Chapitre 37 – Résurrection

POV Edward

Jusqu'au bout j'avais espéré ne pas passer à l'acte mais Bella était bien plus déterminée que je ne le pensais. Elle se donnait à moi de tout son cœur, de toute son âme et de tout son être. En dégageant sa nuque, elle m'offrait une vue imprenable sur sa carotide, fragilisant tout le contrôle que je tenais d'une poigne de fer. Cependant, le venin afflua en abondance dans ma bouche et il était très difficile de résister à l'appel de son sang.

Elle prit mon visage entre ses mains pour l'approcher au plus près de cette veine qui, me semblait-il, ne battait que pour moi. Son odeur envahissait tous mes sens, elle était alléchante et envoûtante. Elle me rendait fou. Mes lèvres entrèrent en contact avec la chair tendre de son cou si chaud. Je pouvais sentir son sang circuler au travers de ses veines, il chantait pour moi et m'appelait tout comme Bella m'intima dans une dernière pression de ses mains de commencer le processus qui la mènerait à l'immortalité.

Je déglutis et entrouvris les lèvres pour faire ressortir mes dents qui percèrent d'un coup bref la fine pellicule de sa peau. Son sang afflua aussitôt dans ma bouche. Je ne pus m'empêcher d'en boire quelques gouttes tout en gardant un contrôle absolu du monstre qui sommeillait en moi, il en allait de la vie de Bella. Le venin que je gardais dans ma bouche s'échappa pour se mêler à son sang et se diriger à une vitesse folle, au rythme de ses pulsations, vers son cœur.

Je la sentis se contracter et me serrer plus fort contre elle, elle devait déjà ressentir la brûlure du venin qui s'immisçait à travers son corps mais elle ne dit mot et ne laissa échapper aucun cri. Elle voulait se montrer courageuse.

Au bout de plusieurs secondes, son corps se détendit et son pouls ralentit. Je quittai sa carotide, laissant une trace indélébile de ma morsure à côté de la première que je lui avais déjà infligée de nombreux mois auparavant. Un hurlement se fit entendre au loin mais je n'y prêtai guère attention, me concentrant sur mon amour que la vie quittait peu à peu. Ses doigts se détendirent et ses mains se détachèrent de ma nuque. Elle s'affaissa de tout son être mais je la tenais fermement dans mes bras pour l'empêcher de chuter. Ses bras tombèrent lourdement le long de son corps et sa tête bascula en arrière. Elle venait de sombrer. Je la fis basculer dans mes bras et la soulevai inerte et pantelante, ses mains se balançaient dans le vide comme si elle était sans vie. Son visage livide était sans expression, ses yeux étaient clos et son cœur s'affaiblissait à chaque battement. La vie se retirait peu à peu de mon amour.

Mon Dieu ! Qu'avais-je fait ? Je venais de lui ôter la vie alors qu'elle était en bonne santé. Je venais de la priver d'une vie humaine alors qu'elle était si jeune. Je venais de la tuer pour me l'approprier à tout jamais, quel égoïsme. Je l'avais sacrifié pour répondre aux volontés de tous, des Volturi, de Bella, de ma famille et même de la mienne.

Je fermai les yeux l'espace de quelques secondes, je ne pouvais contempler le résultat de l'abomination que je venais d'accomplir. J'étais torturé de la voir dans cet état. Mon amour, ma femme, n'était plus qu'un pantin entre mes bras puissants et froids.

- Edward, ne la laisse pas ici, ramène-la dans nos appartements. Intervint Carlisle qui me sortit de ma torpeur, puis il se rapprocha pour me murmurer d'une voix quasi inaudible que je fus le seul à entendre. La meute rôde, tu as dû entendre leurs hurlements, je ne sais pas ce qui se trame, cela ne me dit rien qui vaille, je crains le pire. M'avertit-il

Je le regardai puis jetai un œil au reste de ma famille. Ils avaient tous l'air inquiet et émus puis je revins vers mon père et j'hochai la tête. Je n'avais pas rêvé, les loups se trouvaient dans les environs de Volterra, ils étaient proches mais pas encore assez pour que je perçoive leurs pensées. Les Volturi ne semblaient avoir rien remarqué. Peut-être qu'ils ne faisaient pas le rapprochement entre ces hurlements et les loups qui vivaient à des milliers de kilomètres de ces lieux de l'autre côté de l'atlantique sur la côté Ouest. Ils ne se méfiaient donc pas et n'y prêtèrent guère d'attention.

Je m'éclipsai à une vitesse inhumaine longeant ces longs couloirs pour emmener Bella dans notre chambre. Je la déposai délicatement sur le lit et m'allongeai à ses côtés pour la serrer dans mes bras. Je voulais par ma présence et mon soutien l'aider à traverser ses trois jours de souffrance durant lesquels, elle voudrait probablement mourir, ultime recourt pour faire cesser la douleur.

Ma famille nous rejoignit quelques instants plus tard. Carlisle s'approcha de Bella et l'examina.

