Hello everybody ! j'espère que vous allez tous bien et que vous avez préparé vos estomacs pour cette orgie alimentaire que nous allons tous vivre ces prochains jours.

Comme c'est Noel et que c'est la tradition d'offrir des cadeaux, je vais vous envoyer non pas UN mais DEUX chapitres ce soir ! C'est-y-pas magnifique ?

Pourquoi me diriez vous et je suis contente que vous posiez la question : 1 parce que quand j'aime je ne compte pas, 2 parce que je suis en vacances et que donc 3 je ne vais pas écrire, enfin du moins posté avant longtemps (genre fin janvier).

Merci à Ninir3 ( j'espère que c'est pas grave ton hospitalisation?), Tarra (oui Nessie et Jacob sont mignons, et non ils ne vont pas souffrir longtemps je te promets), Bocapolposa, Nini08 (tu va savoir bientôt pourquoi ils ne peuvent pas être ensemble...enfin "supposément"),Missie Moon, Dan,0000, Onja (non je ne suis pas un assassin, j'ai arrété là car sinon ça ne serait pas drôle mmuuuuaaaAAhaha ! et euh...voilà la suite), Lovellly, Alithora (et oui les histoires se rejoignent), zazouisa01 (ma chère fan canadienne !!! i love canada !)

Pour tous les membres de la team Seth et Lexie : vous inquiétez pas ils vont se retrouver. Comme vous savez j'aime faire souffrir mes personnages mais pas pour longtemps. Suis pas aussi sadique que ça !

Dernière chose : En cette joyeuse période de fête je vous invite à vous penchez sur le réel sens de Noël. Non pas les cadeaux, non pas la dinde aux marrons, ni le sapin, naan pas le foie gras...!

Enjoy !


Chapitre 36

Paternité

POV Lexie

Le lendemain, j'essayais de faire parler ma mère sur ce qu'elle avait vu dans la photo de mes amis. Nous étions dans son espace privé qui se trouvait sous les combles du château. C'était un grenier aménagé comme notre salon en Ecosse, un mélange d'éléments baroques, classiques et cosy. Elle était en train de lire un espèce de grimoire écrit en langue bizarre et je lui tournais autour tel un chat ennuyant. Mais elle restait muette. Jusqu'à ce que je change de sujet :

-C'est quoi cette langue ?

-Du runique répondit-elle absorbée.

-Ha ! Tu vois tu parles ! m'exclamais-je.

Elle ferma l'ouvrage et se retourna vers moi avec un air réprimant ma curiosité.

-Mamaan, s'il te plait dis-moi !

Elle me lança un regard, littéralement glacial, qui me dissuadait de continuer :

-Je n'arrive pas à croire que tu utilises tes trucs de sorcière pour m'empêcher de savoir m'énervais-je en frissonnant.

-Je ne peux rien te dire...ça serait comme interférer avec ce qu'il doit arriver finit-elle par expliquer.

-Donc tu vois le futur ?

-Pas exactement. Je vois la course des âmes et leur destinations...comme un GPS un peu brouillé...

-C'est-à-dire ?

-Imaginons que la vie soit un voyage, je vois la destination, mais pas les escales. Je peux discerner également avec quelles compagnies aériennes les gens planent, bonne ou mauvaise...

-Uun hun soufflais-je amusée mais sceptique. Les métaphores c'était vraiment pas notre truc.

« Si je te dis la destination, continua t-elle, cela risque de changer les escales, voir même les compagnies aériennes...tu vois ce que je veux dire ? »

-Oui, mais tu m'inquiètes...ce sont mes amis et s'il doit leur arriver quelque chose j'aimerais les prévenir.

-Moi ce qui me préoccupe c'est la nature de tes nouveaux amis.

-Ils ne sont pas dangereux ! Bougonnais-je agacée.

-Tu pourrais retourner en Écosse...

-Quoi ?! Non ! M'écriais-je.

Elle me regarda étonnée : « C'est à cause de lui ? »

Je me laissais choir sur un gros fauteuil Louis XV en soupirant.

Il n'y avait pas que Seth, il y avait Nessie et surtout ce qu'Ephraim Black m'avait dit. Il m'avait ordonné de rester à Forks et pour je ne sais quelle raison, je sentais que je devais l'écouter.

