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Il semblerait, si j'ai traduit correctement le commentaire en espagnol, que certaines lectrices n'ont pas compris que mes histoires sont toutes centrées sur une relation homosexuelle. Je confirme donc que cette fic est slash et qu'il en sera de même de tous mes écrits.
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Je peux comprendre que ce sujet puisse en incommoder certaines. Je n'oblige personne à les lire et je ne peux réécrire mes histoires pour complaire à un petit nombre de lectrices que le thème dérange. Il y a suffisamment de fics qui n'abordent pas ce thème pour satisfaire les plus puristes.
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Si j'ai choisi que mes personnages seront homosexuels, c'est parce que j'estime que l'intolérance, sous quelque forme qu'elle soit, est injustifiée à notre époque. Chacun a le droit de vivre sa vie comme il l'entend. L'homosexualité existe depuis la nuit des temps, les empereurs romains la pratiquaient sans vergogne. Pour quelle raison le monde moderne s'indigne de ce phénomène ?
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J'ai passé l'âge où l'opinion des autres concernant mes convictions personnelles m'importe. Je suis ouverte d'esprit et très tolérante et je mène ma vie en conséquence. Je respecte les opinions d'autrui et j'entends que l'on respecte les miennes. A bon entendeur…
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Parenthèse refermée, voici le chapitre qui ouvre la voix au suivant qui concernera les sanctions prises à l'égard de l'équipe. A vos claviers pour vos commentaires en remerciant celles qui continuent à poster leur avis.
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Chapitre 36 : Spéculation générale
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Le lendemain matin, l'équipe arriva au bureau bien avant l'heure habituelle. Chaque membre, depuis Gibbs, McGee, David jusqu'à Abby, était installé à un bureau dans l'espace de travail de l'équipe.
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Abby avait pris place dans le fauteuil de Tony et avait une expression de défi sur le visage. Elle entendait bien dire ses quatre vérités à l'italien et lui assener à nouveau une gifle si nécessaire pour croire qu'il puisse lui envoyer à la figure ses insultes et espérer sans sortir sans dommage.
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Et elle allait également lui faire ravaler certains de ses propos à son encontre. Comment osait-il l'insulter de la sorte et surtout devant tout l'étage ? Qui se croyait-il donc pour oser se comporter ainsi et penser qu'il pouvait s'en sortir sans dommage ?
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McGee avait également bien envie de faire payer son collègue pour ses tirades à son sujet et ne voyant pas engager une bagarre avec lui, il ferait avec les moyens du bord, c'est-à-dire qu'il utiliserait ses compétences en informatique pour provoquer quelques dommages dans les divers comptes bancaires et autres assurances de l'italien.
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Il lui rendrait ainsi la monnaie de sa pièce pour avoir eu l'outrecuidance de le rabaisser devant des agents qui ne l'aimaient déjà pas vraiment. DiNozzo n'avait aucun droit de l'invectiver de la sorte en espérant qu'il ne réagisse pas.
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Avoir la possibilité de lui renvoyer l'ascenseur en bloquant tous ses avoirs serait une belle revanche car il le punirait là où l'italien était le plus sensible de son point de vue.
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David, quant à elle, fulminait et ruminait sa revanche qu'elle voulait sanglante tout en sachant qu'elle ne pourrait pas affronter l'italien dans un combat au corps à corps surtout si Gibbs voulait également sa revanche sur son second.
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Elle ne pourrait pas non plus provoquer un 'banal accident' sans être aussitôt soupçonnée. Donc, elle était pieds et poings liés et sa colère était à son maximum et pouvait éclater à tout moment.
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Il fallait qu'elle puisse lui renvoyer en pleine face ce qu'il avait dit à son sujet. Il ne serait pas vraiment difficile de le ridiculiser devant tous les agents qui avaient assisté, hier, à leur déconfiture. Et elle allait apprécier le voir se replier sur lui-même de honte.
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Gibbs commençait sérieusement à s'impatienter et attendait l'arrivée de son agent de pied ferme. Il avait quelques sanglantes remarques à lui assener et tout comme son agent l'avait fait la veille, il entendait le remettre à sa place devant tout l'étage. Et devoir ajourner sa remontée de bretelles ainsi le rendait plus hargneux encore.
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Il était également en manque de caféine mais ne voulait pas risquer de louper son agent ingrat en disparaissant pour se réapprovisionner. Son humeur était déjà des plus exécrables et elle augmentait encore en intensité plus le temps passait. DiNozzo ferait bien d'arriver sous peu ou il allait finir par exploser et faire un geste irréparable.
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Il prit de profondes inspirations pour retrouver son calme. Il avait espéré remédier à la situation entre son second et lui, il avait eu plusieurs flashs durant ces dernières semaines, des images de Tony et lui et il avait choisi de faire le mort en ce qui les concernait. Ignorer ce que ces souvenirs impliquaient étaient plus facile à faire que faire face à leur réalité.
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Ce faisant, il avait laissé passer une occasion de mettre les choses à plat entre l'italien et lui. Il avait encore une fois choisi de laisser son côté 'bâtard' jouer son rôle et rester muet sur le sujet. Leur altercation après la révélation de la gothique lui avait laissé un goût amer dans la bouche et il n'était pas préparé à entendre Tony lui confirmer que leur relation était terminée.
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Si seulement il avait eu le courage de confronter davantage l'italien, tous deux seraient encore ensemble à l'heure actuelle. Mais la peur, sentiment si inhabituel pour lui, avait pris le dessus et il avait gardé pour lui la résurgence partielle de sa mémoire. Il aurait dû savoir, qu'à un moment donné, il en paierait le prix.
