Bonjour
Voici le 37ème chapitre et Dean ouvre enfin les yeux. Comme toujours, merci à Elyrine qui continue à travailler sur cette histoire.
Et merci à vous qui me lisez et m'écrivez ...
Bonne lecture et à lundi.
Sydney8201
PS : Je pars en congé lundi et ce jusqu'à mardi 4 donc pas du publication jeudi et lundi (les prochaines publications seront lundi 27 et ensuite seulement jeudi 6 avril). Désolée mais je serais à l'étranger !
Musique du chapitre :
This is how I disappear de My Chemical Romance
Chapitre 37 : Réveil
« Il est parfois plus facile de garder les yeux fermés et de continuer à ignorer le monde réel pour rester dans le confort d'un rêve agréable. Il est tentant de nier toutes les choses qui sont susceptibles de nous faire du mal pour ne garder que ce qu'on connaît déjà. Ce qui nous réconforte et nous rassure. Mais parfois, même quand on croit que ce n'est plus possible, on finit par trouver quelque chose de bien en rouvrant les yeux. Quelque chose ou quelqu'un qui nous apporte tout ce dont on a besoin. Ce qu'on pensait bêtement ne pouvoir trouver que dans nos rêves. Parfois, la réalité est plus belle qu'eux. Et quand on a la chance d'avoir quelque chose ou quelqu'un de ce genre, on aurait tort de continuer à garder les yeux fermés. Le monde n'est plus le même aujourd'hui mais il nous réserve encore de très bons moments. Sois patient et garde les yeux ouverts, Dean. Tu le comprendras bientôt. »
Journal de Sam Winchester. 15 août 2016.
Dean était convaincu d'être mort. Quand il sentit qu'il perdait connaissance, allongé sur le siège de sa voiture – sa maison – le sang s'écoulant de son ventre à une vitesse alarmante, il était persuadé qu'il ne se réveillerait pas. Qu'il n'aurait pas de troisième chance après avoir été blessé par Gordon et avoir choisi de vivre. Il se raccrocha à la voix de Dylan, à la présence de Red et au bruit du moteur de sa voiture. Mais il n'avait plus aucune énergie à dépenser, plus la force pour se battre. Il se laissa emporter dans le néant, convaincu qu'il ne reverrait jamais plus la lueur du jour. Ou le visage de Castiel. Le roux intense du pelage de Red. Le sourire de Gabriel. Les yeux bleus de Dylan.
Quelques mois plus tôt, peut-être même quelques semaines plus tôt, il l'aurait accepté sans problème. En aurait peut-être même été soulagé. Le monde ne semblait plus rien avoir à lui offrir. Il en avait assez de devoir se réveiller chaque matin sans Sam à ses côtés. Il en avait assez de devoir penser à survivre constamment. Il était las et fatigué. Il était prêt à mourir.
Mais cette fois, les choses étaient différentes. Il le sut dès qu'il se sentit partir. Il le sut au moment même où son cerveau finit par abandonner la lutte, laissant son corps se défendre seul. Il le sut et eut envie de pleurer. De crier qu'il n'était pas prêt. Qu'il voulait vivre. Il n'en avait pas encore fini avec ce monde. Il avait trop de choses à accomplir pour le rendre meilleur. Trop de choses à expérimenter pour que le rideau tombe maintenant.
Il voulait vivre. Pas parce qu'il en avait fait la promesse à Sam. Pas parce qu'il estimait le lui devoir. C'était toujours le cas, bien sûr. Il estimait toujours que son frère aurait aimé le voir continuer sa route. Mais il y avait d'autres raisons qui lui donnaient envie de rouvrir les yeux à nouveau. Castiel, principalement. L'homme qu'il n'aurait jamais cru pouvoir apprécier et avait fini par aimer comme il n'avait jamais aimé personne avant. L'homme qu'il savait aujourd'hui être celui avec qui il voulait vieillir et finir sa vie dans plusieurs années. Celui auprès il voulait voir le monde renaître de ses cendres. Il voulait vivre parce qu'il était amoureux pour la première fois de sa vie. Parce que cela le rendait heureux. Il voulait avoir une nouvelle chance de dire tout cela à Castiel. De lui dire qu'il ne lui en voulait pas. Qu'il le comprenait même, d'une certaine manière. Il voulait construire une vraie relation avec lui. Peut-être l'épouser même si ça ne pourrait jamais être officiel. Il voulait juste l'aimer comme il estimait que Castiel le méritait. Peut-être même un peu plus encore. Il voulait le sentir à nouveau en lui. Emplir ses narines de son odeur. Sentir sa peau nue contre la sienne. Goûter ses lèvres. Il voulait le voir sourire et l'entendre rire. Il voulait parler des heures avec lui avant de s'endormir dans ses bras.
Il n'y avait pas que Castiel, d'ailleurs. Dean avait bien plus de raisons de vivre qu'il ne l'aurait cru possible à la mort de son frère. Il voulait revoir Gabriel. Lui expliquer qu'il n'avait pas cherché à blesser Castiel. Le supplier de lui pardonner. Il voulait pouvoir plaisanter avec lui de choses idiotes et le voir trouver la personne qui lui rendrait son sourire pour de bon.
Il avait également envie d'explorer la nouvelle relation qu'il avait tout juste commencée à bâtir avec Dylan. Il voulait le voir grandir encore. Devenir l'homme extraordinaire qu'il commençait déjà à être. Il voulait devenir son ami. Son grand frère aussi, d'une certaine manière. Il voulait tout savoir de lui, rire et se battre à ses côtés.
