Titre du chapitre : Mon premier est l'horreur … mon deuxième est le vide (1/3)

Disclaimer : O JK Rowling, tout t'appartient, excepté quelques ingrédients à ma sauce.

Résumé du chapitre précédent :Le futur d'Harry semble avoir élaboré un plan qui le mettrait en danger lui et tout ce qui l'entoure. Désespéré, le futur de Drago arrive enfin à donner des explications clairs pour parvenir à monter une équipe de secours. Mais Voldemort découvre la véritable identité du futur du Gryffondor, la couverture de Rogue perdant toute valeur. Dans le couloir, Harry a mal, pire encore...

Petits bavardages : Bonjour ! Bon, alors je fais mon petit point info. La fic verra sa dernière publication le 22 janvier sauf erreur de calcul de ma part. Pour ce chapitre, il est normalement en sept parties mais il sera ici en trois parties :)

Cette partie est belle et bien la suite directe ! Je ne me suis pas trompée, soyez en sûrs ^^ Bonne lecture ! :3

Playlist : The Howling de Within Temptation Cette partie a été entièrement conçue grâce à cette musique ! Les paroles peuvent aussi s'y rapporter !


Immobile, Harry était incapable de faire autre chose que fixer inlassablement cette fenêtre où la tour de Gryffondor était léchée par les flammes, la chaleur régnant dans le château lui collant la peau à ses vêtements. Lentement, il parvint à se redresser alors qu'il sentait son cœur lui frapper violemment la poitrine, c'était impossible. Il percevait sans problèmes le feu qui rongeait la pierre et qui gagnait en intensité par le vent qui soufflait à cette hauteur. Le nuage noir de cendre qui s'élevait dans le ciel ne cessait de s'épaissir, cachant les derniers rayons de soleil qui traversait le ciel alors que la nuit tombait.

- Harry !

Alors qu'un grondement s'élevait au-dessus de lui, il sentit quelqu'un le saisir par la taille et le projeter au sol. Glissant sur la pierre, une douleur lui traversa le front alors qu'il reçut des gravats venant du plafond. Levant les yeux, il se recula à temps alors que le couloir entier s'effondrait, tirant le bras de la personne qui venait de le sauver.

- Harry, il faut partir maintenant ! hurla Hermione par-dessus le vacarme en se relevant.

- Où est Ron ? lança-t-il tandis qu'ils commençaient à détaler.

- Je suis là ! lâcha celui-ci qui traînait une première année par la main, d'autres les suivants. J'ai perdu Katie et les autres il y a quelques minutes !

Des hurlements s'élevèrent lorsque le plafond continua de s'écrouler, les obligeant à se coller contre les parois.

- Il n'y a personne d'autres dans la tour ? demanda Harry à Ron.

- Je n'en sais rien, nous faisions des groupes !

- Il faut partir ! hurla Hermione.

Au-dessus d'eux, des explosions retentissaient, le plafond se lézardant à plusieurs endroits. Attrapant dans ses bras la première année qui avait la jambe en sang, Ron fit signe aux autres de le suivre alors qu'Harry partait en tête.

L'odeur était irrespirable, mêlée de cendres et d'une puanteur que personne n'arrivait à distinguer. Courant dans les couloirs en évitant les armures tombées à terre et les pierres qui s'étaient effondrées, ils passaient devant toutes les peintures vides de leurs occupants, certaines noircies par des impacts.

- Mais qu'est-ce qu'il se passe ? lança Harry en voyant Hermione apparaître un instant à côté de lui.

- J'en sais rien ! Il faut…

En voyant un éclair vert passer devant lui, Harry s'arrêta soudain à l'angle d'un couloir, attrapant Hermione pour lui plaquer la main contre la bouche tout en faisant signe à Ron de s'arrêter.

- Tuer tout le monde ! lâcha une voix à côté.

- Harry, est-ce qu'il y a une autre sortie ? murmura Hermione.

- En passant par le couloir du second étage on peut…

- Les escaliers se sont effondrés après notre passage, marmonna Ron en remontant la première année dans ses bras. Tu ne sais pas où…

- C'est le seul chemin, coupa Harry à voix-basse. On doit essayer.

- On ne sait pas combien ils sont, contesta Hermione. Nous sommes dix, et seulement trois à pouvoir nous défendre, comment…

Une explosion retentit sur leur droite, au fond du couloir. Les flammes commençaient à attaquer l'intérieur du château.

- On n'a pu le choix, lâcha Harry. Hermione, tu ouvres le passage avec moi et Ron, tu t'occupes d'emmener tout le monde.

Ils acquiescèrent.

- Les autres, si on vous dit de courir, vous le faites, dit-il en s'adressant aux premières années qui le fixaient apeurés. Ecoutez tout ce qu'il vous dira et restez grouper.

Serrant sa baguette dans sa main, il relâcha Hermione en inspirant profondément.

- On y va !

Sortant le premier, Harry courut tête baissée, lançant un sortilège de Stupéfixion qui frappa par miracle une silhouette. Il y en avait une demi-douzaine, trop pour Harry et Hermione. Mais l'effet de surprise leur donna tout de même l'avantage d'en mettre trois à terre alors que Ron commençait à s'élancer dans le couloir, le groupe de premières années derrière lui.

Se baissant pour éviter un sortilège, Harry se retrouva face à un homme bien plus grand que lui, mais la chose dont il était certain malgré ses yeux qui l'irritaient était la tâche qui apparut un court instant sur son avant-bras gauche, indiquant clairement que le pire était arrivé. Oubliant sa baguette, il le frappa directement avant de profiter de cet instant de faiblesse pour lancer un sort. Malheureusement pour lui, ce fut dans un cri qu'il sentit quelque chose lui frôler le bras, entamant la chair avant d'aller s'écraser contre le mur.

Il se hâta de changer de position, se retournant pour faire face à son nouvel adversaire.

- Protego ! hurla-t-il en voyant un sortilège rouge arriver sur lui.

- Harry !

Apercevant Hermione à l'autre bout du couloir lui faisant signe de le rejoindre, il n'hésita pas un instant et courut immédiatement alors que cette dernière fixait le plafond de sa baguette. Il n'eut pas besoin de se retourner pour savoir que son sort avait affaibli encore plus le plafond pour le faire s'écrouler, la tirant par le bras, ils se mirent tous deux à courir à la suite du groupe alors que le bruit incessant venait leur faire vriller les tympans.

- Vous allez bien ? lança Ron alors qu'une armure tombait à terre.

- On s'en fiche, lâcha Harry qui s'occupait à compter le groupe. Tu n'as perdu personne ?