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Appuyée sur la rambarde de la mezzanine, Shepard aussi devenait de plus en plus nerveuse de voir se pointer l'italien. Elle ignorait ce qu'elle ferait une fois qu'il serait là mais elle n'allait pas laisser un agent sous ses ordres avoir le dernier mot. Il fallait qu'elle trouve son remplaçant et elle songeait réellement à demander l'assistance de Ziva.
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Certes, elle n'était pas aussi bonne sous couverture que l'israélienne le clamait mais elle pourrait faire un substitut passable. Et si la cible n'était pas assez coopérative, il était certain que la brune ne manquerait de la rendre plus malléable quelle que soit la méthode employée. Et Jenny ne voyait aucun inconvénient si la situation en arrivait à ce point.
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Elle consulta sa montre et au vu de l'heure, elle reprit le chemin de son bureau où l'attendait une conférence téléphonique importante. Elle jeta un dernier regard à l'équipe avant de tourner les talons. Il lui faudrait s'enquérir de l'absence de l'italien mais cela pouvait attendre.
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Et tandis que le personnel de l'agence attendait anxieusement que l'italien pointe son nez, ce dernier était encore enfoui dans son lit avec son Seal pressé contre lui. Les deux hommes avaient décidé de paresser un peu avant de devoir affronter une nouvelle journée qui serait certainement chargée.
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Steve s'éveilla le premier et comme il le faisait chaque fois qu'il partageait un lit avec Tony, il regarda son homme encore endormi. Il réalisait que, dans son sommeil, l'italien paraissait plus détendu et plus jeune. Les traits de son visage étaient moins durs, les cernes sous les yeux s'effaçaient un peu plus chaque jour.
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En un mot, son amant était… non seulement beau et attirant mais il y avait quelque chose de plus qu'il ne pouvait définir. Un petit rien qui rendait Anthony DiNozzo si magnifique et si irrésistible. Quelque chose d'indéfinissable et d'unique qui n'appartenait qu'à l'italien et qui faisait que Steve était attiré irrésistiblement vers lui comme un aimant.
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Enfin, Tony commença à montrer des signes de retour à l'éveil, sa respiration avait changé imperceptiblement et de petits soupirs s'échappaient de sa gorge. Puis, lentement, les paupières bougèrent avant de se relever et les magnifiques pupilles émeraude se fixèrent sur lui.
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Le sourire qui étira alors les lèvres pulpeuses de son homme fit écho à l'amour qui brillait dans ses yeux. Steve sentit son cœur se gonfler de joie et d'espoir. Il avait fini par capturer son rêve, il avait enfin rencontré celui qui serait son compagnon pour le reste de ses jours, il en était certain maintenant.
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Tony grogna et agrippa le cou de son Seal et bientôt leurs bouches s'unirent pour un baiser fougueux, gourmand et si intense que l'air leur manqua bien vite. Se séparant, Tony émit un petit rire qui fit sourire Steve.
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« Bien dormi ? » demanda l'hawaïen en guise de bonjour.
« Oui » répondit l'italien. « Bon giorno, mi tesoro » ajouta-t-il d'une voix suave.
« Bon giorno, mi caro » tenta Steve.
« Il reste à parfaire l'accent » indiqua son compagnon en riant de bon cœur. « Mais tu progressera vite avec un professeur comme moi. »
« Oh mais tu ne doutes de rien, dis-moi ! »
« J'ai toujours été un bon professeur mais peu en sont convaincus » soupira tristement Tony.
« Eh bien, c'est leur problème s'ils sont incapables de comprendre qui tu es vraiment sous tes dehors de clown » nota Steve. « Ils ignorent qu'ils viennent de perdre un élément inestimable, un ami fidèle, un homme merveilleux pour qui sait voir au-delà de ses masques. »
« Oh, que de jolis compliments, Steven McGarrett » dit Tony d'une voix timide et incertaine.
« Aurais-tu quelque chose à me demander ? »
« En dehors de savoir quand tu viens me rejoindre définitivement sur mon ile ? Non, je ne crois pas… » affirma-t-il d'un ton taquin.
« Le plus tôt possible dès que j'ai réglé certains derniers détails, je vide mon appartement et je le mets en vente » annonça-t-il fermement.
« Tu ne veux pas le garder ? »
« Non, je ne compte pas assez de personnes que je souhaite revoir dans cette ville pour conserver un domicile qui me coutera plus que nécessaire » expliqua l'italien. « Jimmy sera le bienvenu chez moi à tout moment, c'est bien le seul d'entre eux que je compte inviter. »
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Steve fronça les sourcils à cette annonce, Tony ne voulait apparemment pas venir habiter avec lui et il sentit son cœur se serrer à cette idée. Est-ce à dire que leur relation serait épistolaire ? Il ne souhaitait rien d'autre que de s'endormir et se réveiller chaque matin près de lui. Comment pourrait-il espérer le faire si son homme possédait son propre toit ?
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En même temps, il devait admettre que leur mobilier combiné serait plus qu'à l'étroit dans la maison familiale, surtout si Tony disposait d'autres meubles. Et le piano ne pourrait loger facilement dans son salon.
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« Tu veux vraiment habiter seul ? » questionna enfin Steve d'une voix sourde.
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Tony le fixa un instant puis se redressa et s'adossa contre la tête de lit. Il soupira et se passa une main sur le visage avant de se tourner vers son compagnon.
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« Désolé, je crois que je m'y prends mal » s'excusa-t-il. « Je n'ai jamais vécu avec quelqu'un depuis ma relation ratée avec Wendy. J'ai besoin également d'espace pour me sentir à l'aise. Ici, cet appart est un peu étriqué mais je m'y suis fait. Pourtant, je rêve d'une grande maison où j'aurais la place nécessaire pour me sentir vraiment à l'aise. Suffisamment vaste pour contenir quelques objets que j'ai en garde meuble et pour… tes propres affaires, Steve » termina-t-il, l'espoir nettement perceptible.