-Ne lui en veut pas.

Farrel (j'avais de plus en plus de mal à l'appeler Henry maintenant) venait d'entrer dans le salon. Il s'assit sur l'accoudoir de mon fauteuil. Il me caressa la joue et me regarda tendrement. Depuis qu'il m'avait révélé son lien de parenté, il se comportait plus librement avec moi, comme le grand-père gâteau qu'il était réellement.

-Les coups de cœur d'été...soupira ma mère avec un accent de nostalgie.

-C'est plus que ça, Lizzie rectifia t-il : le lien qui les unit est très fort.

Tout comme ma mère, je le regardais avec des yeux ronds :

-Qu'est ce que tu en sais ?

-Je suis vieux tu sais.

-Je sais, le taquinais-je.

-Quand je t'attendais devant la voiture chez les Cullens, il m'a parlé un peu.

-Qu'est ce qu'il t'a dit ?

-Ce n'est pas ce qu'il m'a dit qui est important, c'était l'expression de son visage. J'en ai vu des gens amoureux en 300 ans d'existence, et crois moi ce Seth tient énormément à elle dit-il à ma mère : Et lorsqu'on est une créature...aussi impliqué dans ce monde magique...

-Créature magique ? ton Seth est donc un loup garou ? coupa ma mère, avec un intérêt soudain.

-Ce ne sont pas de vulgaires loups garous objecta Farrel.

Intérieurement je fus ravis de son parti pris pour mon copain.

-Ah non ? rétorqua t-elle amusée en voyant ma moue narquoise.

-C'est un peu semblable à nous dit-il. Beaucoup de gens pensent que c'est du folklore, mais c'est bien réel. Ils se transforment par la force de l'esprit pour protéger leur tribus.

-Comment sais-tu cela ? Lui demandais-je surprise de sa connaissance.

-Il suffit de faire un peu de recherches sur leur tribus et leur contes. Et comme je te l'ai dit, je suis vieux, je commence à avoir de l'expérience dans ce monde. Pour revenir à nos amoureux, tu le sais Lizzie, les sentiments prennent une dimension plus profonde et éternelle lorsque l'on est une créature magique, ça laisse une empreinte indélébile en nous.

Elle ne répondit pas, mais me donna un sourire énigmatique.

-Est ce que toutes les créatures « magiques » sont soumis à ce phénomène ? Demandais-je prudemment.

-Quel phénomène ? Demanda t-elle avec intérêt comme si ma question abondait dans le sens de ses pensées.

-L'imprégnation.

Farrel se leva et s'écria comme un demeuré :

-Il a imprégné sur toi ?

Je jetais des va et viens interrogatifs entre lui et ma mère, qui elle me regardait comme si j'étais en train de muter devant elle.

-Par tous les dieux...souffla t-elle, figée.

-Quoi encore ? Râlais-je, l'agacement commençant à me monter à la tête.

Mon ancêtre surexcité murmura : « ça se réalise...tu es spéciale ! »

-Ouais, je sais, c'est ce qu'on n'arrête pas de me dire depuis quelque temps dis-je en roulant les yeux au ciel, agacée.

-Non c'est vrai ! Répliqua ma mère.

-Pourquoi ? Qu'y a t-il de plus ? Un bonus dans l'héritage ?

Ma mère vint s'agenouiller au pied du fauteuil et posa ses mains sur mes genoux.

-Non. Oh par quoi commencer soupira t-elle. « Lexie ? Tu te rappelle de Zélia ? C'est une tante éloignée que nous sommes allés voir une fois en France. »

-Pas trop, je devais être petite.

-Oui en effet tu avais 4 ans.

-Que s'est-il passé lors de ce voyage ?

-Elle m'a révélé des choses sur toi. Sais-tu pourquoi nous sommes allés la voir ?

-Non.

-Cela s'est passé une fois, mais c'était assez singulier pour que ça m'inquiète.

-Quoi ?

-C'était une chaude soirée d'été, nous nous promenions dans les bois et nous sommes arrivés dans une petite clairière. Là, tu as commencé à courir après une luciole...

Elle me regardait, attendant que je me souviennes, mais rien ne me venait en mémoire. Je secouais la tête.