Celui-ci fit un signe négatif de la tête. Maintenant, il fallait qu'ils quittent le château au plus vite, jamais ils ne pourraient…

- Eh vous !

Instinctivement, Harry décocha un sortilège, chose qu'il regretta immédiatement lorsqu'il vit le septième année de Serdaigle se jeter à terre.

- Tout va bien ? lança Hermione en courant vers lui.

- Ouais, marmonna-t-il.

- Je suis désolé, dit Harry qui vint l'aider à se relever. Tu n'es pas…

- On verra ça plus tard, dit-il. Suivez-moi !

Durant un moment, personne ne bougea, à vrai dire, c'était assez normal vu ce qui se passait en ce moment et donner aussi facilement sa confiance n'était pas vraiment la première chose qui venait à l'esprit.

- Il faut évacuer ! lâcha le Serdaigle en revenant sur ses pas. Vous préférez vous faire tuer ?

Ces mots eurent pour effet de les déraciner. Courant après lui dans les couloirs, ils gravirent les marches pour monter dans les étages.

- Je croyais que l'on devait quitter le château ! hurla Harry pour couvrir le vacarme.

- Et c'est ce qu'on fait, répondit-il. Nous sommes cinq à fouiller le château pour amener tout le monde au même endroit !

Et Harry n'avait pas vraiment besoin de demander où ils se rendaient. Ce couloir, il le connaissait parfaitement, et pour cause, il avait passé sa cinquième année à le parcourir plusieurs soirs par semaine. Malgré tout, il restait dubitatif, à sa connaissance : c'était impossible de sortir d'ici, encore moins dans les étages. Mais sa méfiance s'envola soudain lorsqu'il vit Dumbledore devant la Salle sur Demande.

- Professeur ! lança-t-il. Que…

- Pas maintenant, coupa-t-il. Les premières années, rentrez et suivez le professeur Flitwick !

D'un coup d'œil dans la pièce, Harry aperçut une porte par laquelle des élèves s'engouffraient. Un passage secret… il y avait un passage pour sortir d'ici… La carte ne l'avait jamais mentionné, mais la Salle sur Demande n'y était pas non plus, si son père ne l'avait pas trouvé, c'était logique.

- Professeur, il manque la moitié des élèves de Gryffondor, les Poufsouffles ne sont pas encore arrivés et à part deux de Serdaigles, nous n'avons aucune nouvelle des autres ! lança Ginny qui sortit de la salle.

- Dites à Flitwick que le deuxième groupe ne peut pas attendre et qu'ils doivent partir immédiatement, répondit Dumbledore. Et vous partez avec eux Mlle Weasley !

- Mais je…

- Ginny, fais ce qu'il te dit, coupa Ron.

- Et vous trois aussi, rajouta Dumbledore. Vous ne…

- Ron et moi sommes majeurs, coupa Hermione. Il manque des dizaines d'élèves, nous pouvons aller les chercher !

- Et vous êtes bien les seuls qui devez absolument quitter le château, rétorqua Dumbledore. Harry doit…

- Je ne vais pas m'enfuir la queue entre les jambes alors que des Mangemorts sont en train de tuer tout ce qui bouge ! lança celui-ci. Si…

- Professeur Dumbledore !

Se tournant vers l'entrée de la salle, un homme venait de sortir du tunnel, bousculant les élèves qui s'y engageaient.

- Professeur, des Mangemorts transplanent à Pré-au-Lard, ils sont de plus en plus nombreux et nous ne pourrons pas parvenir garder sûre la Tête de Sanglier plus longtemps, lança-t-il.

Aussitôt, Ginny ne se fit pas prier pour s'engager dans le tunnel malgré les hurlements de Ron.

- J'y vais, lâcha Dumbledore. Dites bien à Minerva de continuer l'évacuation et surtout de faire en sorte de garder le couloir sûr, les élèves doivent absolument trouver cet endroit !

Alors qu'il rentrait dans la salle pour s'engager dans le tunnel, Harry partit dans l'autre sens, poursuivit par Ron et Hermione.

- Harry ! hurla-t-elle. Dumbledore a raison, tu dois partir d'ici !

- C'est toi qui as émis l'idée de rester ! rétorqua-t-il. Tu…

- Je parlai pour Ron et moi, toi tu es le seul qui doit absolument quit…

Une énorme explosion survint soudain, défonçant le mur du couloir donnant sur l'extérieur et les projetant en avant. Et puis, il y eu un énorme craquement qui s'éleva durant plusieurs secondes. Se retournant, Harry considéra sans bouger les fissures dans le sol et le plafond.

- Ron, lève-toi ! hurla Hermione qui saisissait Harry par le col pour le forcer à se remettre sur pieds.

Le rouquin ne se le fit pas dire deux fois et ils se mirent à courir tout entendant le bruit de l'effondrement à quelques mètres derrière eux, une partie de l'aile s'effondrant sur des étages emportant des salles et des tourelles sur son passage.

- Cours ! lâcha Harry à Hermione qui tourna une seconde la tête derrière elle.

Ce qu'elle fit sans réfléchir. Harry sentait son cœur qui était prêt à briser sa cage thoracique tandis qu'il faisait en sorte de ne pas trébucher sur les gravats déjà à terre. Ils allaient y passer, c'était certain.

- A gauche ! cria Ron qui était en tête

Mais Harry glissa sur un bout d'armure en tournant et glissa sur le sol dans son virage. Ce fut en fixant le regard effaré d'Hermione qu'il sentit le sol s'effondrer au niveau de ses pieds. Il ne savait pas si c'était un miracle ou non, mais l'éboulement n'alla pas plus loin. Tournant lentement sur son dos, il s'appuya sur son coude pour considérer le ciel rougeâtre mêlé de cendre qui s'étalait au-dessus d'eux. Des morceaux de murs se détachaient encore mais ils étaient bien plus petits et venaient lentement tomber des mètres plus bas.

Reculant prudemment, il sentit le bras de Ron passer autour de sa poitrine pour l'aider à se relever rapidement. Il avait vraiment cru qu'il était mort, et pas seulement par expression : il s'était bel et bien vu étaler et la cervelle éclatée sur les débris en bas.

- La Salle sur Demande… marmonna Hermione.

Malgré le fait qu'il tremblait, Harry s'échappa soudain du bras de Ron pour se pencher sur sa droite.

Il n'y avait rien, strictement rien. Pas de salle, pas d'étage ni de sol et de plafond, absolument rien. Il y avait juste une immense vue sur la forêt alors que des mètres plus bas étaient amassés ce qui avait été une partie de l'aile du château.