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Steve ouvrit de grands yeux étonnés et resta un moment muet. Son cœur battait la chamade dans sa poitrine avant que sa raison ne reprenne le dessus. Il allait arguer lorsque Tony lui prit la main et la serra.
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« Je sais que tu tiens à la maison de ton enfance, je ne te demande pas de l'abandonner mais je pense que tu pourrais offrir l'occasion à ta sœur de revenir près de toi en lui en laissant la jouissance ! » proposa-t-il.
« Comment… »
« J'ai surpris une conversation téléphonique où tu l'incitais à revenir à Hawaï, ce n'était pas difficile de comprendre que tu souhaites qu'elle soit là où elle a grandi » expliqua Tony.
« Mary a vécu plus longtemps sur le continent que moi et j'ignore si elle est capable de retourner vivre dans la maison de son enfance sans problème » soupira l'hawaïen.
« Il te suffit de lui poser la question, propose lui de faire un essai de quelques semaines et tu verras ce qu'il en est. »
« Et si elle ne se sent pas bien là, que ferons-nous alors ? »
« Tu devras te préparer à… m'autoriser à faire quelques travaux » suggéra Tony d'un ton où perçait l'anxiété.
« Tu serais prêt à renoncer à… Tony, es-tu toujours aussi accommodant à ton propre détriment ? »
« Je suis prêt à tout pour que notre relation soit satisfaisante pour tous les deux » avoua son homme. « Si tu penses que vivre ailleurs que dans la maison de ton enfance est un trop gros sacrifice pour toi, je comprends parfaitement. Je n'ai jamais aimé la demeure où j'ai grandi parce qu'elle est synonyme de tristesse, solitude et douleur mais je peux imaginer que ce n'est pas le cas pour tout le monde. Tu as de nombreux bons souvenirs liés à cet endroit même s'ils sont ternis par un évènement traumatisant. Ce n'était pas le cas pour moi, je n'ai jamais considéré cette monstruosité comme un foyer. »
« C'est hallucinant et quelque peu effrayant en même temps que tu sois aussi perspicace » soupira Steve. « Je ne sais pas quelle décision prendre pour le moment, Tone. »
« Ne précipite rien, prends ton temps, réfléchis, discute avec Mary, pèse le pour et le contre » suggéra l'italien. « Je dois rester encore un peu à DC le temps que ma démission soit effective et que je puisse vendre. Je mets le mobilier au garde-meuble et je débarque chez toi. Nous verrons alors ce que nous décidons. Ok ? »
« Ok » approuva finalement Steve. « La voix de la sagesse incarnée en Tony DiNozzo » dit-il en riant. « Qui l'eut cru ? Certainement pas tes collègues et soi-disant amis. »
« Aucun d'eux ne connait le véritable Anthony DiNozzo parce qu'ils n'ont jamais cherché à me connaitre vraiment » déclara l'italien d'un ton neutre en haussant les épaules.
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La réflexion de son homme était sans doute faite sans inflexion mais Steve pouvait percevoir la tristesse sous-jacente ainsi qu'une certaine désillusion. Il était déçu et triste de constater que son homme avait si peu de personnes qui soient suffisamment proches pour le voir tel qu'il était en réalité.
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Certes, il avait compris que Tony était un être complexe et qu'il cachait sa véritable personnalité mais que des enquêteurs qui se targuaient d'être les meilleurs ne soient pas capables de voir au-delà de l'image qu'il projetait était pour le moins surprenant et aberrant.
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Steve était persuadé que sa propre équipe avait, en peu de temps, déchiffré l'italien bien mieux que celle de Tony qui pourtant le côtoyait depuis plus longtemps. Son homme avait montré sa véritable personnalité et aucun de ses collègues n'avaient eu à redire sur le sujet.
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Finalement, les deux amants se levèrent et ensemble, commencèrent une nouvelle journée. Tony attendait que ses mails soient lus pour déterminer la suite qui leur sera donnée. Il avait l'intuition que le SecNav ne chercherait pas à le contacter à ce sujet, il avait après tout appuyé la nomination de Shepard au poste de directrice. Il avait en horreur de se voir rappeler ses erreurs.
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Pour ce qui concernait le SecDef, si les rumeurs à son sujet étaient véridiques, l'homme avait une réputation d'honnêteté et d'intégrité. Il prendrait certainement le temps de laisser à Davenport quelques jours pour lui soumettre le dossier que Tony avait constitué avant de bouger.
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Il lui suffisait donc d'attendre et de faire preuve de patience. Il ne serait pas trop difficile de respecter ce choix dans la mesure où Steve restait quelques jours et qu'il avait son avenir à planifier en commençant par son déménagement, la recherche d'un nouveau logement et déterminer son futur poste.
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Dans son bureau, assis confortablement dans son fauteuil, Philip Davenport, Secrétaire de la Marine venait de se connecter à son ordinateur. Il constata qu'un mail lui avait été envoyé la veille dont il ne reconnaissait pas la provenance.
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Il se servit une tasse de café et ouvrit la pièce jointe et se rendit compte qu'elle contenait un certain nombre de pages. Il soupira et décida qu'il lui serait plus facile de les lire après les avoir imprimées. Il mit en route l'imprimante et attendit patiemment que le document soit entièrement imprimé avant de se lever pour le collecter.
