Ce chapitre a un titre ! Après plus de 100 000 mots et presque deux ans d'histoire (eh oui), il s'agit du dernier chapitre de Mi Amore, soleil de mon âme. Bonne lecture !
FIN
Francis passa les derniers jours des négociations à prendre soin d'Arthur et à pleurer en secret sur l'épaule d'Antonio.
Il vivait son premier grand chagrin d'amour. Quand Arthur s'était éloigné volontairement de lui, Francis avait entretenu l'espoir que tout s'arrange entre eux ou la rage d'obtenir des explications jusqu'à ce que la colère les remplace. La rupture avec Feliciano contrainte par les évènements lui apparaissait comme nette, définitive et atrocement douloureuse.
En comparaison, il avait été plus simple de rompre sur le moment que d'en vivre les conséquences.
Francis n'avait pas encore entamé une discussion sérieuse avec Arthur et lui cachait sa peine immense autant que possible.
Arthur se doutait que Francis déprimait et tentait maladroitement de lui remonter le moral, ce qui n'arrangeait absolument rien.
Francis s'obligeait à bien se comporter avec Arthur et à le rassurer. Il accusait un contrecoup concernant le danger autour de sa fille, la trahison de Gilbert, le fait d'avoir failli mourir, son inquiétude pour Arthur, la peur d'avoir quasiment vu Antonio basculer dans le vide et tant d'autres choses…
Arthur semblait accepter tous ses arguments sans broncher.
Par contre, Antonio éprouvait l'immense joie de recevoir tous ses états d'âme sans pouvoir en placer une entre deux sanglots. Vu que Francis disposait de peu de temps pour pleurer toutes les larmes de son corps, Antonio supportait ses débordements de tristesse avec le flegme légendaire d'un meilleur ami solidaire. Antonio avait réussi tout de même à l'informer qu'un certain Italien se trouvait dans le même état lamentable et entraînait avec lui son jumeau dans des débordements larmoyants. C'était mignon que Lovino soit aussi sensible à la détresse de son frère.
Francis s'inquiéta pour le couple nouvellement formé entre Antonio et Lovino. Antonio l'informa qu'il s'impatientait de ne pas passer aux choses sérieuses. Au bout d'un moment, les baisers passionnés ne lui suffiraient plus. Il n'avait jamais fait autant preuve d'un tel sang-froid. L'Italien aurait sa peau avant qu'ils ne roulent dans les draps.
Ceci amusa assez Francis pour retarder un nouvel apitoiement sur lui-même durant plus d'une minute.
De ces crises de larmes ne restait que les chemises détrempées d'Antonio et les yeux légèrement rougis de Francis.
Francis évitait de croiser Arthur après s'être épanché autant sur sa vie sentimentale compliquée et se concentrait à sauver les meubles pour son pays pendant la journée.
Le soir venu, Francis retrouvait son anglais dans leurs draps et évitait de penser à son italien éploré. Il se réhabituait aux courbes du corps d'Arthur, à sa présence et à leurs manies de couple. Arthur avait commencé à se montrer plus tactile avec lui. Il avait besoin d'oublier toutes ses années sombres auprès de l'homme qu'il aime.
Pour l'instant, ils en restaient au stade des baisers et des caresses légères. Francis désirait qu'ils ne se brusquent pas dans cette redécouverte de l'autre. Tout son chagrin l'empêcherait de se montrer vraiment attentif aux réactions Arthur. Francis l'aimait encore. Il ne souhaitait pas le blesser par inadvertance lors de son retour à une vie sexuelle normale. Son secret pesait encore lourdement entre eux. Arthur ne méritait pas d'affronter une nouvelle épreuve dans leur couple, après le désespoir des dernières années. Francis préférait le mettre au courant après qu'ils aient franchi le pas de se toucher intimement. Par égard pour Arthur. En fait, Francis ne savait pas vraiment quelle serait la meilleure solution. Avant ou après. De toute manière, Arthur le prendrait mal.
Allongé contre lui, Francis caressait doucement son corps sans oser dépasser les limites du convenable. Arthur semblait apprécier l'attention, puisqu'il se collait à lui sans râler. Parfois, Arthur passait sa main sur la sienne tendrement.