Il voulait pouvoir serrer Red contre lui. Sentir son pelage contre sa joue. Le voir courir et chasser. Amuser les enfants et terrifier les intrus. Il voulait le voir être accepté par un groupe qui ne comprenait pas encore la chance qu'ils avaient de l'avoir rencontré.
Il voulait voir Ben grandir. L'aider à apprendre à se défendre. Il voulait être là le jour où Lisa et Victor comprendraient enfin qu'ils étaient faits l'un pour l'autre. Il voulait aider à défendre leur nouveau camp. Il voulait en devenir un membre important. Rendre des services. Trouver sa place. Accueillir d'autres survivants. Il voulait voir le monde changer et retrouver une certaine stabilité.
Il avait des raisons de vivre. Mais il avait la sensation que son destin n'était plus réellement entre ses mains. Cela le frustrait et l'attristait au plus haut point.
Pendant ce qui lui sembla être une éternité, il ne vit rien d'autre que le néant. Il n'avait aucune idée de ce qui pouvait se passer autour de lui. Ne savait pas s'il était déjà mort ou juste mourant. Il n'entendait rien. Ne sentait rien. Avait juste conscience d'exister dans une dimension où il n'y avait rien d'autre qu'une infinie obscurité.
Sam n'était pas là. On ne lui offrait aucun choix. On ne lui demandait pas s'il souhaitait partir ou rester. Dean aurait tout donné pour qu'on lui fasse cette proposition à nouveau. Voulait donner sa réponse. La crier haut et fort pour que personne ne puisse en douter.
Il ne pouvait rien faire de plus qu'attendre. Encore et encore jusqu'à ce que l'obscurité diminue enfin sensiblement. Que la lumière commence à filtrer à travers. Jusqu'à ce qu'enfin, il puisse voir le visage de son frère.
Sam était trop loin de lui pour qu'il le touche. Et il avait peur de s'approcher. Peur que cela signifie pour son frère qu'il était prêt à le rejoindre. Il se contenta donc de le regarder en sentant son corps flotter.
Il n'avait plus conscience du temps qui passait. Il n'aurait pas su dire s'il était là depuis une heure ou un an. Et quand Sam finit par approcher de lui, il eut peur de ce que cela voulait dire. Son frère souriait et ne semblait pas aussi inquiet que lui. Mais sa présence signifiait nécessairement qu'il était une nouvelle fois entre la vie et la mort.
Il n'eut pas le temps de parler. Pas le temps de dire qu'il n'était pas prêt. Qu'il voulait repartir. Sam se pencha dans sa direction, ses traits étrangement flous mais terriblement familiers. Il déposa un baiser sur le front de Dean, un geste que ce dernier avait fait des centaines de fois quand son frère était encore enfant. Puis il recula et lui adressa un nouveau large sourire.
- Inutile de me donner ta réponse, Dean. Je la connais déjà. Et j'aimerais te dire qu'elle suffira à nouveau mais il va falloir que tu te battes, cette fois. Je ne peux rien pour toi. Je ne peux qu'être à tes côtés.
Dean ne savait pas comment lutter contre l'obscurité qui l'entourait toujours. Il ne savait pas quoi faire pour lui échapper. Il ne sentait pas le sol sous ses pieds. Ne pouvait pas fuir. Il était emprisonné dans une sorte d'étau composé d'air et de coton. C'était inconfortable et étouffant.
- Raccroche-toi à ceux qui t'attendent, Dean. Ils sont tous là. Ils n'attendent plus que toi, souffla Sam dont la voix semblait bizarrement lointaine.
Le jeune homme ouvrit la bouche pour lui dire qu'il n'entendait rien. Qu'il ne pouvait pas sentir leur présence. Mais rapidement, il lui sembla sentir un contact sur son front. Un sur son bras. Il se concentra dessus de toutes ses forces. Une main passait dans ses cheveux. La respiration de quelqu'un ricochait contre son visage. Il entendait des murmures. C'était trop lointain pour qu'il puisse comprendre ce qu'on lui disait. Mais c'était un début. Il se força à se concentrer sur ces nouvelles sensations. Tendit l'oreille pour en entendre plus. Il ferma les yeux même s'il n'était pas tout à fait sûr de le pouvoir. Il prit de profondes inspirations. Il pouvait toujours sentir la présence de Sam mais il n'avait pas besoin d'ouvrir les yeux pour savoir que son frère s'éloignait déjà, prenant une autre direction que la sienne. Il sentit son cœur se serrer en réalisant qu'il allait le perdre à nouveau. Mais il ne pouvait pas le rejoindre. Il ne pouvait pas le suivre. Il n'était tout simplement pas prêt pour ça.
- On se reverra, Dean. Je ne serai jamais très loin, lança Sam avant que Dean ne puisse plus sentir sa présence du tout.
Il pleurerait son absence plus tard. Il ne pouvait pas gaspiller des forces à se morfondre. Il devait continuer à se battre. Les voix semblaient plus proches, à présent. Il pouvait les reconnaître même s'il ne comprenait toujours pas ce qu'elles disaient.
Il y avait le timbre rauque et grave de Castiel. Le ton plus enjoué de Gabriel. Celui calme et apaisant de Dylan. Ses trois amis étaient à son chevet et il se raccrocha à leur présence. Il se raccrocha à l'amour qu'il avait pour chacun d'eux afin de continuer à avancer dans la bonne direction.