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Il reprit sa place et commença sa lecture. Et ce qu'il lut le mit en colère parce qu'il avait pris la décision de nommer Shepard à son poste contre l'avis du SecDef. Il fulminait si fort qu'il doutait d'être capable de raisonner sans exploser. Le dossier offrait tant de détails qu'il était impossible de l'ignorer.
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Pourtant, il ne pouvait s'empêcher de vouloir préserver son propre poste et il savait qu'il allait devoir jouer serrer s'il ne voulait pas perdre la face. Shepard devrait cesser ses petits jeux personnels dans les meilleurs délais. Il allait devoir bousculer son agenda pour faire une visite surprise au NCIS.
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Certes, pour l'heure, il ne prendrait aucune décision hâtive, il devait réfléchir avant d'agir dans la précipitation au risque de compromettre sa propre position. Il décida cependant de ne pas ajourner son déplacement. Il devait faire comprendre à la directrice qu'elle avait outrepassé ses prérogatives et qu'elle devait regagner le droit chemin.
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Sincèrement, il espérait que l'Agent DiNozzo n'avait pas communiqué ce rapport à quelqu'un d'autre mais il doutait que l'italien soit assez fou pour divulguer son contenu sans mettre sa propre carrière en péril. Et il savait que l'agent adorait travailler au NCIS et sous les ordres de Gibbs.
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Mais qu'est-ce qui avait pris au second de Gibbs de dévoiler la mission que Shepard voulait lui faire exécuter ? Certes, la mission ne dépendait pas directement du NCIS et elle semblait bien plus personnelle que professionnelle pour la directrice. Pourtant, n'était-ce pas du devoir d'un agent de suivre les ordres ?
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Poursuivant sa lecture, il nota que DiNozzo soulignait plusieurs points intéressants qu'il devrait malgré tout vérifier. Il n'avait pas été fan de constater l'intégration de l'officier du Mossad dans l'équipe de Gibbs lorsqu'il avait découvert le fait. Shepard avait cependant plaidé sa cause avec conviction et il avait cédé.
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Il semblerait qu'il ait négligé de procéder à une mise au point des limites que le poste impliquait et notamment l'accès à des informations confidentielles. Shepard avait accordé un peu trop de libertés à l'israélienne et elle en avait profité pour transmettre à son agence certains renseignements relatifs à leurs opérations qui pouvaient intéresser le Mossad.
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Il ignorait dans quelle mesure il pouvait remédier à la situation sans que sa propre responsabilité ne soit engagée. Il allait devoir faire supporter le poids de ces erreurs à Shepard elle-même puisqu'elle avait agi dans son dos. Elle pourrait tempêter tant qu'elle voudrait, elle serait seule tenue pour responsable.
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Davenport reprit sa lecture depuis le début et nota quelques points dont il voulait discuter avec Shepard. Elle allait devoir lui donner de sacrées explications suffisamment convaincantes pour rester à son poste.
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Il soupira, il avait bien envie de laisser cette affaire mourir sans faire d'esclandre. S'il faisait le mort et ignorait le dossier, il n'aurait pas à prendre parti pour l'une ou l'autre solution : limoger Shepard et trouver un nouveau directeur ou questionner son précédent choix sans concession.
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Il avait horreur de se remettre en question et de s'apercevoir que, parfois, il pouvait commettre des erreurs. Après tout, il était humain et c'était dans la nature humaine que de tenter de faire ses preuves quitte à faire des boulettes. Celle-ci n'avait pas engendré de conséquences néfastes pour l'instant… du moins à sa connaissance.
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Au lieu de supprimer purement et simplement le dossier, il décida de l'enregistrer sur une clé USB et de la conserver à l'abri des regards indiscrets. Un tel document pouvait toujours servir si besoin était et si Shepard pensait l'utiliser, lui ou sa position, pour lui barrer la route vers un poste plus important, l'échelon suivant étant le poste de SecDef avant de viser encore plus haut.
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Elle était assez maligne pour avoir gravi les échelons de manière sournoise, c'est-à-dire en manipulant certaines personnes par le chantage. Son espionne israélienne lui avait sans doute servir sur un plateau tout un tas de secrets inavouables qu'elle avait dû engranger et exploiter pour s'élever dans la hiérarchie.
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Il soupira et décida pour l'instant de faire l'impasse sur le dossier. Qui vivra verra !
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Le Secrétaire à la Défense, Mark Spencer débutait toujours sa journée en consultant sa boite mail et ce matin-là, il constata l'arrivée d'un mail notifié 'urgent' et dont l'expéditeur était un agent du NCIS dont le nom ne lui était pas inconnu, DiNozzo.
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Il n'avait jamais rencontré l'agent en question et pourtant, il avait entendu parler de lui, notamment en relation avec l'incident de la lettre et de l'I-Pestis où son nom était associé. De plus, Morrow l'avait mentionné à diverses reprises au cours de leurs conversations lorsque Mark avait requis son avis sur la gestion du NCIS.
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Il fronça les sourcils se demandant pour quelle raison un agent de terrain lui adresserait un mail avec un document en pièce jointe. Il se servit une tasse de café avant d'ouvrir le mail et le dossier attaché et commença sa lecture.
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Bien vite, il jura copieusement. Il n'avait pas vraiment approuvé la nomination de Jennifer Shepard en tant que directrice du NCIS et il venait juste de réaliser que son opposition aurait dû être prise en compte. L'actuel SecNav, Davenport, était un opportuniste et un incompétent s'il pouvait en juger objectivement.
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L'homme n'attendait qu'une chose, prendre sa place pour monter dans l'échelle politique. Mark savait que son subordonné, puisque tel était le poste de SecNav, un cran en dessous du sien, ne se réjouirait pas d'admettre son erreur. Il était même certain que Davenport ne la reconnaitrait jamais.