- Ginny… lâcha Ron en s'avançant. Ginny... Ginny !

- Ron, elle était avec Dumbledore, intervint Hermione en l'attrapant par le bras pour l'empêcher de s'approcher encore plus près du bord d'où des débris continuaient de tomber. Elle va bien, fais-moi confiance.

- Un château lui est tombé dessus et tu crois que c'est un vieillard s'empiffrant de sucettes qui l'a gardée en vie ? hurla Ron en se tournant vers elle.

- Arrête, intervint Harry en se plaçant entre eux. Nous sommes tous inquiets mais on ne peut rien faire alors calme-toi !

- Je ne peux pas…

- Ron, arrête ! Tu veux faire quoi ? Sauter et voir ce qu'il y a plus bas ?

Il le dévisagea, serrant ses poings. Harry savait qu'il était à deux doigts de se faire frapper. Il voulait lui aussi croire que Ginny était en vie, il le voulait vraiment ainsi que pour Dumbledore et tous ceux qui s'étaient engagés dans le tunnel.

- Ron, je t'en prie, écoute-moi, dit Harry. Il faut partir d'ici et une fois dehors, on essaiera de la trouver.

Hésitant en faisant aller et venir son regard entre le précipice et lui, Ron finit par acquiescer, Hermione lui attrapant le bras pour le forcer à courir.

Il n'y avait presque plus rien debout dans les couloirs, les tableaux étaient tombés à terre, recouvrant les armures qui avaient explosées en morceaux en tombant au sol. La chaleur était étouffante et, même si les flammes n'étaient pas partout, il était facile de voir les fonds de couloirs où une lueur rougeoyante était présente. Une main devant leur visage, ils avançaient dans la fumée, descendant les étages tout en sautant au-dessus des marches qui s'étaient effondrées.

- Restez grouper ! Tout le monde doit…

- Neville ! hurla Harry en reconnaissant le jeune homme qui apparaissait au croisement du couloir.

- Harry, qu'est-ce que vous faites ici ? lança-t-il en baissant sa baguette, plus d'une dizaine d'élèves derrière lui.

- Ce sont les Poufsouffles ? intervint Hermione

- Une partie, approuva-t-il, on a croisé un type qui nous a dit de monter jusqu'à la Salle sur Demande pour évacu…

- Il n'y a plus de Salle sur Demande, coupa sèchement Ron alors que les Poufsouffles de première et seconde année le regardaient effarés.

- Comment…

- Peu importe, coupa Harry. Il faut sortir par la porte principale avant que tout s'effondre. Ron et Hermione, mettez-vous derrière le groupe pendant que Neville et moi on ouvre le chemin ! Tout le monde prend sa baguette, peu importe le sortilège que vous lancerez !

Dévalant les marches des escaliers, ils se hâtèrent de quitter les marches lorsqu'une nouvelle explosion fit trembler les murs du château, des débris venant s'éclater sur le sol. C'était une torture de courir dans ces couloirs remplis de fumée qui irritait leur gorge et leurs yeux, ils ne voyaient rien à plus de quelques mètres et manquaient de tomber à terre avec tous les gravats qui roulaient sous leurs pieds.

Arrivant près du hall, Harry tendit brusquement son bras pour stopper Neville alors qu'un éclair vert venait s'écraser sur leur droite. Se baissant tandis que le groupe freinait derrière eux, Harry se pencha lentement pour voir ce qu'il se passait exactement. Ce fut en sentant Neville faire de même qu'il considéra avec effroi la scène qui se déroulait dans le hall.

C'était un véritable champ de bataille avec des sortilèges qui fusaient dans tous les sens. Il y avait un nombre considérable de Mangemorts contre lesquels se battaient des membres de l'Ordre et quelques Aurors. Mais le plus impressionnant était le nombre de corps qui jonchaient le sol. Se détournant, Harry revint à l'abri alors que Neville faisaient de même.

- On ne passera jamais, marmonna Neville.

- Que… commença Hermione.

Elle fut brusquement interrompue lorsque quelqu'un fut violemment envoyé contre le mur à leur droite, percutant le sol avant d'envoyer un sortilège de la Mort droit devant lui. Instinctivement, Harry avait levé sa baguette mais s'arrêta bien vite lorsqu'il croisa le regard de Bill.

- Qu'est-ce que vous fichez là ? lança-t-il en quittant son mur pour venir les rejoindre dans l'angle du couloir. Vous devez aller dans la Salle sur Demande au…

- Il n'y a plus de Salle sur Demande, coupa Harry. Il n'y a absolument plus rien là bas sur n'importe quel étage !

- Comment est-ce possible ? demanda-t-il.

- Tout s'est effondré, dit Hermione. Il n'y a plus qu'un moyen de quitter Poudlard et c'est en passant par le hall.

- C'est impossi…

- Katie !

Suivant le regard de Ron, ils fixèrent l'autre bout du couloir où la jeune femme faisait soudain signe à son groupe de Gryffondor de s'arrêter. Pour faire simple, ils étaient chacun à l'une des entrées du hall, séparés par des mètres entre lesquels des sortilèges perdus venaient éclater. Bill fit aller et venir son regard entre les deux et jura.

- Personne ne bouge, lança-t-il. Tant que vous n'avez pas de signal, vous ne bougez pas !

Se tournant vers Katie, il lui fit comprendre la même chose avant de retourner dans le hall où les explosions continuaient.

Se penchant, Harry observa Bill et ne le quitta pas des yeux. Ce dernier sauta les marches pour venir auprès d'un Auror et lui parler entre deux sortilèges. Celui-ci quitta un court instant le champ de bataille des yeux pour les poser en haut des escaliers avant d'acquiescer et de partir à son tour près d'autres Aurors alors que Bill se dirigeait vers les membres de l'Ordre.

- Ecoutez, dès que nous le pourrons, vous allez tous courir droit devant sans vous arrêtez, dit Neville. Restez tête baissée et surtout ne vous arrêtez pas.

Alors que les élèves acquiesçaient, Harry suivait l'étrange manège des Aurors et des membres de l'Ordre qui commençaient à se mettre en ligne pour former une allée.

- Qui court lentement ou est blessé ? demanda-t-il en se détournant.

Deux mains se levèrent et Harry en prit une alors que Ron attrapait l'autre.

- Passe tes bras autour de mon cou, dit-il au jeune garçon qui tremblait comme une feuille.