Petit à petit, il prit conscience de nouvelles choses. L'odeur de médicaments. D'antiseptiques. Le bruit d'une porte qu'on ouvrait et refermait. Les mains qui lui tenaient les bras, le visage, l'épaule. Il se força à aller de l'avant malgré la force qui tentait de le ramener dans l'obscurité.
Après une lutte qui manqua de le priver de toutes ses forces, il sentit la douleur. Il s'y était attendu. L'accueillit à bras ouverts. Souffrir signifiait qu'il était encore en vie. Elle se propagea de son ventre à son dos puis à ses jambes. Sa tête le lançait. Il avait la bouche pâteuse et chacune de ses côtes semblait protester. Il serra les dents et continua à se battre.
Il finit par sentir ses doigts bouger. Il avait la sensation de reprendre doucement possession de son corps. C'était une sensation étrange. Une qui aurait pu le terrifier mais le réconfortait plus qu'autre chose. Il était de retour là où il devait être. Il ne lui restait plus qu'à le faire comprendre à ses amis.
Il tenta de bouger mais des mains le tenaient fermement collé au lit. Il ne perdit pas de temps à se débattre. Il n'en avait pas la force. Il se concentra à la place sur ses paupières qui semblaient refuser de s'ouvrir. Il lutta de toutes ses forces. Et alors qu'il était sur le point de baisser les bras, il sentit une vive lumière agresser ses pupilles. Il referma aussitôt les paupières. Prit quelques secondes pour se préparer avant de recommencer. Sa deuxième tentative fut légèrement moins douloureuse que la première. Mais il pouvait tout de même sentir ses yeux se remplir de larmes en raison de la douleur. Il avait la sensation qu'on lui enfonçait un couteau dans le ventre. Qu'il avait du sable dans les yeux. Qu'un marteau piqueur résonnait quelque part dans son crâne. C'était trop difficile. Il était déjà à bout de force et il ne pouvait pas lutter plus longtemps contre la douleur qui l'assaillait de toutes parts.
Il ouvrit la bouche et un cri s'échappa de sa gorge. Il n'avait rien d'humain. Ressemblait plutôt au hurlement d'un animal blessé. Il le laissa résonner autour de lui. Il le laissa écorcher sa gorge au passage. Il ne chercha pas à le retenir. Crier le soulageait sensiblement. Même si ce n'était pas suffisant. Sans rien à quoi se raccrocher maintenant, il sombrerait à nouveau dans le néant. Il pouvait le sentir sur ses talons, prêt à le dévorer vivant.
Il entendait des bruits autour de lui. Des cris. Les mains qui le maintenaient collé au lit sous son dos continuaient à exercer une pression continue sur ses muscles endoloris. Il tenta de tourner la tête pour échapper à la lumière qui brillait trop fortement au dessus de lui. Il tenta d'agiter les jambes.
Puis, brusquement et sans qu'il le sente approcher, le visage de Castiel emplit son champ de vision et tout sembla soudainement disparaître autour de lui. Il plongea ses yeux dans ceux bleus de son compagnon. Trouva dans ses iris tout ce dont il avait besoin pour continuer à se battre sans se débattre. Il cessa de bouger et de crier. Il se contenta de regarder le visage de l'homme qu'il aimait. Ses cheveux noirs. Son menton. Ses joues. Ses lèvres épaisses et pâles. Il avait les traits tirés et les joues creuses. Mais il n'avait jamais semblé aussi magnifique à Dean. Le jeune homme l'observa durant de longues minutes avant de cligner des paupières pour humidifier ses yeux et de laisser échapper un long soupir de soulagement.
Le monde reprit alors doucement forme autour de lui. Ils n'étaient pas seuls dans la pièce. Dean pouvait sentir Gabriel et Dylan à ses côtés. C'était eux qui le maintenaient allongés sur la table même s'il ne cherchait plus à se débattre. Il y avait un autre homme qui touchait son ventre. Un médecin, sans doute.
- Écoute-moi, Dean. Il faut que tu restes le plus calme possible. Je sais que tu dois souffrir en ce moment mais tu ne dois pas bouger. Le docteur a recousu tes blessures et tu ne dois surtout pas faire sauter les sutures.
Ce que Castiel disait avait du sens. Mais Dean n'entendait pas réellement les mots avec précision. La voix de l'homme qu'il aimait suffisait à le calmer. Elle suffisait à lui confirmer qu'il avait vaincu les ténèbres et qu'il était de retour parmi les vivants. C'était tout ce dont il avait besoin.
- On devrait pouvoir te soulager un peu mais on n'a pas suffisamment de morphine pour faire disparaître la douleur. Je suis désolé, mon cœur, mais tu vas devoir te montrer fort pendant encore un moment. Tu en es capable ?
Dean ne pouvait pas faire de grande phrase. Il avait la gorge trop sèche et son crâne semblait sur le point d'imploser. Il ne pouvait pas parler trop fort non plus. Castiel sembla le comprendre puisqu'il se pencha dans sa direction pour lui permettre de murmurer sa réponse.
- Mon cœur, répéta alors Dean.
Quand Castiel recula, il souriait, les joues rouges et les yeux brillants. De toute évidence, il n'avait même pas réalisé l'emploi du surnom. Dean l'adorait déjà et il avait envie de l'entendre à nouveau.
- Oui, mon cœur, confirma Castiel.