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Il poursuivit sa lecture pour comprendre exactement les implications directes des actions de Shepard. L'Agent DiNozzo avait détaillé non seulement la mission sous couverture illégale qu'elle voulait lui voir exécuter mais il pointait également certaines irrégularités relatives au poste d'officier de liaison détenue par un officier du Mossad.
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Spencer nota que l'agent fédéral avait cerné avec précision les anomalies concernant les procédures et protocoles que Shepard avait enfreints pour accorder à Ziva David des privilèges qu'elle n'aurait jamais dû obtenir. Il était certain que les spéculations de DiNozzo sur l'aide que le Mossad pouvait apporter à la directrice pour retrouver Benoit, dit La Grenouille, pouvaient être prises en considération et devaient s'avérer exactes.
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Le SecDef réfléchit et décida d'attendre un jour ou deux avant d'entreprendre une quelconque action. Il voulait laisser à Davenport le bénéfice du doute et voir s'il allait l'entretenir de ce dossier. DiNozzo avait mentionné lui avoir transmis une copie du dossier mais sans indiquer qu'il le faisait également parvenir à son supérieur, c'est-à-dire le SecDef.
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Si d'aventure, Davenport ne bougeait pas, Mark lui passerait un coup de fil sur un sujet quelconque et tenterait de l'aiguiller sur ce point précis pour voir sa réaction.
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Il prit le temps de faire une réponse à l'Agent qu'il félicita pour avoir pris le parti de l'avertir et indiqua qu'il souhaitait le rencontrer en personne un jour prochain. Il ajouta qu'il laissait au SecNav l'opportunité de lui parler du dossier et que, sans réaction de sa part, il prendrait personnellement les choses en main.
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Spencer réalisa qu'il faudrait que les agences fédérales comptent un peu plus d'agents de la trempe de l'italien, des agents qui n'hésitent pas à mettre leur carrière en jeu pour dénoncer des abus de pouvoir ou de graves manquements aux règles mises en place pour parer à des débordements inadmissibles.
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Lorsqu'il fut évident que DiNozzo ne se pointerait pas au travail, Gibbs comprit que leur plan était voué à l'échec ou devait être remis à plus tard. Il donna donc ses ordres.
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« Abby, tu devrais rejoindre ton domaine, DiNozzo ne viendra pas » dit-il d'un ton ferme à la gothique.
« Mais Gibbs, tu dois le sommer de venir » insista-t-elle véhément. « Il doit nous laisser l'occasion de le remettre à sa place, il n'a pas le droit de nous faire faux bond comme ça, nous devons pouvoir lui renvoyer ses accusations à la figure… »
« Abs, ne t'inquiète pas, nous aurons l'occasion de le faire… plus tard s'il le faut » la coupa abruptement Gibbs. « Pour le moment, reprenons notre travail. Et ceci est valable pour vous deux » ajouta-t-il à l'intention de McGee et David.
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Maugréant et tempêtant, Abby quitta l'espace de mauvais gré, ses pas résonnant lourdement sur le sol. Elle prit l'escalier plutôt que l'ascenseur et laissa la porte heurter le mur et se refermer en claquant bruyamment.
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Gibbs était furieux mais, dans une certaine mesure, il était également soulagé de l'absence de son second. Il voulait avoir un face à face avec lui mais sans témoins. La confrontation entre l'italien et l'équipe avait permis à l'ancien Marine de voir en action un italien au mieux de sa forme et il avait apprécié l'esclandre même si les propos échangés ne lui avaient pas plu outre mesure.
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Il avait souvent souhaité assister à un spectacle où DiNozzo montrait qu'il n'avait pas peur de se mesurer à lui, de se dresser contre lui si nécessaire. Il avait su que l'homme pouvait en quelques secondes devenir doux comme un agneau ou féroce comme un lion. Il n'avait pas été déçu et l'italien s'était montré à la hauteur de ses espérances.
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Le seul point qui lui restait à éclaircir était la raison qui avait motivé cette querelle. Parce que Gibbs était plus que certain que son second n'avait pas 'pété les plombs' ainsi sans motif sérieux. DiNozzo pouvait encaisser beaucoup avant d'exploser et lorsqu'il laissait sa colère éclater, il y avait un bon moment qu'il ruminait en silence ce qui le turlupinait.
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Inconscient des pensées qui tourbillonnaient dans l'esprit de son équipe, Tony profitait pleinement de la présence de Steve avec lui. Il avait décidé de le trainer malgré lui dans la visite du musée du Smithsonian et d'une galerie d'art, de l'inviter à diner dans certains de ses restaurants préférés.
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Steve avait compris que Tony faisait, à sa manière, ses adieux à la capitale qu'il allait bientôt quitter définitivement d'après les quelques commentaires qu'il avait fait sur sa vie future. Il se laissa donc entrainer sans trop protester et apprécia pleinement cette visite de la ville qu'il n'avait pas parcouru depuis bien longtemps.
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Cette excursion permettait également à l'italien de ne pas penser à ce qui avait été et qui ne serait plus, il se vidait l'esprit et profitait de la présence de son homme sans arrière-pensée. Il avait pris le parti de laisser les choses suivre leur cours lorsqu'il avait adressé le dossier à ses supérieurs. Il avait agi en son âme et conscience afin qu'une telle chose ne se reproduise pas.
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Advienne que pourra ! pensa-t-il. Je laisse d'autres prendre leurs responsabilités s'ils le jugent nécessaires. J'ai fait mon possible, à eux de faire le reste.
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Deux jours plus tard, Spencer attendait toujours un appel de son subordonné. Davenport ne l'avait pas contacté pour débattre avec lui des mesures à prendre contre Shepard. Il fulminait en comprenant que le SecNav n'avait sans doute aucune intention de remédier à la situation.