Francis s'en voulait de lui mentir. D'un autre côté, il n'éprouvait pas complètement de remords puisqu'Arthur ne lui parlait pas des sujets brûlants de leur couple évoqués dans sa lettre. Cette missive n'aurait jamais dû lui parvenir. Arthur ne s'en doutait peut-être pas et préférait agir comme s'il ne souffrait pas à ses côtés. Pour rester avec lui. Par amour.
Arthur n'agissait jamais raisonnablement quand il s'agissait de lui.
Francis comprenait à présent ce qui animait Arthur de tout son être. Ses sentiments annihilaient sa raison, l'amenaient à commettre des imprudences et à tout pardonner. Quelque part, Francis avait agi de même avec lui en oubliant leur passé tumultueux et leurs erreurs de jeunesse. Seulement, ses envies égoïstes l'avaient emporté dès leur relation naissante et avaient régi toute leur vie amoureuse.
Plus jamais.
Arthur soupira doucement dans son sommeil et se retourna vers lui. Francis l'accueillit dans ses bras. Arthur fronça les sourcils en tentant de poser sa tête sur son torse bien trop vertical pour le mettre à l'aise. Francis s'allongea doucement, mais son geste ne suffit pas. Arthur se réveilla.
« Tu ne dors pas ?
- Je n'ai pas encore eu le temps. Tu t'es assoupi très peu de temps. »
Arthur papillonna des yeux et se blottit contre lui. À la grande surprise de Francis, ses mains descendirent le long de son dos dans une caresse sensuelle.
« Arthur ? »
Son compagnon l'embrassa doucement, alors qu'il s'autorisait enfin à toucher sa peau. Francis frissonna sous ses doigts connaisseurs et aima qu'Arthur prenne ce genre d'initiative.
« Tu es sûr ?
- Yes. »
Francis était quasiment nu, contrairement à Arthur qui préférait dormir couvert. Hésitant, Francis enleva la chemise de nuit d'Arthur. Il ne voulait pas le décevoir en le repoussant et se sentait encouragé par sa confiance. Sous la lumière faible de la lune, il s'aperçut que le corps d'Arthur avait suffisamment guéri pour que les traces de son supplice aient presque disparu. Il promena ses mains sur sa peau pâle, appréciant son émoi quand il frôla un téton ou le creux d'un coude.
« Vraiment sûr ?
- Tais-toi, stupid frog, et agis. »
Arthur réquisitionna sa bouche pour la ravager avec sa langue, coupant net toute discussion préalable. Francis retrouva toute leur complicité dans ce baiser fougueux. Arthur le surprenait toujours quand il l'embrassait ainsi. Son muscle lingual glissait sur le sien délicieusement et l'emmenait en balade plus ou moins tourmentée selon son humeur. Arthur prenait son temps pour redécouvrir leurs joutes sensuelles et chamboulait Francis par le désir puissant qu'il provoquait.
Francis se demandait comment il pouvait désirer aussi fortement deux hommes tellement différents.
Ses bras rapprochèrent Arthur de lui, alors qu'il songeait à quel point il était éloigné de Feliciano.
Francis se reprit brusquement quand Arthur caressa son ventre puis l'arrière de son genou.
Arthur connaissait trop bien ses faiblesses.
« Je te veux », soupira Arthur à son oreille avant de la mordiller.
Francis se tendit d'une tension agréable. Son sexe réagissait à toutes les caresses expertes d'un couple bâti sur plusieurs siècles. Francis n'eut alors aucun doute sur le fait de satisfaire ou non Arthur. Son corps se souvenait comment lui faire plaisir. Il n'aurait qu'à faire attention aux réactions imprévisibles d'un homme emprisonné et abusé pendant des années.
Francis posa ses lèvres sur les siennes avant de faire de même sur tout son torse. Arthur réagit à chacun de ses baisers papillon. Francis évita de mordiller sa peau, ne sachant pas jusqu'où le tortionnaire tant haï était allé pour marquer le corps d'Arthur.
Après un regard rassurant, Francis enleva le pantalon de son compagnon et remonta ses mains le long de ses jambes.
Arthur sembla intimidé de se retrouver nu et excité. La gêne l'envahit pendant quelques instants. Ses yeux devinrent humides.
Francis sentit qu'il devait absolument le rassurer.
« Tu es magnifique, mon petit lapin, dit-il en se penchant vers lui, tout en lui laissant assez d'espace pour s'enfuir.