- Le processus a commencé. Le plus dur reste à faire pour elle. Tu as procédé de la bonne manière Edward et tu as fait preuve d'un contrôle de toi très impressionnant. Je suis fier de toi, mon fils. Me dit-il.

- Fier ? Je viens de la tuer. Répliquai-je amer.

- Tu sais très bien que tu n'avais pas le choix et c'est ce qu'elle désirait. Ne te culpabilise pas, je sais combien tu étais contre cette transformation mais tu verras lorsqu'elle se réveillera, ce sera comme une renaissance pour vous deux. Tu n'auras plus à craindre de la blesser ou à retenir tes gestes car elle sera plus forte que toi. Tu n'auras plus à craindre de la perdre. Me rassura-t-il.

- Merci. Répondis-je simplement.

- De rien. Nous vous laissons tous les deux. Au moindre changement dans son comportement n'hésite pas à m'avertir, nous serons tous dans le salon juste à côté si tu as besoin. Il commença à reculer puis se ravisa. Je doute que cela te fasse plaisir mais Aro m'envoie te dire qu'il est très content de toi.

Je ne prêtai aucune attention à ses dernières paroles et me concentrai sur Bella.

Ils s'éclipsèrent tous en silence mais avec beaucoup de compassion et me laissèrent avec mon amour dont la peau luisait de sueur. Même dans cet état, elle était belle. Belle dans cette robe qui mettait en valeur toute sa beauté dans sa simplicité. Je me redressai pour la lui ôter délicatement et ne lui laissai que sa chemise. Dans cette tenue elle aurait moins chaud. Puis je retirai les barrettes qui parsemaient sa coiffure. Ses cheveux tombèrent en cascade le long de son dos. Je la rallongeai et la serrai de nouveau contre moi. Malgré que je sois froid comme la glace, elle transpirait de plus en plus. Elle était brûlante et sa température ne cessait d'augmenter allant même jusqu'à réchauffer ma chair fraîche.

Elle se mit à pousser de petits gémissements puis commença à s'agiter. Sa respiration devenait saccadée et elle poussa un cri de souffrance alors que son corps se cambrait.

Je resserrai mon étreinte pour la maintenir dans le cocon frais de mes bras mais elle bougeait de plus en plus et ses cris se firent de plus en plus réguliers et puissants. Elle souffrait tellement. Cela était une vraie torture de la voir ainsi et de ne rien pouvoir faire pour l'aider. J'aurais tant voulu souffrir à sa place et lui éviter cette douleur inévitable pour devenir un vampire.

Les heures passèrent à une vitesse infiniment lente, Bella était toujours dans le même état. Il empira même car elle se mit à supplier.

- Je vous en prie…arrêtez… j'ai trop mal. Cessez cette souffrance insupportable de quelque manière que ce soit. Finissez-en avec moi. Je veux mourir. Gémit-elle les yeux toujours clos.

- Ne dis pas cela, tu vas réussir à aller jusqu'au bout, tu es forte. Courage mon amour, je suis là. Le rassurai-je.

- Edward…Souffla-t-elle.

- Je suis là. Lui répondis-je en effleurant sa joue du dos de ma main.

- Aide-moi. Quémanda-t-elle.

- Je ne peux pas. Répliquai-je impuissant

- Je veux mourir, j'ai trop mal. Se plaignit-elle.

- Ça va passer. La rassurai-je en caressant ses cheveux et en déposant un baiser au sommet de son crâne.

Cette requête, quoiqu'il m'en coûte, je n'y accéderai jamais même si je souffrais de la voir à l'agonie. Jamais je ne la laisserai s'en aller et me quitter à jamais.

Les deux jours suivants furent identiques au premier avec les mêmes suppliques de Bella pour abréger ses souffrances. Mon père passait de temps en temps pour voir à quel stade elle en était. Jane et Alec passèrent aussi pour s'assurer que le processus suivait bien son cours.

Nous n'eûmes que très peu de nouvelles de la meute, tout ce que je savais c'était qu'ils étaient plus proches à présent, en tout cas Jacob l'était. Je percevais ses pensées malgré moi. Je savais qu'il avait croisé Esmé et E.J en chemin. Cette dernière lui avait relaté les événements passés et proches. Elle l'avait prévenu de la transformation imminente et inévitable de Bella. Il avait su à quel moment le processus commença car il avait senti quelque chose s'éteindre dans son cœur. Il était fou de rage contre les Volturi pour leur requête monstrueuse mais il l'était encore plus contre moi, qui avait accepté le marché et procédé moi-même à son exécution. Pourtant, à contrario de ce que j'aurais pu imaginer, il n'était pas arrivé en trombe dans l'Antre des Volturi pour tout détruire et abattre son courroux sur moi. Non, il attendait quelque chose, un événement ou bien un signal, je n'aurais su le déterminer mais il était clair qu'il se préparait à entrer en action avec toute la meute. Il n'attendait que le bon moment pour se faire.

Nous étions au dernier jour et d'ici quelques heures, la souffrance de Bella devrait s'estomper au même rythme que son cœur s'éteindrait. Elle était devenue plus calme malgré que je puisse lire la souffrance sur son visage. Sa peau était blafarde tout comme la mienne et son corps s'était refroidit pour atteindre une température presque égale à la mienne.