Il choisit donc de prendre le taureau par les cornes et de l'appeler lui-même en espérant que la conversation inclurait le sujet. Il composa le numéro personnel de Davenport et attendit patiemment qu'il décroche enfin.
« Davenport » entendit-il dans l'écouteur.
« Bonjour, Philip » répondit le SecDef. « Comment allez-vous ? »
Il distingua nettement le SecNav prendre une profonde inspiration avant de lui rendre son salut.
« Bien, Mark » renvoya Davenport. « Que puis-je pour vous ? »
« Ça fait un moment que nous n'avons pas pris quelques minutes pour discuter de ce qui est sous votre responsabilité » débuta Spencer. « Il serait temps que je fasse une évaluation concernant notamment le NCIS. »
Davenport se mordit la lèvre. Spencer soupçonnait-il quelque chose ?
« Que voulez-vous savoir exactement sur l'agence ? »
« Oh, quelques rumeurs à vérifier et une visite à faire sur place pour me rendre compte comment les choses se passent là-bas. Il y a bien longtemps que je n'ai pas fait de bilan sur le travail effectué depuis la nomination de Shepard. »
« Elle fait un travail remarquable surtout en ce qui concerne les affaires internationales » tenta-t-il pour divertir le SecDef. « Sa connaissance du terrain en Europe de l'Est est également inestimable. Elle lui a permis de réaliser des opérations sans heurts majeurs. »
« Je ne doute pas de ça, Philip » ironisa Spencer. « Ce que je veux, c'est apprécier son travail administratif et son interaction avec les équipes de terrain. »
« Aucun souci de ce côté, elle arrive même à maitriser le tempérament particulier de l'Agent Gibbs, c'est tout dire. »
« Vous avez des dossiers spécifiques à me soumettre avant ma visite ? »
Mark tendit la perche tout en sachant que son subordonné ne mordrait pas à l'hameçon. Malgré tout, il voulait voir s'il aurait le courage d'aborder le dossier que DiNozzo lui avait soumis. Il attendit la réponse avec une certaine impatience.
« Non, rien en particulier » reçut-il en confirmation de sa requête.
« Aucun, vous êtes certain ? » insista le SecDef.
« Je confirme qu'il n'y a rien qui requiert votre attention » affirma-t-il avec tout l'aplomb dont il était capable.
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Spencer serra le poing en constatant que Davenport avait fait le choix d'ignorer l'éléphant dans le magasin de porcelaine. Il allait devoir forcer l'homme à se raviser et il espérait qu'il reconnaitrait son erreur.
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« Philip, cessons de tourner autour du pot. Il me semble pourtant que vous avez été destinataire d'un mail très particulier dont vous ne m'avez pas encore parlé concernant l'agence » déclara-t-il d'un ton désapprobateur.
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Davenport se sentit pâlir et agrippa sa tasse de café pour éviter de commettre un geste fatal comme celui de raccrocher au nez de son patron. Il soupira puis tenta de noyer le poisson.
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« Un mail, Monsieur ? » demanda-t-il. « Je ne crois pas avoir reçu quelque chose à ce sujet. »
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Il éloigna un instant l'appareil de son visage et jura silencieusement. DiNozzo avait-il envoyé une copie de son dossier au SecDef ? Si oui, pour quelle raison avait-il décidé de le faire ? Il n'y avait qu'une façon de le savoir, laisser parler Spencer.
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« Allons, Phil, il est inutile de me faire croire le contraire » l'admonesta fermement Spencer. « J'en ai reçu une copie stipulant que vous en étiez également destinataire. Ce que je ne comprends pas, c'est votre silence à ce sujet. Vous savez que je ne peux laisser cette affaire sans réagir. Shepard a beau avoir été votre choix, il serait temps que vous admettiez avoir fait une erreur en la plaçant à la tête de l'agence. »
« Mark, je ne suis pas d'accord sur cette analyse, elle était parfaite pour donner un coup de pouce à la renommée de l'agence, la première femme directrice d'une agence gouvernementale allait la mettre sur le devant de la scène. Le NCIS serait enfin reconnu au même titre que les autres agences gouvernementales. »
« La seule célébrité que l'opinion publique retiendra ne sera certainement pas celle-là, j'en ai peur » le contredit le SecDef. « Et il est hors de question de classer cette affaire. Ne serait-ce que vis-à-vis de l'officier David, nous nous devons d'agir pour enrayer l'hémorragie. Qui sait quels documents confidentiels elle a envoyés au Mossad et l'usage qu'ils en ont fait. Bon sang, Philip, qu'est-ce qui vous est passé par la tête pour autoriser cette folie ? Un agent de liaison du Mossad dans l'équipe de Gibbs était bien la dernière chose à approuver. Et pas n'importe quel officier, un assassin et surtout une espionne. Et connaissant les circonstances de son intégration, il est encore plus incroyable que cette mascarade ait duré si longtemps. »
« Elle m'avait assuré que Ziva David ne serait pas un problème » tenta de se justifier Davenport.
« Shepard aurait juré n'importe quoi et aurait consenti à tout pour obtenir l'aide du Mossad dans sa traque de Benoit » ironisa le SecDef. « Il est inutile de lui chercher des excuses, elle ne peut utiliser l'agence à des fins personnelles et pour se venger d'un homme qu'elle rend responsable du suicide de son père. Elle a accepté les termes et les restrictions de sa position pour mieux les bafouer une fois dans le fauteuil de directeur et c'est purement inadmissible. Je ne peux en rester là, il est urgent de reconsidérer notre position. »
« Que désirez-vous prendre comme mesure ? » s'enquit Davenport, vaincu par les arguments de son supérieur.
