. Et il y a un petit chiot que tu as appelé Klausy.

Le plus incroyable des sourires jaillit des lèvres de Caroline.

- J'adore les chiots…

- On a tout ça, Caroline, lui assura Klaus.

Elle s'écarta de nouveau de lui et se mit les mains sur le front avec difficulté.

- Le mois dernier on a entendu parler du bébé miracle et ça m'a enfin frappé que je ne faisais plus partie de ta vie.

Klaus tira fermement son bras et la fit s'écraser contre son torse.

- Tu en fais partie, c'est pour ça que je suis là. Parce que je ne veux pas d'une vie sans toi, je veux ce qu'on a. J'ai besoin de le récupérer, Caroline.

Elle le regarda désespérément : chaque parcelle de résistance avait disparu lorsqu'il se pencha avec force et l'embrassa. Elle lui répondit même et se pressa à lui, ses lèvres se mêlèrent aux siennes et ses doigts trouvèrent ses cheveux.

- Pourquoi ne m'as-tu pas appelée ? demanda-t-elle quand un minuscule espace apparut entre leurs lèvres.

- Je l'ai fait, dit-il en lui caressant la nuque d'une main douce. Et je t'ai aidée à peindre une chambre pour Bonnie… ajouta-t-il en volant un autre baiser à ses lèvres douces. Et ta mère et Stefan vivent maintenant également à la Nouvelle-Orléans.

Caroline ferma les yeux, résistant à l'attrait de le croire, mais elle pencha la tête contre la main de Klaus, apaisée par un toucher qu'elle avait eu secrètement très envie de sentir à nouveau.

- Je te parle en nordique quand on fait l'amour et je connais par cœur chacune des fois où tu m'as dit que tu m'aimes.

Il pouvait la sentir basculer de son côté.

Mais quand Caroline ouvrit les yeux, ce ne fut pas le bleu auquel il s'attendait, et avec un sourire cruel ses traits changèrent et Geneviève apparut à sa place.


Klaus ouvrit les yeux en se réveillant de nouveau sur cette table de torture. Avec un cri qui emplit ses poumons puis les couloirs vides du bâtiment abandonné, il hurla le nom de la femme qu'il aimait.

- Caroline !

Geneviève ferma la main, relâchant des gouttes de sang au-dessus du nom écrit dans un vieux dialecte. Elle prit le poivre de Cayenne puis le sel, ajouta deux gouttes de vinaigrette et enfin termina avec la belle boucle blonde qu'elle venait de couper de la chevelure de Klaus.

Geneviève plia le bout de papier en quatre et plaça sa main au-dessus des bougies, augmentant la hauteur des flammes.

Elle fit claquer ses talons contre le sol trois fois, ajoutant une psalmodie à chaque fois.

- Vieille Mamma Laveau, ouvrez le portail. Vieille Mamma Laveau, ouvrez le portail. Vieille Mamma Laveau, ouvrez le portail, répéta-t-elle en tenant le sac en plastique au-dessus de sa tête en signe de respect. J'en appelle à vous, puissants esprits de l'obscurité, pour m'être témoin que moi, Geneviève, ai attaché et confondu Niklaus Mikaelson.

Elle commença une longue litanie dans sa tête, de vieilles prières passées de génération en génération et qu'elle maîtrisait comme personne.

Elle ouvrit les yeux et fit résonner ses paroles.

- Laissez le mal de ses propres lèvres le recouvrir et le priver de ce dont il est le plus fier. Ne lui faites connaître aucun répit puisqu'il n'en a offert à personne. Laissez le charbon brûlant de l'enfer tomber sur son bonheur, laissez son bien le plus précieux être projeté dans le feu et dans le trou le plus profond, pour qu'il ne s'élève plus jamais et pour que son cœur ne soit plus rien d'autre qu'un désert aride à partir de maintenant.

Avec cela, le sort explosa en flammes et Geneviève écarta les bras en remerciant les esprits, puis elle demanda à Mamma Laveau de bien vouloir refermer le portail.

Geneviève retourna à la table où Klaus bougeait rapidement les paupières, comme quelqu'un plongé dans un profond sommeil et rêvant de choses qu'il ne pouvait stopper.

Elle veilla à ce que cela reste ainsi en lui touchant le torse et en ravivant l'arbre rouge qui se propagea totalement jusqu'à son cerveau.