Je remarquai alors, que les battements de son cœur qui étaient déjà très faibles, s'espacèrent de plus en plus. Bella se tendit de nouveau et s'accrocha à moi comme à une bouée de sauvetage. Elle s'agita de nouveau et gémit. Que se passait-il ? Etait-ce normal ? Je n'en avais aucune idée, pourtant ce n'était pas la première transformation à laquelle j'assistai mais j'avais l'impression que tout était nouveau en ce qui concernait Bella.

- Carlisle ? Appelai-je mon père dans un murmure suffisant pour son ouïe surdéveloppée.

Après plusieurs secondes, je constatai qu'il n'était pas là. Peut-être ne m'avait-il pas entendu en fin de compte?

- Carlisle. L'appelai-je de nouveau un peu plus fort.

Mais après quelques instants toujours rien, il ne se manifestait toujours pas.

- Carlisle ! Criai-je cette fois-ci à bout de patience.

Mais ce fut en vain, il ne se présentait toujours pas, il allait falloir que j'aille le chercher moi-même. Je desserrai avec une infinie précaution la poigne de Bella agrippée à mon cou et déposai un baiser sur son front.

- Je reviens de suite mon amour, je ne serais pas long. La rassurai-je en m'écartant d'elle à regret.

Je filai ensuite en un éclair vers la porte et ouvrit celle-ci pour pénétrer dans le salon.

POV Bella

J'avais repris semi-conscience allongée contre un corps froid que je reconnus comme étant celui d'Edward qui me cajolait et me câlinait du mieux qu'il pouvait. Mais je ne pouvais apprécier ses gestes de tendresse et d'affection car j'avais mal et même plus, je subissais une vraie torture dans tout mon corps. Tout mon être s'était enflammé et se consumait de l'intérieur, j'avais l'impression de mourir brûlée vive. Même le corps glacé d'Edward contre le mien ne pouvait rien face à ce feu qui me rongeait de l'intérieur.

Je l'avais supplié d'abréger mes souffrances mais il n'en fit rien. Si j'avais pu me lever et me jeter du haut d'une fenêtre pour en terminer avec cette torture, je l'aurais fait tellement la douleur était intolérable. Ce calvaire semblait durer une éternité et je finis par croire que je souffrirai éternellement.

Après de nombreux efforts, je commençai à m'habituer à cette souffrance, si cela était possible, j'avais surtout appris à maîtriser mes réactions face à cette torture. Je devins plus calme et ne bougeai plus. Mais soudain alors que je semblai maîtriser ma douleur, le feu s'intensifia comme si l'on soufflait sur des braises encore rougeoyantes et que les flammes se ravivaient au moindre souffle. Je brûlai intérieurement à en perdre la raison et mon corps se cambra cherchant un moyen d'évacuer toute cette souffrance.

J'entendis Edward appeler son père à plusieurs reprises mais en vain. De toute façon que pouvait-il faire ? S'il avait pu faire quelque chose, il l'aurait déjà fait depuis longtemps. J'étais tout simplement condamnée à souffrir éternellement. Je sentis soudain les lèvres presque tièdes d'Edward se poser sur mon front avant qu'il ne se détache de moi.

- Je reviens de suite mon amour, je ne serais pas long. Me dit-il de sa douce voix de velours.

Non, ne pars pas, aurais-je voulu le retenir. Reste avec moi, j'ai besoin de toi, ne me laisse pas. Mais je ne pouvais desserrer les dents de peur de laisser échapper un hurlement de douleur.

Puis il s'éclipsa, je ne sentais plus sa présence. J'étais seule dans cette immense pièce avec ce feu qui ne me laissait aucun répit. Sans Edward à mes côtés je me sentais comme perdue, j'avais besoin de mon mari et de son soutien plus que jamais à ce moment. Je m'agitai de plus en plus et il n'était plus là pour me maintenir. Mes oreilles percevaient des bruits qui pour moi n'avaient aucun sens et cognaient fortement dans un brouhaha. Mon cœur battait beaucoup moins fréquemment mais en de grandes pulsations qui faisaient écho dans tout mon corps. Ces pulsations conduisaient le feu rougeoyant vers le noyau central de mon corps, vers le dernier organe qui me maintenait encore en vie. Lorsqu'il atteint violement mon cœur, je ne pus retenir un hurlement tellement j'avais l'impression que tout mon corps se déchirait et s'éparpillait en morceaux. Cette souffrance n'aurait donc jamais de fin ?

Je sentis soudain une main tiède se poser sur mon front et glisser ensuite sur mes cheveux en de douces et tendres caresses.

- Chuttt. Me murmura-t-il pour m'apaiser.

Il était revenu. De sa main libre, il prit la mienne et je la lui serrai fort pour extirper cette souffrance. Mon cœur donnait de grands coups toujours plus espacés mais toujours plus violents. Il battit une dernière fois faisant vibrer tout mon corps qui était prêt à exploser et puis plus rien. Ce fût le calme et l'apaisement si durement souhaité. La douleur s'évapora comme si elle n'avait jamais existé. Elle était presque déjà oubliée.

