Voilà le dernier chapitre du second tome.

Kécile n'a pas évolué exactement comme je le voulais ^^ Mais ce n'est pas plus mal finalement. Ah! Ses personnages qui n'en font qu'à leur tête!

Il y a à nouveau une musique vers la fin du chapitre. sur you , toujours, /watch?v=vNt0mvjoS08

C'est de la musique comteporaine, le choix est volontaire, mais donc ça vous fera un peut-être un peu bizarre... ( De toute manière, on va dire que le texte écrit dessus est très inconfortable, donc je vous conseille de l'écouter quand même!lol!)


Chapitre XXXIII: Douloureuse remise en question

Après le départ de son professeur de potion, Dumbledore était resté songeur un long moment dans son bureau.

Le souvenir de Severus, outre de confirmer les propos de Rowena Serdaigle, dévoilait un autre aspect de la quête insensé de Voldemort.

Ainsi celui-ci était tout particulièrement intéressé par les fondateurs. Ou plutôt par des objets leur ayant appartenu... Impossible de voir en Voldemort un simple collectionneur! S'il se donnait autant de mal pour les trouver, nul doute qu'un dessein plus sombre l'animait. Le diadème avait rejoint le journal en tant qu'horcruxe... S'il avait trouvé d'autres objets des fondateurs, il en avait fait selon toute probabilité des horcruxes.

Dumbledore frémit. Jusqu'où ce monstre avait-il pu aller? Combien de barrières avait-il érigé contre la mortalité? Plus le temps passait, plus l'espoir de laisser à Harry une route droite vers le mage noir s'amenuisait... Il y avait trop de zones d'ombres. Le seul côté positif des choses était qu'il avait là une excuse pour retarder le moment de la révélation au jeune garçon. A quoi aurait servi pour l'instant de déposé un fardeau aussi lourd et aussi obscure sur de si jeunes épaules?

Un hurlement retentit soudain derrière la porte du salon.

- Kécile! s'exclama Dumbledore en se redressant vivement.

Lorsqu'il entra dans la pièce où la petite fille dormait, il trouva celle-ci entortillée dans les draps, visiblement en plein cauchemar, le front couvert de sueur et le visage couvert de larmes.

Il était toujours difficile de sortir Kécile de ses cauchemars lorsqu'ils avaient atteint un stade avancés. Dumbledore avait pris l'habitude d'intervenir dès les premiers symptômes pour éviter ces crises de paniques. Il lui fallait alors cinq bonnes minutes pour calmer la petite fille, et celle-ci se rendormait généralement sans avoir ouvert les yeux. Cependant cette fois-ci, à peine eut-il parlé doucement et touché le front brûlant, que Kécile ouvrit grands les yeux. Elle sembla réellement effrayée en le voyant, et se redressa brusquement pour échapper à son contact.

- Voyons Kécile, murmura le vieil homme. C'est moi Dumbledore, calme-toi.

Elle le fixait de ses grands yeux paniqués, la respiration précipitée, le corps secoué de tremblements convulsifs.

Qu'est- ce qui avait bien pu cette fois provoquer une telle terreur? Dumbledore voulut poser une main réconfortante sur sa joue livide, mais une fois de plus, elle fuit le contact. Il n'insista pas et attendit patiemment que ses traits se décontractent peu à peu. Au bout de plusieurs minutes, elle cessa de trembler et sa respiration se fit moins sifflante. Mais la terreur hantait toujours ses yeux.

- Tu te sens mieux, Kécile? demanda enfin Dumbledore.

La petite fille hocha la tête avec hésitation. Il se déplaça pour s'asseoir sur le matelas près d'elle afin de pouvoir la prendre dans ses bras, mais elle se raidit tant à son approche qu'il renonça.

- Veux-tu me parler de ton cauchemar? demanda-t-il doucement.

Kécile secoua énergiquement la tête. La panique qui jaillit alors dans son regard le déconcerta.

- Il faut que tu me le dises, insista-t-il. Je ne pourrais pas t'aider sinon.

- Laissez-moi, murmura Kécile.

- C'est absolument exclu, répondit fermement Dumbledore.

- S'il-vous-plait...

- Voyons, mon enfant, de quoi s'agit-il?

Il fit apparaître un verre d'eau qu'il lui tendit. Elle le prit d'une main encore tremblante et ses doigts frêles se crispèrent autour de la surface froide comme si elle risquait de se noyer dans le liquide.

- Kécile? répéta-t-il d'un ton ferme.

- C'était le Seigneur des Ténèbres... murmura-t-elle d'une voix blanche.

- Que faisait-il? demanda Dumbledore.

- Il... il...

Les mots semblaient se bloquer au bord de ses lèvres. Des larmes commencèrent à couler sur ses joues et le verre explosa brutalement en une myriade d'éclats transparents.

- Laissez-moi, répéta Kécile.

Dumbledore secoua la tête.

- Partez! fit-elle d'une voix un peu plus forte.

- Kécile, je veux d'abord que tu m'expliques, répondit fermement Dumbledore.

- Mais il n'y a rien à expliquer! cria la petite fille.

Elle était visiblement entrain de perdre le contrôle de ses nerfs.

- Dans ce cas pourquoi es-tu dans tel état? souleva Dumbledore. Tu ne me feras pas croire que la seule vision de Voldemort dans un rêve suffise à te faire paniquer à ce point.