Klaus était de retour chez lui. Il descendit rapidement le couloir et ouvrit la porte de la chambre de Kol mais au lieu de trouver l'habituel bazar de vestes et de livres sur le lit, il trouva un berceau, et là où Kol gardait sa collection de battes, Klaus trouva un cheval à bascule en bois. Quand la musique d'un hochet de bébé se fit entendre, il regarda en arrière pour découvrir une Hayley très enceinte parlant à quelqu'un qui lui ressemblait.

Klaus fronça les sourcils, très perturbé, quand sa copie commença à livrer un discours ringard sur la paternité, et Klaus réalisa avec horreur qu'il était en train d'observer l'autre version de lui-même. Il agita une main entre Hayley et le Klaus alternatif mais aucun d'eux ne remarqua sa présence.

- J'ai eu la pire des enfances et les coups de mon père ont simplement détruit tout éventuel désir que j'avais pour mes propres enfants. Maintenant j'espère seulement pouvoir être tout ce que mon père n'était pas pour cet enfant que tu portes, dit-il. J'espère être un bon roi.

Hayley posa la main sur son gros ventre.

- Je ne veux rien venant de toi.

Tout en observant la scène et le couple, Klaus acquiesça.

- Ne t'inquiète pas, nous ne voulons rien de toi non plus.

- S'il te plaît, reconsidère ta décision et reviens ici : j'ai fait cette chambre d'enfant moi-même.

Klaus désigna du doigt son lui alternatif.

- J'espère vraiment que la seule raison pour laquelle tu l'as fait est que tu comptes les tuer tous les deux dans cette pièce… fit-il avant de plisser les yeux quand il aperçut une larme furtive dans les yeux du Klaus alternatif lorsqu'il quitta la chambre. Et maintenant tu pleures d'une émotion pure en pensant à ton plan macabre, ajouta-t-il, plein d'espoir.

Alors qu'il était sur le point de quitter la pièce pour pouvoir s'éloigner d'Hayley, il s'arrêta parce qu'Elijah entra d'une démarche fière. Bien sûr, celui-ci ne le vit pas et à la grande surprise de Klaus, Elijah étreignit affectueusement Hayley.

Klaus agita une main en rond vers eux.

- J'ai besoin d'un alcool fort pour supporter cette image.

- J'étais tellement terrifié que quelque chose te soit arrivé, aujourd'hui, dit Elijah une fois qu'il eut mis un peu d'espace entre eux en reculant.

- C'était juste une autre horrible journée de mon existence, fit-elle en dramatisant.

Elijah lui tourna le dos en dramatisant encore plus.

- Je n'avais jamais été aussi inquiet de toute ma vie.

- Eh bien… commença Klaus en écartant les mains. Qu'en est-il de la fois où nous avons été transformés en monstres, ou quand Rebekah a cru que j'étais mort, ou quand Katerina était en train de mourir ? demanda-t-il, offensé par le feuilleton de bas étage se déroulant devant lui. Juste pour citer quelques-unes de la centaine de fois où tu as été pétrifié à mort, ajouta-t-il quand même.

- Elijah… l'appela Hayley, le faisant se retourner.

Ensuite elle se contenta de lui violer la bouche sans pitié.

Klaus se mit la main sur le ventre.

- Du vomi acide vient d'atteindre ma bouche, fit-il en déglutissant avec difficulté.

Il quitta ensuite la pièce avec un œil fermé tandis qu'il passait à côté du baiser le plus dégoûtant auquel il avait jamais assisté. Sur le chemin, il murmura quand même à côté d'Elijah.

- J'espère que Katherine reviendra d'entre les morts pour te hanter pendant que tu coucheras avec la chienne en chaleur qui, ne t'en déplaise, est totalement en train de t'embrasser dans la chambre d'enfant plutôt bas de gamme que j'ai bâtie alors qu'elle est enceinte d'un enfant dont tout le monde croit encore qu'il est de moi. Ta morale a disparu du radar, Elijah, déclara-t-il d'un ton accusateur avant de s'éloigner.

Il était encore en train de descendre les escaliers dans un état inconvenant à cause du baiser dérangeant quand il vit Marcel attendre au balcon.