Je me sentis très rapidement mieux. Je prêtai alors attention au monde qui m'entourait mais curieusement je n'entendis rien. Tout n'était que silence. Je percevais pourtant une présence à mes côtés qui me caressait toujours la main et les cheveux. Bien sûr, il était là et notamment pour cette épreuve si difficile. Il m'avait soutenu du début à la fin. Il avait tenu sa promesse faite devant le prêtre de me soutenir dans le bonheur comme dans les épreuves. Il était le mari idéal que j'avais rêvé et qui m'appartenait à présent pour l'éternité. Un sourire se dessina sur mon visage à cette pensée.

J'inspirai alors à pleins poumons comme si cela était encore vital pour moi et je perçus son odeur. Je fronçai légèrement le sourcil car je ne la reconnaissais pas. Elle était complètement différente de celle que je pouvais me souvenir lorsque j'étais encore humaine. Cette odeur était même dérangeante. Etait-ce dû à mon odorat hyper développé ? Les odeurs étaient-elles vraiment si différentes par rapport à tout ce que j'avais connu jusqu'à présent ? Je n'en savais rien, le mieux était encore que je le demande directement à Edward.

J'ouvris brusquement les yeux, découvrant à première vue l'immense chandelier accroché au plafond qui pendait au dessus du lit. Puis mon regard erra tout autour de moi, détaillant chaque fibre, chaque poussière sur le mobilier. Il termina sa course sur un corps face à moi. Il était tout de noir vêtu des pieds jusqu'au cou. Je levai alors les yeux et ce fût le choc. Je me redressai en une fraction de seconde et me propulsai en arrière pour me plaquer contre le mur derrière moi qui craquela sous l'intensité du choc. Mes doigts étaient complètement crispés et la panique m'envahit.

Je m'attendais à croiser ses yeux dorés remplis d'amour, voir ses cheveux cuivrés coiffés en bataille dans lesquels j'adorais y glisser mes doigts, ce nez droit et volontaire, cette mâchoire carrée, ses lèvres pleines que j'adorais embrasser, mais à la place, je tombai sur des pupilles imbibés de sang et une chevelure quasi identique à la différence près qu'elle était châtain, et un visage fin. A la place de retrouver mon amour face à moi, je découvrais ce Volturi si énigmatique. A la place d'Edward, se trouvait Démétri.

Une succession de question défila à une vitesse inouïe dans ma tête. Où était Edward ? Pourquoi n'était-il pas là ? Que lui était-il arrivé ? Que faisait Démétri à sa place ? Que signifiait sa présence ici ?

Je regardai tout autour de moi à l'affût d'une issue de secours par laquelle je pourrais m'enfuir mais Démétri se trouvait dans le passage de l'unique sortie. Il esquissa un pas vers moi et ce fut instinctivement que je me mis à grogner, l'invitant ainsi à rester à sa place et à s'éloigner de moi.

Il tendit les mains en guise de reddition.

- Tu n'as rien à craindre de moi, je ne te veux aucun mal. Se voulut-il rassurant.

De mon côté, je reculai pour m'éloigner le plus possible de lui en longeant le mur, jusqu'à ce que j'atteigne le coin m'empêchant d'aller plus loin. Je me retrouvai donc prisonnière face à ce vampire qui n'avait pas l'air de vouloir rebrousser chemin.

- Ne…ne vous approchez pas. Balbutiai-je, parlant pour la première fois depuis trois jours et reconnaissant à peine ma voix devenue carillonnante.

- Tu n'as pas à avoir peur de moi, je suis ici pour t'aider et te guider dans ta nouvelle condition. Me dit-il d'un ton calme et posé en s'approchant progressivement.

Ma nouvelle condition ? Bien sûr cela me revint, j'étais devenue une sang-froid à présent, comme Edward, Emmett et toute la famille Cullen. J'avais à présent l'éternité pour profiter d'être avec lui mais où se trouvait-il ? Et pourquoi Démétri me proposait-il son aide ?

- Pourquoi m'aider ? Je n'ai pas besoin de vous. J'ai ma famille avec moi, où sont-ils ? Où est Edward ? M'enquis-je inquiète de m'être réveillée seule avec pour unique compagnie un Volturi.

- Chuttt, calme-toi d'abord, je te dirai tout, ensuite. Ai confiance en moi. Viens ? Il me tendit la main avec un léger sourire.

Il avança lentement pas à pas jusqu'à se trouver juste devant moi à une cinquantaine de centimètres. Je pouvais sentir à nouveau son odeur qui envahissait mes sens. Je réalisai à quel point, elle était différente de celle d'Edward. Comment avais-je pu les confondre l'espace d'un instant. Elles étaient complètement dissemblables.

- Viens, je sais que tout est nouveau pour toi, je suis là pour t'aider et t'enseigner comment te comporter. Prend ma main, je te prie. Insista-t-il.