Leur petit moment fut alors rompu par la voix d'un homme que Dean ne connaissait pas. Le médecin, sans doute. Il n'avait pas vraiment envie de l'écouter mais il savait que c'était probablement important. Il accepta donc de lui accorder quelques secondes de son attention. Il ne quitta toutefois pas Castiel des yeux pour autant.
- Maintenant, Dean, j'aimerais que vous me disiez sur une échelle de un à dix, dix étant le plus insupportable, à quel niveau vous évaluez votre douleur.
Le jeune homme aurait probablement ri s'il en avait eu la possibilité. La question lui semblait stupide. Il avait mal de partout. Il avait la sensation que son corps entier était une énorme plaie béante. Et c'était sans parler de son crâne qui continuait de le lancer affreusement. Il ne voulait toutefois pas sembler irrespectueux envers l'homme qui lui avait probablement sauvé la vie. Il choisit donc de répondre le plus honnêtement possible.
- Quinze, souffla-t-il.
Le médecin grimaça avant de continuer son examen. Dean put à nouveau se concentrer uniquement sur Castiel. Il aurait aimé que tout le reste disparaisse à nouveau. Qu'il ne puisse plus entendre que la respiration de l'homme qu'il aimait. Mais rapidement, Dylan et Gabriel apparurent à leur tour dans son champ de vision. Il ne chercha pas à les ignorer comme il avait été tenté de le faire avec le médecin. Ils faisaient partis de sa famille à présent et il était content de les voir.
- Tu sais, tu nous as fichu un sacrée trouille. Tu as attendu la dernière seconde du délai avant de faire ton retour. Franchement, tu sais te faire désirer, plaisanta Gabriel.
Dean pouvait sentir son soulagement dans le ton de sa voix. Il pouvait également le lire dans le sourire qui étirait ses lèvres. Il lui adressa un clin d'œil parce qu'il ne se sentait pas encore en mesure de parler à nouveau.
- Et franchement, si j'avais dû rester une heure de plus à écouter cet imbécile et ses théories absurdes, l'un de nous deux aurait probablement fini sur un lit à côté du tien. Et je ne pense pas que ça aurait été moi, ajouta Dylan.
Dean n'en revenait pas qu'ils soient là. Il avait senti leur présence. Il s'était raccroché à eux pour revenir. Mais il était tout de même étonné de voir qu'ils étaient resté à ses côtés sans avoir aucune certitude quant à son réveil. Il aurait voulu leur demander pourquoi. Il aurait voulu leur dire combien il leur en était reconnaissant. Leur expliquer qu'ils étaient la raison pour laquelle il était conscient à nouveau. Qu'il les aimait tous les trois et qu'il les voyait comme des membres de sa famille. Mais il ne pouvait pas parler. Sa gorge se noua alors et il sentit des larmes rouler du coin de ses yeux à ses tempes.
- Hé, ne pleure pas, mon cœur. Tout va bien. Tout le monde va bien. Tu vas t'en sortir. Tu n'as aucune raison d'être triste.
Dean secoua doucement la tête en ignorant la douleur dans son crâne. Il regarda ensuite Castiel dans les yeux en espérant qu'il se pencherait à nouveau dans sa direction pour qu'il puisse lui expliquer à l'oreille qu'il se trompait. Après quelques secondes, Castiel vint coller son oreille contre sa bouche.
- Pas triste, parvint-il à souffler. Heureux.
Castiel tourna alors le visage et déposa un rapide baiser sur ses lèvres. Il avait lui aussi les yeux brillants mais il semblait plus à même de contenir ses larmes. Dean lui sourit faiblement. Castiel l'embrassa alors sur le front avant de reculer son visage.
- Il dit qu'il est heureux, expliqua-t-il à Dylan et Gabriel.
Ce dernier hocha la tête.
- On l'est aussi, Dean-o. Crois-moi... ça a été une longue attente pour nous.
Dean l'imaginait facilement. A leur place, il aurait sans doute fait les cent pas dans la pièce en criant après tout le monde. Eux avaient réussi à conserver leur calme et à lui apporter exactement ce dont il avait besoin. Quelque chose à quoi se raccrocher pour revenir auprès d'eux. Il prendrait le temps de le leur expliquer quand il irait un peu mieux.
Après un long moment de silence, le docteur reprit finalement la parole.
- Je pense que les choses se présentent bien. Pas de signe d'infection. Les sutures sont propres et la plaie me semble correcte aussi. Je dois reconnaître que je suis plutôt admiratif de votre force, Dean.
Le jeune homme lui sourit alors. Il se promit d'aller lui parler également quand il en aurait la possibilité. Il avait des choses à lui dire. Pour commencer, il allait le remercier longuement de lui avoir sauvé la vie.
- Les prochaines vingt-quatre à quarante-huit heures seront probablement délicates. Je vous demanderais bien de vous reposer mais je sais qu'il sera difficile de dormir avec la douleur. La seule chose que je refuse, c'est que vous vous leviez pour le moment. Si toutefois vous avez besoin de vous soulager, nous avons une bassine ici. Et je suis sûr que votre petit ami sera là pour vous aider.
Dean ne put s'empêcher d'être sensiblement embarrassé à l'idée de devoir se « soulager » devant Castiel et avec son aide probablement. Mais le fait que le docteur parle de lui en l'appelant son « petit ami » effaça rapidement sa gêne. Castiel avait dû insister sur ce point. Ce qui signifiait que tout allait s'arranger entre eux. Il en était totalement convaincu, à présent.
