Non, c'est non ?

Chapitre 36.

Hermione entra dans la salle à manger. Les Mangemorts étaient déjà confortablement installés dans les meubles anciens du manoir des Malefoy. Voldemort avait de plus en plus figure humaine, Drago à sa droit, Ron à sa gauche. Hermione distribua les coupes en cristal, puis versa le champagne coûteux avec grâce. Lorsqu'elle sortit de la salle, elle sentit que quelqu'un allait la suivre. Pressentiment ? Elle ne savait pas, ignora cette idée stupide. Elle allait retourner dans la cuisine quand un bras puissant la pris par l'épaule.

-Qu'est-ce qu'ils te font ?

Hermione se retourna, ne connaissant pas cette voix froide et peu agréable à entendre. Ronald. Ronald Weasley.

-Pardon ?

-Pourquoi tu as si mauvaise mine ?

-Pourquoi tout le monde me pose cette question stupide ?

-Hermione, tu es toute blanche, tu es gelée et tu as des cernes violets sous les yeux.

Hermione se dégagea, observa Ron. Elle le prit par la manche, l'entraîna à l'étage. Puis encore un étage. Dans sa chambre.

-Parlons. Dépêche-toi.

-De ... Hermione, tu as changé.

-Naaan, tu crois ? Et toi alors ? Marié à dix-neuf ans, à une petite pouf de Serpentard, qui plus est. En plus, tu ne l'aimes pas.

-Eléane est enceinte. De deux mois.

Il n'avait pas relevé la remarque d'Hermione, il ne sourit pas non plus quand il annonça qu'il serait bientôt papa.

-Tu as l'air content.

-Je ne suis pas le père. Et non, je n'aime pas Eléane.

-Qui est le père ?

-Si je te le dis, tu ne me croiras pas, et tu me haïras encore plus qu'à présent.

-Je ne te hais pas.

-Un Malefoy. On a fait des examens sanguins, hélas le père et le fils ont exactement la même génétique, c'est plus que de la magie. Comme des aimants, exactement pareils, ils se repoussent l'un l'autre par leur semblablité...

Hermione n'avait pas bougé. Elle fixait Ron. Elle devait avoir l'air désemparée, car Ron s'approcha d'elle. Elle l'empêcha de faire un pas de plus en tendant son bras, main contre son torse, Hermione reprenait son souffle.

-Tu me hais ?

-Non. J'ai comme un glacier sous la peau.

-Laisse moi te réchauffer.

-NON ! Ne m'approche PAS !

Ron recula d'un pas. Hermione avait hurlé. Elle sortit sa baguette, Ron fit de même. Mais elle se borna à insonoriser la pièce. Elle entra dans une colère noire. Ron s'assit sur le lit, la regarda insulter toutes les personnes qu'elle connaissait les unes après les autres. Il l'observa pendant une dizaine de minutes. Puis il se colla contre elle. Elle le repoussa, mais lui était plus musclé. Il lui embrassa le front.

-Hermione ?

-Mmh.

-Tu n'as plus froid.

-Je suis fatiguée.

-Je t'ennuie ?

-Plus maintenant.

Ron observa la jeune femme. Il la scrutait, enfonça son regard dans celui de la brunette, cherchant à en découvrir le sens. Il ne lut que de la souffrance. Il y avait autre chose, qu'il ne pouvait lire. Il avait envie de sourire de satisfaction, mais cela montrerai à Hermione quelque chose qui mettrait son plan par terre.

-Excuse-moi, Ron. Pour ce que tu viens de voir. Pour ce que je vais sûrement faire. Pour avoir choisit Drago. Pour t'avoir fait devenir mauvais. Pour te faire souffrir. Je sais que m'aimes encore. J'en suis désolée. Je n'aime que Drago.

Pour le coup, Ron n'avait plus envie de sourire. Elle avait lu en lui. Aussi facilement qu'en un livre ouvert. Sans le regarder, alors que lui-même avait la plus grande difficulté à lire dans les yeux de la jeune femme. Alors sans le regarder, qu'en serait-il ? Ron lâcha Hermione. Il lui tint le menton. Elle ne resista pas, et dans ses yeux, Ron ne lut plus rien. Rien du tout, ses yeux étaient morts, dénués d'expressions.

-Je t'aime encore, Hermione. Et je me battrai, sâche que je t'aurai, un jour. Et je te rendrai heureuse. Et tu sais, tu n'as pas à t'en vouloir. J'ai toujours été mauvais, au fond, et je ne regrette absolument pas ce qui se passe, je ne regrette pas d'être meilleur que Lucius, que le Maître des Ténèbres me préfère à cette chère Bellatrix. Elle qui l'aime tant. Tu vois, ça me fait sourire de la faire souffrir, de savoir qu'il me préfère à celle qui lui a tout offert, celle qui lui est dévouée corps et âme depuis son apparition dans sa vie. Bellatrix n'est qu'un objet. Moi je fais partie du Maître des Ténèbres. Alors je t'en remercie. D'ailleurs je ne te remercierai jamais assez.