Se relevant en plaçant correctement les jambes de ce dernier, Harry se pencha à nouveau pour voir comment la situation évoluait. L'allée était de plus en plus visible et il était clair que les Mangemorts n'allaient pas tarder à comprendre ce qui se passait. Regardant Katie, il lui fit signe qu'ils n'allaient pas tarder à partir, chose qui suivit presque immédiatement lorsqu'il entendit Bill crier le prénom de Ron.

Attrapant par la main un élève derrière lui, Harry se mit à courir tête baisée alors que Katie faisait de même en face d'eux, les autres élèves se mettant à les suivre alors que les sortilèges passaient au-dessus de leur tête. Le concept était facile : courir vers les portes, mais en fait, c'était bien plus complexe que cela en avait l'air. Sur le sol, en plus des gravats, il fallait éviter les corps tout en restant à moitié plier pour ne pas se prendre un sortilège.

- Courez jusqu'aux grilles du parc ! cria Bill qui courut un instant à côté de lui. N'utilisez pas les chemins et ne vous arrêtez pas dehors !

Et ce fut à ce moment là qu'Harry comprit que le hall n'était que le début du carnage. Si les Mangemorts étaient dans le château, des créatures se chargeaient de semer la terreur dans le parc. Il entrevit certaines Acromentules mais surtout plusieurs Détraqueurs contre lesquels les Aurors luttaient.

- Harry ! hurla une voix derrière lui.

Levant les yeux, il se jeta sur le côté en voyant un morceau d'une tour tombée à la suite d'un sortilège. Se relevant, il fit signe au garçon de le lâcher et de suivre Neville qui était en tête, prenant par les buissons pour éviter les pelouses dégagées où les sorts se perdaient facilement. Maladroitement, il tenta de reprendre sa course lorsqu'il sentit un rayon vert le frôler.

- Harry, cours au lieu de rester planter là ! lâcha la voix grave d'Hagrid en l'entraînant derrière lui pour qu'il avance.

Mais ils se stoppèrent brusquement lorsqu'une énorme explosion survint à nouveau, Harry s'emmêlant les pieds tandis que le hall se vidait subitement alors que certaines tourelles s'effondraient. Ce fut seulement à ce moment là, qu'Harry aperçut Hermione à plusieurs dizaines de mètres derrière lui, aidant une troisième année à se dégager des décombres. Mais surtout, ce fut l'une des silhouettes qui sortit du hall qu'il reconnut sans peine celui qui décocha un rayon vert dans sa direction.

- Hermione !

Le hurlement de Ron prit fin lorsqu'il se jeta sur elle, le sortilège le frappant de plein fouet. Harry regarda le corps de son ami tombé à terre sans y croire… Non, c'était une blague… il allait se relever… A côté de lui, Hermione fixait le corps de Ron figée alors que la silhouette se rapprochait d'elle. Se tournant vers la troisième année, elle la tira violemment et lui ordonna de courir alors qu'il l'attrapait par le bras, lui plantant sa baguette sous le menton.

Lui murmurant quelques mots à l'oreille, Hermione, tremblante, baissa les yeux pour les planter dans ceux d'Harry qui était incapable de faire un geste.

- Va-t-en, dit-elle.

Il ne pouvait pas, jamais il ne pourrait partir en la laissant ici. Violemment l'homme qui la tenait l'obligea à se relever et se tourna vers Harry dans un grand sourire.

- Cours, Harry ! Va-t-en ! hurla-t-elle.

Le sort la frappa sans même que le rayon ait eu besoin de sortir de la baguette, celle-ci lui collant à la peau. Lâchant le corps sans vie d'Hermione, Malefoy continua de lui sourire en la pointant cette fois-ci dans sa direction. Harry n'y croyait pas… ce type ne pouvait pas les avoir tués devant ses yeux sans qu'il n'ait pu rien faire… c'était impossible… il ne pouvait pas…

- Harry, lève-toi ! lâcha Hagrid derrière en l'attrapant par le bras pour le forcer à se redresser.

- Lâchez-moi ! hurla Harry en commençant à se débattre. Il les a tués ! Ce connard les a tués !

- Harry, calme-toi !

- Je vais le tuer ! hurla Harry en tentant de se dégager de l'emprise du demi-géant. JE VAIS LE TUER !

- Hagrid, il faut l'emmener loin d'ici ! lança une voix. Vous devez le…

- Laissez-moi ! Je vais buter ce type ! Il les a tués !

- Calme-toi, tu…

- Fermez la ! Je veux le tuer ! Je…

Un sortilège le frappa soudain, lui faisant perdre le contrôle de son corps. Tombant dans les bras d'Hagrid, ce fut alors qu'il s'évanouissait qu'il aperçut une dernière fois le château de Poudlard entrain de brûler, des pans entiers s'effondrant.

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Playlist : Crying Alone de Yuki Kajiura

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Il avait froid. Harry était glacé mais surtout, il avait terriblement mal. Il avait l'impression que sa tête allait exploser, il y avait tant de bruit aux alentours. Ouvrant les paupières, il aperçut le ciel étoilé au-dessus de lui. Il avait fait un cauchemar, le pire de tous, celui dont il refusait d'en voir un jour la réalité. Lentement, il se redressa sur ses coudes, le drap sur lui glissant alors qu'il considérait le triste spectacle qui l'entourait.

Il y avait des dizaines de personnes allongées à même le sol, certaines recroquevillées sur elles-mêmes, d'autres qui s'étaient regroupées. Il y avait certains qui tremblaient, d'autres restants immobiles alors d'autres encore laissaient des bruits s'échapper. Des pleurs, des cris, des murmures, des respirations effrénées, par-dessus le crépitement funeste des buchers qui avaient été dressés à plusieurs endroits. Mais malgré ces flammes qui s'élevaient dans le ciel, Harry avait froid comme tous ceux présents. Son cauchemar… en était-ce seulement un ?

- Professeur, Harry est réveillé.

Reconnaissant la voix, il se tourna vers la silhouette de Ginny qui s'avança vers lui, en boitant légèrement.

- Tu vas bien ? demanda-t-elle.

- Ils sont morts… marmonna-t-il.

- Réponds-moi, Harry, est-ce que tu as mal quelque part ?

- Il les a tués.

- Harry, tu…

- Malefoy les a tués ! hurla-t-il. Ce salopard les a tués !

- Je sais Harry mais…

- Je vais le tuer ! lâcha-t-il en tentant de se lever malgré Ginny qui l'obligeait à rester allonger. Je vais buter ce connard ! Il…

Elle le gifla violemment, le fixant durement. Malgré l'obscurité, il voyait les yeux rougis de la jeune fille qui le dévisageait avec colère.

- Ron était mon frère alors arrête de croire que tu es le seul qui souhaite vengeance.