Il hocha finalement la tête pour signaler au médecin qu'il avait compris les instructions avant de le regarder quitter la pièce et refermer la porte derrière lui. Presque aussitôt, son regard se posa à nouveau sur Castiel. Il ne supportait pas de ne pas l'avoir dans son champ de vision plus de quelques secondes d'affilée. Il savait pourtant qu'il était bel et bien de retour. Il savait qu'il ne s'agissait pas d'un rêve. Il avait toutefois besoin de le voir pour se sentir mieux. Pour oublier un peu la douleur atroce qui continuait de l'envahir.
- Je sais ce que tu te dis, Dean-o. Tu dois sans doute avoir un peu honte de tout ça mais si ça peut te rassurer, Dylan et moi, on te laissera tranquille quand il sera question de la bassine. Je doute que tu aies très envie de te donner en spectacle devant nous.
Dean savait exactement ce que Gabriel cherchait à faire en tenant ces propos. Il voulait détendre l'atmosphère. Il assumait son rôle pour le faire sourire. Pour lui faire comprendre qu'il n'avait aucune raison d'avoir honte. Que tout irait bien. Gabriel avait un don pour dire les choses sans réellement les dire. Dean l'enviait sur ce point-là.
- Petit ami, hein ? Souffla-t-il finalement sans quitter Castiel des yeux.
Ce dernier sourit timidement au dessus de lui avant de se mordiller la lèvre inférieure une seconde. Dean se souvenait parfaitement de leur dispute. Mais elle n'avait plus aucune importance à ses yeux. Il se fichait de ce qu'ils avaient pu se dire avant son départ. Il avait failli mourir et cela l'aidait à mettre les choses en perspective. Il avait compris combien il était stupide de prendre le risque de perdre quelqu'un qu'on aimait pour quelque chose d'aussi futile. Il ne laisserait plus rien le séparer de Castiel. Pas maintenant qu'il avait réalisé combien sa vie ne tenait qu'à un fil dans un monde où le danger était partout.
- C'est sans doute le moment où on devrait les laisser seuls, non ? Suggéra Dylan en regardant Gabriel.
Ce dernier secoua aussitôt la tête. Il ne semblait pas avoir envie de quitter la pièce. Et Dean n'avait pas le cœur à l'exiger de lui. Après tout, il avait été là à chaque étape de leur histoire. Il les avait vus évoluer doucement. Passer d'amis à amants. Il était logique qu'il soit là également au moment où ils s'avoueraient enfin ce qu'ils avaient sur le cœur depuis trop longtemps. Et même si Dean n'était pas forcément à l'aise à l'idée de confesser ses sentiments devant témoins, il n'allait pas non plus retarder l'échéance pour si peu. Il réalisait à présent qu'il n'aurait peut-être plus jamais l'occasion de le faire. Il pouvait mourir à tout moment. Il n'était même pas sûr de survivre à ses blessures.
- Ou alors on pourrait rester et voir comment ils s'en sortent. Et jouer les arbitres si ça dégénérait.
- Pourquoi est-ce que ça dégénérerait ? Demanda Dylan, surpris.
- Parce que ce sont deux idiots et qu'avec eux, tout est possible.
Dean aurait pu être vexé par ce que Gabriel disait. Mais il estimait que le frère de Castiel avait entièrement raison sur ce point. Ils étaient bel et bien deux imbéciles. Ils avaient enchaîné les erreurs depuis quelques jours. Et sans l'aide et les conseils de Dylan, Dean n'aurait probablement pas été capable de se montrer raisonnable. C'était sans doute la preuve qu'ils avaient besoin que quelqu'un veille à ce qu'ils ne commettent pas une erreur à nouveau.
- OK, si tu le dis, accepta Dylan.
Dean laissa encore quelques secondes à Castiel pour sortir de son silence. Mais le jeune homme ne semblait pas encore capable de le faire. Il ne savait pas si c'était dû à la présence de son frère et de Dylan avec eux ou si c'était uniquement parce qu'il redoutait la réaction de Dean. Dans tous les cas, son silence avait suffisamment duré. Il était temps de se dire les choses.
- Je suis ton petit ami, alors, murmura-t-il.
Prononcer chaque mot était une épreuve en soi. Il avait mal à la gorge. Mal à la tête. Mal à peu près partout. Mais c'était un moment important. Un moment crucial dans sa relation avec Castiel et il se sentait capable d'ignorer la douleur pour réussir à prendre ce virage.
- Je... je devais... OK, est-ce que vous pourriez au moins reculer et me laisser un peu respirer ? Lança finalement Castiel en regardant Gabriel et Dylan tour à tour.
Son frère leva ses deux mains devant lui comme pour le calmer avant de faire un pas en arrière et de disparaître du champ de vision de Dean. Dylan en fit autant quelques secondes plus tard. Dean garda les yeux rivés sur Castiel, étudiant le rouge de ses joues, la façon dont sa lèvre était emprisonnée entre ses dents et le bleu incroyablement apaisant de ses yeux.
- Cas ? L'appela-t-il parce qu'il avait besoin de l'entendre confirmer qu'ils étaient effectivement un couple à présent.
Son ami – petit ami ? – hocha la tête avant de prendre une grande inspiration. Il regarda une dernière fois autour de lui sans doute pour vérifier que Gabriel et Dylan étaient suffisamment loin avant de se pencher vers Dean pour que ses mots ne soient audibles que de lui.
- Dean, je suis désolé pour tout ce que je t'ai dit.