- Ne prononcez pas son nom, ordonna Kécile. Laissez-moi!

Dumbledore jugea inutile de relever. Elle n'était visiblement pas dans son état normal.

- Je vais te chercher une potion calmante, et nous reparlerons tout à l'heure, décida-t-il.

Lorsqu'il eut quitté la pièce, Kécile enfouit son visage entre ses mains et refoula les larmes qui menaçaient de la submerger. Dumbledore ne pourrait pas comprendre le sentiment qui l'étreignait actuellement. Un sentiment de profond dégoût, mêlée à de la terreur. Le Seigneur des Ténèbres était las, tapis dans l'ombre de son esprit. Elle entendait encore sa voix sifflante la menacer. Son esprit affaibli ne parvenait pas à se protéger de la présence insidieuse qui venait lui souffler qu'elle était à sa merci, que le moment venu, elle ferait tout ce qu'on lui dirait de faire, y compris de tuer Dumbledore, qu'elle ne serait qu'un instrument à sa vengeance. Et le pire était qu'elle sentait tout son être tendu vers cette voix, prête à lui obeïr malgré, ou peut-être à cause de la terreur.

Elle ne pouvait pas laisser Dumbledore se rapprocher d'elle, c'était trop dangereux. Elle était trop dangereuse.

Celui-ci revenait justement avec une potion calmante qu'il lui fit boire. Alors qu'elle lui rendait le flacon, déjà plus calme et l'esprit plus lucide, Kécile demanda.

- Professeur, est-ce que le Seigneur des Ténèbres peut m'atteindre, lorsque je suis à Poudlard?

- Tu es parfaitement protégée, Kécile.

- Même ... par l'esprit?

Dumbledore sembla interloqué par la question mais répondit d'un ton assuré:

- Poudlard protège l'intégrité physique et morale de ses occupants. Tu n'as rien à craindre. Maintenant, Kécile, vas-tu me raconter ton cauchemar?

Kécile hésita un moment puis murmura:

- C'est Voldemort. Il me menace. Il dit qu'il peut encore m'atteindre. Qu'il peut m'obliger à... vous tuer...

- Chasse ces craintes de ton esprit, Kécile. Voldemort n'a plus de prise sur toi.

Kécile hocha la tête, visiblement incertaine.

On frappa à la porte du bureau, et Dumbledore se leva pour aller ouvrir. Kécile entendit alors la voix de Mme Pomfresh qui exigea auprès du directeur de l'examiner.

L'infirmière observa l'élève d'un oeil critique.

- Vous êtes bien pâlichonne, Miss Gaunt. Ouvrez-moi cette fenêtre, Albus, cette enfant a besoin de respirer l'air frais. Dès le début des vacances, vous me ferez les plaisir de sortir dans le parc. Marchez, lisez, dormez, faîtes ce que vous voulez mais vous devez prendre le soleil.

- Le parc? interrogea Kécile, l'air perdu.

- Le parc de Poudlard, Miss Gaunt. Je ne doute pas qu'il y ait un parc au manoir de Vous-Savez-Qui, mais le lieu ne doit pas être propice au repos... fit l'infirmière narquoise.

Elle avait visiblement été mise dans le secret.

- Je reste ici?

- Et où voulais-tu aller, Kécile? fit remarquer Dumbledore tandis que l'infirmière lui lançait une batterie de sorts de diagnostic.

- Hum... fit Mme Pomfresh visiblement mécontente, il va falloir rééquilibrer votre menu. Maintenant que vous êtes pleinement consciente, finies les potions de nutritions, vous allez me faire le plaisir de vous alimenter correctement. Vous faîtes beaucoup de cauchemars?

Kécile hocha piteusement la tête.

- Vous avez besoin de repos pour récupérer. vous allez donc me prendre une potion de sommeil sans rêves. la première semaine tous les deux jours, la suivante un soir sur trois. Les nuits vont être mouvementées, Albus. Et il faudra parler, Miss Gaunt... On ne sort pas d'Azkaban, surtout à votre âge, sans un profond traumatisme. Je suis à votre disposition pour cela si vous ne voulez pas en parler au professeur Dumbledore.

- Ça ira, Mme Pomfresh, assura Kécile.

- Hum! C'est souvent ce que disent les patients. Mais je me renseignerais, Miss Gaunt. En attendant, vous ne sortez pas de cet appartement jusqu'aux vacances. Calme et repos avant tout.

- Quel jour sommes-nous? demanda Kécile qui avait totalement perdu le décompte des jours.

- Le 21 juin.

- Les examens sont dans quelques jours...

- Hormis les BUSEs et les ASPICs, tous les examens ont été annulés en raison des derniers évènements.

- La Chambre des Secrets...

- Oui. Mme Pomfresh, Kécile a-t-elle droit aux visites?

- Une demi-heure par jour, pas plus, concéda l'infirmière. Il ne faut pas la fatiguer. Pas de chocs émotionnels non plus.

- Je crois qu'elle est suffisamment remise pour entendre le récit de ce qui s'est passé dans la Chambre des Secrets, et Mr Potter et Weasley seront les mieux placés pour le lui raconter.