« A votre avis ? » gronda Spencer. « Il me semble qu'il n'y a pas beaucoup d'alternatives à ce problème. Je ne pense pas que nous puissions nous contenter d'une simple tape sur la main, Philip. Cette entorse au protocole de l'agence est une grave offense d'autant plus qu'elle allait mettre la vie d'un agent aux compétences inestimables en danger en lui servant de renfort. Mais à quoi pensait-elle en voulant assurer les arrières de son agent ? Et comment aurait-elle fait ça en étant engoncé dans des meetings ? Elle a perdu la tête, ma parole ! »
« Quand voulez-vous organiser une visite au NCIS ? » s'enquit Davenport, vaincu par les propos de son supérieur.
« Le plus tôt possible, c'est-à-dire demain à la première heure » indiqua le SecDef. « Vous avez voulu retarder le plus possible la résolution de ce problème, il est grand temps que nous prenions les mesures qui s'imposent. »
« Très bien, je lui fais part de notre visite. »
« Non, je tiens à ce qu'elle soit prise au dépourvu par cet entretien et vous avez intérêt à respecter cet ordre direct, Philip ou vous n'aimerez pas les conséquences. J'espère être assez clair ? »
« Parfaitement clair, Mark. A demain au NCIS vers 10 heures, elle devrait être à son poste. »
« Très bien. A demain. »
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Et sur ce, le SecDef raccrocha, la colère bouillonnant en lui. Il savait qu'il aurait dû mettre son véto à la nomination de cette sorcière. Elle avait trop vite gravi les échelons pour se retrouver à ce poste. Elle était entrée à l'agence plusieurs années après Gibbs et avait débuté en tant que l'agent en probation dans l'équipe de Mike Franck avant de partager une mission sous couverture en Europe avec Gibbs.
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Shepard avait ensuite sollicité l'autorisation de travailler hors du pays, pour quelle raison, il l'ignorait mais penchait fortement pour une liaison qui avait mal tourné. Elle avait sans doute couché avec Gibbs et l'avait finalement planté au moment de repartir pour les USA. Gibbs était rentré seul et elle était restée d'abord en Italie puis en France avant de s'aventurer plus loin.
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Elle avait rencontré l'Officier du Mossad en Europe de l'Est où chacune avait compté sur l'autre pour survivre à la mission qu'elles avaient à accomplir. C'est ainsi qu'avait débuté la relation entre les deux femmes. Puis Shepard avait sans doute compris le parti qu'elle pouvait tirer d'être amie avec la fille du directeur du Mossad. Elle avait mis ensuite à profit cette amitié pour obtenir ce qu'elle voulait.
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Jennifer Shepard était une opportuniste et une fieffée menteuse si le jeu en valait la chandelle. Elle avait piégé plus d'un homme pour obtenir des faveurs spéciales et il se demandait qui elle avait pu corrompre pour devenir directrice du NCIS. Davenport avait-il été compromis d'une certaine façon pour s'être battu pour lui offrir le poste sur un plateau d'argent ?
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Il allait devoir approfondir la relation entre ses subordonnés pour démêler le vrai du faux et obtenir une idée claire de la situation. Le dossier composé par DiNozzo était malgré tout assez explicite et les preuves qu'il avait accumulées étaient assez accablantes et démontraient la duplicité de Shepard.
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Ne pas avoir mentionné pour l'instant à Davenport que l'Agent DiNozzo avait signifié son désir de démissionner dans un délai de deux semaines n'avait pas amélioré son humeur lorsqu'il avait lu le courrier joint au dossier. Il avait échangé à plusieurs reprises avec l'ancien directeur, Tom Morrow.
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Même si Spencer évitait de se mêler directement de l'administration du NCIS, il se tenait au courant, via le SecNav, de ce qui s'y passait. Ce fut donc naturellement qu'ils avaient parlé, bien évidemment de son ancien poste et de l'équipe principale menée par l'Agent Gibbs.
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Et Tom avait souligné le soulagement qu'il avait ressenti lorsque Gibbs lui avait présenté le premier agent qu'il comptait engager lorsque son second avait requis un transfert. L'ancien Marine avait choisi un jeune détective de Baltimore qui était, selon les propres termes de l'agent, un enquêteur exceptionnel avec un instinct et un mode de réflexion particuliers.
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Morrow avait ajouté que le nouvel agent savait également brider son chef et n'hésitait pas à se dresser contre lui si nécessaire. En un mot, Gibbs avait trouvé un agent capable de le seconder efficacement, d'interagir avec témoins et suspects/coupables, de traiter la paperasserie dans les délais.
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C'était également un excellent élément pour les missions sous couverture, un plus évident pour l'agence fédérale qui comptait parmi ses rangs cet atout que les autres agences gouvernementales lui enviaient. En d'autres termes, l'agent était un as pour l'agence dans bien des domaines et surtout pour gérer le tempérament de l'ancien Marine.
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Et voilà qu'à cause de la folie d'une femme vindicative, il allait perdre le meilleur agent que le NCIS employait ! C'était inadmissible. Et il savait déjà qu'il serait inutile d'appâter DiNozzo en lui proposant sa propre équipe, il avait spécifié qu'il ne souhaitait pas poursuivre sa collaboration avec l'agence.
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Spencer décida de s'entretenir avec Tom Morrow, ce dernier avait toujours beaucoup apprécié l'italien et d'après ses dires, l'agent le lui rendait en retour. Tom avait indiqué que, dans la mesure où il avait montré respect et confiance envers l'agent, DiNozzo s'était alors employé à donner le meilleur de lui-même et bien plus.