- Malefoy les a…

- Je me fous de Malefoy ! Ron était mon frère et il est mort alors ferme-la !

Elle ne pleurait pas mais Harry se calma en la voyant ainsi. Il ne pouvait pas oublier le visage, ni le sourire de Malefoy au moment où il avait tué de sang-froid Hermione. Ron ne lui avait pas suffit et il avait pris son pied à exécuter ses deux amis devant lui. Et il n'avait rien fait…

Harry se relâcha, fixant le sol en tremblant. Il les avait laissés mourir sans même lever sa baguette… pourquoi ? Ils étaient tous deux ses amis, ils avaient passés leur temps à s'aider mutuellement depuis leur rencontre et voilà qu'au moment où il aurait dû agir, il n'avait fait que regarder. Ce n'était plus seulement de la culpabilité qu'il ressentait, il avait l'impression de les avoir tués de ses propres mains.

- M. Potter, êtes-vous blessé ? demanda MGonagall qui venait d'arriver.

Il fallut qu'elle répète deux fois pour qu'Harry saisisse la question. Passant sa main sur son bras, il sentit le bandage sous ses vêtements de même que le long de sa cheville. Faisant un signe négatif de la tête, il leva les yeux vers elle.

- Où est Dumbledore ? demanda-t-il.

Lentement, la directrice des Gryffondors lui fit elle aussi un signe négatif de la tête. Ne comprenant pas immédiatement, il pivota vers Ginny.

- Tu es toujours en vie et Dumbledore était juste derrière toi, dit-il. Pourquoi…

- Le tunnel s'est effondré, expliqua Ginny. Lorsque ce type a dit que des Mangemorts étaient à Pré-au-Lard, je me suis dit que je serai utile là-bas mais tout est tombé sur nous sans que l'on puisse rien faire… J'ai été la dernière à pouvoir sortir mais je suis restée coincer un moment avant que des personnes viennent nous aider. Derrière moi, il y avait encore des élèves, c'est après que j'ai su que Dumbledore y était aussi… je suis désolée…

Ron, Hermione et maintenant Dumbledore… C'était un cauchemar, il n'était tout simplement pas encore réveillé et c'était pour cela qu'il avait tellement mal à la poitrine. Harry ne pouvait envisager que cette solution car c'était la seule qu'il ne pouvait accepter.

- Reposez-vous, vous…

- Où sont les autres ? demanda-t-il.

- De qui parlez-vous ? demanda McGonagall.

- Les autres élèves, murmura-t-il en se redressant pour revoir les visages environnant. Où sont-ils ?

- Harry, intervint Ginny à voix basse. Je ne crois pas que…

- Où sont-ils ? demanda-t-il à nouveau alors que sa voix se mettait à trembler.

- Il n'y en a pas d'autres, répondit McGonagall. Ceux ici sont les seuls à s'être enfui de Poudlard.

Non… c'était impossible… Harry se refusait à avaler de nouveau une telle chose. Il n'y avait que quelques dizaines d'élèves, il en manquait, il le savait. Il avait à l'esprit les images de la Grande Salle bondée lors des repas de Répartition ou d'Halloween, il y avait des centaines de personnes, bien plus que ce qu'il y avait à présent ici. Comparé à ces soirées, il y avait à peine une table de remplie.

- Comment est-ce possible ? marmonna-t-il. Ce n'est pas…

- Reposez-vous, intervint McGonagall. Vous…

- Non ! coupa-t-il en lui attrapant la manche. Je veux savoir pourquoi ! Si à cause de moi il y a eu tant de morts je veux…

- Je ne pense pas que ce soit ta faute, coupa une voix qu'il reconnut comme étant celle de Lupin. Leur but n'était pas de t'amener à Tu-Sais-Qui mais de faire un massacre.

- Un massacre…, répéta Harry en lâchant la directrice.

Alors que Lupin acquiesçait, il sentit quelque chose de lourd tomber dans son estomac.

- Apparemment, ça a commencé chez les Serpentards, expliqua son ancien professeur. A part un troisième année, nous n'avons personne de la maison de Severus ici.

- Et Rogue, où est-il cet enfoiré ? lâcha Harry. Il…

- Le professeur Rogue était de notre côté, intervint McGonagall. Vous-Savez-Qui a dû avoir des doutes sur sa loyauté et ne l'a pas mis au courant de ce qui allait se passer. D'après ce que Kingsley m'a dit, il serait mort, personne ne sait vraiment comment.

- Mais j'ai vu des Serpentards attaquer des élèves dans le parc ! rétorqua Harry. Ils…

- Harry, coupa doucement Lupin, personne n'a été épargnée, pas même les Serpentards. Le seul survivant de la maison que nous avons ici nous a raconté de ce qu'il s'est passé. Apparemment, quelqu'un avait fait passer le mot pour qu'ils se réunissent tous dans leur salle commune. Des Mangemorts sont sortis des dortoirs et ont séparés les élèves, ceux d'origines moldus et les autres. Ils avaient le choix de soit se battre sous leurs ordres, soit de mourir. Certains Aurors qui ont pu accéder à la salle commune des Serpentards ont dit que c'était un véritable massacre, sans compter les élèves qui pensaient survivre en obéissant aux Mangemorts et qui ont péris dehors.

Tuer ou être tuer… non, Harry ne pouvait pas y croire, c'était stupide mais surtout incroyablement écœurant. Il ne pouvait pas croire les mots de Lupin.

- La tour de Gryffondor est la plus éloignée des Serpentards, c'est la raison pour laquelle la grande majorité des élèves présents sont de ta maison, poursuivit Lupin. Cependant, la plupart des élèves majeures sont partis prêter main forte aux Aurors et aux membres de l'Ordre. Pour les Poufsouffles, ils ont été piégés pendant un moment avant que les couloirs soient dégagés. Ils sont les plus éloignés de la Salle sur Demande, ils ont donc évacués en pensant s'enfuir par le parc, ceux qui l'ont pu ont par la suite transplaner avec d'autres élèves, nous les cherchons encore… Quant aux Serdaigles, leurs quartiers sont les plus proches des Serpentards. A part ceux qui se trouvaient à la bibliothèque ce moment-là, nous ne savons s'ils ont pu s'échapper avant que leur tour ne s'effondre.

Un massacre… le mot était un euphémisme. Combien au juste de personnes étaient mortes ? Ce n'était plus seulement un massacre mais une tuerie. Harry fixait à présent le sol en tremblant en réalisant combien de visages il ne verrait sans doute plus.