- Dans ce cas, je leur dirais de venir chez le directeur, décida Mme Pomfresh. Mais demain. Aujourd'hui, vous vous reposez. Ce soir vous prenez une potion. Et je vais demandez aux cuisines qu'on vous envoie un plateau pour le dîner. Et vous avez intérêt à le manger si vous ne voulez pas que je vienne moi-même vous donner la becquée, dit-elle d'un ton menaçant sur le pas de la morte.

Une fois que l'infirmière fut partie, Kécile demanda

- Ils viendront?

- Tes camarades? Bien sûr, pourquoi en doutes-tu?

Kécile haussa les épaules comme si pour eux cela n'avait pas beaucoup d'importance.

- Ils ont demandé plusieurs fois de tes nouvelles. Ils étaient réellement inquiets.

- C'est parce qu'il ne savent pas que je suis la fille du Seigneur des Ténèbres, remarqua Kécile. S'ils le savaient...

- Ils le savent, l'interrompit Dumbledore. Je le leur ai dit.

Kécile leva un visage horrifié vers le vieil homme puis brusquement pris une expression méprisante, proche de l'arrogance pour demander

- Et savent-ils les horreurs que j'ai à mon actif? Savent-ils que j'ai tué?! Que j'étais censé vous tuer?

- Je n'ai pas jugé utile de le leur dire, répondit doucement Dumbledore. Tu le leur révèleras lorsque tu le penseras nécessaire.

- Autant dire, jamais, fit Kécile narquoise.

- Des épreuves aussi graves et aussi marquantes ne doivent pas rester inconnues de nos amis. Ils sont là pour nous soutenir face à nos démons.

- Ils ne sont pas mes amis, répliqua Kécile d'un ton ferme. Je n'ai pas d'amis et je n'en aurais jamais.

- Voilà une affirmation bien péremptoire... Pourquoi dis-tu cela.

- Se faire des amis, c'est donner sa confiance à des gens dont on ignore presque tout. C'est donner la possibilité à des presque inconnus de vous faire du mal. C'est se créer une dépendance.

En entendant ce discours, Dumbledore haussa les sourcils à la fois contrarié et amusé. Visiblement, Tom Jedusor était passé par là.

- Avoir des amis, c'est donc faire preuve de faiblesse, selon toi?

- Oui, affirma Kécile.

- Cependant, tu as accepté de me donner ta confiance, tu as donné ta confiance, à Severus. Comment le justifies-tu?

- Je ne le justifie pas. Je suis faible, c'est tout. Le seigneur des Ténèbres me le disait.

- Comme tu l'as déjà noté, Voldemort t'a dit beaucoup de choses qui se sont avérées fausses par la suite. Mais imaginons que ta faiblesse puisse être une force.

Kécile regarda Dumbledore sans comprendre.

- Admettons que donner sa confiance à quelqu'un soit dépendre de quelqu'un, acceptons que cela soit donner à cette personne une capacité à blesser. Dans ce cas pourquoi le faisons-nous?

Kécile haussa les épaules en signe d'ignorance.

- Je vais poser la question autrement, poursuivit Dumbledore sans se décourager.

Pourquoi m'a tu accordé ta confiance.

Kécile réfléchit un moment avant de dire:

- Lorsque j'ai dit ça, j'avais été sur le point de mourir, j'étais perdu, j'avais besoin d'un repère...

- Veux-tu dire par là que tu regrettes ce que tu as dit? interrogea Dumbledore, bien décidé à la pousser jusqu'au bout.

- Non! s'exclama Kécile. Mas j'étais faible, j'avais besoin de... réconfort, fit-elle en rougissant. Vous étiez là, bienveillant, vous m'avez soutenue, je me suis laisser toucher. En d'autres circonstances...

Elle n'acheva pas sa phrase et détourna le regard en sentant les yeux de Dumbledore fixés sur elle comme pour la sonder.

- En d'autres circonstances?... répéta le vieux sorcier pour l'obliger à achever sa phrase.

- ... Je ne vous aurais pas laissé vous rapprocher ainsi, murmura Kécile.

- Pourquoi?

Elle soupira, lassée de ces questions incessantes.

- J'avais été prévenue contre vous. Je ne suis toujours pas convaincue que j'ai eu raison de me lier à vous... répondit-elle avec réticence.

- Pourquoi?

Kécile leva vers le sorcier un regard agacé et répondit sèchement:

- Aucune importance. De toute manière c'est trop tard.

Dumbledore n'insista pas sur le sujet. Mais il avait depuis longtemps compris que l'agressivité dont Kécile faisait parfois preuve n'était qu'une armure. Il y avait donc derrière la question quelque chose qui la préoccupait davantage qu'elle ne voulait le montrer, une blessure qu'elle n'était pas encore prête à révéler. Il changea d'angle d'attaque.

- Même si tu n'es pas convaincu du bien fondé de ta décision, regrettes-tu de m'avoir accordé ta confiance? Regrettes-tu d'avoir accordé ta confiance à Severus.

- Je vous l'ai dit, répondit Kécile, lassée. Non. Pas un instant. Vous allez me demander pourquoi... fit-elle avec un sourire fatigué au directeur.

Celui-ci hocha la tête en souriant.

- Parce que si je ne vous avais pas, à l'heure qu'il est je serais folle, ou morte. Vous savez, à Azkaban, j'ai essayé de lutter...