Je restai indécise ne sachant que faire. Devais-je lui accorder ma confiance, à lui, un Volturi ? Edward, pourtant, ne semblait guère l'apprécier. Mais que pouvais-je faire d'autre ? J'étais seule avec pour seul soutien, Démétri à mon réveil. Tout mon monde avait changé, je n'avais plus aucun repère tout me semblait étranger et pourtant familier, tout était infiniment plus précis et plus détaillé, chaque son, chaque odeur. Ma vue allait bien au-delà de ce que je pouvais imaginer, confinée dans cette pièce. Mon corps, tout entier, s'était métamorphosé. Ma peau était devenue blafarde et dure comme le marbre. Je me sentais légère et pleine d'énergie. Cependant à la place de mon cœur éteint à présent, se trouvait un grand trou et un énorme manque, où était-il ? Où était Edward, j'avais tellement besoin de lui à cet instant. La seule façon de le savoir était de suivre ce Volturi afin qu'il me révèle enfin où se trouvaient les miens et pourquoi ils n'étaient pas présents à mon réveil.

Je soulevai légèrement ma main qu'il attrapa d'un geste vif. Il me guida jusqu'au sofa devant une petite tablette et m'invita à m'assoir. J'obtempérai en m'asseyant à l'opposé de lui sur la banquette.

- C'est très bien, Isabella, nous allons y aller en douceur. Me dit-il d'un ton posé comme s'il évitait à tout prix de m'effrayer ou de me brusquer.

Son regard erra sur moi.

- Hum, je me doutai que tu serais devenue une magnifique immortelle, ce teint te va divinement bien. Me flatta-t-il en effleurant ma joue de son index.

J'eus un bref mouvement de recul à son contact. Il retira sa main aussitôt et redevint sérieux.

- Je suis désolé, je ne voulais pas t'effrayer. Je voulais juste te complimenter sur ta beauté. Il fronça les sourcils et il me détailla de la tête au pied. Par contre, cette chemise ne te met pas du tout en valeur, il te faut quelque chose de plus présentable. On va arranger cela.

Il me guida de sa main emprisonnant toujours la mienne jusqu'à la console où se trouvait un miroir. Il m'intima de m'asseoir puis de me tourner vers mon reflet. Je m'exécutai me laissant guider par son ton à la fois doux et autoritaire. J'eus un choc, lorsque je croisai des yeux rougeoyants qui me détaillaient, j'avais l'impression de voir Victoria face à moi, la chevelure était cependant différente. La mienne était plutôt lisse avec quelques boucles alors que la sienne était fauve et volumineuse. Je portai les mains sur mon visage dur et me rendis compte qu'il s'agissait bien de moi. Je reconnus mes traits à travers ce teint pâle presque translucide. Je détournai le regard car malgré la magnificence de mon apparence, je me faisais presque peur. Il me fallait du temps pour m'y habituer.

Démétri s'approcha en posant ses mains sur mes épaules et en me regardant à travers le miroir.

- Ne détourne pas les yeux, regarde-toi comme tu es belle. Dit-il de nouveau en effleurant mes cheveux de ses doigts les portant à son visage pour les humer.

Un coup frappé à la porte me permis d'échapper à son regard insistant, ainsi qu'à son toucher qui me gênait.

- Entre. Ordonna-t-il en se redressant.

Sans me retourner, je vis par le biais du miroir cette humaine, Gianna, faire son apparition.

- Maître, excusez-moi de vous importuner mais voici les vêtements que vous avez fait demander.

- Pose-les sur le lit et va-t-en. Ordonna-t-il froidement sans un regard pour la jeune femme.

Celle-ci courut aussi vite qu'elle le put vers le lit et y déposa une robe ainsi qu'une nouvelle chemise. Le petit courant d'air qu'elle émit dans son déplacement vint titiller mon odorat et soudain je ne contrôlai plus rien. Je me redressai brusquement faisant basculer le tabouret sur lequel je me trouvai assise puis je me précipitai vers cette fille dont le sang qui battait dans ses veines, m'appelait. Il desséchait ma gorge et me brûlait, il fallait que j'étanche cette soif soudaine.

Je la percutai brusquement et la plaquai contre le sol. Je desserrai dans un même mouvement ma mâchoire m'apprêtant à plonger sur sa carotide lorsqu'une poigne me prit par le cou et m'emporta en arrière. Je grondai et me débattis ne souhaitant pas que l'on m'éloigne de mon festin.

- Sors, vite, je ne pourrais pas la retenir longtemps. Cria la voix de Démétri dans mon dos.

La jeune humaine ne se fit pas prier et disparut de la pièce claquant la porte derrière elle.

De mes mains je fis pression sur les doigts de ce Volturi et je réussis à me libérer mais ce fut son autre main qui prit le relais.

- Je sais que tu es assoiffée mais Gianna est à moi et malgré qu'elle soit humaine, je ne voudrai pas voir mon esclave disparaître de cette façon. Ricana-t-il.