- Luna… marmonna-t-il. Elle…

- Luna était à la bibliothèque à ce moment là, dit Ginny. Elle faisait parti des élèves qui avait pour mission de ramener tout le monde dans la Salle sur Demande. Elle a été gravement blessée mais s'en sortira. Elle est par là, ajouta-t-elle en pointant un endroit un peu plus loin.

- Et…

- Harry, je crois qu'il vaudrait mieux que tu te reposes, dit Lupin. Ce n'est pas en accumulant tout aujourd'hui que tu te sentiras mieux demain.

Mais il ne le voulait pas. Harry ne voulait pas fermer les yeux pour se retrouver à se confronter à toutes ces images. Il avait déjà du en subir des nuits de tourments avec la mort de Sirius et, maintenant, il devait consciencieusement baisser ses paupières pour faire face à cette fresque d'horreur, il ne pouvait pas.

- Des Médicomages sont en train de passer, si tu veux, tu pourras leur demander une potion pour te reposer, dit Lupin en lui plaçant sa main sur l'épaule pour le rassurer.

Les regardant s'en aller lui et McGonagall, il se tourna vers Ginny en ouvrant et fermant sa bouche, ne sachant pas vraiment ce qu'il devait faire.

- J'aimerai rester seul, dit-il à mi-voix. Je ne veux pas te…

- Je comprends, coupa Ginny en se levant.

Ce fut après l'avoir vu s'éloigner qu'il s'effondra sur le sol, remontant son drap au-dessus de lui. Il n'avait jamais voulu perdre le contrôle de ses émotions, tout ça parce qu'il pensait qu'il pouvait les combattre et lutter contre ce qu'il considérait comme une faiblesse. Ne pas inquiéter le monde, faire en sorte qu'il le pense toujours en bonne santé, à vrai dire, il n'avait pas cessé de se répéter ce genre de chose pendant des années mais, maintenant, c'était risible. Il n'y avait plus personne.

Remontant ses genoux contre lui, il se recroquevilla. Il avait déjà tout perdu, il ne lui restait rien et voilà que le peu qu'il pensait avoir acquis s'était envolé devant ses yeux. Harry ne pouvait pas l'accepter, c'était trop dur et surtout il avait mal. Sa gorge le serrait et son cœur semblait ne pas vouloir se relâcher. Se mordant la lèvre, il ferma les yeux. Non pas pour trouver le sommeil, il ne le retrouverait pas avant des années, mais juste pour pleurer ne serait-ce que quelques minutes avant de faire en sorte que ses larmes ne viennent alimenter la haine qui ferait vivre sa vengeance.

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- C'est ridicule.

- Harry, tu ne devrais pas être ici, intervint Arthur.

- Et pourquoi ? Parce que je ne suis pas majeur ? rétorqua-t-il.

- Exactement et c'est pour ça que…

- 16 ou 17, franchement celui qui me dit que c'est important maintenant je lui colle le nez sur la Gazette, coupa Harry. Vous voulez que je fasse du crochet pendant que vous débattez ?

- Surveille un peu tes manières, intervint Tonks en se penchant. Tu…

- Vous êtes en train de dire que nous devrions emmener tous les enfants dans les pays voisins ! lâcha-t-il. Voldemort est partout maintenant et Beauxbâtons a déjà renvoyé ses élèves dans leur famille depuis un mois quand ils ont su pour l'attaque de Poudlard ! Ce n'est pas en les envoyant ailleurs qu'ils seront à l'abri d'une attaque !

- Mais les Royaume-Unis sont le point de tous les plans de Voldemort, rétorqua Kingsley. Le Ministère est prêt à mettre en place un dispositif pour transférer…

- Malgré le fait qu'Harry ne devrait pas être là, je suis d'accord avec lui, accorda Lupin. Ces enfants sont les prochains qui devront lutter contre les Mangemorts, si nous faisons en sorte de les éloigner, nous viderons le pays.

Harry leva les bras en signe de victoire, saluant théâtralement son ancien professeur.

- Merci du soutien, marmonna-t-il en levant les pouces.

- Je vais poser la question que tout le monde préfère éviter, mais tu n'aurais pas bu ? interrogea sèchement Bill.

- Parce que dès que quelqu'un est contre vos petites idées foireuses, il a forcément bu ? rétorqua Harry en haussant un sourcil.

- Sortez d'ici, Potter, lança un homme dont il ne connaissait même pas le nom. Vous n'avez rien à faire ici pour la dixième fois.

- Je suis chez moi.

- Dans ce cas, montez dans votre chambre, dit vainement une femme assez âgée en levant les yeux au ciel.

- Mieux encore, je vous vire tous de mon salon, proposa-t-il.

- En achetant ce Manoir, tu l'as clairement désigné comme le nouveau quartier de l'Ordre et nous avons mis toute la sécurité qu'il fallait pour y faire des réunions, lâcha Lupin. Déjà, c'est une très bonne participation mais ne crois pas qu'à cause de cela tu as le droit de donner des ordres, forcer tout le monde à t'obéir et t'imposer aux réunions. Va-t-en.

- Vous n'allez pas vous aussi…

- Va-t-en, répéta-t-il.

Lançant un regard circulaire autour de lui, Harry quitta brusquement sa chaise en jurant, cette dernière tombant violemment au sol. Bousculant au passage un homme qui était appuyé contre le mur, il claqua la porte derrière lui en quittant la pièce. Ils étaient tous ridicule avec leurs plans qui ne tenaient pas la route. Tout…

- Harry, ça va ? demanda Ginny lorsqu'il passa devant elle après avoir monté l'escalier.

- A ton avis ? lâcha-t-il sèchement. Et c'est quoi, ton gosse ?

Celle-ci posa les yeux sur l'enfant qu'elle portait dans ses bras.

- C'est le fils d'un membre de l'Ordre, il…

- Tant mieux pour lui, coupa-t-il en rentrant dans sa chambre pour claquer à nouveau la porte derrière lui.

Se laissant tomber sur son lit, il frappa le sommier plusieurs fois, se défoulant pour éviter de jurer à pleins poumons. A les entendre, il n'était qu'un gamin qui s'amusait. Il savait que si Dumbledore était toujours vivant, il aurait au moins pu avoir plus de libertés, ou sinon ne pas supporter la surprotection incessante de certains. Il avait vidé une bonne partie de son coffre pour acheter ce Manoir et voilà que maintenant il devait jouer les enfants bien obéissants.

- … en colère. Je ne sais pas pourquoi mais il est à nouveau en train de démonter sa chambre. Si ça continu comme ça on devra changer les meubles.

- Je vais lui parler.