- Marcel… On moins on se parle dans cette version telenovela de ma vie.

Le vampire corpulent sauta et frappa l'autre version de Klaus.

- Je retire ce que j'ai dit, Consuela, fit Klaus en posant les bras sur le rebord du balcon pour observer l'épisode du jour.

Sa version alternative avait été complètement prise par surprise puisque l'attaque était survenue alors qu'il marchait d'un air sombre dans la cour intérieure.

- Tu as allumé Camille parce que tu étais jaloux de nous ? cria Marcel avant de lancer un autre coup.

- Je ne l'ai certainement pas fait ! déclara fermement Klaus depuis le balcon.

- Elle n'aurait jamais dû coucher avec toi, dit le Klaus alternatif. C'est mon amie et… j'ai beaucoup de sentiments pour elle.

- Frappe-le encore, Marcel, exigea Klaus depuis le balcon.

Marcel chancela en arrière.

- Pourquoi est-ce que tu veux tout ? Camille est à moi…

- C'est mon amie et elle vit dans ma ville ! hurla le Klaus alternatif, furieux. Tu n'es pas assez bien pour elle et je ne la laisserai pas être malheureuse en étant avec quelqu'un dont la bonté a été volée. Je suis le roi ! fit-il en se précipitant dans les escaliers, loin de Marcel.

- Qui es-tu ? demanda Klaus, horrifié, tandis que l'autre passait près de lui. Un homme qui clame être roi toutes les deux secondes n'a rien d'un roi. Tu ne regardes pas Game of Thrones ? cracha méchamment Klaus contre lui-même alors qu'ils se dirigeaient vers la bibliothèque. Tu as l'air lamentable… Est-ce qu'au moins tu te rappelles de comment tuer quelqu'un avec précision ? Ou comment être vaguement malfaisant ? demanda-t-il avec une grimace inquiète tandis que sa version de Klaus commençait à pleurer en se versant de l'alcool dans un verre.

- À moi, à moi… Tout est à moi. Je veux être roi et aucun de vous ne m'arrêtera, dit-il en reniflant avant de boire.

- Oh, je vois… déclara Klaus en se rapprochant de l'autre homme sans être vu. La chambre d'enfant est pour toi.

Il grogna en souhaitant pouvoir boire lui aussi. Le Klaus alternatif s'effondra dans le canapé, semblant brisé et triste. Après deux ou trois reniflements, il prit son téléphone dans la poche de sa veste et le fixa du regard, visiblement incapable de le déverrouiller.

Klaus s'assit à côté de lui avec une vague d'excitation.

- Es-tu en train d'envisager d'appeler une certaine guerrière blonde à la personnalité pétillante telle une déesse irréprochable ?

L'autre homme relâcha sa tête en arrière en vidant son verre, puis il se versa plus d'alcool et déverrouilla son téléphone.

- Oui ! s'exclama Klaus en bondissant de son siège. Appelle-la maintenant.

Le Klaus alternatif fixa son téléphone du regard sans bouger.

- Tu as besoin d'aide pour le numéro, Niklaus ? lâcha Klaus. Appelle juste Caroline, espèce de version folle et castrée de moi, hurla-t-il.

Ce fut une pure coïncidence, mais néanmoins le Klaus alternatif commença à composer un numéro.

- Oh bon sang, oui, cria Klaus, euphorique, en reconnaissant instantanément le numéro. Appelle-la et dis-lui combien elle te manque. Rampe s'il le faut, Niklaus : tu dois ramener cette femme ici pour pouvoir combattre cette vie cauchemardesque que tu vis.

L'autre homme recommença à renifler puis annula l'appel. Il serra son verre et le téléphone contre son torse et commença à pleurer, le corps tremblant.

- Je vais me mettre à pleurer aussi, dit sombrement Klaus. C'est la pire torture que j'ai jamais endurée… fit-il en s'affalant dans le canapé avant de fixer le plafond des yeux. Tu sais qu'elle chante, Niklaus ? Voilà ce que tu manques… et de l'extraordinaire sexe sur le bureau, pour info, grommela-t-il en boudant.

Elijah entra dans la pièce le sourire aux lèvres et il prit un verre pour se servir en alcool. Il s'approcha du canapé et proposa un toast.