« C'était tellement rigolo de te regarder sauter et tourner pour l'attraper, on aurait dit une... »

Elle ne finit pas sa phrase, submergé par une émotion que je n'arrivais pas à décrire. Elle se reprit et continua : « Tu a commencé à bouder et à pleurer pour que la luciole se laisse attraper. Et la bestiole s'est approché de toi, s'est laissé touché. »

-Quoi ? Demandais-je en les regardant tout les deux, franchement agacée et désabusée : C'est ça ?! Je peux parler aux lucioles ? Vous vous foutez de moi ?!

-Attends. Tu as ensuite commencé à répéter : plus de lucioles ! Et la clairière s'est illuminé de dizaines, centaines de petites bêtes lumineuses.

Je lançais un regard incrédule à Farrel : « ça veut dire quoi ce truc ? »

-Écoute ta mère jusqu'au bout, m'ordonna t-il.

-Tu ne t'en souviens pas ?

-Non, désolé. Je ne me souviens pas d'avoir été la fée clochette !

Ma mère secoua la tête et roula les yeux au ciel à ma réflexion. Elle me regarda sérieusement et continua : Cela m'a vraiment effrayé à l'époque, j'avais l'impression que mon passé me rattrapait...

-De quoi tu parles ? Vous me perdez là ! Je suis spéciale parce que petite, les lucioles apparemment « m'écoutaient » et qu'est ce que ton passé, Zélia et l'imprégnation de Seth viennent faire dedans ?

-Alexandrina me réprimanda Farrel, calmes-toi et écoute !

-Je suis partie voir Zélia repris ma mère : Elle avait la réputation d'être un peu bizarre, extra-lucide. Et ça n'a pas loupé, dès qu'elle t'a vu elle a été interpellé.

-Par quoi ?

-Par ce que tu dégageais, ton aura.

-Je suis au courant de ce truc, j'ai lu quelque chose dessus.

-Certains médiums perçoivent plus que d'autres les auras des gens, m'informa Farrel : c'est le cas de Zélia. Il lui arrive aussi de dire des prophéties. C'est ce qu'elle a fait avec toi !

Il semblait enchanté de la tournure des choses, comme s'il avait attendu longtemps ce moment. Ma mère lui fit un geste pour le couper, comme s'il allait trop vite.

-Ton aura était composé de 3 couleurs : indigo, violet et bleu. Ces trois couleurs représente la spiritualité, la sagesse, le calme, la créativité, la sensibilité, la loyauté et l'intuition.

-Tout ça pour moi ? C'est trop ! Fis-je sarcastique.

Elle sourit : « Oui. J'ai eu la même réaction que toi. Ce que je trouvais assez surprenant pour un être si jeune. Mais apparemment tu étais prédisposé... »

-C'est dans mon sang non ? je ne comprenais pas de quelle autre prédisposition elle parlait. « C'est quoi cette prophétie ? » demandais-je, levant les yeux vers mon ancêtre. Ce fut ma mère qui répondit :

-Elle a dit la même chose que nous te répétons : tu es spéciale. Doué pour entrer en relation avec le monde spirituel.

-C'est pas nouveau ! C'est..c'est l'héritage non, je suis médium, je vois des esprits !

-Oui mais, ce que tu as fait ce jour là n'avait rien à voir avec le spirituel qui est en jeu en tant que médium. Je pense que tu as comme une connexion avec le monde naturel, les éléments, les énergies...

"Quoi ?" J'étais abasourdie : mais..mais non, je n'ai jamais remarqué quelque chose comme ça...balbutiais-je voyant qu'elle était sérieuse.

-Elle m'a prévenu que tu serais perdu un moment avant de te reconnecter avec cette partie de ton identité. Mais, et c'est là qu'apparemment ton Seth entre en jeu, elle m'a révélé que si une créature magique s'imprégnait de toi, eh bien tout se déclencherait à nouveau.

-S'imprégner ? Elle a utilisé ce verbe ?

-Oui m'assura t-elle, et à l'époque je n'avais aucune idée de ce que ce mot voulait dire. Elle m'a dit textuellement que tu serais une chambre vide...et que cet être allumerait la lumière en toi.