Ces mots avaient du mal à prendre sens dans ma tête car à cet instant c'était mon corps entier qui avait prit le pouvoir et qui n'attendait qu'une seule chose : éteindre ce feu qui brulait dans ma gorge.

- Si tu es bien sage et ne cours pas à la suite de Gianna, je te donnerai quelque chose qui te soulagera, puis-je te faire confiance ?

Ma gorge me brulait tellement que j'étais quasiment prête à accepter n'importe quoi pour que cela cesse.

J'acquiesçai de la tête et il relâcha peu à peu son étreinte.

- C'est très bien, tu es très obéissante. A présent, ne bouge pas, je n'en ai que pour quelques petites secondes.

Il me libéra subitement. Je me retournai alors en une faction de seconde et réalisai que j'étais seule. J'eus à peine le temps d'esquisser un pas qu'il était déjà de retour avec un plateau chargé qu'il déposa sur la petite tablette.

Il prit une coupe en cuivre dans sa main et attrapa le pichet de l'autre pour en verser ce liquide rouge écarlate au parfum alléchant puis il me la tendit.

- Tiens, bois, cela soulagera la brûlure de ta gorge. Me dit-il.

Je m'approchai rapidement et pris l'objet avec empressement pour le porter à ma bouche. Je trempai d'abord mes lèvres pour goûter, la texture était douce, et le nectar si savoureux. Je n'attendis pas plus longtemps et je bus le contenu en quelques gorgées mais cela ne suffisait pas, j'en voulais encore, ma soif n'étant pas étanchée. Je lui tendis la coupe pour qu'il me resserve.

- Tu en veux encore ? S'enquit-il.

J'hochai de nouveau la tête, ne pensant qu'à cette boisson salvatrice devant mes yeux qui adoucissait ma gorge. Il esquissa un sourire en coin et me servit. J'enfilai le contenu aussi rapidement que le premier et j'en réclamai encore et encore jusqu'à ce que les trois pichets soient vidés.

Je me sentis mieux, la brûlure s'était apaisée.

- Je vois que tu aimes ce frais nectar que je t'ai donné et qu'il ne te répugne pas. Constata-t-il.

- Pourquoi me répugnerait-il ? Soudain, j'eus l'impression d'avoir un vertige lorsque la réalité me frappa en pleine face. Je réalisai alors ce que j'étais devenue, ce qu'étaient mes besoins et j'identifiai ce qu'était ce liquide rouge écarlate que je venais de boire avec gourmandise. Du…sang. C'était du sang ? Déclarai-je écœurée.

- Bien sûr qu'il s'agit de sang, il n'y a que ce breuvage qui puisse étancher et apaiser notre soif à tous. Répliqua-t-il le plus naturellement possible.

Je me redressai soudainement et reculai prise d'une frayeur subite.

- De…de quel genre de sang s'agit-il ? Demandai-je avec une effroyable peur quant à la réponse.

- Humain, bien évidement. C'est celui du prêtre qui a célébré le mariage. Nous ne pouvions pas enfreindre les règles pour lui. Tout humain connaissant notre secret, ne pourra jamais ressortir vivant de l'antre des Volturi. Cela dit, son sang n'est pas excellent, un peu vieux mais il a fait l'affaire cependant. Déclara-t-il désinvolte.

- Arrêtez ! Je ne veux plus rien entendre ! Hurlai-je en plaquant mes mains sur mes oreilles. Vous m'avez fait boire du sang humain ? De…de cet homme qui nous a marié ? Comment pouvez-vous être insensible à ce point. Lui crachai-je complètement écœurée par ce vampire au cœur de pierre comme il était appelé.

Il se leva à son tour et s'approcha de moi.

- Je ne vois pas ce qu'il y a de repoussant là-dedans, il est dans notre nature de nous nourrir du sang des humains même si les Cullen ont décrété qu'il en était autrement pour eux. C'est contre nature. Ils le savent très bien et en souffrent. Non mais ! Se nourrir d'animaux, c'est d'une bassesse pour nous immortels! Dit-il en ricanant et en avançant toujours.

- Ne m'approchez pas, vous êtes un monstre. Dis-je en reculant pour me retrouver encore une fois dos au mur.

- Tu sais que je ne suis pas un monstre. Répliqua-t-il en se plaquant contre moi m'empêchant toute fuite en faisant barrage de ses deux bras. Ce n'est pas moi qui me suis jeté sur une humaine comme un chat sauvage tout à l'heure.

- Je…je ne savais pas ce que je faisais. Je n'étais pas moi-même. Me défendis-je lâchement.

- Si, c'était bien toi, mais toi assoiffée et guidée par les pulsions de ta nouvelle condition. Il s'arrêta un instant et son visage repris un air grave. Si j'avais su que tu aurais réagi ainsi, je t'aurais fait apporter du sang animal même si je trouve ce nectar sans saveur. Je ne voulais pas te braquer ou t'effrayer par mes méthodes qui peuvent te paraître barbares. Je te demande pardon. Dit-il en posant un genou à terre et en baissant la tête, il attendait mon absolution.