- Jackson est de ton côté donc maintenant nous avons le soutien de la faction des loups-garous. Avec les sorcières dans notre manche, les humains vont être faciles à gérer. On l'a fait, on a tout maintenant.

- On n'a rien, ce n'est pas ce que tu m'as appris, Elijah, lâcha douloureusement Klaus.

Elijah le regarda droit dans les yeux et Klaus se retrouva désormais seul dans la pièce avec lui. Il réalisa aussi qu'Elijah pouvait le voir, ce qui signifiait que le sortilège était aussi en train de changer.

- Tu as un royaume, à présent, avec toutes les espèces à tes pieds prêtes à se prosterner devant la créature la plus puissante du monde, dit Elijah avec un sourire en tenant son verre comme pour une pose. Tu as aussi un héritier que les autres vont craindre et un statut au sein du monde surnaturel qui prendra ton nom aux quatre coins du monde. Les gens continueront de trembler en entendant ton nom mais désormais ils vont aussi te respecter.

- Je ne veux rien de tout ça, rétorqua Klaus en secouant lentement la tête.

Elijah rit en se moquant de lui.

- Ça a été ton rêve de suffisance depuis le début, pourquoi ce changement maintenant ?

- Je renoncerai au pouvoir incommensurable en échange de ma famille.

- Je suis là et l'enfant que la Reine des loups-garous porte est ta famille.

Klaus baissa les yeux avec tristesse quelques secondes.

- N'importe qui peut être reine quand chaque idiot veut se faire appeler Roi. Je ne veux pas de ce monde qui m'est offert : je veux Kol et Rebekah ici, je veux toi et moi unis comme le Roi Unn et son épée.

Elijah devint sérieux et son sourire de dédain presque narquois disparut.

- Parce que c'est de ça qu'il a toujours été question entre nous : Rebekah ressemblait à la princesse, Kol ressemblait au Roi, mais tu étais le roi au cœur juste et j'étais l'épée. Toujours incassable et toujours gardée au bout de ton bras. Nous sommes inséparables, forgés sous la pleine lune et aussi forts que l'acier. Tu portes peut-être le poids de 1 000 hommes sur tes épaules, Elijah, mais je les tuerai toujours pour toi.

Les yeux d'Elijah reflétèrent les larmes retenues de Klaus et il acquiesça, en paix avec les paroles vraies de Klaus.

- Les choses qu'on apprend quand on lance un Sortilège Révélateur, dit Geneviève derrière Klaus. J'ai tellement appris aujourd'hui en regardant dans ton subconscient.

Klaus sentit la vision imaginaire d'Elijah disparaître et il se concentra sur la sorcière.

- Quel était le but de tout ceci ?

- J'étais juste une petite fille la première fois que j'ai entendu parler de toi, le vampire impitoyable connu pour être diabolique et macabre avec ses petits jeux. J'étais fascinée par chaque histoire qui inondait la communauté sorcière en grandissant, j'ai même espéré être celle qui briserait ta malédiction. Je rêvais du jour où tu viendrais me chercher, pour que je maîtrise ma magie et te suive partout. Bien sûr ça n'a pas été aussi facile que ce que j'avais d'abord anticipé et quand tu as choisi de prendre un autre corps j'ai perdu ta trace. Ensuite j'ai entendu dire que cette fille Martin avait été la petite chanceuse, au final… grommela-t-elle, contrariée.

- Aucune de vous ne représentait quoi que ce soit pour moi... dit Klaus à la folle.

- Je t'ai vu cette nuit-là au club de Jazz avec Caroline… Personne ne m'a jamais regardée comme ça, ou embrassée avec cette passion rugissante, murmura-t-elle en posant ses yeux fous sur les lèvres de Klaus.

- La petite mascarade au début de cette débâcle prend maintenant tout son sens, fit Klaus, trouvant la fille vraiment fanatique.

- Tu ne peux pas en vouloir à une fille de mettre à l'essai son fantasme, répliqua-t-elle avant de laisser échapper un cri de démence en souriant.

- Tu t'es bien amusée, maintenant il est temps de mettre un terme à ce sortilège, suggéra-t-il avec un sourire charmeur.

Comme il fallait s'y attendre, Geneviève fondit et rougit timidement.

- Peut-être pourrais-tu m'accorder une dernière faveur avant que je ne relâche le grand Klaus Mikaelson dans ce monde ?