Ma bouche se contenta de s'ouvrir et de fermer, imitant le mouvement ahuri de mon cerveau. J'étais obligé de constater que Seth avait cet effet sur moi. Puis une question fusa :

-Tout quoi se déclencherait ? Je comprends pas, je croyais que j'étais juste médium, d'où peut me venir cette...« spécialité » ? C'est pas comme si mon père n'était pas humain !

.

Je n'avais jamais pensé qu'un silence puisse être aussi gênant sans que des inconnus ou des gens en froids y soient impliqués.

Mais le moment de vide qui suivit ma phrase fut aussi déplaisant que s'il avait été remplit d'un tumulte assourdissant.

Mes sourcils se froncèrent alors que je dévisageais ma mère. Elle ne chercha pas à me faire changer d'idée ou me raisonner, elle se contenta de me regarder. Mon cerveau commença à étaler un portrait de famille en pièces de puzzles et à les rassembler. Allez savoir pourquoi, ce n'est pas la nature de mon père que je remis en doute mais...sa paternité. Et comme si un voile se levait devant mes yeux je réalisais que je ne lui ressemblais pas. Physiquement il était brun aux yeux marrons, les cheveux noirs, la peau claire, tandis que j'étais blonde aux yeux verts, la peau légèrement halée avec des taches de rousseurs. On ne pouvait pas se méprendre sur le lien avec ma mère car hormis sa beauté nous avions des traits communs mais avec mon père...rien. Il m'arrivait, comme tous les enfants en crise de penser que j'avais été adopté, mais jamais au point de réellement remettre en doute la paternité de mon père. Chose que j'étais sur le point de faire maintenant :

-Il n'est pas mon père ?

Elle ne répondit pas tout de suite. Mon cerveau fut soumis à un tel tourbillon d'émotions qu'il s'éteignit pendant un moment. J'eus l'impression de perdre pied, de n'être plus rien : mon père n'était pas celui que je croyais. Puis la seconde d'après j'étais pleine, remplie de possibilités : mon père pouvait être n'importe qui.

Elle secoua doucement la tête : « Non en effet, Perry McIntire n'est pas ton père... »

Sa réponse tomba comme une goutte bruyante dans la flaque d'eau qu'était devenu mon esprit, résonnant dans tout mon être.

-Qui est-ce alors ?

Je n'avais plus de voix, je ne m'entendis même pas prononcer les mots.

-Ne me juges pas plaida ma mère. Qu'allait-elle me raconter qui puisse induire un jugement de ma part ? « je ne sais pas...réellement qui est ton père »

-Qu...Quoi ?

Oh Mon Dieu pensais-je, si j'arrivais à m'en sortir sans séquelle, c'est que tu existais vraiment.

Elle me prit les mains et les serra : « Ce que je vais te raconter, je ne l'ai dit à personne, excepté Farrel bien sur. Des fois, moi-même j'ai du mal à le croire. »

Elle fit une pause et plissa les yeux.

« Perry et moi, nous venions de nous fiancer mais nous avons toujours eu une relation assez chaotique, faites de hauts et bas, de ruptures et de retrouvailles. Je n'avais jamais été amoureuse avant de le connaître et je croyais donc que l'amour c'était ça. Et puis un jour, nous nous sommes disputés, c'était très grave. A tel point que nous avons rompus nos fiançailles. Je suis parti voir une amie qui habitait dans un petit village. J'étais un peu désorienté et je me posais beaucoup de questions sur qui j'étais. Je faisais énormément de ballades, le vert me faisait beaucoup de bien, m'aidait à m'aérer l'esprit. Un jour que je me promenais, je me suis assise contre un tronc d'arbre et je me suis assoupis. Au bout d'un moment j'ai senti une présence près de moi et j'ai ouvert les yeux, mais tu sais c'était comme un rêve à demi conscient. »

J'hochais la tête, pressé de connaître la suite.

«L'homme qui était à coté de moi, était d'une telle beauté que je me suis demandé s'il était humain, c'était tout simplement impossible , mais encore une fois je pensais rêver »

Elle s'arrêta un moment comme perdu dans ses souvenirs. Je pressais inconsciemment sa main, la poussant à continuer.