Mes doigts se crispèrent au dessus de sa nuque, je n'avais qu'une envie c'était de le broyer puis m'enfuir loin de lui, loin de toutes ses horreurs et de tous ses sacrifices mais j'avais besoin de réponses que lui seul pouvait me donner. Alors je pris sur moi, inspirai à pleins poumons même si je n'avais pas besoin de le faire et je me calmai. Il me fallait dominer mon dégoût pour ce vampire qui m'avait paru l'espace d'un instant moins cruel que les autres.

- Très bien mais sachez que je ne boirai plus une goutte de sang humain. Me formalisai-je.

- C'est entendu, j'essaierai de te faire parvenir du sang animal pour ton prochain festin. Concéda-t-il avec un fin sourire à la commissure de ses lèvres.

J'hochai la tête en guise de remerciement, puis je passai directement au sujet qui me préoccupait.

- Où sont-ils ?

Son sourire s'effaça et il devint sérieux.

- C'est un peu délicat à t'expliquer mais sache qu'ils ont fait cela pour ton bien. Commença-t-il.

Je fronçai les sourcils qu'allait-il m'annoncer ? Des scénarios commençaient à se former dans ma tête : Aro massacrant toute la famille Cullen en les démembrant un par un pour avoir voulu m'éloigner des Volturi.

- Que se passe-t-il ? M'enquis-je. Parlez ! Ordonnai-je.

- Rien de grave, sois rassurée. Il y a juste que…

- Que ?

- Nous avons convenu, ou plutôt Aro a convenu d'un accord avec les Cullen.

- Et en quoi consiste-t-il ? J'étais impatiente et ne supportait pas ses silences entre chaque phrase.

- Et bien dans un souci de protéger ton fils qui est humain mais cependant très spécial, il est préférable qu'il soit donc élevé au sein du clan Cullen et auprès de son père. Il ne serait par contre pas judicieux de te laisser à proximité de lui. Tu pourrais être tentée par son sang et le tuer accidentellement.

J'en convenais moi-même et avais toujours su que je ne pourrais pas approcher mon fils pendant de nombreux mois et que je devais me tenir à distance. Cependant le préambule de Démétri m'effrayait sur ce qui allait suivre.

- Continuez. Ordonnai-je.

- Les deux chefs de Clan, Carlisle et Aro, ont donc convenu d'un commun accord, qu'il serait préférable que tu séjourne à Volterra le temps de ta première année en tant que nouveau-né. Nous t'apprendrons comment te comporter dans ta nouvelle condition ainsi que les règles à respecter. Pour ce faire, les Cullen sont donc partis tôt ce matin avant ton réveil. M'annonça-t-il abruptement.

- Comment ? Non, c'est impossible. Jamais les Cullen n'auraient accepté un tel marché. Jamais ils ne seraient partis sans m'emmener ou me dire au revoir. Ils ne m'auraient pas laissée sans explication. Démentis-je.

- Edward a jugé préférable de partir avant ton réveil, de peur que la séparation ne devienne trop douloureuse après.

- Non ! C'est un mensonge. M'emportai-je en voulant le frapper. Edward m'aime, jamais il ne m'aurait abandonné aux mains de votre clan ! Il est trop protecteur pour me laisser derrière lui.

Il saisit mes poignets, juste avant que je ne porte mon coup à une vitesse inhumaine et serra très fort tout en approchant sa bouche près de mon oreille.

- Ecoute-moi bien. Il ne t'a pas abandonné, il t'a juste confié à nous le temps de ton apprentissage pour protéger son fils. Crois-tu qu'il aurait risqué la vie de votre enfant pour que vous soyez réunis. Crois-tu que sa vie compte si peu pour lui pour qu'il en prenne le risque ? N'as-tu pas vu ta réaction tout à l'heure lorsque Gianna est arrivée. Tu étais devenue incontrôlable, guidée uniquement par ta soif. Peu importait qui se trouvait entre tes griffes la seule chose que tu désirais, c'était de t'abreuver de son sang.

Je me remémorai alors à quel point Edward avait été protecteur avec moi lorsque j'étais humaine. Il aurait pu se sacrifier pour me sauver. La vie humaine avait une grande importance et était très précieuse à ses yeux, et cela l'était encore plus lorsqu'il s'agissait de son fils. Je savais qu'il était prêt à tout pour le protéger de tous les dangers. Hors à ce jour, le danger c'était moi. Si mon fils avait été présent à mon réveil, qu'aurais-je fait ? Me serais-je jeté sur lui comme je l'avais fait avec Gianna ? Je ne contrôlais plus rien et n'étais plus maître de mon corps ni de mes pensées. Malgré moi, je dus admettre que Démétri avait raison. Edward devait penser à notre fils avant tout, il était la priorité. Après tout, ma vie n'était plus en danger à présent que j'étais devenue un vampire. J'étais solide et forte, il n'avait plus besoin de me protéger.

Je ne pouvais lui en vouloir de chercher à protéger notre fils en me laissant derrière lui. Il le faisait par amour, en m'évitant de souffrir à proximité de mon fils que je ne pourrais voir, sentir et toucher. Il valait mieux pour moi et pour E.J. que je sois loin de lui, même si c'était un déchirement d'être aussi loin des deux amours de ma vie.