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Sans plus attendre, il composa le numéro de son ami et attendit patiemment que ce dernier décroche.
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« Bonjour, Tom » dit-il lorsque son correspondant fut en ligne.
« Mark » le salua Morrow. « Quel bon vent vous amène à me contacter de si bonne heure » plaisanta-t-il.
« A vrai dire, je souhaiterais vous entretenir d'un sujet relatif au NCIS » indiqua Spencer. « Je viens d'être destinataire d'un dossier explosif qui risque d'entrainer des changements importants à l'agence. »
« Vous voulez parler de la croisade de Jennifer Shepard concernant le supposé suicide de son père et son désir maladif de prouver qu'il n'était pas corrompu, j'imagine » déclara Tom.
« Vous êtes déjà au courant ? » s'étonna Mark.
« Depuis la conférence inter-agences de Miami et la prodigieuse intervention de l'Agent DiNozzo, le comportement de Shepard m'avait intrigué » expliqua son homologue. « J'ai compris qu'elle ne laisserait pas DiNozzo lui échapper pour une raison quelconque. J'ai donc pris le parti de faire entreprendre quelques recherches par une de mes équipes. Il s'est avéré que DiNozzo lui-même avait quelques soupçons relatifs à une mission sous couverture qu'elle voulait lui imposer. Il a donc décidé d'accumuler toutes les preuves possibles pour dénoncer son projet. Nous avons correspondu via e-mails. »
« Je vois qu'il vous a gardé sa confiance et vous a instinctivement contacté » nota Spencer.
« A vrai dire, nous avons eu une conversation édifiante juste après la conférence » indiqua l'ancien directeur du NCIS. « Je lui ai offert une opportunité intéressante et soumis une proposition qui pouvait représenter un véritable challenge pour ses capacités. »
« Est-ce la raison pour laquelle il m'a fait part de sa démission ? »
« Je ne pense pas, Mark » l'assura Tom. « Certes, il ne m'a pas encore donné de réponse positive ou négative. Il doit sans doute prendre en compte l'avis de son compagnon et… »
« Son compagnon ? » intervint le SecDef d'un ton incrédule. « Voulez-vous dire ce que je pense ? »
« En confidence, Mark pour vous permettre de mieux appréhender la situation » souligna Morrow. « DiNozzo a rencontré quelqu'un lors de cette fameuse conférence. Il ne fera rien qui puisse mettre en péril cette nouvelle relation et j'avoue que je peux comprendre sa décision. Gibbs lui a fait vivre des semaines difficiles après son retour non seulement professionnellement mais également personnellement… »
« Oh, un instant, Tom » le coupa Mark, incrédule. « Gibbs et DiNozzo, ensemble ! J'ignorais que ces deux-là batifolaient pour les deux sexes ! »
« Ce n'est pas un détail qu'il fait bon étaler en public surtout lorsqu'on travaille au sein des forces de police ou militaires, Mark » statua Morrow.
« Exact, c'est encore un sujet qui peut provoquer des réactions excessives de la part de certains opposants à l'annulation du DADT » soupira le SecDef. « Pensez-vous que nous puissions faire changer d'avis DiNozzo au sujet de sa démission ? »
« J'en doute sérieusement » affirma Tom. « Les relations très tendues qui règnent parmi l'équipe depuis l'accident de Gibbs, son départ précipité et son retour inattendu ainsi que l'insubordination et l'irrespect que DiNozzo a expérimenté de la part de ses subordonnés, la mission sous couverture que Shepard tentait de lui imposer par le chantage ont contribué à sa décision de quitter l'agence. »
« Et si je lui offrais sa propre équipe et la possibilité de recruter lui-même ses agents ? » proposa Spencer.
« DiNozzo a déjà été trahi plusieurs fois au cours de sa carrière professionnelle, Mark » expliqua Tom. « Il a réussi à rebondir à chaque fois en changeant de poste et de ville. Cette fois-ci, il pensait avoir trouvé une situation durable. Et voilà qu'à nouveau, son équipe qu'il considérait comme sa famille d'adoption l'a profondément déçu et en quelque sorte renié. Il serait très surprenant qu'il souhaite rester au sein de l'agence. Vous pouvez toujours tenter votre chance mais je vous prédis un refus clair et net. »
« Vous paraissez certain qu'il refusera ! »
« Mark, c'est un homme qui pardonne aisément et je dirais même trop facilement » expliqua Tom. « Cependant, lorsque l'offense est trop personnelle et virulente, il ne peut absoudre le responsable. Dans ce cas précis, ce n'est pas une seule personne mais plusieurs qui se sont liguées contre lui. Il serait très étonnant qu'il accorde son pardon à l'ensemble de l'équipe, certains membres l'ont meurtri trop profondément. »
« Bien, j'imagine que je dois capituler et le laisser partir » soupira le SecDef.
« Vous ne pourrez pas le retenir au vu des circonstances qui président à sa démission, j'en ai bien peur » notifia Morrow.
« Il est bien dommage de perdre un agent de sa valeur » résuma alors Spencer.
« Je compatis, Mark » approuva Tom.
« Bien, je cerne un peu plus la situation et ces informations vont me permettre de prendre ma décision en toute connaissance de cause » conclut Mark. « Merci pour ces éclaircissements, Tom. Je vous tiens au courant. »
« Entendu, Mark. A bientôt. »
« A un de ces jours. »
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Les deux hommes raccrochèrent et le SecDef prit le temps de digérer les surprenantes révélations que Tom Morrow venait de lui faire. Il saisissait mieux les enjeux et pourrait prendre les mesures nécessaires pour remédier au merdier que Shepard avait créé.
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A bientôt pour la suite
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Chtimi