Klaus se fit séducteur en se rapprochant d'elle : il afficha un sourire comme une arme et ses yeux jouèrent avec elle sans effort. Il entendit son cœur changer de rythme de façon erratique et sa respiration se fit plus rapide. Gardant encore plus le contrôle de la situation, Klaus rusa en lui caressant tendrement la joue du pouce.

Il la sentit succomber et prolongea l'astuce en se penchant. L'empressement de Geneviève n'était rien en comparaison de son excitation et bien trop avidement, elle entrouvrit les lèvres avant même que le souffle de Klaus ne les chatouille.

Avec un sourire fourbe, Klaus serra sa gorge entre ses mains en lui volant son air.

- Je ne crois pas que tu t'appelles Caroline, mon ange, donc il n'y aura pas de baiser pour toi, dit-il, sa prise devenant mortelle.

La sorcière essaya désespérément de lui faire relâcher sa prise mais ses doigts étaient faibles et impuissants face à une main qui refusait de bouger.

- Que se passe-t-il si je te tue ici ? demanda Klaus en ramenant la tête de Geneviève en avant, prêt à briser ses os fragiles.

- Tu seras coincé à l'intérieur de ce sortilège pour toujours, pendant que ton corps luttera pour rester fonctionnel face à une conscience morte, répondit-elle d'une voix à peine audible.

Klaus prit plaisir à la regarder méchamment.

- Je suis du genre à défier la logique préétablie.

Geneviève ferma les yeux et l'action se déroula désormais en temps réel, avec la prise de Klaus sur son cou alors qu'il était encore sur la table. Son bras avait à peine la place de bouger mais il parvint quand même à l'enserrer fermement entre ses doigts menaçants, et même si elle avait sa paume contre son torse, rien ne se passa : c'était alarmant mais il commençait à résister au poison qu'elle avait utilisé pour le paralyser.

Elle écarquilla les yeux quand résonna l'affreux bruit de cassure des chaînes de Klaus autour de son bras gauche : il allait se libérer à tout moment et sa seule possibilité fut de plonger la lame de Bastiana dans son cou. Elle gagna ainsi de précieuses secondes tandis que la main de Klaus se relâchait un peu autour de son cou, et Geneviève prit ses jambes à son cou. Elle ne l'aperçut que du coin de l'œil quand il se redressa et retira la lame pleine de venin de son cou.

Elle s'accroupit dans un coin sombre. C'était un tel effort de garder son souffle galopant sous contrôle mais elle devait le faire : sa vie en dépendait.

- Je ne voudrais pas paraître trop pompeux à ce sujet mais je ne te voyais pas si timide, fit Klaus en entrant dans le couloir, près de là où elle se cachait.

Geneviève prit un petit morceau de miroir brisé dans sa main, près du mur où le couloir se finissait, et aperçut Klaus : la moitié de son torse et son épaule étaient couverts de sang, qui coulait encore de son cou. L'image sordide était encore amplifiée par la chemise noire ouverte qu'il portait encore comme elle l'avait laissée : le tissu de soie ne faisait que lui donner une allure encore plus sombre en bougeant et en collant à son corps robuste et à ses muscles à chaque pas qu'il faisait.

Elle était coincée là : la seule sortie était au bas de l'escalier et à présent qu'elle s'était suffisamment reposée, elle tenta sa chance de toutes ses forces. Geneviève descendit les escaliers en fonçant et sauta même quelques marches. Elle faillit tomber mais sourit quand elle vit la porte principale.

Elle n'avait pas encore touché le sol du rez-de-chaussée quand Klaus sauta par-dessus la rambarde et finit devant elle avec un sourire. Geneviève recula, effrayée.

Klaus agita la lame qu'elle avait laissée avec lui.

- Un choix de lame intéressant.

- Bastiana était une sorcière sacrément douée : elle a hérité d'une lignée vraiment puissante et a perfectionné la magie noire telle qu'on la connaît tous maintenant. La lame a été faite à partir d'acier et de venin de serpent, donc à chaque fois qu'elle est utilisée… expliqua-t-elle avec un petit sourire victorieux à l'idée d'avoir mis la main sur un tel cadeau… le venin infecte la victime.