Sa voix n'était plus qu'un souffle. Dumbledore dut tendre l'oreille pour saisir ce qu'elle murmura.

- Je me suis raccrochée à Severus qui s'était interposé pour me défendre, à vous qui aviez promis de me sortir de là. Les premiers temps, j'ai réussi à rester vaguement consciente. Après ça a été trop brumeux pour que je me rappelle avoir pensé à quoi que ce soit. Ils étaient trop nombreux. Les détraqueurs...

Elle frissonna violemment et son poing se crispa autour d'un drap qu'elle agrippait comme une bouée.

- Ils devaient sentir que je faiblissais. Et puis vous êtes venu.

Sa voix se bloqua dans sa gorge alors qu' elle pâlissait en resongeant à ce moment. J'ai eu l'impression de redécouvrir la chaleur... Je ne m'étais pas rendue compte comme j'avais froid là-bas... Il y avait de la lumière, c'était doux...

- Fumseck. C'est lui qui m'a aidé à te tirer de l'inconscience.

- Je ne sais pas très bien ce qui s'est passé dans les minutes qui ont suivies. Tout ce que je savais, c'est que vous étiez là, et que vous alliez m'emmener. Et... Et...

Deux larmes d'échappèrent des ses yeux fatigués qui fixaient le vide avec effroi. Dumbledore attendit péniblement qu'elle finisse sa phrase.

- Vous m'avez laissé, acheva-t-elle d'une voix étranglée. J'ai cru que tout était fini. Ça été le noir complet.

- Je suis désolé, murmura Dumbledore le coeur serré.

Il se doutait qu'elle en avait souffert. Il n'avait pas oublié le cri déchirant qui lui avait fendu l'âme. Il savait qu'il était bénéfique pour elle d'en parler à voix haute. Mais cela ne faisait qu'accentuer la culpabilité qu'il ressentait.

Kécile resta un long moment silencieuse avant de tourner son regard vers Dumbledore:

- Quand je me suis réveillée, poursuivit-elle d'une voix un peu plus ferme, vous étiez-là. J'étais le principal. Voilà pourquoi, quoi que ma raison me dise, je vous fais confiance. Comme Severus vous avez été là quand j'en ai eu besoin. encore aujourd'hui...

- J'espère ne jamais faillir à cette confiance, Kécile. Maintenant, repose-toi. Nous reprendrons cette conversation demain. Je ne voudrais pas que Pompom m'accuse de te fatiguer...

Ils ne parlèrent plus durant la fin de l'après-midi, ni dans la soirée. Kécile passa le plus clair de son temps à dormir et Dumbledore avait laissé la porte de son bureau ouverte pour entendre si elle s'agitait dans son sommeil.

Il entrevoyait dans les jours à venir, des discussions difficiles avec la fillette. Il était partagé entre l'envie de laissé faire son penchant naturel qui la mènerait vers les autres, il en était convaincu, et la crainte que l'empreinte de Voldemort soit encore trop présente pour ne pas l'influencer durablement. De plus, Kécile était consciente d'être dans un état de faiblesse non seulement physique, mais aussi morale. L'éducation qu'elle avait reçue risquait de la faire se sentir en position d'infériorité. Dumbledore ignorait encore si elle allait s'accrocher aux gens qui l'entouraient et étaient prêts à lui donner une affection ou une amitié qui l'aideraient à dépasser le traumatisme, ou si au contraire, elle allait se replier sur elle-même pour se défendre.

Mme Pomfresh avait été très claire, c'était tous les trois qu'ils devaient aller rendre visite à Kécile. Harry en était soulagé, au fond, car il ne savait pas tellement comment se comporter avec elle... Mais Hermione était stressée comme à la veille d'un examen à l'idée de se rendre dans le bureau du directeur, et Ron suivait le professeur McGonagall qui les menait jusqu'à la gargouille en traînant des pieds, marmonnant qu'on ne rendait pas visite à la fille de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom comme à une vieille connaissance.

Lorsqu'ils frappèrent, la voix de Dumbledore les invita joyeusement à entrer.

- Bonjour, Monsieur le Directeur.

- Bonjour Harry, Mr Weasley, Miss Granger. Comment vous portez-vous, Miss Granger?

- Parfaitement bien, monsieur le directeur.

- N'êtes-vous pas un peu déboussolée? Mme Pomfresh m'a dit que certains des élèves pétrifiés avaient eu des difficultés à gérer les mois envolés.

- Ce n'est pas mon cas, monsieur le directeur.

- Fort bien! Vous êtes venus voir Kécile? Suivez-moi.

Harry suivit le directeur dans un petit salon attenant au bureau. Sur un canapé était étendue Kécile qui lisait adossée contre des coussins. Elle était très pâle et clairement amaigrie, mais elle n'avait plus cette pâleur cadavérique qui l'avait frappé et son expression était assez sereine. Il s'était attendu à la trouver davantage abattue. Dumbledore les laissa en refermant la porte derrière lui.

Kécile leur sourit, mais Harry trouva que ce sourire avait quelque chose de froid et distant. Ce fut Hermione qui engagea la conversation.

- Bonjour, Kécile, cela fait plaisir de te revoir.

- Merci Hermione.

- Mme Pomfresh nous a dit que tu n'as repris vraiment conscience que depuis trois jours. Tu dois encore être très faible.