« Il s'est assis à coté de moi et a commencé à me parler, à me demander ce qui n'allait pas. Je lui ai raconté ma vie, je ne sais toujours pour quelle raison. Les jours passèrent, enfin c'est ce que croyais, et il est devenu comme un confident, nous nous retrouvions toujours au même endroit et nous parlions de la vie. Je sais ce que tu penses : c'est une règle tacite de ne pas parler à des inconnus, mais c'est indescriptible ce qu'il dégageait, à aucun moment je n'ai eu peur, où me suis posé des questions sur qui il était. Même quand il n'a pas voulu me dire son nom."

-Vous avez couché ensemble ? Demandais-je précipitamment.

Elle hocha la tête avec peine : Serais-tu plus indulgente avec moi si je te disais que j'étais tombé amoureuse de lui ?

-Tu es tombé amoureuse et tu as couché avec un inconnu...continue, je sens que ça va me plaire dis-je avec une moue désagréable.

Elle poussa un petit soupir : « Si je ne t'ai jamais parlé de lui, c'est parce que je ne l'ai plus vu après. »

Une insulte monta dans ma gorge.

«Curieusement, je ne lui en ai pas voulu, comme si c'était une règle prédéfinie de notre relation, qu'elle devait finir après cet acte. Mais, reprit-elle, le plus étrange était le fait qu'en rentrant chez mon amie je me rendis compte que seulement quelques heures s'étaient écoulées, alors que j'avais eu l'impression de passer des jours, des semaines avec lui. Ce qui me conforta dans l'idée que ce n'était qu'un doux rêve »

-Tu me fais peur, tu me fais flipper Maman, sérieusement je me sens mal réussis-je à articuler l'air se raréfiant dans mes poumons.

-Ma chérie. C'est vraiment étrange mais, le rencontrer c'était comme, me retrouver, retrouver ce que je cherchais, qui j'étais. Je me suis toujours dit que je garderais ça pour moi, que ce serait une douce parenthèse dans ma vie, une fantasmagorie. Je me suis rabibochée avec Perry les jours qui ont suivi. Je suis tombée enceinte. Jusqu'à ta naissance, je n'ai jamais remis en doute la paternité de Perry. Mais quand je t'ai vu, j'ai su que tu n'étais pas la sienne.

-Je...ne..sais pas si tu as bien fait de me le dire balbutiais-je en me levant, troublée et passablement énervé : Ça m'avance à quoi de savoir que je ne connaitrais jamais mon...géniteur ? Que c'est un gars sorti de je ne sais où, des bois...

-Je te dis ça, car il se peut que tu te découvres des capacités extraordinaires, comme je te l'ai dit à l'époque je sentais qu'il n'était pas humain, mais j'en suis persuadé maintenant. Et ces capacités pourraient te venir de lui. Je ne veux pas que tu te poses de questions...

-Je vais m'en poser des questions avec ce que tu viens de me révéler !! la coupais-je. Est ce...est ce qu'il s'en doute ? Est ce que mon père sait que je ne suis pas sa fille biologique ?

Elle inspira longuement : Je pense que Perry s'en ai toujours un peu douté au fond de lui...

ça m'enlève une épine du pied ! et d'un autre coté ça m'enfonce un tronc dans la tête ! C'était sans doute insensible de ma part de penser cela mais je me sentais soulagé d'un certain poids que je ne m'expliquais pas encore.

-Je ne suis vraiment pas la meilleure des mères s'excusa t-elle en prenant sa tête dans ses mains.

J'eu du mal à aller vers elle pour la consoler. Farrel posa sa main sur son épaule.

Je n'arrivais pas à croire ce qu'elle venait de me dire, je n'arrivais pas à croire que je pourrais survivre à cet été :

-Je sature. Je ne pourrais plus encaisser d'autre révélation existentielle. C'est trop...trop...soupirais-je en me laissant glisser contre le mur.

J'avais l'impression d'être une funambule sans filet et tout ce que j'apprenais était un poids qui me déséquilibrait, me faisant dangereusement tanguer vers la folie.

-Mon père n'est pas humain ? Demandais-je à ma mère au bout d'un moment, comme pour résumer l'état d'incohérence dans lequel j'étais.

-J'en suis persuadé.

-Qu'est-il alors ?

-Je ne sais pas.

-Il altère le temps ?

-Il semblait avoir ce pouvoir.