Le jeune homme ouvrit la bouche pour protester. Pour dire qu'il avait sans doute lui aussi sa part de responsabilité dans cette débâcle mais Castiel appuya son index contre sa bouche pour le forcer à rester silencieux.
- Non, s'il te plaît. Laisse-moi parler. C'est important.
Dean ferma alors la bouche pour signifier à Castiel qu'il ne parlerait plus. Ce dernier lui sourit avant de retirer son doigt de sa bouche pour poser sa main sur sa joue.
- Je suis un idiot. Je suis sans doute le pire idiot qui existe au monde. Et je sais que tu le sais. Tu me l'as plus ou moins dit. Le problème est que je... j'ai confiance en toi, Dean. Je remettrais ma vie ou celle de mon frère entre tes mains sans hésiter une seule seconde. Je sais que tu ne me feras jamais de mal. Je sais que tu ne veux que mon bien mais... je ne peux pas m'empêcher de penser que tu... avant tout ça... avant que le monde ne prenne fin, tu n'avais jamais tenté quoi que ce soit avec un autre homme. Et bien sûr, tu m'as dit que tu y avais songé. Que tu refusais simplement d'admettre la vérité mais je sais aussi que ça doit être un grand changement pour toi. Une révélation qui aurait dû... qui aurait dû te faire peur. Et tu étais si calme... si sûr de toi que j'ai bêtement pensé que tu t'en fichais. Que ce n'était qu'une expérience pour toi... juste pour savoir si oui ou non tu es gay et... que tu te fichais que cela se finisse mal. J'avais peur que tu m'abandonnes en cours de route. Parce que tu aurais fini par comprendre que tout ceci était une erreur. Que Lisa... votre passé et vos souvenirs t'auraient ramené à la raison. A ce que tu veux vraiment. Et c'est injuste parce qu'il est évident que ce n'est pas ce que tu ressens ni ce que tu veux. J'ai été injuste et cruel et stupide et... je te demande de me pardonner. Je te supplie de me pardonner.
Dean fut surpris de réussir à suivre la longue tirade de Castiel malgré la douleur et la façon dont sa tête tournait depuis quelques minutes. Mais il ne voulait pas en manquer la moindre seconde. Il savait combien ce qu'il lui disait était important pour leur avenir, capital, même. Et combien il devait être difficile pour son ami de lui dire toutes ces choses.
- Je n'en ai pris conscience que lorsque tu es revenu blessé. Ou peut-être que je le savais déjà mais que je cherchais à me voiler la face. Peu importe. Ce qui compte, c'est que j'ai fini par le comprendre et que... Dean, ce que je cherche à te dire, c'est que je t'aime. Je t'aime de tout mon cœur et je ne veux plus jamais risquer de te perdre. Je veux qu'on construise quelque chose ensemble et je veux que tu en aies autant envie que moi.
Dean s'était attendu à ce que Castiel s'excuse. Il s'était attendu à ce qu'il lui demande de revenir sur sa décision de rompre. Qu'il lui propose de redonner une seconde chance à leur histoire. Mais il n'avait pas pensé une seule seconde que son ami lui dirait qu'il l'aimait. Ces trois mots si importants qu'il n'avait jamais entendu dans la bouche de quelqu'un d'autre que Sam et sa mère depuis sa naissance. Pendant une seconde, il eut la sensation que son cœur allait cesser de battre. Qu'il s'agissait là du coup de grâce et que son corps ne pourrait pas le supporter. Mais à sa grande surprise, ce ne fut pas le cas. Bien au contraire. Un immense soulagement l'envahit presque aussitôt et il ne put s'empêcher de sourire comme un idiot. Castiel le dévisagea alors, visiblement surpris par sa réaction. Il n'aurait pas du l'être.
- OK, souffla-t-il alors.
Ce n'était pas ce qu'il voulait dire. Il y avait des dizaines, des centaines de mots qui se pressaient dans un coin dans son esprit et qu'il mourrait d'envie de prononcer. Mais il était à bout de force. Il était épuisé et il avait mal. Il n'était pas vraiment sûr de pouvoir en dire plus.
- Comment ça OK ? Demanda Castiel après quelques secondes.
- OK pour...
Dean dut s'interrompre quand sa gorge protesta. Il tenta de la racler mais ne réussit qu'à tousser violemment. La douleur dans son ventre se fit alors plus violente encore et il serra les dents jusqu'à ce qu'elle diminue quelque peu. Castiel semblait perdu quant à ce qu'il devait faire pour l'aider. Heureusement pour lui, Gabriel vola à son secours.
- Donne lui quelque chose à boire, imbécile ! Lança-t-il depuis le coin de la pièce dans lequel il se trouvait.
Castiel le regarda avant de hocher la tête et de se précipiter pour prendre un verre d'eau. Dean but quelques gorgées grâce à la paille que son ami glissa entre ses lèvres. Sa gorge se détendit aussitôt et il cessa de tousser. Il eut besoin de quelques secondes de plus pour retrouver son calme avant de pouvoir parler à nouveau.
- OK pour tout ça. Pour... je ne t'en veux pas. Pas le moins du monde. Et enfin... je t'aime, moi aussi.
- Alléluia ! Cria alors Gabriel.
Dean aurait préféré que la première réaction à son aveu vienne de Castiel mais il n'était pas réellement surpris que ce soit de Gabriel. Après tout, il avait dû l'attendre au moins autant qu'eux. Il avait dû être difficile pour lui de les voir batailler avec leurs sentiments sans pouvoir réellement intervenir. Au dessus de lui, Castiel ne semblait pas avoir encore compris ce qu'il venait de lui dire. Il choisit donc de le répéter.