- Arrête de m'appeler comme ça, bouda pour de faux Arthur.
- Tu adores ce surnom. Ne dis pas le contraire. »
Arthur entoura sa nuque de ses bras et se releva pour l'embrasser doucement.
« Je pense que ça ira. C'est toi.
- Si tu me demandes d'arrêter, je le ferai, lui rappela Francis.
- Je sais. »
Son cœur se réchauffa et devint plus léger sous cette preuve d'amour et de confiance. Il se plongea dans les yeux vert émeraude d'Arthur avec émotion. Il n'osait croiser un regard d'une autre couleur que celui de Feliciano. Il y lut autant de sentiments forts et puissants, de douceur et de tendresse, de joie et d'abandon. Tremblant, Francis ramena Arthur sur le matelas et l'embrassa avec tout ce qu'il restait de la passion éteinte.
Il avait perdu l'un de ses grands amours. Il ne perdrait pas l'autre.
Tout doucement, il réussit à détendre Arthur par des mots et des gestes. Son sourire fin et heureux durant les préliminaires l'assurait de lui faire plaisir. Sa bouche et ses mains parcouraient tout son corps. Arthur n'était pas en reste. Francis comprit qu'il avait subi toutes les volontés d'un autre et souhaitait redécouvrir les joies de procurer un véritable plaisir.
Quand Francis les sentit prêts à s'unir, il bascula sur le dos pour enjoindre Arthur à le chevaucher.
Arthur rougit au possible, mais savoura cette liberté d'initiative.
Il se pencha pour un baiser.
Les yeux dans les yeux, Arthur prit une grande inspiration et s'abaissa sur lui.
La sensation d'union leur parut étrange. Arthur, certainement par sa douceur, et Francis par cette impression autant familière que lointaine.
Bien qu'il désirât se déhancher, Francis attendit patiemment qu'Arthur s'habitue et se décide à entamer les hostilités. Il touchait ses cuisses l'enjoignant à bouger tellement le désir et la frustration le démangeaient.
Arthur bougea lentement sur lui pour les conduire à la jouissance.
Francis se laissa faire, conscient qu'Arthur avait besoin de tout maîtriser dans leur première relation sexuelle après ce qu'il avait vécu. Ceci rendait leur ébat plus sensuel et émotionnel. Francis ne pensa qu'à Arthur, à ce que leur séparation avait provoqué en lui, à tous ses questionnements sans réponse et à leurs retrouvailles incroyables. Leur couple lui paraissait étonnamment solide. Après tout ce qu'ils avaient enduré ensemble, ils se retrouvaient à faire l'amour tendrement, chassant encore le passé loin derrière eux.
Francis soutint les mouvements d'Arthur pour lui permettre d'apprécier encore plus son sexe en lui. Arthur frémissait à chaque fois que sa prostate était touchée, ce qui électrisait complètement le corps de Francis. Son pénis était massé longuement de la plus délicieuse des manières par son premier amour.
Francis rencontra les yeux d'Arthur, son sourire, son soulagement et son plaisir. Leurs mains se joignirent comme pour se dire qu'ils seraient là, l'un pour l'autre, pour toujours. Francis se dit qu'il ne méritait pas autant d'amour.
Arthur était tout simplement magnifique, son corps éclairé par la lune, alors qu'il luttait contre ses peurs des dernières années et retrouvait le plaisir de vivre.
Le cœur de Francis se réchauffa de le voir si épanoui dans ses bras.
« Quelque chose ne va pas, stupid frog ?, se moqua de lui Arthur.
- Je t'aime. »
Arthur gémit sous l'intonation grave de cette déclaration soudaine. Francis fut surpris de se sentir complètement en osmose avec celle-ci. Tout s'était réveillé subitement en lui, après des années sans savoir ce que devenait Arthur. Il était là en train de partager sa couche et s'amusait à l'embêter en plein acte. Comme au bon vieux temps. Francis adorait cette complicité entre eux.
« C'est embêtant, ça, le taquina Arthur. Parce que je ne te lâcherai pas. »
Arthur ignorait à quel point sa boutade était cruelle et tellement actuelle.
« Je sais que tu es pire qu'un morpion, répondit du tac au tac Francis.