- Fais attention, il est dans sa période irascible.

Levant les yeux au ciel, il ne répondit pas lorsqu'on frappa à sa porte.

- Harry, tu as encore été dans le salon ?

- Je te nomme voyant, lâcha amèrement Harry.

- Je ne veux pas te vexer mais il serait peut être mieux que tu te tiennes tranquille un moment.

- Neville, tu es gentil mais, à ce que je sache, toi tu cours à travers toute l'Angleterre sans permis de transplanage et tu as failli te faire transpercer déjà deux fois, rétorqua-t-il. Donc, d'entre nous deux, je pense que je suis celui qui fait le plus profil bas.

- Peut être mais je ne suis pas en train de me mettre tout l'Ordre du Phénix à dos.

- Juste ta grand-mère, précisa Harry. Au passage très joli timbre de voix, je ne pensais pas que quelqu'un pouvait hurler plus fort que Mme Weasley.

Laissant sa tête tourner, il fixa Neville qui le dévisageait.

- Quoi, tu veux me faire la morale ? demanda-t-il.

- Je trouve juste que tu as changé, dit Neville. Tu insultes tout le monde et tu es devenu insociable.

- Merci, moi je te trouve très sympa.

- Harry, je sais que tu es en colère mais tu ne peux pas continuer comme ça, répliqua-t-il alors que celui-ci levait à nouveau les yeux au ciel. A force, tu vas finir avec plus d'ennemis que tu n'en as déjà. Si tu veux parler à quelqu'un, tu peux…

- Je passe, coupa-t-il. Tu es venu pour autre chose ?

Neville secoua la tête, apparemment abattu par son comportement qui ne semblait pas vouloir se radoucir.

- Tu as reçu du courrier, ce sont deux lettres du Ministère, dit-il en les lui tendant.

Se redressant, Harry les lui prit des mains avant de se lever et les jeter dans l'âtre de la cheminée qu'il alluma immédiatement.

- Tu fais ça à chaque fois, marmonna Neville en venant se mettre à côté de lui. Tu ne crois pas qu'ils pourraient vouloir te dire quelque chose d'important ?

- Depuis que ce type est venu essayer de m'enrôler pour m'agiter comme un héro devant les portes du Ministère, je doute vraiment que ce soit important, répondit-il. Ils privilégient juste les lettres maintenant pour éviter de perdre des dents comme lui.

- Mais peut être qu'ils te veulent autre chose, tenta Neville.

- Si c'était le cas, ce serait le Ministre lui-même qui se pointerait ici, pour l'instant, ce n'est pas le cas alors disons que le Ministère et moi nous continuons d'être divorcé.

Neville hésita entre sourire et essayer de le sermonner à nouveau ce qu'Harry vit très bien sur son visage.

- Tu comptes descendre ce soir pour le diner ? tenta-t-il.

- Et bien ça dépend si on m'autorise à accéder à la salle à manger.

Devant son regard atterré, Harry haussa les épaules.

- Je vais voir, mais pour l'instant je ne suis pas trop d'humeur, répondit-il. Si c'est pour à nouveau être ignoré, je préfère encore rester ici.

Dépité, Neville le regarda un instant avant de quitter la pièce. Il pouvait dire ce qu'il voulait, c'était bien plus difficile qu'il pouvait le croire, Harry ne supportait plus les regards mi-haineux mi-compatissants qu'on lui lançait à chaque fois qu'il croisait quelqu'un

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- Bon sang, Harry, tu veux faire exploser le Manoir !

- Pardon.

- Ne pense pas que dire pardon à chaque fois va t'excuser ! cria Mme Weasley. Tu es suicidaire ?

- Non.

- Molly, calme-toi, intervint Arthur.

- Que je me calme ? Depuis trois mois son but est de faire sauter le Manoir !

- Je ne le fais pas exprès, répéta Harry. Je m'entraîne juste, ce n'est pas ma faute si parfois je manque ma cible !

- Et tu t'entraîne à quoi ? Chasser les gnomes dans le jardin ?

- A me battre, répondit-il sèchement. Si vous me laissiez sortir d'ici, je…

- Harry, il vaut mieux pour ta sécurité que tu restes à l'abri au quartier général, coupa Arthur. Le nombre d'attaque ne cesse d'augmenter et Tu-Sais-Qui fait tout pour retrouver ta trace.

- Je suis majeur, aucun de vous ne peut m'obliger à rester enfermer !

- Tu ne…

Il n'en pouvait plus, quittant la pièce, il dévala les marches alors que Mme Weasley se mettait à hurler à pleins poumons. Il avait cru qu'enfin avoir dix-sept ans lui permettrait d'agir plus librement mais c'était encore pire, à les entendre, il fallait carrément l'enchaîner.

Sautant à pieds joints les dernières marches, il tomba devant un jeune homme de son âge, Jonathan si son souvenir était correct, et le dévisagea de haut en bas.

- Toi être en colère ? demanda-t-il.

- Moi te dire d'essayer d'apprendre mieux l'anglais, rétorqua Harry en passant en coup de vent devant lui.

Chez lui… avec tous les étrangers qu'il y avait, il pouvait facilement reconvertir son manoir en chambre d'hôtes. Non seulement il ne pouvait pas sortir mais il ne croisait souvent que des visages inconnus.

- Harry !

Deux étages plus bas apparemment, il ne savait pas qu'il faisait aussi sensation au sous-sol. Se penchant au-dessus de la cage d'escalier, il s'appuya négligemment sur la rambarde.

- Qu'est qu'il y a ? demanda-t-il.

- Tu as de la visite, lança Tonks. Tu ferais mieux de descendre en vitesse.

En tout cas, ça, ce n'était pas courant. Lâchant la rambarde, il descendit les deux étages pour arriver dans le hall, mais son allure se réduit considérablement lorsqu'il vit de qu'il s'agissait dès le palier du première étage.

- Maintenant les lettres ne suffisent plus et on m'envoie le ministre par courrier. Quel honneur ! dit-il en arrivant devant lui.

- Nous vous avons envoyé une lettre ce matin, répondit Scrimgeour.

- Ah…

Harry tourna lentement vers l'entrée du salon, se penchant pour fixer la grande cheminée. Suivant son regard, le regard du ministre se durcit.

- Vous ne l'avez pas lu ?

- Si je devais lire tout ce que vous m'envoyez depuis cinq mois ça ferait longtemps que le Ministère serait parti en fumée, dit-il. Que me voulez-vous ?

- Tout d'abord, il nous faudrait un endroit où nous serions sûrs de parler en privé, intervint un homme à côté du ministre.