- Marcel l'avait entre les mains plus tôt… fit Klaus en bougeant la lame de droite à gauche devant son visage.

- Il avait aussi la lame de Papa Tunde, faite d'un os de son propre corps, ce qui en fait la plus puissante arme vaudou connue à ce jour. Marcel les a empruntées en échange d'une petite faveur : je voulais passer un moment en privé avec toi et il voulait que tu souffres, deux buts pas très éloignés l'un de l'autre.

- Tu as mis la main sur un arsenal assez remarquable, fit Klaus en baissant le menton avec un regard sinistre.

- J'ai aussi récupéré une extension de vie donc tu ne peux pas me tuer si facilement, ajouta-t-elle en reprenant de l'assurance.

Klaus se passa la langue sur les lèvres sans se presser, puis il sourit.

- J'attends encore de voir un être invincible résister à une bonne vieille décapitation.

- Passons sur la discussion, alors, lança Geneviève en repoussant Klaus contre le mur avec la force de son esprit.

Il secoua la tête en récupérant rapidement et fonça vers elle. Elle arrivait juste à la porte quand il l'attrapa par les cheveux, l'attirant en arrière contre lui, et d'un geste sans pitié il lui brisa la nuque.

- Si seulement c'était si facile… dit Geneviève depuis les escaliers.

Il se retourna rapidement, si perplexe qu'il la fixa d'un regard vide de sens.

La sorcière claqua des doigts et il réalisa que jusque-là ça n'avait été que son imagination : il était toujours attaché à la vieille table d'opération et elle était toujours aux commandes de sa journée cruelle.

Il essaya de se libérer mais quelque chose le retenait contre la table, une force invisible venue d'une grosse part de sa magie.

Klaus essaya de rester conscient mais elle le repoussa dans les sombres recoins de son esprit, et tandis qu'il fermait les yeux, fatigué, elle caressa ses traits attractifs, amoureuse de lui.

- En as-tu encore pour longtemps ? demanda une fille aux jolis traits à côté de Geneviève.

- Il ne me faut plus que quelques minutes, Monique, répondit sèchement Geneviève.

La jeune sorcière croisa les bras. Elle regarda en arrière vers les filles assises en cercle permettant au sortilège de se poursuivre.

- Elles se fatiguent, Gen, et je ne vois pas vraiment l'intérêt de les mettre à l'épreuve juste pour que tu puisses apaiser tes pulsions sexuelles.

- L'as-tu seulement regardé ? demanda Geneviève en regardant Monique comme si c'était elle qui était folle.

- Je vais mettre un terme à ce triste numéro de cirque, fit simplement Monique en se retournant vers sa confrérie.

- Il me faut plus de temps, exigea Geneviève.

- Ça s'arrête maintenant, dit fermement Monique en la regardant.

Ses yeux étaient d'une nuance de blanc effrayante alors que sa voix était submergée par une intonation masculine. Geneviève baissa les yeux au sol et acquiesça, prête à se soumettre.

- Oui, Markos.

- Interroge-le sur le médaillon et ensuite arrête ça, fit la même voix sinistre dans le corps de la jeune fille.

Geneviève se retourna vers Klaus, triste de ne pas avoir plus de temps avec lui.


- Nik ? appela-t-elle en sortant de l'ombre une fois que l'autre fille les eut laissés seuls.

Klaus sembla agacé en prenant un verre pour supporter sa présence.

Geneviève passa une main sur sa robe courte et moulante avec un sourire.

- Ne suis-je pas jolie ?

- Je te préfère sans vêtements, ça rend le sexe plus facile, répondit-il cruellement avant de sourire.

- C'est tout ce que tu veux de moi ? lui demanda-t-elle dans un soupir.

- Je ne veux rien de toi, Gen : c'est toi qui ne pars pas, peu importe à quel point je te traite mal, répliqua-t-il en bougeant son regard désintéressé vers la foule constituant la fête insipide organisée par son frère.

- On pourrait être ceux que tout le monde échoue à vaincre : ta puissance et ma magie… Imagine à quel point on serait incroyables en tant que couple.

Il rit avec mépris.

- Je ne voudrais pas être vu en public avec toi.

Les mots la blessèrent mais elle essaya de ne pas le lui montrer.