-Et tu crois que ce que j'ai fais dans ces bois avec ces lucioles, me venait de lui ?

-Oui.

-Et je ne l'ai fait qu'une fois ?

-Oui.

-Je n'ai jamais rien fait d'autre qui te pousse à croire que quelque chose n'est pas normal en moi ?

Elle hésita un moment avant de répondre par la négative.

-Tu n'es pas anormale, me dit Farrel en venant s'asseoir près de moi.

-Je ne sais plus trop qui je suis répondis-je plus pour moi que pour lui. « Qu'est ce que Zélia a dit d'autre ? »

-Rien.

-Donc si on se base sur sa prophétie, le fait que Seth ai imprégné sur moi aurait re-déclenché ce pouvoir en moi ?

Elle hocha doucement la tête, puis ajouta doucement, se parlant à elle même : « J'aurais dû m'en douter hier, quand j'ai gouté ton sang...cet arrière goût... »

Je pris ma tête dans mes mains, ne sachant quoi faire : pleurer, crier, me jeter par la fenêtre ou m'assommer.

-Tu veux essayer ?

Je relevais ma tête vers Farrel, hébétée : "Quoi ?"

-Vérifier, si c'est vrai, si tu as retrouvé ces pouvoirs.

-J'ai pas envie de faire mumuse avec des lucioles lui lançais-je énervée.

-Oh, tu peux faire mumuse avec autre chose alors dit-il toujours aussi enthousiaste en scrutant la pièce.

-Ah oui ?! Quoi ? Tu voudrais que je claques des doigts et que les bougies s'allument m'écriais-je en montrant les bougeoirs un peu partout dans le salon.

Nous retînmes tous notre souffle quand des flammes s'élevèrent des bougies.

Je passa frénétiquement mes mains dans mes cheveux, apeuré par ce qu'il venait de se passer. Mon ancêtre et ma mère quant à eux étaient émerveillés.

-C'est quoi ce truc criais-je en regardant mes mains.

-Je ne penses pas que ça vienne de tes mains essaya de me rassurer Henry en me tirant par le bras pour me lever.

-Essaye de les éteindre maintenant me demanda ma mère.

-Comment ?! Hurlais-je paniquée.

-Comment as-tu fais pour les allumer ?

-Je ne sais pas ! répondis-je à Farrel au bord de la crise de nerf. Il me prit dans ses bras et essaya de me consoler. Puis il murmura « c'est tout simplement extraordinaire... »

-Non râlais-je, j'ai rien demandé ! Pourquoi il a fallut que tu couches avec cet inconnu lançais-je à ma mère avant de sortir en trombe de la pièce.

*

Je passa la pire nuit de mon existence. Je sentais que je pouvais basculer à tout moment dans un état de folie. J'y étais vraiment tenté... pour oublier ce qui venait d'arriver.

Je commençais à peine à accepter le fait d'être médium que je devais en plus composer avec de nouvelles capacités me venant d'un père inconnu ?!

J'avais besoin d'un nouveau cerveau, je me sentais incapable de surmonter tout ça. Le peu de santé mentale qui me restait se fragmentait, soumis au ballet incessant des révélations qui se chevauchaient, se déplaçaient, se bousculaient, essayant d'avoir un sens.

Mais tout ceci n'avait aucun sens. Ma vie n'avait aucun sens. Tous les évènements qui l'avaient jalonné étaient insensés.

Petit à petit la pensée s'imposa à moi que justement ma vie n'avait aucun sens car elle était surréaliste, surnaturelle, et que cela ne servait à rien d'essayer de la rationaliser ou d'y appliquer des règles de normalités.

Je n'étais pas normale, apparemment je n'étais pas complètement humaine, le garçon que j'aimais se transformait en loup, ma meilleure amie était une demie vampire, ma mère également et Henry un être Immortel.

J'avais tellement d'interrogation en moi concernant ce monde dans lequel on venait de me jeter. Mais une seule persistait : Qui était mon vrai père ?

Une partie de ma vie s'expliquait cependant : celle impliquant mon père, Perry. Je comprenais maintenant son désintérêt, son attitude « je-subviens-à-tes-besoins-matériels-mais-ne-demande-pas-plus » qu'il affichait depuis quelque temps, car après tout, ma mère morte qu'est ce qui le reliait vraiment à moi ?