- Je t'aime.
Cette fois, son ami entendit les trois mots. Il les assimila et son visage sembla s'éclairer brusquement. Il sourit puis se frotta les yeux pour chasser les larmes qui ne tarderaient sans doute pas à couler sur ses joues.
- Je t'aime, répéta-t-il une dernière fois parce qu'il aimait vraiment entendre ces mots franchir le seuil de ses lèvres.
Castiel hocha alors la tête plusieurs fois avant de se pencher pour déposer un baiser sur ses lèvres. C'était un contact d'une tendresse infinie et totalement chaste. Dans son état, Dean n'aurait probablement pas pu en supporter beaucoup plus. Il ne fut même pas en mesure de répondre au baiser. Mais il savait ce que cela signifiait. Il savait que par ce geste, Castiel venait de sceller une promesse entre eux deux. Celle de ne plus jamais laisser quoi que ce soit se mettre entre eux. Celle d'être ensemble malgré les obstacles.
Le silence dans la pièce ne dura pas très longtemps. Castiel avait à peine reculé que Dylan et Gabriel réapparaissait dans le champ de vision de Dean en les applaudissant bruyamment.
- Il était temps. Franchement, je ne veux pas avoir l'air de vous donner une leçon mais ça devenait ridicule, lança Gabriel en s'asseyant sur le rebord du lit où Dean était allongé.
Il semblait surexcité et avait pourtant pris le temps de s'asseoir avec délicatesse pour ne pas faire mal au jeune homme. C'était tout Gabriel. Il se conduisait souvent comme un imbécile, parlait sans réfléchir et plaisantait de tout et de tout le monde. Mais il gardait toujours l'intérêt des gens qu'il aimait en tête et était prêt à tout pour les défendre et s'assurer que personne ne leur ferait du mal. Il était juste quelqu'un de bien.
- Va te faire voir, Gabriel. J'aurais voulu te voir à ma place. Je suis sûr que tu n'aurais pas fait mieux, répliqua Castiel ne dévisageant son frère.
Ce dernier sourit en inclinant la tête. Il se tourna ensuite vers Dean et le regarda droit dans les yeux.
- Je t'aime, Dean-o.
Il regarda ensuite Dylan et fronça les sourcils.
- Je t'aime aussi, gamin.
Il reporta enfin son attention sur Castiel.
- Si, j'aurais fait mieux. Je viens de le faire, d'ailleurs. Pas d'hésitations. Pas de temps perdu. Droit au but, conclut-il.
Dean aurait aimé pouvoir rire à ce qui était une plaisanterie destinée à détendre l'atmosphère mais il en était physiquement incapable. Il se contenta donc de sourire doucement alors que Dylan semblait étudier le profil de Gabriel avec beaucoup d'attention.
- Tu es sûr que ce n'est pas trop tôt pour me dire ces choses-là ? On devrait peut être attendre encore un peu, se disputer une ou deux fois, se tourner autour et peut-être même que l'un de nous deux devrait se faire blesser avant que tu ne me déclares ton amour éternel, avança Dylan.
Castiel le foudroya aussitôt du regard.
- Ferme-la, lança-t-il à leur jeune compagnon.
Ce dernier prit un air faussement blessé en appuyant sa main contre son cœur. Gabriel se tourna vers lui.
- Tu as raison. Tout est allé sans doute bien trop vite entre nous. On devrait attendre plusieurs mois avant de dire ces choses. Peut-être même des années. Histoire de torturer les gens autour de nous avec notre stupidité.
- OK, je crois que vous avez été suffisamment clairs, tous les deux. On a saisi le message, assura Castiel.
Il ne semblait pas en colère, pas plus qu'il ne paraissait vexé. Il était visiblement amusé par l'attitude de Gabriel et Dylan. Dean devait reconnaître qu'ils avaient sans doute raison. Il était toutefois inquiet de les voir autant complices. Parce qu'à eux deux, ils allaient probablement les rendre dingues. Et saisir toutes les opportunités possibles pour se moquer d'eux. Ils l'avaient peut-être mérité mais ce n'était pas une bonne nouvelle pour autant.
- Depuis quand êtes vous amis, vous deux ? Demanda-t-il d'une voix rauque qu'il reconnut à peine.
Gabriel haussa les épaules.
- J'ai tout de suite senti une connexion avec ce garçon. Mais je suppose que veiller sur toi et attendre patiemment que tu daignes te réveiller a renforcé nos liens.
- Et sans doute que lorsqu'on met de côté le fait qu'il est particulièrement énervant, on finit par réaliser qu'il peut aussi être attachant. Bien sûr, cela demande un effort certain. Je veux dire... il est difficile d'ignorer ses goûts déplorables et ses théories stupides.
Dean jeta alors un coup d'œil à Castiel. Visiblement, son ami pensait exactement la même chose que lui à cet instant précis. Le monde avait peut-être pris fin mais l'amitié naissante entre Gabriel et Dylan était la véritable apocalypse. Au moins pour eux deux. Ce n'était que le début de l'enfer.
- Je suis adorable, protesta Gabriel.
- Non, je suis adorable. Toi, tu es distrayant.
- J'accepte le compliment.
- Tant mieux parce que je ne sais pas encore si je suis capable de te trouver une autre qualité.
- Tu pourrais dire que je suis sexy.
- Ce serait un mensonge et je ne mens jamais.