- Puisque nous sommes dans l'ombre, où tu me caches sans honte, je vais te dire quelque chose : on aurait pu être grandioses, Klaus. Je me suis formée pour être tout ce que tu voudrais chez une femme et je me serais baignée dans le sang de nos ennemis que tu aurais répandu, je t'aurais fait continuellement plaisir sans songer à mes propres besoins et j'aurais fait tout ce que tu m'aurais demandé. J'aurais été ton égale en tout point.

- Elle sera bientôt là… fit Klaus qui ne l'écoutait même pas.

Il n'arrêtait pas de regarder vers la porte, attendant qu'une blonde pleine de vie surgisse pour lui.

Geneviève essuya les larmes qui tombaient.

- Portera-t-elle le collier d'Esther ?

Klaus regarda Geneviève en plissant les yeux.

- Pour autant que je sache, Rebekah l'a laissé dans une grotte à Mystic Falls.

- Merci, dit-elle en guise d'au revoir en le contemplant.

- Tu crois que Caroline sera bientôt là ? demanda-t-il, pas conscient de ce qui était en train de se passer. Je veux danser avec elle, ajouta-t-il avec un large sourire.

Geneviève ouvrit sa pochette et lui tendit silencieusement un petit paquet.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Un petit souvenir. Tu es resté insensible à ce que je voulais te donner donc maintenant je vais prendre ton cœur. Voilà ma malédiction, lui répondit-elle.

Klaus fixa du regard le petit paquet sans un mot, mais rapidement une douleur oppressante l'envahit, et Klaus s'attendit à se réveiller une nouvelle fois dans cet horrible endroit où il était retenu captif.


- Nik ? Nik, tu vas bien ?

La voix de Caroline semblait réelle et la chambre où il était aussi mais il ne pouvait pas être sûr. Il battit des paupières à plusieurs reprises, attendant cette sensation d'être piégé à l'intérieur d'un rêve où il ne faisait qu'être dirigé, impuissant, mais là ça semblait en quelque sorte différent.

- On t'a trouvé dans un vieil hôpital abandonné… déclara Elijah en souriant à Klaus. Pour être honnête, Caroline a tout dirigé. Ta compagne a poussé quelques personnes contre le mur à ma grande stupéfaction… Elle est assez intimidante.

- Beurk… Mais j'ai manqué Gene-vieille, se vexa-t-elle en pliant une serviette humide avant de commencer à nettoyer le sang séché du cou de Klaus. Quand on est enfin arrivés là-bas, elle était partie et tu avais un couteau dans le cou, fit-elle d'une voix plus basse à la fin.

- J'étais impatient de voir Caroline se mesurer à cette sorcière : elle était très impressionnante quand elle hypnotisait quelques personnes à nous dire où tu étais, et la seconde où elle a dit maintenez-les au sol pour que je puisse leur faire mal, c'était vraiment poignant, raconta Elijah en laissant échapper un petit rire.

Caroline jeta un regard de travers à Elijah.

- J'étais en plein milieu de la conversation téléphonique quand vous avez foncé comme une tornade dans la maison en exigeant de savoir pourquoi on n'était pas déjà en train de chercher Nik, rappela-t-elle avant de regarder Klaus avec amour. On était fous d'inquiétude pour toi et on n'a pas arrêté avant de te trouver, dit-elle en lui caressant la joue. Elijah et moi, on forme une bonne équipe : si un jour tu es encore kidnappé, on viendra ensemble à ta rescousse, fit-elle en ricanant adorablement.

Klaus essaya de sourire mais ça n'atteint pas ses yeux. Il prit une petite inspiration puis ferma les yeux.

Caroline passa le dos de sa main sur sa joue.

- Qu'est-ce qu'elle t'a fait ? À part l'interrogatoire et les coupures évidents… s'inquiéta-t-elle avant de serrer les dents, contrariée par les blessures visibles dont il n'avait pas encore complètement récupéré. Elijah a reconnu plein de trucs de magie éparpillés dans les lieux.

Klaus lui prit la main, interrompant ses caresses sur son visage, et enferma sa main dans la sienne. Tandis qu'il les posait contre sa poitrine, il regarda Caroline. C'était un regard si intense qu'elle se sentit en fait mal à l'aise et Elijah quitta rapidement la chambre, conscient qu'être nonchalant quand ces deux-là étaient ensemble n'était pas envisageable.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda doucement Caroline à Klaus.