- Cela aurait pu être pire, fit Kécile avec une petite moue fataliste. Asseyez-vous et racontez-moi plutôt ce qui s'est passé ces derniers temps? Dumbledore m'a dit que le problème de la Chambre des Secrets était résolu et que je devais te demander de me raconter comment, Harry.

Il rougit mais répondit de bonne grâce.

- Peu de temps après que tu ais été arrêté, Hermione a trouvé des choses très intéressantes sur Tom Jedusor, tu te rappelles le propriétaire du journal?

- Celui qui t'a montré un souvenir où il arrête Hagrid, oui, je m'en souviens, répondit Kécile légèrement dédaigneuse.

- Tu aurais pu nous le dire, j'imagine, mais bon on ne savait pas jusqu'à ce que Dumbledore nous le dise que Voldemort est ton père.

Kécile pinça les lèvres mais ne releva pas.

- Hermione a découvert que Tom Jedusor était le fils de Mérope Gaunt et d'un moldu. On en a conclu que c'était ton père, et donc de là que c'était Voldemort.

- ... Pardon?

Kécile le regardait en ouvrant de grand yeux. Puis elle se reprit et s'exclama d'un ton dédaigneux:

- Qu'est-ce que c'est encore que ces âneries?

- Ce ne sont pas des âneries, réplique Hermione avec sévérité.

- Jedusor lui même me l'a confirmé, confirma Harry.

- Mais bien sûr! Ce Tom Jedusor a autant de chance d'être le Seigneur des Ténèbres que Hagrid d'être l'Héritier de Serpentard...

- Je t'assure, Kécile, attends d'entendre la suite, et tu verras.

Kécile haussa un sourcil et regarda Harry qui reprit son récit.

- Le lendemain même où on en était arrivé à cette conclusion, Hermione a été attaqué à son tour et pétrifiée par le monstre de Serpentard.

- Vraiment? fit Kécile sans paraître le moins du monde inquiétée. Ron la scruta d'un oeil soupçonneux devant son indifférence.

- Après, histoire de rajouter à la morosité ambiante, Dumbledore a été suspendu.

Kécile laissa échapper une expression surprise avant de reprendre un visage impassible.

- Voilà qui allait indubitablement arranger les affaires! remarqua-t-elle narquoise.

- Un coup de Malfoy père. Il aura vraiment tout fait pour flanquer Poudlard par terre, ce type... ajouta Ron dégoûté.

- Et puis, il y a quelques jours, Ginny a été enlevée par le monstre de Serpentard.

- C'est une sang-pur, pourtant? nota Kécile.

Harry hocha la tête.

- Jedusor voulait m'attirer dans la chambre.

- Et j'imagine que ça a marché?... conclut Kécile en levant les yeux au ciel.

Harry acquiesça de nouveau.

- Je l'ai rencontré.

- Tu dis ça comme si tu avais pris le thé avec lui...

- Non, mais on a beaucoup parlé. Ou plutôt, il a beaucoup parlé. C'était étrange de voir cet espèce de souvenir à moitié consistant...

- Un souvenir n'est pas consistant, Harry. Pas même à moitié!

- Si, je t'assure, c'est bien pour ça que c'était inquiétant. Il pompait l'énergie de Ginny pour s'alimenter.

Kécile fronça les sourcils.

- Comment c'est possible ça?

Harry haussa les épaules.

- Magie noire... Toujours est-il que plus il parlait, plus il prenait de la consistance, et plus Ginny s'affaiblissait. Il a fini par appeler le monstre de Serpentard. C'était un basilic. J'ai vraiment cru ma dernière heure arrivée... Heureusement que Fumseck est venu. Sans lui, je ne m'en serais certainement pas sorti!

Harry raconta à Kécile le combat qu'il avait livré dans la Chambre des Secrets. A la fin du récit Kécile remarqua:

donc, ce Jedusor a disparu en même temps que le journal a été détruit? C'est vraiment bizarre cette histoire. Magie noire, ça j'en étais certaine depuis un moment mais je me demande bien ce que ça pouvait être réellement. Mais tout cela ne prouve en aucune manière que ce Jedusor est mon père.

- Il m'a lui même raconté son histoire, comment il haïssait le nom de son père moldu et comment il a rapidement pris ce nom de Voldemort, certain qu'un jour tout le monde le connaîtrait et le craindrait.

- Tu vois, fit Ron ironique, ce type était déjà complètement mythomane... C'est une preuve! Il n'a vraiment pas changé.

- Mon père est un sang-pur! rétorqua Kécile.

- Ça, c'est ce qu'il fait croire, rectifia Harry.

- Mais j'en suis sûr!

- Et sur quoi repose cette certitude, Kécile, interrogea Hermione. T'as-t-il déjà parlé de ta famille? La connais-tu?

Kécile ne put répondre par l'affirmative.

- Ça doit te faire drôle, s'exclama Ron visiblement satisfait, d'apprendre que ton Seigneur des Ténèbres qui prône la pureté du sang n'est lui même qu'un sang-mêlé!

- Ce n'est pas possible, murmura Kécile sous le choc.