- J'espère que tu n'en as pas, l'embêta Arthur en lui faisant un clin d'œil.
- J'en ai pas, s'indigna Francis.
- Je crois que j'ai rien de grave », dit plus sérieusement Arthur.
Francis réussit à garder son excitation intacte et vint l'embrasser. Il n'avait pas pensé à ce genre de conséquences. Il imaginait mal Gilbert se rendre malade pour infecter Arthur, mais tout était possible dans son état mental.
« Les nations guérissent de ce genre de choses. Je m'en fiche. Je me donne entièrement à toi. »
Francis le câlina encore jusqu'à ce qu'Arthur préfère reprendre leur activité plutôt que repenser au passé. Il était même allé jusqu'à flatter son pénis en érection pour le rendre fou de désir. Maintenant qu'il s'était relevé, Arthur insistait pour le garder près de lui, malgré que la pénétration soit moins profonde. Ses mouvements reprirent lentement jusqu'à ce que la passion les gagne assez pour basculer sur le côté.
Arthur semblait éprouvé par la position précédente assez difficile à tenir longtemps. Francis amorça alors des mouvements pour le prendre plus fort et plus vite. Ils s'embrassaient avidement, se caressaient sans réfléchir et allaient à la rencontre du bassin de l'autre pour se perdre complètement dans l'union de leurs corps. Francis sentait la jouissance monter petit à petit sans savoir quand elle se libérerait dans toutes ses cellules. Arthur était tout contre lui. Son odeur familière l'enveloppait, ses cris de plaisir l'enthousiasmaient, ses gémissements le rendaient fou. Il se perdait dans ses yeux d'émeraude et ses sentiments infinis.
Arthur était également au bord de la rupture, alors que Francis sollicitait son phallus. Francis sentait les parois de son intimité se contracter autour de lui. Il savait qu'il ne tarderait pas à venir.
« Arthur ! »
Francis entendit son prénom également quand ils atteignirent le septième ciel ensemble sous la lumière bienfaitrice de la lune.
« Merci », murmura Arthur en se collant à lui.
Essoufflé, Francis se complaisait dans les retombées du plaisir ultime et dans ce qu'il ressentait à nouveau pour Arthur.
Il était son compagnon et le resterait.
Il ne devrait pas s'apitoyer d'avoir dû choisir entre deux amours intenses et sublimes.
Francis se consacrerait totalement à Arthur et lui donnerait enfin ce qu'il attendait de lui. Francis l'aimait encore énormément, malgré leur séparation, les erreurs et les difficultés. Arthur méritait amplement le bonheur. Ce ne serait pas difficile de le lui accorder. Francis éprouvait encore des sentiments forts pour son petit lapin râleur, taquin, jaloux, sensible et remarquable tacticien. Tout naturellement, il avait trouvé les gestes et la bonne attitude pour lui permettre de s'abandonner complètement dans ses bras après cette période difficile de sa vie. Ils se comprenaient tellement vite, malgré des disputes virulentes. Francis se demandait si leurs altercations verbales provenaient de l'instabilité de leur couple, de ses libertés sexuelles et du sentiment d'insécurité d'Arthur.
Certainement.
Francis se promit de ne plus jamais lui faire du mal, après qu'il lui ait avoué ses fautes.
Francis attendit plusieurs jours, câlins amoureux et ébats sexuels avant d'aborder en privé le fond du problème avec Arthur.
Il avait retourné le sujet de la discussion dans tous les sens. Il sentait que ce serait mieux pour eux d'évoquer d'abord la lettre, histoire qu'Arthur se souvienne d'avoir été le premier à penser à voir ailleurs. Non. Ce n'était pas petit. Il connaissait Arthur par cœur. Il savait que ce serait la meilleure façon de discuter de l'avenir de leur couple.
Francis éprouvait de la nervosité. Il était tôt le matin. Ils déjeunaient tranquillement après avoir fait l'amour encore une fois. Arthur était donc de très bonne humeur. Ses yeux brillaient de la jouissance proche et de ses sentiments. Il taquinait même Francis sur ses choix vestimentaires. Seulement, Arthur n'était pas dupe très longtemps. Il avait senti que Francis n'était pas très à l'aise.
« Qu'est-ce qu'il y a, stupid frog ?
- On doit parler de quelque chose d'important.