Je m'assis alors sur le canapé et enfouis mon visage dans mes mains. Des sanglots sans larmes sortirent de ma gorge. Je me sentais seule, abandonnée par tous les êtres chers auxquels je tenais. Je n'avais pas imaginé mes premiers pas dans l'immortalité ainsi. Je pensais les passer auprès de mon mari mais je n'avais pas pensé à tout.

- Alors je suis condamnée à rester ici. Soufflai-je découragée.

- Absolument pas tu es libre de faire ce qu'il te plait. Tu n'es plus captive, tu es notre invitée.

- Est-ce vrai ? Alors j'ai le droit de sortir d'ici. Demandai-je avec une pointe d'espoir.

- Bien sûr mais pas seule, il te faudra la compagnie d'un vampire plus expérimenté. Tu ne voudrais pas sauter sur tous les humains qui croiseraient ton chemin, notamment si tu optes pour un régime dit « végétarien » ?

- Non, c'est certain. En convins-je malgré moi déçue.

- Très bien, je te laisse t'apprêter et découvrir par toi-même tes nouvelles facultés mais sache que tu as libre accès à toutes les pièces de cet étage. Tu peux t'y promener librement.

Le désespoir m'envahit lorsqu'il fut parti. Savoir Edward si loin de moi était un vrai déchirement. Comment allais-je continuer sans lui alors que c'était pour lui que j'avais fait don de ma vie. Je me sentais seule dans cet endroit lugubre, je n'avais personne à qui parler, je n'avais aucun ami à qui me confier.

Soudain apparut un visage dans ma tête, peut-être n'étais-je pas si seule en fin de compte. Je me relevai déterminée, enfilai les vêtements que l'on m'avait apporté et sortis de ma chambre pour arpenter les couloirs, je demandai aux vampires que je croisai où je pourrais le trouver, et après m'avoir regardé étrangement, ils me donnèrent l'information dont j'avais besoin, la salle de musique.

En quelques secondes, je me retrouvai devant cette pièce. J'entrouvris la porte et des notes jouées au piano me parvinrent. Cela me fit penser aussitôt à Edward. La mélodie était aussi triste que celle qu'il avait jouée le jour de la mort d'Elisabeth. Tout mon être se serra à cette pensée. Je m'ébrouai la tête pour chasser ma peine et je pénétrai à l'intérieur.

Il était bien là, dos à moi assis derrière son piano. Il s'arrêta soudainement de jouer et se tourna vers moi. Il devait avoir senti ma présence, après tout il était devenu un vampire lui aussi. Il me toisa intensément avant d'esquisser un sourire.

- Isabella, ma chère amie, vous voilà enfin réveillée ! Comme vous êtes magnifique ! S'émerveilla-t-il de son bel accent italien qu'il avait conservé malgré sa nouvelle condition.

- Merci Mikelangelo. Je dois dire que je ne suis pas encore habituée à ma nouvelle condition.

- Ne vous inquiétez pas, moi non plus je ne le suis pas et ne le serai peut-être jamais. Me confia-t-il avec amertume.

- Il est vrai que vous n'avez pas eu le choix. En convins-je.

- Non mais vous non plus même si c'est votre mari qui a procédé à votre transformation. Souligna-t-il.

A son évocation, je fronçai les sourcils de douleur. Mon mari, Edward, je n'ai été sa femme que pendant quelques heures avant qu'il ne s'éloigne de moi. Son absence me faisait mal.

- Oh excusez-moi, je ne voulais pas vous faire penser à lui. Je suis vraiment désolé pour vous, pour lui et sa famille.

- Non, ce n'…Je m'arrêtai soudainement, je ne comprenais pas. Désolé pour sa famille ? Pourquoi le seriez-vous ? M'étonnai-je.

- Je... Ils ne vous ont rien dit. Je l'avais cru en lisant la souffrance sur votre visage.

- Que ne m'ont-ils pas dit ?

- Je suis désolé, je n'ai pas le droit de vous le dire, ils nous l'ont interdit. Refusa-t-il.

Il en avait dit trop ou pas assez, il fallait que je sache ce qu'il me cachait et que tous les Volturi me cachaient. J'approchai à cran, mais gardant mon calme pour ne pas le secouer comme un prunier, après tout il était le seul ami que j'avais ici.

- Dites-moi, je vous en prie. Insistai-je.

Il me regarda intensément puis baissa les yeux et parut réfléchir.

- Et puis après tout vous avez le droit de savoir. Il prit une grande inspiration et se lança. Votre époux et sa famille ont été condamnés à mort par Aro, Caïus et Marcus pour non respect de la principale règle qui régit notre condition : ne pas dévoiler notre existence aux humains.

- Oh non, mon Dieu. NONNNNNNNNNN ! Hurlai-je de tout mon corps en un son perçant qui traversa toutes les parois et fit écho à des kilomètres à la ronde et des hurlements de loups se firent entendre en retour.

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