- De toute évidence, Tu-Sais-Qui se garde bien de révéler son ascendance. Mais sois réaliste, Kécile. Les derniers descendants de Serpentard sont les Gaunt, cela en revanche tu dois le savoir. C'est par eux que tu es toi-même l'Héritière de Serpentard. Je ne t'apprends rien, bien sûr... Or, Tom Jedusor en est le dernier descendant, de la même génération que ton père. Ça ne laisse aucun doute, Kécile.

Un long silence suivit la déclaration d'Hermione. Probablement alerté par l'absence de bruit, Dumbledore ouvrit la porte et jeta un oeil aux quatre enfants réunis. Il vit la mine perdue et consternée de Kécile, l'air sérieux de Hermione et Harry et celui nettement narquois de Ron. Il était visiblement temps que les trois Gryffondors s'en aillent.

- Voilà un moment que vous discutez, jeunes gens. Vous pourrez revenir, mais pour l'instant Kécile a besoin de se reposer. Il vous reste trois jours pour la revoir.

Ils prirent rapidement congé et Harry promit qu'ils reviendraient demain.

Une fois qu'ils furent partis, Kécile resta silencieuse. Elle semblait profondément troublée, mais Dumbledore décida d'attendre qu'elle parle d'elle-même. Il y avait suffisamment de sujets qu'il voulait aborder de lui-même et il fallait qu'elle apprenne à se confier.

Il l'aida donc à rejoindre la chambre qu'elle avait quitté pour l'arrivée de ses camarades, et il l'y laissa lorsqu'elle dit vouloir dormir.

Après être descendu dans la grande salle pour le déjeuner, Dumbledore retourna dans la chambre pour voir Kécile assise dans le lit, un plateau sur les genoux qu'un elfe était entrain de débarrasser.

Il s'assit sur une chaise et lui demanda si elle se sentait encore fatiguée. Kécile répondit distraitement que oui puis le fixa du regard comme si elle l'évaluait ou non capable de recevoir une confidence. Sans doute passa-t-il l'examen avec succès, puisqu'elle finit par dévoiler ce qui la troublait.

- Ce Jedusor... vous l'avez connu? demanda-t-elle.

- Oui. J'étais professeur de métamorphose à l'époque où il était élève à Poudlard.

- Comment était-il?

- Brillant, très poli, toujours calme. Très apprécié de l'ensemble du corps enseignant.

Il aurait été un jeune homme vraiment charmant s'il n'avait pas libéré le monstre de Serpentard...

- Vous... Est-ce que...

Kécile soupira, visiblement incapable de formuler sa question. Dumbledore l'aida:

- Qu'est-ce qui te trouble ainsi, Kécile.

- Harry m'a dit que ce Jedusor, c'est mon père. Est-ce vrai?

Il y avait dans sa question un ton implorant, comme si elle demandait au vieux sorcier de répondre par la négative. Mais il ne put que confirmer.

- Ton Jedusor est venu une dizaine d'année après avoir quitté Poudlard me demander un poste de professeur, que je lui ai d'ailleurs refusé. A l'époque, il se faisait déjà appelé Voldemort. Il était d'ailleurs agacé par mon obstination à l'appeler par son ancien nom...

- Mon père est un sang-mêlé...

- Cela ne change rien, Kécile, fit remarquer Dumbledore. Tu n'en restes pas moins une brillante sorcière, qui en sait d'ailleurs probablement plus que la moyenne des septième année.

- Voldemort n'est pas un sang-pur! s'exclama la fillette, comme si cela révolutionnait le monde.

Il se trouvait que pour elle, le monde avait viré de 45 degré, et qu'elle se sentait déboussolée.

Dumbledore jugea qu'il était temps de lui expliquer certaines choses que son père avait bien dû se garder de lui révéler.

- Au regard de ses mangemorts que leur Maître soit un sang-pur doit être fondamental, j'imagine. En revanche, je ne suis pas certain que cela est grande importance aux yeux de Voldemort. Laisse-moi t'expliquer ce qui me fait dire cela, poursuivit-il en voyant le regard choqué de Kécile.

- Tom Jedusor était un garçon intelligent. Beaucoup trop intelligent, et bien trop brillant pour croire à ces préjugés qui étaient déjà en vogue à l'époque après la guerre contre Grindelwald, selon lesquels les sorciers d'ascendance moldus valent moins que les Sang-pur. Comprends-moi bien, à aucun moment je ne dis que Jedusor avait des pensées égalitaires. Simplement né d'un père moldu, et conscient de sa propre valeur, il ne pouvait se considérer lui même comme un sorcier de seconde catégorie. En revanche, ses rares expériences avec les moldus, assez désastreuses, et l'abandon de son père, ont engendré une réelle haine des moldus et un réel mépris à leur encontre. Dans son projet de domination du monde sorcier, Voldemort avait besoin d'adeptes. Il les a naturellement cherchés auprès des partisans des idées de Grindelwald. La plupart des sorciers qui avaient des proches moldus ne pouvaient pas adhérer à son projet. Il s'est donc tourné vers les Sang-purs. Or, bon nombre de Sang-purs, surtout parmi ce qui avaient plus ou moins soutenu Grindelwald, étaient convaincus de leur supériorité. Afin de les rallier, Voldemort s'est emparé de cette théorie et en a fait le fer de lance de son recrutement. Beaucoup l'ont ainsi rejoint, les autres étaient suffisamment attirés par la puissance qu'il leur faisait miroiter pour embrasser une théorie qui n'était pas forcément la leur. Car tous les mangemorts ne sont pas des sang-purs, Kécile. Bon nombre d'entre eux taisent simplement leur véritable ascendance.