Un espèce de soulagement vint s'immiscer en moi : ce n'était pas parce qu'il ne m'appréciait pas, mais parce que je n'étais pas son sang et qu'il avait toujours eu des doutes. Ce n'était pas ma faute s'il s'était éloigné de moi, je n'avais rien fait de mal.

Je n'étais pas à lui.

A qui étais-je ?

A quoi ressemblait-il ? Avais-je ses yeux ? Son teint ? Etait-ce lui qui m'avait donné ces taches de rousseurs ? Avait-il ma blondeur ? Etait-il grand ? Petit ? Non il devait être grand, et svelte car ma mère avait beau être mince elle avait une morphologie en forme de sablier tandis que j'en avais une en 8. Et il devait forcément avoir de longues jambes, sinon comment expliquer les miennes ? Tous ces détails qui me paraissait si superficiels avant prenaient une importance capitale maintenant. Avant que je m'en rende compte je dressais un portrait imaginaire de cet être qui m'avait donné la vie.

Les possibilités étaient illimitées, sans compter le fait qu'il n'était pas humain. Mais après tout...qu'est qui prouvait qu'il ne l'était réellement pas ? Sa beauté ? L'ellipse temporelle ? La sensation de bien-être que ma mère avait ressenti en sa présence ? Peut-être était-ce un ange ? Les anges étaient-ils capable de se reproduire ? Ou peut-être était-ce un dieu d'un univers parallèle qui s'amusait à Zeus. Peut-être avais-je pleins de frères et soeurs partout sur la planète, conçus avec des jolies inconnues dans les bois ?

Je décidais d'arrêter d'y penser avant de perdre le contrôle de mon esprit. Je m'endormis épuisé.

Le lendemain, je me levais lentement, essayant de rassembler mes pensées. Mais rien n'avait changé, je me sentais toujours bizarre, anormale...inconnue.

Un léger coup se fit entendre à la porte. J'entendis ma mère me demander la permission d'entrer. Je lui accordais. Malgré l'état dans lequel ses révélations m'avaient laissé, elle restait celle qui pouvait le plus m'éclairer sur la situation.

J'étais assise sur le rebord de la fenêtre, elle s'approcha de moi et s'adossa au mur à coté.

-Si tu savais comme je m'en veux qui tu ai à le découvrir de cette façon. Je m'en veux également de t'avoir plongé dans tout cela. Je reconnais que tout est ma faute, coucher avec un inconnu, me suicider...si je n'avais pas fait toutes ces choses nous n'en serions pas là.

-Tu regrettes que je sois né ? lui demandais-je en essayant de contenir mon désarroi.

-Non ! Non ! S'empressa t-elle de répondre : Tu es un magnifique cadeau, je t'aime, peut importe les circonstances de ta...conception, tu es ma fille, tu es à moi...

Elle me pressa la main et je lui souris.

-J'espère juste que tu apprendra de mes erreurs...

-Ne pas coucher avec des inconnus dans un bois ? dis-je avec un amertume amusée.

Elle poussa un rire jaune.

-ça, et aussi tenter à sa vie. Je me rends compte que je n'ai pas vraiment été un exemple de moralité pour toi. Promet moi que tu ne tomberas pas enceinte avant de te marier ?

La soudaineté de sa phrase me pris de court et me laissa perplexe. Je la fixais avec des grands yeux :

-Pardon ?

-Je ne veux pas que ça devienne une habitude, ma grand mère, mon arrière grand mère et sa mère avant elle ont toutes eu des enfants hors des liens du mariage, je ne pense pas que ce soit une bonne tradition à faire perdurer dans la famille.

-Depuis quand es tu devenu si sensible aux moeurs ? Me moquais-je : et puis c'est pas comme si ça tournais mal....

Je laissais ma phrase en suspens, j'imaginais que dans sa tête ma mère liait tout ce qui nous arrivait à cela. Comme si elle avait deviné mes pensées elle dit :

-Il y a une raison pour tout et l'ordre est quelque chose qui doit être respecté, je le comprends encore plus maintenant que je vois le coté spirituel de toutes choses...

Je roulais des yeux au ciel et l'appela : Maman ?