Hermione se dégagea. Elle reprit sa baguette, posée sur le lit, derrière Ron. Elle s'épousseta, se recoiffa avec les doigts, et avec un sourire amer de vendeuse, elle descendit. Elle retrouva Narcissa dans la cuisine.

-Narcissa ? Que fais-tu dans la cuisine ?

-Je ne te voyais nul part, et tu n'avais pas finit ton service. Ne t'inquiète pas, je viens d'arriver, les autres ne se sont rendus compte de rien. Mais ils se sont rendus compte de l'absence de Ronald.

-Vous l'appelez tous Ronald ?

-Oui. Il nous a dit que Ron appartenait à son ancienne vie, que ce surnom ne lui rappelait que des mauvaises choses.

-Tu y crois ?

-Non. Je pense qu'il veut se valoriser auprès du Maître.

-Ah.

Hermione replaça son tablier, elle prit le plateau que lui tendait Narcissa, et sortit après avoir laissé passer sa maîtresse devant elle. Quand elle entra dans la salle, Ron était en grande conversation avec son Maître. Hermione posa les assiettes doucement, et tenta de croiser le regard de Drago. Il ne la vit pas, et au moment où Hermione remplissait les coupes à nouveau, elle croisa le regard de Lucius, il lui fit un clin d'oeil. Hermione tressaillit, Lucius s'en rendit compte et un sourire de satisfaction se dessina sur son visage. Hermione détourna les yeux et tomba sur ceux du fils. Elle le supplia des yeux de la rejoindre. Elle le supplia tant qu'elle du baisser les yeux, de peur que les autres entendent. Stupide ! Pensa-t-elle. La jeunette sortit de la salle. Elle n'osa plus lever les yeux.

Hermione était appuyée sur le rebord de l'évier, se sentant nauséeuse.

-Hermione.

Elle se retourna, un sourire triste se dessina sur son visage.

-Hermione ?

-Drago. J'ai une question très importante. Cela me permettra de décider si je pars ou non.

-Je t'écoute.

-C'est toi qui a mis enceinte la femme de Ron ?

-Euhm, non. Pourquoi cette question ?

-Je peux vérifier ? N'ai pas peur, je serai discrète.

Drago fit comme s'il n'avait pas remarqué qu'elle n'avait pas répondu à sa question et hocha la tête. Il fit le vide dans son esprit, dévérouilla ses pensées. Il sentit doucement Hermione s'installer à l'intérieur. Elle semblait pile à la bonne place, Drago se sentait très bien. Il aimait qu'elle soit là. Il la sentit partir, il ouvrit les yeux.

-Alors ?

-Je suis désolée ...

-Hemione ?

-Je ne t'ai pas fait confiance. Je suis vraiment désolée.

-Tu vas partir ?

-Je... si je voyais ce que j'ai vu, c'est à dire que tu n'as fait l'amour avec personne d'autre que moi-même, je devais rester. Mais je pense que c'est une erreur. J'ai défié ton père, tout à l'heure. Je n'ai pas fait exprès. Je suis si fatiguée...

Drago fut sur elle en quelques secondes. Hermione se sentit mieux, quand il l'enferma dans l'étau de ses bras.

-Tu as chaud...

-A l'extérieur, Drago. A l'extérieur.

-Ca ne va pas ?

-Très bien. Ce soir, je pense que je n'irai pas à la bibliothèque, c'est tout.

-J'aime quand tu entres dans mon esprit, je te sens à ta place, comme si tu me complétais. Je me sens mieux quand je sais que tu ne peux pas partir aussi facilement.

-Mon coeur s'éparpille dans tes pensées. Il t'appartient, Drago.

-Je sais. Le miens n'appartient qu'à toi, aussi. Pars, s'il-te-plaît. Je ne veux pas que mon père te... Enfin tu vois.

-Je vois. Je vais partir.

-Ce soir.

-Ce soir ?

-S'il-te-plaît. Je te jure que tout ira bien.

-Drago...

Il l'embrassa. Toute son âme criait dans le coeur d'Hermione. Il l'embrassa comme jamais il ne l'avait embrassée. Comme si c'était la fin. Comme si elle ne reviendrait jamais, comme s'il pensait qu'elle l'oublierai. Hermione lui rendit son baiser. Elle l'aimait. Elle souhaitait que ce baiser crie son amour pour Drago. Lorsqu'il relâcha son étreinte, Hermione se rendit compte qu'elle était à bout de souffle. Elle baissa ses pointes des pieds, et pu ainsi embrasser le blondinet dans le coup. Il avait le visage dans ses cheveux. Hermione était toujours serrée dans ses bras. Il les écarta. Il saisit la jeune femme par les hanches, la déposa sur la table et commença à lui expliquer son plan. Elle saisit chaque mot, demanda des explications. Il avait pensé à tout, elle trouvait tous les problèmes du plan. Elle partirait ce soir. Elle demanda si elle pouvait laisser un mot à Narcissa. Drago réfléchit puis acquiesça. Ils discutèrent pendant une quinzaine de minutes, Drago quitta la cuisine sur un baiser. Hermione avait les larmes aux yeux.