Kécile semblait avoir du mal à accepter les propos de Dumbledore.

- Je comprends que cela te perturbe. Mais voilà qui te prouve indubitablement, à toi qui avait encore du mal avec cette idée, que l'ascendance n'a rien à voir avec la qualité et la puissance d'un sorcier.

La journée se passa sans que Kécile ne sorte de son silence. Dumbledore la laissa méditer sur tout ce qu'elle avait appris. Le soir venu, elle lui demanda une potion de sommeil sans rêve, mais il refusa. Mme Pomfresh avait été formelle, et il était conscient qu'empêcher son subconscient de s'exprimer ne l'aiderait pas à gérer la crise et ne ferait que rettarder l'échéance qui serait encore plus douloureuse. Il se préparait donc à une nuit agitée.

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Un vent glacial souffle sur la plaine. Il lui transperce les os. A moins que ce ne soit la peur... Ou eux, encore, toujours, les détraqueurs. Ils tourbillonnent autour d'elle en un nuage compact et effrayant. On dirait qu'ils sont agités. Ils attendent quelque chose; ils se fichent d'elle, ils ne la voient pas, ils ne la sentent pas. Quelque chose de bien plus excitant approche. Au milieu de ce spectacle effroyable, on entend des bruits de transplanage. D'autres ombres noires apparaissent autour d'elle. Elles n'ont pas de visage, juste des masques brillants qui luisent macabrement à la lueur des baguettes allumées. Les mangemorts... Bientôt, ils l'encerclent. Que lui veulent-ils? Eux l'ont vu, eux se rapprochent. Sous ses masques inhumains, quelles intentions se cachent? Est-elle une alliée ou une traîtresse? Puis ses yeux accrochent un regard. Pas de masque, mais un visage très reconnaissable. Severus. Que fait-il ici? Elle veut lui crier de s'enfuir mais son cri est arrêté par un gémissement d'horreur. Là-bas, près des arbres... Une barbe blanche et trois petites silhouettes bien reconnaissables. Les mangemorts ne les ont pas vu... Pas encore... mais les inconscients approchent. Elle sent la terreur la gagner. Pas eux! Pas Dumbledore! Qu'ils quittent ce lieu maudit à l'instant même!

Elle va aller à leur rencontre, elle va fuir avec eux. Mais au moment où elle s'apprête à avancer, tous les mangemorts s'agenouillent. Elle détourne son regard.

Le Seigneur des Ténèbres est là, qui l'observe tranquillement. Puis ses yeux sanglants se posent sur les quatre silhouettes qui marchent à leur rencontre. C'est trop tard. Ils ne pourront plus fuir.

Mais le Seigneur des Ténèbres ne réagit pas. Il s'avance simplement vers le premier de ses mangemorts, le relève et lui parle, un sourire aimable sur le visage.. Puis il fait de même avec le second. A la fin de leur échange, il a un geste de sollicitude.

Qu'est-ce que cela signifie?!

L'incompréhension la plus complète l'envahit.

Le mage noir agit ainsi avec chacun de ses mangemorts. Puis il se tourne vers elle et lui dit de sa voix soyeuse:

- Tu vois, Kécile, ce sont tous mes amis. Ils sont venus pour moi.

Ses amis?! Mais il n'en a pas... Il me l'a dit!

- Regarde, ma fille, tes amis sont venus aussi.

Il se tourne alors vers Dumbledore, Harry, Hermione et Ron. Ceux-ci ont pénétré le cercle des mangemorts. Les individus masqués n'ont aucune réaction.

- Leur fais-tu confiance, Kécile? demanda le mage noir.

- Oui.

- Ce n'est pas bien. Tu n'aurait pas dû. Tu ne peux pas garder ces amis. Si tu leur a donné ta confiance, ils peuvent te nuire.

- Mais si je ne leur fais pas confiance, ce ne sont plus des amis!

- Mais si. Regarde, Kécile, la différence entre tes amis et les miens.

Il montre d'un geste large les mangemorts agenouillés et les quatre silhouettes fièrement dressées.

- Vois-tu ce qui les sépare? Les miens ne peuvent pas me faire de mal. Car je ne leur ai pas donné ma confiance. A une exception près. Et je n'aurais pas dû. Il a trahi cette confiance. Je ne peux plus le garder.

Et d'un geste vif, le Seigneur des Ténèbres lance un sort de mort. Severus s'effondre au sol, face contre terre.

Le tableau jusque là statique s'accélère brutalement. Dumbledore et les trois gryffondors tirent leurs baguettes. Des sorts fusent en direction du mage noir qui réplique. Les silhouettes immobiles des mangemorts se redressent d'un même mouvement, et s'élèvent telles un mur devant leur Maître. Il ne faut que quelques secondes pour que Dumbledore, Harry, Ron et Hermione soit immobilisés malgré leurs efforts. Le calme revient alors aussitôt.

Le Seigneur s'approche de Dumbledore.

- Ainsi, vous racontez à ma fille des choses fort désagréables à mon sujet. C'est vainement que vous tentez de détruire mon image. Tom Jedusor n'avait pas de père, mais il avait pour compenser une mère issue de la très haute lignée de Salazar Serpentard. Tandis que vous, de quoi pouvez-vous vous prévaloir?