- A cet instant précis, j'en viendrais presque à regretter d'avoir ouvert les yeux, intervint Dean.
- Ne dis pas ça, répliqua Castiel en fronçant les sourcils.
Dean lui sourit alors.
- Ne me dis pas que cela ne t'effraie pas.
- Je dois reconnaître que c'est inquiétant.
Gabriel rit alors pendant de longues secondes avant de se lever du lit. Il étira ensuite longuement ses bras au dessus de sa tête.
- Bien ! Maintenant que tout est dit, je pense que nous allons vous laisser un peu tranquille. Dean-o, tu dois te reposer. Cassie, veille sur lui. Entendu ?
- Entendu.
Gabriel hocha la tête puis contourna le lit pour attraper Dylan par le bras et l'attirer en direction de la sortie.
- Quant à toi, mon ami, tu vas aller voir le médecin. Tu tiens à peine debout.
- A plus tard, Dean ! Lança Dylan en suivant Gabriel à l'extérieur de la chambre.
Le jeune homme reporta alors son attention sur Castiel.
- J'espère que tu sais que ces deux-là vous nous attirer des ennuis, fit-il remarquer.
- J'en suis conscient. Mais je ne vois pas quoi faire pour les en empêcher.
Il avait dit cela en prenant un air faussement inquiet. Mais Dean savait qu'il était soulagé de voir son frère se lier d'amitié avec quelqu'un, trouver une personne avec qui passer du temps. Il ne voulait surtout pas que Gabriel se sente délaissé et seul et qu'il se sente mis à l'écart comme ça avait été le cas quand ils n'étaient que tous les trois. Ce camp lui offrait la possibilité de construire de nouvelles relations et son amitié avec Dylan était une bonne chose pour lui.
- Alors comme ça... tu m'aimes, hein ? Demanda finalement Dean en repensant à ce que Castiel lui avait confessé quelques minutes plus tôt.
Ce dernier hocha la tête.
- Et tu m'aimes aussi, n'est-ce pas ?
Dean acquiesça doucement. Il avait toujours affreusement mal au crâne mais la présence de Castiel l'aidait à ne pas y penser. Il avait envie de le lui dire. Mais il n'avait pas encore suffisamment de force pour faire de longs discours. Et il doutait de pouvoir résumer ce que le jeune homme lui apportait en quelques mots.
- Je t'aime, assura-t-il en réalisant qu'il n'avait finalement pas besoin d'en dire plus.
Ces trois mots signifiaient tout, résumaient tout, en sous-entendaient beaucoup d'autres. Je veux faire ma vie et être heureux avec toi. Je ne veux plus te perdre. Tu me fais me sentir bien, vivant. Tu me donnes envie de vivre. Je serais perdu sans toi. Dean espérait sincèrement que Castiel pouvait entendre tous ces mots derrière ceux qu'il venait de prononcer. Il se promit de les lui dire clairement plus tard au cas où.
- Tu veux essayer de dormir ? Demanda finalement Castiel.
Dean était effectivement épuisé. Et il savait qu'il avait besoin de repos pour permettre à son corps de récupérer. Mais il doutait de pouvoir réussir. Il avait bien trop mal pour succomber au sommeil.
- Je ne suis pas sûr de pouvoir, admit-il alors.
Castiel hocha alors la tête avant de s'asseoir sur la chaise que Gabriel avait occupé jusque là. Il attrapa la main de Dean et plongea son regard dans le sien.
- OK mais ferme les yeux, s'il te plaît.
Dean secoua la tête. Il n'était pas encore prêt à le faire. Il ne voulait pas ne plus voir le visage de son petit ami. Il avait besoin de lui pour ne pas être totalement envahi par la douleur et par l'inquiétude qu'il continuait d'avoir à l'idée qu'il pourrait ne pas se réveiller. Il était là pour le moment mais il n'était pas sûr que ses blessures ne finiraient pas par avoir raison de lui.
- Je ne veux pas te laisser. J'ai besoin... j'ai besoin de te voir, confia-t-il.
Castiel baissa le visage pour déposer un baiser sur le dessus de sa main avant de relever la tête pour le regarder à nouveau dans les yeux.
- Je vais rester ici et je vais te parler, d'accord ? Tu pourras sentir ma présence mais tu as besoin de te reposer. Tu as besoin de sommeil pour récupérer et je sais que ça te fait peur. Je sais que tu es inquiet mais je vais veiller sur toi et je peux te promettre que rien ne pourra t'arriver tant que je serai là.
Dean hocha alors la tête. Il doutait que son petit ami puisse faire grand chose pour lui si toutefois la plaie dans son ventre se rouvrait et qu'il se vidait de son sang. Mais il savait également qu'il avait raison. Il ne pourrait jamais récupérer de ses blessures s'il ne se reposait pas. Il ferma donc les yeux et ne laissa pas la panique l'envahir dès qu'il fut à nouveau entouré par l'obscurité. Il se concentra à la place sur la voix de Castiel et sur les mots qu'il prononçait à son oreille. Des promesses d'un avenir à deux. Des projets qu'il avait en tête. Tout ce qu'il prévoyait de faire à Gabriel et Dylan pour leur faire payer leur attitude. Et le jeune homme fut surpris quand il sentit le sommeil s'emparer de lui. Surpris de ne pas paniquer et chercher à lui échapper. Surpris aussi et surtout par la facilité avec laquelle il s'endormit malgré la douleur. Castiel était un faiseur de miracles. Il n'en douterait plus jamais à présent.
