Que voulez-vous que je vous dise ! Cette fois-ci ce n'est pas 10 mais 13 reviews qui me sont arrivées en 24h ! Ben voilà donc la... suite. Et pour vous remercier l'"épilogue" qui va avec.

Un merci spécial à Mellyn qui postait pour la première fois ! J'encourage tous ceux qui suivent régulièrement cette histoire et qui n'osent pas laisser leur avis à le faire ! C'est le moment !


- Faites attention Carson.

Rodney se tourna vers le médecin qui soufflait, écarlate à cause de l'effort qu'ils fournissaient pour dégager le souterrain sur 4Y509. Rodney lui tendit une gourde d'eau.

- Surveillez votre cœur. Vous en faites trop.

Il n'ajouta rien de plus et remonta vers la surface, un sac de gravas sur l'épaule. Le médecin resté dans le souterrain tâta avec inquiétude son pouls et se contempla, se demandant ce que son ami avait voulu dire.

- Il faut encore ramener des planches ! » cria Lorne au fond du couloir encore bloqué. « On a atteint l'encadrement de la porte de la salle mais si on veut la franchir, il faut étayer, dit-il à John qui, en tee-shirt, l'aidait à dégager les pierres du chemin.

Le Major avait le net sentiment de s'être fait avoir en acceptant d'entrer dans la confidence de McKay, comme toutes les personnes présentes d'ailleurs.

- J'y vais ? demanda Elizabeth qui remplissait des sacs de gravas avec Teyla et Cadman, en sueur.

- Non c'est bon je m'en occupe, fit John. Les planches sont encore plus lourdes que vos sacs ; tenez, donnez m'en un puisque je monte.

Elizabeth l'aida à se charger tout en douceur. Ils échangèrent un sourire et l'officier remonta le couloir, contournant Radek qui, une jambe dans le plâtre et assis sur une grosse pierre, remplissait parfaitement son rôle de préposé à l'éclairage. Carson avait refusé qu'il travaille, mais le Tchèque avait vaincu sa récente hantise des souterrains pour venir observer avec ses amis ce qui se trouvait dans la fameuse salle qu'ils cherchaient à atteindre.

John croisa Ronon dans l'escalier, qui portait une demi-douzaine de planches. Passer l'un à côté de l'autre fut difficile.

- Ronon ! fit une voix à l'accent écossais Je vous avais dit de vous ménager !

- Je me ménage : je n'en ai pris que six.

Teyla arriva pour l'aider à poser les planches.

- Bon sang je suis la seule à avoir l'impression de m'être faite avoir en acceptant de venir ici ? soupira Cadman en s'éventant.

- Non lieutenant ! fit Lorne.

- Il y a intérêt à ce que ce qui se trouve dans cette pièce valle le coup d'être caché au reste de la Cité ! maugréa Ronon avant de prendre d'autorité la main de Teyla dans sa paluche, puisqu'elle venait de grimacer en silence en s'y plantant une écharde.

L'Athosienne ne dit mot et se laissa faire, un peu surprise, et Ronon continua ce qu'il avait entreprit tout en étant conscient qu'il avait été un peu brusque et direct. Zelenka détourna les yeux des deux Pégasiens pour rencontrer le regard de Lorne, qui s'était attardé sur eux aussi. Les deux hommes secouèrent la tête avec un sourire moqueur. Plus loin Carson passait une main sur les joues rouges de Laura, lui recommandant de faire attention, ce à quoi elle répondit qu'il était adorable. Elizabeth, continuant un travail inhabituel pour elle, était perdue dans ses pensées.

ô

- Rodney ?

John arrivé en haut des escaliers posa lourdement à terre le sac de gravas qu'il avait à l'épaule, et se dirigea vers le scientifique. Il était debout dans un coin de la pièce, éclairé par le soleil passant à travers l'un des trous béants du plafond effondré. Il tenait quelque chose dans sa main. Comme un bout de papier, contemplant les couleurs qui le couvraient. Il n'entendit pas le colonel se rapprocher.

- … Elle est jolie.

Rodney se retourna en sursautant, et en se rendant compte de la présence de Sheppard il se détendit.

- Oui, elle est jolie hein ?

- … C'est une fille que vous avez rencontré dans le futur ?

- C'est la scientifique qui travaillait avec moi... Elle… J'ai gardé une photo.

- Elle est jeune.

- Elle est jeune oui…

- Je serais son père je ne la laisserais pas seule dans la Cité, avec tous ces petits soldats qui traînent ! plaisanta Sheppard, pas très assuré sur sa blague cependant.

Contemplant le décor pour se donner une contenance, il ne vit pas le regard stupéfait que lui jeta Rodney.

- Enfin… Je suppose qu'il n'y avait plus grand-monde dans la Cité une fois que les Oris avaient gagné la guerre… Plus beaucoup de soldats… devina Sheppard.

- Hm ! Assez peu en effet. Ils nous manquaient presque…

Il leva un œil qui se voulait amusé directement vers John. Il tenait toujours la photo dans la main. Le militaire mal à l'aise se reconcentra sur l'image, l'air de rien.

- ... Elle s'appelait comment ?

- … Ca n'a plus d'importance. Je ne la reverrai plus. Plus comme cela en tout cas.

- Vous avez raison.

Rodney remit dans sa poche, et suivit le colonel qui marchait sur le sol encombré en direction de la trappe. L'officier fit mine de choisir quelle était la meilleure planche à étayer parmi la dizaine alignées le long du mur. Il voulait dire quelque chose mais peinait à trouver les mots, ou le courage. Le Canadien avait déjà saisit une planche quand il se décida :

- Vous savez, Rodney…

Le scientifique releva ses yeux bleus vers l'Américain qui ne le regardait pas.