Klaus resta plongé dans ses yeux un peu plus longtemps. Elle voyait bien que le rigoureux passage aux rayons X de son visage n'était pas anodin mais elle ne savait pas ce qu'il cherchait, et si elle était définitivement habituée aux longs regards que Klaus jetait dans sa direction, celui-là n'était clairement pas habituel.

- De quoi as-tu besoin ? lui demanda-t-elle, espérant simplement entendre sa voix.

S'il ne lui disait pas ce qui s'était passé dans ce lieu, elle pensait au moins pouvoir percevoir quelque chose d'après le ton de sa voix.

- J'ai besoin de sang.

La phrase était trop courte pour en tirer quoi que ce soit et elle secoua adorablement la tête.

- Bien sûr, il faut aussi que j'appelle Bonnie, ou devrais-je dire Kol, qui a frappé ma boîte vocale comme si c'était le visage de Damon… dit-elle en souriant un peu. J'ai aussi demandé à Rebekah d'aider Stefan et ma mère donc il se pourrait qu'elle m'en veuille un peu pour le moment parce que je ne l'ai pas laissée nous aider mais Elijah savait exactement où chercher et qui menacer donc j'ai touché le jackpot dès le début.

Elle soupira en se forçant à arrêter ses jacasseries nerveuses.

Les lèvres sèches de Klaus furent apaisées par une lente langue humide.

- Ce n'est pas souvent que je disparais mais c'est la première fois que les Avengers partent à ma recherche, fit-il avec un sourire tranquille.

Caroline ricana et se pencha pour l'embrasser. Elle effleura ses lèvres des siennes mais essaya d'ignorer le fait qu'il ait mis du temps à répondre à son geste.

- Je reviens tout de suite avec des tonnes de sang…, promit-elle en souriant avec amour avant de quitter la chambre.


Elijah venait de raccrocher d'avec un des hybrides de Klaus : les nouvelles mettaient au moins un peu de bonne humeur mais il n'allait en informer Klaus que plus tard, donc ce n'était pas une bonne chose de voir son frère quitter la chambre et utiliser le mur en soutien.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? Tu retournes immédiatement dans cette chambre, Niklaus, ordonna Elijah à son frère.

Seigneur ! Même l'habituel Henley semblait trop grand pour le corps fragile devant lui.

- Il y a quelque chose que je dois faire.

Klaus répondit d'une voix plus faible que tout ce qu'Elijah avait jamais entendu de lui, et celui-ci essaya de moins paraître en colère lorsqu'il reprit la parole.

- Tu as été sous la torture pendant des heures et j'ai bien remarqué que le venin faisait encore effet. Par conséquent je n'utiliserai pas toute la force de ma voix mais je te demanderai cependant une nouvelle fois de retourner au lit.

Klaus leva les yeux vers son frère alors que le mur ne semblait pas le soutenir autant qu'il l'avait désiré.

- Il faut que j'aille voir une sorcière, Elijah.

Elijah allait bientôt être à court de soupirs de patience.

- Tout est sous contrôle, Niklaus : tes hybrides sont déjà en train de faire des repérages dans tous les recoins de cette ville à la recherche de Geneviève.

Klaus remua lentement la tête d'un côté à l'autre.

- Il faut que j'aille voir une sorcière, Elijah, répéta-t-il, les yeux dans ceux d'Elijah. N'importe quelle sorcière qu'on peut trouver.

Quand le corps de Klaus trembla un peu et que le mur ne le garda pas plus longtemps en sécurité, Elijah se précipita et le stabilisa à sa place.

- Parle-moi, mon frère, demanda-t-il, saisissant tout juste combien cela allait être solennel.

- Geneviève m'a jeté un sort, expliqua Klaus en regardant son frère avec la souffrance d'une longue session éprouvante de tourment, mais aussi parce qu'il sentait un vide d'espoir tandis qu'il poursuivait. Et maintenant je ne peux plus rien ressentir quand je regarde Caroline.


Bande sonore :

Where is my Mind - Pixies

Best of you - Foo Fighters

Eyes on fire - Blue Foundation

I would die for you - Matt Walters

Living in a lie – Guano Apes

Sleeping with ghosts - Placebo