- C'est dimanche. Je n'ai pas envie de parler politique…
- À propos de nous.
- Ah… »
Arthur se mit de suite sur la défensive. Francis parlait rarement de leur couple, car les termes de leur relation avaient toujours été clairs. « Chacun s'amuse de son côté. On accepte d'autres personnes dans notre lit du moment que nos cœurs restent fidèles à l'autre. »
« Alba m'a donné une lettre que je ne devais pas recevoir… Je l'ai lue, Arthur. »
Arthur blêmit. Ses mains tremblèrent beaucoup. Francis lui prit la main pour le rassurer.
« Je ne savais pas que tu souffrais autant. Et je suis prêt à arrêter de voir ailleurs, si tu veux toujours de moi. »
Arthur déglutit difficilement et prit une gorgée de thé.
« Plus de partouzes aussi.
- On arrête ça, aussi. Évidemment. »
Arthur eut un rictus en essayant de sourire.
« Tu te sens de pouvoir le faire ?
- Maintenant, oui. Je me suis rendu compte que c'était insupportable pour toi… Pourquoi ne me l'as-tu pas dit avant ? »
Arthur secoua la tête, ému et un peu secoué.
« J'avais peur de te perdre. »
Francis voulut se justifier et lui faire comprendre qu'il aurait pu changer pour lui.
« Tu n'aurais pas voulu l'entendre auparavant, lui expliqua Arthur. Tu n'en faisais qu'à ta tête… Ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas vu. Et… je ne me sentais pas d'en parler déjà avec toi… J'avais envie de profiter de nos retrouvailles et de ne pas nous prendre la tête.
- Je pense qu'il faut qu'on reparte sur de bonnes bases. Je suis désolé de te bousculer, mais je n'arrive pas à attendre plus. J'ai compris que tu avais eu besoin de t'éloigner de moi et de vivre autre chose…
- Ça ne te dérange pas que je sois parti ? Tu devrais être en colère !, s'énerva Arthur.
- Avec tout ce qu'il t'est arrivé, je n'arrive pas à t'en vouloir, le calma Francis. À la base, c'est de ma faute. Je ne veux plus que tu partes ainsi en me mentant et avec cet état d'esprit. Je me suis fait beaucoup de soucis, parce que je ne savais pas où tu étais et ce que tu faisais. Je me demandais ce que j'avais fait ou dit. Je me suis assez emporté contre toi en ignorant tout de tes tourments. »
Un silence assez désagréable flotta entre eux quelques instants au souvenir de l'emprisonnement d'Arthur et des agissements de Gilbert.
« Avec le recul, je me suis rendu compte que toutes mes lettres ne te sont pas parvenues, relança Arthur. Je t'envoyais des nouvelles assez régulièrement et tu ne me répondais pas. Je ne sais pas comment Gilbert a fait pour intercepter nos messages.
- Il faut qu'on le découvre ou qu'on pense à un autre moyen de correspondance.
- Je suis d'accord avec toi », se reprit Arthur, soulagé qu'il ne soit pas aussi fâché qu'il le croyait.
Francis caressa sa main. Il était heureux que cette histoire de lettre soit révélée, mais inquiet de devoir lui parler de sa liaison pendant son absence. A sa grande surprise, Arthur continua sur sa lancée.
« J'étais parti en Inde et j'ai vécu avec le représentant pendant plusieurs années. J'ai cru que tu ne t'intéressais plus à moi et je me suis impliqué dans une nouvelle histoire. C'est lui qui m'a livré à Gilbert. Il s'est foutu de moi et de mes sentiments. Il m'a trahi, car j'étais l'Angleterre, sa métropole. Même toi, tu n'aurais jamais osé. Et ensuite, tout ce qu'il s'est passé m'a fait comprendre une chose très importante. »
Arthur prit son visage en coupe et le regarda droit dans les yeux.
« Je ne pourrai aimer que toi. »
Francis se sentit complètement chamboulé par cet aveu inédit d'Arthur. Arthur lui disait rarement qu'il l'aimait, ce que Francis appréciait à sa juste valeur.
« Quoi que tu fasses, quoi que tu dises, je te pardonnerai tout et je supporterai tout, parce que c'est toi. Je ne me confierai qu'à toi. Je ne ferai confiance qu'à toi. Quoi qu'il arrive, on le surmontera.