- Cet endroit est sans doute le plus sûr de toute le Royaume-Unis contrairement au Ministère, lâcha amèrement Harry. Vous ne…

- Ce dont nous devons nous entretenir doit vraiment rester dans un cercle restreint de personnes, coupa Scrimgeour.

Il fallait plutôt dire qu'ils n'avaient confiance en personne ici. Harry était certes parfois stupide mais pas totalement aveugle. Faisant preuve d'un calme à toute épreuve pour la première fois depuis des mois, il leur fit signe de le suivre, descendant dans l'immense cave avant de les emmener dans une des petites pièces qui s'y trouvaient.

- Vous n'avez pas plus…

- Vous voulez parler, pas prendre le thé, coupa Harry qui s'assit sur une des caisses contenant les provisions. Alors ?

Se dévisageant, les deux hommes s'installèrent lentement alors qu'il les fixait sans ciller.

- Je vous présente James Asford, dit Scrimgeour tandis que l'homme à côté de lui fit un signe de tête. Pour faire simple, il s'agit d'une Langue de Plomb.

- Je croyais que vous ne parliez à personne ? demanda naïvement Harry dans un sourire enfantin.

- M. Potter, s'il vous plait, pouvez-vous rester sérieux deux secondes ? lança le ministre.

Haussant les épaules, Harry attrapa un fruit qui trainait dans la caisse à côté de lui et se mit à mordre dedans sous le regard agacé de Scrimgeour.

- Il se trouve que nous avons récemment fait une découverte qui pourrait sans doute nous donner un avantage considérable dans la guerre contre Vous-Savez-Qui, expliqua Asford en sortant des parchemins du sac qu'il portait en bandoulière.

- Et vous me voulez quoi ? dit Harry.

- Nous avons besoin de volontaires pour…

Il éclata de rire en entendant ces mots. Il aurait dû sans douter.

- Qu'il soit bien clair : je refuse de jouer les pantins pour le Ministère ! lâcha-t-il sèchement. Sortez d'ici si vous ne…

- Attendez qu'il ait fini, coupa Scrimgeour. Il ne s'agit pas de quelque chose que nous tenons à étaler dans la Gazette, bien au contraire.

- Je vous accorde cinq minutes, dit Harry en regardant le cadran de sa montre.

Apparemment, Asford ne s'était pas attendu à ce genre de comportement, grand bien lui fasse mais Harry n'en avait strictement rien à faire.

- Nous avons découvert un nouveau moyen de contrôler la magie, expliqua-t-il rapidement. Des chercheurs indépendants du Ministère sont venus apporter leur aide pour élaborer une théorie qui permettrait un usage sans baguette. Ce moyen donnerait de cette manière l'avantage de pouvoir s'approcher au plus près de l'ennemi non-armé mais pouvant causer autant de dégâts, voire plus. Cette manière nous permettrait peut être aussi de mieux maitriser la magie donc de pouvoir utiliser des sortilèges qui ont dû être oubliés à cause de leur complexité : que ce soit dans le domaine médical, du camouflage, de l'attaque ou bien encore de la défense.

- Comment avez-vous… commença Harry qui ne put cacher à quel point cela l'intriguait.

- C'est assez long à expliquer, dit Asford à moitié soulagé d'avoir éveillé son intérêt. Mais nous avons à présent besoin de volontaires pour parvenir à comprendre comment apprendre au mieux cette maîtrise. Deux Aurors sont déjà en train de passer des tests ainsi que deux de nos chercheurs, cependant, nous tenons aussi à voir la progression chez les jeunes sorciers puisqu'il est clair que c'est à eux nous devrons avant tout transmettre cet héritage.

- Et je suppose que c'est pour ça que vous êtes venus me voir en personne, dit Harry en fixant Scrimgeour. Pourquoi moi et pas un autre ? Vous tenez à m'avoir à l'œil ?

- Je ne vais pas vous cacher M Potter que c'est une raison parmi d'autres, répondit le ministre. Mais il nous faut quelqu'un en qui nous pouvons être certains de placer toute notre confiance et être sûrs de ne subir aucune trahison. Etant la personne que Voldemort hait le plus, vous êtes donc tout droit désigné pour ne jamais dévoiler les secrets qui pourraient prendre de l'ampleur dans le Ministère.

- Kingsley est-il au courant ?

- Non, dit Asford. Les personnes au courant de ce projet sont réduites au minimum pour empêcher les fuites.

- Vous doutez même de lui ? lâcha amèrement Harry.

- Au contraire, Kingsley a toute ma confiance et c'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai mis le département des Aurors sous ses ordres, répondit Scrimgeour. Ce qu'il faut comprendre, c'est que nous devons avoir des personnes comme lui à des postes stratégiques pour être sûrs de tout garder sous contrôle. Ce projet n'est pour l'instant qu'au stade expérimental, il n'y a pas besoin que d'autres personnes n'apprennent son existence. Mais je ne me fais pas d'illusions, il y a fort à parier que Voldemort en entendra parler sans compter que vous-même n'allez pas sagement rester la bouche fermée.

Pour une fois qu'il le comprenait, Harry était à deux doigts de l'applaudir. Lui et les secrets, ça n'avait jamais été le grand amour, autant dire que certains de l'Ordre risquaient fort d'être bien vite au courant.

- Etes-vous donc intéressé ? demanda Asford.

- Je ne vais pas dire non mais ne croyez pas que le faites que j'accepte votre proposition fera de moi un homme du Ministère, répondit Harry.

- Bien entendu, certifia Scrimgeour dans un sourire jaune.

- Quand dois-je commencer ?

- Asford viendra vous chercher dans deux jours, expliqua le ministre. Veillez bien à être en parfaite santé et sachez que nous ne garantissons pas votre sécurité pour ce qui est de ces expériences. Je vous demanderai de bien suivre les directives qui vous seront données.

- Je vais rentrer par l'entrée principale du Ministère ? s'étonna Harry.

- Non, intervint Asford. Mais nous verrons cela en temps voulu. Faites juste en sorte d'économiser vos forces jusque là, ce qui induit aussi de ne pas faire sauter le grenier.

Il allait y penser, cependant, il n'avait pas pensé que ces petits entraînements étaient si visibles. Quittant son « siège », il fixa quelques secondes sans comprendre la main tendue d'Asford avant de finalement la prendre… Il ne savait pas de quel origine il était mais certainement pas anglaise, heureusement qu'Harry n'était pas idiot.


Comment se déroulera donc cet accord ? Quels risques encoure-t-il ? De quelle manière la situation va-t-elle évoluer au Manoir ?