- De rien d'autre que mes capacités.

- Elle ne vous auront pas mené bien loin, puisque vous êtes finalement tombés entre mes mains. Vous n'auriez pas dû faire confiance à Kécile... Une fois de plus cela vous perd, mon cher Dumbledore. Kécile est dangereuse pour vous. Vous n'avez pas conscience de l'emprise que j'ai sur elle. Elle fera tout ce que je lui dit de faire. Même si elle tente de soustraire à mon autorité, elle ne pourra échapper à la force de ma volonté. Je veux qu'elle vous tue, elle vous tuera.

Il se détourne de Dumbledore.

- Kécile. Tue-le.

- Non.

La réponse est ferme.

- J'ai résisté à un serment Inviolable. Je ne le tuerai pas. Je ne crains pas la mort.

- Voilà qui est bien brave... Ou n'est-ce plutôt qu'une inutile fanfaronnade? Tu ne crains pas la mort, mais tu crains bien la souffrance... Voyons, Kécile, tu sais que c'est moi qui gagnera, de toute manière. Evite-toi des souffrances superflues. Tue-le.

-Non... Je ne peux pas.

- J'ai déjà entendu ça quelque part. Mais je connais le moyen de te faire céder. Endoloris.

Il fallait s'y attendre. Tout recommençait. La douleur aveuglante qui transperçait le corps, les nerfs en feu qui rendaient fous de douleur.

Le sort fut levé. Il n'y avait pas eu de gémissements, pas de cris de souffrance.

- Alors?

- Non.

- Endoloris

Le corps pouvait-il se dissoudre sous la douleur? Les lames de feu pouvaient-elles brûler les chairs au point de les faire disparaître?Pourquoi l'inconscience salvatrice ne venait-elle pas libérer l'esprit de ce supplice?

Peut-être parce que l'esprit était en proie à une autre tourmente. Résister. Résister quoi qu'il en coûte pour ne pas trahir la confiance. Ne pas hurler pour ne pas faire souffrir l'autre. Garder le silence pour décourager le bourreau.

La souffrance s'estompe légèrement. Elle irradie dans chaque muscle, elle paralyse chaque nerf, elle zèbre chaque parcelle de peau, elle cloue impuissant au sol, mais elle est moins présente. Le sort a été levé.

- Impressionnant... murmure le Seigneur des Ténèbres. Qu'est-ce qui te donne le courage de lutter ainsi?

Pas de réponse, simplement une respiration hiératique.

- Peut-être cette Ludivine avait-elle raison. Chez les faibles individus, l'amour peut se révéler être leur force. Bien pathétique lorsqu'elle fait face à la vraie puissance. Elle ne te sauvera pas, Kécile. Elle ne sauvera pas Dumbledore. Tu l'aimes? Fort bien! Tu défies mon autorité? A ta guise. Mais je suis ton père. Mais j'ai laissé une marque trop profonde pour que tu puisses m'échapper ainsi.

A nouveau il pointe sa baguette, une lueur diabolique dans sa prunelle rouge.

- Impero!

La souffrance s'évapore soudain. Cette libération est accueillie avec un soupir de soulagement. Ce n'est pas seulement le corps qui est soulagé. C'est aussi l'esprit. L'angoisse délirante qui l'étreignait s'est évanouie.

- Tue Dumbledore.

Une baguette sortie, un sort sur les lèvres, pas de questions à se poser. C'est tellement simple...

- Avada Kedavra!

Un rayon vert qui fuse, un corps qui s'effondre.

Et le retour brutal de la conscience.

Un hurlement qui déchire les entrailles. Un rire qui glace le sang. L'esprit qui s'embrume, qui refuse le crime. L'inconscience libératrice appelée de tout son être qui se convulse.

- Kécile!

Déjà le fantôme vient la hanter.

- Kécile! Réveille-toi!

Si seulement cela se pouvait! S'il suffisait d'ouvrir les yeux pour se rendre compte que rien de tout cela n'a jamais eu lieu.

- Kécile! C'est un cauchemar, c'est fini.

Les cauchemars sont parfois réels...

- Allons, Kécile, courage! Ouvre les yeux.

Pour quoi faire? La réalité est-elle meilleure que ce cauchemar? Oui, peut-être pour l'instant. Mais ouvrir les yeux, c'est laisser la possibilité au cauchemar de se réaliser...eilleure que ce cauchemar? Oui, peut-être pour l'instant. Les plus ouvrir les yeux, c'est laisser la possibilité au cauchemar de se réaliser ...

- Laissez-moi!

- C'est fini, Kécile, tu es en sécurité.

- Mais pas vous!

C'est le hurlement d'une conscience exaspérée.

- Laissez-moi! Vous êtes en danger!

Cette fois-ci les yeux sont bien ouverts. Le visage en face est inquiet mais bien ré les yeux bien ouverts. Le visage inquiet en face est mais bien réel.

S'il suffisait d'ouvrir les yeux pour que rien de tout cela n'ait jamais lieu.


Voilà! J'espère que la musique ne vous a pas traumatisé!lol!

Il s'agissait du final du Sacre du Printemps de Stravinsky (1882-1971)

A bientôt pour une nouvelle rentrée!