- Tu n'as pas à tout accepter de moi, Arthur. C'est ce qui a failli nous coûter très cher. Promets-moi de me dire quand ça ne va pas. Je ferai des efforts pour toi.
- C'était difficile de te parler de certaines choses.
- Je serai plus attentif. Je te le promets.
- D'accord. Je te dirai quand un problème survient, le taquina Arthur avant de reprendre avec sérieux. Je suis désolé de t'avoir trompé. »
Francis l'embrassa du bout des lèvres, comprenant qu'Arthur avait vécu de manière très malheureuse ce dont il avait profité honteusement avec Feliciano.
« Il y a encore quelque chose que je dois te dire. Il faut que tu me promettes de ne pas chercher à en savoir plus. »
Les yeux d'Arthur s'écarquillèrent de surprise, alors que Francis réunissait tout son courage pour blesser ses sentiments une dernière fois.
« Après, tout ira bien pour nous deux. Promets-le-moi.
- Tu viens de me dire de ne pas tout accepter de toi, le chambra Arthur, même s'il s'attendait au pire.
- Fais-moi confiance, s'il te plaît.
- Promis. »
Arthur l'embrassa doucement et caressa sa joue pour l'encourager.
« Je t'ai trompé, moi aussi. »
Avec tristesse, Francis vit la douleur s'emparer de ses yeux. Arthur avait compris que par le biais de cette promesse, Francis protégeait cette personne de sa jalousie et de ses tendances à la vengeance.
« C'était sérieux ?
- Très sérieux. On s'est séparé… Aucune de mes excuses ne te conviendra. Je pensais réellement que tu m'avais abandonné. Je me suis investi beaucoup trop dans cette relation… Je ne veux pas que tu cherches à en savoir plus. Tout est fini…. Je te jure que tout est fini. »
Arthur atterrit dans ses bras en pleurant. Francis le berça contre lui et déposa des baisers sur ses cheveux pour lui permettre de se calmer. Francis lui répéta qu'il était désolé. Arthur réussit à lui pardonner et à comprendre sa faiblesse pour quelqu'un d'autre. Du moment qu'il lui revenait, Arthur se fichait de tout le reste. Francis était tout à lui, ce qui comptait le plus. Arthur avait réussi à passer à travers de nombreuses épreuves émotionnelles pour lui. Il ne le lâcherait pas maintenant, quitte à ignorer l'identité de cette personne.
Ne pas le savoir lui éviterait d'être jaloux en cas de rencontres fortuites entre les anciens amants, plaisanta-t-il.
Et à ne pas se venger, comme le fit remarquer Francis.
Arthur eut cette lueur dangereuse bien particulière de ses plus mauvais coups, mais disparut très vite à cause de cette promesse et de cette vie meilleure avec Francis. Arthur ne mettrait pas en danger leur relation pour une envie puérile et égoïste.
Par contre, Francis se souviendrait toujours de Feliciano avec nostalgie et regret.
A la fin des négociations, les adieux avec les autres nations lui déchirèrent le cœur. Il n'aurait pas l'occasion de revoir Feliciano ou de retrouver le véritable Gilbert avant très longtemps.
Heureusement, Arthur accompagnerait sa vie amoureuse et alimenterait son bonheur jusqu'à ce que tout bascule à nouveau.
FIN
Merci à tous ceux qui ont suivi cette histoire ! Toute seule, je n'aurais pas pu en venir à bout. Vous vous doutez qu'avec cette fin Mi Amore, soleil de mon âme aura une suite. Elle s'appellera Eclipse. Mais elle ne sortira pas tout de suite. Pour éviter de partir sur 15 chapitres et finir à 37, (comme pour cette histoire...), je vais d'abord mettre mon plan bien au point. Ce sera dans la même dynamique de suspense que Mi Amore, soleil de mon âme, mais à une autre époque.
En attendant, je vais terminer des projets sur AO3, poster des petits OS et des drabbles et vous sortir la version soft d'Action ou Vérité sur ce site. C'est juste le temps de recharger mes batteries.
Et j'ai deux autres projets pour après/pendant/avant Eclipse. Je ne sais pas encore.
Donc, n'hésitez pas à mettre une review si vous avez aimé ou pas cette histoire.
A bientôt !