Elle posa ses yeux inquiets sur moi.

-Je n'ai pas l'intention de coucher avec Seth...ou quiconque, dans les bois...ou dans un lit...pas avant un bout de temps.

-Oh ! Fit-elle rassuré.

Car vraiment c'est tout ce qu'elle voulait savoir, si j'étais vierge ou pas. Elle avait le truc pour changer de sujet.

-Entre des cours d'éducation sexuelle enseignés par des soeurs, un ancêtre vieux jeu et une mère adepte des coups d'un soir, je ne pars pas très avantagé de toute façon lui lançais-je avec une note de sarcasme.

Sa bouche s'ouvrit pour parler mais aucun son n'en sortit. Je me sentis horrible tout d'un coup.

-Excuse moi, lui dis-je voyant un silence gêné prendre place, je n'ai pas à te juger pour ce que tu as fait, pour qui tu étais. J'imagine que ça arrive. C'est pas comme si tu avais intentionnellement fait un bébé toute seule, je n'étais pas prévu...

Elle tenta d'intervenir mais je l'empêchais : « non c'est bon, j'ai compris tu m'aimes, je suis ta fille etc...mais ça n'empêche que je ne sais pas qui est mon père biologique, toi même tu ne sais pas son nom. Je pourrais sans doute vivre avec ce vide toute ma vie. J'étais devenu assez bonne après ta disparition. Sauf que, quoi qu'il soit il affecte mon présent...C'est encore plus profond que de savoir qui je suis, je dois savoir ce que je suis."

-Je sais. Et je me sens tellement inutile. Et stupide. De ne pas avoir insisté pour connaître son nom...

-On dirait l'histoire de Cupidon et Psyché dis-je les yeux fixés sur le paysage. « Est ce que tu l'aimes encore ? »

A son tour elle se tourna vers la vue et plongea son regard dans la foret : « En quelque sorte. Même s'il me semble être un rêve. Tu en es le souvenir, la preuve vivante, de notre union. J'ai aimé Perry, mais ton père et Vladimir sont des hommes qu'on ne peut oublier, dont le lien est très profond.»

-L'as tu recherché ?

-Je suis reparti un jour dans ses même bois, mais rien. Je me suis senti très stupide. Et depuis quelques mois je fais des recherches dans tous les grimoires possibles et imaginables. Mais c'est comme s'il était introuvable.

-Est ce que...est ce que tu pourrais me faire un dessin de lui ?

Elle se tourna vers moi les yeux écarquillés, comme si je venais d'avoir l'idée du siècle :

-Bien sur...!

Une heure plus tard, je pus mettre un visage sur mes questionnements. Et m'en poser d'autres :

-Maman ? Sérieusement ? dis-je en fixant incrédule l'homme qu'elle venait de dessiner.

-Oui.

-On dirait un jeu vidéo. Un gars sorti de Final Fantasy.

-Je t'avais dit qu'il était beau.

Je n'arrêtais pas de secouer la tête. Pas moyen qu'un être aussi beau et raffiné que lui puisse m'avoir produit.

-Il ressemble à un elfe dis-je en fixant le dessin.

-J'y ai tout de suite pensé, mais, comme je te l'ai dit, je n'ai pas de nom. Mais ça expliquerait beaucoup de choses.

-Comme quoi ?

-La dimension temporelle, le rapport avec la nature, sa beauté...

-Ca n'explique pas le feu rétorquais-je en pensant à ce que j'avais fais avec les bougies.

-Si, c'est un élément.

-Mon père serait un elfe ?

Elle haussa les épaules : « Je m'en suis toujours arrêté là. C'est un travail de titan, les elfes sont aussi divers que les humains. »

-Justement, ils sont différents. Certains vivent dans les forets, d'autres dans les rivières, d'autres dans des contrées...je ne sais pas ! M'exclamais-je commençant à m'exciter.

-J'ai pensé à tout ça ma chérie dit-elle calmement, mais..tu ne peux pas trouver quelqu'un qui ne veut pas se laisser trouver, ou qui ignore qu'on le cherche.

-Il ne sait pas que..j'existe...constatais-je tristement.

Elle me donna un regard désolé et me prit dans ses bras.

Comment allais-je survivre à cet été ?