- Vous, comment dire… Je ne suis pas très bon pour dire ces choses-là mais des fois il faut… Enfin… Je suis content que vous soyez là. Qu'on vous ait retrouvé.

Il regarda enfin franchement son ami qui souriait, content de ce qu'il entendait.

- … Je ne sais pas ce qu'on aurait fait sans vous, sincèrement… Je veux dire… J'ai eu vraiment peur pour vous... Vous m'auriez manqué… je crois.

Il haussa les épaules en reprenant son rôle d'homme détaché :

- Oui et puis… Enfin on commençait à s'habituer à vous, vous deveniez presque… de plus en plus supportable…

- Vous m'avez manqué aussi John.

Le militaire reprit son sérieux. Rodney étant aussi pudique sur ses sentiments que son ami, il partit rapidement dans l'humour :

- Oui, pendant ces quatre mois sans vous je me disais… mais qui va agrémenter un peu ma vie d'une catastrophe imminente ? Qui va venir me dire que si je ne trouve pas la solution à tel problème qu'il a créé tout le monde disparaîtra dans dix minutes ?

Les deux hommes se sourirent, John étant moins assuré.

- … Alors je n'y étais pas, dans votre futur ?

Rodney perdit sa jovialité pour reprendre un masque sérieux et triste.

- Non vous n'y étiez pas. Je ne vous dirais pas pourquoi… ni où vous étiez.

Sheppard hocha la tête : il comprenait.

- … Mais le jour où tout a basculé pour vous, pour votre double… Je serai là pour empêcher que ça tourne mal. Parce que je ne veux pas… Parce que vous êtes mon ami et que je souhaite que vous viviez le meilleur, John.

Le militaire eut du mal à cacher son émotion. Il tendit une main à Rodney qui la serra sincèrement.

- Je souhaite ça aussi pour vous, Rodney…, fut tout ce qu'il parvint à dire.

Ils arrêtèrent leur poignée de mains gênés, mais au fond contents. Ils rirent un peu de leur silence embarrassé mais pas forcément dérangeant, et se remirent chacun à choisir une planche. La radio de Sheppard, glissée dans sa ceinture, les interrompit dans leur travail.

- « Mon colonel ! Nous sommes parvenus à la salle ! Il faut que vous veniez voir ça !»

- J'arrive. Il s'agit de vous en stase j'imagine ?

- Oui, fit le Canadien. C'est Radek qui s'exclame devant un réacteur à E2PZ, pas Evan.

Les deux hommes descendirent les escaliers sans s'encombrer des planches.

- Il a du mal à se faire au fait que vous l'appeliez d'un coup par son prénom, vous savez ?

- Ben moi j'ai du mal à me faire au fait de le voir jeune.

- Il va être content si vous lui dites ça !

- Oh mais je crois qu'il le sait…

Ils arrivèrent dans la salle où Rodney s'était fait enfermer, dans la salle où tout avait commencé. Teyla lui tendit un bout de papier couvert d'une écriture fine : la lettre qu'il avait faite à sa sœur avant de se mettre en stase. Charge à lui de la lui remettre ou non. Le Canadien la glissa dans sa poche, celle-là même qui contenait la photo d'Amy, en se promettant de la recopier, et de l'envoyer.

Même Radek n'était pas fasciné par le réacteur, mais par l'homme qui se trouvait debout au fond de la salle, prisonnier d'un caisson Ancien. Tout le monde contemplait un Rodney endormi.

- C'est pour ça que vous nous avez fait creuser ?

Ronon venait de briser le moment surréaliste. Le temps reprenait son cours.

- Vous saviez que vous alliez me trouver là, non ?

- Mouais.

- C'est le réacteur qui nous intéresse. Mais je ne veux pas que quelqu'un d'autre que vous me voie là-dedans, et ne soit au courant qu'il y a un autre moi quelque part. Je veux que les seules personnes susceptibles de me réveiller un jour soient celles qui sont dans cette salle. On rebouchera le souterrain une fois qu'on aura sortit le réacteur.

- Quoi ? s'étrangla Laura. On va remettre les pierres qu'on a enlevées ?!?

John fut plus pragmatique :

- Le réacteur c'est ça ? Sortir ce réacteur ? Il va falloir percer le plafond Rodney !

- Exactement ! C'est comme ça qu'on a fait dans le futur ! On amarre à un Jumper pour le soulever et on le monte progressivement et hop ! C'est long, difficile, mais possible.

- Mais ne sommes que neuf, soupira Cadman. On ne pourrait pas avoir de l'aide ?

- De l'aide d'aveugles alors.

- Je conduis le Jumper ! s'écria Sheppard.

- On pourra alterner mon colonel ?

- Vous pourriez avoir pitié d'un civil qui n'a pas votre endurance ! intervint Carson.

L'ambiance se détendait merveilleusement.

- Alors on le laisse ici ? demanda Elizabeth qui se tenait toujours face au Rodney endormi, en le désignant de la tête.

- On le laisse ici, oui, fit Rodney. Si un jour il m'arrivait malheur, vous avez votre « Rodney de secours ».

Dans le calme revenu, ses amis sourirent un peu, mais aucun d'entre eux ne souhaitait qu'une telle chose arrive.

- Je vous demanderais juste une chose, au cas où une telle situation se produirait… Je sais que ça ne sera pas forcément facile mais… il faudra attendre pour me réveiller.

- Attendre ?

- Oui, attendre. Attendre une date précise, et ne me réveiller qu'à ce moment. Dans vingt-huit ans et huit mois…


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